Eric Zemmour invité des Grandes Gueules sur RMC
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tous les jours, les GG, vous avez les podcasts à votre disposition via l'appli RMC ou sur notre site internet rmc.fr si vous avez raté toute ou partie de l'émission, ça peut arriver, il peut y avoir très bonne raison, exemple le travail ça peut empêcher d'écouter partiellement les grandes galères, on ne vous en voudra pas Joël Dagosseri, coach de vie est avec nous, Mehdi Guézard, chef d'entreprise dans les Hauts-de-Seine et de la partie aussi aujourd'hui, Thomas Porcher, professeur d'économie est là, et on y va pour le face au GG avec Eric Zemm puisque les principaux candidats à l'élection présidentielle passent par les grandes gueules, demain ce sera Valérie Pécresse, la semaine dernière c'était Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Eric Zemmour, bonjour !
Bonjour ! Eric Zemmour,
Mariupol, c'est la ville martyr de cette guerre en Ukraine, la ville est assiégée, bombardée par l'armée russe, la ville ne veut pas capituler, est-ce que vous pouvez qualifier
Poutine de criminel de guerre ? Écoutez, moi je renonce à qualifier les gens surtout que, les gens que je serais sans doute amené à à rencontrer et si je suis élu président de la République, donc je refuse de faire de grandes déclarations, surtout que criminel de guerre, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on va le juger devant un tribunal ? Vous allez juger le président d'une puissance nucléaire ? Eh bien je vous souhaite bien de la chance ! Tout ça c'est des grands mots, les gens se gargarisent de grands mots.
La vérité c'est que la guerre, c'est la montée aux extrêmes, Klaus Wiss l'a dit avant nous, et que c'était évident qu'à partir du moment où il y avait cette guerre, c'est pour ça que j'ai tout de suite condamné cette agression parce que c'était inévitable que après, surtout si, comme on le voit, il rencontre des difficultés, il ne fait pas une guerre éclair comme il l'espérait sans doute, évidemment qu'il va y avoir une montée comme ça, des destructions, c'est inévitable dans toutes les guerres. Vladimir Poutine alors ?
C'est la guerre, il faut tout faire, mais moi je ne le qualifie pas, il a eu tort d'agresser, on condamne l'agression, puisque tout simplement moi je défends depuis toujours la souveraineté nationale et l'intégrité des frontières. Donc ça me semble un minimum de cohérence. Donc évidemment que c'est l'agresseur et donc qu'il doit être condamné. On ne peut pas aller plus loin, voilà c'est simple et on arrête là.
Maintenant il faut essayer d'aller plus loin et de voir comment on peut arrêter cette guerre, comment on peut arrêter ces massacres, évidemment qu'il faut des négociations, d'ailleurs ça a commencé déjà entre Poutine et Zelensky, avec des intermédiaires, on voit l'intermédiaire israélien, on voit les intermédiaires chinois, on aimerait Macron, Turc, Macron aimerait bien être reconnu comme intermédiaire. Vous n'y croyez pas ? J'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de théâtre que de réalité. Moi les négociations pour moi, mais peut-être j'ai lu trop de livres d'histoire, mais les négociations c'est en secret. On ne se met pas en scène comme ça en disant je l'ai appelé, il m'a dit, etc.
Moi je n'ai jamais vu Talleyrand faire ça, mais vous me direz, il n'y avait pas de réseau social. Mais passons. Donc tout ça pour vous dire que sur le fond, ce qu'il faut, c'est trouver un terrain et un accord qui satisfasse tout le monde.
J'ai vu, j'étais très agréablement étonné et intéressé par une intervention, je ne sais pas si ça vous a échappé, de Maurice Gourdemontagne, qui n'est pas très connu, mais qui était quelqu'un d'important dans la Chirakie, qui était le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, très proche de Dominique de Villepin, et qui a raconté sur une autre chaîne comment en 2006, Jacques Chirac, encore président, avait proposé aux Américains et aux Russes une garantie, par l'OTAN et par la Russie, de la neutralité de l'Ukraine. Et que la Russie avait accepté. Et que c'est là où ça devient très intéressant.
Gourdemontagne raconte, il va voir Mme Condoleezza Rice, vous vous souvenez, c'était la conseillère diplomatique, puis elle est devenue ministre des Affaires étrangères de Georges Bush, et elle lui dit, ah non, à vous les Français, ça suffit, déjà vous avez voulu arrêter l'entrée des pays de l'Est, Pologne, et tout ça dans l'OTAN, vous n'allez pas nous empêcher de faire rentrer l'Ukraine et la Géorgie. Tout est dit. Tout est dit sur ce qui s'est passé depuis 15 ans. C'est-à-dire qu'évidemment, et tout est dit sur ce qui doit se passer après, c'est-à-dire qu'évidemment, il n'y aura de solution pacifique à long terme que s'il y a une forme de régime spécial pour l'Ukraine.
Le président Zelensky l'a dit, elle a dit, a priori, l'Ukraine ne rentrera pas dans l'OTAN. Mais vous vous rendez compte qu'il a fallu cette guerre pour ça ? Vous vous rendez compte que si on avait fait appliquer les accords de Minsk 2, si la France et l'Allemagne avaient été suffisamment pugnaces et suffisamment convaincantes, si elle n'avait pas été trop soumise aux Etats-Unis, en clair, et que les Etats-Unis avaient renoncé à cette méthode de la porte ouverte, comme on dit, il n'y aurait pas eu cette guerre, il n'y aurait pas eu cette destruction, il n'y aurait pas eu ces massacres.
Mais vous, président, quel sera le rôle de la France ? Jean-Luc Mélenchon dit, par exemple, la France doit être non-alignée. C'est votre point de vue aussi ?
C'est un mot non-aligné, vous savez, c'est un mot... J'aime bien parce qu'on me traite souvent de nostalgique, mais là, Mélenchon, il fait encore plus fort que moi. Non-aligné, c'est un terme qui correspond à une époque où il y avait deux blocs, une non-soviétique et Etats-Unis. Ça n'existe plus, pardonnez-moi. À moins qu'on veuille à toute force reconstituer un nouveau bloc, c'est, je pense, la stratégie des Américains, mais je ne comprends pas l'intérêt, entre la Russie, la Chine, l'Iran, qui soit le nouveau bloc, en gros, des méchants, contre nous, les gentils.
Je pense que la France, et alors là, doit effectivement refuser cette stratégie, refuser cette vitrification de la diplomatie internationale et de la situation mondiale. Il faut au contraire que l'Europe, je dis bien l'Europe, entièrement de l'Atlantique à l'Oural, règle ses problèmes sans ingérence étrangère. Mais manifestement, ce n'est pas la volonté des pays européens, en particulier de la Commission de Bruxelles et de l'Allemagne.
C'est très important. D'accord, mais la recherche d'une position commune, c'est la volonté. Là, on voit bien que l'Europe veut parler d'une seule voix.
