Pierre Laurent dénonce "l'enfumage et la discrétion" du pouvoir sur la future réforme du Code du travail
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:53OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé de la rencontre Macron-Poutine ?
- 1:25OuverteRéponse partielle
Quelles sont les propositions de la France pour une lutte contre le terrorisme efficace ?
- 1:52FerméeÉludée
Est-ce que la France doit rompre avec l'Arabie saoudite ?
- 2:29FerméeÉludée
La France a-t-elle porté la proposition d'une COP fiscale au G7 ?
- 2:50FerméeÉludée
Soutenez-vous les représailles immédiates en cas d'attaque chimique ?
- 4:19RelanceRéponse directe
En cas d'attaque chimique, on n'en va pas sur le changement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Le président de la République Emmanuel Macron a reçu hier à Versailles le président russe Vladimir Poutine. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Bien sûr c'est bien de dialoguer avec la Russie, c'est incontournable, mais le dialogue a eu l'air d'être un peu abrupt. »
- 1:00InvitéFait
« Oui, il est abrupt parce qu'effectivement il y a des désaccords nombreux avec la Russie. »
- 2:40InvitéFait
« le poids des paradis fiscaux dans lesquels d'ailleurs circulent tous les circuits de financement du terrorisme. »
- 4:06InvitéFait
« Je ne dis que prétendre qu'on va résoudre le problème du terrorisme avec ce type de proposition est une erreur. »
- 10:52InvitéFait
« Il y a beaucoup d'enfumage et beaucoup de discrétion, d'ailleurs, du pouvoir sur la nature précise. »
- 11:00InvitéFait
« J'ai vu comme tout le monde avait reçu tous les syndicats. »
- 13:39InvitéFait
« nous allons avoir une assemblée dominée par la droite et par les députés en marche, et qui va, une fois les élections législatives passées, frapper très fort, augmenter, nous le savons, très fortement la CSG. »
- 14:00InvitéFait
« Dire que d'un côté, on va augmenter la CSG, ce qui va faire reculer le pouvoir d'achat, et que de l'autre, on va abaisser les charges, y compris des entreprises, c'est-à-dire qu'on va dégrader le financement de la protection sociale, eh bien au total, les salariés n'y gagnent pas, ils y perdent. »
- 15:08Invité politiqueFait
« il traite un responsable politique d'assassin »
- 17:14InvitéFait
« Emmanuel Macron à ce jour n'a pas de majorité dans l'Assemblée nationale. »
- 20:34InvitéFait
« au premier tour de l'élection présidentielle dans plus de 200 circonscriptions les voix de gauche c'est-à-dire celle de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Aymond étaient en tête de tous les candidats. »
- 21:35InvitéFait
« quand nous battions contre la loi travail dans l'hémicycle il y avait deux sénateurs du Front National qui sont des principaux dirigeants du FN je ne les ai jamais vus une seule seconde dans l'hémicycle. »
- 22:16Invité politiqueFait
« Est-ce que vous souhaitez que Richard Ferrand par exemple prenne du champ et abandonne son poste de ministre tant que son histoire à la Mutuelle de Bretagne n'est pas éclaircie ? »
- 24:30InvitéFait
« Est-ce que vous la soutenez ou pas ? »
Temps de parole
- Invité63 %
- Pierre Laurent13 %
- Invité 210 %
- Invité 36 %
- Présentateur4 %
- Locuteur non identifié2 %
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info. On est ensemble comme tous les matins jusqu'à 9h avec Jean-Michel Apathy. Bonjour Jean-Michel. Gilles Bornstein est là également avec Guy Birenbaum et notre invité ce matin et secrétaire national du Parti Communiste.
Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Le président de la République Emmanuel Macron a reçu hier à Versailles le président russe Vladimir Poutine. C'est une visite officielle, tapis rouge. On écoute les deux hommes.
C'est la première fois que je viens ici et je suis très impressionné. On partage des désaccords, mais au moins on les a partagés. Nous sommes d'accord pour dire que notre tâche principale pour le moment est la lutte contre le terrorisme. Toute utilisation d'armes chimiques fera l'objet de représailles et d'une réposte immédiate, en tout cas de la part des Français.
