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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 1 août 2022 55 minAutoproduitMixte

Disney, maître du monde ?

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0:15
Présentateur

Bonjour, très heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine du débat de midi. Et pour bien entamer le mois d'août, ce moment où l'on touche l'été de plus près, on va se faire une petite toile. Il faut que je vous raconte d'ailleurs mon week-end, on promis ça ne sera pas long. Je suis allé au cinéma avec des amis et l'un d'eux me dit « On voit tout ce que tu veux, mais un Disney, ça me gonfle. » Et là, il me propose d'aller voir Thor, le nouveau Marvel produit par Disney. Alors le coquin ne se démotive pas, il me dit « Tiens, pourquoi pas le dernier Pixar ?

» Quand je lui dis que Pixar appartenait à Disney, il a respiré fort avant de me proposer d'aller au cinéma en face où il y avait une rétrospective Star Wars, une franchise qui, le découvrit-il sur le moment, appartient à Disney. Alors abattu par tant de défaites, il nous propose de rentrer chez moi, d'acheter une pizza et de regarder un film indépendant. Pourquoi pas Wes Anderson ? Ah bah désolé pour lui, c'est disponible sur Disney+. Alors j'ai anticipé, je lui ai dit aussi qu'India Jones, ce sera la même chose. Il est parti en courant depuis plus de nouvelles. Oui, Disney s'impose et pas qu'un peu. Le chiffre d'affaires de Walt Disney Company était en 2020 de 65 milliards de dollars.

Et sa politique de rachat des différentes productions lui a permis d'être l'une des marques les plus connues au monde. Alors jusqu'où Disney peut-il aller ? Y a-t-il un modèle de société Disney ? Quel risque pour la création que cette hégémonie ? Dans le débat de midi, on va vraiment vers l'infini et l'au-delà.

1:28
Invité

Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter. Un psychopathe menace de nous tuer tous. On rassemble la plus grande équipe du monde. Vous êtes prête ?

1:56
Présentateur

Voilà, vous avez entendu successivement le premier dessin animé avec Mickey. C'était en 1928 et la dernière production que l'on peut voir actuellement. Disney, enfin Marvel, Thor, Love and Thunder. C'est vraiment l'évolution d'une vision culturelle en quelques secondes. Fabriquée par le réalisateur de l'émission Théo Raison. Alors on va parler de Marvel, de son empire. J'attends vos questions, remarques comme tous les jours par mail via l'application France Inter. Également sur Twitter avec le hashtag le débat de midi. Allez-y, on aime vous lire. Et aujourd'hui, le débat de midi a ouvert sa table à quelques convives et notamment Aurore. Bonjour à vous. Bonjour.

Alors vous êtes youtubeuse depuis 6 ans pour la chaîne Pixitubeuse. Vous animez un blog d'ailleurs du même nom. Vous êtes une fan, on va dire ça. Oui, on peut le dire. Complète de l'univers Disney, je crois totalement. Vos vidéos véritablement parlent de Disney. Mais on va voir si vous êtes un peu critique aussi parfois par rapport à l'évolution de la Walt Disney Company. A vos côtés, Pierre Lambert, bonjour. Bonjour. Vous êtes historien, auteur et spécialiste de l'animation. Vous avez écrit plusieurs livres sur l'animation, notamment sur Pinocchio, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant. Et il y en a un prochain qui va sortir, c'est sûr ?

3:03
Invité

Il y en a plein d'autres. Il y a le livre de la jungle. Le prochain, ce sera Peter Pan. Voilà. Et le dernier, c'est Alice au paix de Herveille. Et donc Peter Pan, ce sera en octobre prochain. Ce sera en octobre prochain. Vous avez terminé.

3:10
Présentateur

Exactement. Également, Fabrice Leclerc, bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste, critique de cinéma pour le magazine Paris Match. Vous connaissez bien, bien sûr, Disney. Et puis Olivier Baumel, bonjour. Olivier Bomsel, bonjour. Bonne sel, bonjour monsieur. Bonjour Olivier Bomsel. Vous êtes économiste, expert des médias à l'école des mines Paris Tech. Alors, je parlais tout à l'heure de Disney, donc le titre de ce débat, Disney maître du monde. Fabrice Leclerc, est-ce qu'on peut dire ça au niveau culturel aujourd'hui, Disney maître du monde ?

3:39
Invité

Oui, oui, oui, on peut le dire très clairement. C'est la plus grosse entreprise d'entertainment, comme on dit, mondiale. Disney est connue sur les cinq continents, partout dans le monde, peut-être même sur la Lune. Et puis l'autre chose, c'est que Disney a su se réinventer et a su en tout cas capitaliser sur son image. Parce qu'on parle de Disney, évidemment, ce sont des dessins animés. Tout le monde a vu un Disney dans sa vie, c'est un espèce de passage obligé. Mais Disney a réussi à se régénérer, avec les parcs évidemment, mais en rachetant Pixar, qui était un des grands, grands, grands, déjà de l'animation, en rachetant Lucasfilm, qui produisait Star Wars, et en rachetant Marvel.

Et voilà, donc ils ont réussi à passer le cap d'un Disney qui était une usine d'animation à une usine d'entertainment. Et aujourd'hui, avec Disney+, avec les chaînes, avec les parcs, avec les croisières, tout est siglé Disney aujourd'hui.

4:36
Présentateur

Pierre Lambert, on a vu véritablement une évolution de Disney, puisque en lisant pour ce débat, on se rend compte que dans les années 90, début des années 2000, ce n'était pas trop ça Disney, ça n'allait pas très bien en fait.

4:48
Invité

L'histoire de Disney est quand même très ancienne, puisqu'on parlait de Mickey en 1928. Il faut savoir que pendant des années, Walt Disney étant présent, bien vivant au studio, ce qu'il voulait faire, c'était des spectacles, du divertissement. Et donc il a mené l'animation d'un état rudimentaire à un art complètement accompli en moins de dix ans, au moment de Fantasia, de Pinocchio, de Blanche-Neige. Et puis ensuite, il s'est consacré, au partir des années 50, au parc d'attractions, et tout ce qui était partie cinéma et animation en particulier, il avait ses animateurs, ses réalisateurs pour assumer ce travail. Et puis ensuite, Disney est disparu, donc ils n'ont pas su trop quoi faire.

Et à un moment donné, ils se sont demandé s'ils n'avaient pas arrêté le dessin animé carrément. Et puis, oui, oui, absolument. D'ailleurs, au début des années 60, au moment des 120 Dalmatiens, après l'échec de la Belle au bois dormant qui avait coûté une fortune, Disney a dit, écoutez, on va arrêter de faire du dessin animé, ou alors il faut trouver un moyen que ça coûte beaucoup moins cher. Et donc les effectifs ont été réduits de moitié, ils ont mis au point, Ubi Vert, justement, l'inventeur de Mickey a mis au point le procédé Xerox qui permettait, au lieu de tracer à la plume, à la main, les dessins d'animation sur cellulaux, de les faire à la Xerox, de les photocopier tout simplement.