Ce n'est pas important, ça ? C'est très important. Le problème, c'est que cette voix, c'est une voix qui est avec un grand manipulateur derrière. Vous voyez ? En fait, quand on nous dit que l'Europe parle d'une seule voix, je vais vous dire que l'Europe parle d'une seule voix, l'Europe s'arme quand les Allemands décident un budget de 100 milliards. Mais qui décide ? Quels matériels sont achetés par les Allemands ? Pas du matériel français, du matériel européen, du matériel américain. Les Allemands vont acheter des avions F-35 alors qu'ils prétendent faire un avion avec nous, le fameux SCAF. Ils n'ont pas acheté des Rafales. Moi, je note, c'est tout. La réalité.
Ce qu'on appelle, je finis une phrase, ce qu'on appelle l'Europe qui se parle d'une voix, en vérité, c'est la deuxième jambe européenne de l'OTAN. C'est rien d'autre. Juste une question, vous ne trouvez pas qu'il y a deux blocs
bien distincts dans le monde ? Le bloc sino-russe et le bloc américain-européen. Vous venez de dire comme quoi la guerre froide n'existe plus. Pour moi, la guerre froide n'a jamais vraiment cessé. Il y a toujours eu cette différence des deux blocs où la Russie a beaucoup investi à un moment.
L'Afghanistan, c'est ce qui s'est passé, qui est descendu vers l'Afrique avec la Chine, où ils se sont alliés avec la Chine pour détenir et pour mettre leurs mains bas sur une partie de l'Afrique. Les Américains, on connaît très bien avec tout ce qui se passe entre Taïwan et les Philippines, le Pacifique, à un moment où, à quel moment,
les deux blocs ont vraiment disparu ? Je pense que les deux blocs n'ont jamais disparu.
Je ne suis pas d'accord avec vous, cher monsieur. Le mur de Berlin est tombé en 1989. L'URSS s'est effondrée. C'est une image. L'URSS, non, ce n'est pas une image. Il est réellement tombé. Les Allemands, on savent quelque chose. En 1990, l'URSS s'est effondrée. Bien sûr. En 1991, les Américains ont promis à l'Union soviétique, c'est-à-dire à Gorbatchev, Bush père a promis à Gorbatchev, c'est aujourd'hui dans les archives qui sont déclassifiées par les Américains. C'est très intéressant parce que, pendant des années, on nous a dit c'est faux.
Les Américains ont promis aux Russes de ne pas étendre l'OTAN à l'Est contre le fait qu'ils acceptent la réunification de l'Allemagne sans guerre nucléaire, comme c'était le risque, après tout. On avait ce risque-là depuis 50 ans, il ne faut pas le négliger. Donc, elle a arrêté la guerre froide. Et ce sont les Occidentaux qui l'ont ressuscité. Les Américains ont tout fait, mais vous savez, tout est dans le livre de Brzezinski, pardonnez-moi, le grand échiquet, qui dit simplement il faut séparer les Russes des Allemands et des Français.
Les Américains ont reconstitué, et aujourd'hui, ils reconstituent une guerre froide parce qu'ils veulent nous embarquer dans une croisade démocratique contre la Chine. C'est ça leur adversaire. Mais pour nous, c'est une folie. C'est-à-dire que nous, la France et nous, l'Europe, pour nous, c'est une folie d'être embarqués. Et c'est contraire à toute la stratégie française depuis le général de Gaulle qui est qu'on ne veut pas s'inféoder aux Américains et on ne veut pas s'inféoder aux Russes. On ne veut s'inféoder à personne. Il y a quand même deux blocs. Il y a le bloc des démocraties et le bloc, on va dire, des régimes autoritaires. Et on pourrait inculter le bloc de la Turquie
ou même l'Inde.
On voit bien qu'il y a deux blocs qui se mettent en place. C'est intéressant ce que vous dites parce que... Mais j'entends très bien parce que pour moi, c'est le contraire de ce qu'il faut faire. Ça, c'est la stratégie américaine qui veut nous embarquer dans une croisade des démocraties contre les dictatures. Excusez-moi, nous sommes les amis de l'Inde. Nous leur vendons des armes. Ils nous achètent des armes, eux. Pas comme les Allemands. Les Rafales. C'est quand même intéressant. On voit qu'ils sont nos amis et qu'ils sont nos alliés. Deuxièmement, il y a beaucoup de pouvoirs autoritaires. Est-ce que l'Arabie saoudite, vous le mettez dans le bloc de la Russie et de la Chine ?
Ah non, américain. C'est pour voir... Dieu sait si c'est autoritaire. Vous voyez ? Ça ne les gêne pas, les Américains, d'être alliés avec un pouvoir autoritaire. Non. Donc, c'est de la propagande américaine, ça ? Oui, c'est de la propagande américaine. Absolument. Mais ils ont le droit de faire la propagande et c'est très efficace. Chaque pays... Il ne faut pas être naïf. Les Russes aussi font de la propagande. Les Américains font de la propagande. Nous-mêmes, nous devrions en faire peut-être davantage pour défendre nos intérêts. Ce n'est pas une insulte, vous comprenez ? Ils ont le droit de défendre leurs intérêts. Mais vous êtes pour la souveraineté des peuples,
vous êtes pour la souveraineté des États. On ne peut pas en vouloir à des États qui étaient dits à l'Est et qui pendant 30 ans
ont eu la botte soviétique sur la tête de se tourner davantage vers l'Ouest, vers la liberté,
vers la démocratie, vers même le modèle américain et français que vers l'Est. Vous avez raison, c'est un vrai problème. Mais vous avez tout à fait raison. Il y a le conflit, mais c'est un conflit, j'allais dire, millénaire. Tous les livres d'histoire en sont pleins entre la politique, la volonté, la liberté et la géographie. Vous savez, en fait, chaque peuple a l'histoire de sa géographie. Et malheureusement pour eux, vous connaissez le mot célèbre des Mexicains qui disent « si loin de Dieu, si près des États-Unis ». Les Mexicains ne sont pas libres de faire ce qu'ils veulent parce qu'ils sont trop près des États-Unis.
Eh bien, les Ukrainiens ne sont pas libres complètement de faire ce qu'ils veulent parce qu'ils sont trop près de la Russie.
Donc tout ce bloc de pays, géographiquement, historiquement,
est plus près de la Russie que de nous. Oui, et si vous voulez, on peut, mais ce qu'il faut, parce que tout à l'heure... Si on est attaché aux démocraties et aux valeurs de souveraineté des pop comme vous l'êtes, on ne peut pas laisser faire. Vous avez raison, mais je vous dis, il faut aussi... Surtout si vous arrivez à l'Élysée. Mais je suis d'accord, mais justement, à l'Élysée, il faut défendre la position française et les intérêts de la France. On n'est pas là pour défendre les intérêts des Etats-Unis ou de la Russie ou même de l'Ukraine. On est là pour défendre les intérêts de la France. Et les intérêts de la France, c'est un continent pacifié où tout le monde est à peu près satisfait.
