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Discours / meetingRamdam Musique · 16 mai 2014 18 minAutoproduitPortrait personnel

Delphine Bataille pour Jean Jaurès

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup chers amis. Comme les députés l'ont fait, je me permettrai de me dispenser du protocole en vous remerciant toutes et toutes en grades et qualités de bien vouloir m'accueillir aujourd'hui. Je viens en voisine, en amie, en tout cas, je l'espère.

Euh je veux vous remercier toutes et tous, mais d'abord c'est un grand honneur pour moi que d'être là pour commémorer finalement ce centenaire de la mort de Jean Jorè qui finalement nous anime tous les jours, en tout cas en ce qui me concerne, anime les valeurs que je porte. Et ma mission aujourd'hui est de vous faire un petit exposé. tout n'y sera pas mais ce sera déjà je crois bien trop long euh pour vous exposer un petit peu le parcours de Jean Jorès et et son lien avec l'histoire du socialisme.

Euh je veux bien entendu remercier l'ensemble des étudiants qui ont participé à cette initiative. Alors merci à l'institut Jean Jorè, merci à la province du et puis les chevilles ouvrières qui l'ont porté au côté des étudiants, donc les professeurs qui sont ici rassemblés et en particulier Émilie, Émilie Dupui qui m'a associé à votre projet aujourd'hui puisque Émilie a un engagement aussi en dehors de de j'allais dire de son travail au quotidien. Elle a un engagement politique au quotidien.

Alors, j'espère que cette exposition bah fera parler d'elle tout simplement. C'est une très belle initiative et je suis d'autant plus heureuse d'être avec mes amis belges que je ne suis pas sûre que de telles initiatives voient le jour en France. en tout cas euh des initiatives comme celle-ci concoctées par un groupe d'étudiants et orienté par des professeurs.

Alors Jean Jorè, ben il incarne avant tout la justice. Il n'a pas été seulement le plus grand leader socialiste de son temps, mais à travers ses combats en faveur de Drefus, de la liberté de la presse ou de l'abolition de la peine de mort, il nous a légué quelques belles leçons de politique. Depuis 100 ans, la figure de Jean Jorès est un mythe.

C'est le mythe du combat contre une guerre pourtant inéluctable, pardon. Mthe du socialisme humain dans un siècle de tyrannie des idéologies et aussi mythe du grand disparu dont la gauche française resterait orpheline. Héroïque en France et en Europe mais aussi dans le monde entier.

Il n'a laissé indifférent aucun des grands noms de son époque. Je citerai Féicceau, Brillant, Zola, Drefus et a inspiré des politiques diverses tels que Trotski, Bloom, Mandz France De Gaul ou encore Mitéran. Des écrivains aussi comme Roger Martin Dugare ou Louis Aragon.

Jusqu'à ça a été signalé tout à l'heure des artistes puisque Brell l'aé. Il est entré à la chambre en 1885. qu'il était à l'époque le plus jeune député de France, élu du TARN à 26 ans.

Il se définit d'abord comme un républicain. Il appelle au au renforcement des institutions républicaines et à l'ouverture de la politique à tous, plus seulement à une élite. Alors, le passage de Jorè au socialisme accroit son combat pour l'égalité et la justice. dans l'affaire d'éfus, officier bourgeois et de confessions juives injustement condamné pour trahison.

D'ailleurs, cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l'iniquité au nom de la raison d'État et reste l'un des événements les plus marquants d'une erreur judiciaire difficilement réparée avec de surcroix un rôle majeur joué par l'opinion publique et par la presse. Alors dans cette affaire Drefus, il agit pour révéler la vérité sur l'innocence de Drefus, victime d'un complot militaru judiciaire et il incarne la protestation de l'ensemble des socialistes. Il les appelle à défendre les lois de justice, notamment celle qui ne permet pas de condamner un homme sans avoir discuté avec lui.

