Vincent Capo-Canellas : « En Iran, le changement doit venir de l’intérieur, pas d’une intervention »
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On va parler du budget dans quelques secondes avec vous, vous nous raconterez la séance d'hier. On en parle évidemment avec vous Vincent Capocanelas, merci beaucoup d'être notre invité, sénateur union centriste de la Seine-Saint-Denis, membre de la Commission des Finances. On va revenir sur ce long marathon budgétaire qui touche à sa fin.
Mais d'abord on va regarder les unes de la presse régionale, on les a sélectionnées, on en a pris trois. La une du Berry Républicain pour commencer, c'est le ras-le-bol des policiers, locaux vétustes, manque de moyens, des manifestations sont prévues demain. La une de l'Est Républicain, l'ombre du narcotrafic sur les municipales.
A l'approche des élections les 15 et 22 mars prochains, les maires s'inquiètent de l'influence croissante du narcotrafic sur la vie locale, même si aucun risque avéré n'est identifié à ce stade. Et puis la dernière une, c'est celle du journal du centre sur l'agriculture au chevet des céréaliers. C'est la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, qui a visité deux exploitations de Nivernais hier.
Elle a détaillé un plan d'urgence pour la profession. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Le ras-le-bol des policiers peut-être ?
Que vous comprenez ? Que vous soutenez ? Ils en appellent aussi au soutien de la population.
Alors il y a une vraie difficulté, c'est que d'abord, on est dans une société de plus en plus violente. Et on voit, vous avez l'autre une sur le narcotrafic, il y a des réseaux qui sont organisés. Et on a vraiment besoin que nos forces de l'ordre soient effectivement soutenues.
Alors il y a eu des efforts, des efforts en effectifs, des efforts en moyens matériels. Mais tout ceci, finalement, peine à être au niveau de l'évolution des moyens que se donnent eux-mêmes les délinquants. Je pense par exemple à tout ce qui peut concerner, par exemple, les drones, toutes les nouvelles technologies, etc.
Et tant pour ce qui concerne la justice, j'ai été lundi à la rentrée solennelle du tribunal judiciaire de Bobigny, par exemple, qui a des problèmes locaux. Donc on voit bien qu'il faut continuer l'effort qui a été engagé pour doter nos policiers, nos magistrats, l'administration pénitentiaire également, de moyens de travail. Et que c'est toute la difficulté que nous connaissons aujourd'hui, c'est tout le paradoxe.
Avec une nécessité d'économie budgétaire globalement, mais remettre les moyens sur le régalien. Et c'est une priorité. Vous irez manifester demain ?
Vous serez mobilisé à leur côté ? Moi, je ne vais pas manifester parce que c'est très rare. Comme ils en appellent au soutien.
Je viens manifester. Mais évidemment, je suis sensible à l'appel qu'ils lancent. Et je pense que dans ce budget, il y a quand même une petite inflexion encore positive.
Il faut continuer dans le bon sens. On va parler du budget dans quelques secondes. On met d'abord un mot sur l'actualité internationale et ça se passe en Iran.
Donald Trump qui a dit hier espérer ne pas avoir à frapper l'Iran. Qui menace, elle, de riposter en cas d'attaque américaine ? Est-ce qu'on est dans une escalade Iran-États-Unis qui devient inéluctable ?
D'abord, il y a la solidarité avec le peuple iranien qui mène une révolte pacifique. Et on sait le climat d'oppression et d'oppression sanglante, en l'occurrence de répression sanglante. Les Bolas veulent noyer cette révolte pacifique dans un bain de sang.
Et la France a pris des positions claires là-dessus. Je pense que l'Europe aussi. Et le fait de placer les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes est aussi un signal.
Après, on est dans une région qui peut à tout moment s'embraser. Et il est évident que la diplomatie du coup de poing et du tsunami permanent de Donald Trump trouve parfois ses limites là-dessus. M.
Trump avait d'ailleurs annoncé qu'il y aurait un soutien à la révolte pacifique de la population et du peuple iranien. On n'a pas vu ceci se matérialiser jusque-là. Et maintenant, on est plutôt sur un conflit géostratégique.
