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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 juin 2023 26 min

Réforme des retraites, loi immigration, Nupes, autoroute A69, sécheresse, Airbnb… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Carole Delga

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Carole Delga, est-ce que vous considérez comme Laurent Berger que le match est en train de se terminer sur la réforme des retraites ?

0:11
Carole Delga

Non, je ne considère pas que le match soit terminé parce que la cause que nous défendons d'être contre ce projet des retraites qui est parfaitement injuste, elle mérite encore d'être défendue. Demain, à l'Assemblée nationale, il y a un nouveau round. Et puis après, on peut continuer à travailler pour une autre réforme des retraites qui pourra s'appliquer plus tard.

0:33
Présentateur

À travailler ou à manifester encore ?

0:36
Carole Delga

Il faut travailler surtout et puis aussi manifester. Mais il ne faut jamais rien lâcher. La cause, elle est juste. Cette réforme des retraites, elle va pénaliser celles et ceux qui ont les métiers les plus pénibles. Elle va pénaliser les femmes de par leur carrière fractionnée. Donc moi, je ne lâche jamais rien.

0:54
Présentateur

Donc s'il le faut, vous êtes prête à retourner manifester cet été, à l'automne, jusqu'à quel moment ?

0:59
Carole Delga

Oui, disons qu'on doit déjà attendre la réunion de l'intersyndicale qui va avoir lieu la semaine prochaine et être en soutien aux décisions de l'intersyndicale. Moi, je salue vraiment la grande responsabilité des syndicats qui ont été à l'écoute, qui ont été rassembleurs, contrairement au président de la République, qui a été sourd au sentiment d'injustice très très fort qu'il y a dans la population.

1:26
Invité

Vous l'avez dit, la proposition de loi Lyot doit être examinée demain dans l'hémicycle de l'Assemblée. La présidente, Yaël Braun-Pivet, a déjà prévenu qu'elle aura recours à l'article 40 de la Constitution pour faire obstacle et éviter un vote. Si elle le fait, qu'est-ce qui se passe ?

1:40
Carole Delga

Quand on a peur de la démocratie, ça veut dire que le gouvernement va mal, parce qu'il n'y aura pas eu de vote sur une réforme majeure, parce qu'on ne va pas nous sortir...

1:52
Invité

De vote à l'Assemblée, mais au Sénat, il n'y aura pas eu de vote.

1:53
Carole Delga

Non, à l'Assemblée, il n'y aura pas eu de vote. C'est quand même grave que la représentation nationale ne puisse pas s'exprimer librement, parce qu'on ne va pas nous vendre la blague que les Français ont approuvé la réforme des retraites en élisant Emmanuel Macron, parce que les Français, ils n'ont pas élu Emmanuel Macron. Ils n'ont pas voulu que Marine Le Pen accède au pouvoir. Et d'ailleurs, après, les Français ne lui ont pas donné à Emmanuel Macron la majorité à l'Assemblée nationale. Et c'est incroyable que le président de la République n'entende pas un déni d'attention vis-à-vis de son peuple.

2:28
Invité

Mais le gouvernement dit qu'on respecte la Constitution en ayant recours à l'article 40, on respecte la Constitution.

2:32
Carole Delga

On est encore heureux, on est dans un état de droit. On ne va pas quand même se féliciter de respecter la Constitution et d'être dans un état de droit. Ce qu'il faut, quand on gouverne, c'est rassembler et non pas fracturer. Aujourd'hui, Emmanuel Macron, il fracture le pays. Et il y a un ressentiment très très fort dans la population qui peut dériver vers des votes populistes et d'extrême droite. C'est cela le risque.

2:57
Présentateur

S'il n'y a pas de vote demain, est-ce que vous souhaitez que la gauche dépose une motion de censure pour renverser Elisabeth Borne ?

3:02
Carole Delga

Je pense que nous devons avant tout...

3:05
Présentateur

Ou est-ce que vous dites que ce sont deux dossiers différents, la réforme des retraites et le sort de la Première Ministre ?

3:08
Carole Delga

Ce sont en effet deux dossiers différents. Mais moi, ce que je prône, c'est que la gauche, elle travaille collectivement à un projet pour 2027. Et que nous soyons une équipe à faire des propositions. Et il faut redonner espoir à la population. Aujourd'hui, nous avons ce sentiment de désespoir dans la population qui va nourrir à chaque fois l'extrême droite. Nous devons être en responsabilité et travailler.