Et donc, les Allemands, les Français, les Anglais, les Russes, les Ukrainiens... Dans ce continent, vous mettez la Russie aussi ? Bien sûr, de l'Atlantique à l'Oural.
Mais si on ramène tout ça à la campagne présidentielle, le fait d'avoir dit que vous rêviez d'un Poutine français, ça vous a avalu quelques points dans les sondages et ça va peut-être vous empêcher d'être qualifié au deuxième tour ?
Je ne crois pas. Je pense que c'est simplement qu'il y a des gens qui ont pris peur et qui se sont ralliés au président Macron. La cote de Macron a monté. C'est classique dans une guerre. Les faits de rapports ? Oui, c'est ça, ce qu'on appelle... Vous ne rêvez plus
d'un Poutine français ?
Attendez, attendez, je vais vous répondre sur le fond. Mais je me souviens qu'en 1991, la cote de François Mitterrand, lors de la première gare du Golfe, avait atteint des niveaux stratosphériques et qu'en 1993, aux législatives, ça ne l'avait pas empêché les socialistes de prendre une raclée mémorable. Donc, il faut se méfier de tout ça. Maintenant, pour le Poutine français, qu'est-ce que j'ai voulu dire ? J'ai voulu dire il faut quelqu'un... Je reconnaissais à Poutine le fait, un, d'être un patriote russe et deux, d'avoir redressé son pays après la terrible décennie 90 où la Russie était dans la misère où les retraités russes ne touchaient pas leur retraite. Vous vous rendez compte ?
C'était vraiment une misère noire et qu'à l'époque, on disait, en guise de boutade à la russe, tu es pour la démocratie ou pour le peuple. Vous voyez, c'était horrible cette évolution. Donc, il a redressé cela et il a refait de son pays une grande puissance, crainte, etc. Chirac ne disait pas autre chose quand il lui remettait des médailles à Légion d'honneur. Sarkozy ne disait pas autre chose. C'est la grande tradition gaulliste, pardonnez-moi, je n'invente rien en l'occurrence. D'accord. Poutine est un grand président. Non. Non, mais vous dites « était ». Non, mais il a rendu et il ne l'est plus. Poutine, dans les années 2000, a été un grand président.
Aujourd'hui, on voit bien que la situation l'a conduit à des actes inqualifiables et condamnables. Mais j'essaye d'expliquer la situation. Vous pouvez essayer en plus. Après, si vous voulez, en tant que président, j'ai le devoir, non pas de faire des leçons de morale, mais de dire comment on arrange ça, comment on pacifie après tout ça. Voilà. Et deuxièmement, j'ai le devoir de dire pour les Français… Dès que vous arrivez à l'Élysée, si la guerre est toujours en cours, vous allez tout de suite à Moscou ? Je ne sais pas si je vais tout de suite à Moscou. Ou à Kiev. En tout cas, je maintiens évidemment le contact, mais Macron le fait aussi.
Je vous dis, les Israéliens le font, les Turcs le font, bref. Non, mais en revanche, ce qu'il faut maintenant, c'est considérer que pour la France, et je le disais avant cette intervention, il y a un devoir de puissance. J'ai dit avant cette guerre que nous devions augmenter considérablement le budget de la défense à 70 milliards à l'horizon 2030. Il est à 41 milliards pour vous donner une idée. Et Emmanuel Macron compte le porter à 50 milliards.
Ça changerait quoi dans ce rapport de force ?
Mais je vais vous dire, c'est très simple. Aujourd'hui, je vais vous donner un exemple très simple qui m'a sidéré. Pour entrer en guerre, Poutine a mis en jeu 10 armées. 10 armées entre 5 000 et 10 000 hommes chacune. Nous sommes capables d'avoir une armée.
Voilà, c'est tout.
Donc si vous voulez, on a de tout. On a une très bonne armée, on a des très bons soldats, on a même du bon matériel, mais ça tient 3 jours. Au bout de 3 jours, on n'a plus de munitions. Mais vous vous rendez compte, au bout de 3 jours, on n'a plus de munitions. Donc moi, ce que je veux, c'est densifier tout ça. Et tout ça, il faut beaucoup d'argent pour avoir plus d'avions de chasse. Mais c'est pas de nouveau une course à l'armement
dont on est sorti, dont l'Europe est sorti, les blocs sont sortis.
Justement, ça prouve ce que j'ai dit à monsieur. Il y a eu un moment où il n'y a plus de guerre froide. Mais aujourd'hui, nous sommes de nouveau dans la tension. Je l'ai dit depuis des années, on se moquait de moi. Je l'ai dit à l'intérieur de notre pays, je l'ai dit à l'extérieur. Le temps du tragique est revenu. Nous sommes sortis de la paix éternelle, comme on croyait, après 89 justement, après la chute du mur de Berlin. Je l'avais dit avant. On ne peut pas me reprocher tout et son contraire.
Éric Zemmour, candidat à l'élection présidentielle avec le parti Reconquête et dans les GG, face au GG, en direct sur RMC et RMC Story. On va continuer de l'interroger,
de poser des questions, bien sûr, ce qui fait l'actualité. Avec Joël Dagoceri, coach de vie, médiguezard chef d'entreprise et Thomas Porcher, professeur d'économie.
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Les victimes de la guerre en Ukraine.
Attendant Valérie Pécresse, demain la candidate des Républicains. C'est Éric Zemmour qui est avec nous. Mehdi Guézard, le chef d'entreprise. Joël Dago-Séry, la coach de vie. Thomas Porcher, le professeur d'économie qui a regardé justement le programme du candidat Zemmour. Monsieur Thomas.
Oui, bonjour monsieur Zemmour. Alors effectivement, tout le monde vous connaît, tous ceux qui ont allumé la télé ces 20 dernières années vous connaissent vos positions sur l'immigration, le grand remplacement. Mais sur l'économie, on vous connaît moins. Alors moi, j'ai regardé votre programme en ligne, je l'ai lu attentivement et j'ai été très surpris. J'ai été très surpris parce que pour moi, vous faites vraiment du Macron. Vous faites exactement du Macron. Alors vous parlez par exemple de réindustrialisation. Bon, tout le monde en parle aujourd'hui. Comment vous faites la réindustrialisation ? Par une baisse d'impôts sur les sociétés, grosso modo.
Vous ne parlez pas trop de filières industrielles. Et baisse d'impôts de production. À part le nucléaire. Mais comme Macron. D'ailleurs, il a racheté. Vous parlez du nucléaire. Comme Macron. Vous parlez par exemple de l'augmentation des bas salaires. Via un micmac des cotisations sociales. Comme Macron. Vous parlez des mesures sur le pouvoir d'achat par une défiscalisation. Comme Macron. Alors vous parlez constamment comme Macron sur le programme économique. Et je dirais, alors pour être parfaitement honnête, il y a quelques mesures que Macron ne prend pas. Par exemple, la préférence nationale dans la commande publique. Là, ce n'est pas chez Macron.
