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interviewHugoDécrypte (sur YouTube)· 26 octobre 2016 21 min

Présidentielle 2017 : l'interview augmentée de Jean-François Copé

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Applaudissements] [Musique] Salut, c'est Hugo. On poursuit donc aujourd'hui l'interview des candidats à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle. D'ailleurs, pour ceux qui se posent la question, l'interview des candidats de gauche et les autres candidats qui ne participent à aucune primaire arrive bientôt, mais le calendrier est tel que la primaire de la droite, c'est le 20 novembre et donc on commence par ses candidats.

Bonjour Jean-François Copé, merci d'avoir accepté cette interview. Une petite présentation pour ceux qui ne vous connaissent peut-être pas encore. Vous avez été président de l'UMP de 2012 à 2014.

Vous êtes maire de mots depuis 2005 et député de la depuis 95 même. Et vous êtes à nouveau maire depuis 2005, c'est ça ? Et député de la 5e et 6e circonscription de Smar depuis 2007.

Et donc c'est la raison de cette interview. Vous êtes candidat à la primaire de la droite et du centre. C'est une grande tendance pour les candidats de cette primaire le fait de faire passer ses réformes par ordonnance.

Alors on l'a vu dans l'interview avec Bruno Lemire gouverner par ordonnance. Ça veut dire que pour une période donnée, l'Assemblée nationale autorise le gouvernement à légiférer à sa place. Alors, l'avantage des recours à ces ordonnances, c'est que ça permet de réformer beaucoup plus vite.

Euh ça va plus vite, mais en même temps, le problème de cette procédure, c'est qu'il y a aucun débat et que c'est le président qui impose, entre guillemets tout seul sa loi. Euh la différence entre vous et les autres candidats, c'est que vous allez beaucoup plus loin parce que vous comptez mettre en place 15 ordonnances dès l'été prochain si vous êtes élu, donc l'été 2017, c'est-à-dire juste après votre élection. Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui affirment que ce mode de fonctionnement est profondément antidémocratique ?

D'abord, il y a une autre différence, c'est que je suis le premier à l'avoir dit ça. Mon copain Bruno, il est allé me piquer l'idée, ce qui est très bien. D'ailleurs, ça prouve que ça se partage.

Bon, enfin, initialement, c'est bien qu'on sache que c'est moi qui ai commencé. Pour une fois, faut bien se faire sa pub. Bon, une fois que ça s'est dit euh et bien dit, maintenant on va au fond des choses.

Euh non, le vrai sujet euh c'est qu'il est pas question de gouverner par ordonnance pendant 5 ans. Les ordonnances, c'est sur 15 décisions que je veux prendre tout de suite pour débloquer le pays. Et je sais très bien que si que si on utilise le le la procédure classique des lois, ça dure un an et demi, 18 mois.

Vous saz, il faut faut 18 mois pour faire une loi aujourd'hui entre le moment où ça passe à l'Assemblée, au Sénat, nouvelle lecture à l'Assemblée, puis au Sénat, les grèves, les manifes, les blocages et donc on peut plus rien faire. Vous saz c'est 18 mois pour faire une loi à un moment où il faut 18 secondes pour faire un tweet quoi. Donc je demande de faire pendant l'été pour éviteration.

Alors pourquoi on veut le faire l'été ? C'est parce qu'à partir où la présidentielle a lieu en mai, que l'élection législative a lieu en juin, on démarre les travaux tout de suite. Donc ça fait début juillet et donc il faut 2 mois pour faire une ordonnance.

Alors, c'est vrai que ça va très vite, c'est vrai que c'est pas le même délai qui est donné à l'Assemblée, mais on le fait pourquoi ? Parce qu'on a été élu dessus. Donc on prend personne par surprise, tout le monde le saura.

Et donc si les gens votent pour le président de la République, c'est qu'ils savent ce que le président de la République va faire. On a tellement reproché aux hommes politiques de jamais faire ce pourquoi ils étaient élus. Et c'est pour ça que la droite a perdu en 2012 et que d'ailleurs la gauche euh est aujourd'hui, elle a fait n'importe quoi de la France pendant 4 ans parce que euh bah parce qu'on aurait jamais dû perdre si on avait fait la politique pour laquelle on avait été élu en 2016.