3:35
Présentateur

Si la gauche revient au pouvoir dans quatre ans, elle fera quoi ? Le retour à 62 ans, comme c'était dans le programme socialiste il y a quelques mois encore ? Ou la retraite à 60 ans, comme c'est dans le projet commun avec l'ANUP ?

3:47
Carole Delga

Clairement, moi je suis pour la retraite à 62 ans, avec également une prise en compte de la pénibilité et des carrières fractionnées pour les femmes.

3:57
Présentateur

Donc les Français qui ont élu des députés de l'ANUP l'an dernier sur la retraite à 60 ans se sont fait avoir ?

4:04
Carole Delga

Nous avons, attention, des positions différentes.

4:07
Présentateur

Oui, mais c'était dans le projet, c'était sur les tracts, sur les affiches.

4:11
Carole Delga

Je veux dire, au Parti socialiste, il n'y a jamais eu de discussion sur ce sujet. Et le Parti socialiste a porté un projet de la retraite à 62 ans. Et puis, il faut être honnête sur cette question de la retraite. Le sujet, ce n'est pas l'âge, c'est la durée de cotisation. Et la durée de cotisation, elle ne peut pas être la même selon qu'on soit ouvrier dans le bâtiment, selon qu'on soit aide-soignante dans une maison de retraite ou selon que l'on travaille dans des bureaux. Ce qu'il faut vraiment travailler, c'est la durée de cotisation et prendre et donner un bonus pour celles et ceux qui ont des métiers les plus pénibles.

4:44
Invité

Mais même sur la durée de cotisation, la proposition n'est pas la même selon les députés socialistes qui font partie de la NUPES ou vous-même. Donc, en fait, il faut se fier à quoi ? Je suis électrice du Parti socialiste. C'est quoi votre projet ?

4:56
Carole Delga

Vous avez raison. C'est pour ça que le Parti socialiste ne va pas bien et ne fait pas de bons scores aux élections nationales. C'est parce que nous ne travaillons pas. Et c'est pour ça que nous devons nous rassembler et nous devons travailler au sein du Parti socialiste, mais aussi au sein de toute la gauche. Il est absolument indispensable de proposer un nouveau chemin, un nouveau projet à toute cette population qui est complètement désespérée. L'urgence, c'est que nous devons casser la dynamique de l'extrême droite. Et là, nous avons une responsabilité, la gauche, de faire des propositions, de mettre en œuvre des solutions.

5:31
Invité

Il y a un autre texte qui divise déjà. Le gouvernement envisage de présenter son projet de loi pour réguler l'immigration le mois prochain. Est-ce que la gauche doit voter le texte si la régularisation des sans-papiers y est intégrée ?

5:43
Carole Delga

Je pense que nous allons être très, très loin dans les valeurs de gauche et le projet de loi sur l'immigration. Moi, je pense que sur l'immigration, on doit arrêter de véhiculer cette image d'une immigration qui ne représente qu'une menace. L'immigration, c'est une richesse pour la France. C'est une richesse. Qui c'est qui a fait fonctionner les hôpitaux, les maisons de retraite pendant la crise de Covid ? Il y avait beaucoup d'immigrés. C'est qui les personnalités préférées des Français ? C'est Kylian Mbappé, c'est Yannick Noir. Ce sont des Français. Attention, il y a une différence. Pardon ? Ce sont des Français. Oui, non, non, mais tout à fait.

Mais ils sont vraiment originaire d'autres pays. Ce sont les fruits de l'immigration. Alors, Kylian Mbappé, il est né en France. Non, mais c'est leurs parents. Les parents, ces personnes que je vous cite, ne sont pas... C'est pas la mère de Kylian Mbappé, il est en France. Non, mais si vous... Oui, oui, non, mais je ne pense pas. Vous parlez d'origine et... Non, mais ce que je veux vous parler, c'est qu'on ne peut pas, quand même, quand on est en politique, être juste dans la stigmatisation de l'immigration.