Donc c'était une énorme économie, etc. Et donc le studio Disney a continué d'exister, de produire des très bons films, parce qu'ils avaient des grands artistes. Et puis ensuite, il y a eu le début des années 80, les années 90, où là, effectivement, il n'y a pas eu de renouvellement au niveau des artistes, et il y a eu un trou, effectivement, important au niveau créatif et au niveau des productions.

6:16
Présentateur

Il est vrai tout de même, quand on voit Aurore, alors vous qui vous intéressez aussi à Disney de près, via votre compte YouTube, moi quand j'étais petit, c'est vrai qu'on disait toujours, tiens, est-ce que tu vas voir le dernier Disney ? Aujourd'hui, on a l'impression que cette expression n'existe plus tellement, et bien l'univers est gigantesque aujourd'hui. Est-ce qu'on peut dire, je vais voir le dernier Disney, mais on ne sait plus trop ce que c'est en fait.

6:36
Invité

On peut aller voir le dernier Disney, on peut aller voir le dernier Pixar, le dernier Star Wars, le dernier Marvel.

6:40
Présentateur

Est-ce que finalement, ils ont perdu un peu l'âme Disney ? Est-ce qu'on sait ce que c'est ? Est-ce qu'on peut la définir, ou aujourd'hui, c'est devenu seulement une multinationale ?

6:46
Invité

Je pense qu'on a quand même un rendez-vous annuel avec le Disney de Noël, quand même, qui reste une tradition bien ancrée, notamment Econcanto l'hiver dernier. Après, c'est vrai que l'univers Disney s'est vraiment étendu, finalement, et l'identité de Disney est assez vague maintenant, je trouve. Mais il y a quand même cette magie, ce côté innovation, autant visuelle que dans les histoires qui perdurent, à mon sens.

7:07
Présentateur

Mais ça veut dire qu'en fait, pourquoi il y a aussi cette innovation ? Parce que c'est les seuls ou pas ? Alors, je vais prendre un exemple, en ce moment, au box-office, il y a les mignons, par exemple, ça marche très bien, mais ça, ce n'est pas Disney. Et ça veut dire qu'ils ont des concurrents sérieux aussi ?

7:18
Invité

Je pense que les mignons capitalisent sur l'humour, alors que Disney capitalise sur la profondeur de ses messages. D'accord. Je dirais que les mignons capitalisent sur les schtroufes. C'est un peu ça aussi. C'est ça. Et moi, je dirais que les mignons capitalisent sur tout ce qu'a fait Pixar pendant 10 ans, et que Pixar ne fait peut-être plus aujourd'hui.

7:35
Présentateur

On va y revenir là-dessus. Mais Olivier Bumsel, on peut dire, aujourd'hui, Disney, c'est davantage une multinationale qu'un studio de cinéma, aujourd'hui ?

7:46
Invité

Disney, c'est devenu une marque ombrelle de holding, si vous voulez. Donc, c'est l'équivalent d'Uni-le-Vert ou de LVMH pour des marques qui sont en dessous, Vuitton, Dior, Sephora, etc. Et leur logique, c'est de développer des marques et de fabriquer à travers les parcs d'attractions, la presse, même les influenceurs maintenant, une espèce de synergie ou de croisement d'univers entre les marques pour que les consommateurs circulent d'une marque à l'autre. Mais ça n'est plus Walt Disney, au sens de la personne Walt Disney, des créations de Walt Disney, c'est sûr.

8:39
Présentateur

C'est intéressant, ce que dit Olivier Bomsel, parce qu'il ne parle même plus de spectateurs, il parle de clients, de marketing. On est là-dedans avec Disney ?

8:48
Invité

On est là-dedans avec Disney comme on est là-dedans avec tous les grands studios hollywoodiens. Alors, on parle de Disney aujourd'hui, mais Warner à sa plateforme et à ses super-héros et à ses déclinaisons. La même chose chez Universal, ce sont les mignons. Oui, parce que le cinéma américain aujourd'hui a perdu en créativité, ça tout le monde est d'accord maintenant pour le dire, et est devenu un produit. Alors, il y a parfois des choses très très belles dans ces produits-là, mais la conception de la vie d'une œuvre, d'un film, d'un dessin animé aujourd'hui, est considérée comme un produit. Oui, oui, très clairement.

Oui, je disais, l'identité Disney aujourd'hui, pour moi, c'est les parcs d'abord. C'est ce qui est resté finalement. C'est-à-dire que dans les parcs d'attractions, en prenant Main Street, la partie principale des parcs et certaines attractions, ce sont les mêmes depuis des décennies, même si maintenant il y a Marvel, enfin les choses se sont rajoutées. Mais l'identité Disney ancienne, elle est présente dans les parcs et nulle part ailleurs. Et elle est peut-être présente aussi sur Disney+, parce que, je ne sais pas si vous l'avez fait, mais parfois la plateforme Disney+, quand vous allez chercher quelque chose sur Disney+, vous vous dites, qu'est-ce que j'en regarderais ?

Eh bien, vous voyez dérouler des films, des dessins animés, des séries, et vous dites, ah oui, mince quand même, ça aussi c'est Disney. Donc, est-ce que la plus belle image de Disney aujourd'hui, ce n'est pas Disney+, ? Peut-être. C'est très juste, je suis d'accord, je suis allé, on trouve effectivement tous les films des années 30, 40, 50 disponibles sur Disney+. Il y a des documentaires sur l'animation, il y a un documentaire en ce moment, une série documentaire sur Industrial Light & Magic et la boîte d'effets spéciaux de George Lucas, qui raconte tous les effets spéciaux de la saga de la Guerre des Étoiles. C'est ahurissant cette série, c'est extraordinaire.

10:31
Présentateur

Et ce studio en effet aussi a été racheté par Disney, et on va voir à quel point... Oui, je vous en prie.

10:36
Invité

Oui, je me permets d'ajouter également que Disney+, ça permet aussi d'ouvrir les horizons au niveau de Disney, et de permettre de voir aussi ce qu'il y a derrière les coulisses de Disney, notamment la série Imagineering sur Disney+.

10:46
Présentateur

Alors, en effet, il y a tout ça, mais c'est vrai que sans un point de vue critique, c'est vrai que c'est Disney qui fait ça pour vendre Disney. Bien sûr. Voilà, c'est aussi ça. Alors, on va voir aussi à quel point, quand Disney a véritablement basculé, on l'a dit tout à l'heure, c'était vraiment au début des années 2000, et ce côté fièvre acheteuse, un peu de la part de Disney, c'est-à-dire en gros, je suis une vieille compagnie, mais je voudrais paraître moderne, notamment dans la pop culture. Souvenez-vous, ça c'était en 2009, c'était au journal de 13h de France 2.

11:13
Invité

Disney, vous allez le voir, s'offre 5000 nouveaux super-héros pour la bagatelle de 4 milliards de dollars. Le studio a en effet racheté Marvel, le célèbre créateur de bandes dessinées, à l'origine notamment de Hulk, Spider-Man ou les X-Men. Il y aura des films, bien sûr, mais aussi des produits dérivés et peut-être même de nouvelles animations dans les parcs d'attractions.