Justement, comme tous les candidats, vous avez donc écrit un programme avec vos propositions si vous êtes élu et les réformes que vous voulez mettre en place. Et quand on regarde l'intégralité de votre programme, si en tout cas j'ai bien lu, ce sont justement les 15 ordonnances dont on a parlé. Donc en 4 mois, si j'ai bien compris, vous aurez mis en place l'intégralité de votre programme en théorie en tout cas, sauf qu'un mandat de président, c'est 5 ans.

Qu'est-ce que vous allez faire du coup pendant les 4 ans et 8 mois qui rest ? Bon, pas regarder le plafond, hein, je préfère prévenir tout de suite. C'est pas le but du jeu.

Non, mais euh c'est c'est si vous voulez c'est la différence entre la décision et l'application de la décision. Moi, je pense que il faut passer beaucoup plus de temps à appliquer une décision qu'à se demander si on doit ou non décider. Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que les politiques sont aussi décevants ? y compris pour euh les les les plus jeunes de de nos concitoyens, c'est queils voudraient que ça avance plus vite.

Or le problème prévu une fois que les les mais de l'appliquer mais appliquer ça c'est une fois que c'est voté mais une fois que c'est voté, il y a rien de fait. C'est ça le grand problème qu'on a. C'est du président de la République d'appliquer ensuite que c'est pas c'est même son premier rôle.

Et je vais vous dire une chose, là où le le je trouve que le la fonction du président de la République a été extrêmement dévoyée, c'est qu'on a pendant trop longtemps fait croire que le seul fait d'aller sur le net pour faire une annonce ou d'aller sur le journal télévisé en disant je j'ai décidé qu'on allait faire une loi sur la cueillette des olives en basse Provence là. Donc on pense que le problème de l'accueillette des olives en basse Provence est réglé. C'est pas vrai.

C'est pas vrai du tout. tout commence et donc moi mon plan c'est de dire ce qui compte c'est que la décision soit prise tout de suite et que ce qu'on regarde c'est comment elle est appliqué comment ça marche qu'on évalue et si ça marche pas on chang on on on modifie pour ça on a besoin de temps. Vous voyez donc c'est un un renversement complet de l'approche.

Alors j'aimerais commencer à parler du cœur de votre programme en vous posant deux questions sur votre programme économique. D'abord vous proposez d'abroger le compte pénibilité. C'est quelque chose qui a été mis en place pour que ceux qui ont un emploi pénible, ceux qui travaillent de nuit par exemple, puissent avoir des compensations comme la possibilité de partir plutôt à leur traite ou de diminuer le nombre d'heures de travail par semaine.

Vous voulez donc le supprimer ? Alors, comment est-ce que vous comptez faire pour tenir compte du fait que certains emplois sont plus difficiles et plus pénibles que d'autres ? Mais d'abord, il faut savoir que ce ce que ce qu'on appelle maintenant le compte de pénibilité ne réglait pas du tout ces problèmes là.

Oui, j'ai compris. Mais c'est comme toujours, c'est dans l'effet d'annonce. Mais quand vous voyez la réalité des choses, c'est surtout beaucoup de complexité pour les boîtes, hein.

Et donc le vrai problème, il est là. Beaucoup de ceux qui nous écoutent vont vont être créateurs d'entreprise, ont peut-être déjà créé leur entreprise. Bon, inutile de vous dire que quand on veut développer une activité euh même une activité sur une micro-entreprise, si on commence par avoir la liste de toutes les contraintes, on on ferme la maison, hein.

Ça c'est pour les employeurs mais pour les salariés, du coup, c'est on est une suppression de ce compén. Mais c'est il en fait je rappelle qu'il vient tout juste d'être créé hein. Donc c'est c'est et encore il est même pas complètement au point.

Et donc je préfère qu'on mette en place un système qui ne soit pas un compte pénibilité mais qui amène en réalité à tenir compte de chaque métier. Et s'il y a des métiers qui nécessitent des prises en compte, faisons-le. Mais vous me dites le travail de nuit, ouais enfin c'est un exemple mais je veux dire il y a tous les il y a beaucoup de métiers qui sont quand même très pénibles.