Il faut rappeler les apports et il faut aussi dire que nous avons un devoir d'humanité et que, par rapport à l'immigration, ils ont aussi, ceux qui arrivent sur le sol français, de respecter les lois de la République.

7:01
Présentateur

La régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension, c'est une façon de reconnaître leur utilité, leur apport... Oui, tout à fait. Cette mesure-là, vous y êtes favorable ou pas ?

7:11
Carole Delga

Cette mesure-là, j'y suis favorable, mais nous devons aussi avoir des accompagnements pour l'intégration des immigrés. La question de la réduction de l'aide médicale d'État, j'y suis parfaitement opposée.

7:23
Présentateur

L'application plus stricte des obligations de quitter le territoire, là-dessus, vous êtes sur la même ligne que le gouvernement ou pas ?

7:32
Carole Delga

Aujourd'hui, on a des obligations de quitter le territoire qui sont beaucoup trop faibles. Donc, il faut avoir, bien sûr, un devoir d'humanité, mettre en place des moyens pour intégrer celles et ceux qui arrivent dans notre pays poussés par la misère ou par la guerre. Mais quand il y a une décision de justice, elle doit s'appliquer. Nous sommes dans un État de droit.

7:51
Présentateur

Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, invitée de France Info jusqu'à 9h. On a la confirmation, il y a quelques instants, de ce qui va se passer, ou plutôt ne pas se passer, demain, à l'Assemblée nationale. Ce sera tout de suite, d'ailleurs, dans le fil info de 8h41 avec Sophie Echen.

8:07
Invité

Face à l'urgence climatique, nous sommes dans les derniers instants où l'on peut réagir. C'est ce qu'a affirmé ce matin sur France 2 la secrétaire nationale des Verts, Marine Tondelier. Elle appelle à laisser tomber certains débats qui n'en valent pas la peine et estime que les 7 milliards d'euros annoncés par le gouvernement pour financer la transition écologique l'année prochaine ne suffiront pas. Justement, lui propose aujourd'hui la première formation en ligne aux enjeux environnementaux. Le CNED, le Centre National d'Enseignement à Distance, formation gratuite pour comprendre les causes du changement climatique et les solutions pour les atténuer.

Le plan de lutte contre les violences faites aux enfants, présenté en Conseil des ministres ce matin, alors qu'au moins 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année. Le texte prévoit notamment de former les professionnels de l'enfance pour mieux repérer ces violences. Et puis la peintre Françoise Gillot, ancienne compagne de Picasso avant de s'en émanciper, est morte hier. L'une de ses peintures, Paloma à la guitare, s'était vendue aux enchères à plus d'un million de dollars. Il y a deux ans, Françoise Gillot avait 101 ans. France Info

9:09
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, je vais la donner moi l'information, je me suis trompée, la présidente de l'Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, confirme ce qu'on disait il y a quelques instants. Pas de vote demain sur la proposition de loi déposée par le groupe Lyot. C'est le scénario que vous redoutiez ?

9:31
Carole Delga

C'est une erreur, c'est une erreur. Ça veut dire qu'on refuse le débat, c'est qu'on a peur. Et avoir peur du débat, c'est un très très mauvais signe qu'envoie le gouvernement, un mauvais signe de plus vis-à-vis de 70% des Français qui sont contre la réforme des retraites.

9:48
Invité

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, met la pression sur les industriels de l'agroalimentaire qui refusent de revenir autour de la table des négociations pour faire baisser les prix. Sur les 75, il y en a deux ou trois qui l'ont fait pour le moment, donc ils menacent de dévoiler publiquement leur nom. Est-ce que vous le soutenez dans sa démarche ?

10:03
Carole Delga

Je pense que la mesure la plus efficace serait de taxer les super-profits, tout simplement. On voit bien que dans ces industriels, il y a des marges qui sont très très fortes, souvent au détriment des producteurs. Et moi, je soutiens la taxation des super-profits parce que cela évitera ce genre de dérive.

