FABRICE LUCHINI : SES CONFIDENCES INÉDITES ET CE QUI NE VA PAS DANS LA SOCIÉTÉ (JOURNALISME, VÉLOS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 5 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Vous êtes beaucoup sur le téléphone ou pas ?
- 0:52ComplaisanteRéponse directe
Il va nous parler de son film et de ses pièces de théâtre qui sont complètement sold out.
- 6:48OuverteRéponse directe
Dites-moi la question précise.
- 9:30OuverteRéponse directe
Vous étiez quel genre d'élève quand vous étiez à la Goutte d'Or à l'époque ?
- 10:09RelanceRéponse directe
Vous étiez quel genre d'élève quand vous étiez plus jeune ?
- 11:57OuverteRéponse directe
Vous vous êtes senti vide à un moment donné ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 19:11InvitéChiffre
« il coûte un million neuf, aucun film ne coûte moins de 4 millions »
- 22:51InvitéFait
« J'ai été iré dans les Barbès et j'ai vu des scènes... »
- 26:14InvitéFait
« C'est la chaude pisse. »
- 26:42InvitéFait
« Nous, on a été la génération préservative. »
- 33:49InvitéFait
« Je ne reconnais qu'une aristocratie. C'est celle de Proust, de Bernanos et tous ces gens dans la salle. »
- 34:00InvitéFait
« Je crois que si Flaubert rentrait dans ma chambre, je crois que je crèverais sur ma chaise. »
- 34:13InvitéFait
« Je crois que je crèverais s'il y avait Colette qui venait. »
- 35:47InvitéFait
« « Robert, la vie, c'est une tartine de merde. Il faut que tu comprennes que tu en boufferas. » »
- 40:42InvitéFait
« Oui, ce n'est même pas que je le fais, c'est que je le paye surtout. »
- 40:56InvitéFait
« Avant, c'était trois fois par semaine, allongé, ce qui est très douloureux, car ça a moyennement marché, puis ça fait 30 ans comme ça. »
- 42:33InvitéFait
« Il n'y a aucune guérison en psychanalyse. Aucune. »
- 43:02InvitéFait
« La psychanalyse, le théâtre et éventuellement une religion. Il y a trois choses qui enlèvent ton égo dans sa prétention et dans sa bêtise. »
- 43:51InvitéFait
« C'est épouvantablement protestant. C'est à la fois juif et protestant. Juif pour la culpabilité, protestant pour la responsabilité. »
- 44:23InvitéFait
« La psychanalyse, c'est « Je suis acteur de tout ça. Je sécrète tout ça. Je suis responsable. Dans un divorce, je suis responsable. Elle aussi, mais moi aussi. » »
- 48:26InvitéFait
« Alors, il n'y a pas de guérison mais disant que si je n'avais pas rencontré mon premier psychanalyste qui s'appelait le docteur Bouvier, j'aurais pu être un histrion hystérique qui n'avait pas vécu le plus beau miracle de sa vie. »
- 50:31InvitéFait
« « J'ai été trop bon fils pour être un bon père jusqu'à son adolescence. » »
- 51:43InvitéFait
« Le miracle, c'est de l'avoir découvert tardivement, vers 13 ans. Et là, j'ai assuré un peu, j'ai été responsable, j'ai été adulte face à des situations difficiles, douloureuses. »
- 1:01:38InvitéFait
« Moi, je suis très anxieux et très addict. C'est-à-dire que je suis malade, malheureusement. »
Temps de parole
- Invité91 %
- Présentateur9 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre invité aujourd'hui c'est Fabrice Luchini, je suis très heureux de le recevoir. J'ai découvert depuis deux mois que je sépare les gens en deux catégories. Il y a ceux qui sont enivrés d'eux-mêmes, des gens qu'on, je dirais pas une demi-mole, mais qui sont dans un état de bonheur à l'idée d'être ce qu'ils sont. Quand Pascal dit « si tu veux que les gens pensent du bien de toi, mais surtout n'en dis pas », et il y a les dépressifs. Vous êtes beaucoup sur le téléphone ou pas ? Moi je suis très anxieux et très addict. J'ai pas compris pourquoi j'arrête pas de recevoir du Mike Tyson. J'ai des chiens, Mike Tyson. C'est l'algorithme ?
Ouais, je sais pas, moi j'ai des trucs de chutes de petits chiots, des chutes de casse-ous-clé, des chutes, des chutes. C'est d'une puissance, personne ne pourra rivaliser.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Notre invité aujourd'hui c'est Fabrice Luchini, je suis très heureux de le recevoir. Il va nous parler de son film et de ses pièces de théâtre qui sont complètement sold out. Tout est complet pendant plusieurs mois. Il va nous raconter son parcours, sa carrière, les 15 ans d'échec qu'il a eu au début pour après exploser, devenir un des acteurs préférés des Français, avoir un César, Molière, etc. Il va nous raconter tout ce qu'il n'a jamais raconté. Il m'a dit qu'on pouvait vraiment parler de tous les sujets. Donc on va parler de tout ça, mais juste avant, je voulais remercier notre sponsor sur cette vidéo.
C'est Finary, qui est une plateforme qui permet de gérer son argent et de permettre de comprendre, vous allez voir, de gérer son budget. Parce que chaque année on se dit qu'on va mieux gérer son argent. Là c'est directement concret, grâce à Finary, vous pouvez loguer vos comptes et voir directement tous vos frais, tous les abonnements inutiles que vous avez. Vous pouvez vous rendre compte combien vous avez de frais sur votre plan épargne-retraite, même sur les actions que vous avez, sur tous vos investissements. Ça vous permet de piloter vraiment tout ça et de pouvoir aussi investir, d'ailleurs grâce à Finary.
On a reçu à quelques temps Mounir Lagoon, qui est le patron, celui qui a créé Finary. Et on a abordé non seulement tout ça dans l'émission, comment bien gérer et faire évoluer aussi son argent, et comment les grandes familles françaises font pour optimiser leur patrimoine et pour continuer de rester très riches. Leur choix, leurs décisions en bourse et leurs stratégies. On a aussi parlé de Warren Buffett, qui est très très riche, et comment il a réussi à devenir très riche, et aussi grâce à la bourse. On a abordé tous ces sujets très intéressants. Donc si vous allez voir l'émission directement sur Finary, vous allez dans la description de cette vidéo.
Voilà, merci à eux de nous sponsoriser cette émission. Et juste avant de commencer, je vous rappelle que l'on part en tournée à partir d'octobre 2026. Ça s'appelle le Légende Tour. Vous pouvez prendre vos places pour venir nous voir, on a hâte de vous voir en tout cas, dans toutes les plus grandes salles de France, dans les 16 plus grandes villes de France. On va faire 18 dates avec deux Adidas Arena et deux forêts nationales à Bruxelles. On va passer à Montpellier, à Chambéry, à Dijon, à Toulouse, à Strasbourg, à Aix-en-Provence, à Lyon.
Il y aura six invités récurrents qui seront là sur toutes les dates, qui seront sur une scène centrale dans ces grandes salles, dans ces Zéniths par exemple. Il y aura Philippe Boxo, le médecin légiste. Il y aura Julien qui est pilote de Tigre, pilote d'hélicoptère de combat. Donc vous pouvez prendre vos places sur légende-tour.fr. légende-tour.fr. Il y a toutes les dates dessus, il y a des invités, des artistes qui vont se rajouter. Ragnard Le Breton, Rémi Gaillard, Franck Dubosc, Kev Adam, il y aura aussi Mickaï Nune. Il y a plein d'autres invités qui viendront avec nous. Maxime Gasteuil qui sera là sur la date de Bordeaux en plus et de Toulouse.
Donc vous pouvez voir le programme sur légende-tour.fr. Venir en famille, venir avec les parents, avec les enfants. Et maintenant c'est parti, on y va avec Fabrice Luchini sur légende.
Mon directif de l'opérateur, ça vous voulez, c'est ça, et je passe au responsable.
Bienvenue Fabrice, content de vous avoir, je suis très content de vous recevoir. Merci. On ne s'est pas parlé avant, c'est la première fois qu'on fait ça. Vous rentrez sur le plateau et vous dites on va garder pour après. Vous ne m'avez pas parlé avant, on se découvre en plateau. C'est très drôle. Oui, ça vous arrive rarement. Ah bah jamais, c'est sur 580 émissions, là c'est la première fois.
Ah oui, mais ça ne sert à rien de parler avant. Pourquoi ? Parce que c'est du bruit, c'est de la conversation sans intérêt. Tandis que là, il y a une confrontation très stimulante. Parce que jamais je n'aurais imaginé être en face de Guillaume Play. Mais jamais. Pourquoi ? Parce que vous êtes comme une incarnation de la positivité. Et quand j'ai le privilège de vous suivre, je me dis, mais qui est cet être humain ? Quelle est la nature de cet être ? Quel est son moteur ? Et ça m'a fasciné. Parce que vous êtes comme un espace très éloigné. Et un jour, on m'a dit, il serait bien que tu passes devant Guillaume Play. Et bien maintenant, je suis devant Guillaume. Merci beaucoup.
