Face à Face : Patrick Martin - 04/12
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30FerméeÉludée
Est-ce qu'il vaut mieux ce budget-là ou pas de budget du tout ?
- 1:08RelanceRéponse partielle
Vous avez surtout répondu à une partie de ma phrase : est-ce que ça veut dire que vous préférez carrément pas de budget ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Certains disent qu'il vaut mieux ne pas voter ce budget : est-ce que vous vous dites ça ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Cette loi spéciale, ces ordonnances : ça ne vous angoisse pas ?
- 4:29OuverteRéponse directe
On a l'impression que ces propositions sont glissées jour après jour : est-ce que vous êtes d'accord ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Il vous a répondu quoi, Sébastien Lecornu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Pas ce budget-là »
- 0:53Invité politiqueFait
« L'Allemagne qui était très excédentaire en balance commerciale sur la Chine est maintenant déficitaire »
- 1:42Invité politiqueFait
« On va reculer sur les retraites »
- 1:47Invité politiqueFait
« Le monde autour de nous devient très brutal »
- 4:05Invité politiqueChiffre
« L'assurance chômage étant déficitaire, 450 000 emplois n'étant pas pourvus »
- 4:21Invité politiqueChiffre
« Renchérir le coût du travail à hauteur d'un milliard et demi »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« L'assurance chômage va être déficitaire d'un milliard six l'année prochaine »
- 5:07Invité politiqueChiffre
« Revenir sur les allègements de charge à hauteur d'un milliard et demi »
- 7:02Invité politiqueFait
« C'est un rouleau compresseur avec des stratégies très prédatrices »
- 7:30Invité politiqueFait
« On va déstabiliser les pans entiers de notre économie »
- 8:37Invité politiqueFait
« L'Europe a été coupable dans cette affaire »
- 13:31Invité politiqueChiffre
« On est en train de détruire des emplois dans le secteur privé en l'espace d'un an : c'est plus de 100 000 emplois »
- 14:09Invité politiqueChiffre
« On a encore une balance commerciale déficitaire de 80 milliards d'euros par an »
Temps de parole
- Patrick Martin69 %
- Présentateur31 %
≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Patrick Martin Bonjour Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le président du MEDEF Hier vous étiez avec Sébastien Lecornu Dans ce moment où tout se joue On ne sait toujours pas d'ailleurs si on aura un budget, pas de budget Est-ce qu'il y aura vraiment dans ce budget ? Et c'est d'ailleurs ma première question Patrick Martin Pour vous, c'est-à-dire pour les entreprises Est-ce qu'il vaut mieux ce budget-là Ou pas de budget du tout ?
C'est un vrai dilemme Pas ce budget-là Alors on nous prête derrière des intentions politiques On ne fait pas de politique, on fait de l'économie On prend en compte la situation du monde Et un décrochage assez rapide de la France Je cite juste un cas L'Allemagne qui était très excédentaire En balance commerciale sur la Chine Est maintenant déficitaire Et nous en France, on parle de petits sujets Court-termistes, politiciens C'est ce que j'ai dit au Premier ministre hier Il faut quand même ramener de la raison
Vous allez me dire s'il vous a répondu ou pas Mais vous avez surtout répondu à une partie de ma phrase Je voudrais juste m'assurer que vous aviez bien compris la question Ma question c'était Est-ce qu'il vaut mieux ce budget ou pas de budget ? Vous m'avez dit, il ne faut pas ce budget Est-ce que ça veut dire que vous vous dites au fond Il ne vaut mieux carrément pas de budget ?
