Patrick Martin, nouveau vice-président du Medef : "Le patronat va changer"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Bonsoir Patrick Martin.
- 0:22OuverteRéponse directe
Vous êtes le nouveau numéro 2 du MEDEF... Est-ce que le patronat va changer ?
- 0:41OuverteRéponse directe
Est-ce que les revendications comme moins d'impôts, moins de cotisations, moins de normes vont continuer ?
- 1:18RelanceRéponse directe
Par exemple ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Beaucoup de chefs d'entreprise ont l'impression que le MEDEF est déconnecté... Est-ce qu'ils ont raison ?
- 1:50OuverteRéponse directe
Vous demandiez à quoi sert le MEDEF. Est-ce que vous avez la réponse maintenant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« Vous allez donc présider l'organisation avec lui. Le MEDEF change de patron, mais est-ce que le patronat va changer ? »
- 0:41Invité politiqueFait
« Ici notamment, on entend régulièrement le MEDEF avec les mêmes revendications. Moins d'impôts pour les entreprises, moins de cotisations, moins de normes. »
- 0:54PrésentateurFait
« Non, si je puis dire, ça sera une des colonnes vertébrales. Le MEDEF va devenir un animal curieux de ce point de vue. »
- 1:19PrésentateurFait
« Typiquement, comment va évoluer le travail ? Que sera-t-il demain ? Tous les sujets touchant à l'environnement, tous les sujets touchant à la fracture territoriale et à l'aménagement du territoire. »
- 1:57PrésentateurFait
« Alors, il y a deux MEDEF qu'on se doit de reconnecter. Il y a un MEDEF national qui est sous les feux de la rampe, qui est assez institutionnel, malgré lui, je dirais. »
- 2:23PrésentateurFait
« Je veux parler de la réforme de l'apprentissage, et je veux parler du dialogue social en entreprise. »
- 3:06Invité politiqueFait
« Qu'allez-vous apporter, vous, par exemple, comme vision, comme expérience ? »
- 3:16PrésentateurFait
« L'expérience des territoires, parce qu'il se trouve que mon entreprise est implantée sur 200 sites à travers la France. »
- 3:29PrésentateurFait
« Bien sûr, on va soutenir, on va encourager le gouvernement, au-delà de le soutenir. »
- 3:47PrésentateurFait
« Je pense qu'il y a un rythme qui est très soutenu, il le fallait. »
- 4:12Invité politiqueFait
« Quel est le rôle du MEDEF, quel est le rôle des syndicats, quel est le rôle du gouvernement face à tous ces grands sujets économiques, sociaux, qu'on connaît tous et qui font l'actualité ? »
- 4:18PrésentateurFait
« L'État ne peut pas tout faire. L'État est là pour fixer un cadre, pour dresser des perspectives. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Que pensez-vous de ce projet ? »
- 6:59PrésentateurChiffre
« Connaissez-vous le montant du SMIC ? »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Patrick Martin37 %
≈ 17,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'interview éco Jean-Lemarie avec l'un des nouveaux dirigeants du MEDEF.
Bonsoir Patrick Martin.
Bonsoir.
Vous êtes le nouveau numéro 2 du MEDEF, puisque Geoffroy Roux de Bézieux vient donc d'être élu président de l'organisation patronale à la suite de Pierre Gattaz qui terminait son mandat. Vous allez donc présider l'organisation avec lui. Le MEDEF change de patron, mais est-ce que le patronat va changer ?
Le patronat va et doit changer. Je pense qu'il y avait un positionnement du MEDEF qui correspondait à une époque politique notamment. Le contexte politique a changé. Les aspirations et les attentes des chefs d'entreprise ont changé. Et donc on va apporter un vent nouveau dans cette maison.
Ici notamment, on entend régulièrement le MEDEF avec les mêmes revendications. Moins d'impôts pour les entreprises, moins de cotisations, moins de normes. Est-ce que ça, ça va continuer ? C'est toujours la colonne vertébrale de ce que vous allez réclamer ?
Non, si je puis dire, ça sera une des colonnes vertébrales. Le MEDEF va devenir un animal curieux de ce point de vue. Non, il y a toujours de vrais sujets qui touchent à la compétitivité de l'économie française, des entreprises et donc à l'emploi en France. On le voit bien dans les statistiques. On le voit notamment à travers le déficit du commerce extérieur. Mais là où on va apporter une tonalité nouvelle et des éléments de fond, au-delà de la tonalité, c'est en devenant une force de proposition sur des sujets majeurs qui intéressent tous nos concitoyens.
Par exemple ?
