Conseil national du 5 mai 2022 | Intervention du Premier secrétaire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce sera encore mieux. Mais en tout cas, je voudrais commencer par vous dire ce que j'ai ressenti en vous écoutant. D'abord, la première chose, c'est que nous ne partons pas de nulle part. Nous partons d'une situation que nous connaissons depuis l'élection présidentielle et qui est celle d'un score 1,7% en dépit d'une campagne déterminée, courageuse de la part de notre candidate Anne Hidalgo que je salue. Ce score, nous l'avons peut-être oublié, mais tout le monde ne l'a pas oublié. Et la première intention des Insoumis n'était pas de nous accueillir dans une coalition.
Il y a un peu plus de 15 jours à peine, Mathilde Panot, la présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée, avait annoncé, Urbi et Torbi, qu'il n'était pas question d'un accord avec le PS et que ce refus était définitif. Il y avait une volonté de construire un accord, mais qui était un accord tout sauf le PS. Alors, nous avons nous-mêmes réagi, nous avons fait des pas, recherché un accord et nous avons entamé une discussion avec les Insoumis. Cette discussion a abouti à ce que nous vous présentons ce soir et qui permet peut-être, si vous le souhaitez, d'aller vers une aventure commune avec l'ensemble de la gauche et des écologistes.
Cet accord, parce qu'il a été noué, il a réveillé forcément des ambitions sur tous les territoires. Et je me souviens qu'au lendemain du premier tour, la question n'était pas de savoir qui voulait être candidat ou qui en avait vraiment l'envie, mais qui aurait encore l'énergie pour être candidat à l'élection législative. Ça a été rappelé à plusieurs reprises. Il n'y a que 12 circonscriptions en France où Anne avait réalisé un score supérieur à 3 %, 12. Et dans ces 12, il n'y avait aucune circonscription où nous dépassions les 5 %. C'était un conseil de départ qui nous obligeait.
Et c'est vrai que quand l'accord a été noué, ou qu'en tout cas le sentiment qu'un accord était possible, alors forcément, sur tous les territoires, on a eu le sentiment que ça pouvait être chacun et que quand on part non pas avec moins de 5, mais avec 30 ou 40, c'est plus facile. Et je comprends évidemment très largement la frustration qui s'exprime aujourd'hui. Elle est tout à fait légitime.
Et comment moi, qui suis dans l'accord, qui serais donc investi, si vous choisissez de suivre cet accord, comment pourrais-je reprocher à celles et ceux qui ne pourront pas mettre en avant leur qualité, leur talent, leur ancrage territorial, comment pourrais-je leur reprocher de ne pas avoir de regrets ? Mais je voudrais leur dire aussi, et je sais qu'il y a ici ou là, la tentation de la dissidence. C'est toujours un choix risqué. On pense toujours que l'ancrage territorial permet des exploits extraordinaires.
La vérité, ça a été rappelé par Pierre, lors de notre dernier Conseil national, un élu même ancré, même sortant, en moyenne, c'est 3 ou 4% de plus que le score réalisé à l'élection présidentielle. Parce que l'élection législative n'est pas tout à fait une élection locale. Elle n'est pas qu'une élection nationale. Il y a aussi une dimension locale, c'est vrai. Mais la réalité, c'est que c'est d'abord une élection nationale et qu'elle s'inscrit dans un élan qui est celui donné par l'élection présidentielle. Principalement en général, par celui qui a gagné l'élection présidentielle, j'y reviendrai, mais aussi par celles et ceux qui ont performé dans cette élection.
Et donc la réalité, c'est qu'il y a beaucoup d'illusions à penser que toutes les candidatures dissidentes pourraient demain, face à des candidatures qui vont rassembler l'ensemble de la gauche, être en mesure de distancer ces candidats et de faire en sorte qu'au deuxième tour, toutes celles et ceux qui, peut-être, auraient été battus au premier tour par une candidature dissidente, se retrouveraient au second tour sur une candidature qui a empêché l'Alliance de fonctionner. Alors chacun prendra ses responsabilités. Merci beaucoup. L'Alliance, je sais bien que certains ont dit, qu'il y avait un plan B. Et le plan B, c'était un accord avec les écologistes et avec les communistes.