Et on voit bien qu'avec des exercices militaires qui sont annoncés, il y a des risques là-dessus. Donc on est comme toujours suspendu aux décisions que Donald Trump prendra. Je pense que là-dessus, il faut aussi que l'Union européenne montre sa voie.
Évidemment, exigence notamment sur la question de l'uranium enrichi et sur la stabilité de la région. Mais aussi rappeler que nous sommes porteurs de valeurs de démocratie. Je ne crois pas à une intervention américaine qui réglerait les choses.
Je pense que le changement en Iran viendra de l'intérieur. Et c'est le peuple iranien qui a la carte en main. Et l'Union européenne hier qui s'est mise d'accord, on l'a vu dans le journal, pour placer les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes avec le soutien de la France.
Est-ce que c'est une mesure suffisante ? Est-ce qu'il faut aller plus loin avec des sanctions économiques notamment ? Il y a déjà des sanctions pour la non-application des accords s'agissant de la question nucléaire là-dessus.
Symboliquement, je pense que c'est extrêmement fort et ça aura des conséquences pour les gardiens de la révolution. Il faut aller dans ce sens-là. La France a évolué et je m'en félicite là-dessus.
Mais il faut condamner la répression et montrer qu'une autre voie doit être construite pour la paix. Mais d'abord la paix du peuple iranien. On va parler du budget.
Vous êtes membre de la Commission des finances et c'est donc la fin du marathon budgétaire au moins au Sénat. Avant d'en venir au fond avec Quentin de raconter ce qui s'est passé. Un petit sentiment personnel ce matin, Vincent Capocanella.
Est-ce que vous êtes soulagé d'en avoir fini avec ce budget ? – Alors ça a été un peu long, ça a été chaotique. On a revisité parfois la procédure et le 49-3 arrive je crois un peu tard. – Mais trop long ?
C'est-à-dire vous pensiez budget matin, midi et soir, vous en aviez marre ? – Alors évidemment depuis le mois de septembre-octobre, on est un peu suspendu à l'évolution des débats. On a cherché quoi ?
On a cherché à nouer un compromis avec l'Assemblée. On s'est rendu compte que ça n'était pas possible. Il a fallu que le Premier ministre revienne sur son engagement de ne pas passer par le 49-3.
Et au fond tout ça est quand même assez coûteux. Notre temps finalement importe peu là-dedans, on est là pour essayer de trouver une solution. Mais malheureusement le dialogue n'a pas pu se nouer.
Et in fine c'est un compromis qui est coûteux et que nous pérons plus tard. – Et on va en parler justement puisque Quentin, vous allez nous raconter vous la dernière étape de l'examen du budget. C'était hier au Sénat. – Voilà et on le comprend en approche du dénouement sur ce projet de loi de finances 2026.
Il est temps puisqu'on le rappelle, le texte devrait être voté depuis le 31 décembre de l'année dernière. Pour rappel, on voit la fin de ce tunnel pour ce projet de loi de finances. Depuis que le Premier ministre, et vous l'avez un peu dit, a enclenché le 49-3 à l'Assemblée nationale, plusieurs motions de censure ont été déposées par le RN et la gauche hors PS.
Elles n'ont pas été adoptées. Le texte revenait donc en fait pour un dernier passage au Sénat hier. – Et la majorité de la droite et du centre a acté son désaccord sur ce texte. – Voilà, les sénateurs LR et centristes ont adopté hier matin une motion pour immédiatement rejeter le texte et le renvoyer aux députés pour la dernière lecture à l'Assemblée nationale.
À la tribune, on a entendu les mots très durs de Jean-François Husson, le rapporteur général LR. Écoutez un extrait de son discours. – Soyons clairs, l'histoire de ce texte est celle d'un triple fiasco et le moment me semble particulièrement important pour en faire le bilan.
Tout d'abord, un fiasco sur le fond, s'agissant de la politique économique, budgétaire et fiscale de notre pays. – Oui, mais également un fiasco quant à la méthode employée par le gouvernement et enfin, mais non des moindres, un fiasco à la fois pour le crédit de la France et la crédibilité de la parole politique qui n'avait pourtant pas vraiment besoin de ça. – Voilà, les sénateurs de la majorité de la droite et du centre qui ont regretté que le 49-3 n'ait pas été enclenché plus tôt.
