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interviewfranceinfo — L'invité éco· 2 juillet 2025 7 min

Tourisme : "Nous ne sommes plus que quatrième mondial", regrette le président de d'Alliance France Tourisme

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à toutes et à tous, bonsoir Dominique Marcel. Bonsoir. Vous êtes président d'Alliance France Tourisme, vous rassemblez des acteurs du secteur touristique, Accor, SNCF Connect, la compagnie des Alpes, on ne va pas tout citer mais c'est varié, et vous organisez demain un colloque au palais du Luxembourg, au Sénat, en partenariat avec Région de France sur les enjeux de ce secteur. Le thème, c'est je cite 100 millions de touristes en France, réalité ou totem politique. On entend souvent la France, c'est la première destination touristique du monde, plus de 100 millions de touristes internationaux accueillis en France l'an dernier.

Ça veut dire quoi totem, que ce n'est pas vrai ou que ce n'est pas exactement vrai ?

0:37
Michel Marcel

Si, même si les statistiques ne sont pas toujours très robustes, c'est vrai, mais ça ne signifie pas, ça signifie des choses, mais ça ne signifie pas que nous sommes le leader mondial, nous sommes un leader mondial. Ce qui est important, c'est la dépense touristique, c'est la dépense globale. C'est pas le nombre, évidemment, le nombre de touristes influe, mais ça ne suffit pas et nous ne sommes plus quatrième.

0:59
Présentateur

Comment ça se fait alors ?

1:00
Michel Marcel

Et ça se fait parce que la dépense moyenne est évidemment moins élevée. Et pourquoi elle est ? En partie parce que la France est un pays de passage.

1:08
Présentateur

Ah, on vient mais on ne reste pas.

1:10
Michel Marcel

Ben oui, et notamment, je dirais, c'est d'une raison géographique. Vous venez du nord de l'Europe, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'autres pays, puis vous allez en Italie, vous allez en Espagne. Or, vous savez que pour être considéré comme un touriste, au sens des statistiques internationales, il faut avoir passé une journée, une nuit, une nuit en fait. Donc, ça ne reflète pas complètement la présence touristique dans le pays. Et de manière générale, il y a d'autres raisons, la durée moyenne est inférieure. Donc, la France est bien sûr un leader mondial, la France dispose de plein d'atouts, et la France est formidable pour le tourisme, mais il ne faut pas s'auto-congratuler et se payer de mots.

Nous ne sommes pas le premier en termes de volume de dépenses touristiques.

1:52
Présentateur

Et pourtant, le tourisme représente une part conséquente de notre produit interne brut, entre 5 et 8%.

1:56
Michel Marcel

Bien sûr, oui, parce que c'est toujours un peu compliqué. C'est d'ailleurs un sujet, c'est que les statistiques ne sont pas très... Souvent, on les a avec retard, elles ne sont pas très robustes. Il y a beaucoup d'offices qui les délivrent. Et donc, on a beaucoup de mal à suivre ce secteur, ce qui n'est pas un problème mince, et ça nous importe d'avoir un meilleur outil statistique. Mais ce qui est aussi important, c'est que les entreprises françaises, le secteur a fait preuve d'une superbe résilience après le Covid. Chacun en est d'accord. Mais les autres pays aussi, et par rapport à certains pays, nous dépassent.

L'Espagne, par exemple, est en train, l'an dernier, à performer, à augmenter de plus de 8%, là où, en gros, on stagnait. Alors, c'est vrai que l'année dernière, c'était une année olympique, et curieusement, les années olympiques ne sont pas forcément les meilleures années. Et on espère d'ailleurs que, grâce à l'héritage des Jeux, cette année sera une meilleure année. Mais il n'empêche qu'on peut être dépassé, qu'on n'est plus les premiers, qu'on est les quatrièmes. Et donc, il faut clairement se prendre en main. Ce n'est pas gagné.

Il y a une tendance très forte des pouvoirs publics depuis toujours, mais pas que des pouvoirs publics, de tout le monde, de dire le tourisme, ça marchera toujours en France.

3:00
Présentateur

Alors, ça veut dire, vous dites, il ne faut pas se reposer sur nos lorignes. Non, exactement. Ce n'est pas une rente, le tourisme.

3:04
Michel Marcel

Que faut-il faire ? Ce qu'il faut faire, c'est d'abord investir. Qui doit investir ? Tout le monde doit investir. Les entreprises au premier chef, évidemment les entreprises. investir dans un tourisme plus durable, qui corresponde mieux aux attentes des Français, plus inscrit dans l'environnement local, plus conforme aux exigences des populations. Parce que les populations locales, elles ont leur mot à dire sur le tourisme. À un moment où il y a un certain nombre de gens qui remettent un peu en cause le tourisme. Donc, il faut tenir compte de tout cela.