Donc dans ce cas, on fait plus rien. Alors moi, j'ai plutôt envie de dire faisons des métiers différents. Vous savez on vit dans quand même dans un monde qui est celui du numérique.

Bon on peut raisonnablement penser que dans les 20 années qui viennent, il y a plus personne qui fera un seul métier unique pendant 20 ans, hein. Ça va changer. Donc je préfère qu'on développe le travail indépendant.

Moi, par exemple, une de mes propositions, vous l'avez peut-être vu, c'est que chaque jeune à l'âge de 16 ans est un numéro de de sirettes et un numéro d'inscription en registre du commerce pour créer sa boîte, s'il le veut, pour travailler euh comme auto-entrepreneur, pour travailler comme sans être salarié et gagner de l'argent tout de suite. Bon, l'idée c'est de libérer les vanes quoi, vous voyez. Et donc, on crée des accompagnements sociaux pour ceux qui ont des difficultés, ça c'est tout à fait normal, mais on n'en fait pas des systèmes lourds dans lequels les entreprises vont se décourager et partir à Londres.

À l'exception de la TVA, vous voulez diminuer tous les impôts et en particulier vous prévoyez de baisser massivement du coup les impôts que payent les entreprises mais pas que donc mais aussi ce ceux des entreprise. Euh le but c'est de leur permettre d'être plus compétitive et donc à terme de produire davantage et d'embaucher. Euh mais à partir du moment où le but de l'économie, mais c'est c'est pas propre à vous, c'est en général le but de l'économie c'est de produire plus en tout cas dans dans le monde d'aujourd'hui, comment peut-on protéger l'environnement sachant que pour produire davantage, il faut quasi nécessairement aujourd'hui utiliser davantage de ressources et donc souvent polluantes.

Ah très bonne question. Très bonne question. C'est pour ça qu'en réalité, on fixe un certain nombre de règles pour éviter de faire n'importe quoi en matière de production.

Mais on oublie un petit détail, c'est que parfois pour servir la planète, on peut produire intelligemment, hein. Je vais vous donner un exemple. Moi, je suis maire de mot.

Comme vous l'avez rappelé tout à l'heure, il y a plus une seule construction que je ne fasse, soit les logements sociaux, des bâtiments publics, autrement queen respectant les normes environnementales, y compris en économie de d'énergie. Donc en fait, on peut parfaitement créer de la valeur ajoutée en faisant des économies. Si vous êtes président de la République, qu'est-ce que vous comptez mettre en place pour l'environnement ?

Continuer de développer ce qu'il est, c'est-à-dire de faire en sorte que toutes nos constructions nouvelles, par exemple, hein, pour être sur cet exemple, soit vraiment respectueuses, des normes qui consomment moins d'énergie, euh qui euh créa juste continuer ce qui existe ce qui existe actuellement. Ah bah, c'est déjà c'est déjà énorme. C'est en développement, c'est toujours pareil, c'est l'idée d'appliquer.

Et puis l'autre chose, moi qui est un de mes projets pour l'avenir, c'est que ce soit on est une France sans pétrole. Parce qu'en fait le pétrole aujourd'hui c'est ce qui est le plus polluant et si demain bah on met le paquet sur les énergies non renouvelables, les énergies les énergie renouvelables pardon d'un côté et de l'autre sur le nucléaire, à ce moment-là, on a deux pôles solides pour éviter le pétrole. Alors vous consacrez une partie importante de votre programme est ce que vous appelez le progrès notamment à l'école.

Si vous êtes élu, ce sera la fin du collège unique. Vous souhaitez que tous les collèges soient autonomes d'ici 2022. Et l'idée ici, c'est de donner une autonomie complète au chef d'établissement ainsi qu'à l'équipe pédagogique de chaque collège.

Alors concrètement, est-ce que ça veut dire qu'il y aura autant de projet éducatif que de collège et donc que tous les collégiens ne recevront pas le même enseignement ? Ah, ça c'est une question très française euh parce que franchement c'est toujours cette obsession que tout soit pareil, c'est logique de penser que si jamais chaque je dis pas que c'est pas logique, je dis juste que c'est très français. Je dans les autres pays du monde, ce qu'on ce qui compte c'est l'initiative, c'est qu'on se développe, c'est qu'on crée des choses nouvelles.