Fin décembre, sur leur ligne politique, ils ont dénoncé l'accord trouvé avec les socialistes pour un pacte de non-censure. Alors écoutez, la ministre du Budget hier au Sénat, elle a défendu un budget imparfait car le fruit d'un compromis, un texte utile a-t-elle ajouté car il permet de sortir d'un climat d'incertitude. Écoutez Amélie de Montchalin. – Ne pas faire compromis, c'est accepter qu'au fond le blocage perdure, que les élections se l'ont la seule issue, que l'instabilité politique est une solution et qu'au fond l'affaiblissement de la France dans ce monde perturbé serait là aussi un viatique.
Ce que nous faisons, nous gouvernements, c'est d'assumer au fond une copie qui n'est pas la nôtre, qui n'est celle de plus aucun parti, mais qui est celle qui va être le budget de la nation, parce qu'à un moment donné, il faut bien décider. – Alors Vincent Capocanelas, qu'est-ce que vous pensez des arguments de la ministre ? Il fallait sortir du blocage, c'est un texte de compromis pour sortir d'une impasse politique, qu'est-ce que vous en pensez ? – Comme on le dit communément, mieux vaut un mauvais budget que pas de budget du tout.
Ça permet de sortir de l'incertitude, les acteurs économiques avaient besoin d'y voir clair, nos compatriotes aussi, il y avait beaucoup de questionnements sur le barrette de l'impôt par exemple, sur un certain nombre de mesures fiscales. Moi ce que je déplore, c'est que le Parti Socialiste ait fait jusqu'au bout monter les enchères et que le Premier ministre ait été contraint, in fine, pour obtenir une non-censure, de céder sur beaucoup de sujets. Alors céder pourquoi ?
Parce qu'en fait, le Parti Socialiste, à l'Assemblée nationale en tout cas, s'est réjoui d'avoir évité 8 milliards d'euros d'économie. J'observe une chose, c'est qu'au départ on visait 4,6% du déficit par rapport aux produits intérieurs bruts, on finit à 5 et on sait que ces 5-là sont difficiles à tenir. Le problème pour nous, c'est de revenir à 3% en 2029.
À ce rythme-là, on aura des difficultés. Et autant on peut se réjouir que cette séquence soit temporairement mise sur pause, autant on sait que les sujets vont revenir. Les sujets financiers, c'est l'emploi des Français, ce sont les retraites de demain, et c'est la capacité pour les plus jeunes générations de pouvoir vivre dans de bonnes conditions.
C'est ça qui est en jeu, il ne faut pas être égoïste aujourd'hui et tout reporter à demain. – On l'a dit, le gouvernement a décidé de négocier une non-censure avec le PS. Est-ce que le Sénat, majorité de droite et du centre, a joué vraiment son rôle dans la possibilité, la construction d'un compromis politique ?
La majorité de la droite et du centre qui est critiquée car elle aurait écrit un texte trop dur, trop radical, ce qui empêchait de faire un compromis sur la base de son texte. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument ? – Alors nous aurions pu, nous, un compromis en commission mixte paritaire, mais nous savions que l'Assemblée de la Chinelle ne l'aurait pas approuvé.
C'était toute la difficulté, c'est-à-dire que le Premier ministre était dans la ligne de mire du Parti Socialiste qui, jusqu'au bout, a fait monter les enchères. Voilà, donc nous on aurait aimé quand même qu'il y ait moins de fiscalité pour les entreprises. Là, aujourd'hui, on a plus de 7,3 milliards qui sont maintenus, qui avaient été créées une fiscalité sur taxe sur l'impôt sur les sociétés.
Tout le monde avait juré craché en disant « ça sera pour un an seulement ». C'est quand même un mauvais signal, parce que derrière, les grandes entreprises, ça paraît facile de l'établir. – Il y a des emplois à la clé. – Il y a des emplois, il y a des sous-traitants, il y a des emplois dans nos territoires, et donc voilà, on donne un mauvais signal.