Typiquement, comment va évoluer le travail ? Que sera-t-il demain ? Tous les sujets touchant à l'environnement, tous les sujets touchant à la fracture territoriale et à l'aménagement du territoire. On a déjà un corps de doctrine, mais on va le structurer et l'approfondir beaucoup plus.
Beaucoup de chefs d'entreprise, et ils le disent parfois ici aussi, ont l'impression que le MEDEF est déconnecté de leur réalité quotidienne. Est-ce qu'ils ont raison ?
Je pense qu'ils ont en partie raison et largement tort. Si vous voulez, moi, mon origine territoriale, en tant que, jusque-là, président du MEDEF, Auvergne-Rhône-Alpes...
Vous-même, vous avez posé la question pendant votre campagne, puisque vous étiez candidat à la présidence du MEDEF. Vous demandiez à quoi sert le MEDEF. Est-ce que vous avez la réponse maintenant ?
Alors, il y a deux MEDEF qu'on se doit de reconnecter. Il y a un MEDEF national qui est sous les feux de la rampe, qui est assez institutionnel, malgré lui, je dirais. Et puis il y a le MEDEF de terrain qui est très actif, très opérationnel, et qui réunit beaucoup de chefs d'entreprise dans une ambiance qui est très constructive.
Êtes-vous sûr que les entreprises, ces entreprises de terrain, ont toujours besoin du MEDEF aujourd'hui ?
Eh bien, je crois qu'elles en ont plus que jamais besoin, typiquement pour déployer deux réformes essentielles, qu'on a appelées de nos voeux. Je veux parler de la réforme de l'apprentissage, et je veux parler du dialogue social en entreprise. Il y a beaucoup de nos entreprises, et c'est pas leur faire grief, qui ne sont ni culturellement, ni techniquement équipées à ce jour, par exemple, pour déployer ce dialogue social qui doit réussir. C'est l'intérêt de tout le monde que ce dialogue réussisse.
Donc là, c'est une fonction d'accompagnement très pratique, finalement ?
Absolument, de sensibilisation, d'accompagnement, d'ingénierie. Certainement pas pour faire à la place, mais pour encourager et pour aider.
Mais vous, par exemple, Patrick Martin, vous êtes à la tête de Martin Belézou d'Expansion, entreprise de taille intermédiaire, ETI, c'est comme ça qu'on dit, 2500 salariés à peu près, spécialiste de distribution industrielle. Qu'allez-vous apporter, vous, par exemple, comme vision, comme expérience ?
D'abord, l'expérience de l'entreprise patrimoniale, ce qui est le cas de beaucoup des adhérents du Medef, l'entreprise à capitaux familiaux, avec une vision des choses qui est un petit peu différente, sans que ce soit un jugement de valeur. L'expérience des territoires, parce qu'il se trouve que mon entreprise est implantée sur 200 sites à travers la France. Et donc, une sensibilité qui, jusque-là, au niveau de nos instances nationales, a parfois été un peu occultée ou oubliée.
Allez-vous soutenir le gouvernement ?
Bien sûr, on va soutenir, on va encourager le gouvernement, au-delà de le soutenir. Il y a une tonalité, il y a une impulsion qui sont excellentes. Je pense qu'il faut qu'il y ait une meilleure prise en compte de l'opinion, des avis des partenaires sociaux, d'une manière générale, des corps intermédiaires.
C'est ce qui manque aujourd'hui dans la politique d'Emmanuel Macron ?
Je pense qu'il y a un rythme qui est très soutenu, il le fallait. Ce pays a souffert d'un manque de réformes pendant des décennies, donc on ne peut que saluer ce rythme et cette volonté réformatrice. Il est important quand même qu'on réfléchisse plus fondamentalement et à plus nombreux.
Est-ce que vous savez aujourd'hui quel est le rôle du MEDEF, quel est le rôle des syndicats, quel est le rôle du gouvernement face à tous ces grands sujets économiques, sociaux, qu'on connaît tous et qui font l'actualité ? Quelle est la place de chacun finalement ?
L'État ne peut pas tout faire. L'État est là pour fixer un cadre, pour dresser des perspectives. Mais dans une société moderne, et nous sommes dans une société moderne, c'est aux acteurs de la société civile de s'emparer des sujets fondamentaux. Parce que ce sont les mieux à même de comprendre les choses, et ensuite ce sont les mieux à même de déployer les choses. Donc chacun a sa place, l'État ne peut pas tout faire.
Est-ce qu'il fait trop aujourd'hui ?
L'État fait beaucoup, mais l'État fait beaucoup balayant devant notre porte, parce que les partenaires sociaux eux-mêmes, y compris le patronat, n'ont pas toujours été suffisamment actifs, n'ont pas été suffisamment novateurs. Et c'est précisément le projet que nous avons avec Geoffroy Roude-Bézieux que de reprendre la main sur ces sujets où on est attendu.