Pourquoi de la positivité, vous me dites ? Parce qu'il n'y a pas de cynisme, et dans votre visage et dans vos questions, il n'y a pas de mépris, il n'y a pas de ricanement. Vous n'êtes pas dans le ricanement, vous n'êtes pas dans le concept du « on va se moquer ». Vous êtes enthousiaste. C'est étonnant. Moi, je juge Cioran en plus d'Hugo. Cioran, c'est lui qui commence en disant, ne nous suicidons pas tout de suite, il y a encore quelqu'un à décevoir. Ça, c'est la première phrase. D'accord ? Cioran, il dit, en permettant l'homme, la nature a fait une erreur de calcul. Eh bien, vous êtes l'antithèse de Cioran. C'est gentil.
Et j'espère que vous serez aussi drôle que Cioran, qui reste un très grand auteur comique.
J'ai vu, vous venez pour à la fois un film, vous faites deux spectacles. La plupart des dates sont complets partout. C'est un énorme succès depuis des années. On peut aborder tous les sujets. Vous avez déjà vu des émissions ? Comment ça se passe ? On refait la vie de l'invité, naturellement ?
Vous faites ce que vous voulez. Moi, je ne viens pas vendre quoi que ce soit, mais c'est vrai qu'il y a un film qui sort, qui est d'un très beau texte des Inrocutibles, qui vient de sortir aujourd'hui, qui dit que c'est un film très beau, bizarre, émouvant et magnifique. Et j'aime beaucoup l'idée qu'ils aient dit bizarre. Pourquoi ? Parce que Baudelaire dit que, je ne vais pas citer beaucoup, mais Baudelaire dit qu'il n'y a de beauté que quand c'est bizarre. Et je n'avais jamais bien compris cette phrase de Baudelaire. Pourquoi Baudelaire dit que le beau ne peut être que bizarre ? Tant qu'on va taper aussi dans des petits trucs... Il n'a pas tort, il n'a pas tort. Ah, il n'a pas tort, non ?
Alors maintenant, je vous laisse faire.
Ça rend encore plus... Quand c'est mystérieux, le bizarre, c'est un peu mystérieux. Eh bien, Victor, comme tout le monde... C'est le titre du film. Oui. D'ailleurs, c'est très proche de vous, finalement. Alors... Monsieur Zucchini, monsieur Leuchini... Oui.
Votre fille... Alors, la question précise, dites-moi. Dites-moi la question précise. C'est une discussion. Eh bien, Zucchini, ça veut dire petite courge. Luchini, ça veut dire petite lumière. Le personnage s'appelle Robert Zucchini. Dans la ville... C'est votre vrai prénom, Robert. Mon vrai prénom, c'est Robert. Et je m'appelle Robert Luchini. Puis après, on m'a appelé Fabrice Luchini, dans le salon de coiffure. Il trouvait que ce n'était pas assez chic.
Oui, c'est ça. Et c'est le patron qui vous a demandé de changer de prénom ?
Ah oui, bien sûr. Moi, j'avais 14 ans.
Ça, c'est une vraie histoire.
Ah, tout est vrai, oui.
Parce que parfois, ça pourrait être un truc de marketing. Oh non, pas du tout. Non, non, vous connaissant, je rate beaucoup ce que vous faites. Je suis très content, d'ailleurs, de vous avoir. Je sais que... Non, non, non.
J'avais 13 ans et demi. Je l'ai raconté un million et demi de fois. Mais je peux te le faire rapide. Oui, oui. Je suis rentré dans ce salon de coiffure. Je sortais de la comptabilité, où on m'avait essayé de me sauver. Et à part pacif et actif, j'avais vraiment même pas compris qu'elle était la colonne active et la colonne passive. Et là, tout le monde a dit, il est irrécupérable. Et ma mère a eu cette idée de génie de dire, elle a ouvert François, dans les années 65. Un journal, François. Oui, il y avait énormément de demandes de boulot. Et on m'a emmené comme apprenti coiffeur. Je vous avoue que je n'avais aucune idée. Mais le moteur de ma mère, c'était de me protéger des intempéries.
Car elle-même était vendeuse de fruits et légumes dans la boutique de mon père. Ils étaient tous les deux vendeurs de fruits et légumes. Rue Ramay, pas loin de la Goutte d'Or. Et les hivers étaient terribles. Et dans la perception merveilleuse de ma mère, la coiffure était la protection des intempéries. Parce que c'est évident qu'un coiffeur, ce n'est pas dehors. Je vais enlever ma veste parce qu'il y a une ambiance déjà énorme. Ah oui, alors évidemment, il y aura un micro-midi.
Attends, on fait un cut pour le micro. Voilà, ça y est, on a changé le micro. Il faisait chaud sur le plateau.
Oui, il faisait chaud. Mais d'ailleurs, une des choses qu'on remarque quand on arrive ici, c'est la qualité vraiment spécifique de tous les participants à cette émission. Il n'y a pas l'énergie des pubeux. Tu sais, les pubeux toujours débordés. Et puis pas non plus le service public, tranquille. Tu vois, il y a des gens qui ont une énergie positive. Oui, positive. C'est l'incarnation de la jeunesse. Il y a quelque chose de... Il y a des gens gentils. Mieux que gentils, il y a des gens... Vous avez une collaboratrice qui est formidable au niveau de la référence littéraire. Donc, on en était au sein de la coiffure. À la Goutte d'Or, vous disiez... Non, je suis né rue Ramay dans le 18ème.
Une petite rue entre la Goutte d'Or et Barbès et Châteaurouge. Et donc, voilà.
On a eu des photos avec vos frères. Vous êtes devant sur le scooter ? Je suis devant.
Et là, c'est à Ville-Rue. Ville-Rue, c'était la communauté italienne qui émigrait d'Italie et qui travaillait à Odin-le-Piche, à tous ces endroits de l'Est, dans les usines. Mon grand-père était un ouvrier d'usines. Et à Ville-Rue, les gens parlaient totalement italien. Vous étiez quel genre d'élève quand vous étiez à la Goutte d'Or à l'époque, quand vous étiez plus jeune ? Inadapté et catastrophique, malheureusement. Et je trouve que c'est une connerie de mettre en avant les autodidactes. C'est assez démagogique. Ce n'est pas génial d'avoir été mauvais élève. Ce n'est pas génial. Non, mais c'est votre parcours. C'est mon parcours.
La petite vertu, c'est que le peu qu'ils savent, ils le savent de manière organique, complètement profonde, complètement obsessionnelle. Mais ils ne savent pas tout. Alors qu'on peut imaginer qu'un très bon élève, c'est tout à peu près bien. Et il n'a pas de névrose qui l'obsède sur un truc. C'est sûr que si j'avais été bon élève, j'aurais peut-être été moins insistant sur Molière, sur La Fontaine, sur Céline, sur Cioran, sur Hugo en ce moment. Mais la mythologie de l'autodidacte n'est pas bonne. Ce n'est pas bien. Au contraire. Ah bon ? Oui, parce que c'est très séduisant de dire qu'il était très mauvais à l'école, et puis après il a fait ça, il a fait ça, etc.
En réalité, mauvais à l'école, ce n'est pas gratuit. Ce n'est pas gratuit. Ça veut dire quelque chose d'inadapté. C'est assez complexe, mais dans les séances d'analyse, j'en reviens beaucoup sur... Enfin bon, je ne vais pas vous raconter ma vie comme ça, mais ce n'est pas si bien que ça d'être mauvais à l'école.
Ce n'est pas été bon du tout sur toute la scolarité ?
Ah oui, vraiment pas bon du tout. Il n'y avait pas un seul domaine. Je l'ai dit souvent, mais je peux le répéter, c'est... rien ne me parvenait.
Vous avez dit que je suis fragile et vide. Vous vous êtes senti vide à un moment donné ?
Non, mais c'est la condition d'être comédien quand même.
D'être un peu... oui, fragile, oui.
Même plus que fragile, il faut être... Il ne faut pas... Ouais, il est plutôt utile de ne pas être trop plein de toi. C'est à dire quoi ça, c'est intéressant ? J'ai découvert depuis deux mois que je sépare les gens en deux catégories. Si Orang, il dit qu'il y a ceux qui dorment et ceux qui ne dorment pas, ce n'est pas bête. Ce n'est pas bête. Celui qui dort ne se rend pas compte de ce que c'est de ne pas dormir. L'enfer de la vie quand tu ne dors pas. S'il savait ce qu'est la vie d'un insomniac, Céline, Proust, évidemment, Cioran, etc. Le bonheur du mec qui écrase. Tu sais, en vacances, quand toi, tu ne dors pas et qu'il y a un mec qui te dit « Oh putain, j'ai écrasé ! J'ai fait le cadran !
» Et là, toi, tu es accablé, tu as pris 400 produits pour avoir 3 heures normales. Et il y a un mec qui te dit « J'ai écrasé, putain, j'ai fait le cadran ! » « J'ai fait le cadran, mais j'ai envie de le tuer ! » « J'ai fait le cadran ! » Alors, je reviens à ce que vous me posez comme question. Oui, dernièrement, je suis en train de découvrir qu'il y a deux sortes d'êtres humains. C'est récent. Il y a ceux qui sont enivrés d'eux-mêmes. Je vous jure que ça existe. Des gens qui ont, je ne dirais pas une demi-mole, mais qui sont dans un état de bonheur à l'idée d'être ce qu'ils sont. Et il y a les dépressifs.