11:36
Présentateur

Voilà Pierre Lombard, c'est ce que vous disiez en fait, Pierre Lombard, pardon, tout ça est relié, c'est-à-dire, parles d'attractions, films, séries, c'est réfléchi comme tel, avec 4 milliards de dollars tout de même.

11:45
Invité

Oui, c'est considérable. La première fois qu'ils ont fait ça, c'est Walt Disney lui-même qui l'a fait, quand il a créé son premier parc d'attractions, puis après son frère, le deuxième parc d'attractions en Floride. Donc c'est exactement la même mécanique. D'ailleurs, ça a traîné pendant des années. Moi, j'étais aux Etats-Unis, je travaillais pour Christie's pour des ventes aux enchères et j'entendais parler justement du rachat de Marvel, puisque j'avais un ami qui travaillait pour Christie's, qui était en charge de Marvel. Donc c'est très intéressant. Et c'est logique. Alors Pixar, c'est différent, parce que Pixar, c'est la culture de l'animation et Pixar est venu de Disney.

C'est-à-dire que les jeunes à 7 heures étaient un animateur de Disney traditionnel. Mais à la base, Pixar a été créé par George Lucas. A été créé par George Lucas, parce qu'il avait besoin de créer de nouveaux effets spéciaux. On n'en sortira pas. Je vois, je vois. Je vous le dis.

12:28
Présentateur

C'est ça. Mais quand vous entendez ça aujourd'hui, est-ce que vous avez l'impression que finalement Disney, là, a agi ? Parce que c'est vrai que la frontière est ténue entre l'artistique, on va dire le cinéma, et véritablement l'économie. On sait qu'aux Etats-Unis, l'économie, c'est Hollywood, tout simplement aussi. Est-ce que là, quand on rachète Marvel, véritablement, vous pensez que c'est pour renouveler la marque aussi ? C'est-à-dire, d'un coup, on paraît plus jeune. C'est plus ce qu'on appelle de la pop culture, aujourd'hui, et que Disney fait un pas vers ça.

12:57
Invité

Pas forcément, je dirais. Je dirais qu'ils ont su investir dans une franchise qui allait fonctionner, finalement. Autant d'un point de vue commercial, que dans les parcs, que dans les films.

13:06
Présentateur

C'est ça. Alors, on se demande aujourd'hui aussi, Fabrice Leclerc, si Disney a aussi imposé sa loi. Ça veut dire, aujourd'hui, est-ce que tout simplement, comme ce sont les plus puissants, est-ce qu'ils demandent bien à tout le monde de leur ressembler ? Est-ce que c'est eux qui dictent, aujourd'hui, dans le monde du cinéma, un petit peu ce qu'il faut faire ?

13:23
Invité

Alors, oui, si on parle de la saga Marvel. Parce que, très clairement, la saga Marvel a imposé une façon de faire des films assez déshumanisée, pas trop de scénarios, des metteurs en scène extrêmement dociles, une dizaine d'acteurs très connus, qui ont chacun leur grand plan et leur grand moment dans le film. Et voilà. Et cette formule-là a tellement marché, qu'aujourd'hui, oui, c'est la norme à Hollywood. Tous les grands studios essayent d'avoir leur super-héros. Il y en a certains, il faut le savoir, quand même, qui ont été faits avant Hollywood, avant que Disney les rachète. Le premier Iron Man et le premier Hulk étaient des productions Marvel totalement indépendantes.

Oui, sur ce mode-là, oui. Après, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, parce que Disney continue à produire d'autres films. Il faut peut-être se rappeler que, sur les cinq dernières années, Disney a eu à deux reprises l'Oscar du meilleur film. Nomadland de Chloé Zao, dont tout le monde a loué, est un film Disney. Guillermo del Toro, La forme de l'eau, c'est un film Disney. Alors oui, ils ont racheté la Fox, et c'était un film Fox. Donc oui, il y a une normalisation et un appauvrissement de la création cinéma et des films dus à Disney.

D'un autre côté, moi je trouve que la création qu'ils font en ce moment sur certaines séries, sur Disney+, il y a quand même encore une petite politique d'auteur, il y a un très beau documentaire, je ne sais pas si vous l'avez vu, qui s'appelle Flea, qui est un documentaire d'animation qui est vraiment superbe. Ça, c'est une production Disney aussi. Donc, oui, ça a été extrêmement normalisé, pas encore complètement. Olivier Bumsel. Oui, je suis d'accord avec ça. Il faut bien comprendre que Disney, c'est une marque ombrelle qui est très large. Alors, il y aura toujours les nostalgiques de Mickey, Donald, et de la Belle au bois dormant, mais il y a quand même beaucoup d'autres choses.

Et le format dessin animé ou cinéma n'est plus le seul. Maintenant, les séries sont aussi très importantes. Ils ont fait une série sur Betty Davis et John Crawford qui est absolument formidable qu'on trouve sur la plateforme. Une série sur les opioïdes qui s'appelle Dobsic avec Michael Keaton qui est très, comment dire, radical dans sa mise en accusation du système pharmaceutique américain. Ce n'est pas tout à fait la multinationale cynique, sauvage et monoculturelle qu'on imagine.

16:00
Présentateur

Mais alors, est-ce qu'il y a un risque tout de même de voir cette multinationale engranger tellement de profits aujourd'hui qu'elle peut absorber presque la moitié du cinéma et finalement aussi impliquer un modèle suivi par les autres et qui ne serait pas le plus excitant pour les cinéphiles ?

16:17
Invité

Non, parce que le cinéma, c'est vraiment un métier, une activité de prototype dans lequel ce qu'on appelle en économie l'intensité capitalistique, c'est-à-dire le coût de la production varie considérablement. Il y a des tout petits films. Je pense que Nomade Land que Disney a produit, c'est un film qui vaut moins de 2 ou 3 millions d'euros à produire. Ça ne se compare pas avec les centaines de millions de dollars de torts. Et pourtant, c'est des films qui trouvent leur public et dans ce registre de films, la production indépendante a beaucoup d'avantages sur les studios parce qu'elle peut expérimenter plus de choses, elle est moins exposée en réalité aux risques de marques.

Dès que Disney fait un four, quels que soient les risques qu'ils prennent, c'est toute la holding qu'ils prennent. Quand un petit producteur se ramasse, il est récupéré par l'écosystème d'une certaine façon. Donc, je ne pense absolument pas qu'il y ait de normalisation, de standardisation dans ce registre. Et je pense au contraire que c'est un stimulateur de création et de diversité. On décide des apparences. C'est contre-intuitif. Oui, Olivier Vemsel. Fabrice O'Claire ? Il y a quelque chose qu'il faut savoir quand même, même si c'est dur à entendre pour certains. Disney aujourd'hui est une agrégation de sociétés indépendantes.

C'est-à-dire que Kathleen Kennedy qui dirige Lucasfilm, elle dirige Lucasfilm. Elle prend les décisions. Parfois bonnes, parfois mauvaises, mais elle les prend. Kevin Feige est à la tête de Marvel et c'est lui qui décide. C'est réellement. Ils ont réussi quand même à agréger plusieurs sociétés qui sont des sociétés indépendantes, ce qu'on appelle des artisans. Parce que ces sociétés ne sont pas dans la grosse norme hollywoodienne. Alors je sais que c'est très difficile à entendre ça, mais il y a une certaine indépendance en tout cas de stratégie chez Lucas pour Star Wars, chez Marvel pour tous les films.