10:24
Invité

Taxer les super-profits dans les industries agroalimentaires, c'est quoi ? Parce que si on écoute les patrons des industries agroalimentaires, ils disent « Non, mais en fait, il y a eu des coûts de production qui ont été largement élevés avec l'inflation. »

10:34
Carole Delga

Non, non. Quand vous regardez les résultats de plusieurs industriels dans l'agroalimentaire, et après d'autres entreprises dans d'autres secteurs, il y a des super-profits qui ont été générés ces derniers mois. Et donc, je pense qu'il est nécessaire de les taxer parce que d'aller vouloir faire une dénonciation publique, je trouve que ce n'est pas efficace. Ça crée aussi un mauvais climat. Soyons avec des règles objectives. Quand des entreprises font des profits dans des proportions très fortes, il est normal de les taxer et qui participent à l'effort national.

On a quand même des urgences à financer, l'urgence climatique et aussi l'urgence sociale par rapport au pouvoir d'achat de nos concitoyens.

11:18
Présentateur

Carole Delgave, dans votre région, vous avez mis en place l'an dernier les trains à 1 euro les premiers week-ends de chaque mois. Est-ce que vous êtes sûre, tout d'abord, que ça réduit la part de la voiture dans les déplacements ?

11:28
Carole Delga

Oui, j'en suis sûre.

11:29
Présentateur

Vous l'avez mesuré ?

11:30
Carole Delga

Tout à fait, puisque parmi toutes les personnes qui prennent le train à 1 euro, en fait, il y en a 40% qui n'avaient jamais pris le train et ensuite, il y en a plus d'un tiers qui vont devenir des usagers habituels du train. Et je rappelle qu'à l'échelle de l'Occitanie, ces 6 millions d'habitants, c'est 13 millions de billets à 1 euro sur l'année 2022. Donc, ça a un vrai effet sur la question du réchauffement climatique.

11:57
Présentateur

Pourquoi ne pas le faire ou le tester, en tout cas, en semaine, c'est-à-dire quand les gens prennent la voiture pour aller travailler ?

12:01
Carole Delga

Alors, vous avez cité l'exemple du premier week-end, mais 13 millions de billets sur une année, tout d'abord, ce sont pour les salariés. En Occitanie, un salarié, il paye maximum son trajet 1 euro pour se rendre à son travail. Ensuite, c'est la gratuité pour les moins de 26 ans. Et en plus, nous avons la gratuité totale, tout public confondu, tous les premiers week-ends du mois. Donc, pour répondre à votre question, les salariés et les jeunes, en semaine et toute l'année, ils ont soit 1 euro, soit gratuité. 1 euro, peu importe les revenus, vous trouvez ça juste socialement ?

Oui, parce que c'est une incitation massive pour le transport collectif et pour le train, qui est le mode de transport le plus écologique. Et là, on doit être dans une politique forte qui permet d'avoir un vrai effet levier. Si on commence à faire une tarification en fonction des revenus, ça veut dire qu'il doit y avoir une réservation des billets, une logistique qui est très lourde. Et là, on doit agir avec urgence, avec force. Et la question d'une tarification en euro, c'est simple, tout le monde le comprend. Et c'est une progression. Nous, on a eu quand même 30% de progression d'usagers du train en 6 ans. Aujourd'hui, c'est 80 000 abonnés tous les jours en Occitanie.

Quand j'ai été élue présidente, c'était 60 000.

13:24
Présentateur

Dans votre région, les militants écologistes se mobilisent toujours contre la construction de l'autoroute à 69, celle qui doit relier Toulouse à Castres. Est-ce que vous y êtes toujours favorable ?

13:32
Carole Delga

Oui, j'y suis toujours favorable parce que je pense qu'en politique, c'est important d'avoir de la cohérence.

13:37
Présentateur

On peut être pour les TER gratuits d'un côté et pour les nouvelles autoroutes de l'autre.

13:40
Carole Delga

Oui, parce que c'est important de connaître la réalité de vie de ses concitoyens. Moi, ce que je souhaite en Occitanie, c'est stopper l'hypermétropolisation et qu'on puisse avoir des villes d'équilibre où il y a des services publics, mais il y a aussi de l'emploi. La zone autour de Castres, c'est un taux de chômage et un taux de pauvreté supérieur de 20% à la moyenne nationale. Donc moi, j'en ai assez de voir ce territoire où il y a plus de précarité, où il y a une perte de la population sur les 20 dernières années. Et ce que je veux, c'est que mes entreprises, elles y restent. Et surtout, je veux qu'il y ait de nouvelles entreprises pour qu'il puisse y avoir de l'emploi localement.