Mais il y a une ignorance quand même des pratiques réelles. Parce que vous savez qu'aujourd'hui, les collectivités locales, elles déposent de moyens légaux pour favoriser des entreprises au niveau local. Donc ça existe déjà. Vous parlez d'un fichier, par exemple, une dernière mesure, et je finis le catalogue, mais un fichier où il y aurait tous les prestataires, enfin tous les allocataires et on verrait toutes leurs prestations. C'est ce fichier, vous l'appelez, c'est instaurer un fichage des allocataires avec un registre unique par bénéficiaire de l'ensemble des allocations perçues. Ça a déjà été mis en place par Sarkozy en 2010.
Ça s'appelle le répertoire national commun de la protection sociale. Donc moi, j'ai l'impression que votre programme, c'est soit du macronisme, soit des choses qui existent déjà. Et j'ai bien peur qu'avec un programme économique de la sorte, vous finissiez comme M. Salvini qui a à la fin soutenu M. Draghi. Vous vous soutiendrez peut-être M. Macron dans une grande alliance des droites puisque Macron visiblement est très à droite. Alors, d'abord, Macron. Je vous signale quand même qu'au début de son mandat, il a abandonné le nucléaire. Il a annoncé la fermeture de 12 réacteurs et il a fermé Fessenheim. Ce n'est pas de ma faute si cinq ans après, il parle comme moi. C'est plutôt l'inverse.
Vous devriez dire Macron parle comme Zemmour. Excusez-moi. Moi, j'ai condamné à l'époque la fermeture de Fessenheim. Vous pouvez retrouver toutes mes déclarations. Sur le VQR, c'est vrai. Sur les retraites, comme Zemmour, je dis depuis six mois, 64 ans, M. Macron pendant cinq ans, oui, moi je dis, on reporte l'âge, M. Macron pendant cinq ans a dit, moi je ne veux pas de mesure d'âge. Vous vous souvenez, il s'est même plus ou moins brouillé avec son premier ministre à l'époque parce qu'il voulait une espèce de réforme mirobolante qui n'a jamais réussi. Deux. Troisièmement, vous me dites, baisse d'impôts de production comme Macron. Ça, il l'a fait.
Il a fait 10 milliards à la fin de son mandat. Pendant quatre ans, il n'en s'en est pas occupé. Oui, mais il y a eu des baisses d'impôts globales. Oui, d'accord, d'accord, mais pas d'impôts de production. Ce n'est pas la même chose. Vous savez très bien, ce n'est pas à vous que je vais apprendre. Oui, mais il y a eu une baisse de fiscalité globale pour refaire revenir à l'entreprise. Mais pas d'impôts de production. Non, pas vraiment. Donc vous voyez, à chaque fois, c'est moi qui suis, qui prends des mesures pas originales, parce que rien n'est original, mais en tout cas, qui ne sont différentes de ce qu'a fait Macron pendant son mandat. C'est Macron qui s'aligne.
Mais je vais aller au bout du raisonnement parce que vous avez raison, on peut discuter du choix. Je considère effectivement que nous sommes victimes de deux phénomènes qui ne s'annulent pas, qui se cumulent. Le premier, qui peut me faire relever de l'école libérale, même si ce n'est pas vrai, je vais vous expliquer pourquoi. Mais peu importe, après tout, les terminologies et les étiquettes, on s'en moque. C'est un gros mot libéral en France. Oui, c'est pour ça, je m'en moque en fait. Vous ne voulez pas. Mais sinon, oui, ni oui, ni non, je veux, ni je veux, ni je ne veux pas, je m'en moque. Ce que je dis, c'est que nous sommes trop imposés. Voilà.
Nous sommes le peuple le plus imposé au monde. Nous avons une protection sociale qui est obèse, plus de 800 milliards de dépenses sociales et qui fait plus de 30% de notre richesse nationale. C'est le record du monde. Donc, ce qui fait qu'on est, nous avons les prélèvements obligatoires aussi de record du monde à 47%. Je ne vous parle même pas, vous voyez, je suis honnête, de la période Covid, etc. Je vous parle d'avant Covid, 47%. C'est pour ça que l'étiquette de libéral et pas libéral, je vais vous dire pourquoi. En un mot, le général de Gaulle n'était pas un libéral, il s'appelait dirigiste. Et pourtant, à son époque, il y avait 33% de prélèvements obligatoires.
C'est pour ça que je me permets de vous répondre ça. Donc, oui, je veux baisser les impôts et les taxes massivement.
D'accord, mais un électeur de droite, il doit être perdu
sur le programme économique entre Éric Zemmour, Valérie Pécresse et Emmanuel Macron. Son cœur peut balancer jusqu'au bout. Il y a d'abord l'économie et il y a l'identité. Le cœur de l'électorat de droite, il sait que je suis le seul à lutter contre l'immigration. Le seul. Et qu'après, il y a l'économie, on peut avoir des mesures en commun avec les uns et les autres. Ça ne me dérange pas. Si vous voulez, mais je continue ma logique. Un, baisse d'impôt, deux taxes. Deux, deux, et là vous avez failli oublier, mais vous n'avez pas oublié, deux, protection des entreprises contre les ravages et les déboires de la mondialisation.
Vous avez dit commande publique, vous avez dit que ça a déjà existé pour les collectivités locales. Moi, je veux rétablir ça pour l'État. Ce n'est quand même pas la même chose. Et je veux proposer à l'Europe une règle selon laquelle tous les pays pourront réserver une partie de leur commande publique à leurs entreprises. Ça, c'est une révolution en Europe. Deuxièmement... On va le faire accepter. Mais je le ferai quand même. Contre le droit européen et contre le droit français. Vous le ferez. Exactement. Ah non, mais ça, c'est intéressant. Mais oui, c'est intéressant. Mais vous savez, tout mon programme de l'immigration ne sera refusé par la Commission de Bruxelles et par le juge européen.
Et vous le ferai quand même. Je le ferai quand même. Mais c'est ce qu'a dit Salvini. Non, mais attendez. Mais je m'en moque de Salvini. Je m'en moque de Salvini. Vous savez très bien. Mais Salvini, il était très haut dans les fondages. Mais je ne parle pas de Salvini. Mais je vais vous dire. J'ai le plus grand respect pour Salvini. Mais le problème... On allait voir ce qu'on allait voir. Mais non, il y a le système politique italien qui n'est pas le système politique français. Le président de la République a plus de pouvoir qu'un ministre italien. Excusez-moi, ce n'est pas leur père en France. Deuxièmement, je veux aussi qu'il y ait un contrôle bien plus efficace qu'aujourd'hui.