Donc Disney a réussi aussi à acheter des sociétés à 4 milliards de dollars tout en leur laissant quand même une certaine indépendance.

18:30
Présentateur

Alors on va l'entendre, il y a eu une année très particulière pour Disney où là elle a véritablement engrangé et ça a été symbolisé par un film. Je pense que d'un coup, je ne sais pas pourquoi, vous allez vite reconnaître cette bande-annonce.

18:40
Invité

toute cette immensité baignée de lumière est notre royaume. Le temps que passe un roi à gouverner ressemble à la course du soleil. Un jour viendra où le soleil éteindra sur moi sa lumière et se lèvera pour faire de toi le nouveau roi.

19:14
Présentateur

Voilà, alors là je pense qu'on a un tout petit peu reconnu, bien sûr, le roi lion, mais ce n'est pas le dessin animé, c'est la version live comme on dit, action. Cette année 2019, en effet, avec Avengers Endgame, le roi lion, la reine des neiges, Disney, a engrangé 11,9 milliards de dollars de recettes. Pierre Lombard, ça semble tellement stratosphérique, on se demande encore si on parle de cinéma véritablement.

19:38
Invité

Oui, c'est des affaires en réalité, c'est du business. On est loin de la création en réalité de Walt Disney, de ses animateurs. Je voulais juste noter quand même que Pixar est quand même le seul studio à ma connaissance ou un des rares studios au monde qui est dirigé par un animateur. Sir Pete Docter était animateur et devenu réalisateur après comme l'était John Lasseter avant. C'est quand même amusant parce que les studios de dessins animés que je connais sont dirigés par des producteurs, pas des gens qui savent faire du dessin animé ou qu'en ont fait dans leur vie. À Lucasfilm, Kathleen Kennedy était la productrice emblématique de Spielberg pendant toute sa carrière.

Elle n'était pas du tout de la famille Disney. Et elle a même produit des dessins animés à Londres. Elle a produit des dessins animés. Comme Cheval au Far West.

20:16
Présentateur

Est-ce que pour vous Aurore, justement quand on entend ça le Roi Lion, on l'a entendu, je disais 2019, donc année record avec 11,9 milliards, est-ce que ça touche encore un public jeune, c'est-à-dire qu'on essaye d'élargir au maximum, au maximum, et notamment on voit des choses assez étonnantes, par exemple quand on voit par exemple le Roi Lion 2, Mulan 2, la petite sirène 2, de ces choses-là, à votre avis, est-ce qu'on n'étend pas trop, est-ce que Disney n'étend pas trop à tel point qu'il faut absolument profiter des succès de certains de ces animations pour continuer à capitaliser dessus ?

20:51
Invité

Ce qui est intéressant aussi, c'est que sur l'année 2019, il y a plusieurs du coup live action qui sont sortis. Donc on a Leroy Lion, mais on a aussi Aladdin qui sont des grands succès. Vous pouvez expliquer

20:59
Présentateur

ce que c'est ?

20:59
Invité

Les live action, c'est le fait de reprendre des films d'animation et les adapter en version film.

21:04
Présentateur

D'accord, voilà, c'est ça, exactement. Donc vous l'avez dit, il y a eu Aladdin, qu'on connaît bien, Leroy Lion.

21:08
Invité

Exactement. Et on a également du coup L'Arène des Neiges 2 qui était le plus grand succès d'animation en 2013 des studios Disney qui a donc fait sa suite. Et donc forcément, c'était un succès assuré. C'est ça. Et un épisode de Star Wars, excusez-moi. Voilà, exactement. C'est juste 2 milliards de dollars en plus.

21:25
Présentateur

C'est ça.

21:25
Invité

C'est une queue bientôt.

21:26
Présentateur

Voilà, on va en parler aussi bientôt de ça. Mais on va voir aussi dans un instant, dans le débat de midi, on va s'intéresser à la vision du monde justement de l'Empire Disney. Juste le temps pour nous de s'interroger sur la manière dont certains trouvent le nom de leur groupe de musique. Vous allez comprendre pourquoi dans un instant.

21:43
Invité

Quand je vous disais

23:51
Présentateur

qu'il fallait être créatif au niveau de son nom de groupe, donc ça s'appelle Miel de Montagne avec Laisse-moi rêver sur France Inter.

23:56
Invité

A tous ceux qui venaient dans ce lieu de joie, bienvenue. Disneyland est votre pays. Les anciens y retrouveront un passé agréable et les jeunes goûteront les promesses de la vie. Disneyland est dédié aux idéaux, aux rêves et aux réalités qui ont forgé l'Amérique. Avec l'espoir que ce sera une source de joie et d'inspiration pour le monde entier.

24:31
Présentateur

L'inauguration du parc Disneyland de 17 juillet 1955 en Californie par Walt Disney lui-même. Cette vision du monde proposée par Disney, Pierre Lambert, elle a évolué au cours depuis la création de Disney jusqu'à aujourd'hui.

24:49
Invité

Oui, elle a beaucoup évolué. Les premiers parcs étaient vraiment tournés autour des films et des dessins animés, enfin des dessins animés et des films dans l'ordre. donc on avait des attractions autour de Peter Pan, autour de Dumbo qui n'existent plus depuis très très longtemps.

25:04
Présentateur

L'esprit Disney en général, c'est vrai qu'on a pensé au départ que Disney était assez conservateur, aujourd'hui ce n'est plus trop le cas si ?

25:12
Invité

Non, Disney a disparu en 1967 donc c'est pour ça que ça a beaucoup évolué depuis. Et puis il y a deux axes, il y a l'axe des technologies parce que c'est un parc de divertissement donc il est aussi tourné vers les technologies comme le voulait d'ailleurs Walt Disney, comme le souhaitait Walt Disney. et puis avec les succès c'est-à-dire qu'évidemment par exemple le Roi Lion qu'on citait en dessin animé a été un tel succès qu'une attraction du Roi Lion a été créée dans les parcs. Donc ça c'est une logique commerciale qui fait qu'on développe des attractions par rapport aux succès commerciaux. Les films qui n'ont pas marché ils n'ont pas le droit aux attractions.

Et on fait un peu de place dans les parcs, moi j'ai remarqué ça depuis dans les différents parcs, on fait de la place par rapport aux anciens films c'est-à-dire qu'il y en a certains qui disparaissent de la circulation pour faire place à des choses plus récentes. Donc c'est assez amusant.

25:55
Présentateur

D'après vous Fabrice Leclerc est-ce qu'aujourd'hui encore Disney c'est un ambassadeur de l'American Way of Life ?