Et ça, le train, par exemple, ne le permettrait pas ? Non, le train ne le permet pas parce que nous sommes en voie unique. Et sans rentrer dans des considérations très techniques, quand vous avez une seule voie, vous ne pouvez pas faire un cadencement parce qu'en fait, en termes clairs, vous ne pouvez pas avoir des trains qui se croisent.

14:29
Présentateur

Et l'argent investi dans cette autoroute ne permettrait pas de doubler la voie ?

14:32
Carole Delga

Non, elle ne le permettrait pas parce que la participation des collectivités publiques est très faible puisque, par exemple, pour l'Occitanie, nous allons donner 6 millions d'euros. Vous comprenez bien qu'à les 6 millions d'euros sur du rail, vous ne faites même pas un kilomètre.

14:50
Invité

Les militants écologistes qui sont contre le projet disent aussi que cette autoroute, en fait, ce sera une autoroute pour les riches parce que concrètement, pour faire un aller-retour, il faudra payer 17 euros. Vous leur répondez quoi ?

14:59
Carole Delga

Je leur réponds qu'ils tronquent la vérité parce que pour un abonné, ça sera entre 110 et 160 euros par mois pour une personne qui ferait le trajet tous les jours durant le mois. Donc, ce n'est pas 17 fois 20 comme ils le disent. Et sur ce sujet, autant les travaux ont été signés il y a plus de 15 mois par le gouvernement. Autant sur la question de la tarification, on a encore, avec le ministre Clément Bonne, du temps pour négocier, pour faire baisser ces tarifs. Mais aujourd'hui, ce tarif de 17 euros, il ne s'appliquera pas clairement sur ce trajet.

15:40
Présentateur

Carole Delga, les élus insoumis de votre région demandent la suspension de la ZFE de Toulouse. Toulouse qui fait partie des 43 villes où ces zones d'interdiction progressive des voitures les plus polluantes doivent être mises en place. Dans ce dossier, est-ce que vous souhaitez que toutes les villes avancent à la même vitesse ? Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Chaque ville fait son propre calendrier.

16:00
Carole Delga

Je pense que pour les zones à faible émission, tout d'abord, il doit y avoir un accompagnement pour les personnes qui ont des voitures qui sont aujourd'hui polluantes. Et c'est là où le bas blesse, c'est qu'il n'y a pas d'aide de l'État assez forte pour les ménages les plus modestes, que ce soit des particuliers ou que ce soit des professionnels. En Occitanie, la région a décidé d'aider et les particuliers et les artisans. On donne un complément aux aides de l'État pour que les plus modestes puissent acheter un véhicule propre. Mais je pense qu'aujourd'hui, il faut retarder la mise en application des aides et feux parce que le dispositif de l'État n'est pas assez finalisé.

Il y a un temps de pédagogie qui n'a pas été pris.

16:47
Présentateur

On repousse tout ? Toutes les aides et feux ?

16:50
Carole Delga

Je pense que de repousser de six mois les aides et feux, cela permettra...

16:54
Présentateur

Ça ne permettra pas forcément à tout le monde de trouver l'argent pour acheter une voiture ?

16:58
Carole Delga

Non, mais ça peut permettre d'avoir les dispositifs de l'État qui soient amplifiés et ça peut permettre aussi de donner l'information aux particuliers comme aux artisans de comment ils font pour accéder à ces aides

17:10
Présentateur

et de l'État

17:11
Carole Delga

et de la région.

17:12
Présentateur

Pardon, vous restez avec nous. 8h50, le fil d'info, Sophie Echen.

17:16
Invité

Il n'y aura pas de vote demain à l'Assemblée sur l'abrogation des retraites. Quoi qu'il se passe, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Nebrod-Pivé, l'assure ce matin. C'était pourtant l'un des derniers espoirs des opposants à la réforme. Hier, la 14e journée d'action a rassemblé entre 280 000 et 900 000 manifestants dans toute la France. C'est la plus faible détectée dans un collège de Vinay, près de Grenoble, en Isère. On ne sait pas s'il s'agit d'un élève, d'un professeur ou d'un membre du personnel. 150 adolescents, soit un quart des élèves du collège, vont devoir se faire dépister. Les automobilistes qui y conduisent sans assurance sont de plus en plus nombreux en France.