Parce que vous allez me dire que la loi existe. Bien plus efficace des investissements étrangers. Vous allez me dire, je le sais, la loi existe. Et vous avez raison. Il y a même plusieurs lois. Villepin, Montebourg et même Macron pour être tout à fait honnête. Sauf que, et je me suis renseigné parce que c'est quand même une question intéressante, Bercy ne fait quasiment rien. Elle a interdit Carrefour, on a vu. Elle a interdit une autre société de vision nocturne militaire qui devait être achetée par les Américains. Et c'est tout. Moi, je pense qu'il faut appliquer les lois et contrôler. Parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
Monsieur Macron, par exemple, se vante des augmentations de capital dans les start-up. En vérité, toutes les grosses augmentations de capital dans les start-up sont le fait d'étrangers. Donc, ça veut dire que ce sont des sociétés américaines pour la plupart ou d'autres qui rachètent nos pépites, qui nous piquent nos savoir-faire. Et monsieur Macron s'enorgueillit de cela. Moi, pas. Joël,
je vais un peu rejoindre ce que dit Thomas. Et je vais vous interroger sur votre positionnement que je trouve un peu malhonnête
à mon sens. Mais vous verrez. Un petit peu. Notamment parce que vous fustigez souvent les puissants, les élites, les journalistes, les politiques. Et quand je regarde bien, vous entrez dans quasiment toutes ces catégories. Les puissants, vous êtes soutenus par un puissant, quand même, monsieur Bolloré, qui est... Si, il est quand même assez puissant, je pense. Allez-y, allez. Je vais vous répondre. Les élites, vous faites partie de l'élité intellectuelle de ce pays. On ne peut pas dire le contraire. Journaliste, vous l'avez été. Politique, vous l'êtes maintenant. Et vous, vous prenez la parole et vous fustigez toute cette catégorie de personnes dont vous faites partie.
Donc moi, j'ai un vrai problème avec ce positionnement qui, pour moi, manque d'honnêteté. Et donc, je me dis, mais si vous êtes malhonnête, entre guillemets, sur ce point-là, sur quoi êtes-vous aussi malhonnête ?
Alors, premièrement, je ne suis pas soutenu par monsieur Bolloré. Jamais. Il a été mon employeur pendant deux ans et je l'en sais gré et je dis que c'est un...
Il vous a mis en valeur. Il vous a fait de la place.
Et alors, j'ai fait beaucoup d'audience, madame. Oui, j'ai pas dit non. Mon émission était à 80 000. Quand je suis parti, elle était à 800 000. 800 000, c'est pas mal. Vous savez ce que c'est, ici, les audiences. Donc, non, c'est non. Pardonnez-moi, je crois avoir apporté beaucoup. J'ai pas dit non. Et monsieur Bolloré, d'ailleurs, était ravi. Et les patrons de CNUS étaient ravis aussi. D'accord. Ça, c'est une première chose. Donc, non, il n'y a pas de soutien affiché. Vous l'avez vu, soutien à afficher ? Vous l'avez vu, donner de l'argent ? Vous l'avez vu, prendre sa carte de reconquête ? Non. Donc, vous n'êtes pas parmi les puissants. Deuxièmement, attendez, je vous ai laissé par exemple.
Il n'a pas financé reconquête ?
Il n'a pas fait un chèque de soutien de 7500 euros. Non, même pas. Deuxièmement, vous voyez, pour lui, 7500 euros, franchement, c'est une pizza, absolument. C'est un appel. Non, non, non, j'ai eu beaucoup de donateurs. Mais sur le fait que vous êtes venu, vous appartenez à un système que vous voulez dans ce sujet. Je continue. Les élites, les journalistes, les politiques. C'est le plus beau moment de l'émission, quand vous me dites ça. Oui, je fais partie des élites intellectuelles de ce pays. J'ai tout fait pour ça depuis l'âge de 10 ans. Ma mère, c'est exactement ce qu'elle voulait.
Vous voyez, quand j'étais petit, alors quand on habitait à Drancy, en banlieue, vous savez, moi, j'ai eu une mère à la Romain-Garry. Donc, elle me disait tu vas être ci, tu vas être ça. Et aujourd'hui, de là-haut, elle me regarde et elle est fière de moi. Et moi, je suis fière qu'elle soit fière de moi. Donc, ne croyez pas, j'en suis très fière. Troisièmement, politique. Oui, j'en fais partie. J'ai écrit des livres. Oui, j'en fais partie et j'en suis fier. Mais vous savez, on a le droit d'être en désaccord. M. Minc, je donne cet exemple parce que j'ai débattu avec lui la semaine dernière pour l'Express, il fait partie des élites françaises. Il fait partie, comme moi, des élites.
On est en désaccord sur tout. Mais vous dites les élites. Vous dites les élites. On a le droit. Les journalistes. Les politiques. J'ai été journaliste pendant 30 ans. Ça veut dire que je connais très bien le milieu journalistique. D'accord. Et je connais très bien ses torts et ses tards. Et je les dénonce beaucoup mieux que ceux qui ne le connaissent pas. Vous avez... Politique. Vous avez participé au système médiatique. Mais madame, j'ai travaillé, oui. Oui ? J'ai travaillé, j'ai été salarié, j'ai gagné de l'argent, j'ai vendu des livres parce que mes livres intéressaient les gens. J'ai fait des émissions. J'ai travaillé, oui, je ne suis pas mort de faim. Si c'est ça que vous me demandez.
Non, mais pas du tout. J'ai nourri mes enfants. Moi, ce que j'ai... Voyez, et j'ai progressé dans la société par mon travail.
Pourquoi est-ce que vous prenez la parole contre des catégories de personnes dont vous faites partie ?
Je ne prends pas la parole contre des catégories de personnes. Je dénonce des idéologies et des idées. Je ne me bats pas contre les gens. Je me bats contre les idées. Et je me bats pour la France parce que j'estime que ces gens-là... Vous n'êtes pas un idéologue. Ces gens-là, à l'endroit où ils sont, sont néfastes pour la France. C'est tout. Moi, mon seul combat, c'est pour la France. J'aurais pu, puisque vous m'avez fait l'honneur de le reconnaître, continuer ma vie d'avant. J'étais très confortable. J'ai tout abandonné pour défendre la France. Dernière chose, je ne suis pas un politicien. Je n'ai pas de boutique à défendre. Moi... Vous avez lancé un parti politique.
J'ai créé un parti politique parce que c'est un outil. C'est un outil...
Mais donc vous êtes devenu un politicien.
Non, non, je ne suis pas un politicien. Je vais vous dire pourquoi. Moi, je ne suis pas en campagne pour sauver ma boutique, pour financer mon parti. Voyez-vous, comme d'autres. Je ne compte pas sur le financement public pour financer mon parti. Moi, je me bats pour sauver la France. J'estime, je me suis décidé à aller dans cette campagne présidentielle. Je le répète, à abandonner tout ce que j'avais et en particulier ma vie confortable d'avant. Je me suis décidé à y aller parce qu'aucun politique, aucun politique, n'avait eu le courage de se lever et de tenir compte de mon diagnostic que je faisais dans mes livres depuis des années sur le grand remplacement du peuple français.