Au dernier Conseil national, je vous ai déjà dit combien je savourais ce moment où, désormais, les écologistes étaient pleinement réintégrés et que nous n'avions plus ces phrases qui étaient celles de la distinction, pour essayer en le fémisme, plutôt de la dépréciation de nos partenaires écologistes qui, au cours des derniers scrutins, avaient plutôt été parfois vilipendés, stipendiés par les mêmes. C'était un progrès. Et la réalité, mes chers camarades, c'est qu'il n'y avait pas de plan B. Et chacun le sait bien ici.
Les communistes, comme les écologistes, et ils l'ont montré par la vitesse à laquelle ils ont signé l'accord avec la France insoumise, n'avaient aucune intention de privilégier un accord avec nous, mais bien de privilégier l'accord avec la France insoumise qui leur semblait être un réservoir de voix bien plus important que le nôtre. Alors, je voudrais maintenant en venir à l'essentiel. D'abord, notez que, dans ce débat, paradoxalement, et presque de manière assez inquiétante, personne n'a évoqué le fait que nous sommes dans une situation où le président réélu s'appelle Emmanuel Macron, que le sujet n'est pas un débat entre Jean-Luc Mélenchon et nous.
Le débat, c'est d'abord de savoir si nous voulons que ce quinquennat, qui commence soit un quinquennat où Emmanuel Macron dispose de tous les pouvoirs, qu'il mette en place ce qu'il a prévu de mettre en place, j'y reviendrai là aussi, ou s'il y a une alternative que nous pouvons proposer aux Françaises et aux Français. Parce que si nous ne proposons pas d'alternative, nous, si, à force d'avoir comme seule obsession les débats entre la gauche et la gauche, si c'est ça notre seul registre, alors ce qui se passera à terme, c'est que la seule alternative dans ce pays à Emmanuel Macron et aux libéraux, ce sera l'extrême droite.
Et nous le savons toutes et tous, à chaque élection, ils ont progressé. A chaque élection, ils ont fait mieux que la fois dernière. Ils ont accumulé les voix, pas seulement les pourcentages. Et nous savons très bien que dans cette échéance législative, il y a plus de 100 circonscriptions où ils peuvent l'emporter. Et vous imaginez un Parlement dans lequel vous aurez 100 parlementaires d'extrême droite qui répéteront, minute après minute, débat après débat, ce que porte l'extrême droite, les dégâts que cela peut provoquer dans l'opinion publique. Vous le savez toutes et tous.
Alors, plutôt que de se battre entre nous, à gauche, nous devrions plutôt rechercher comment est-ce qu'on peut fonctionner ensemble, même si nous sommes différents. Parce que oui, nous sommes différents, et nous allons le rester. Parce que personne ne nous demande d'abdiquer notre propre identité. Ce serait d'ailleurs pure folie de la part des insoumis de nous demander de devenir insoumis nous-mêmes. Pourquoi ? Parce que s'ils le faisaient, si nous devions rejoindre toutes leurs propositions, si nous devions être identiques à eux, alors ils feraient dans l'élection legislative exclusivement le score des insoumis. Or, ils ont besoin de tous les autres.
Et même dans cette échéance, ces derniers jours, chacun a pu le remarquer. Malgré nos 1,7%, l'importance donnée au retour, au dialogue des frères ennemis, ça a été noté par tout le monde. Et ce qui s'appelle aujourd'hui le rassemblement, c'est un rassemblement qui ne peut pas fonctionner sans nous de la même façon. parce que nous apportons notre crédibilité, parce que nous apportons notre histoire, parce que nous apportons notre caution à une candidature, à des candidatures aux législatives. Alors, j'ai entendu beaucoup de choses et moi, je voudrais vous dire que ce soir, effectivement, c'est un moment de clarification.