Bien sûr c'est bien de dialoguer avec la Russie, c'est incontournable, mais le dialogue a eu l'air d'être un peu abrupt. Qu'est-ce que vous avez pensé vous de cette rencontre ?
Oui, il est abrupt parce qu'effectivement il y a des désaccords nombreux avec la Russie. Mais pour le moment je n'entends pas, ni dans la rencontre hier avec Poutine, ni dans le G7 il y a quelques jours, un discours de la France qui soit extrêmement offensif sur le fond. Parce que je veux bien qu'on mesure l'importance de ce qui se fait à la chaleur des poignées de main, mais c'est quand même un peu court. Bon, à la conférence de presse, il y avait quand même des... on sentait des oppositions fortes. Par exemple sur le terrorisme, puisque le sujet vient d'être évoqué dans votre...
Quelles sont véritablement les propositions de la France mises dans le débat international qui incarnent un changement suffisant pour que la lutte contre le terrorisme vienne à nouveau efficace ? Qu'est-ce que vous attendriez ? Moi je n'entends pas pour le moment ce discours-là. Qu'est-ce que vous entendriez ? Par exemple au G7, est-ce qu'Emmanuel Macron a posé la question de nos relations avec l'Arabie saoudite après le voyage de Trump dans la région là-bas ? Vous voulez rompre avec l'Arabie saoudite ? Vous voulez que la France rompe avec l'Arabie saoudite ? Mais moi je ne suis pas pour rompre avec qui que ce soit d'ailleurs.
Je pense qu'il vaut mieux parler et que la diplomatie est faite pour ça. Donc le fait qu'on reçoive Poutine ou qu'on parle à Trump qui sont les premiers représentants de leur pays me paraît normal. Le problème c'est la parole de la France. Est-ce que la France parle fortement avec des propositions qui nous engagent véritablement dans des ruptures nécessaires dans la lutte contre le terrorisme ou sur d'autres questions ? Par exemple, je prends un autre exemple. Est-ce que le président français a porté au cours du G7 ou avec Vladimir Poutine la proposition qui a été votée par le Parlement d'organiser une COP fiscale pour faire reculer l'évasion fiscale dans le monde ?
C'est-à-dire pour faire reculer véritablement la déréglementation financière et le poids des paradis fiscaux dans lesquels d'ailleurs circulent tous les circuits de financement du terrorisme. Est-ce que cette question a été posée par le président de la République ? A ma connaissance, non. Alors une proposition concrète hier par exemple, des représailles immédiates en cas d'attaque chimique. Vous soutenez cette proposition du président Macron ? Eh bien, on sait qu'elle a été utilisée, cette méthode. Par les Etats-Unis, pas par la France. Par les Etats-Unis, par les Etats-Unis et avec quel résultat ? Donc le problème plus global de la question du théorie...
Donc attendez, vous êtes contre des représailles de la France en cas d'attaque chimique ? Évitez de caricaturer tout ce qu'on dit. Non, là en caricaturant... La question, non mais c'est d'essayer de prendre de la hauteur par rapport à la question... Non mais là c'est assez binaire. La logique de l'escalade guerrière... C'est assez binaire. Non mais la logique de l'escalade guerrière, qui est utilisée de toutes parts, de toutes parts et par toutes les parties, depuis maintenant les attentats du 11 septembre 2001, a débouché sur des catastrophes à répétition et la multiplication des actes terroristes dans le monde.
Vous êtes plutôt hostile au propos qu'a tenu à Daniel Macron.
Une grande politique diplomatique et politique de la France pour lutter contre ces phénomènes. Pour le moment, je n'entends pas, je n'entends pas ni au G7 ni dans la ronde mondiale...
Pour clore le problème là-dessus, Emmanuel Macron a dit représailles immédiates et vous êtes plutôt contre, voilà, c'est pas un problème.
Non, je ne dis pas ça. Je ne dis que prétendre qu'on va résoudre le problème du terrorisme avec ce type de proposition est une erreur. Ben voilà, donc vous êtes contre. Est une erreur, non, je ne dis pas...
Mais il faut l'assumer, c'est pas genre. Oui, mais... Alors je vous repose la question. En cas d'attaque chimique, on n'en va pas sur le changement.