Un des premiers sujets, c'est la loi PAC, la loi présentée récemment par Bruno Le Maire. Il vous demande d'ailleurs d'y travailler maintenant très rapidement. Que pensez-vous de ce projet ?
Je pense qu'il va dans le bon sens. Il y a un certain nombre de réglages techniques à opérer. De fait, parce qu'il y a une parenthèse électorale au MEDEF, comme il y a pu y en avoir précédemment dans d'autres organisations syndicales, on n'a peut-être pas été suffisamment présents sur ce dossier. On va y revenir très très vite, mais je le redis dans une approche constructive.
Il y a les syndicats aussi. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Pascal Pavageau, vous propose dès aujourd'hui de construire un agenda social et d'engager à la rentrée des négociations sur de grands sujets, justement, comme la santé au travail par exemple, que lui répondez-vous ? C'est un appel, là, qu'il vous laisse. Bien sûr. La CFDT l'a fait également.
La CFDT l'a fait, et je signale que Pierre Gattaz lui-même l'avait fait il y a quelques mois, mais je dirais même principe, même punition. Ces organisations elles-mêmes étaient dans un cycle électoral, donc on n'avait pas eu beaucoup de répondants. Les planètes sont alignées de ce point de vue, et bien évidemment, le MEDEF se prêtera à ces discussions dans une approche extrêmement positive et constructive.
Souhaitez-vous une rencontre ? Quand allez-vous rencontrer les uns et les autres, d'ailleurs, les dirigeants ?
Alors, les choses sont en train de se mettre en place. Je rappelle que l'élection MEDEF a eu lieu ce matin. Et je pense qu'il faut que nous le fassions, non pas à l'insu de l'État, mais entre nous, jusqu'au moment où, si possible, ayant dégagé des visions et des positions communes, nous irons voir ensemble l'État pour co-construire avec lui.
Est-ce que vous voulez définir avec les syndicats, les organisations de salariés, plusieurs grands sujets, dont vous voulez vous emparer, qui seront vos sujets indépendants de l'agenda du gouvernement ?
Oui. Oui, oui. Alors, je pense que...
Et pour aboutir à quoi ? Des accords ?
Alors, ça ne se traduira pas nécessairement par des accords tels que ceux qu'on a pu connaître avec les fameux accords nationaux interprofessionnels, qui sont très juridiques et qui sont transcrits dans la loi. En l'occurrence, je pense qu'il nous faut converger sur des analyses, sur des diagnostics partagés. C'est d'ailleurs ce qui s'était produit à l'époque de Laurence Parizeau, si vous vous souvenez bien.
C'est un modèle pour vous, Patrick Martin ?
Laurence Parizeau ?
Et ce qu'était le MEDEF à l'époque ?
Alors, le MEDEF de l'époque correspondait à son époque. Ensuite, on a eu un MEDEF beaucoup plus combatif parce qu'il fallait le faire. Et aujourd'hui, on doit être dans un MEDEF d'ouverture. Donc, à certains égards, ça peut rejoindre l'époque Parizeau. Connaissez-vous le montant du SMIC ? Oui. 1280 euros ?
Ah non, 1280 euros, c'est la réponse de Geoffroy Roux-de-Bézieux l'autre jour sur RTL, lorsque ma collègue d'RTL, Elisabeth Martichoux, lui posait la question. Et en fait, le SMIC, c'est 1170 euros net, pour être précis. Beaucoup se sont demandé... Allez-y, mensuel.
Je me permets de vous reprendre. Allez-y, reprenez-moi. On raisonne plutôt en salaire brut. C'est pas non plus le salaire brut mensuel.
C'est plus, c'est beaucoup plus le salaire brut mensuel, en réalité.
Le salaire brut chargé à ce moment-là.
Bon, alors on s'en va là un peu... Il était lui-même, mais on n'est pas précis non plus là-dessus. Tout le monde s'est demandé si le MEDEF souhaitait que le SMIC augmente, du coup.
Le SMIC net, oui.
Donc, le SMIC net, oui, et pas le SMIC...
Alors, ce que paye l'entreprise, et tout le monde n'en a pas conscience...
Elle paye plus que 1280 euros, hein, Patrick Martin.
C'est ce que j'appelle le salaire brut chargé. Vous avez les charges à la charge du salarié, qui ont beaucoup diminué, et c'est tant mieux. Et puis vous avez ce que paye l'entreprise en Suisse, et que le salarié ne voit pas.
Patrick Martin, merci nouveau numéro 2 du MEDEF, invité ce soir de l'interview éco. Avec vous, Jean-Lémarie.