26:01
Invité

C'est très clairement un ambassadeur de l'American Way of Life. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis Disney est quasiment une entité politique. Ah oui ? On n'est pas loin du parti politique. Souvenez-vous très récemment en Floride il y a eu un projet de loi visant à limiter je crois que c'était le mariage homosexuel ou en tout cas le droit des homosexuels. Le nouveau PDG de Disney a mis du temps à réagir n'a pas réagi tout de suite ça a créé un énorme scandale aux Etats-Unis.

Donc Disney a réussi à suivre la société il y a des prides dans les parcs on est ouvert aux minorités on est ouvert à beaucoup beaucoup de choses aujourd'hui on suit la politique de près et Bob Higer à l'époque qui était le précédent président de Disney était réellement pas un politique mais c'est quelqu'un qui était souvent à la Maison Blanche qu'on écoutait et qui devait prendre position sur les grands faits de société américains qui ne concernaient pas du tout Disney pour le coup.

27:01
Présentateur

C'est ça Aurore vous avez l'impression qu'il y a une certaine vision de la société qui est défendue ou pas par Disney.

27:06
Invité

Oui mais à demi-teinte aussi il faut le dire parce que c'est vrai que Disney s'engage notamment pour la marche des fiertés etc. Mais d'un autre côté pendant plusieurs années ils ont censuré des oeuvres Pixar notamment le baiser homosexuel de Buzz Léclair qui a finalement été mis dans le film final mais au départ ce n'était pas du tout prévu.

27:25
Présentateur

Ah c'était pas d'accord ils l'ont créé mais ils n'ont pas voulu le mettre dans le dernier montage.

27:29
Invité

Ça fait plusieurs années que Pixar apparemment met des scènes avec du sous-entendu homosexuel dedans et que Disney les censure. Et en fait là pour Buzz Léclair il y a eu tout un scandale autour de ça et donc du coup la scène a finalement été mise dans le film final.

27:42
Présentateur

Mais ça veut dire que Disney aujourd'hui donc en effet on le voit est porté sur les minorités mais est-ce qu'ils font ça pour tous les pays par exemple ils acceptent quand la Chine dit je ne veux pas de cette scène dans mon Chine Non non ils censurent pas

27:56
Invité

exactement

27:57
Présentateur

ils changent pas

27:58
Invité

les films ne sortent pas dans le pays et ça existe dans plein de pays en ce moment et sur tous les films Disney tous les films Marvel depuis un an ou deux ans si un pays demande une coupe dans un film le film Disney refuse de sortir le film dans ce pays là.

28:13
Présentateur

D'accord parce qu'en fait Pierre Lambert ça n'a pas toujours été le cas de la part de Disney c'est vrai qu'on a souvent dit que c'était assez conservateur ou alors c'était tout simplement l'esprit de l'époque aussi ?

28:22
Invité

Alors c'était beaucoup lié à l'esprit de l'époque par exemple quand on regarde les dessins animés il y a des choses aujourd'hui qu'on ne peut plus montrer par exemple Pinocchio qui fume le cigare voilà j'ai eu beaucoup de mal à pouvoir mettre des documents de Pinocchio qui fume son cigare dans mon livre et il n'y en aura pas les indiennes en Peter Pan d'accord oui oui absolument c'est-à-dire que là c'est des choses qui restent avec le temps une certaine censure mais qui est liée à l'opinion publique américaine Disney le reflet de la société américaine complètement oui j'allais ajouter d'ailleurs pour suivre ce que disait Pierre Lambert que sur Disney Plus maintenant il y a certaines œuvres notamment dans Dumbo ou Peter Pan où on a un message d'avertissement pour avertir que effectivement les mentalités de la société ont changé aujourd'hui et que donc voilà par exemple la représentation des indiennes ne correspond plus aux valeurs actuelles ça c'est dans Peter Pan ou les corbeaux qui sont noirs et bien sûr dans Dumbo d'accord ah oui oui très bien ou par exemple dans la belle et le clocheur les siamois oui c'est ça qui ont un peu les yeux bridés donc

29:24
Présentateur

on sent et donc quand vous dites en effet ça colle à l'esprit du temps aux Etats-Unis c'est vraiment ça aussi ça veut dire que est-ce que Disney s'y est mis parce qu'il faut s'y mettre parce que c'est comme ça qu'aussi se tient politiquement la chose et économiquement évidemment oui

29:38
Invité

Disney suit le mouvement et Disney suit les évolutions de la société Disney ne les précède pas ça c'est clair Disney est à peu près au moment où il faut l'être peut-être parfois un tout petit peu en retard sur certaines questions voilà oui ils ne font que suivre l'évolution de la société américaine et ils savent bien que le cœur de leurs de leurs acheteurs de leurs clients ce sont les américains c'est la société donc on suit les évolutions de la société et on ne les précède pas et leurs clients aussi leurs concurrents aussi bien sûr bien sûr c'est exactement la même chose

30:11
Présentateur

Olivier Boncel vous diriez en effet que Disney c'est véritablement l'entreprise qui aujourd'hui correspond à la mondialisation ça veut dire que le système mis en place par Disney c'est celui-là

30:24
Invité

je pense que ça l'a toujours été sauf que dans la période qu'on a appelée le siècle américain qui est la période qui court après la deuxième guerre mondiale jusqu'à peu près à la fin du communisme à la fin de l'URSS il y avait une dimension idéologique hégémonique qui était relativement marquée et que depuis c'est beaucoup plus les évolutions sociétales et la relative ouverture des mœurs de la société américaine qui est montrée dans Disney avec malgré tout parce que c'est quand même l'ADN d'Hollywood la volonté d'être un média mondial

31:18
Présentateur

oui c'est ça aujourd'hui

31:20
Invité

Hollywood a toujours été mondial c'est ça l'originalité de Disney c'est qu'il a créé un protocole de création de marques qui n'était pas le star system qui utilisait des figurines animées au lieu d'utiliser des acteurs sous contrat et il en a il en a fait des marques mondiales avec des outils de marketing de réverbération de l'imaginaire dans les parcs comme ça a été dit et une implantation internationale des parcs en question aujourd'hui c'est une de la même manière que l'hégémonie américaine est beaucoup plus floue qu'elle n'était il y a 30 ou 40 ans l'image mondiale de Disney à mon avis est aussi plus floue parce que la puissance idéologique des Etats-Unis s'est beaucoup érodée

32:15
Présentateur

c'est pour ça aujourd'hui qu'on ne sait pas véritablement où se situer en fait

32:19
Invité

mais ils ont un portefeuille de marques qui n'a pas d'unité idéologique ça j'en suis absolument certain et qui est capable de produire des chefs-d'oeuvre parce que Toy Story c'est une série de chefs-d'oeuvre il y a très peu de création de cette intelligence et de cette durée il y en a quand même en 1986 pour Toy Story on est très très loin en arrière on est au début de Pixar et effectivement il y avait un renouvellement dans les créations de Pixar on pense à Ratatouille par exemple ou à Wally permanente le film contrairement à beaucoup d'autres studios d'Hollywood chaque film était totalement nouveau avec de nouveaux personnages un nouveau scénario une nouvelle approche