Et puis, les gens du voie du milieu qui ont un rapport à leur narcissisme, pas trop mal, mais qui ont un rapport au doute, pas trop mal. Mais parlons de deux excès. Les enivrés d'eux-mêmes, j'en ai rencontré beaucoup. Et il y a même des gens qui pensaient que j'étais moins un enivré. C'est comme, on m'a fait beaucoup le procès, il n'arrête pas de citer, il nous emmerde, il est toujours en forme, ces pédales-là, une espèce de pédicite. Tu remarqueras, pédé est un mot qu'on n'emploie absolument plus, maintenant. Mais moi, on disait toujours que j'étais homosexuel, parce que j'avais un phrasé un peu... Je ne sais pas ce qu'il raconte. Mais enivré de soi-même, ça existe.
Des gens, tu déjeunes avec eux, ils sont contents d'eux. Ils sont pas loin de l'enivrement. Ils sont... Je ne sais pas comment te dire, quand j'ai dit demi-molle, c'est même plus que demi-molle. Ils sont... Et puis, il y a les autres. Les autres, ils sont fréquentables. L'infatué. L'infatué. Le prétentieux. Il y a une phase... On va me critiquer parce que je cite, et ils n'ont jamais compris que c'était la plus grande preuve d'humilité. C'est que quand t'as un génie comme Jules Renard qui dit « Je ne sais pas si j'ai du goût, mais j'ai le dégoût très sûr. Pourquoi tu te priverais d'un mec qui est dix fois plus génial que toi ?
» Et quand Pascal dit « Si tu veux que les gens pensent du bien de toi, mais surtout, n'en dis pas. » Et c'est vrai que ça passe pas. Un mec qui arrive et qui dit à l'interview, au début de l'interview, je trouve qu'en tant que comédien dans ce film de Pascal Bonnitzer, c'est assez énorme ce que je fais. Là, on appelle la psychiatrie, on dit « Là, il y a un gros, gros problème. » D'ailleurs, si j'ai accepté aussi cette interview avec vous, parce que un rire dionysiaque, souvent, même quand les invités font des trucs pas sublimes, t'as le rire possible. Souvent, d'un mec qui parle d'un truc hyper sérieux.
Et toi, j'ai vu beaucoup de vos interviews et je me disais « C'est merveilleux, il n'est pas cynique, il n'est pas… » « C'est très mauvais ce que tu viens de faire là. » Je ne vous ai jamais vu dire « Pas drôle du tout votre truc. » « Non, tu adhères à ce qu'il propose l'interviewé. » Et je me suis dit « Il est incroyable. » Je voulais le rencontrer parce qu'il incarne le positif. C'est un mec qui va bien, mais il n'est pas enivré de lui-même. Il est enivré d'une certaine joie. La joie de la réussite. Il est quand même hors de question de mettre de côté que légende, ça j'aimerais vous poser une question et vous y répondrez si vous le désirez, c'est une réussite.
Et quand je suis rentré et que j'ai vu tous les gens qui travaillaient avec vous, je me suis dit « Cet homme crée quelque chose. » Non, mais je le dis sincèrement, c'est aucun d'intérêt. C'est gentil. Vous créez quelque chose. C'est très saisissant quand on rentre chez vous. C'est marrant. C'est saisissant. C'est rigolo d'avoir votre avis. Et vous avez une collaboratrice qui parle très très vite. On a du mal à tout comprendre tellement elle va vite. Cette jeune femme est venue au théâtre mardi pour Hugo. Et elle avait emmené sa maman au Ciron. Donc, quand tu as en face de toi des gens de cette qualité et qui voient tout et qui te parlent, tu comprends que ton métier est miraculeux.
Ton métier est miraculeux. J'ai un métier, je le dis, depuis deux ans et demi que je joue Hugo avec ce film « Victor comme tout le monde » et je vais vous dire pourquoi il s'appelle « Victor comme tout le monde ». Là, je vais être hyper pas négatif, hyper passionnant, hyper passionnant. Je suis presque, oui, chaque soir à l'atelier, à la Porte Saint-Martin, bientôt, ébloui. Il y a 800, 600, 1000 personnes qui viennent. Au Ciron, ce n'est pas du tout pareil. Ciron, c'est le bonheur de la conversation géniale, de la grande langue française, ce roumain qui abandonne la langue roumaine pour devenir français, etc. Là, c'est un autre chose.
Un mec qui a dit cette phrase sublime, on n'habite pas un pays, on habite une langue. Cette phrase est sublime. Mais, je vous avoue que depuis deux ans et demi, création du Hugo, le film, « Victor comme tout le monde », il est juste, parenthèse finie, je fais des réponses un peu longues, pardonnez-moi. Non, non, c'est vrai. Je vais vous dire, je ne jouais pas Hugo. quand Sophie Filière écrit ce film qui devait s'appeler Hugo et qu'on a appelé Victor comme tout le monde, je vais vous expliquer pourquoi. Eh bien, quand elle a écrit, je ne jouais pas Victor Hugo. Donc, c'est la fiction qui a précédé ma réalité. Je ne jouais pas Hugo, je jouais La Fontaine et le confinement.
Parce que dans le film,
il y a des moments de spectacle, de vrais spectacles.
Oui, oui, oui. Très peu, mais des très drôles, des très beaux. c'est parce que Yves-Angelo qui est le plus grand opérateur, un des plus grands opérateurs français, Nocturne Indien, je ne te dis pas tout, tous les films de Claude Berry, tous les films d'Ecetera, le grand ami de Bruno Nuitaine, a eu cette idée, n'ayant pas d'argent, car le film qui s'appelle Victor comme tout le monde a été fait dans des conditions de grande économie. Je ne sais pas, il coûte 25, moins, oui, je ne sais pas, il coûte, ça va vous sembler des grosses sommes, il coûte un million neuf, aucun film ne coûte moins de 4 millions, les films coûtent entre 4 et 5 et 30 ou 40.
Oui, ça coûte très cher le cinéma tout de suite. 4 ou 5 pour les films moyens français, avec Chambre de Bonne, écrivain qui ne sait pas comment écrire, bon, non mais je caricature un peu le cinéma français, parce qu'on critique souvent, ce n'est pas vrai du tout, moi je trouve, moi j'adore le cinéma français, le mec qui a envie d'être hyper positif, mais moi, tu sais, je suis un dingue de Guitry, de Pagnole et de Clouseau, alors les gens, ils vont me dire, mon fils, il s'est passé des choses depuis, oui, oui, je sais, je sais. Qu'est-ce qui est vital ? Qu'est-ce qui est vivant ? On n'arrête pas de dire la parole politique est dévitalisée, vous entendez beaucoup ça.
Les politiques n'ont plus aucune réalité, leur parole est dévitalisée. Les journalistes, on s'en méfie, leur parole est dévitalisée. Une défiance sur... À part Darius Rochemin qui est dans un état d'extase quand Poutine va peut-être provoquer Berlin et Paris avec une bombe atomique où là, vraiment, il est épanoui. Lui, il est dans un état de bonheur total. Tu sais comment Nietzsche appelait le journalisme ? Non. La fausse alerte permanente. Puis il a dit une phrase terrible. Encore un siècle et avec le journalisme, les mots pueront. Elle est dure, cette phrase. Il a toujours philosophé à coup de marteau. Tu as une idée de Nietzsche ou pas du tout ? Non. Oui, c'est bien.
Guillaume, il ne baratine pas, il n'essaye pas de faire l'intello Nietzsche. Tu n'as rien lu du tout. Je n'ai rien lu du tout. Je ne sais pas, je ne sais pas.
Je déteste les gens qui font semblant.
Oui, oui, mais c'est formidable. Alors, je te conseille Exceomo. Pourquoi j'écris de ce que je dis ? Par contre,
je vais le lire et si je le dis, je le fais. Alors,
tu commences par Exceomo.
Si tu veux,
moi,
je te dis ça, je pourrais être ton père. J'ai vu que vous avez fait votre, à l'époque, en tant que coiffeur, votre première fois avec une cliente. Vous allez raconter, c'est vrai, cette histoire ? Sexuellement ? Oui. Oui, c'était, je peux dire son... Ah oui,
ce n'était pas une coupe de cheveux. Non, c'était Chantal Poupot, la maman de Melville, qui est devenue une immense amie et je n'arrêtais pas de me... Moi, j'étais très, très imprudent et assez offensif et je n'arrêtais pas de faire la pub sur mon... sur le fait que j'étais vierge. Auprès des clientes, en les coiffant. Oui, auprès des clientes, parce que j'avais 15, 16 ans, je ressemblais à ça, tu vois. Alors ça, c'est... Oui, je ressemblais exactement à ça.
Exceptionnel.
Oui, mais ça, je ressemblais à ça. Et les filles, alors j'avais un succès mitigé parce que je ressemblais un peu à une fille et puis je n'arrêtais pas de me vanter et puis un jour, Chantal, elle me dit « Mais moi, je connais une femme merveilleuse qui adore les jeunes. Alors je vais te l'envoyer. » Donc elle me l'a envoyée. Et ça a été un bide énorme. Mais enfin bon, ça s'est passé quand même. Mais c'était une cliente. Mais tu sais, je vais vécu... Enfin bon, je ne veux pas revenir là-dessus. J'ai vécu... J'étais complètement plongé dans l'univers féminin. Pendant 10 ans, j'assistais à l'épilation du maillot de Marlène Jeubert parce que j'avais l'air d'une fille. Donc bon, il s'en foutait.