D'abord, de clarification parce que ce moment, ce vote, dit à quel espace politique nous appartenons. À quel espace politique nous appartenons. Il y a un doute, il y a un doute dans l'opinion publique qui s'est exprimé de manière régulière depuis cinq ans et que nous n'avons pas voulu entendre, mais qui sautait aux yeux au soir du deuxième tour sur tous les plateaux de télévision quand ils retransmettaient les résultats de l'élection présidentielle. Pour les Français, il y a un doute parce qu'ils ne savent plus qui est socialiste. Il y a un moment, sur le plateau, il y avait Richard Ferrand, Manuel Valls, Ségolène Royal, je ne sais plus qui encore était sur le plateau.
Tous ont été un jour socialistes. Et pour les Françaises et les Français, la question c'est, dans ces cas-là, qui êtes-vous ? Qui êtes-vous socialiste ? Est-ce que vous êtes avec la droite, avec la gauche ? Est-ce que vous êtes les enfants de Macron ? Est-ce que vous êtes plutôt avec Jean-Luc Mélenchon, les écologistes, avec les communistes ? C'est ça, la question qui nous est posée. Et le premier élément de cette clarification, c'est que nous disons, peut-être ce soir, que nous sommes effectivement dans un espace politique qui est celui de la gauche et que nous n'en bougerons pas.
Le deuxième élément, je veux l'apporter en réponse à ce que disait, je crois que c'est Philippe, Philippe Doucet, qui dit que ce soir, nous abdiquons de notre capacité à gouverner au profit de la radicalité. Alors, je voudrais revenir sur chacun de ces mots. D'abord, notre capacité à gouverner. Mais quand avons-nous abdiqué de notre capacité à gouverner ? Mais certainement pas maintenant. Nous n'avons d'ailleurs jamais abdiqué, mais quand avons-nous perdu cette capacité à gouverner ? Nous l'avons perdu à chaque fois que nous avons renoncé à nous présenter, à chaque fois que nous avons perdu l'élection présidentielle au premier tour et où nous n'avons pas pu aller jusqu'au gouvernement.
Et c'est dans ces moments-là que nous perdons toute capacité à gouverner. Est-ce que nous allons nous ranger dans une forme de radicalité ? Alors, là aussi, j'aime beaucoup l'expression, le mot valise de radicalité parce qu'il englobe beaucoup de choses. Je me souviens qu'y compris ceux qui, aujourd'hui, fustisent cet accord et qui, parfois, ont eu des parcours sinueux, de Dominique Strauss-Kahn à la fronde puis maintenant au refus de l'alliance avec le reste de la gauche. Ce n'est pas à toi que je parle mais ceux à qui je parle se reconnaîtront et je pense que d'autres aussi les reconnaîtront. Et ce que je dis là, c'est que Dominique Strauss-Kahn lui-même disait quoi ?
Il disait qu'il était pour le réformisme radical et qu'avons-nous porté nous depuis toute notre histoire depuis Jean Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand et tous les autres. Qu'avons-nous porté sinon aussi une forme de radicalité ? Mais enfin, quand même, quand même, le projet que nous avons porté avec François Mitterrand, enfin, je dis nous, je n'en étais pas encore, mais enfin, ce que l'autre ont porté avant moi. Mais à l'époque, que disait-on de François Mitterrand ? Qu'il était dangereux, dangereux pour la démocratie, qu'il amènerait même avec les communistes les chars russes place de la concorde.
Et on disait de lui qu'il ne pourrait jamais faire ce qu'il disait et pourtant, ensemble, nous l'avons fait. C'était ça, la radicalité. Et pourtant, nous l'avons fait. Et moi, ce que je vous dis ce soir, c'est peut-être qu'à force de penser uniquement à rappeler que nous sommes un parti de gouvernement et à oublier ce qu'est aussi notre propre racine. nos propres racines et qu'elles peuvent trouver aussi de l'énergie dans la radicalité. Eh bien, les Français nous ont abandonnés parce qu'ils pensaient que nous n'avons plus rien à changer, que nous voulions faire exactement comme les autres, qu'ils ne nous distinguaient plus de la droite. Et c'est le malheur qui nous est arrivé.