Voilà ce que j'appelle la caricature, Jean-Michel Apathy. Non, on essaie d'être précis. Vous dites, parce que vous, les réponses, elles sont binaires. Elles sont soit ce que vous proposez, soit le contraire. Eh bien, il y a une autre voie à proposer. Écoutez, vous dites que c'est une erreur. Qui est la voie d'une grande politique de la France. Si vous dites que c'est une erreur... Pour reprendre, par exemple, est-ce que, dans la discussion entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine hier, a été discutée la mise en place d'une véritable conférence internationale pour la paix dans le Grand et le Moyen-Orient, où toutes les parties seraient autour de la table ? Est-ce que ça a été discuté ?
Moi, j'ai écouté la conférence de presse hier. Je ne le sais pas. À part nous parler de représailles militaires, ces voies diplomatiques et politiques absolument nécessaires, elles n'ont pas manifestement été évoquées.
À propos de cette visite de Vladimir Poutine à Versailles, Jean-Luc Mélenchon a eu ce commentaire et que nous voulions vous faire écouter.
Oui, le système Macron, il a des côtés poutiniens. Parce que ce sont les oligarques qui sont au pouvoir en France aussi. Pour le cas où vous ne le sauriez pas, c'est moi qui vous le dis. Oui, des oligarques sont au pouvoir.
Le système Macron a des côtés poutiniens. Vous partagez l'avis de Jean-Luc Mélenchon ?
Vous savez, c'est des formules. Je ne pense pas que la comparaison soit extrêmement pertinente. Donc peut-être qu'on peut éviter justement les raccourcis, comme vous en faisiez à l'instant à propos de ce que je dis ou d'autres, pour essayer de prendre de la hauteur par rapport à ces...
C'est trop facile. Je m'excuse, mais je ne sais pas pourquoi ça m'irrite un peu. Je vous dis, tu prends de la hauteur, on ne vous pose des questions, on ne tombe pas dans le caniveau. On vous pose des questions, vous répondez ce que vous voulez.
Je vous réponds que mon commentaire sur une phrase comme ça n'a pas beaucoup d'intérêt, ni la phrase elle-même.
D'accord. Donc il y a des choses plus sérieuses à discuter, surtout dans un...
Nous sommes dans une campagne. Ah non, non, je suis désolé.
Jean-Luc Mélenchon fait 7 millions de voix à l'élection présidentielle, vous l'avez soutenu. Il dit qu'il y a des analogies entre le pouvoir de Vladimir Poutine et celui d'Emmanuel Macron. Vous pensez qu'il dit une bêtise parce que j'ai cru décoder ceci ? Très bien, voilà, on peut passer à autre chose. Eh bien, passons à autre chose. Il n'y a pas de problème, je ne sais pas trop à quoi tu es peut-être au titre ?
Il y a beaucoup de choses plus importantes que ça, effectivement, à discuter ce matin.
On est désolé de passer à côté des choses importantes.
Puisqu'il nous reste 20 secondes juste avant d'en venir au titre, mais de ce que je comprends, les débuts d'Emmanuel Macron sur la scène internationale, vous diriez que c'est raté, vous diriez que c'est en trompe-l'œil, vous dites quoi ?
Je pense qu'il y a beaucoup de communication, beaucoup de communication est plutôt réussie, on va dire. Mais sur le fond, je le répète, je n'entends pas de grandes propositions de la France. Je n'en entends pas sur la lutte contre la déréglementation financière internationale, je l'ai dit. Il y a une résolution qui a été votée au Parlement national pour la mise en place d'une COP fiscale. Est-ce qu'Emmanuel Macron a porté cette proposition ? Je n'entends pas de grandes propositions fortes et nouvelles pour la lutte contre le terrorisme. Sur le climat, il y a un désaccord manifeste avec Donald Trump.
Est-ce que la France va porter cette question devant l'Assemblée générale de l'ONU en septembre ? Parce que ce n'est pas au G7 que ça se règle, c'est devant l'Assemblée générale de l'ONU. Est-ce que la France, par exemple, va prendre des initiatives pour renforcer le poids de l'ONU et de son Assemblée générale au détriment d'instances illégitimes comme le G7 ? Voilà des grandes questions. Et là-dessus, je n'entends pas de discours fort de la France. Et je le répète, ça n'est pas les signes de communication envoyés par le Président de la République qui remplaceront cela.