On faisait le bras, machin, les cuisses. Donc pour un pauvre gosse de 15-16 ans où la libido commence à monter, on peut dire que je devenais un véritable tracassé du Périnée. Ça, je l'ai traversé.
Et vous alliez... Vous étiez... C'était dans une émission de télé, vous racontiez. la prostitution, vous êtes allée... Oui. Vous avez une période, quoi. C'est une période...
J'ai été iré dans les Barbès et j'ai vu des scènes... C'est un quartier de Paris, Barbès. Oui, à la Goutte d'Or. C'était horrible pour les femmes, mais c'était au niveau littéraire. Je dis bien littéraire. En ne dévalorisant pas l'exploitation monstrueuse. Mais là, moi, je vais me contenter d'être un observateur et non pas un politicien, non pas un prêtre, non pas un moraliste, un observateur. Et je me souviens, je me baladais dans la Goutte d'Or. Il faisait beau comme en ce moment-là. Et je voyais des groupes complètement écrasés les uns contre les autres. Et je me disais mais c'est quoi ? Quelqu'un m'a dit c'est...
Il n'y a qu'un bordel à la Goutte d'Or et lui, c'est le bordel le plus important. Mais je dis mais c'est quoi ? Bordel, j'avais une petite idée. C'est un introuppement devant un immeuble. Oui, il y avait 50 personnes figées car leur misère, la misère des gens émigrés était telle qu'ils se contentaient de rester devant. Et il y avait une grille, tu sais, un peu comme dans les prisons. Et je me suis mis dans le groupe, tu vois, pour regarder et il y avait effectivement comme dans les bordels au Moyen-Orient. Je me suis dit, je ne sais pas, je n'ai jamais été au Moyen-Orient à part l'Irak et la Syrie et puis je n'ai pas été dans ces endroits-là.
Et je vois tous ces hommes et c'est ce qui me bouleverse, c'est de voir tous ces hommes, tous ces hommes réduits à cette attente. Et j'entends un mot comme un mantra. J'entends 32 les hommes bouger. Je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que ce mantra ? 32 les hommes bouger. 32 les hommes bouger. En tout, monsieur qui venait du Maroc, je me suis dit, mais qu'est-ce que ça veut dire 32 ? On me dit, c'est le prix. C'est le prix. Je dis, le prix de quoi ? Tu peux monter avec 32. Alors, je n'étais pas emballé, tu vois. C'est 32 francs. 32 francs de l'époque. 5 euros. Et 5 euros. 32 les hommes bouger. Bon, moi, je ne bougeais pas, je n'avais pas envie de rentrer, j'étais trop timide.
Et à un moment, la porte s'est ouverte. Et c'est la plus belle réplique digne d'Arletti. Il y a une femme qui a ouvert la porte et qui a dit, quoi ? Elle s'est adressée à un mec, quoi ? T'attends Brigitte Bardot ? Elle n'est pas là, c'est moi qui la remplace. Bougez les hommes, 32. Et il y en a un ou deux qui sont rentrés. J'ai adoré cette réplique. J'avais l'impression qu'il y avait Arletti et Louis Jouvet. Elle a ouvert la porte et elle a dit, t'attends Brigitte Bardot ? Elle n'est pas là, c'est moi qui la remplace. Bougez les hommes, 32. J'ai adoré et j'entendais. Et tous les jours, je passais pour entendre ce mantra. 32 les hommes, bougez. Bouger, c'est pour dire dépêchez-vous.
Décidez-vous. Ouais, décidez-vous, quoi. 32 les hommes,
bougez. 32 les hommes. Et un jour, vous êtes rentrés.
Non, parce que d'abord, si j'étais rentré, je ne te le dirais pas parce que maintenant, on peut aller en prison. Mais, mais, mais, j'ai adoré, j'ai adoré, regardez, j'ai adoré ça, mais je n'ai pas du tout consommé parce que j'avais une peur phobique des maladies.
Et à l'époque, il n'y avait pas de...
Il n'y avait pas de préserver le sida. Il n'y avait pas ça. Mais il y avait, mais c'était très, très propagé. Il y avait clamidier et mycoplasme. Il y a eu gonocoque. Il y a eu une grande époque gonocoque. Très déprimant. Pipi, brûlure. Grosse brûlure qu'en pipi. Ça s'appelle gonos. La gonos. C'est la chaude pisse. La chaude pisse, les mecs en sont fiers parce que ça veut dire qu'ils ont trempé la teub. Mais gonos. Puis après, ça s'est raffiné dans les années 70-80. Chlamidier. Chlamidier. Très emmerdant. Parce que ça peut te faire que tu ne peux plus avoir de môme. Et mycoplasme. C'est un peu une dérive du gonos. Donc, il y avait beaucoup, beaucoup de maladies. Donc, j'étais très phobique.
Le préservatif existait déjà ? Ah, bien sûr.
Oui, ça existait. Oui, oui, oui. Nous, on a été la génération préservative. Mais moi, tu sais, je n'aimais que tomber amoureux parce que, comme dit Socrate, on aime être amoureux pour faire de magnifiques et de très longs discours. L'état amoureux, quand héros s'est réveillé, tu te mets à parler aux femmes.
Je sais pas, vous avez dit que les femmes jouissaient par l'oreille.
Oui, ça, c'est pas moi, c'est Marguerite Duras. Ça, elle n'a pas tort. Les femmes jouissent d'abord par l'oreille. Il paraît que les hommes jouissent par la vue et les femmes par l'oreille.
C'est ce que disent les gens. Quand on fait 4000, c'est un truc dans le métier, on entend toujours. Parfois, le trac, on a toute sa vie. Quand on a du talent, on a du trac. Oui. Est-ce que vous voulez ? Moi, je n'ai pas le trac.
Mais peut-être que je n'ai pas... On va définir ce qu'est le talent. parce que c'est compliqué. Moi, j'ai une très grande difficulté à vivre. Tout est problématique. À vivre ? Oui, à dormir, à manger, tout ça, ça ne va pas. Ça ne se fait pas harmonieusement. Par contre, dire des textes, j'ai une telle certitude des textes. Pas une certitude de moi. La certitude des textes. Ça, ça a été une force extraordinaire. Je ne peux pas avoir peur parce que j'ai peur. Je suis... Je ne vais pas vous faire je ne vais pas vous analyser ce qu'est deux heures sur une... Si ça vous intéresse, je peux vous en parler. J'adore ça. Je peux vous dire qu'est-ce qui se passe. La richesse d'une représentation.
Nous passons d'une super présence à une super absence. C'est quoi être présent ? C'est quoi être absent ? Je peux vous parler pendant des heures de ça. Qu'est-ce que c'est ? Mais la certitude... Je vais vous donner un exemple. On m'a demandé de faire les 200 ans du Figaro il y a un mois. Vous n'avez pas été au courant de ça. C'est une soirée ? Le Grand Palais ? Non, ils ont loué le Grand Palais. Le Figaro a loué le Grand Palais. Ils n'ont pas fait les choses petites. Le Grand Palais, vous entendez. Et le directeur du Figaro m'a demandé de venir dire tous les écrivains qui ont écrit dans ce journal. ahurissant.
Zola, Marcel Proust, Colette, Bernanos, Philippe Muret, Jean Dormeux, Emile Zola, je peux t'en citer, et ça monte. Et il y a deux ans, ils m'ont convoqué, mais ils m'ont invité dans un restaurant chez Drouan et ils m'ont dit c'était abstrait il y a deux ans. Ils me disent on va louer le Grand Palais. C'est un peu abstrait pour moi. Et on voudrait que tu... Nous voudrions, au lieu de faire de la musique ou ça, on voudrait que pendant une heure, je dis d'abord envoyez-moi les écrivains. Là, j'ai été impressionné. Proust, il a écrit énormément. Oui, il a écrit sur les églises de villages, par exemple.
Trois pages énormes en 1900, que je ne dise pas de bêtises, 12, je crois, où il écrit et c'est le texte qu'ils m'ont donné. Colette, qui est capable dans le journal de raconter le bouleversement que lui produit une fleur dans un vase. Trois pages. On n'est pas chez LCI, trois pages sur une tulipe. Pas sur Poutine va nous envoyer la bombe dans la gueule. Non, c'est trois pages sur une tulipe. Après, il y en a Bernanos, immense écrivain, il y a... Je ne peux pas te dire le nombre d'écrivains. Et puis, bon, ça demandait un petit travail. Et puis, à un moment, je me suis dit, il faut que je m'y mette, c'est dans un mois et demi. Et j'ai commencé à tricoter, pas aussi...
Pas avec la même rigueur que mes spectacles, parce que moi, ils me mettent un an pour se construire, mais j'ai tricoté un truc. Et puis, on n'arrêtait pas. Je dis, mais il y aura une salle de théâtre. Non, tu seras... On va créer pour toi, enfin pour toi, pour le spectacle, une salle, etc. Ils me mettent les plus grands mecs du son, comme les tiens, qui étaient là tout à l'heure, qu'on adore. On rigole, parce qu'on a eu un petit problème de micro. C'est répété. Un petit problème, quatre fois de totalement arrêté dans l'impulsion, mais on les adore et on ne dira jamais du mal d'eux. Mais moi, ils m'ont envoyé les stars du micro.