Les entreprises sont draguées à l'étranger. J'ai discuté avec un patron d'entreprise il y a quelques jours, qui me disait que lorsqu'il va en Chine, lorsqu'il va au Japon, lorsqu'il va en Inde, on lui dit « qu'est-ce que vous souhaitez ? ». – On leur fait la cour, montez-nous une chaîne d'assemblage, on a des financements, les procédures sont simples.
Il faut qu'on ait ça en tête quand même, il y a une compétition mondiale, donc il faut trouver le bon équilibre. Et ça ne peut pas être que par la fiscalité qu'on va résoudre nos problèmes financiers, bien au contraire, parce que sinon on n'aura pas de croissance. – Et donc que dire dans ce contexte de la méthode Lecornu, qu'est-ce que vous en pensez ?
On a entendu Jean-François Husson très critique dans l'extrait, le Premier ministre a lui-même avoué parler d'un semi-succès, semi-échec. Il a voulu tendre la main aux parlementaires, co-construire avec les parlementaires, au final il y a un 49-3, est-ce que vous parleriez d'habileté ou est-ce que au final vous regrettez cette méthode Lecornu ? – C'est une victoire à l'apyrus.
En fait, l'année dernière, la ministre des Comptes publics parlait de budget Frankenstein. Là c'est un patchwork. On a demandé aux différents groupes à l'Assemblée, dont on avait besoin qu'ils jouent le jeu de la non-censure, quelles étaient les mesures symboliques qu'ils souhaitaient.
Et chacun a additionné ces mesures sans cohérence globale. Voilà, donc on a besoin de tenir jusqu'en 2027, mais il faut un vrai débat. Comment assurer l'avenir économique du pays ?
Comment assurer le pouvoir d'achat ? Comment veiller à la cohésion du pays ? Et comment s'inscrire dans une compétition mondiale qui est difficile ?
On voit bien, regardez ce qui se passe en ce moment l'hiver en Ukraine. On vient de parler à l'incendie de l'Iran, il y a une instabilité mondiale. Les États-Unis font défaut.
On n'a plus confiance dans l'allié américain. Donc il faut réarmer, il faut jouer la souveraineté. Et ça suppose que notre économie reparte et que nos finances publiques soient tenues.
C'est difficile, mais je crois que repousser cet effort, ça n'est pas la bonne solution. – Et vous en avez un peu parlé justement, Vincent Capocanella, parce qu'il y a une autre question qui se pose. Est-ce que le chiffre de 5% de déficit contenu dans ce budget est vraiment atteignable ? – Oui, c'est au cœur du sujet.
La France va-t-elle réussir à améliorer sa situation financière ? Il y a le coût des mesures négociées avec le PS. Il y a aussi les mesures sociales contenues dans l'objet de la sécurité sociale.
Écoutez à notre micro hier la sénatrice LR Christine Lavarde. Elle est chef de file des LR sur les textes financiers. – Pas plus tard qu'hier, il y a le Haut comité du financement des comptes sociaux qui a dit qu'en fait l'objectif qui était affiché de déficit pourrait très certainement ne pas être tenu sur les comptes sociaux.
Donc déjà, ça vient aggraver le déficit global. Après, sur la dépense aussi, on a des interrogations, notamment sur un certain nombre de nouvelles dépenses qui ont été lâchées aux socialistes, qui pourraient coûter plus cher que ce qui a été écrit, notamment si on regarde ce qui s'est passé dans le passé. – Qu'est-ce que vous en pensez à Vincent Capocanelas ?
Le gouvernement est trop optimiste sur ces 5% pour 2026 ? – Alors déjà, sur le PLFSS, le projet de financement de la sécurité sociale, nous, on a déploré qu'il y ait une aggravation du déficit et que beaucoup de mesures dispendieuses aient été introduites dans ce PLFSS, dans la version votée par l'Assemblée nationale, d'ailleurs 149,3% celle-ci. Le coût de compromis financier a été colossal.