Parce que si nous n'avons plus rien à dire, si nous n'avons plus rien à changer, plus rien à transformer, alors effectivement, ils se tourneront vers d'autres radicalités, l'extrême droite ou évidemment, aujourd'hui, peut-être, la France insoumise. Alors, chers camarades, moi, je voudrais qu'on retrouve aussi une expression, une capacité à embrasser ces sujets, embrasser toutes ces formes, embrasser tout simplement le mouvement social, lui répondre, être un débouché politique pour lui, ne pas nous limiter à dire que nous serions simplement faits pour gouverner. On n'est pas faits pour gouverner.
Et la gauche, le gouvernement, c'est d'abord la gauche et c'est parce qu'elle est la gauche qu'elle peut gouverner. C'est ça la réalité. Un moment de clarification, un moment d'union aussi. Ça a été dit tout à l'heure par Isabelle Thyssen-Jean pour répondre à cette attente immense des Françaises et des Français. 93% des sondés nous disent qu'ils veulent l'union des gauches et de l'écologie. C'est une attente très forte. Il n'est pas un jour depuis que ce profil, la perspective d'un accord que je ne sois interpellé dans la rue, dans les taxis et où les uns et les autres me disent « Mais tenez bon, tenez bon, faites-le enfin !
» Parce que la gauche, elle ne peut gagner que quand elle est rassemblée. Les gens le savent, ils nous le disent. Et de quoi aurions-nous peur ? J'entends qu'il y a ici des réflexes qui sont de dire « Mais au fond, on va se faire avaler. on va être dilués. On va avoir un nouveau leader qui va s'imposer à nous, qui va nous imposer de penser comme lui. Mais de quoi avons-nous peur ? » Mais de quoi avons-nous peur, franchement ? Si nous étions sûrs de nous, si nous pensions réellement que notre identité, notre culture politique est vraiment plus puissante que toutes les autres, alors nous n'aurions peur de rien.
et si nous voulons convoquer toujours l'histoire, puisqu'elle a été convoquée à plusieurs reprises, alors convoquée aussi François Mitterrand, rappelez que quand il fait le programme commun en 1972, mais le Parti communiste est le parti ultra-dominant de la gauche, il fait plus du double de nous. Et pourtant, François Mitterrand dit « Je suis pour l'unité de la gauche. » Et il la réalise. Et avec un parti communiste qui n'était pas pour l'alliance bolivarienne.
Non, non, il était en fait en ligne directe avec le Kremlin, en ligne directe avec un parti communiste soviétique qui avait tout simplement remis au pas la Tchécoslovaquie, qui avait mis au pas, en fait, qui avait soutenu Nasser pendant toutes les guerres israélo-arabes, qui avait cautionné le discours à l'époque de Nasser, qui avait aussi envahi l'Afghanistan. Et nous n'avons pas eu ces... puteurs de gazelle. Nous n'avons... Nous n'avons pas eu... Nous n'avons pas eu le moindre réflexe à ce moment-là. Et nous avons choisi de nous allier avec les communistes. Nous n'en avons pas eu peur. Nous n'en avons pas eu peur. Si ça vous gêne que je rappelle l'histoire. Alors, je continue.
On dit Léon Blum qui, lui, a gardé la vieille maison, mais précisément, je trouve extraordinaire de dire que nous voulons nous-mêmes garder la vieille maison, mais nous sommes prêts à nous allier, précisément avec ceux qui nous ont quittés à ce moment-là. Nous voulons l'alliance avec les communistes parce que nous pensons que ce sont, en fait, des alliés maintenant traditionnels, mais ce sont eux précisément qui n'ont pas gardé la vieille maison et qui sont partis courir à l'aventure pendant que Léon Blum gardait la vieille maison. Et aujourd'hui, nous allons la garder, la vieille maison. Si vous voulez la garder avec moi, si vous voulez la garder avec nous, vous êtes les bienvenus.