Moi je dis juste un point, c'est que si ça marchait aussi bien aujourd'hui, on le saurait. Bon, il y a des problèmes quand même dans les collèges. Pourquoi ?

Parce qu'on applique la même règle à des élèves qui sont pas tous dans la même situation. Et donc, c'est inégal. En réalité, c'est maintenant qu'il y a de l'inégalité.

Et donc, je crois que dès lors que on constate que dans un collège d'un quartier difficile, il y a pas les mêmes problèmes que dans un collège d'un quartier plus protégé, et ben autant s'adapter aux élèves correspondant. Est-ce que il y a pas un risque justement que ça creuse les inégalités où les collèges favoris ? Bah non, c'est justement l'inverse, c'est qu'on en mette plus dans les collèges des quartiers défavorisé et que on adapte les projets parce que vous avez des élèves qui parfois ont plus de difficultés qu'ailleurs parce que peut-être parfois il y a des milieux familiaux qui sont dans des situations plus difficiles.

Comment est-ce qu'on fait pour s'en assurer justement les collèges sont autonomes ? Parce que du coup tout simplement parce qu'on les évalue. L'autonomie ça veut pas dire que vous êtes en apesant, vous faites plus rien.

On évalue mais c'est pas qu'il y a quand même c'est que la contrepartie de l'autonomie c'est l'évaluation. OK ? Donc on évalue en permanence comment ça marche, les résultats obtenus puis on a un cadre national hein.

Il s'agit d'atteindre le même objectif pour tout le monde mais pas nécessairement avec les mêmes moyens. Dans votre programme dans l'éducation toujours, vous évoquez aussi les inégalités scolaires, le nombre de décrocheurs, les lacunes des élèves à sorti de l'école primaire et cetera. Et face à cela, votre premier axe de proposition, c'est le lever du drapeau une fois par mois, le port de l'uniforme, la marseillaise chanté par tous et même un retour à un service national de 6 mois.

Concrètement, le fait de porter des uniformes ou de chanter la marseillaise devant le drapeau, euh qu'est-ce que ça va changer au problème des inégalités de décrochass ? Alors, écoutez, d'abord, je vais vous dire une chose. Si je faisait que ça, je vous dirais euh c'est vrai que ça va être ça va être un peu court, hein.

C'est sûr. On est bien d'accord. C'est moi je crois moi je crois que de temps en temps les symboles c'est pas mal.

Voilà. Alors, attendez, quand je dis un uniforme, euh c'est pas un uniforme militaire, hein. Il s'agit pas et j'ai pas dit que vous l'aviez dit, mais j'en profite de votre question pour pour le préciser.

L'idée, c'est que ce soit en réalité des des uniformes distinctifs de son collège comme ça se fait en Angleterre d'ailleurs hein. Et donc, c'est plutôt même assez assez sympa de de d'avoir cette appartenance à son collège. La deuxième chose, c'est que ça ne suffit pas, mais c'est un symbole pour montrer qu'on appartient à à notre pays, que on le qu'on partage ce type d'émotion ensemble et que ça a une signification.

Vous voyez, je C'est ça qui est derrière, c'est que de temps en temps, on se retrouve un peu ensemble pour dire la même chose. Si tout le temps on est à à brocarder les symboles de la France, faut pas s'étonner qu'il y a des gens qui en disent du mal. Vous voyez, l'idée qu'on qu'on se rappelle bien, qu'on est français, que c'est quand même une chance, c'est important.

Alors, on a parlé de l'école, maintenant on va parler d'université. Vous recommandez de leur octroyer une autonomie totale. Chaque université sera libre d'appliquer la sélection à l'entrée selon ses propres critères, de faire payer des frais d'inscription qu'elle aura fixé elle-même.

On peut penser que la sélection par l'argent va en résulter. Est-ce que vous pensez que l'université a vocation à être un lieu d'excellence et non de formation pour tous ? Euh, les deux.

Les deux. Moi, je excuse. Ce qui surtout moi me me m'inquiète toujours, c'est quand je vois que euh des étudiants rentrent à l'université sans sans aucune évaluation au départ, autre que le bac euh dont on sait qu'il n'est quand même plus tout à fait ce qu'il était euh et qu'au bout de la 3e année, ils se font dégager.