Et cette discussion se poursuit dans 1 minute 8h40 sur France Info, vite en Maté pour l'Essentiel.
Il avait dirigé le Panama de 1983 à 1989. L'ancien dictateur Manuel Noriega est mort cette nuit des suites d'une tumeur au cerveau. Il avait 83 ans. En France, le terminal pétrolier de Grand Queville, tout près de Rouen, est bloqué depuis cette nuit. Quelles conséquences de cette grève des conducteurs de transport de matières dangereuses ? En Ile-de-France, la préfecture de police de Paris assure qu'il n'y a pas de risque de pénurie de carburant. Une nouvelle vidéo de l'association L214 qui a pris l'habitude de dénoncer les mauvais traitements dans les abattoirs. Cette fois, il s'agit d'un élevage de 160 000 poules en batterie, propriété en Vendée d'un fournisseur du groupe Panzani.
La vidéo montre des animaux dans un état déplorable et des conditions sanitaires exécrables, dénonce l'association qui a porté plainte. Ce désisté entre les deux tours des législatives en cas de possible victoire du FN, François Baroin qui mène la bataille pour les Républicains, prône le front républicain. Réaction de Marine Le Pen, LR n'est pas un parti d'opposition à Emmanuel Macron, c'est un strapontin à la majorité présidentielle. Et puis un Molière d'honneur pour Isabelle Luper, celui de l'humour pour Vincent Dedienne. Mais les grands vainqueurs de cette cérémonie du théâtre, ce sont les succès de l'année. Les pièces Edmond, 5 récompenses et les damnés qui repartent avec 3 prix.
France Info. C'est Pierre Laurent qui est avec nous ce matin sur France Info jusqu'à 9h. Question Gilles Bernstein.
La campagne législative ne semble pas profiter à la France Insoumise. On a vu un sondage, je crois que vos candidats sont aux alentours de 12%, c'est-à-dire assez loin du score...
France Insoumise, pas les candidats communistes. Oui, les candidats à la France Insoumise, évidemment 2%.
Assez loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle. Comment expliquez-vous cette campagne un peu balbutiante ? Je pense que nous devrions davantage et ensemble nous consacrer à une seule chose. Élire des députés qui vont effectivement maintenir dans l'hémicycle la bataille sur des engagements de gauche et des engagements qui s'opposeront par exemple à la déréglementation du Code du travail. Donc il y a aujourd'hui un peu trop de dispersion.
Vous savez que je souhaitais que nous allions... Pas assez de coordination entre les candidats de France Insoumise et les candidats communistes.
Oui, je pense qu'il faut que... Puisque nous n'avons pas réussi à trouver un accord, on peut au moins travailler dans la même direction pour élire le maximum de députés. Des députés de France Insoumise et, pour ce qui me concerne, je le souhaite de nombreux députés communistes. En tout cas, plus qu'il n'y en avait. Oui, sur le terrain, dans les campagnes, ça se parle. Mais est-ce qu'il ne faudrait pas que vous parliez au sommet ? Écoutez, on l'a fait, comme vous le savez. Nous n'avons pas trouvé...
Non, mais pas sur l'accord, mais au moins sur un accord idéologique, si je puis dire.
Oui, je pense que par exemple, il faudrait éviter toutes les déclarations polémiques qui sont parfaitement inutiles et se concentrer sur cet objectif-là. Moi, je le répète... Vous voulez dire que M. Mélenchon arrête de faire des déclarations polémiques inutiles ? Oui, par exemple, nous avons un travail d'explication à mener sur ce qui se prépare sur le code du travail. Il y a beaucoup d'enfumage et beaucoup de discrétion, d'ailleurs, du pouvoir sur la nature précise. J'ai entendu qu'Emmanuel Macron avait... J'ai vu comme tout le monde avait reçu tous les syndicats. On ne peut pas dire qu'il ait dévoilé grand-chose sur le contenu des annonces.
