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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 2 mai 2017 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Jean-Louis Borloo, sur le FN au second tour : "C'est la mère des batailles, il faut s'engager"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    On pensait que vous aviez changé de vie, vous revoici, vous voulez vous engagez à fond pour Emmanuel Macron ?

  • 3:15RelanceRéponse partielle

    Qui hésite ? Ceux qui ne veulent pas prononcer le nom de Macron, c'est ça ?

  • 3:55RelanceÉludée

    Est-ce que les gens à qui vous parlez dans la rue ne vous répondent jamais : mais il aurait peut-être fallu vous réveiller plus tôt et intervenir pour faire qualifier votre candidat des Républicains pour le second tour ?

  • 5:21FerméeRéponse directe

    C'est votre cas ou pas, Jean-Luc Barleau ?

  • 5:56OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on vous entendra encore à nouveau après le second tour de la présidentielle si Emmanuel Macron est élu président de la République ?

  • 6:48RelanceÉludée

    Vous n'avez pas répondu à ma question sur le candidat de droite au premier tour de la présidentielle qui espérait votre soutien, Jean-Louis Borloo ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:56Invité politiqueFait
    « L'hypothèse que le Front National accède à l'Elysée, je dis bien le Front National, pas seulement Mme Le Pen, elle est tout le Front National. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « puis par les effets mécaniques de la Vème République, soit majoritaire au Parlement, donc au gouvernement. »
  • 2:29Invité politiqueFait
    « C'est un choix pour une génération complète. »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « le Front National, depuis sa création, les a désignés comme ennemis prioritaires et absolus. »
  • 3:27Invité politiquePromesse
    « Je défendrai d'ailleurs les candidats UDI notamment et LR. »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « Que la droite française comprenne que si Mme Le Pen est élue ou si elle fait un très gros score, c'est eux qui seront liquidés aux législatives. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « Moi, je suis un des leurs et je leur dis vraiment, n'hésitez pas dimanche prochain. »

Temps de parole

  • Jean-Louis Borloo83 %
  • Présentateur17 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Jean-Louis Borloo

Le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr.

0:09
Présentateur

Bonjour Jean-Louis Bordeaux. Oui, bonjour. On pensait que vous aviez changé de vie, vous revoici, vous voulez, avez-vous dit, vous engagez à fond pour Emmanuel Macron, parce que vous pensez que votre voix peut déplacer quelques suffrages dimanche prochain, ou bien vous souhaitez épauler politiquement le président Macron si celui-ci arrive à l'Elysée, ou encore participer à la recomposition politique en cours, ou bien peut-être les trois à la fois ?

0:33
Jean-Louis Borloo

En tous les cas, le premier, et puis je n'ai pas la prétention de déplacer quelques voix, comme vous dites. Non, simplement, moi j'ai vraiment quitté la vie politique volontairement, quitté le gouvernement librement et légalement à l'époque, j'ai quitté mes responsabilités de chef de parti, de président de groupe et de parlementaire. Simplement, et pour une autre vie, j'ai épousé une cause, vous le savez, l'électrification du continent africain. Absolument.

Pendant deux ans et demi, je l'ai fait de manière bénévole, de manière engagée, et vous savez qu'aujourd'hui, l'agence pour l'électrification de l'Afrique a été bâtie, elle existe, elle est présidée par le président Alpha Condé, président de Guinée, et qui est par ailleurs le président de l'Union africaine. Simplement, donc je ne comptais pas participer à la vie politique, même m'exprimer, j'étais redevenu un citoyen, et quand on n'exerce pas de responsabilité, on n'est pas obligé de donner des conseils et des leçons à tout le monde.

1:27
Présentateur

Un citoyen à qui on prêtait quand même quelques activités, on en reparlera peut-être au moment des déboires de François Fillon.

1:35
Jean-Louis Borloo

Non mais le marquis de sources sûres est un personnage central dans la vie politique, Paris-Ragot fonctionne extrêmement bien. Non, revenons à l'essentiel. Non, je me suis réveillé l'autre jour, enfin réveillé, pas forcément le matin, mais je me suis dit, mais attendez, ça peut arriver. Ça peut arriver. L'hypothèse que le Front National accède à l'Elysée, je dis bien le Front National, pas seulement Mme Le Pen, elle est tout le Front National, puis par les effets mécaniques de la Vème République, soit majoritaire au Parlement, donc au gouvernement. Donc une France qui fait un virage complètement historique, je me suis dit, mais attend, là on n'est pas juste à une élection.

Ça fait un an et demi qu'on est dans les élections. C'est pas une élection cette histoire. C'est un choix pour une génération complète. C'est un basculement totalement historique. Je me suis dit, mais attend, tu ne peux pas rester juste à ne rien dire. Surtout que c'est vrai qu'assez gentiment, les gens me demandent de temps en temps dans la rue ce que je pense. Oui, quand même. Et je me suis dit, mais attend, c'est juste pas possible. Et alors quand j'entends mes amis de droite et du centre droit hésiter à l'élection présidentielle, en ne réalisant pas que le Front National, depuis sa création, les a désignés comme ennemis prioritaires et absolus.

Quand quelqu'un vous désigne comme ennemis et vous hésitez à le combattre, enfin c'est le syndrome de Stockholm.

3:12
Présentateur

Qui hésite ? Ceux qui ne veulent pas prononcer le nom de Macron, c'est ça ?