Et ensuite, il y a cette alerte qu'il faut entendre du Haut Comité de financement de la sécurité sociale qui nous dit que le budget pourrait ne pas être tenu. J'ai moins d'inquiétudes sur le budget de l'État parce que là, je pense que Bercy a l'habitude et qu'il y aura des mesures, elles ont déjà été en partie, dès le départ, mises en œuvre ces derniers jours, d'annulation de crédit. Mais ça va être difficile, c'est clair.
On a heureusement tenu les 5,4% l'année dernière. Il faut tenir ces 5% et ça va être drastique en gestion. On apprend ce matin que les prévisions de croissance pour 2025 sont à 0,9% au lieu des 0,7% estimées par le gouvernement.
Ça, c'est une bonne nouvelle. Ça va permettre un peu d'alléger la pression. Oui.
Alors, on avait déjà les prémices de ce chiffre-là et c'est plutôt le signal que, en 2025, l'économie française dans ce climat d'incertitude a plutôt tenu. Mais enfin, on parle de quoi ? De 0,9%.
C'est-à-dire que c'est très faible. Ça ne permet pas vraiment de créer des emplois. Ça ne permet pas vraiment de rehausser nos recettes.
Et donc, il y a quand même une vraie difficulté. Ce qui va compter, c'est la croissance dans l'année qui vient avec beaucoup d'incertitudes géopolitiques et avec le besoin de soutenir malgré tout ceux qui créent l'emploi. Voilà.
Et donc, là-dessus, le budget stabilise un peu les choses, mais les stabilise sans pouvoir nous projeter dans l'avenir. Et il faudra maintenant voir quand même des sujets qui sont un peu l'éléphant dans la pièce. L'État a fait des efforts et aura du mal.
L'État régalien, contrairement à ce qu'on dit, il n'y a pas beaucoup de graisse, entre guillemets, dans les services de l'État. Quand on dit qu'il y a des économies à faire, il en reste, il y a de la productivité, mais pas tant que ça. Et ensuite, il faut s'intéresser aux dépenses sociales.
C'est difficile. Ça doit se faire avec une volonté d'égalité, de dialogue social. Mais il faut aussi regarder le financement des retraites.
Et on taxe trop le travail. Donc voilà, c'est ce serpent-là qu'il faut dénouer. Un dernier mot.
Oui, une question sur le budget 2027. Est-ce que les négociations ont déjà commencé ? Est-ce que ça va mieux se passer que ce budget-ci ?
Parce qu'on n'a pas de raison de penser que politiquement, il y ait une meilleure négociation que celle qu'on a vue depuis six mois. Alors c'est un peu la grande inconnue. L'année dernière, à cette époque-ci, on se disait que le budget 2026 serait plus simple parce qu'on serait avant les municipales et que tout le monde voudrait la stabilité.
On a vu ce qu'il en a été. Ce que je souhaite, c'est qu'avant les présidentielles, ça ne soit pas le tir au pigeon. Si chacun veut faire chuter son voisin, on aura des difficultés.
Je crois qu'il faut que les écuries présidentielles laissent un peu la place à une gestion, au moins trouvant un peu du compromis relativement tôt. Et la leçon, c'est quoi ? C'est qu'il faut avoir le compromis sur l'ensemble des choses dès le départ.
La difficulté, la méthode de Cornu, pour prolonger votre question tout à l'heure, c'est qu'on a pris les sujets isolément un un. On a commencé par les retraites et puis ensuite il a fallu rajouter de la fiscalité. On a eu le débat sur la taxe Zuckman, etc.
Voilà, bon, tout ceci est arrivé. Mais il faut avoir un accord d'ensemble qui soit soumis à l'ensemble des groupes politiques. C'est ça la bonne méthode.
Et pas découvrir les choses dans la presse le matin. – Vincent Capocanella, vous êtes l'ancien maire du Bourget. Vous travaillez sur les questions de l'aérien et l'actualité dans nos régions.
C'est la liaison aérienne Paris-Limoges qui va rouvrir mi-février. Et on va justement dans le limousin à Limoges. Bonjour François-Vincent.