33:09
Présentateur

alors est-ce que vous diriez aussi ça a été un peu abordé tout à l'heure par Fabrice Leclerc sur la créativité est-ce qu'aujourd'hui quand on voit toutes les licences qui appartiennent à Disney est-ce que vous trouvez qu'il y a quand même un petit manque de créativité et d'envie de nouveauté on a l'impression qu'ils sont tous sur un même modèle que derrière c'est presque pour vendre des jouets

33:28
Invité

je ne suis pas d'accord avec ça pour moi au contraire surtout en animation il y a toujours des choses qui sont nouvelles qui sont proposées je pense aussi à Star Wars notamment la série Obi-Wan qui m'a agréablement surprise ils arrivent quand même à toujours offrir plus de choses autour de cet univers après effectivement il y a toujours une optique de commercialisation je pense notamment par exemple à la Reine des Neiges où on voit les personnages principaux qui ont une dizaine de tenues différentes ça évidemment c'est pour vendre des poupées

33:52
Présentateur

d'accord oui c'est clairement fait

33:53
Invité

pour ça BB-8 BB-8 dans les trois derniers épisodes de Star Wars c'est juste pour vendre des jouets mais quel génie à inventer ce robot et ça marche excusez-moi Baby Yoda dans la série The Mandalorian Baby Yoda c'était quand même le gimmick c'est devenu un phénomène pop pendant une année entière sur les réseaux sociaux c'était quelque chose de totalement hallucinant moi on m'aurait dit ah ben ils vont mettre un bébé Yoda dans un coffin j'aurais dit mais il faut arrêter et ben non c'est une idée géniale c'est une idée pop ils ont encore ces idées-là

34:27
Présentateur

ils ont encore ces idées-là Fabrice mais alors vous qui suivez aussi véritablement le monde du cinéma on voit vous le disiez ça touche un peu l'enterté du monde du cinéma sur cette absence aujourd'hui ce manque de créativité quand on fait des séries entières quand on fait des préquels quand on fait des choses comme ça ça veut dire qu'on se rend compte qu'on est plus sur la rentabilité que sur l'innovation non ? oui mais désolé c'est pas Disney

34:47
Invité

qui a inventé les préquels c'est George Lucas mais oui Disney n'a rien inventé Disney ne fait que prendre ce qui est intéressant lucratif et de le mettre à sa sauce aujourd'hui oui on est très clairement dans une normalisation un appauvrissement de la création des formules et des films qui deviennent totalement insipides et il faut voir quand même moi j'ai regardé les chiffres pré-pandémie post-pandémie j'ai pris les chiffres de Marvel parce que c'est ce qui marche le plus actuellement je vais le faire à la louche les films Marvel aujourd'hui depuis la fin de la pandémie collectent deux fois moins de recettes qu'avant et ça c'est quelque chose qui est en train de se mettre en place il y a le dernier qui est hors de ce contexte là c'est Spiderman mais qui est produit par Sony qui n'est pas produit par Disney

35:35
Présentateur

parce qu'il y a une certaine lassitude

35:36
Invité

on commence à voir un tout début de lassitude sur les films Marvel on le voit en tout cas dans les recettes post-pandémie qu'on compare pas à celles d'avant mais on fait un ratio et je pense que les gens ont adoré les Marvel pendant 15 ans vous même vous le disiez c'était vos héros de jeunesse voilà aujourd'hui je pense qu'il faut très réellement prendre des metteurs en scène des auteurs et des scénaristes et refaire des films inspirés c'est à dire faire de Marvel ce que Pixar a fait à la grande époque c'est à dire des films intelligents des films novateurs et des films qui fassent avancer la chose si on continue avec ces formules aseptisées où on ne comprend plus rien où même le spécialiste Marvel n'arrive plus à s'y retrouver et que le seul intérêt d'un film c'est d'attendre la fin du générique pour voir la scène du suivant je crois que ça va plus durer très longtemps

36:27
Présentateur

c'est assez intéressant aussi je reviens vers vous parce qu'il y a Ulysse qui parmède nous a envoyé un message et lui il utilise l'expression aujourd'hui je pense qu'il y a un phénomène entre un très bon film et un film facile à voir est-ce que ce sont des films créés pour être facilement vus aujourd'hui les films Disney ?

36:47
Invité

oui je pense effectivement je pense à Buzz Léclair par exemple qui est vraiment assez facile à regarder finalement pareil pour Thor

36:53
Présentateur

c'est ça ils sont actuellement au cinéma d'ailleurs mais est-ce qu'on va de plus en plus vers ça d'après vous ? est-ce que vous avez vu une évolution de Disney petit à petit glissant vers ça vers des films faciles à voir qu'on peut voir ensuite sur sa plateforme ou sur son portable dans le train pour Disney

37:07
Invité

je ne suis pas nécessairement d'accord je pense que par contre pour Marvel effectivement après je voulais rebondir aussi sur ce que disait Fabrice par rapport aux chiffres est-ce que ça ne vient pas aussi d'une lassitude du public par rapport au nombre de films et de séries Disney plus Marvel qui sortent aussi parce que Buzz Léclair qui est en salle actuellement est un four dans le monde entier ça ne marche nulle part pourquoi ?

parce que le film n'est pas intéressant à la base ce personnage de Toy Story qu'on a tous adoré qui a vraiment magnifié deux générations on en arrive à faire un film tellement insipide et sans inspiration que les gens n'y vont pas et ça c'est un élément qu'on va devoir vraiment analyser dans les années qui viennent et c'est un vrai problème qu'on retrouve chez Pixar ces dernières années bien sûr Olivier Bomsel

37:51
Présentateur

vous vouliez réagir ?

37:52
Invité

oui ce qui est très frappant dans Buzz Léclair c'est que la dimension profonde de Toy Story qui était le rapport des enfants aux jouets a complètement disparu et je crois qu'une des forces de Disney dans son développement depuis l'origine ça a toujours été de mettre l'enfant en face de ses créations imaginaires et de le faire rentrer dedans dans les parcs et dans les produits dérivés des films qu'il faisait et Toy Story était très emblématique de ça parce que c'était justement la confrontation de l'univers des jouets et de l'univers des enfants ça passe complètement à la trappe dans Buzz Léclair et le fait qu'il n'y ait plus d'enfants ça prérime complètement le genre

38:39
Présentateur

c'est intéressant ce que dit Olivier Bomsel Pierre Lambert parce qu'en effet ce qu'aujourd'hui avant on disait Disney film pour enfants de manière de temps en temps un peu péjorative aujourd'hui en voulant s'adresser à énormément de monde est-ce qu'il perd finalement aujourd'hui son discours et il perd sa cible ?