Voilà pourquoi je me suis levé et voilà pourquoi je suis dans cette campagne présidentielle.
Et si jamais vous êtes battu à la présidentielle, vous arrêtez la carrière politique ou vous continuez ?
Non, je ne... Vous savez, je mène un combat. Donc, je l'ai mené par mes articles, par mes livres. Je faisais déjà de la politique. Je menais déjà un combat politique. Et je vais continuer à l'endroit où je suis. J'ai désormais une responsabilité énorme. J'ai des millions de gens qui vont voter pour moi le 10 avril, quel que soit le temps. Donc, vous ne revirez pas en arrière, ça, je veux dire. Voilà. On ne revient jamais en arrière. Et vous soutenez ? J'ai un parti de 120 000 adhérents. Ça ne s'est jamais vu en trois mois. Vous êtes d'accord avec moi ? Oui, tout à fait. 120 000 adhérents. J'ai des meetings qui sont l'événement de cette campagne électorale.
Je pense qu'il y a une dynamique derrière moi. Vous leur dites que les 120 000 adhérents, l'aventure ne s'arrête pas au mois de mai. Bien sûr. Rendez-vous aux législatives. Mais rendez-vous d'abord au second tour de la présidentielle. Mais après le second tour ? Mais je serai au second tour. Voilà. Après le second tour. Ça, ils le disent tous. Mais c'est vrai. Même Jean Lassalle le dit. Non, non, non. Non, Jean Lassalle ne le dit pas. Mais ce n'est pas grave. Mais tout le monde le dit. C'est normal. C'est normal que tout le monde le dise. Mais quand on regarde les sondages d'une façon...
Éric Zemmour, pendant des années, à trois semaines du premier tour, les sondages commencent
à dire quelque chose de ce que peut être le résultat. Sauf en 2002. Sauf en 2002. Merci. Sauf en 2002. Sauf en 2002. Et je vous rappelle qu'encore en février-mars, Nicolas Sarkozy en 2012 était à 40 contre 60% à François Hollande. Il a fini à 48,5. Tout est possible dans une présidentielle. Surtout qu'on nous explique 1, que les gens rentrent de plus en plus tard dans la campagne présidentielle. Donc, vous voyez, cette émission est encore utile. Et deux, on ne sait pas quelle sera l'abstention. Donc, en vérité, j'ai discuté avec beaucoup de sondeurs. Et pourquoi ça pourrait vous profiter à vous ? Je vais vous dire pourquoi. Je vais vous dire, j'ai discuté avec beaucoup de sondeurs.
Tous sont perdus, en vérité. Ils me le disent et ils le disent à tout le monde. Je ne sais pas. Ils sont perdus parce qu'ils ne savent pas qui ira voter. Et il y a toujours des abstentions différentielles. Vous savez, moi, regardez les chiffres, mes électeurs sont les plus convaincus, les plus décidés à aller voter, les plus sûrs de voter pour moi. Regardez tous les chiffres, c'est très intéressant. Et je crois que je suis le candidat qui suscite le plus d'enthousiasme. Je vous dis, regardez mes meetings, regardez mes audiences télévision, regardez même mes ventes de livres. J'ai eu le plaisir de voir que mon dernier livre s'est vendu à plus de 300 000 exemplaires.
Pour vous donner un point de comparaison, Emmanuel Macron, en 2016, pour son livre « Révolution », avait vendu dans les 150 000 exemplaires. Enfin, ce n'est pas ton métier non plus. Mais... Éric Zemmour, bien sûr, mais c'est un état... Donc vous serez au second tour. Donc je serai au second tour. Et présent en législative aussi. Eh bien sûr. Voilà, bien sûr. Alors Éric Zemmour, lui, il faudra majorité. Vous savez, c'est un grand événement si je suis au second tour. Parce que ça veut dire la fin du système politique partisan bloqué. Ça veut dire que LR et RN arrêtent de bloquer le jeu politique. C'est ce qu'avait dit Emmanuel Macron aussi. Mais oui, mais oui, mais exactement.
Ce qu'il a fait à gauche, je vais le faire à droite. Et ça veut dire que les vieilles boutiques vont se rendre compte qu'elles sont inutiles. Si les Français veulent se débarrasser des vieilles boutiques qui encombrent le paysage politique depuis des années et qui sont une des causes de l'abstention massive, il faut voter pour eux. J'entends simplement que vous dites
je serai au second tour, vous ne dites pas je serai à l'Elysée.
Mais après, on verra. Vous savez, moi, je ne veux pas être présomptueux et je ne veux pas être prétentieux. L'Elysée, c'est pour le second tour. L'élection du second tour est une autre élection. Vous savez, je crois que c'est François Mitterrand qui disait un mot très drôle et qui est beaucoup plus profond qu'il en a l'air, qui disait la grande différence entre la veille de l'élection et le lendemain, c'est que l'élection a eu lieu. Vous comprenez ce qu'il voulait dire ? C'est-à-dire qu'il y a un effet propre de l'événement qui est le résultat de l'élection et qui change en vérité les mentalités et la donne.
Vous restez avec nous, Eric Zemmour, face au GG. A tout de suite. RMC, 9h midi.
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Canal 23.
OGG, aujourd'hui, nous sommes avec le candidat à l'élection présidentielle, Éric Zemmour. On sera Valérie Pécresse demain. On a eu Jean-Luc Mélenchon et on a eu Nathalie Arthaud et on a eu Marine Le Pen demain Valérie Pécresse. Mais Éric Zemmour, aujourd'hui, Mehdi Guézard, chef d'entreprise. Question, go !
On y va, M. Zemmour ? On y va ? Bonjour, M. Zemmour.
Votre force, M. Zemmour, outre votre faculté d'orateur qui est connue, votre force, c'est que vous n'êtes pas un politique. Vous êtes quelqu'un qui n'a pas profité des ordres de la République. Donc, vous êtes une sorte de météorite, comme l'était Macron, comme quoi vous avez
beaucoup de points communs avec Emmanuel Macron, malgré ce que vous dites.
Et vous êtes venu...
Je suis d'accord, mais... Voilà, vous avez pas mal de points communs tous les deux et vous êtes venu comme ça,
en quelque sorte, en une sorte de symbole de sauveur, de la classe politique actuelle qu'est la droite. Parce que Macron, c'est la gauche, vous, c'est la droite. Mais maintenant, on va parler d'un sujet que vous adorez parler, c'est l'Algérie. Le pays de vos ancêtres, pays de vos ancêtres, l'Algérie, avant même la colonisation de la France. Vous dites, vous avez dit sur pas mal de plateaux comme quoi les Algériens, il y avait un traité, les accords déviants, les Algériens, vous en avez parlé il y a deux jours avec l'anniversaire justement de ça.