La seule chose que je vous ai dite, la seule chose que je vous ai dite, mais je vous rappelle ce que je vous ai dit. Je vous ai dit, je vous ai dit une seule chose. Je vous ai dit... Non, Patrick Menucci, je n'ai pas dit...
Arrêtez les interpellations, franchement. La phrase complète,
la phrase complète, je vais la répéter pour que tout le monde l'entende. J'ai dit, si vous pensez que vous n'appartenez plus à l'espace commun de la gauche, si vous pensez que votre avenir est plutôt avec Emmanuel Macron, mais très bien, si tu veux clarifier tes positions, mais je vais aller jusqu'au bout.
Allez, allez, allez, allez, allez, allez, allez, baisse, baisse, baisse un peu de temps. Tu baisse un peu, baisse un peu.
Mais je ne vois pas en quoi je t'insulte parce que si tu ne te sens pas... Mais franchement, si on pouvait retrouver un peu de sérénité...
On va baisser un peu le niveau sonore et on va écouter Olivier. Je le dis à ceux qui sont en zoom, il y a un peu de tension dans cette salle, un peu de tension assez malvenue. Je ne vois pas... Je ne vois pas,
chers camarades.
Allez.
Je ne vois pas...
Je ne vois pas,
chers camarades. Je ne vois pas, chers camarades, en quoi je t'insulte puisque précisément je dis que si tu ne t'y reconnais pas, je te dis de rester. Ce que j'ai dit, ce que j'ai dit au bureau national, c'est précisément que celles et ceux qui se sentent au contraire appartenir à cet espace commun de la gauche, qui ne veulent pas rejoindre Emmanuel Macron, eh bien qu'ils viennent au contraire nous aider dans les combats que nous menons et ça, effectivement, ça nous changera.
Parce que, chers camarades, vous avez cette chance inouïe de pouvoir parler dans les médias, de pouvoir vous exprimer à longueur de tribunes et j'aimerais tellement que ces tribunes, ces interviews, ces passages télé ou radio servent non pas à combattre le reste de la gauche mais servent d'abord à porter les messages communs que nous portons avec elle. Ce serait tellement extraordinaire de pouvoir avoir une gauche qui au contraire parle d'une même voix, porte les mêmes combats, cherche à faire en sorte que l'avenir de celles et ceux que nous avons vocation à protéger soit effectivement entendue.
Cette voix-là, cette voix forte que nous pouvons porter ensemble, mettez-la au service de la gauche. Effectivement, ce sera formidable. Et si ce soir, vous avez envie de le faire avec nous, je m'en félicite. Je voulais, de manière un peu taquine, mais peut-être que ce sera mal pris, vous dire qu'il y a des gens qui considèrent que les Insoumis sont infréquentables quand ils sont en position dominante, mais qui le sont beaucoup moins quand, dans les collectivités locales, ils font l'appoint.
Je me souviens même qu'aux élections régionales dernières, dans la région carrémienne, l'île de France, il y a beaucoup de gens ici qui critiquent aujourd'hui l'accord avec les Insoumis qui n'ont pas eu de mal à se faire élire sur des listes qu'ils comprenaient pour un tiers des Insoumis. C'est peut-être... Et je vous le dis aussi, chers camarades, dans la répartition qui est faite, certains se sont plaints en disant que c'était un mauvais accord parce que nous n'étions pas assez représentés, mais si nous avions dû appliquer une règle stricte de la proportionnelle, nous aurions eu 31 candidats.
Alors vous pouvez dire que, évidemment, nous faisons beaucoup plus, mais j'aimerais, en fait, nous renvoyer à nos propres pratiques et vous dire que dans nos propres régions, nos propres départements, nos propres municipalités, nous n'avons nous-mêmes même pas toujours appliqué les proportionnelles pour nos partenaires et que nous n'avons même pas toujours été en mesure de leur offrir ce qu'ils représentaient et que c'est donc un moment important pour eux aussi parce qu'ils nous regardent et la fracture que nous pourrions créer ce soir en ne votant pas cet accord, il aurait des conséquences immédiates dans nos collectivités locales, partout, avec des gens qui ne comprendraient pas que nous ne pouvons pas nous mettre d'accord sur cette nouvelle union populaire, sociale et écologique alors même que nous l'avons fait dans nos collectivités.