Non, d'abord Comment dire, l'épreuve n'est pas terminée Donc nous au quotidien
Il reste quelques jours
Oui, on discute avec tous les parlementaires Et je le redis, on essaie de les ramener à la raison On va reculer sur les retraites Vouloir reculer dorénavant Ce n'est pas du législatif mais du réglementaire Sur l'assurance chômage J'ai envoyé un signal terrible Ça veut dire que la France peut se permettre de travailler moins Je redis que le monde autour de nous Devient très brutal Y compris sur le plan commercial Donc je ne désespère pas que nos parlementaires Parce que c'est évidemment à l'Assemblée que ça va se jouer Et dans un éclair de lucidité Un ressaisissement Et qu'on reprenne en compte la situation économique et sociale réelle du pays On détruit des emplois La croissance est molassonne dans le meilleur des cas Il y a des faillites qui se multiplient Il faudrait peut-être à un moment donné Lever le nez du guidon Et se projeter dans l'avenir
On va essayer de se projeter ensemble Mais ce que je comprends bien Parce que c'est vraiment maintenant que ça se joue C'est qu'au fond Vous espérez encore que ce budget Revienne à la raison Pour reprendre votre expression Si ce n'était pas le cas Certains disent Il vaut mieux pas le voter ce budget Et tant pis Il n'y aura pas de budget C'est ce que dit Edouard Philippe C'est ce que commence à laisser entendre Une partie de LR Est-ce que oui ou non Vous vous dites Moi je préférerais qu'il ne le vote pas ce budget Plutôt qu'on se retrouve avec ces taxes dont vous parliez Avec cette main mise sur une partie des entreprises
Écoutez Au risque de vous choquer Je vais vous dire que les chefs d'entreprise sont fiches Tout ça C'est de la tambouille Nous ce qui nous intéresse C'est de prendre en compte la réalité De la situation économique Et on a peu On a peu dans nos rangs De constitutionnalistes Ou d'agrégés de droits publics Qui sont capables de vous expliquer Ce que c'est qu'une loi spéciale Ce que c'est que des ordonnances
En tout cas ça ne vous angoisse pas Cette loi spéciale Ces ordonnances Cette manière de reconduire le budget précédent
Et on fait confiance à ce gouvernement Pour trouver la meilleure voie de passage Mais notre sujet n'est pas là On voit les carnets de commandes qui se vident On voit des emplois supprimés On voit des investissements qui sont rapportés Ou carrément supprimés eux aussi Et on se désespère Que le débat parlementaire Ne prenne pas en compte cette situation Après ça nous dépasse Ce n'est pas nous Qui soutiendrons Ou pas à l'Assemblée Le gouvernement
Vous ne faites pas de politique Dites-vous Mais vous êtes quand même angoissé Par la politique Et par ses conséquences C'est-à-dire ce que vous disent Les patrons aujourd'hui On en parlait ce matin Avec Emmanuel Lechypre Il dit C'est comme s'ils avaient Presque intégré l'idée Que 2026 C'était une année pour rien
C'est pire que ça Et je crois que d'ailleurs L'opinion publique française Au global Se désespère de ce spectacle politique Mais je voudrais attirer Votre attention là-dessus Au même moment Où donc L'UNEDIC L'assurance chômage Étant déficitaire 450 000 emplois N'étant pas pourvus Les finances publiques Étant dans un état D'élabrement avancé Le gouvernement Veut rapporter Un projet de réforme De l'assurance chômage On nous dit Qu'on va réduire Les allègements de charges Donc renchérir Le coût du travail A hauteur d'un milliard et demi Et nous On se dit Objectivement Respectueusement Républicainement Ces gens-là Marchent sur la tête
Et là vous parlez Effectivement D'une des propositions Toutes récentes On a l'impression Qu'effectivement Elles sont glissées Les unes après les autres Jour après jour Sur l'idée De supprimer Les allègements de charges Sur les plus bas salaires On est bien d'accord ?
Une partie Et à vrai dire Plutôt sur les salaires intermédiaires Dans les professions Les plus exposées A la concurrence internationale Mais je le redis D'un côté Ça aura une conséquence Sur l'emploi
Ça aura une conséquence Sur l'emploi Si ça passe ?
Mais bien sûr Il y a trois mesures Qui sont à l'étude Je le redis Revenir sur un projet De réforme De l'assurance chômage Alors même que l'assurance chômage Va être déficitaire D'un milliard six L'année prochaine Revenir sur les allègements De charge à hauteur D'un milliard et demi Et revenir sur les aides A l'apprentissage On est en train de foutre en l'air Ce magnifique succès collectif Sur l'apprentissage On envoie des signaux Qui sont absolument aberrants Ça pèsera sur le marché de l'emploi Ça pèsera sur la capacité Qu'ont les entreprises A revaloriser les salaires Et ça envoie un signal terrible Comme la suspension De la réforme des retraites A savoir On peut se permettre De ne pas travailler plus Dans ce pays
Il vous a répondu quoi Sébastien Lecornu ?