800 000 selon le Fonds de garantie des victimes, qui lance aujourd'hui une nouvelle campagne de sensibilisation. Les jeunes conducteurs sont les plus concernés puisque la moitié a moins de 30 ans. Et puis Bouba n'est pas le bienvenu au Maroc. Il devait se produire le 21 juin à Casablanca mais les autorités ont annulé son concert l'accusant de sexisme. France Info

18:15
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

18:20
Invité

Toujours avec la présidente de la région Occitanie Carole Delga vous êtes à la tête de l'une des régions les plus touristiques de France. 13 départements, le tourisme représente 7% des emplois chez vous. Est-ce que la sécheresse qui s'annonce risque de faire fuir les touristes cet été ?

18:33
Carole Delga

Aujourd'hui les indications que nous avons en effet ce sont des débuts d'annulation en particulier pour le mois d'août.

J'en parlais encore la semaine dernière avec le président qui représente les hôteliers et les restaurateurs des Pyrénées Orientales et donc on doit avoir un message positif en disant que nous avons les moyens de bien accueillir les touristes mais que nous devrons tous aujourd'hui et à l'avenir pour plusieurs années faire des efforts sur notre consommation d'eau c'est-à-dire de prendre quatre douches dans la journée ça ce n'est plus responsable ce n'est pas compatible avec la préservation de la ressource eau et en Occitanie nous aidons maintenant depuis cinq ans et les hôteliers et les restaurants et tous les équipements touristiques à réduire les consommations et d'énergie et d'eau et nous devons être une région fer de lance sur le tourisme durable.

19:29
Présentateur

Est-ce qu'il faut s'attaquer au surtourisme notamment dans certaines cités balnéaires ?

19:34
Carole Delga

Il faut faire en sorte qu'il n'y ait pas un flux de touristes qui abîme l'environnement. Ce qu'a fait Marseille

19:42
Présentateur

par exemple dans les Calanques en limitant en fixant des quotas chaque jour vous pourriez faire la même chose dans certaines zones ?

19:47
Carole Delga

Alors nous ce n'est pas tellement sur le littoral parce qu'on a un littoral qui est très grand et qui est spacieux c'est plus sur des territoires de montagne qui sont assez enclavés où il peut y avoir une surconcentration et c'est pourquoi on met en place des navettes avec des bus qui permettent de limiter les flux et comme ça de faire en sorte qu'il n'y ait pas une trop trop grande masse de touristes à un moment donné. Donc c'est par le biais des services des cars de la région que nous arrivons à réguler à l'accès sur des zones magnifiques tout particulièrement en montagne.

20:23
Invité

Carole Delgade en plusieurs villes en France les maires se livrent à une guerre contre Airbnb est-ce qu'ils ont raison ça va trop loin notamment dans les villes touristiques ?

20:31
Carole Delga

Oui tout à fait je partage le combat de ces maires je suis toujours conseillère municipale j'ai été maire également et en fait Airbnb est complètement dévoyé donc il faut revenir à l'esprit originel où c'était un propriétaire qui louait quelques semaines par an et en plus ça pose un autre vrai sujet c'est le manque de logement et je partage l'alerte de toutes les associations du logement et en particulier la fondation Abbé Pierre qui dit qu'aujourd'hui nous sommes vraiment à la limite de l'explosion du système de logement en France et Airbnb prive de la mise en location de logements Donc on fait quoi ?

21:13
Invité

On met en place des quotas ? On fait quoi ?

21:15
Carole Delga

Il faut à ce moment-là donner des règles beaucoup plus strictes sur la mise en marché de ces appartements on ne peut pas continuer à avoir aussi peu de location sur des logements existants et aussi peu de rénovation et de construction du neuf On est vraiment à la limite de l'explosion Moi je vois de plus en plus de familles qui sont dans des logements indignes qui sont mal isolés ou ils sont à 6 dans 40 mètres carrés ce n'est pas acceptable donc on doit avoir un grand plan pour le logement et j'étais très déçue par le plan du gouvernement qui a été présenté lundi

21:59
Présentateur

Vous étiez le week-end dernier Carole Delga à Montpellier avec d'autres socialistes anti-NUP C'est quoi ? C'est le début d'un putsch anti-Mélenchon ?

