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speechyoutube.com· 3 juillet 2013 6 min

Discours de Bruno Le Maire - 22ème journée du livre politique 6 avril 2013

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Le Maire

Monsieur le Président, Madame la Présidente du Jury, Madame la Présidente Simone Veil, vous me faites un grand honneur en me remettant ce prix aujourd'hui. Je ne le cache pas, une grande voix. C'est un beau prix et c'est un prix auquel la tâche, l'usperon le sait, a beaucoup d'importance. Avant de vous parler de la littérature et de la politique, brièvement parce qu'il est déjà tard, je veux saluer les deux ouvrages de Marie de Gant et de Jean-Pierre de Goc. L'un qui est sur la fin du village, qui est un récit formidable de la France vue à travers l'histoire de son village.

Et l'ancien ministre de l'agriculture que je suis attache, bien entendu, l'importance toute particulière à ces villages, à leur survie et à leur évolution, ce qui se retraduit merveilleusement bien Jean-Pierre de Goc. Puis l'ouvrage de Marie de Gant me touche particulièrement parce que j'ai été plume pendant de nombreuses, nombreuses, nombreuses années. Ce n'est pas le métier le plus facile qu'on puisse inventer.

Et je trouve que tirer de ce métier difficile un livre magnifique, pour d'ailleurs s'intituler, non pas la fin du village, mais la vie du village, parce que l'Elysée n'est rien d'autre qu'un petit village, avec ses codes, avec ses habitants, avec ses querelles, c'est la meilleure façon de sortir d'années de plus qui sont toujours des années difficiles. Et je souhaite à Marie de Gant, à la fois une très belle carrière littéraire, bien entendu, mais peut-être aussi une belle carrière politique, parce que les plumes, en général, tournent la page de la vie d'écrivain, ou parfois entamer la vie de responsable politique.

Je voudrais profiter de cette occasion pour vous dire deux convictions très simples. La première conviction, c'est que la littérature est en France ce qui dit le mieux la politique. Je ne sais pas s'il y a beaucoup d'autres pays au monde où le président de l'Assemblée nationale, le président de l'Assemblée, accueille un jury du livre politique et passe quelques heures d'une matinée à discuter littérature et livres. C'est le temps de France et c'est le temps de l'Urde. Sans faire aucune comparaison qui serait des comparaisons déplacées.

Je vais vous dire à quel point pour moi la littérature dit effectivement la politique, raconte la politique, explique ce qu'est la politique mieux que ne peut le faire aucun autre art. Si vous voulez comprendre la manière dont s'est déroulée la bataille de Waterloo, plutôt que de lire des récits historiques, je recommande de vous mettre dans la peau de Fabrice et d'égoûter l'égo assourdissant des boulettes et des racontes stendales, c'est la meilleure façon de comprendre ce qu'a été la bataille de Waterloo.

Si on veut comprendre ce qu'a été la violence de la Révolution française et la violence des sans-culottes, je vous recommande de vous mettre dans la peau de Châteaubriand et des moments d'Outre-Tombe et d'entrer dans le pouvant des Cordeliers quand il raconte la manière dont sont opérés les jugements dans le pouvant des Cordeliers et ce qu'est la Révolution de 1789.

Si on veut comprendre bien ce qu'a été l'infamie de Vichy et l'infamie de Laval, je pense que la meilleure façon de la comprendre, c'est de lire d'un château à l'autre les dernières pages stupéfiantes de Céline où il raconte son entretien avec Laval et la manière dont Laval la nommer, alors qu'il est déjà déchu, gouverneur d'une province lointaine. Oui, la littérature française est pour moi ce qui dit le mieux la politique française. Et sans vouloir faire de lien avec l'actualité difficile que nous traversons, cette opprobre qui est jetée sur l'ensemble de la classe politique aujourd'hui, religie la Fontaine.

Et vous verrez que lorsque la Fontaine, dans les animaux malades de la peste, dit « Tous n'en mourraient pas », mais tous étaient touchés, j'ai peur que la Fontaine dise mieux que personne ce que vit la classe politique dans les heures difficiles que nous traversons actuellement. Je vais vous donner aussi une deuxième conviction. « La France, c'est sa langue. La France est la langue française. » Et même ceux qui évoquent avec un talent infini la disparition de la France, la relégation de la France, la France réduite à un gigantesque parc d'attractions, comme le fait Houellebecq dans la carte et le territoire.

Même lorsque Houellebecq parle de la fin de la France, il le fait avec une langue française qui est tellement merveilleuse. Houellebecq, visant la fin de la France, en raconte malgré tout un nouveau commencement possible avec la nouvelle langue qu'il a inventée. Et puisqu'on parle de rêve français aujourd'hui, je terminerai par là, le rêve français a toujours été, et sera toujours, un rêve de rassemblement. Et ce rêve de rassemblement, il est porté par la langue française. Ce qui nous rassemble, ce qui nous rassemble de Nouméa jusqu'aux Antilles, du nord de la France jusqu'au sud, de l'Alsace jusqu'à la Bretagne, c'est la langue française.

Nous sommes le peuple français parce que nous parlons la même langue française. Merci à tous. Il y a une dernière passion qui nous rassemble, c'est la gastronomie. Je pense qu'il est temps de le Nord. Bonne journée. Merci.

5:49
Locuteur

Merci.

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