Sébastien Lecornu Il est je pense Comment dire Philosophiquement d'accord Mais très gêné aux entournures De par ce panorama parlementaire Et puis disons les choses Une partie de poker menteur Qui a été gagnée Par le parti socialiste Et qui Je le déplore N'est pas aussi responsable Qu'il a pu l'être A certaines époques
Ça veut dire qu'il s'est fait avoir Et vous vous êtes fait avoir du coup ?
Je ne suis pas à sa place Et d'ailleurs Je n'aimerais pas être à sa place Pour tout le dire J'en serais incapable Mais je crois Qu'il y a un rapport de force Qui s'est instauré Et qui est très défavorable Non pas au premier ministre Lui-même Mais au pays On va payer tout ça très cher Ce n'est pas innocemment Que je vous ai dit Ce que faisaient les Allemands Les Allemands vont soutenir Leurs entreprises Ils sont en train De manière très réactive De manière très déterminée De remuscler leur économie Parce que eux Prennent en compte La situation économique Et notamment Cette concurrence Très agressive A certains égards Déloyal de la Chine
Vous aimeriez qu'on s'en inspire davantage Et puisque vous évoquez La Chine Rencontre cette nuit Entre Emmanuel Macron Et Xi Jinping La rencontre Le voyage qui se poursuit La concurrence chinoise Est-elle aujourd'hui déloyale ?
Elle est en bonne part déloyale Elle est en bonne part déloyale Enfin c'est avéré Sur l'acier Sur le photovoltaïque Sur certains produits chimiques Ça l'est dorénavant Sur le commerce de détail Je suis je crois Le seul en France A avoir rencontré à deux reprises Le CEO Le patron mondial de Chine La fameuse place de marché Je peux vous dire Qu'en industrie Mais également dans le commerce C'est un rouleau compresseur Avec des stratégies Très prédatrices Qui sont exacerbées Par le fait que la Chine Ne pouvant plus déverser Sa production sur les Etats-Unis Elle la reporte Sur l'Europe Et sur la France On va déstabiliser Les pans entiers De notre économie
Faut-il que l'on referme Nos frontières C'est presque ce que demande Le patron de la BPI Nicolas Dufour Qui dit que L'industrie chinoise Va tuer Toutes nos PME De Pologne Jusqu'au bout de la Bretagne Je redis régulièrement Cette phrase Parce qu'elle m'a énormément marqué Et il invite l'Union Européenne A se refermer Le temps de se réarmer Est-ce que vous l'invitez Également à faire cela ?
De prendre des mesures De protection temporaire Le temps de se réarmer A l'égard des pays Qui sont agressifs Et des loyaux Mais pas d'une manière générale Il faut que dans le même temps L'Europe La France S'ouvre de nouveaux marchés Je pense en particulier A l'Amérique latine Donc vous êtes favorable Au Mercosur Mais bien sûr Avec des mesures d'accompagnement Pour les quelques filières agricoles Qui pourraient souffrir De cet accord
Est-ce que vous êtes favorable A la suspension de Chine Au moins temporaire ?
Oui Oui parce que Je le dis Quand j'ai discuté Avec M.