C'est-à-dire que il y a une crise de confiance énorme parce que ça veut dire que du jour au lendemain, ils savent plus très bien ce qu'ils peuvent faire. Et moi, je voudrais qu'on essaie d'imaginer un autre système dans lequel en réalité dès le dès le l'enseignement secondaire, dès le lycée, on a une réflexion avec chaque élève sur les projets professionnels possibles en considérant que c'est pas que l'université. Il y a pas que l'université dans la vie.

Il peut y avoir de l'enseignement professionnel, il peut y avoir des choses qui vous permettent d'avoir très vite un métier et et pour moi le métier c'est aussi important que le diplôme. Je préfère qu'on ait une formation en alternance efficace, opérationnelle euh dans tous les domaines depuis euh l'électrotechnique jusqu'au commerce international en passant par toutes les formations qui sont proposées plutôt que d'aller dans une université généraliste où on va galérer pour pour se faire jeter au bout de de 2 ou 3 ans. Deuxième chose, l'évaluation, je propose qu'elle soit faite sur dossiers.

Ensuite, les droits d'inscription, faut pas que ce soit n'importe quoi non plus. Il s'agit pas de partir sur des sommes pharamineuses. Mais l'idée, c'est que pour ceux qui sont les plus modestes, il y a évidemment des bourses.

Mais c'est beaucoup plus simple parce qu'à ce moment-là, ça permet aux universités d'améliorer aussi la qualité de leur accueil. Voyez, parce que beaucoup d'entre elles aujourd'hui sont pas en état d'accueillir correctement les étudiants. Puis dernier point, il faut qu'on ouvre le financement aux entreprises.

Ça, je crois que c'est vraiment les universités par les entreprises. Ouais, bien sûr. Alors, un autre sujet qui touche beaucoup les jeunes, c'est en fait leur première préoccupation si on encroit les sondages, c'est celui du logement et de la difficulté à trouver un logement décent et abordable.

Ma question, elle est toute simple et je la pose à tous les candidats. Qu'est-ce que vous comptez mettre en place pour répondre à ce problème qui touche beaucoup d'entre nous ? Alors, d'abord, il faut bien voir que ce problème qui est énorme ne se pose pas partout de la même manière.

Il y a des régions, ce qu'on appelle les régions en tension, c'est il y a des endroits où vraiment on ne trouve pas ou à des prises qui sont des prix qui sont exactement à des prix qui sont absolument scandaleux. Alors, il y a plusieurs techniques qu'il faut utiliser. Bon, la première, il faut construire, ça c'est vrai, partout où il y a du foncier disponible, il faut des cités universitaires assumées et ça doit être un partenariat à faire avec les universités.

La deuxième chose, c'est de faire des partenariats avec les villes. Je vous prends un exemple, j'ai monté à Mot, une ville dont je suis le maire. pourra pas le faire cam, on faudra le faire dans toutes les villes.

Oui, mais c'est pour dire que ces expérimentations parfois ça vaut la peine de les regarder. Des échanges avec d'autres villes proche des universités et où on réserve des contingents de logement pour étudiant, donc la durée de l'année scolaire à des prix qui sont tout à fait abordables et qui et qui se font sous forme d'échange. J'ai un IUAM, il y a d'autres endroits où on en a besoin.

Donc on arrive à créer comme ça des systèmes directs entre municipalités ou entre municipalité et centre universitaire. Donc il y a des options possibles, il faut être très pragmatique et ça ça doit être piloté par un ministère de l'enseignement supérieur et du logement coordonné sur ce sujet. Et concernant les a au logement, est-ce que vous proposez une revalorisation pour euh pour les étudiants notamment ?

Ah, une revalorisation. Non, c'est compliqué de faire une revalorisation comme ça. Mais en revanche, ce qui est vrai, c'est que bien souvent le problème que nous avons, c'est que elles sont pas forcément toujours distribuées aux bonnes personnes les aides au logement parce que parfois vous avez des des accès à la PL à l'aide personnalisé au logement alors que des gens n'ont pas forcément besoin et d'autres en ont besoin qui en pas.