Merci beaucoup d'être avec nous. Conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, président du syndicat mixte de l'aéroport de Limoges-Bellegarde. Vous êtes soulagé de cette réouverture ? – Alors on est soulagé, mais on a travaillé depuis six mois justement au montage de cette obligation de service public.
Une obligation de service public qui venait en rescousse, en quelque sorte, d'un train indigent entre Limoges et Paris. Vous savez, les Limoges ne sont pas des sous-citoyens et c'est actuellement des sous-citoyens du monde ferroviaire. Nous, il faut à peu près 3h30, 4h pour aller à Paris.
Ce matin, il n'y a que deux trains pour aller à Paris. Il n'y en aura que 2 à 18h. C'est un vrai scandale.
Donc il a fallu qu'on agisse. Et ce pont aérien, avec un aéroport qui lui, en revanche, était dynamique, a permis et j'espère donnera un souffle supplémentaire pour se rendre à la capitale, à Paris, mais également permettre des mobilités vraiment intéressantes. Pour un bassin de population, la Haute-Vienne, c'est 400 000 personnes.
Limoges, c'est 25 000 étudiants, c'est 18 000 entreprises en Haute-Vienne. Donc c'est le grand, une boîte du CAC 40 qui est installée sur le siège social ici à Limoges. Donc on a vraiment besoin de l'avion pour venir en aide à un monde ferroviaire sur la ligne Limoges-Paris qui est vraiment indigent.
Restez avec nous, évidemment, François-Vincent. Vous entendez, Vincent Capocanella, obligation de rouvrir la ligne aérienne pour compenser les difficultés avec le ferroviaire. Oui, je pense qu'il y a une circonstance, si je puis dire aggravant, c'est qu'il y a des travaux en ce moment sur la ligne ferroviaire Paris-Limoges dans la journée, si je ne me trompe pas, qui rendaient encore plus nécessaire d'essayer de trouver une solution.
Moi, je pense qu'il faut laisser le choix aux voyageurs et permettre que les territoires qui sont comme Limoges les enclavés puissent avoir une alternative. Voilà, donc il y a un effort qui est fait, il faut le saluer. Je crois que vous avez annoncé le lauréat de cette délégation de services publics il y a quelques jours à peine.
Voilà, et c'est une bonne chose. Voilà, et je crois à la complémentarité. Et sur les territoires excentrés, l'avion a encore sa place.
L'avion fait des efforts en termes de transition écologique, bien évidemment, mais c'est important de permettre que, notamment en termes de tourisme, et vous l'avez dit, M. le Président, le lien avec la capitale est important pour un chef d'entreprise notamment, pour les cadres, pouvoir partir le matin, rentrer le soir, l'avion le permet. Est-ce que c'est compliqué financièrement, François-Vincent ?
Est-ce qu'il y a un risque d'une liaison à perte que la collectivité viendrait compenser ? Vous savez, comme l'a dit le sénateur, en tout cas, un aéroport, et celui de Limoges, comme les aéroports de la même strade, c'est financé à 100% par des budgets des collectivités. L'État nous donne 0€ pour financer un aéroport.
Pour l'OSP, on attendait un geste de l'État supplémentaire. L'État est présent, mais n'est pas à la hauteur. Effectivement, 90% du coût de cet OSP va être payé par la région, par le département de la Haute-Vienne et par la métropole de Limoges.
Ça veut dire qu'il y a un énorme investissement, parce que nous aussi, on a des budgets très contraints. L'argent public ne coule pas ni à la région, ni au département, ni à la métropole. Donc on fait un investissement sur l'avenir.
Et on pense qu'au moins, pendant quasiment deux ans, jusqu'à une ligne Polt satisfaisante, on a besoin d'investir, d'investir sur l'avenir. Et comme disait le sénateur, oui, l'avion reste encore, pour les terrains, les territoires comme Limoges, vraiment quelque chose qui va rendre service, un vrai service public aérien, pour l'ensemble de la population, et pas que les chefs d'entreprise, les étudiants et les touristes. Limoges, c'est la capitale du luxe, c'est la capitale de la porcelaine et de la chaussure.