Donc, visiblement, le pouvoir gagne du temps pour essayer d'avoir une majorité et ensuite frapper très fort contre le code du travail. Donc, moi, je crois que nous avons un travail d'explication à mener là-dessus et nous devrions concentrer nos efforts là-dessus. Il reste dix jours avant le premier tour. Vous avez une telle affaire vite, si je peux me permettre. Oui, mais nous sommes en campagne, nous sommes sur le terrain. Ça ne marche pas bien, quoi. Je pense qu'il peut y avoir un peu plus de députés communistes qui n'y en avaient dans la précédente Assemblée. Vous en aviez combien, dans la précédente ? Sept. Je pense qu'il peut y en avoir un peu plus.
Et je pense qu'au total, des députés de gauche... Oui, c'est ce que j'espère. Des députés de gauche qui pourraient travailler avec nous dans cette direction, il peut y en avoir quelques dizaines. C'est à cela qu'il faut consacrer tous nos efforts dans les deux semaines, les petites deux semaines qui restent.
Vous avez fait référence à des déclarations de Jean-Luc Mélenchon. L'ancien Premier ministre, puisqu'il est ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve a dit que Jean-Luc Mélenchon, en ne choisissant pas d'appeler à voter explicitement pour Emmanuel Macron, a fait une faute politique et morale. Et Jean-Luc Mélenchon, à Montreuil, il y a quelques jours, lui a répondu... À Marseille. Non, à Montreuil, a répondu ceci.
Comment il s'appelle, le dernier, là, que son nom m'échappe, qui était Premier ministre, là, comment vous l'appelez ? Oui, Cazeneuve, le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse. Bravo ! Le gars qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations, et qui prend maintenant, venir prendre sa tête de petit sainte d'y touche, pour me dire que c'est moi qui ne sais pas choisir.
Quand vous entendez ça, vous dites quoi ? Typiquement, je dis que c'est des déclarations inutiles. J'ai entendu Jean-Luc Mélenchon dire hier qu'il n'aurait pas dû s'emporter de cette manière. Donc, ce n'est pas la peine de faire ce genre de déclarations polémiques pour les regretter deux jours après. Mais c'est un peu plus que polémique. Je pense que nous devrions rester concentrés.
C'est un peu plus que polémique. Il dit que Bernard Cazeneuve est un assassin. C'est un peu au-delà de la polémique, ou pas ?
Oui, mais, comme je viens de vous le dire, je ne veux pas m'apesantir là-dessus, parce que je pense que par rapport à l'enjeu des élections législatives, vous m'interrogez sur les élections législatives,
par rapport à l'enjeu des élections législatives,
ça n'est pas le cœur du problème. Le cœur du problème, ce qui menace, c'est que nous allons avoir, si nous ne mobilisons pas suffisamment, nous allons avoir une assemblée dominée par la droite et par les députés en marche, et qui va, une fois les élections législatives passées, frapper très fort, augmenter, nous le savons, très fortement la CSG. On ne parle pas beaucoup de ça, mais ça fait... Mais il change d'une baisse de charge. Justement, mais justement... Oui, non, mais la baisse de charge, excusez-moi, mais la baisse de charge, ça n'est pas un gain de pouvoir d'achat.
Parce que quand on dégrade le financement de la protection sociale, eh bien les gens le payent d'une manière ou d'une autre.
Et justement...
Donc c'est un marché de dupe. Dire que d'un côté, on va augmenter la CSG, ce qui va faire reculer le pouvoir d'achat, et que de l'autre, on va abaisser les charges, y compris des entreprises, c'est-à-dire qu'on va dégrader le financement de la protection sociale, eh bien au total, les salariés n'y gagnent pas, ils y perdent. Voilà de quoi on devrait discuter d'ici les élections législatives.
Et pour pouvoir clore ce sujet, justement, Pierre Laurent, ce matin, Bernard Cazeneuve sur France Inter dit si Jean-Luc Mélenchon s'excuse, dit je regrette, alors j'enlève ma plainte, on passe à autre chose. Est-ce que vous lui dites à Jean-Luc Mélenchon, dis que tu t'excuses comme ça en nombre ?