Donc des valeurs profondément humanistes. Il lui faut aussi convaincre les prolétaires, le monde ouvrier dont il est très proche, sans contredire leur principes et sans manquer la lutte des classes, d'écouter l'homme, cet homme qui est de réfus, qui n'est plus dans ces circonstances ni officier ni bourgeois, mais qui est tout simplement innocent et dépouillé de tout caractère de classe de par l'excès du malheur qui l'accable. Alors, c'est vraiment un message humaniste très fort qui est parté par Jores, qui est porté par Jores, pardon, je le cite, nous pouvons dans le combat révolutionnaire garder des entrailles humaines et nous ne sommes pas tenus pour rester dans le socialisme de nous enfuir hors de l'humanité.

Alors, JORES maintient pendant toutes ces années son engagement pour les causes civiques et pourtant des années durant lesquel les responsabilités sont écrasantes pour un homme qui n'est ni chef d'état euh ni chef de parti pardon, ni homme d'État, mais qui est pourtant au centre de la politique européenne. Il voit aussi dans la loi de 1905 de séparation des églises et de l'État une nouvelle liberté. Liberté qui vont encore aujourd'hui.

On a de cesse de défendre cette valeur essentielle à la République qui est la laïcité. Nouvelle liberté après celle qui avait déjà été accordée aux associations par la loi de 1901. Et puis l'un des combats de Jorè, c'est aussi de s'attacher à sauver l'ouvrier Charbonnier.

Je crois que ça parle ici aussi à Charles Roy, Jules Duran, qui était un syndicaliste condamné à mort pour complicité d'assassinat d'un leader non gréviste. Alors, un faux dossier de police avait été constitué pour finalement terroriser les futurs meneurs des grèves ouvrières. Dans ce procès qui a quand même eu une portée de de scandale moral et politique, j'aurais appel à l'honneur de la République et à la dignité de l'humanité qui exige de défendre tout individu quel qu'il soit.

Et il réclame finalement une attitude nouvelle envers le prolétariat. Et la République doit apprendre à respecter les ouvriers si elle ne veut pas se déshonorer. Alors, il disait qu'il n'y avait pas d'action, il n'y avait pardon d'action que dans le Parti de la justice pour justifier de ces combats civiques, des combats civiques finalement dont l'actualité est encore brûlante aujourd'hui, un siècle plus tard.

Et Jor est ainsi devenu l'un des auteurs de la Constitution morale de la République et celle qui maintient envers et contre tout l'espoir démocratique. Il est le fondateur, ça a été rappelé, du journal l'humanité. Il fait des articles politiques mais ce qui est important aussi c'est qu'il va sur le terrain pour rapporter des événements.

Il a compris que la presse était devenue finalement un pouvoir et qu'elle était une des conditions des combats politiques. Sa conversion au socialisme, elle est liée, je crois notamment à sa sensibilité au sort des pauvres et des sangrades et aussi à la découverte des luttes ouvrières. Il s'est initié à Marx bien sûr dans lequel il trouvait le moteur de la lutte des classes, mais c'est finalement le contexte social et politique de l'époque qui encourage Jorè à prendre partie et à choisir son camp.

Ces sources d'indignation sont d'abord la fusillade de fourmi le 1er mai 1891 qui en deuille la France ouvrière. Alors, fourmis, vous connaissez bien, c'est comme je mon c'est un petit peu le pays voisin euh avec ceux qui sont morts pour avoir demandé la journée de 8h et aussi dans ces combats la greffe des mineurs de Carmau un an plus tard en 1892 dont l'un d'entre eux avait été élu maire et auquel la compagnie minière refusait des jours de congé pour pouvoir tout simplement exercer ses fonctions administratives de maire. Alors Jor dans ces conditions n'était plus un isolé élu député socialiste à Carmau.

Il était devenu un vrai militant, un représentant de la classe ouvrière qui en avait fait son mandataire. Alors, ses dons d'orateur, sa personnalité puissante, sa culture rayonnante et son optimisme mobilisateur le disposait à être un des principaux leaders du mouvement socialiste et il a œuvré d'ailleurs au rassemblement des forces socialistes et de leurs diverses formations, mais qui existe aujourd'hui encore un siècle plus tard. On les appelle les courants par chez nous.