Donc ça va relancer certainement notre économie. Tout le monde l'attend. Tout le monde l'attend, c'est l'OSP.
L'OSP, c'est l'obligation de service public. Juste un petit mot pour qu'on comprenne, François-Vincent, ça veut dire que pour la région, ça coûte combien ? Alors pour la région, ça coûte 1,3 million, pour la métropole, ça coûte 1,9 million, et pour le département, ça coûte quasiment 1 million.
Le syndicat que je représente, c'est 950 000 euros, donc quasiment 1 million. L'État nous apporte 750 000 euros. Donc on est aux alentours de 6 millions d'euros pour faire le tour du budget de cette OSP.
Et moi, je l'ai voulu vraiment, cette OSP, avec la compagnie Volotea, mais on peut le dire. Je vous rappelle, Volotea, c'est la première compagnie intérieure française. C'est la première compagnie intérieure française.
Ça dénote bien de tout l'engagement, ou plutôt le non-engagement de l'État, depuis 15 ans, 20 ans, dans le service aérien français. Et puis je souhaite, moi, surtout avoir du billet à l'échelle d'une seconde classe pour aller à Paris, entre 45 et 55 euros, pour donner justement un élan populaire. Vincent Capocanella, ça représente quand même un coût important pour la collectivité. – Oui, mais pour garder l'emploi dans nos régions, c'est majeur.
Je crois qu'il y a aussi une autre ligne, qui est Limoges-Lyon, si je ne me trompe pas, qui doit être exploité par Chalaire, je crois. Et ça contribue au rayonnement du territoire. Et comme le président l'a rappelé, il y a des sièges sociaux importants dans cette région-là.
Il faut maintenir l'emploi. J'avais fait une mission, il y a des années, ça dans le Cantal, par exemple. Il y a des entreprises en matière d'infrastructures qui sont leaders dans le monde entier.
S'il n'y a plus de l'allusion avec Paris, ces entreprises ne peuvent pas garder leur cadre sur place. Donc c'est majeur. Après, il y a un coût pour la collectivité, mais en même temps, il faut voir l'effet induit en termes économiques.
Il faut la complémentarité, train, avion. Et puis finalement, on verra, parce que là, cette ligne repart alors qu'elle avait été arrêtée. Elle repart notamment parce qu'il y a des travaux sur le train, donc il faut bien trouver une solution à ce moment-là.
On est bien content de retrouver l'avion. Et puis on verra après, est-ce que l'OTA a rempli ses avions ? Ce sont plutôt des grands avions.
Je crois à peu près 150 places, si je ne me trompe pas. Et donc voilà, la vérité, bien sûr. C'est plus grand que les avions qui étaient juste que là.
Par les voyageurs. On verra le nombre. François-Vincent, ça a été rouvert pour un peu plus d'un an, je crois.
Vous espérez que ça perdure ? Alors déjà, comme le dit M. le Sénateur, ça a été ouvert sur 14 mois.
C'est rare qu'une OSP soit aussi courte. La transition, ça se fera avec les lignes Polt, les nouvelles lignes sur le Limoges-Paris en train qui vont arriver le 1er avril 2027. Ce n'est pas un jeu de mots.
Donc ces 14 mois, c'est court. On espère justement avoir des clauses de revoyure pendant ces 14 mois. Parce que si ça ne marche pas, on l'arrêtera, très clairement.
Et si jamais ça marche, peut-être que la ligne perdurera sur des années supplémentaires derrière. Parce qu'il faut vraiment se dire qu'on n'est pas des sous-citoyens à Limoges. On a besoin de mobilité.
Et l'avion vraiment nous apporte cette possibilité-là pour nous dégager d'un train qui est en régénération à la fois sur les voies, dans les voitures, mais qui ne rend pas un service suffisant à nos concitoyens. Voilà. On en a un peu marre ici à Limoges de ne pas jouer le jeu de l'avion.
Et l'avion va vraiment nous apporter ce coup d'aile supplémentaire pour nous développer. Merci beaucoup. Merci François-Vincent d'avoir été avec nous depuis Limoges.
Et merci Vincent Capocanella d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.
Vincent Capo-canellas