Non, ça peut être réglé très rapidement, qu'ils règlent ça entre eux. La question est plus précise que ça. Est-ce qu'il faut qu'ils disent... Qu'ils règlent ça entre eux, mais c'est une affaire qui regarde Jean-Luc Mélenchon et Bernard Cazeneuve, donc qu'ils règlent ça entre eux. Vous ne pouvez pas évacuer toutes les questions comme ça. Moi, ça ne m'intéresse pas. Au point où nous sommes de la campagne législative, vous disiez Jean-Michel Apathy, il reste dix jours, eh bien moi, c'est dix jours, et les quelques minutes d'antennes... Vous ne pouvez pas évacuer toutes les... Non, non, non. Certaines dont je dispose, je veux les utiliser à autre chose que ça.
Vous les avez utilisées, vous avez parlé du Code du Travail, vous avez parlé de la CSG, c'est trop facile d'évacuer toutes les questions comme ça. Vous avez soutenu Jean-Luc Mélenchon, vous êtes associé à Jean-Luc Mélenchon, il traite un responsable politique d'assassin, donc la question est simple, est-ce que vous souhaitez qu'il s'excuse ? Je l'ai dit,
je pense que ce genre de déclaration est déplacée et parfaitement inutile. Est-ce que vous souhaitez qu'il s'excuse ? Mais c'est son problème. C'est pas le vôtre. Maintenant, s'il le fait, Bernard Cazeneuve retirera sa plainte
et sera réglé. Est-ce que ça n'est pas ça que vous sentez dans les sondages ? C'est-à-dire la perte d'influence de France Insoumise et des communistes qui n'est pas à la hauteur du capital constaté lors de l'élection présidentielle, est-ce que ça n'est pas dû au type de campagne que mène Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon coûte cher ou pas à la gauche ?
Mais c'est le problème que j'ai indiqué depuis le premier jour, c'est-à-dire depuis le soir du premier tour de l'élection présidentielle, c'est que nous devons nous concentrer sur une seule chose, c'est rassembler les forces que nous avions déjà rassemblées dans l'élection présidentielle et au-delà. Pourquoi vous n'y arrivez pas ? Tout ce qui divise ces forces-là, nous fait reculer au lieu de continuer à nous faire avancer. Donc c'est oui. Jean-Luc Mélenchon coûte des voix à la gauche en ce moment. Il faut garder le cap sur une ambition de rassemblement du maximum de forces parce que nous savons que déjà, il va être difficile de faire élire plusieurs dizaines de députés de gauche.
Donc concentrons-nous sur ça dans les dix jours qui viennent et pas sur autre chose. Est-ce que vous payez aussi le refus de Jean-Luc Mélenchon de choisir franchement entre les deux tours de l'élection présidentielle entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ? Je crois qu'en ce qui nous concerne, nous avons envoyé un signal très clair sur ça. Oui, mais ce n'était pas ma question. Un signal très clair. Et je pense qu'effectivement, mais ça, je l'ai dit entre les deux tours, c'est une confusion dont nous n'avions pas besoin. Surtout que le problème va se reposer dans les élections législatives. probablement dans une centaine de circonscriptions.
Donc je pense qu'il faut être clair sur cette question. Nous avons barré la route à Marine Le Pen pour l'Elysée. Je pense qu'il faudrait barrer la route à une entrée massive du Front National dans l'Assemblée nationale. Je pense qu'il faut continuer d'être extrêmement clair sur cette question. Et pour l'être, il faut en même temps rassembler nos forces pour ne pas laisser les mains libres à Emmanuel Macron. Parce que maintenant, la question est différente par rapport à l'élection présidentielle. Au second tour de l'élection présidentielle, nous n'avions pas le choix. Aux élections législatives, nous avons le choix.
Puisque Emmanuel Macron à ce jour n'a pas de majorité dans l'Assemblée nationale. Donc nous pouvons barrer la route au Front National mais pour élire des députés de gauche, pas pour élire des députés Macron.
Et on va y venir justement à ces élections et notamment au deuxième tour. Ce sera dans un instant. Il est 8h50. Victor Maté est là pour une minute.