Donc là, ça vaut peut-être la peine de regarder comment ça comment ça marche quoi. Alors, un autre élément important dans votre programme, c'est la c'est le principe de la double peine. Le principe de la double peine, c'est qu'un étranger qui est condamné par la justice paye son amende ou pur sa peine de prison comme n'importequel condamné et ensuite est expulsé du du territoire.

Donc c'est l'expulsion qui a un peu la deuxième peine. Euh aujourd'hui, ce principe est appliqué en France mais avec des exceptions. Par exemple, il ne peut pas s'appliquer si vous vivez en France depuis au moins 20 ans, si vous êtes marié avec un français ou une française ou encore si jamais vous êtes citoyen d'un autre pays de l'Union européenne, vous vous souhaitez que cette double peine devienne automatique pour n'importe quel étranger condamné, c'est-à-dire faire sauter en gros toutes les toutes les exceptions.

Est-ce que c'est pas profondément injuste d'imaginer que deux personnes qui ont commis exactement la même faute puissent recevoir des sanctions différentes ? Bah c'est pas qu'ils sont bah sauf qu'ils sont pas dans la même situation. Il y en a un qui est français mais ils ont commis la même faute.

Bah oui, ils ont commis la même faute mais ils sont pas dans la même situation. Il y en a un qui est français, l'autre qui est pas. Après, c'est des choix hein, mais moi je pense que je pense que ce pays de notre pays souffre quand même beaucoup de l'insécurité.

Alors, je je crois qu'il faut que chacun comprenne que la première priorité que je ressens moi, c'est c'est l'aide aux victimes de ces de ces actes parce que je rappelle que ce sont des gens qui ont commis des peines très graves. Là, on parle pas d'un excès de vitesse. Donc ça veut dire derrière ça des des peines criminelles.

Et moi, je considère que face à cela, quand on est étranger, qu'on vit dans un pays comme la France, bah on respecte les règles. Si on les respecte pas, on peut pas rester sur le territoire. On n'est pas les seuls hein.

Jeux aux États-Unis, il y a même pas de discussion he par rapport à ça. Donc je j'ai envie de vous dire bah voilà quelque part quand on commet dans un pays qui vous accueille un délit ou un crime, on purge sa peine et bah puis on quitte le pays. Et quand ça fait 15 20 ans que cette personne vit en France, pourquoi est-ce qu'un jeune né de deux parents français mérite mériterait une peine différente que quelqu'un qui est né de parents étrangers mais qui vient en France depuis le plus long.

D'abord, est-ce qu'on est étranger ou est-ce qu'on est français ? C'est toujours la même chose. Ensuite, encore une fois, c'est une philosophie.

Moi je je peux comprendre qu'on n'est pas le même avis que moi, hein, mais moi, j'estime que quand on vit dans un pays dans lequel on dont on n'est pas le ressortissant, il y a un devoir de respect-à-vis du pays qui vous accueille. Encore une fois, je peux comprendre qu'on pense l'inverse, mais moi je le considère fondamentalement. Il faut respecter le pays dans le pays qui vous accueille, qui accessoirement vous donne des droits quand même hein.

Il scolarise vos enfants, il les soignent. Enfin, on a un pays qui est très généreux. La moindre des choses, c'est de le respecter.

Donc quand on est étranger, qu'on commet un crime, bah on purge sa peine et puis bah on repart dans son pays d'origine. Et quand on est français, bah on reste en France mais enfin on est condamné. Voilà.

Alors sur le terrorisme, j'ai une question qui concerne un point précis de votre programme. Euh vous souhaitez créer des centres de déradicalisation. Or, le premier d'entre eux a est déjà ouvert il y a un mois à Baumo environ et le gouvernement compte en ouvrir dans chaque région.

En quoi votre proposition de centre de déradicalisation est différente de celle qui est portée par le gouvernement aujourd'hui Bon, on l' pas, sauf qu'il y en a pas aujourd'hui. Enfin, il y en a qu'un seul. Donc l'idée c'est de les développer sans se faire malheureusement trop d'illusion sur leurs résultats quand même he parce que en quoi consisterait du coup ces centres c'est un travail d'accompagnement pour faire en sorte que celui qui a été complètement pris en main du point de vue intellectuel et psychique par ces barbares qui qui essaent de les transformer en machine à tuer et bien on arrive petit à petit à convaincre de prendre conscience qu'ils sont partis sur une piste monstrueuse qui est celle de l'instrumentalisation d'une religion à des fins de haine et de violence et donc n'a plus rien à voir avec la religion Est-ce que l'ennemi d'ailleurs dans cette guerre contre le terrorisme est à l'intérieur ou à l'extérieur selon vous ?