Dernier point que je voulais aborder, c'était tout simplement la question de la fierté. Nous avons, chers camarades, chers amis, le pouvoir de changer le cours des cinq prochaines années. les Français qui nous regardent ne nous regardent pas simplement pour savoir comment nous nous refonderons, comment nous nous reconstruirons dans un an, dans deux ans, dans cinq ans. Non, non, ils nous demandent autre chose. Ils nous demandent de changer le cours de leur histoire et maintenant. Ce qu'ils veulent de nous, c'est que dans cinq semaines, il y ait la possibilité d'une alternative à ce qui va se passer dans le cas inverse.
du projet d'Emmanuel Macron, nous savons peu de choses parce qu'il s'est bien gardé de nous dire ce qu'il voulait faire. Il est resté très prudent cherchant à continuer à attraper des votes de droite, des votes de gauche dans cette espèce d'en même temps qui est devenue sa spécialité électorale mais pas véritablement sa vérité gouvernementale.
Et donc, ce que nous savons, pour le peu que nous savons, c'est qu'il a prévu de supprimer par exemple la relevance télé qui est la garantie de l'indépendance des médias publics, qu'il a prévu de recourir à la stigmatisation des bénéficiaires du RSA en les amenant à avoir une activité pendant 20 heures par semaine comme si ces gens étaient des paresseux qui avaient décidé d'eux-mêmes de vivre du RSA. Faut-il n'avoir jamais souffert dans son existence pour savoir ce que représente la vie avec le RSA ?
Et puis, c'est tout simplement ce projet qui nous révulse toutes et tous, la retraite à 65 ans, alors que nous savons pertinemment qu'elle aura des effets considérables sur la vie de celles et ceux qui ont commencé tôt, sur la vie de celles et ceux qui ont eu des métiers pénibles et que nous vivrons là une injustice incroyable, que ce seront ceux qui auront été au marteau-piqueur, qui auront été dans les frigos à Rungis, qui auront été éboueurs, qui auront travaillé de nuit, qui auront travaillé au port de charge de Lourdes, sur les chantiers, qui auront été carleurs, qui auront été tous ces métiers pour lesquels nous savons très bien qu'après 60 ans, la réalité physique, c'est qu'on ne peut plus travailler et que d'ailleurs, une part d'entre eux n'arrive même pas à l'âge de la retraite en étant encore en activité.
Et pour ceux qui le seraient, ça veut dire quoi ? Ça veut dire tout simplement qu'ils seraient amenés à payer les retraites de tous les autres, alors même qu'ils en profiteront beaucoup moins puisque leur espérance de vie est plus faible. et bien là où il y a un combat pour la retraite digne de toutes et tous et d'abord, en commençant par les métiers pénibles et les carrières longues, là, il y a la gauche. Elle est là, la gauche et nulle part ailleurs. Alors moi, oui, je suis prêt à porter le combat avec toutes celles et ceux qui veulent se battre contre la retraite à 65 ans, se battre pour la retraite à 60 ans et d'abord pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Oui, j'y suis prêt.
Oui, je suis prêt à faire en sorte que le pouvoir d'achat des plus modestes puisse être revalorisé. Oui, je suis pour le SMIC à 1 400 euros. Nous l'avons porté avec Anne. Nous le porterons avec Jean-Luc Mélenchon, avec Julien Bayou, avec Fabien Roussel, sans équivoque. Oui, je suis pour le blocage des prix de première nécessité.
Parce que le moment est venu aussi de dire qu'il y a un certain nombre de personnes qui aujourd'hui voient les prix flambés, qui voient que pour ces produits, la farine, les pâtes, eh bien, il y a peut-être pour celles et ceux qui n'écoutent pas et qui ne sont pas gênés par cette augmentation des prix, mais quand il y a des gens qui sont à 1 euro, 2 euros, 3 euros à chaque fois sur leur course et qui comptent centime après centime. Pour cela, pour cela, nous nous battons et nous avons vocation à continuer à nous battre. Alors, pour eux, oui, je me battrai avec l'ensemble de la gauche pour bloquer les prix des produits de première nécessité.