Moi, j'ai bien vu que c'était de la connerie parce qu'il n'y a pas, quand tu es dans un truc qui fait 450 mètres de hauteur, il n'y a pas de génie du micro. Autant tu as des traits... Ça résonne, ça résonne. Ça résonne énormément, mais bon. Et on me dit, voilà, il y aura trois soirs. Bon, alors je demande d'être payé, tu vois, modestement, mais quand même de manière conséquente. Et parce que je ne veux jamais travailler gratuitement. Ça, c'est une chose... C'est vrai ? Oui, parce que ça veut dire que tu es fou. J'ai vu que vous n'invitiez jamais. J'invite jamais. C'est vrai ça ? Oui, jamais.
Parce que je n'ai jamais eu en analyse, en 45 ans, un analyse qui me dirait, allez, celle-là, elle est pour moi, la séance. Allez, laisse tomber, elle est pour moi. Ah ben non. Il n'y a pas un seul analyse qui dit, allez, laisse tomber, elle est pour moi, celle-là. Jamais. Jamais. Tu mets la main à la fouille, tu sors les 140 euros ou les 100 euros et tu payes. En 45 ans de psychanalyse ? Il n'y a jamais eu une séance gratuite. Non, c'est vrai. Mais parce que c'est une aberration que ça soit gratuit. Parce que lui, il serait un malade s'il écoutait les problèmes pendant 45 à 50 minutes de manière gratuite, c'est qu'il faut l'enfermer, le mec.
La seule preuve qu'il n'est pas fou, c'est qu'il fait payer. Et pourquoi je n'invite personne ? Parce que ça n'est pas la même qualité de libido. Le désir d'un mec qui vient parce qu'il a attendu six mois et qui fait l'effort de sortir 50 euros, 40 euros, 20 euros, ça veut dire qu'il donne quelque chose de lui-même. Donc, l'équilibre est là. Donc, il y a trois soirs. Le premier soir, il y a une générale comme on imagine que personne ne peut avoir de général comme ça. Général,
c'est une répétition... Non, une générale, c'est-à-dire... Une répétition publique,
une première ouverte. Bien joué. Oui, mais les générales, il y avait de temps en temps dans les très grands moments dans les années 60, le général, peut-être éventuellement le président de la République. Là, il y en avait trois. Et vous, vous deviez parler une heure ? Et moi, je devais lire pendant une heure. Ça s'est passé trois fois.
Ça vous a mis plus la pression qu'un public classique ?
En tout cas, ce n'est pas le même public. C'est autre chose. En plus, c'est des gratos. Ils sont invités et puis ils vont vecter. Donc, c'est des gratos. Ils n'ont pas payé ? Eux, ils n'ont pas payé. Je pourrais avoir eu énormément le trac. J'aurais pu avoir énormément le trac. Bien sûr. Et bizarrement, je suis rentré, je suis rentré et puis j'ai dit voilà, Proust a écrit. Et à la seconde où j'ai dit Proust a écrit et que je l'ai lu, je me suis dit au fond, et ce n'est pas une pause que je vous fais, je ne reconnais qu'une seule aristocratie. Je ne vais pas vous faire le cœur, les jambons généreux et les méchants. Je ne vais pas vous vendre ça.
Je ne vous rends pas moi, il n'y a qu'une seule hiérarchie que j'aime. Il n'y a qu'une seule aristocratie. L'aristocratie du cœur, de l'amour, ce n'est pas ça du tout moi. Moi, je ne reconnais qu'une aristocratie. C'est celle de Proust, de Bernanos et tous ces gens dans la salle. Je crois que si Flaubert rentrait dans ma chambre, je crois que je crèverais sur ma chaise. Je crois que si Victor Go tapait à la porte à cette seconde, pour dire j'ai vu le film Victor comme tout le monde, je crois que je crèverais. Je crois que je crèverais s'il y avait Colette qui venait.
À mon âge, je n'aurais peut-être pas réagi comme ça il y a 15 ans, mais à mon âge, je n'aime qu'une chose, j'admire qu'une chose, c'est le pouvoir tous les soirs quand je joue Hugo de voir 700 personnes saisies par la puissance d'Hugo. j'ai été faire une avant-première de Victor comme tout le monde. L'état de jouissance quand il rigole sur les femmes de Victor Hugo. Quand je joue la conversation de Sioran et que les gens sont pliés en deux, quand je dis en permettant l'homme, la nature a fait une erreur de calcul. je n'aime, je n'admire, je ne reconnais que les gens géniaux qui s'appellent les écrivains français.
Et on m'a présenté les plus grands hommes là, les grands capitaines d'industrie, les grands présidents. Je ne les aime que s'ils sont capables d'analyser, d'argumenter par un SMS ce qu'ils ont entendu. Mais je serais... C'est bizarre, c'est très récent. Quand Jacques Chirac est venu me voir il y a une vingtaine d'années, mon père était bouleversé. Je lui dis « Papa... » Parce que moi, j'ai eu un père qui était tellement anxieux, qui était vraiment un disciple de Chapanauer. Il me disait tous les jours « C'est Fabrice. » Il m'appelait Robert. « Robert, la vie, c'est une tartine de merde. Il faut que tu comprennes que tu en boufferas. » Je dis « Putain, ce n'est pas gay.
» Un disciple de Chapanauer. Tu sais, le Chapanauer, c'est qu'il y a une bascule entre l'ennui et l'angoisse. On passe entre les deux. Moi, j'ai eu un père et un moment quand ça bougeait un peu autour de moi, il y avait des gens, Philippe Labreau. Mon père disait « Il y a M. Labreau qui veut te parler. » Alors, je dis « Bonjour Philippe. » Je raccrochais et il me disait « Mais... T'es sûr qu'ils ne se foutent pas de ta gueule ? Quelle raison ils ont pour te téléphoner ? » Donc, toujours très dépréciatif. Très dépréciatif. « Ferme ta gueule. Fais attention. La vie est une tartine de merde. » Et en même temps, c'est lui qui m'a convaincu de continuer, etc.
Donc ça, c'est la complexité de la nature humaine. mais sincèrement, pour oser jouer dans des conditions aussi bizarres. Après, j'ai joué le lendemain devant 1400. J'ai appris que parmi les gens qui m'écoutaient, il y avait des gens qui tapaient sur leur portable pour des recettes de cuisine. Quand vous avez vu ça ? Parce que je sais tout, je sens tout. Puis j'ai les infos partout. J'ai un sketch à te raconter. Une petite anecdote. De cette soirée-là ? Oui. Une ou deux, mais surtout une seule. Je rassure ma compagne, c'est celle qui est la plus drôle. Figure-toi, parce qu'elle a peur que je chante des trucs trop puissants. Donc ne vous inquiétez pas, je vais vous en donner juste une.
Il s'avère qu'à un moment, dans tous les écrivains que je joue, je suis étonné de voir comment ça se fait que j'ai une aptitude assez simple à raconter les histoires. Par exemple, je m'étais juré que je laisserais des temps, que je jouerais le creux, je joue dans le film, tu vois, où j'alterne creux et plein. Et bizarrement, moi, je suis toujours à un côté latin et je te raconte où Guillaume plaît et je t'en envoie. Il faut dire qu'il est malin, il est mieux que malin. Il est un psychanalyste. Tu es le contraire d'un analyste. Un analyste ne rit jamais comme tu ris. Les analystes, au max, si tu leur fais une blague énorme au bout de 35 ans, ils font... Tiritus, quoi.
Mais là, c'est la photographie. Vous savez, docteur, bon, mais toi, tu es l'anti-analyste. Toi, tu es le super client. Tu nous donnes l'impression qu'on dit des choses alors que tu t'es fait quand même 600 000 mecs depuis 3 ans. Enfin, tu t'es fait... T'as reçu des interviews.
Moi, je suis curieux pour de vrai. T'es adorable.
En tout cas, tu te donnes envie. Et comme moi, je suis hystérique, moi, je suis très client. Quelqu'un qui aime bien... Moi, je n'aime que raconter des histoires. Là, je te raconte les miennes. Au théâtre, je raconte celle de Victor Hugo. Au cinéma, je raconte la vie des femmes de Victor Hugo. et le mercredi, je joue la vie de Cioran. Je ne suis pas du tout comme ça au théâtre. Mais avec toi, je te raconte mon truc. Tu es extrêmement sympathique, extrêmement bienveillant. Tu n'as pas du tout la neutralité bienveillante. Tu sais ce terme ? J'ai l'impression d'être un prof.
De ne pas trop rire pour boire un jeune.
La première qualité pour un analyste, il n'y en a pas 30. Il y en a une qui demande beaucoup de bouteilles. C'est la neutralité bienveillante. Ça veut dire que les mecs, ils ne viennent pas pour te dire, te parler, pour que tu dises « Oh l'enculé, la bonne femme, elle t'a lâché, salope ! » Ce n'est pas leur boulot. On n'est pas au comptoir. C'est te faire parler, mais pas être froid pour que le mec se dise « Putain, je l'emmerde ! » Et puis pas être chaud non plus en disant « Oh, ce n'est pas vrai ! Alors tu ne dors plus maintenant et que ta nana t'inquiète. Oh, c'est génial ! Oh, c'est une salope ! » Ça ne peut pas être ça, un analyste. Un analyste, c'est quelqu'un qui va devenir neutre.