Et vous avez dit par rapport aux Algériens, vous allez dire je vais tout remettre à plat, je vais discuter de tout, les visas, l'immigration et tout ce qui va avec. Une question très importante,
les accords déviants ne sont pas que, et sachez-le, monsieur Zemmour, je sais que vous le savez, parce que voilà,
les accords déviants sont une sorte d'accord gagnant-gagnant entre la France et l'Algérie. parce qu'en termes de guerre actuelle avec l'Ukraine, avec tout ce qui se passe, n'oubliez pas que le pétrole et le gaz algérien a des tarifs préférentiels pour la France et vous le savez très bien. Donc quand vous dites lors de votre dernier discours il y a deux jours à Metz comme quoi, oui l'Algérie, on a trop donné et que nous, on n'a rien en retour, c'est faux. Ça c'est une chose très importante, c'est faux.
Et la deuxième chose, vous dites, un Algérien, un Français d'origine algérienne doit choisir, la double nationalité, vous êtes contre. vous demandez de choisir à une personne comme s'il devait choisir entre son père et sa mère. Un Français d'Algérie, un Français qui est d'origine algérienne ne peut pas choisir entre sa mère et son père. C'est inhumain, c'est pas possible. Et venant de vous, je le sais que réellement vous le pensez pas, mais c'est des phrases chocs peut-être, c'est pour un peu cliver, mais c'est pas possible. Parce qu'un Algérien et un Français, qu'on le veuille ou pas, qu'on le veuille ou pas, que c'est une filiation à part. Alors, la réponse à l'Algérie.
Réponse. Alors, d'abord, les accords déviants. Je pense que les premiers à n'avoir pas respecté les accords déviants, c'est le pouvoir algérien qui a massacré les harkis, qui a massacré les pieds noirs après ce 19 mars 1962 qui devait justement être un cessez-le-feu. Il n'y a pas eu de cessez-le-feu. Donc, en vérité, du côté algérien, les accords déviants n'ont jamais été respectés. Donc, il n'y a aucune raison pour que la France continue de les respecter. Mais je disais-moi, c'est un raccourci trompeur. C'est un raccourci trompeur de votre part. C'est un raccourci trompeur.
Après les accords déviants en 1968, privilégiant les Algériens et l'immigration algérienne, facilitant l'immigration algérienne, parce qu'à l'époque, évidemment, comme vous l'avez dit, il y avait des liens très forts, familiaux, de part et d'autre de la Méditerranée, puisque l'Algérie, c'était la France, selon le mot célèbre de François Mitterrand. Mais le temps a passé depuis. Ça fait plus de 50 ans. Aujourd'hui, l'Algérie est un pays souverain, l'Algérie est un pays indépendant. Donc, il n'y a aucune raison, l'Algérie n'est plus la France. Et donc, il n'y a aucune raison qu'il y ait un accord privilégié entre l'Algérie et la France. Première chose. Deuxième chose.
Vous dites le pétrole a été acheté et le gaz a été acheté, a pris... Jusqu'à maintenant. Et vous le savez. Il y a eu deux choses. Il y a des tarifs référentiels. Attendez, attendez. D'abord, pour être tout à fait honnête, il faut rappeler que ce sont les Français qui ont découvert le pétrole. Faux. Faux, M. Zemmour. Ah bon ? Ce sont les Algériens. M. Zemmour. Les Français ont découvert un gisement. Les Français ont découvert le pétrole. Les Français ont découvert un gisement. Un gisement. Alors, il y en a un peu plus de 400 aujourd'hui. Oui, enfin, qui les a découvert ? Les ingénieurs français, les ingénieurs américains, etc. Il y a un peu plus de 400 gisements actuels.
Alors, allez-y, finissez sur l'Algérie. L'Algérie vit sur le gisement. Sur la ronde de sa terre. L'Algérie vit sur les gisements et découvert par la France. Aujourd'hui, vous savez très bien qu'elle n'exporte rien d'autre et qu'elle finance tout avec son pétrole. Donc, elle peut en savoir gré à la France. Troisièmement, je considère aujourd'hui que moi, vous savez, je ne considère pas que la colonisation fut un crime contre l'humanité. Je ne suis pas Emmanuel Macron. Je considère que la colonisation est l'histoire de l'humanité, que tout peuple a été colonisateur et que tout peuple a été colonisé.
Nous-mêmes, nous avons été colonisés par les Romains et nous n'allons pas reprocher aux Italiens toute leur vie de nous avoir colonisés et d'avoir massacré Vercingétorix et les autres. Les Algériens eux-mêmes sont des colonisateurs puisque comme vous le savez, moi qui suis d'origine berbère, j'ai été colonisé par les Arabes d'Algérie qui gouverne aujourd'hui le pays. J'ai été ensuite colonisé par la France et je vous répète, moi, je bénis la colonisation française. Ça m'a permis de venir à Paris, ça m'a permis d'avoir accès à la grande littérature française, de découvrir Chateaubriand, de découvrir Pascal, de découvrir Victor Hugo. Je bénis la colonisation française. Mais M.
Zemmour, on est d'accord, on est d'accord, mais pourquoi vous, justement,
quel symbole plus fort que vous, excusez-moi, laissez-moi, mais M. Zemmour, mais quel symbole plus fort que vous, en tant qu'Algérien d'origine, mais excusez-moi, laissez-moi finir, quel symbole plus fort que vous, M. Zemmour, en tant qu'Algérien d'origine, justement, de pacifier en quelque sorte cette relation-là ? Pourquoi revenir sur un traité qui a 60 ans ? D'abord, je vous ai répondu,
pourquoi les cicatrices ? D'abord, je ne suis pas Algérien d'origine. L'Algérie n'existait pas, vous savez très bien, l'Algérie est une invention de la France.
Le mot même d'Algérie est de 1836,
comme vous le savez. Excusez-moi, c'est l'histoire qui parle. L'Algérie a toujours été une terre colonisée par les Turcs, les Espagnols, les Romains, etc. Toujours, par les Arabes, etc. Donc, l'Algérie, je répète, l'Algérie est une invention de la France. Donc moi, je suis, comme on disait, un juif d'Algérie ou un berbère d'Algérie et devenu français. Je n'ai pas de père et de mère. J'ai mon père et ma mère, c'est la France. Ce n'est pas l'Algérie. Pourquoi vous supprimez la double nationalité ? Je ne supprime pas, je vais vous dire. J'ai beaucoup hésité. Je suis contre le principe de la double nationalité. Mais, je veux pouvoir expulser tous les étrangers délinquants et criminels de France.
Donc, d'abord les étrangers, puis je veux déchoir de la nationalité française tous les doubles nationaux qui seront délinquants et criminels pour pouvoir les renvoyer en Algérie ou ailleurs. Donc, pour l'instant, je garde la double nationalité pour cette raison-là. Et puis, il y a d'autres doubles nationalités qui ne nous posent pas de problème. Les franco-américains ou que sais-je ne nous posent pas vraiment de problème. En revanche, je tiens à dire que, moi, je n'ai qu'une seule nationalité et que je tiens à privilégier les Français.