Je pourrais reprendre tous les points qui sont dans l'accord que nous avons signés avec les Insoumis et avec les autres. Dire que, oui, nous sommes pour l'abrogation de la réforme de l'assurance chômage parce que ce n'est pas vrai que le quoi qu'il en coûte ne coûte à personne. Il y a toujours un moment, puisqu'il n'y a pas d'argent magique, où ça en coûte à quelqu'un. Et la différence entre eux et nous, eux, les droites et même l'extrême droite et nous, les gauches et les écologistes, c'est que le quoi qu'il en coûte, nous ne voulons pas le faire payer aux classes populaires et aux classes moyennes. Or, que se passera-t-il si nous n'intervenons pas ?
Ce sera la continuité de la réforme de l'assurance chômage, 1,5 milliard sur les chômeurs d'économie. Sur les retraites, ce sera 7 à 10 milliards d'économisés sur les retraités futurs pour pouvoir rembourser la dette. Et puis, il y a cette imposition dont on dit qu'elle n'augmenterait pas avec Emmanuel Macron. Mais ça n'est pas vrai, là aussi. Quand il le dit, il le dit exclusivement pour les plus riches en prenant le parapluie de tous les autres parce que chacun croit qu'on lui parle en disant qu'il n'aura pas ces impôts qui augmenteront. Mais ça n'est pas vrai. En 2023, la CRDS, elle devait s'arrêter. Il a décidé de la prolonger.
La contribution à la redevance, enfin la contribution au rembourser de la dette sociale, l'impôt Juppé, proportionnel, particulièrement injuste parce qu'il frappe tout le monde de la même façon. Cet impôt-là, il sera maintenu pour payer la dette. En revanche, on ne touchera pas à l'impôt sur le revenu, on ne touchera pas à la flat tax, on ne touchera pas à l'ISF, on ne touchera pas à l'exit tax, on ne touchera à rien de ce qui pourrait effectivement gêner les premiers de cordée. Alors oui, dans ce combat-là, je me sens une familiarité particulière avec celles et ceux qui, à gauche, portent ces combats avec nous.
Et oui, je veux, dans ce combat-là, les rejoindre, faire en sorte que nous puissions offrir un autre avenir. Je pourrais prendre tous les points un par un. Je veux vous en éviter la lecture fastidieuse. Mais vous dire, évidemment, que les Françaises et les Français espèrent autre chose de l'élection initiative que ce qu'ils ont vécu dans l'élection présidentielle. Il y a une immense frustration de la part de celles et ceux qui ont vécu ce premier tour avec le sentiment que, parce que la gauche serait absente du second tour, ils allaient revivre un scénario déjà connu.
avec la droite et l'extrême droite qui s'affrontent dans un combat où Emmanuel Macron sait très bien qu'il va recevoir notre soutien et nous l'avons soutenu clairement, sans ambiguïté, entre le premier et le deuxième tour. Nous l'avons soutenu non pas pour ce qu'il porte, mais simplement dans le combat que nous menons de toute éternité contre l'extrême droite. Mais c'est un président sans mandat. Il y a eu plus de gens qui ont voté pour lui au second tour de l'élection présidentielle qui l'ont fait pour faire barrage que de gens qui ont voté pour lui parce qu'ils pensaient qu'il pouvait être celui qui nous conduit pour les cinq prochaines années.
Alors, maintenant, il y a un débat qui doit s'ouvrir. Et ce débat, effectivement, il doit opposer la droite à la gauche. Et dans ce débat-là, les Français ont rendez-vous avec nous. Ce soir, ce que je voudrais que nous leur répondions, c'est qu'à ce rendez-vous, nous serons présents. Merci.
Merci, Olivier. Alors, on va passer maintenant au vote. On va passer au vote sur deux éléments.
Olivier Faure