3:33
Présentateur

Il y a des situations sur le tourisme.

3:34
Michel Marcel

Exactement. Donc, il y a un gros effort d'investissement. Il y a notamment un gros effort d'investissement en matière de rénovation des hébergements. Vous savez que le problème se pose d'une particulière acuité en montagne. Il se pose sur le littoral, où il y a des lits qui ne sont plus véritablement actifs, qui deviennent ce qu'on appelle des lits froids. Donc, l'offre doit être considérablement rénovée, notamment pour, encore une fois, répondre aux attentes des visiteurs et répondre aussi à la transition énergétique, à la transition écologique.

4:04
Présentateur

Une traversée de période de canicule, ça ne vous échappe pas ? Il ne faut pas, il faut aussi se repenser avec ça en tête. Évidemment.

4:09
Michel Marcel

Mais la canicule ne remet pas en cause ce que j'ai vu ici-là, que la canicule remettait en cause le tourisme. Non. Au contraire, il faut partir. Partir en montagne, partir à la mer, partir en forêt, partir dans la nature. C'est évidemment mieux qu'être en ville. Donc, le tourisme n'est pas... Mais il doit s'adapter aux contraintes et aux nouvelles situations que pose la canicule.

4:28
Présentateur

Bon, vous dites qu'il faut investir les entreprises, les équipes du secteur et les collectivités locales, peut-être ?

4:33
Michel Marcel

Les collectivités locales doivent, peuvent investir. Et moi, j'ai eu, par exemple, la chance, quand j'étais président de la communauté d'Ale, de nous gérirons le Futuroscope. Et nous avons fait un partenariat avec le département de la Vienne, avec Bruno Belin, qui d'ailleurs organise avec nous et qui sera demain l'un des organisateurs de cette table ronde. Et on a fait un partenariat sur 10 ans avec des investissements de part et d'autre qui est extrêmement profitable au Futuroscope, à la région, à la collectivité. Donc, les co-investissements sont évidemment une bonne chose.

Mais nous ne demandons pas, et les entreprises d'ailleurs, nous ne sommes pas demandeurs systématiquement d'argent public. On sait que l'argent public est rare. Et on ne va pas être en contradiction. Nous, entreprises, à la fois demandées de baisser les prélèvements et d'augmenter les financements publics. Dans certains cas, ce peut être rentable. Les investissements peuvent être très rentables pour les collectivités. Il faut y aller, sans frilosité. Mais on a aussi besoin d'elles pour nous accompagner, pour faciliter les projets. Et on a besoin à la fois de leurs conseils, aussi de qu'elles les présentent à la population, qu'elles nous aident.

Parce que, comme vous le savez, ce n'est pas toujours facile. Particièrement dans ce pays, quand vous faites un projet, la première des choses, c'est qu'on le remet en cause, en entremant tous les défauts.

5:43
Présentateur

On va revenir à plus court terme. Vous m'avez déjà un petit peu répondu, mais il nous reste un petit peu plus d'une minute. Dominique Marcel, comment se présente l'été pour le secteur touristique français ?

5:52
Michel Marcel

Écoutez, c'est encore très prématuré de le dire. Nous pensons, on espère, bien évidemment, et on espère qu'il sera bon, parce que l'héritage des Olympiques, ça a été très positif, ça a donné une image de la France qui est très bonne. Enfin, on a vraiment eu, on a un très bel héritage des Jeux. Ensuite, on verra. Je ne lis pas dans le Marthe Café, mais en tout cas, on l'espère. On l'espère. Mais encore une fois, même si le résultat est bon, une hirondaine ne fait pas le printemps. Il faut travailler dans la durée. C'est maintenant qu'il faut travailler pour être encore leader dans dix ans.

6:25
Présentateur

Bon, même si cette année est bonne, on ne se repose pas sur nos lauriers. Voilà le message que vous souhaitez passer. Il faut continuer à investir. Merci beaucoup, Dominique Marcel, président d'Alliance France Tourisme. Invité éco de France Info ce soir avant votre colloque organisé demain, Palais du Luxembourg à Paris avec ce thème. 100 millions de touristes en France. Réalité ou totem politique ? Point d'interrogation.

6:45
Michel Marcel

Merci. Merci. Merci.

6:47
Locuteur

Merci. Merci.