Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous· 18 avril 2026 4 min

Macron / Netanyahou : une réconciliation impossible ? - L’édito de Yaël Goosz

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Avant de vous donner la parole, l'édito de Yaël Goosz. Rien ne va plus entre Macron et Netanyahou. Le cessez-le-feu au Liban a été négocié sans la France.

Humiliation, incompréhension...

La relation France-Israël a-t-elle atteint un point de non-retour? -Y.Goosz: C'est ce qui s'appelle être mis hors-jeu.

Israël ne prend même plus de gants. Il y a 2 semaines, l'ambassadeur à Paris, Joshua Zarka, déclare qu'il y a des choix faits ces derniers temps qui montrent que la France ne se définit pas comme amie d'Israël. Les mots sont forts.

Son collègue, ambassadeur aux Etats-Unis, est plus cash encore. -M.Bouhafsi: Pourquoi une telle violence dans les mots? -Y.Goosz: La France, présente au Liban, amie du Liban, dérange les plans d'Israël.

Nous pouvons encore parler au Hezbollah. La France croit à une solution politique. Nos Casques bleus de la FINUL sont les témoins gênants de ce que l'armée israélienne fait subir aux populations du Sud-Liban. -M.Bouhafsi: Cette tension ne se limite pas à la question du Liban. -Y.Goosz: Ce qui insupporte le gouvernement israélien, c'est aussi la position défensive de la France dans la guerre en Iran.

Tout s'est déréglé après les massacres du 7 octobre 2023. A chaque fois que Paris émet la moindre réserve pour éviter le bain de sang à Gaza, Benyamin Netanyahou s'énerve. -Y.Goosz: Le lendemain de cette déclaration, le 12 novembre 2023, Macron n'est pas physiquement dans la fameuse Marche pour la République et contre l'antisémitisme.

Pour ne rien arranger, vu de Tel-Aviv, il y a cette reconnaissance par la France, 2 ans plus tard, à l'ONU le 22 septembre 2025, d'un Etat palestinien. Signe selon Benyamin Netanyahou, qui écrit à Emmanuel Macron pour le lui dire, que la France, je cite, "alimente le feu antisémite". Tension maximale, comme l'explique David Rigoulet-Roze. - Ca s'aggrave ces derniers mois, incontestablement.

Ca tient largement, je dirais, aux relations interpersonnelles qui sont exécrables aujourd'hui entre les entre les deux hommes. Ca affecte aussi les relations entre les deux pays. Joshua Zarka, qui est l'ambassadeur en France, a même dit que la France n'était pas l'amie d'Israël.

C'est oublier l'histoire des relations entre les deux pays et le fait que la France a aidé Israël, notamment, à se doter de la bombe atomique. Ca affecte aussi les relations parfois entre les services, ce qui n'était pas le cas avant. -M.Bouhafsi: En France, on cherche à garder de bonnes relations? -Y.Goosz: C'est ça qui est choquant.

Nous sommes très conciliants. Jamais la France ne conteste le droit d'Israël à se défendre et pourtant, on encaisse les humiliations. Dernières en date: le boycott par Israël des achats de matériels de défense produits en France, l'annulation aussi de la visite d'Alice Rufo, notre ministre déléguée aux armées.

En sens inverse, l'Elysée accumule les gestes amicaux. Le 13 novembre dernier, la France autorise Israël à exposer ses armements au salon Milipol. Le 5 décembre, la France s'oppose au boycott d'Israël à l'Eurovision.

Le 11 février, Jean-Noël Barrot appelle à la démission Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU, parce qu'elle évoque un possible génocide à Gaza. Sans parler du soutien à la loi Yad contre les nouvelles formes d'antisémitisme, qui sera transformée en projet de loi d'ici de juin prochain. -M.Bouhafsi: Tout ça pour ça? -Y.Goosz: Oui, on touche aux limites de ce "en même temps" diplomatique.

Les provocations succèdent aux provocations, quand la Knesset vote pour la pendaison des terroristes palestiniens. Pourtant c'est Benyamin Netanyahou qui nous considère en pleine décadence morale. Fuite en avant d'un dirigeant messianique en guerre continue pour échapper à ses déboires judiciaires.

Acteur majeur de l'Internationale réactionnaire, jumeau de Trump et qui sait qu'Emmanuel Macron est en fin de règne et en profite.

Macron / Netanyahou : une réconciliation impossible ? - L’édito de Yaël Goosz — Emmanuel Macron · Pourquijevote