Et à moins de deux semaines maintenant de ces législatives, cette enquête Ipsos Soprasteria pour France Info et France Télévisions. La formation d'Emmanuel Macron à la République en marche associée au Modem arriverait en tête au premier tour. 29% et demi des voix devant les Républicains et l'UDI. 22% suivent le FN à 18 et la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon à 11%, et demi c'est 8 de moins qu'à la présidentielle. La ministre des Affaires Européennes Marielle de Sarnez figure sur une liste d'eurodéputés français dénoncée par le Front National. Le FN a fourni à la justice le nom d'une vingtaine d'élus avec de supposés emplois litigieux d'assistants parlementaires.
Exactement ce dont a été accusé le parti d'extrême droite. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Le décès cette nuit de Manuel Noriega, l'ancien dictateur du Panama avec 83 ans. Il était hospitalisé depuis le mois de mars à la suite d'une tumeur cérébrale. Gasquet, Herbert, Mladenovic et parmentier les quatre français qualifiés hier soir pour le deuxième tour de Roland Garros. Les neuf autres ont tous été éliminés aujourd'hui à suivre le premier tour de Joe Wilfried Songa, de Gaël Monfils ou encore d'Andy Meuret le numéro un mondial.
Pierre Laurent est avec nous jusqu'à 9h ce matin sur France Info. Question Gilles Bernstein.
Oui on parlait des législatives et effectivement des accords nécessaires pour éviter que le Front National obtienne des élus. Écoutez ce qu'on dit François Baroin c'était hier.
Notre combat était toujours contre les extrêmes et les gaullistes sont les adversaires historiques du Front National. Tout sera mis en oeuvre au niveau national pour éviter ce genre de choses. Je souhaite d'ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d'En Marche comme du Parti Socialiste. Les désistements devront faire partie de l'ordre de tour des législatives.
Je rappelle que François Baroin mène la campagne des législatives pour les républicains. Est-ce que vous êtes prêt à ce grand accord de ce grand Front républicain pour éviter des députés Front National ? Non mais il ne s'agit pas de passer un accord avec les républicains. J'entends François Baroin. J'ai toujours dit j'étais très clair là-dessus et je continuerai de l'être jusqu'au bout qu'il faudrait faire barrage au Front National. Nous sommes avant le premier tour des élections législatives. Quelle est la question posée aux femmes et aux hommes de gauche de ce pays ? Pour éviter cette situation il faut qualifier dans le maximum de circonscriptions un député de gauche.
Celui qui peut l'emporter. Il peut être de la France insoumise il peut être communiste. un socialiste avec lequel nous pouvons travailler. Il faut essayer de qualifier quelqu'un de gauche dans ces circonscriptions-là pour éviter ce risque-là. Voilà la meilleure situation qu'on peut créer d'ici le premier tour. Il y a des candidats en marche qui sont de gauche aussi si encore les deux tours nous sommes dans une situation dans une situation non mais ensuite se posera la question du deuxième tour. Non mais moi
je vous parle au premier tour il y a des candidats en marche qui sont de gauche et qui peuvent être
en tête aussi. Non au premier tour pour moi il s'agit de qualifier un candidat que j'appelle un candidat de gauche au premier tour qui n'est donc pas un candidat d'en marche. Et je pense que c'est possible c'est possible je rappelle qu'au premier tour de l'élection présidentielle dans plus de 200 circonscriptions les voix de gauche c'est-à-dire celle de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Aymond étaient en tête de tous les candidats. Donc il y a beaucoup de circonscriptions où c'est possible. Il faut concentrer nos efforts sur ça d'ici le premier tour des élections législatives.
On voulait juste noter que c'est un changement de ligne pour le parti Les Républicains qui d'habitude est sur le nini et qui là parle de Front Républicain. Vous saluez ça ou pas ?
Oui je pense que la clarté en la matière est toujours meilleure que la confusion parce que moi je ne banaliserai pas et je ne banaliserai jamais la progression possible du Front National et son entrée à l'Assemblée Nationale. Et j'ajoute pour les femmes et les hommes de gauche parce que certains parfois sont en doute que si le Front National fait une entrée massive dans l'Assemblée Nationale il sera le principal obstacle à la constitution de majorité contre les lois antisociales d'Emmanuel Macron. Parce qu'il ne sera jamais au rendez-vous pour faire face avec nous à ces lois-là.