Et c'est pour cela, on n'en a pas parlé tout à l'heure, que je supprime les prestations sociales non contributives, c'est-à-dire le RSA, c'est-à-dire l'allocation logement, c'est-à-dire les allocations familiales. Il y en a des dizaines d'autres. Il y en a énormément. Évidemment, je les réserve aux Français pour que la solidarité nationale soit nationale.
Des petites questions maintenant très concrètes, il nous reste très peu de temps. Si vous êtes président,
est-ce que vous supprimez le recours au cabinet étranger ou non ? En tout cas privé, la commission d'enquête du Sénat estime que le recours à ces cabinets privés par le gouvernement Macron a coûté un milliard d'euros en 2021. On parle beaucoup de McKinsey qui, en plus, ne baie pas d'impôts en France.
Et en plus, beaucoup de gens de McKinsey ont travaillé bénévolement pour la campagne d'Emmanuel Macron. Ça fait beaucoup. Et en plus, Emmanuel Macron a toujours eu des liens très particuliers avec certaines sociétés américaines. Et en plus, la cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron a vendu, a poussé à la vente d'Alstom aux Américains de General Electric. Vous savez qu'il y a un livre de M. Marlex, et qui n'est pas avec moi, qui est un député LR et qui a fait un livre qui montre que c'est Emmanuel Macron qui a poussé François Hollande à accepter la vente d'Alstom à General Electric.
Et comme par hasard, il y a beaucoup de gens qui ont touché beaucoup d'argent, des dizaines et des dizaines de millions d'euros et qui ont été parmi les premiers contributeurs à la campagne de M. Macron en 2016-2017. Ça fait beaucoup. Moi, en tout cas, pour répondre à vos questions, la réponse est oui, je supprimerai ces accords privilégiés. Il y a suffisamment de hauts fonctionnaires compétents pour régler et pour faire tout ce que McKinsey faisait. C'est une gabegie d'argent public et en plus une soumission à des compagnies américaines. Si vous êtes président, est-ce que vous faites travailler ceux qui touchent le RSA ? Écoutez, qui ne seront que des Français finalement.
Ah, mais à supprimer. Qui ne seront que des Français. Qui ne seront que des Français. Je vais vous dire, je vais vous dire, le fait que des gens, des étrangers travaillent et donc contribuent au financement du modèle social, ils ne toucheront rien. Ah si, ils toucheront la sécurité sociale, leur retraite. D'accord. J'ai dit non-contributif. Je distingue entre la solidarité nationale et les prestations d'assurance. Sur le RSA. Donc vous faites la distinction entre pauvres français et pauvres étrangers. C'est 1% du PIB des aides sociales ? Non. Non. Je ne pense que... Les aides sociales, je ne parle pas des aides sociales, je parle des aides sociales. D'accord. Moi, je considère que c'est...
L'aide handicapée, si vous êtes étranger, on la touche ou pas ? Non. Ah bon ? Non. Non. Non. Les prestations sociales non-contributives ne seront pas touchées par les étrangers. D'accord. Alors, sur le RSA. Voilà. Sur le RSA. Qui ne sera touchée donc que par les Français ? Absolument. Et alors, je vais vous dire, effectivement, il y a trop d'assistanat en France. Effectivement, ça décourage les gens qui travaillent pour un salaire qui est à peine plus élevé que le RSA plus les aides sociales parce que le RSA, ce n'est pas énorme en soi. C'est 545 euros, c'est ça. Ce n'est pas énorme en soi. On ne vit pas comme un nabab avec le RSA. Il ne faut pas exagérer non plus.
Mais ça décourage les gens qui ont un petit SMIC, etc. Et qui voient les autres ne rien faire pendant qu'eux travaillent. Mais moi, je n'ai pas envie de rétablir, vous allez voir, ça va me faire un désaccord avec M. Macron, le travail pour un demi-SMIC. M. Dupont-Aignan a fait une proposition que je trouve plus intelligente. Une journée de travail pour la collectivité nationale. Ça, ça me paraît raisonnable. Mais pas rétablir un travail pour le RSA. En revanche, je veux... comment dire... élargir la différence entre le RSA et le SMIC. C'est pour ça que je préfère la carotte au bâton. Et je vais justement par différentes solutions. La baisse de la CSG, l'extension et la facilitation de la...
de la... de la... de la... mince, pardon. de la participation, la suppression de la redevance télé, le remboursement des frais d'essence comme les transports en commun, comme le remboursement des transports en commun par le patron. Vous voyez, les primes, parce que les primes à zéro taxe qui peuvent aller jusqu'à un 13e, un 14e, un 15e mois sans charge sociale, le travailler plus pour gagner plus. Vous voyez, toutes ces mesures... Ça a déjà été inventé, ça, non ? Bien sûr, mais moi, j'ai pas honte, vous savez, Sarkozy a fait quelque chose de bien, je reprends, ça ne me gêne pas, au contraire, ça ne me gêne pas du tout. Et toutes ces mesures qui permettent d'améliorer le salaire net sans...
sans alourdir... Sans que les patrons augmentent les salaires. Sans... Non, non, non, non, monsieur, non, non, non, oui, absolument. Sans que les patrons... Vous avez raison, non, donc vous protégez les patrons et vous affaiblissez le modèle social parce que vous faites un micmac sur les cotisations. Dommage, monsieur Zemmour pour l'immigration. Non, mais je peux répondre à ça parce que c'est important. Allez-y, réponds 30 secondes. C'est important parce qu'il a à moitié raison et à moitié tort. Donc je réponds... 30 secondes, on va être avec lui. Réponse d'Éric Goumour. Très vite.
Un, oui, oui, je protège les patrons de l'alourdissement des charges sociales parce que j'estime qu'elles sont déjà beaucoup trop lourdes et que ça empêche nos entreprises de grandir, de croître, de prospérer, d'exporter et même de vivre tout simplement. Et oui, je ferai beaucoup les sociétés. Oui, parce que j'estime qu'eux aussi doivent, ne sont trop imposés. Et moi, je ne suis pas pour la lutte des classes. C'est notre différence. Macron, je ne suis pas pour la lutte des classes. Je suis pour le rassemblement des classes. Et simplement, vous voyez, j'ai répondu, donc oui, je protège, mais j'augmente les salaires avec toutes les mesures que je viens de vous dire.
C'est une façon d'augmenter les salaires sans alourdir le poids des charges sociales que payent les entreprises.
Merci, Éric Zemmour, candidat à l'élection présidentielle, de passer par ce face au GG. Demain, ce sera Valérie Pécresse à la même heure. Dans un instant, suite des Grandes Gueules en direct sur RMC, RMC Story.
RMC, jusqu'à midi,
les Grandes Gueules.
Éric Zemmour