Neutre, pour que tu projettes, pour que tu parles. Mais tu n'es pas un copain, mais pas un ennemi. Pour ça, il faut des années pour devenir ce qu'on appelle la neutralité bienveillante. Il est neutre, mais il est bienveillant. Il te donne quand même une certaine empathie. Pas une sympathie, une empathie. Et toi, tu n'as pas du tout une neutralité. Toi, tu ne pourrais pas être analyste parce que tu es beaucoup trop vivant, beaucoup trop souriant et tu ne pourrais pas être psychanalyste. Tu n'as pas envie de devenir psychanalyste.
Vous dites analyste, parfois,
ou psychanalyste. Analyste et psychanalyste, c'est les deux termes du même mot, c'est-à-dire pratiquant la croyance qu'en parlant et en objectivant tous tes problèmes, tu auras... Tu sais, finissons sur la psychanalyse. Au bout de 45 ans, je peux dire que... Vous le faites vraiment depuis 45 ans ? Oui, ce n'est même pas que je le fais, c'est que je le paye surtout. J'aurais pu acheter une maison dans... Je ne sais pas où, moi, à Cassie. Combien de fois par...
Vous le faites toutes les semaines, non ?
Quand je travaille beaucoup, il y a de la souplesse, 45 ans. Mais avant, c'était trois fois par semaine, allongé, ce qui est très douloureux, car ça a moyennement marché, puis ça fait 30 ans comme ça. Bon, alors, attends, on va résoudre le problème. Enfin, on va définir. Il ne faut pas dire du mal de l'analyse, mais il ne faut pas en dire faussement du bien. Ça ne rendra pas un anxieux ou un flippé hyper insouciant. Ça ne sera pas plus nerveux. un imbécile sera toujours un imbécile. Un caractériel globalement restera un caractériel. Un connard restera un connard. Un malheureux restera un malheureux. Alors, tu peux dire, alors, pourquoi se faire chier ? Parce que ça la fait rire.
Même l'opérateur arrive, c'est la première fois, c'est bon film. Et même le photographe. Alors là, il y a eu deux sourires, c'est drôle. Non, je me suis trompé. Le sourire était juste un bruit de la caméra. Mais, euh, te rendre propriétaire de tes composantes psychologiques. Au lieu d'en être uniquement la victime, même si tu restes la victime, mais au lieu d'être uniquement le théâtre où tout sort et que tu ne contrôles rien, en en parlant, tu te rends propriétaire de ce que tu es, qui n'est pas grand-chose, qui est quand même une espèce de loque, mais tu as fait une pauvre chose. Mais, tu en es propriétaire et si tu l'acceptes, eh bien, tu en feras peut-être quelque chose.
Voilà, le maximum que peut proposer la psychanalyse. C'est-à-dire... Il n'y a aucune guérison en psychanalyse. Aucune. Non. Il y a affronter ce que tu es. L'accepter. Essayer de l'accepter. Ce qui est énorme. C'est pas comme un thème. C'est pas comme nous. Là, on passe d'une vidéo à une autre vidéo. Auccepter. Accepter. C'est des mois. Des mois. Accepter. C'est la meilleure pratique pour l'humilité. Il y a deux pratiques qui te rendent humble. La psychanalyse, le théâtre et éventuellement une religion. Il y a trois choses qui enlèvent ton égo dans sa prétention et dans sa bêtise. C'est l'analyse.
Si un mec, au bout de 40 ans d'analyse, est encore fier de lui et a encore un égo qui casse les couilles et qui est un enivré de lui-même, celui-là, il est sans solution. Parce que la psychanalyste te montre tout ton caca. Il est nombreux. C'est pas qu'il est caca, mais c'est que tout ce que tu crois brillant n'est simplement que de l'intérêt. Tout ce que tu crois que c'est toi qui as raison, c'est pas toi qui as toujours raison. Quand tu arrêtes pas d'attaquer la société ou les autres, tu te rends compte que tout parle de toi. C'est épouvantablement protestant. C'est à la fois juif et protestant. Juif pour la culpabilité, protestant pour la responsabilité. Ça a été inventé par Freud.
C'est-à-dire, un mec en analyse prend tout le poids de ce qu'il est et arrête de gueuler. Arrête de dire « Ouais, mais Guillaume Plein m'a mal interviewé. Et puis ils m'ont niqué dans le son trois fois. C'est pas que j'ai raté la séance. » Et puis la société est méchante, ce qui est vrai que la société est pourrontable. La société était pourrontable. La psychanalyse, c'est « Je suis acteur de tout ça. Je sécrète tout ça. Je suis responsable. Dans un divorce, je suis responsable. Elle aussi, mais moi aussi. »
« Je suis 100% responsable de 50% de la relation. » Je ne sais plus qu'il disait ça. C'est le cas.
En tout cas, là, on est dans l'irrationnel de la passion. En tout cas, là, je crois que je peux. C'est la première fois que j'ai eu le temps de définir et ta réaction a été formidable pour moi, miraculeuse quand t'as dit « Ça ne guérit pas. Ça a l'air de rien. » Mais puisqu'on parle à des jeunes, il y a un livre passionnant à lire. Il parle à tout le monde. « Guérir avec Freud » de Sacha Nash. C'est le premier livre de psychanalyse très haut de gamme, hyper pas compliqué. Et c'est ce bouquin qui explique la neutralité bienveillante. C'était un très grand psychanalyste. Il a été le directeur de l'Institut. C'était un juif de Roumanie ou d'Hongrie ou de Roumanie, je ne me rappelle plus.
Et il faisait... Il était très vivant. C'est rare, tu sais. Un jour, j'avais une amie que j'envoie beaucoup les gens en analyse, moi. Ah bon ? Oui. Je recrute beaucoup.
Pourquoi ? Parce que...
Je ne vais pas avoir la prétention de jouer le rôle du mec qui va les faire aller mieux. Aller avoir l'humilité de dire il faut que tu ailles parler. Pourquoi ? Parce que dès qu'une personne parle de ses problèmes, la personne qui l'écoute, en l'occurrence toi, tu n'es pas neutre puisque tu as un intérêt dans la direction bonne ou mauvaise. C'est impossible pour toi de dire imagine, tu as un de tes collaborateurs qui vient et qui dit il faut que je te parle ce soir. Le mec du son, par exemple, qui arrive et qui dit j'ai raté deux fois le son, je vous ai interrompu. Bon, j'aimerais te parler. Imagine qu'il te prend dans un coin et que pendant une heure il dit ma vie est très compliquée.
Ah bon ? Bon, d'accord. Et je voudrais t'en parler. Tu dis c'est pas tellement mon boulot. Mais il te parle. À cette seconde-là, il faut que tu lui dises c'est mieux que tu ailles voir quelqu'un parce que moi, je ne vais pas t'aider. Je ne vais pas te dire fais ce métier, ne le fais pas. Tu n'es pas objectif puisque tu as un intérêt qu'il reste. Est-ce que tu comprends ?
Oui, quand on a un intérêt on est moins objectif. Quand tu as un couple
qui va mal, les copines peuvent t'aider. La copine dit à la copine je ne peux plus me supporter. Il se lève, il pète. C'est épouvantable. Oh là là là, oh quelle horreur. C'est effrayant. Mais elle a un intérêt. Elle n'est pas bonne conseillère. Une copine peut être ? Non, oui. Elle n'est pas bonne conseillère. Elle est importante. Elle est essentielle. Mais elle n'est pas la bonne personne pour que la dame en question décide. C'est la première fois que j'ai eu l'espace pour expliquer un tout petit peu caricaturalement mais quand même pas trop ce qu'est l'analyse. Et puis après, psychothérapie et psychanalyse. C'est deux choses très différentes.
Psychothérapie, c'est exactement ce que nous faisons tous les deux. Un échange, c'est exactement ce qu'on fait qu'on peut appeler un truc d'encouragement. C'est-à-dire que le mec ne va pas bien. Il va voir un mec comme Guillaume Plait et le mec en sortant dit finalement je ne suis pas une merde, je vaux le coup. La psychanalyse, il n'y a plus de Guillaume Plait. Il y a le divan Guillaume Plait là derrière et fait. Vous m'aviez parlé la dernière fois du rat qui mangeait votre sexe. Oui, c'est vrai, j'avais ce cosmo. Il y a un rat qui... Et là, ce sera la seule phrase que le mec dira. Et là, oui, vous associez quoi par rapport à ce rat ? Docteur, je ne sais pas. J'ai un... Et c'était...
Là, c'est très pénible. Mais ça, c'est...
C'est ça que vous faites, vous ?
Moi, j'ai fait psychanalyse mais je n'en pouvais plus au bout de 25 ans. Et après, j'ai fait... psychothérapie.
Qu'est-ce qui vous a le plus guéri ? On vous écoute, c'est...