Je rappelle que par exemple quand nous battions contre la loi travail dans l'hémicycle il y avait deux sénateurs du Front National qui sont des principaux dirigeants du FN je ne les ai jamais vus une seule seconde dans l'hémicycle. Ils n'ont jamais été au rendez-vous des débats parlementaires quand il fallait s'opposer aux lois antisociales. Et si demain ils sont trop nombreux dans l'Assemblée Nationale ça ne sera pas un atout pour personne.
On parle beaucoup de morale dans cette campagne électorale. On évoque aujourd'hui le cas d'une assistante de Marielle de Sarnez qui est ministre des Affaires européennes qui aurait peut-être été payée indûment par le Parlement européen. On parle aussi beaucoup du cas de Richard Ferrand. Est-ce que vous souhaitez que Richard Ferrand par exemple prenne du champ et abandonne son poste de ministre tant que son histoire à la Mutuelle de Bretagne n'est pas éclaircie ? Oui, je crois
que ce serait préférable. Malgré ces explications. Je vais être reçu juste en sortant de cette émission par François Béroux qui consulte les partis politiques sur la moralisation de la vie politique. Il y a énormément de choses à faire en la matière. Il faut prendre beaucoup de mesures pour démocratiser la représentation nationale. Il y a des mesures contre le cumul des mandats. Il y a des mesures de clarification éthique sur l'utilisation de l'argent par les parlementaires. En tout cas des indemnités ou des assistants parlementaires. Il y a beaucoup de mesures à prendre en la matière. Mais il y en a aussi beaucoup pour clarifier la question des conflits d'intérêts.
Il faut des mesures beaucoup plus fortes contre les conflits d'intérêts. Par exemple, je vais en proposer une tout à l'heure à François Béroux. Rapidement, oui. C'est que quand on a un mandat à plein temps parlementaire ou chef d'un exécutif, ça ne peut pas être cumulé avec d'autres revenus. D'accord. Il faut des choses très claires en la matière parce que sinon il y a énormément de confusion entre les intérêts de la finance et la vie politique. Il faut désintensifier la vie publique
de l'argent. Que la démission de Richard Ferrand serait une bonne chose ? Vous allez lui dire ? Oui, je peux lui dire. S'il me pose la question, je lui dirai. Il ne faut pas attendre la question. Il faut lui dire si vous le pensez. Julen Stein.
Ce matin, le terminal pétrolier Rubis à Granquevilly est bloqué suite à un mot d'ordre de grève lancé par la CGT. Alors, ces terminaux de Seine-Maritime sont importants pour l'approvisionnement de la région parisienne, feurant craindre un risque de pénurie. Est-ce que vous soutenez cette grève et l'éventuel blocage qui s'en suivrait ? Mais, écoutez, ce qu'il faut regarder, c'est les motifs de cette grève. Bon, vous savez, tout ce qui se passe, on parle beaucoup de nouveautés, d'audace, de renouveau et tout.
Mais qu'est-ce qui change ou qu'est-ce qui va changer demain, dans quelques semaines, pour les travailleurs qui sont menacés de perdre leur emploi ou pour ceux qui ne voient leur salaire ne plus augmenter depuis des années où leurs conditions de travail se dégradaient. Pour le moment, en la matière, il y a zéro annonce. Et les seules annonces qu'on a, c'est celles sur la CSG dont je parlais tout à l'heure. Est-ce qu'il y aura une augmentation du SMIC le 1er juillet ? Je vous ai posé la question précise sur cette grève. Est-ce que vous la soutenez ou pas ?
Oui, je pense que quand les travailleurs se mobilisent pour leurs conditions de travail, pour l'augmentation des salaires ou pour protéger leur emploi, ils ont raison de le faire. Les salariés de la souterraine récemment ont montré que c'était une manière de se faire entendre. Donc vous savez, les mobilisations sociales ne vont pas disparaître du jour au lendemain parce qu'Emmanuel Macron est devenu président de la République. Il y a beaucoup de conflits sociaux dans le pays parce que la situation des salariés est difficile. Et ces salariés ont raison d'essayer de se faire entendre. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info pour cette interview qui avait de la hauteur.
Merci beaucoup.
Il est taquin. Merci beaucoup. On se retrouve demain.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Pierre Laurent