38:54
Invité

c'est certain c'est certain il faut savoir que ce qui faisait la différence d'un film Disney et d'un autre il y a 50 ans c'était la qualité de l'animation c'est-à-dire que les animateurs avaient un tel talent qu'ils nous faisaient croire à l'existence des personnages et donc les enfants s'attachaient aux personnages Toy Story c'est exactement la même chose il n'y a pas besoin d'avoir un très grand animateur pour qu'on s'attache à un jouet puisqu'on le voit vivre le jouet donc c'est la même chose mais là il faut aujourd'hui il faudrait une qualité d'animation formidable pour pouvoir faire croire qu'un personnage en image de synthèse ait des émotions comme Bambi comme Jiminy Cricket voilà il y avait beaucoup plus de on développait vraiment la personnalité du personnage et des personnages secondaires il faut bien savoir que quand Disney a adapté des contes par exemple Cendrillon les souris n'existent pas dans le conte le chat Lucifer n'existe pas c'est à dire que les personnages que l'on préfère dans le film n'existent pas dans le conte originel ce sont des inventions des animateurs et des créateurs de Disney et c'est ce qui faisait la force de Disney parce que qu'est-ce qui reste de Cendrillon ?

si on est une petite fille évidemment c'est Cendrillon en robe de balle mais si on est un petit garçon c'est la méchanceté la cruauté de Lucifer le chat et côté très sympa de Jacques Aigus et on peut faire ça avec chacun des dessins animés de Walt Disney c'était ça le fonctionnement et c'est aussi voire commencé par un film justement avec des jouets

40:11
Présentateur

juste John Lasseter c'était ?

40:13
Invité

c'était le grand animateur de Disney et le réalisateur de Toy Story qui a commencé sur Rocks et Rookie très bien

40:21
Présentateur

on saura tout en tout cas via l'application France Inter il y a cette question de Gilles alors les dessins animés de Tex Avri ont-ils apporté une vague d'émancipation par rapport à Walt Disney ça veut dire aujourd'hui finalement il manque un rival à Disney

40:33
Invité

il y a eu quelques rivaux par moment il y a eu Jeffrey Katzenberg notamment qui co-dirigeait Disney et qui est parti créer Dreamworks avec Steven Spielberg et ils ont quand même fait les Shrek et nombre de films il y a eu des rivaux à certains moments il y a eu Blue Sky qui est un studio d'animation qui a créé l'âge de glace mais là aujourd'hui moi je n'en vois plus du tout non non il n'y a pas de rivaux mais je crois que ce n'est pas le problème en ce moment c'est qu'il y a surtout plus d'inspiration

41:05
Présentateur

mais plus d'inspiration chez Pixar

41:07
Invité

parce qu'elle a été John s'était réparti et l'inspiration a été comment dire revue à la baisse c'est à dire qu'on laisse moins de liberté je pense qu'on part sur des films moins moins difficiles qu'avant Toy Story Ratatouille WALL-E sont des films qui seraient plus produits aujourd'hui chez Pixar parce que un petit robot très intéressant parce que l'exemple de Ratatouille est un bon exemple puisque c'est un film en images de synthèse qui aurait pu être fait en dessin animé de façon tout à fait classique donc parce que le personnage est très attachant par l'animation justement et par le scénario qui est excellent donc c'est vraiment un film en 3D qui a été traité comme un dessin animé

41:50
Présentateur

d'accord

41:50
Invité

ça c'est très intéressant dans le

41:52
Présentateur

vous qui passez votre journée finalement on va parler de Walt Disney des productions Disney qu'est-ce qui vous a fait finalement basculer dans ce monde là Disney qu'est-ce que vous trouvez aujourd'hui je pense que chacun vous l'avez dit tout à l'heure vous avez cité quelques vieux dessins animés auxquels chacun peut se référencer vous qu'est-ce qui vous a fait aimer ce monde de Disney

42:12
Invité

moi j'ai grandi dans les années 90 donc le deuxième âge d'or et donc j'ai adoré cette variété qui pouvait y avoir dans les productions Disney que ce soit Hercule La Belle et la Bête etc adulte je me suis replongée dedans parce que ce que j'ai aimé c'est découvrir les coulisses en fait et le travail qui se cache derrière les productions de Disney et je trouve qu'encore aujourd'hui il y a des belles choses qui sont faites et même au niveau des parcs d'attractions etc moi je suis fascinée par le travail des personnes qui sont derrière la magie qu'on retrouve autant dans les films d'animation que dans les films live que dans les parcs d'attractions

42:47
Présentateur

ce qui est étonnant c'est qu'on voit que vous avez embrassé tout un univers parce que vous parlez en effet des films vous parlez des dessins animés de l'animation et des parcs comme si c'était la même chose

42:55
Invité

Disney c'est un empire il y a plein de choses dedans

42:58
Présentateur

et donc on est forcément obligé de tout prendre ?

43:01
Invité

pas du tout pas du tout pour donner un exemple très concret et je pense que Fabrice va s'insurger j'ai vu tous les Star Wars il y a 3 ans donc je me considérais fan d'animation Disney mais pas nécessairement fan de Marvel ou de Star Wars et c'est des choses que j'ai découvert avec le temps et que j'ai aussi apprécié c'est ça oui Fabrice Lecler il faut juste se souvenir que comme les enfants sont vaccinés les enfants voient tous un Disney de Noël au Grand Rex avec la féerie des eaux ou dans le grand cinéma de votre vie et que c'est comme les vaccins quand on est petit c'est à dire qu'on est tous passé par un Disney tous autant qu'on est autour de cette table et à l'antenne et tous ceux qui nous écoutent c'est quand même le seul système de conditionnement par le cinéma que je connais au monde et dans l'histoire la fameuse piqûre de rappel de décembre ben voilà qui n'existera pas cette année

43:46
Présentateur

voilà exactement parce que ça arrive directement sur Disney Plus c'est ça

43:49
Invité

la force politique de Disney Disney devait sortir un dessin animé à Noël Disney considère je ne vais pas vous raconter à la chronologie mais il n'y a que la règle les règles en cours en France de sortie des films et qui puissent être exposées sur une plateforme ne leur convient pas et tant que cette règle ne sera pas changée c'est une loi ils ne sortiront pas et donc ils ne sortent pas cette année de manière très symbolique le Disney de Noël traditionnel au cinéma il ira directement sur Disney Plus pourquoi ?

parce que s'il l'avait sorti en salle il fallait qu'ils attendent trois ans avant de pouvoir le diffuser sur Disney Plus et Disney a cette force là qui est quasiment une force politique là maintenant de dire moi je vais enlever parce que c'est 3-4 millions d'entrées en Disney de Noël Disney fait chaque année à peu près entre 15 et 25 millions d'entrées au box-office français donc c'est énorme c'est un manque

44:38
Présentateur

à gagner économique important on va en parler de ce poids politique dans un instant dans le débat de midi mais tout de suite on va retrouver l'électrojouissive et euphorique de Mide et son titre Domino c'est la bande son du débat de midi

44:50
Invité

c'était Mide

47:41
Présentateur

avec Domino sur Inter dans le débat de midi

47:44
Invité

France Inter Jean-Mathieu Pernin

47:55
Présentateur

Alors on l'a un peu évoqué lors de ce débat de midi où on parle de l'influence de Disney de cet empire Disney est-ce que finalement c'est mauvais pour la création cinématographique ou pas de voir un tel empire on parlait à l'instant juste avant le disque de Disney Plus cette plateforme qui marche très fort à peu près 130 millions d'abonnés dans le monde d'ailleurs est-ce qu'on peut dire Farouz Zucker c'est une nouvelle ennemie de Netflix par exemple