3:15
Jean-Louis Borloo

Les électeurs, enfin voilà, des conversations, encore avant hier soir. Je dis, mais attendez, ne confondez pas d'élection. Allez aux législatives, défendez vos candidats. Je défendrai d'ailleurs les candidats UDI notamment et LR. C'est une autre affaire. Le gouvernement de la France, ça sera une majorité parlementaire. Mais là, il s'agit de choisir le président ou la présidente de notre pays. Rentrer dans un monde de l'affrontement, de la division, au contraire, essayer de fédérer les forces vides de notre pays. Je me suis dit, je ne peux pas, je ne peux pas rester comme ça et rester silencieux.

3:55
Présentateur

Est-ce que les gens à qui vous parlez dans la rue ne vous répondent jamais, mais il aurait peut-être fallu vous réveiller plus tôt et intervenir pour faire qualifier votre candidat des Républicains pour le second tour de la présidentielle ?

4:06
Jean-Louis Borloo

Pour vous dire vrai, mais ce n'est pas très intéressant. En général, ils me disent, mais pourquoi vous n'y êtes pas allé vous-même ? Oui, aussi, c'était l'une des idées de Jean-Christophe Lagarde aussi. Je voudrais aller jusqu'au bout. Et je dis à mes amis de gauche, mes amis de gauche qui défendent la paix, la fraternité, la lutte contre les discriminations. Je me souviens de Jean-Luc Mélenchon faisant de son combat dans le Pas-de-Calais, si ma mère m'en est bonne, il est allé lui-même candidat, alors qu'il n'était pas de là, pour affronter Marine Le Pen, pour défendre un certain nombre de thèses, à la mère des batailles.

Parce que c'est très important, une circonscription dans le Pas-de-Calais. Enfin, excusez-moi, ce n'est pas la France. À la mère des batailles, il serait absent de cette bataille ? Vous savez, M. Blanc, il n'est pas candidat à l'élection. Il n'y a pas de candidat blanc. La vérité, c'est que vous devez choisir. Voilà, c'est comme ça. Je comprends la frustration de ceux qui ont eu d'autres candidats au premier tour, mais on est à un moment parfaitement grave et historique. C'est la mère des batailles et il faut absolument s'engager. Après, aux législatives, ceux qui veulent une autre politique économique que celle qu'évoque M. Macron, les élections législatives sont là pour ça.

C'est votre cas ou pas, Jean-Luc Barleau ? Mais je ne suis pas dans cette histoire-là. Pour l'instant, il reste quatre jours. Je veux dire aux abstentionnistes, aux gens qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon au premier tour, ceux qui ont voté pour François Fillon, M. Asselineau et qui vous voulez au premier tour, de grâce, de grâce. Ce choix-là, il est absolument vital et crucial. C'est probablement la plus importante, je dis bien, cette deuxième tour de la présidentielle depuis une ou deux générations. Franchement, allez-y.

5:53
Présentateur

Mais on entend ce message-là, Jean-Louis Barleau. Est-ce qu'on vous entendra encore à nouveau après le second tour de la présidentielle si Emmanuel Macron est élu président de la République ? Je ne mélange pas les temps. Je vous assure.

6:07
Jean-Louis Borloo

Moi, j'avais compris qu'il y avait une part d'adhésion aussi dans votre engagement. Non, mais attendez. Je peux en dire deux mots sur l'adhésion. Mais vraiment, je pense que justement, le mélange des agendas, à ceux qui sont gênés en disant « Oui, mais après, on va avoir du mal », ce n'est pas vrai. Que la droite française comprenne que si Mme Le Pen est élue ou si elle fait un très gros score, c'est eux qui seront liquidés aux législatives. Et leur famille politique sera liquidée. Quoi qu'on en pense, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas. Moi, je suis un des leurs et je leur dis vraiment, n'hésitez pas dimanche prochain.

6:48
Présentateur

Vous n'avez pas répondu à ma question sur le candidat de droite au premier tour de la présidentielle qui espérait votre soutien, Jean-Louis Borloo ?

6:56
Jean-Louis Borloo

J'avais quitté la vie politique et quand on la quitte, on la quitte vraiment. Ça fait trois ans que je me suis interdit toute expression sur la politique française.

7:04
Présentateur

On ne vous a pas vu à Valenciennes, aux côtés de Xavier Bertrand ? C'était au printemps 2015, Xavier Bertrand qui était aux prises avec le Front National ?

7:13
Jean-Louis Borloo

Il s'agissait d'élections régionales dans ma bonne ville de Valenciennes et j'ai adressé un message de soutien très affectueux à Xavier Bertrand. C'était une première exception. Vous m'avez suffisamment invité pour parler de politique sur les banlieues, sur un certain nombre de sujets. Vous observerez que j'ai tenu une distance absolue. On ne peut pas être devant et un peu dehors. Voilà, simplement, il faut être cohérent. Quand on est en responsabilité, on explique. On explique ce qu'on fait, on explique ce qu'on souhaite, on explique ce qu'on veut. Quand on est sorti, on est sorti. De plus, j'avais une obligation d'élégance à l'égard des chefs d'État africains.

Vous ne pouvez pas faire un plan en me visant 54 chefs d'État africains de culture, d'idéologie, de regard politique. Ils ont leurs propres sentiments sur les élections françaises. Vis-à-vis de leur faire signer une agence et vous exprimer sur la politique de votre propre pays, ce n'était pas très élégant. J'ajoute, j'ajoute qu'il a fallu fédérer tous les Européens et tous les Français. La droite, la gauche, les syndicats, le patronat, les églises et les laïcs. C'était une action totalement œcuménique. Ça aurait été de mauvais goût de ma part de m'exprimer. Jean-Louis Borloo, invité de France Inter.

8:26
Présentateur

On vous retrouve dans quelques minutes avec les auditeurs d'Inter.