Et euh à Lille, donc pas très loin d'ici non plus, Jor Fronte Jules Gued dans une controverse parce que il s'oppose sur la conception du socialisme. marxiste résolu à reproché à Jor d'avoir soutenu l'entrée d'un socialiste dans un gouvernement bourgeois et et finalement Julga des partisans d'une ligne plus révolutionnaire tandis que Jorès veut inscrire le socialisme dans la République et surtout dans la fidélité au droits de l'homme. Alors Joress finalement est mise en minorité au congrès d'Amsterdam et il sacrifie ces tendances de réforme au profit de l'unité socialiste qui s'est concrétisé par la naissance de la SFIO en 1905.

Donc ce parti socialiste unifié, section française de l'international ouvrière, Joris le domin de toute sa puissance intellectuelle pendant les 9 ans qui lui restaient à vivre. Mais ça, il ne le savait pas. Et et à ses yeux, finalement, c'est le socialisme seul qui donnera à la déclaration des droits de l'homme tout son sens et qui réalisera tout le droit humain.

La guerre aussi a été pour Joris un danger à combattre. Pourtant, il ne croit pas que la France puisse se passer d'armée. Mais pour lui, l'armée n'est pas un instrument de conquête ou d'oppression.

C'est le peuple organisé pour la défense du sol. Et lorsque la menace de guerre s'accentue en juillet 1914, il en appelle au rassemblement de toutes les forces prolétarienne. Dernière chance selon lui pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation.

Mais bien sûr, tout en faisant ça, il ne s'enferme pas dans l'incantation et il multiplie les démarches. Il a l'intention d'attaquer le gouvernement sur sa complaisance à l'égard de la Russie alors que il était encore temps de lui faire accepter ainsi qu'à l'Allemagne la médiation proposée à l'époque par le Royaume-Uni. Malheureusement, son assassin Raoul Villin ne lui en laissera pas le temps.

Et finalement, c'est dans cette crise de l'été 1914 que Jor est en doute allé au bout de ses efforts pour empêcher cette guerre au risque qu'il assumait pleinement et ben d'en voir attenter à sa vie. Et c'est ce qui s'est passé. Il a été assassiné par donc un fanatique d'extrême droite au café du Croissant dans le quartier de Mont Martre le 31 juillet. 1914 et il apparaît à ce titre comme le premier mort de la guerre, victime du fanatisme autant que héros du socialisme.

Mais finalement, c'est cet aspect qui rend sa postérité inséparable de l'idée de paix qui avait toujours été au cœur de son action. Et aujourd'hui, il reste objet de convoitise pour ceux qui veulent s'approprier le personnage, l'homme, la figure, la légende finalement un homme engagé, un tribin, orateur, socialiste de conviction, défenseur de Drefus, mais au-delà de l'ensemble des travailleurs. Il avait ça dans ses tripes parlementaire respecté, combattant pour la paix et finalement donc première victime de cette grande boucherie que fut la Grande Guerre et qu'il a dénoncé jusqu'à l'épuisement.

Euh finalement, c'est toute la gauche française mais finalement je dirais en Europe euh y compris je l'espère ici en Belgique qui veut finalement avoir Joress en en elle. Et euh ça n'a jamais été un homme d'appareil. il n'a pas finalement fait sa carrière comme certains qui n'ont pas le courage de leurs idées quand ces idées peuvent leur faire perdre une position dans leur parti.

Le vrai parti de Jor, c'est celui de la raison, de la justice, de la liberté. Et ce message finalement, il est toujours aujourd'hui d'une grande actualité. On peut se demander dans certaines situations difficiles de tension qu'on vit aujourd'hui secour Jores.