Donald Tang Le patron de Chine Très talentueux Il a fait mine de s'étonner Que sur sa place de marché Existe des produits Strictement illégaux On sait lesquels Des produits non conformes A nos réglementations Y compris sur le plan sanitaire Qu'il y ait du contournement De nos réglementations fiscales Donc à un moment donné Il faut rétablir de l'équité Sans quoi De la même manière Qu'on a détruit en bonne part Notre industrie automobile En laissant les Chinois Submerger le marché européen L'Europe a été coupable Dans cette affaire Demain matin Et c'est parti pour On n'aura plus de commerce De centre-ville Et en amont De ces commerces de détail Non alimentaire Il y a l'industrie du jouet Il y a l'industrie textile Il y a l'industrie de la cosmétique Qui par contre-coup Vont elles aussi être affaiblies
Est-ce que l'Union européenne Vous dites Elle a été coupable Est-ce qu'elle a encore aujourd'hui Une forte responsabilité Pas seulement dans l'ouverture à la Chine Mais dans le fait D'avoir imposé C'est ce que disent Un certain nombre de patrons Notamment dans l'automobile D'avoir imposé trop tôt Des normes trop contraignantes Qu'elle n'imposait pas aux autres
Oui Mais de la même manière Que je vous disais Que l'Allemagne se ressaisit Avec beaucoup de détermination L'Europe est en train De se ressaisir également En prenant enfin Un certain nombre de mesures Qui soit dit en passant Sont toutes écrites Dans le rapport Draghi Auquel le MEDEF A beaucoup contribué
Et qu'on aurait donc dû lire Plus tôt
Oui Et qu'on aurait dû lire plus tôt Et puis j'insiste là-dessus Ce n'est pas qu'un rapport Ou une stratégie Au-delà du rapport défensif C'est au contraire Pour redonner un espoir Redonner une ambition Redonner toute sa place A l'Europe Par voie de conséquence A la France
Demain Première réunion D'une nouvelle conférence A nouveau Sur emploi Retraite Travail Et vous n'y serez pas ?
Non Non nous n'y serons pas Parce que nous considérons Que c'est un exercice de style Et on ne peut pas d'un côté Nous attirer je dirais Sur un nouveau conclave En définitive Et d'un autre côté Prendre toutes les mesures Que je viens d'évoquer Qui vont pénaliser La performance économique Donc la performance sociale De la France Il y a une forme d'urgence Prenons les choses Dans l'ordre Bien sûr Qu'il va falloir retravailler Le sujet des retraites Bien sûr Qu'il faut s'interroger Sur la qualité de vie au travail Mais je vais vous dire Le vrai sujet de la France En ce moment Prioritairement C'est quoi ?
C'est de préserver l'emploi Et de préserver le pouvoir d'achat Donc L'espèce de grand barnum Que serait cette conférence Ne nous paraît pas être très motivant En tout cas très prioritaire
Vous n'êtes plus très copain Avec vos confrères Avec la CPME Qui elle y va J'ai quand même l'impression Que le patronat Est un peu divisé aujourd'hui
Pas du tout
Vous n'êtes pas mis d'accord Pour ceux qui y vont
On a adressé au Premier Ministre Et au Ministre du Travail Il y a maintenant deux jours Une lettre commune Oui
Parce qu'il vous avait écrit A vous tous
Non il ne nous avait pas écrit A nous d'ailleurs
Il a écrit au patron de France
Ah le Premier Ministre Oui Je pensais au Ministre du Travail Non non Bien sûr Mais le Premier Ministre Est parfaitement conscient Que à la base Dans le patronat Les petits Les grands Les moyens Entrepreneurs Ne comprennent plus Ce qui se passe Et qui a l'apparition D'un phénomène de colère Moi je peux vous le dire Je n'ai jamais eu Autant de monde Dans les réunions Que je mène Dans nos territoires En province Je suis provincial C'est 1000 personnes C'est 1200 personnes C'est 1500 personnes Alors on ne descend pas Dans la rue Ce n'est pas violent Mais quand même Il y a l'expression Au moins d'une incompréhension Et progressivement D'une forme de colère On ne comprend pas Sur quel terrain Jouent les politiques
Mais vous dites On ne descend pas dans la rue On ne manifeste pas Vous avez failli
On a failli Mais comme il n'y a plus De gouvernement A ce moment-là On ne savait pas A qui parler Cette idée