Et comment est-ce que vous comptez le bah ? Je pense que l'ennemi par définition, c'est toutes celles et ceux qui ont fait allégance à des organisations terroristes lesquelles organisations terroristes utilisent un certain nombre de nos jeunes comme de la chair à canon. Et donc il faut en réalité avoir une position qui soit très extrêmement ferme, extrêmement ferme et notamment en interdant ceux qui sont dangereux pour eux-mêmes et pour les autres.

Alors pour finir, j'aimerais discuter d'un thème qui revient beaucoup euh dans le débat de cette primaire, c'est celui de la laïcité. Parmi vos 15 ordonnances, il y en a une qui vise à mettre en place un code de la laïcité. Ce code de la laïcité, concrètement, qu'est-ce qu'il change par rapport à la loi de 1905 ?

Ah ben, c'est que tout simplement la loi de 1905 n'organise pas le culte musulman puisque celui-ci était postérieur. Donc, il faut tout organiser. Et le le le le statut des imams, aujourd'hui, ils n'en ont pas.

Donc n'importe qui s'autoproclame imam et parfois en faisant des commettant des dérives anormales. Euh le le le mode de construction des des des lieux de culte, la question de de du port des signes religieux et cetera. Donc tout ça doit être organisé et la loi de 1905 le permet pas.

Et justement enfin moi l'une des enfin si j'ai bien compris en tout cas l'une des cara l'une des caractéristiques de la loi de 1905 c'est qu'elle ne reconnaît aucun culte. Et donc justement, est-ce que faire un code de laïcité qui mentionne spécifiquement euh l'islam et cetera, est-ce que ça ça pose pas un souci par rapport à à au fait justement que la loi de 1905 en théorie ne reconnaît aucun culte ? C'est pas ça la loi.

La laïcité c'est en fait c'est une liberté d'exercer son culte, mais simplement il faut respecter le culte des autres et respecter les lois de la République. Donc il y a un devoir pour un politique, c'est d'organiser la société et de ce point de vue d'organiser les choses de telle manière que les pratiques religieuses puissent être compatibles avec les lois de la République. Donc il y a des choses qui ne sont pas claires aujourd'hui parce qu'elles n'ont pas été organisées pour nos compatriotes de confessions musulmanes et c'est ça qu'il faut gérer.

Alors pour terminer une question pour finir sur une note positive et que je pose à tous les candidats. Ma génération va voter pour la première fois aux élections présidentielles. Qu'est-ce qui doit donner des raisons aux jeunes de croire encore en la politique aujourd'hui ?

C'est que c'est nous construisons l'avenir ensemble. Les décisions qu'on prend aujourd'hui, c'est pour rentrer dans le 21e siècle. Il y a un enjeu majeur qui s'appelle le numérique face auquel notre pays se prépare et pour lequel il faut donner une accélération parce que bah il y a des start-ups qui sont se développent partout.

Il y a des créatifs, il y a des il y a des il y a des gens qui ont envie de faire. Il faut que le politique prenne le relais et crée toutes les conditions pour que notre pays soit un des meilleurs pour que les jeunes puissent demain construire leur avenir. Très bien.

Merci beaucoup et ce sera le mot de la fin. Merci Jeanf Copé. Si cette interview vous a plu, je compte sur vous pour déposer un un maximum de pouces bleus et vous abonner si ce n'est pas encore le cas et partager la vidéo bien évidemment.

Merci beaucoup à Léo Boxelet, Grégoire Lefèvre et Yanis Hemzali qui ont préparé avec moi les questions. Merci à Uptown Prod qui a produit cette vidéo, à Block Press Agency, à The Bureau, un club d'affaires à de pas de la Tourfel qui organise par ailleurs des conférences sur tout un tas de sujets et qui nous a accueilli aujourd'hui. Merci encore JF François Copé.

On va suivre la suite de la campagne avec attention et nous on se dit à très vite. [Musique]