Alors, il n'y a pas de guérison mais disant que si je n'avais pas rencontré mon premier psychanalyste qui s'appelait le docteur Bouvier, j'aurais pu être un histrion hystérique qui n'avait pas vécu le plus beau miracle de sa vie. C'est... Le plus beau truc qui peut... C'est le métier. Avoir un métier. Reproduire à heure fixe. Le miracle de Victor Hugo tourner des films et ça, ça n'est pas spontané. C'est un métier. On te demande... Dans Victor, comme tout le monde, on te demande beaucoup de prises et il faut faire ayant une connaissance.
Et je te jure que avoir un métier, occuper sa journée grâce à ce métier qui te passionne, car ce qui est extraordinaire dans ce métier, c'est que rien n'est étranger au métier de comédien. Quand je suis rentré, j'ai vu cette troupe. Ça n'est pas étranger à mon métier. Leur énergie m'a nourri. Je m'en servirai. Après, il y a eu les hoquets du son. C'était passionnant parce qu'à chaque fois, il nous niquait dans l'élan.
C'est pour ça qu'ils disaient que c'était bon, on repartait et il y avait un problème.
On ne leur en veut pas du tout. Évidemment. Il n'a simplement son nom et... Mais je déconne. Non, mais ça, c'est les blagues que je fais sur le tournage. C'est des fois, il y a des mecs qui nous suivent, par exemple, sur Victor, comme tout le monde. Tu sais, ils suivent et tout le coup, on entend aïe, aïe, aïe, micro dans le champ. Crac, coupé. Alors moi, je fais la blague. Bon, ce n'est pas grave, tu nous donneras ton nom et tu finis cette semaine tranquillement. Tout le monde se mâle. Évidemment, on ne le fait pas du tout. Vous avez une fille qui s'appelle Emma,
en 79. Est-ce que ça, ça a guéri quelque chose ? Il y en a qui ont parfois, pas forcément la guérison totale, mais à qui ça peut enlever...
Non, parce que moi, je n'ai pas été malheureusement... Je répondrais ce que disait Claude Berry « J'ai été trop bon fils pour être un bon père jusqu'à son adolescence. » Moi, j'ai été un très, très bon fils. Moi, j'allais déjeuner tous les midis avec ma mère. Jusqu'à 60 ans. 60 ans, oui. C'est elle qui s'occupait de mon linge de corps. Donc, tu vois, j'étais... Tu vois que ça guérit jamais. Le lieu commun, c'est de dire « Oh, il a fait une psychanalyse. Il va donner son linge de corps à sa mère. » C'était un lien avec ma mère qui me plaisait. Elle voulait s'occuper de ça.
Il avait votre linge encore ? Ah oui.
Et je déjeunais tous les midis. Je ne lui donnais pas le linge en me barrant. Je déjeunais tous les midis jusqu'à 60 ans. Jusqu'à, oui, 55, 58, 60 ans. Oui, oui. Donc, quand tu as été un très bon fils, pas pendant l'adolescence mais après, je pense que tu n'es pas un très bon père. Alors, être un bon père, c'est un truc très à la mode. Actuellement, ce n'est pas du tout ma génération. Donc, ma fille, au début, j'étais très, très incertain pour elle mais il y a eu un miracle. Le miracle, c'est de l'avoir découvert tardivement, vers 13 ans. Et là, j'ai assuré un peu, j'ai été responsable, j'ai été adulte face à des situations difficiles, douloureuses.
j'ai été ce qu'on appelle quelqu'un qui est potable. Et maintenant, c'est un immense bonheur de l'avoir car c'est une lumière, une illumination dans ma vie. Vous êtes beaucoup rapproché après, oui. Je ne te dis pas que je la vois tous les jours mais je suis content de l'avoir. Elle a un charme énorme, elle est vive, elle est intelligente, elle est jolie, elle est singulière et elle n'est pas enivrée d'elle-même, elle fait partie des êtres
vraiment lumineux. Vous lui dites que vous êtes fière d'elle, etc. Vous avez cette éloquence ?
Je suis fier qu'elle soit ce qu'elle est. Oui, même si elle a un parcours tout à fait atypique, elle écrit, elle tourne, mais ce qu'elle fait, elle le fait remarquablement et je n'ai pas besoin de sa composante professionnelle pour être... Tu sais, je suis presque maternel, c'est-à-dire que pourquoi j'aime à ce point-là les mamans ? C'est parce que je serais devenu clochard, j'aurais tapé rue Bachelet, là où je suis né, rue Maramé, j'aurais tapé à 25 ans à la porte de ma mère, avec la barbe, un chien et tout. Ma mère n'aurait posé aucune question. Elle me serait rentrée, elle m'a nettoyé et tout, elle me sera occupée de l'animal et tout et tout.
Je tape à la porte avec mon père, il n'est pas fier de moi, ça ne lui plaît pas. Donc tu ne pourras jamais comparer une mère à un père. Parce qu'une mère, c'est quelle que soit ta petite vocation, ta petite fonction, ta mère, c'est un amour incommensurable. et je crois que si je fais du théâtre et que je vis ce que je vis depuis quelques années, qui est un miracle, j'en ai même honte. De quoi ? D'avoir ce succès ? Je ne voudrais pas le commenter parce que ce serait d'une arrogance et d'une impolitesse. Mais savoir que je propose des programmes qui ne sont quand même pas si simples, Cioran et les portraits du XVIIIe siècle. Madame du Défant, Alexis de Huile, Saint-Simon.
Victor Hugo, la mort de sa fille avec le chef-d'oeuvre de Léopoldine dont est issu Victor comme tout le monde. De savoir que tous les soirs, des gens ont pris des billets et qu'ils les ont pris il y a longtemps. Tu as d'autres questions ?
Non, non, c'est... Merci, c'est hyper... Et ça, c'est tous les soirs ? Au théâtre ?
Moi, je joue ça le soir et puis je te dis, je m'aère avec les conversations de Sion mais le silence que tu as vécu, ça, c'est le miracle d'avoir eu la chance, d'avoir dans les mains un métier qui m'a passionné, que j'essaye de faire bien. J'ai encore beaucoup de progrès à faire parce que je suis imparfait, parce que ma voix n'est pas encore...
Nous sommes tous imparfaits, non ?
En tout cas, chaque soir, je suis confronté au génie et je trouve que ça a été un miracle qu'il y ait ce film parce qu'il parle de Zucchini, Zucchini qui ne vit rien dès qu'il n'est plus dans Hugo. Et ça, c'était évidemment un peu de composition. Tu sais, les Aurocultibes disent ce film si bizarre, ce film sublime, bizarre et si beau.
Mais vous allez essayer de rechercher votre fille, de vous rapprocher de votre fille dans le film.
Voilà.
Il y a un côté très...
Là, c'est loin de moi parce que moi, je n'ai pas eu 20 ans sans elle. Là, le personnage de mon film, c'est qu'il ne l'a pas vue depuis 20 ans parce qu'il a eu le trac. Elle le dit très bien.
Il y a des chiffres qui changent, mais vous, vous avez 13 ans, vous avez les 13 premières années, vous étiez moins là.
Mais quand même, au moins une fois par semaine. C'était à cause du boulot ?
Vous étiez tellement... À cause que je voulais
papillonner partout, que je ne voulais pas être écrabouillé dans une histoire de famille. Pour aller vite, avec brutalité, j'avais envie d'être sûr, de plaire, je voulais absolument séduire toutes les femmes. J'étais très incertain. On m'avait dit que j'avais l'air que je n'avais aucune vie, que je n'étais pas sexué. Ça m'avait complètement traumatisé. Donc, je voulais confirmer que j'étais un peu sexué pour une ou deux.
Et ça termine à quel âge, ça ?
Cette période qu'on a... Est-ce qu'on n'a pas tous
besoin de séduire ? Est-ce que c'est pas...
Un peu naturel ? Volonté de séduire toutes les meufs qui passent ? Non, mais volonté de plaire, c'est... Non, plaire, on veut toujours, mais disons que... Moi, j'ai rencontré une femme qui fait qu'on ait une relation dans laquelle il y a une... une... une... une... une spir... enfin, il y a le miracle d'une âme qui m'a emmené à changer complètement de vie. Il ne me viendrait pas à l'idée de revivre toutes les souffrances que j'ai vécues, à passer mon temps à séduire, à donner des... à aller dans les cafés pour faire la cour et tout ça. à la fois, j'en avais besoin, à la fois, ça m'a enivré, mais au fond, je n'étais pas très bien, ça ne me mettait pas si bien que ça.
Et puis, et puis, j'ai eu des... des histoires passionnelles, tout ça, compliquées, et... et... séduire... et puis... Tu sais, des fois, il y a des... Je ne te dis pas comme Mick Jéguer, il n'y a pas 80 nanas en sortant, j'adorerais, mais malheureusement, non. Mais il y a toujours une femme qui vient, qui t'attend, c'est rare, mais de temps en temps, qui te dit on pourrait boire un café chez moi, ça n'engagerait rien. Je ne te dis pas que ça arrive tous les jours, je ne suis pas Mick Jéguer, mais... je sais que rien n'est gratuit, il est hors de question que j'aille boire un café, c'est très grave d'aller boire un café. C'est flatteur au bar ? Non, mais je fuis. Il n'y a pas de café.