D'un grand meeting Des patrons Elle n'est toujours pas d'actualité Enfin elle n'est plus d'actualité Vous pourriez la réveiller
J'espère qu'on n'aura pas La réveiller Et je pense qu'on n'aura pas La réveiller Parce que quand même L'entretien Depuis deux heures et demie Que nous avons eu hier Avec le Premier ministre Tout le bureau exécutif Du MEDEF Donc toutes les filières Représentées A été un discours Enfin du moins une discussion A certains égards Rassurante Sauf sur le social Je reviens sur ce que Je viens de vous dire Après la suspension De la réforme des retraites Suspendre la réforme De l'assurance chômage Vouloir rogner encore Les allègements de charges Pour les entreprises Et revenir sur l'apprentissage Ça nous paraît aberrant Et on l'a dit Avec énergie
Patrick Martin Sophie Binet Vous cible Dans un entretien Qu'elle accorde au journal Le Monde cet après-midi Elle dit On a l'impression Que le MEDEF A eu l'impression D'avoir tous les droits Nous sommes face A des caprices D'enfants gâtés Et nous sommes face A une radicalisation Du patronat
Alors si par enfant gâté Elle vise Les 70 000 chefs d'entreprise Qui cette année Vont déposer le bilan Perdent leurs salariés Perdent leur patrimoine Je trouve que c'est Particulièrement malvenu Si disant ça Elle vise Tous ces chefs d'entreprise Toutes ces entreprises A vrai dire Au-delà de leurs responsables Qui sont confrontées A la concurrence Dont chinoise Je pense qu'elle fait Une lourde erreur d'analyse Donc voilà Moi je ne veux pas polémique Avec elle Je prends connaissance
C'est quand même C'est quand même en train De virer au bras de fer
Non
Elle parle de votre radicalisation De votre caprice d'enfant
Mais Moi je ne rentre pas Dans des querelles personnelles Surtout avec Sophie Binat Et que j'estime Comme toutes ces homologues Bien Ce n'est pas la question Ce n'est pas un caprice d'enfant Ce n'est pas une radicalisation Du Medef C'est une radicalisation De la situation économique Et par voie de conséquences sociales Que je sache Que je sache On est en train De détruire des emplois Dans le secteur privé En l'espace d'un an C'est plus de 100 000 emplois Et ça s'accélère C'est ça notre souci Et ça devrait être le sien aussi
Sophie Binet Qui hier Disait à propos de LVMH Je cite Que l'essentiel des emplois Du géant du luxe C'est à l'international Que finalement LVMH N'est pas un point fort De l'économie française Voir même Que c'est un handicap Pour la France
C'est lamentable C'est lamentable de dire ça Je pense qu'on devrait se réjouir En tout cas moi Je me réjouis Qu'on ait des grands groupes Dont LVMH Qui se projettent À l'international Que je sache On a encore une balance commerciale Déficitaire De 80 milliards d'euros par an Je crois que ça devrait Nous réunir au contraire Pour qu'ensemble On travaille sur le modèle productif Organisation syndicale Organisation patronale En tout cas C'est la demande du Medef Pour qu'ensemble On identifie les voies Et moyens De se redresser
Le fossé est en train De se creuser davantage
Non mais Certains font de la politique Le Medef Ne fait pas de politique Moi je ne vais pas aller faire Des numéros de claquettes Je ne prends pas parti Pour un tel ou un tel On sait très bien Qu'une élection présidentielle Qui se rapproche Et que ça nous met tous sous pression
Elle fait de la politique La CGT
Mais bien sûr Et moi ce qui m'intéresse C'est de savoir Comment on pourra Sainement je dirais Redistribuer du pouvoir d'achat En créant de la richesse Dans ce pays
Un mot quand même aussi Sur ces prises de position Et les phrases utilisées Elle l'avait dit A propos des patrons Qui pouvaient être tentés D'investir aux Etats-Unis Les rats quittent le navire Cette phrase Elle a été attaquée Par une patronne Sophie de Menton Et pour l'instant La justice la suit Puisqu'elle a décidé De mettre en examen Sophie Binet Quand on est un patron syndical Du côté du patronat Du côté des travailleurs De la CGT Est-ce qu'on doit avoir le droit De pouvoir dire une phrase Comme les rats quittent le navire Est-ce que vous regrettez Cette judiciarisation Ou est-ce qu'au contraire Vous comprenez ?