48:16
Invité

oui très très très clairement c'est les deux adversaires c'est les deux adversaires et il y en a un qui est en train de prendre le pas sur l'autre c'est-à-dire que Disney voit plutôt ses chiffres montés et Netflix voit plutôt ses chiffres descendent pourquoi c'est très simple parce que Disney a un catalogue de films qui est absolument ahurissant que n'a pas Netflix qui est surtout riche en séries

48:36
Présentateur

alors vous allez l'entendre aussi Disney ne fait pas que des heureux je suis désolé Aurore il y a des gens aussi qui n'aiment pas Disney et ça a été le cas vous savez de cet artiste britannique Banksy Banksy avait monté son propre Disneyland qu'il a appelé Dismaland avec eh bien une ambiance très déglinguée voilà des attractions faits avec eh bien du troc avec des objets réparés ça donnait ça

49:01
Invité

c'est une dystopie c'est surréaliste l'humour le lait toutes ces choses là c'est tout cet environnement urbain qui est amené à ce paroxys

49:14
Présentateur

voilà Aurore quand on entend ça c'était un parc d'attractions éphémères est-ce que voilà est-ce que finalement sur ce beau sur ce côté un petit peu dégoulinant de Disney est-ce que vous pensez que ça peut aussi de temps en temps énerver insupporté et véritablement être détesté

49:30
Invité

de toute façon on le voit il y a beaucoup de gens qui détestent Disney qui n'apprécient pas et qui le critiquent sur les réseaux sociaux

49:35
Présentateur

oui c'est vrai

49:36
Invité

après dans le cadre de Dismaland je trouve ça génial oui c'est ça personnellement je trouve ça très amusant

49:40
Présentateur

sur la créativité Pierre Lambert est-ce que finalement Disney a des ennemis est-ce qu'ils ont toujours eu des ennemis Disney sur la manière de ce qu'ils proposaient dans les dessins animés dans les modèles aussi qu'ils proposaient est-ce qu'il y a eu des ennemis

49:51
Invité

oui oui de tout temps de tout temps ça a commencé dès le départ mais en réalité moi je trouve que effectivement Disney l'entreprise Disney d'aujourd'hui n'a rien à voir évidemment avec celle d'il y a 50 ans c'est vraiment une entreprise de spectacle très très importante alors qu'à l'époque c'était vraiment une image liée au dessin animé ça a été très longtemps liée au dessin animé puis avec Zorro quand même première série c'était quand même Zorro dans les années 60 qu'on en diffuse même encore aujourd'hui les documentaires animaliers où Disney a mis énormément de moyens pour faire les plus beaux documentaires animaliers qui existaient à l'époque d'ailleurs il y a eu plusieurs Oscars pour ces documentaires donc il y avait un côté vraiment très innovant et très créatif et ensuite lorsqu'il a disparu Disney était l'âme de son studio qu'il avait créé et à part les artistes c'est-à-dire les animateurs et réalisateurs qui travaillent avec lui qui ont continué pendant une bonne décennie ensuite ça s'est complètement ça a complètement disparu il n'y a pas eu de transmission donc pour moi c'est devenu autre chose le seul point commun je l'ai dit tout à l'heure c'est les parcs d'attraction parce que les parcs d'attraction ont été créés par les mêmes personnes au même endroit depuis 60 ans moi je pense qu'il y a un moment il faut s'en référer au public parce que le public a toujours raison il y a quand même 12 à 15 millions de gens qui vont à Disneyland Paris chaque année je ne pense pas qu'ils se fassent violence et qu'ils y aillent contre leur gré voilà je pense que ça parle ça parle au public les gens voilà ça change les idées pendant un jour deux jours c'est vrai moi j'y suis allé j'y suis allé souvent depuis l'ouverture c'est vrai voilà je vais passer quelques heures là-bas ça me change les idées même si je connais des attractions par cœur et quand je ressors je me dis ah tiens il n'y a plus la petite musique vous savez cette petite musique qui est très entraînante et bien voilà c'est une certaine idée du paradis d'autres en ont d'autres je dois bien croire

51:43
Présentateur

Olivier Bomsel par mail on a reçu aussi cette question autour de la rentabilité c'est Xavier sur l'application France à Terre qui nous dit aujourd'hui est-ce qu'on peut faire un lien entre la rentabilité économique dont recherche Disney et d'autres groupes bien sûr et la créativité

52:03
Invité

ce qui est certain c'est qu'un film coûte pratiquement aussi cher à distribuer qu'à produire parce qu'il faut créer l'événement il faut créer le marché chaque film doit créer son marché et par conséquent il y a des économies d'échelle considérables dans le fait d'exploiter des franchises des marques qui peuvent donner lieu à plusieurs produits avec des sorties programmées etc.

et il y a incontestablement une logique économique à investir beaucoup dans la production et autant dans la distribution mais en limitant le risque et en accroissant les investissements de distribution autour des franchises ça c'est une règle économique de base et si par ailleurs on peut exploiter la marque sur plusieurs supports c'est à dire en salle sur la plateforme avec des produits dérivés etc.

là encore la rentabilité s'accroît donc le cinéma ne peut pas échapper complètement à une logique de marque il en a même toujours été prisonnier sauf que tantôt les marques se sont calées sur les acteurs les acteurs stars c'était le star system d'Hollywood tantôt sur les auteurs et les metteurs en scène c'était le nouvel Hollywood la nouvelle vague etc.

où tout d'un coup les créateurs ont été identifiés comme les metteurs en scène et puis ça a été sur les personnages et là-dessus ça a toujours été le registre de Disney donc Disney achète des portefeuilles de personnages et les exploite dans une stratégie où il y a un investissement de production pour faire la création nouvelle et il y a un écosystème qui permet sa commercialisation qui peut être très rentable l'arène des neiges ça fait autant en produits dérivés ça fait même davantage en produits dérivés qu'en recettes des films

54:17
Présentateur

alors juste pour terminer parce qu'il nous reste quelques secondes encore juste faire se clair là nous sommes au mois d'août avant Noël on va encore avoir énormément j'imagine de Disney qui arrive notamment il y a Avatars 2 ça va être le gros morceau

54:30
Invité

de cette rentrée c'est comme Disney a racheté la Fox Avatar et maintenant sous bannière Disney le Avatar numéro 2 sort le 14 décembre je crois et je voulais juste rajouter quelque chose très très rapidement la première série originale française qui va être produite par Disney Plus en France c'est une série qui raconte Notre-Dame des Landes et la ZAD

54:52
Présentateur

je l'ai juste sur cette là-dessus je pense que ça peut clore le débat merci beaucoup en tout cas Fabrice Leclerc également merci à Pierre Lambert à Aurore Pixie et Olivier Bommsel et merci également pour la réalisation de cette émission à Théo raison technique également Anne-Laure Cochet préparation de l'émission Victorien Thomas et Pénélope Tricard programmation musicale Juliette Lorphelin nous on se retrouve demain pour un autre sujet à moins que ça se rejoigne un peu puisqu'on va parler des lobbies est-ce qu'il y en a des bons des lobbies et ben on voit ça demain on se retrouve très vite merci