22:07
Carole Delga

Nous étions à Montpellier plus de 400 et nous étions toutes les sensibilités de la gauche donc ce n'était pas que des socialistes Avec des socialistes ? Ah non non ce n'est pas vrai il y avait des communistes il y avait des écologistes Bruno Bernard était là le numéro 3 du parti communiste Benoît Hamon était là Qui est socialiste ? Il n'est plus socialiste depuis quelques années On avait invité aussi des penseurs des chercheurs et donc c'était une réunion de travail

22:36
Présentateur

Mais l'idée c'est quoi ? C'est de renverser la statue de Jean-Luc Mélenchon ?

22:39
Carole Delga

Non, l'idée si vous préférez c'est de proposer un projet pour les français Moi ce que je veux c'est que nous nous engageons collectivement pour les français pour avoir de nouveau des propositions de nouveau relever la tête à gauche et c'est par le travail c'est par le collectif et c'est ce que nous avons fait à Montpellier on est en train de mettre en place une nouvelle forme de travail dans la convivialité mais dans le sérieux on est en train de réinitialiser le logiciel socialiste et de la gauche Mais ce n'est pas la logique

23:12
Invité

de votre patron le patron du parti socialiste Olivier Faure lui qui est en adéquation avec la NUPES qui est d'accord surtout avec eux et surtout qui a été réélu récemment à la tête du parti socialiste lors du dernier congrès Olivier a été invité

23:26
Carole Delga

il n'est pas venu c'est sa responsabilité c'est dommage il aurait quand même vu beaucoup de monde et puis surtout il aurait participé à une séance de travail vous savez au parti socialiste ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu de séance de travail organisée Vous en parlez avec lui ?

J'en ai parlé pendant longtemps plus maintenant depuis quelques mois mais je lui en ai parlé pendant longtemps et c'est d'ailleurs un des objets de notre désaccord parce que pendant des années j'ai soutenu Olivier Faure en lui disant il faut vraiment être de nouveau dans un travail de fond la question du travail par exemple a beaucoup changé et donc nous devons être force de proposition que le parti socialiste n'ait pas un nouveau projet de société sur le rapport au travail sur la révolution éducative qui est absolument indispensable pour lutter contre le déterminisme social des propositions pour la sécurité des propositions pour la gratuité des transports c'est ce que vous dites

24:23
Invité

mais les accords électoraux avec la France insoumise avec les écologistes en fait au sein de la NUPES vous dites c'est pas la bonne chose la question des européennes se pose Jean-Luc Mélenchon dit

24:31
Carole Delga

s'il n'y a pas d'accord c'est la fin de la NUPES oui ce type de politique ça dégoûte les français c'est pour ça que les français ils vont plus voter ou ils vont vers l'extrême droite parce qu'en fait on fait que parler de popole électorale et on ne parle jamais des problèmes des français mais vous ne pensez pas qu'une partie

24:45
Présentateur

des électeurs socialistes se dise aussi comment un parti qui a fait 2% peut avoir deux lignes

24:49
Carole Delga

oui mais comment un parti qui a fait 2% qui quand même un peu moins pour être précis oui moins de 2% qui est à la moitié des régions qui a de nombreuses villes qui a 30% des départements comment ça se fait qu'ils ne soient pas capables de se mettre autour d'une table d'avoir un vrai programme de révolution éducative avec plus de formation pour les enseignants avec une semaine de 4 jours et demi comment ça se fait qu'on ne porte pas la gratuité des transports en commun comme je le fais en Occitanie comme le fait Mickaël Delafosse à Montpellier comment ça se fait que quand on parle de sécurité les socialistes ne soient pas capables de s'exprimer clairement comment ça se fait qu'on n'est pas un vrai projet européen les élections européennes vont arriver on ne fait que parler d'accord c'est quoi le projet européen ce que veulent les jeunes ce que veulent les français c'est un projet clair et quand vous avez un projet clair les gens y s'engagent et on gagne j'ai été réélue et j'ai été la présidente de région la mieux réélue de France alors qu'on a des convictions et du courage on gagne

25:46
Présentateur

Carole Delga présidente socialiste de la région Occitanie était ce matin l'invité de France Info merci et bonne journée à vous merci