Non c'est une question de droit C'est une question de bon sens Ça n'est pas à nous Je pense Partenaires sociaux En tout cas le MEDEF Ne le fera pas Ça n'est pas à nous De remettre de l'huile sur le feu Le pays est assez inflammable Comme ça Et ce que j'observe Avec beaucoup de prudence C'est que pour l'instant L'entreprise Reste un des derniers lieux De cohésion sociale Un des derniers lieux D'inclusion Donc c'est un bien précieux Ce n'est pas un bien précieux Que pour les chefs d'entreprise Vous avez 80% des salariés Qui disent être bien Dans leur entreprise Et je pense Qu'il y a beaucoup de bon sens Chez les français Donc ne nous laissons pas impressionner Par les postures Par les diatribes Par les anathèmes Ce qui nous importe C'est les faits
Mais j'ai pas compris Vous condamnez ces propos Ou vous condamnez le fait Que ça soit judiciarisé ?
Non je condamne pas le fait Que ce soit judiciarisé Vous trouvez que c'est fond ? Mais moi je veux pas
Ça imposera
Que le dialogue soit plus court Je ne veux pas tomber Dans ce panneau là Je ne veux pas tomber Dans ce panneau là Au MEDEF Nous sommes des gens raisonnables Nous sommes des gens Qui travaillent Nous sommes des gens Qui réfléchissent Et nous sommes des gens Qui proposent Donc tout ça C'est l'écume des choses Et ça n'est pas le MEDEF Qui ira hystériser le débat public
Vous parlez avec le RN ?
On parle pas plus avec le RN Qu'avec LFI Donc pas beaucoup Et pour nous Ça n'est toujours pas Le sujet du moment
Mais ce que je veux dire C'est est-ce que vous estimez Puisque je vous pose la question Sur le RN Vous répondez LFI Est-ce que vous mettez Les deux sur un plan d'égalité ?
Mais non On n'en est plus là C'est terrible à dire On n'en est plus là Nous on se déconnecte C'est terrible à dire On se déconnecte De ces débats parlementaires De ces postures parlementaires Qui sont indéchiffrables
Mais est-ce que vous refusez de les voir ? Ou est-ce que juste Vous ne les voyez pas ?
On refuse pas de les voir Mais on veut Comment dire S'extraire S'extraire De ces postures Politiciennes Court-termistes Qui peuvent être celles du RN Quand on regarde Comme d'un vote à l'autre Ils peuvent changer de posture Mais ça s'applique A d'autres formations politiques On ne veut pas Se laisser embarquer là-dedans
Quand vous voyez que Effectivement le RN Pour certains Est devenu communiste C'est la critique Que lui envoient notamment Les partis de droite Pour d'autres Il serait au contraire Devenu trop libéral Est-ce que le rapport Aux entreprises du RN S'est normalisé ?
Je ne sais pas vous répondre Je ne sais pas vous répondre Et pardon Ça n'est pas mon problème Ça n'est pas le problème Des chefs d'entreprise Beaucoup de chefs d'entreprise Sont le dos au mur Beaucoup de chefs d'entreprise
Mais je m'ai dit que vous avez regardé Leur programme économique
Mais j'avoue que je ne le comprends pas toujours
En tout cas vous n'êtes au minimum Pas du tout convaincu
Non mais pardon Nous notre problème C'est de savoir Si on va rentrer des commandes Si on va pouvoir préserver des emplois Et si possible en créer Si on va pouvoir tenir tête A la concurrence internationale Et je redis que le débat parlementaire En ce moment Nous éloigne tellement De ces préoccupations existentielles Pour les entreprises Et pour le pays Que finalement on prend le parti De ne même plus chercher à suivre L'actualité politicienne au quotidien
Vous lancez une véritable alerte Je le sens
Je lance une véritable alerte La France n'est pas un monde à part Mais la France politique Actuellement est un monde à part Et bien écoutez Un moment ou un autre On va le payer Et nous on veut absolument éviter ça Il faut un ressaisissement Il faut de la lucidité Il faut du courage
Merci Patrick Martin D'avoir répondu à mes questions ce matin Président du MEDEF Sur RMC et BFM TV Il est 8h47