Je me garderai bien d'y apporter des réponses tranchées comme certains ont pu le faire. Ce que je veux retenir aussi de Jean Jorè, c'est qu'il a laissé son nom à plus de 2350 sites qu'il occupe la 5e place en France derrière de Gaul, Pasteur Leclerc et Victor Hugo. C'est finalement dès l'été 1914 que des conseils municipaux ont commencé à attribuer le nom de Joress à certaines rues.

La pratique, elle se poursuit pendant et après la guerre alors même que ces cendres sont transférées au Panthéo en 1924. et puis sous le Front populaire. Et ensuite cette pratique, elle reprend à la libération lorsque le nom de Joris réapparaît dans des communes où le régime de Vichi, ce régime de collaboration avec les forces nazis l'avaient effacé.

Elle suit son cours marqué par des moments privilégiés. Les centenaires et cinquantenaires de la naissance de Jorè, le cinquantenaire de son assassinat, l'élection de François Mitteran et finalement curieusement, je ne sais pas si c'est un paradoxe, alors que dans le sud, finalement dans le Tarne, là où étaient ses origines, il n'y a pas beaucoup de rues qui portent le nom de Jorè. Il y a quand même 212 rues qui portent son nom dans le nord de la France. un peu plus d'une centaine dans le pas de calé.

Et chers amis belges, je ne sais pas si vous m'apprendrez tout à l'heure combien il y en a en Belgique, mais beaucoup je crois ici à Charleroi, mais comme à Bruxelles, comme à Mons à Binche ou encore à la Louvière dans de nombreuses villes belges. Et puis finalement, il a été reconnu par beaucoup de politiques au cours du siècle dernier. Gaul a agi pour le faire reconnaître finalement par la droite française.

Mitan en 1980 après avoir lancé sa campagne à Carmau a déclaré que bah Jorè c'était la France et et au-delà de la France l'un des points lumineux du socialisme international. Même Sarkozy en 2007 après sa victoire reproche à la gauche d'avoir abandonné Jorè. Jores qu'il avait quand même cité 88 fois pendant sa campagne présidentielle alors même que la candidate socialiste Segolen Royal n'avait fait référence à Jores que 34 fois.

Et puis enfin, dernier épisode en date, en 2012, quelques jours avant l'élection présidentielle, François Hollande dépose une gerbe au pied de sa statue et rend hommage finalement à celui qui fut capable d'allier l'idéal et le réel, d'allier la radicalité et la responsabilité. Alors aujourd'hui, les discours et l'action de Jorès sont toujours d'actualité. Elle reste une référence incontournable pour la gauche.

Euh hier, on y faisait encore référence. Je je me trouvais à un meeting à Lille en présence de notre premier ministre Manuel Vals, en présence de Martine Aubry, en présence de notre premier secrétaire du parti. Il ne nous manquait qu'une personne, c'était Elio Diroup mais qui a l'habitude de venir régulièrement nous rendre visite lors de grands événements politiques par amitié.

Et finalement, je me disais en parlant de la construction européenne et en voyant ces premières images de Jores, à chaque fois qu'il y a un film de présentation, les premières images sont dédiées à Jores, que le combat qui a perdu Jor pour la paix, et bien ce combat, il se rejoue de manière incessante. Il va se rejouer le 25 mai prochain lors des élections européennes. Bonne chance à nos candidats belges et ils se rejoueront encore longtemps.

En conclusion, chers amis, c'était déjà bien long et je veux laisser finalement ce ce cet exposé n'était pas exa exhaustif pardon, c'était quelques idées comme ça que je voulais partager avec vous mais je vous dirais que le 20e siècle a été marqué par une version autoritaire et dictatoriale du socialisme qu'on appelait le communisme. Mais le combat et la leçon Jor pour un socialisme à visage humain et qui soit finalement l'accomplissement d'une République démocratique n'a pas été oublié. J'espère que c'est ce que les étudiants vont nous faire partager à l'instant.

Aujourd'hui, c'est cette grande leçon euh ce grand combat de Jorè et d'autres qui continuent finalement pour faire triompher le socialisme dans la liberté. Je vous remercie. beaucoup de votre accueil et de votre écoute très patiente. [Applaudissements]