Il n'y a pas de café. Femme qui bouche, abandonne, tout le surplus en peine donne, dit Chrétien de Troyes. Ce n'est pas gratuit. La société vit dans l'irresponsabilité que rien n'a de conséquence. Ça décor... Tu sais, un jour, j'étais chez un tout-bib. Anecdote, toujours à l'assurant. Et le mec, il me dit « Ah, tu sais, depuis que je t'ai consulté, j'ai changé de vie. » Alors, je dis « Ah oui, quoi ? » Il me dit « Ah oui, j'ai quitté ma femme. » « Oh la vache, ça doit être horrible, toi. » « Oui, oui, mais ça fonctionne bien quand même. » Alors là, très psychanalyste, je lui dis « Comment ça fonctionne bien ?
» « Ben, j'ai trouvé une autre femme, mais elle, je lui ai donné la décoration de mon cabinet. » « Non mais, tu n'as pas fait ça, je dis au tout-bib. » « Pourquoi ? » « Tu ne lui donnes aucune chance, donc tu n'as pas le courage d'affirmer ta séparation. » « Ben, c'est emmerdant. » « Non mais attends, tu as une autre femme. » « Oui. » « Et tu lui demandes de faire la déco à l'autre, l'ancienne. » Ça s'appelle l'irresponsabilité. Ça s'appelle l'immaturité. Les gens ne veulent pas rompre vraiment. « On a des bons apports avec l'ancienne. » Non, il y a des ruptures. C'est ça que tu apprends la psychanalyse.
Il n'y a pas de « Je quitte ma femme et puis je demande à l'autre de venir faire la déco. » Mais quoi encore ? Ça veut dire que tu n'es même pas... Ta culpabilité t'entraîne à donner un petit boulot, un petit tos à ronger et si elle est maso, elle va l'accepter. C'est dur de quitter quelqu'un aussi. Parce que tout dans l'autre époque, est dans une sorte d'irresponsabilité. Il n'y a rien de plus pénible qu'assumer les conséquences de ces inculpéries. C'est rasoir.
Vous avez dit « Je n'ai pas été un bon père, j'étais un bon fils » tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est qu'un bon père pour vous ?
Les mecs, on les voit prendre le vélo, par exemple, la patiente, je n'arrive pas à m'occuper. Moi, j'ai deux chiens, mais tu vois les pères hyper calmes, tu vois. Ils ont pris quatre mois après la grossesse, enfin, pas l'heure, mais vous savez que maintenant, les hommes ont besoin de combien d'un an maintenant ? Un an et demi ? Je ne sais pas, je ne sais pas. J'exagère un peu un an et demi, mais les mecs, je ne veux pas trop faire mon boulot, je ne veux pas rater les premiers mois. C'est des termes qui n'existaient pas dans les années 60. Mais tu ne voyais pas quelqu'un qui dirait « Je ne veux pas enlever ma responsabilité.
» Mais la phrase « J'arrête les tournées, j'arrête le théâtre, je ne veux pas rater. » Maintenant, ça se dit, c'est défendable. Certainement, les enfants, et ça serait passionnant de voir, normalement, ils devraient être moins névrosés parce qu'ils ont des pères qui les emmènent sur leur vélo, qui leur apprennent à faire du vélo, qui sont contents. On passe plus de temps avec les enfants qu'avant. On passe beaucoup de temps. Moi, je n'étais complètement pas fait pour ça. J'avais autre chose comme envie. Et en plus, mon époque n'entraînait pas à ça. L'époque n'entraînait pas à ça.
Vous êtes anxieux, vous disiez. Vous êtes beaucoup sur le téléphone ou pas ?
Moi, je suis très anxieux et très addict. C'est-à-dire que je suis malade, malheureusement. Et c'est pour ça que je continue mon métier. Parce que j'ai compris la perversion de la puissance de cet objet. Cet objet, qui a l'air de rien, il répond comme personne ne peut répondre au moment au moment de flottement. Un exemple, tu es chez toi, tu attends, tu accompagnes, il y a une minute et demie où il n'y a rien. Je pourrais dire, tiens, je vais observer la fenêtre d'en face. Je vais m'ennuyer, je vais m'ennuyer. Je vais m'ennuyer, car s'ennuyer, c'est enregistrer la nullité de chaque instant avec la certitude que le suivant sera plus nul encore. Qu'est-ce que tu fais ? Tu dégaines.
Et la puissance pour le cerveau de la proposition, par exemple, moi je suis très boxe, on m'a mis sur la boxe. Je n'ai pas compris pourquoi je n'arrête pas de recevoir du Mike Tyson. J'ai des chiens, Mike Tyson, et des femmes qui racontent qu'elles ne veulent plus être ménopausées. On m'a mis sur trois mouvements. C'est l'algorithme ? Je ne sais pas, moi j'ai l'algorithme. James Brown, Cassius Clay qui dit à Mike Tyson « Venge-moi ! » etc. Les phrases inspirantes. Voilà, j'ai énormément de Mike Tyson, alors je trouve ça déprimant en même temps, je n'ai pas envie qu'il perde parce qu'il est assez sympathique. À un moment, il a mordu une oreille.
Mais bon, et là, après, une villa à Saint-Rémy-de-Provence, une femme qui court en string sur une plage, aucune, aucune proposition du réel peut t'apporter un stimuli en quatre secondes. Tu passes de Mike Tyson à la Danach, un très beau string. D'une string, tu passes au chien, les enfants teckel. Tu as des centaines d'enfants teckel. Mais l'addiction que le teckel peut produire. Et puis, un jour, j'ai une amie que j'aime bien mettait en scène, je peux dire son nom. Elle m'a dit, je crois, oui, je peux dire son nom. Peu importe. C'est une cinéaste. Elle a participé à 10% et elle a fait un très beau film sur l'opéra. Et elle me dit, j'ai tout arrêté. Elle me dit, pourquoi ?
Parce que j'étais branché sur comment peindre son abri-bois et faire les gâteaux. Et elle était devenue addict de comment les gens peignaient. Donc, c'est d'une puissance. Personne ne pourra rivaliser. Aucune relation humaine sera haussée. Et qu'est-ce que ça fait ? Ça crée. Alors là, il y a un livre merveilleux de Bronner qui explique le danger. C'est comme le hachiche. Effectivement, aucun stimuli. Quand tu es en couple, à un moment, tout n'est pas tout le temps là-haut. Et tu vois des couples, ça y est, ils sont là. Ils sont face à face. Et ça dure 5 minutes. Bon, ça flotte un peu. Et tout d'un coup, elle, elle commence à le prendre devant le mec. Et là, elle se traque choum.
Et le mec, finalement, fait pareil. Donc, ça n'a l'air de rien. Mais ça, plus le cerveau qui ne peut plus développer autre chose qu'un stimuli immédiat sans développement. D'où ta qualité de faire des trucs très longs. Car ces secondes-là vont faire que le neurone va avoir de l'amphitamine et il ne voudra plus avoir dans la vie que des... Des chutes. Des trucs de chutes de petits chiots, des chutes de casse-esclet, des chutes, des chutes, des chutes. Et dernière chose là, un hommage. Tellement vrai. Un hommage. Par un poème de Baudelaire à l'époque que nous traversons, tu vas voir que c'est, oncle, c'est, je... Dans Cioran, il s'avère que dans Cioran, Cioran a une passion pour Baudelaire.
Et je leur dis, au milieu du spectacle, Baudelaire écrit à un moment une chose que nous ne pourrons plus vivre et c'est à cause du portable que nous ne la vivrons plus. Baudelaire écrit, c'est assez court, la rue assourdissante autour de moi hurlait, j'essaye pas de te l'interpréter, la rue autour de moi, la rue assourdissante autour de moi hurlait, longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, une femme passa d'une main facieuse, tu vas voir ce que je vais te dire, soulevant, balançant, le feston et l'ourlet, agile et noble avec sa jambe de statue, moi, dit Baudelaire, moi, je buvais, crispé comme un extravagant.
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, la douceur qui fascine et le plaisir qui tue, un éclair, puis la nuit. fugitive beauté dont le regard m'a fait soudainement renaître, ne te verrai-je plus que dans l'éternité et regarde bien, ailleurs, bien loin d'ici, trop tard, jamais peut-être, car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, au toi que j'eus aimé, au toi qui le savais. C'est une rencontre, il se promène, il est crispé comme un extravagant, une femme est dans la rue, il l'observe, il est fasciné, son regard est sublime et il est incapable de rien sauf qu'il l'a vu et elle part, il sent qu'il aurait pu l'aimer, c'est pas grave, il ne l'aime pas.
Il n'y a plus de femmes dans la rue qui ont autre chose que ça, sans ça et personne ne regarde, personne, ça n'a l'air tôt rien, mais ce poème de Baudelaire est impraticable parce que tu ne peux plus rencontrer une femme, la rue, la rue assourdissante, tu peux la rencontrer, ça hurle, oui tu peux rencontrer, les vélos, surtout les vélos, dans leur état de délinquance, démande, sublime, c'est la guérilla, c'est la révolution cubaine, le but c'est de t'écrabouiller, de donner des coups de l'âme dans la gueule, leur but c'est que tu les déranges, le vélo n'est pas du tout harmonieux comme à mon époque, le vélo est un combattant, le vélo est certifié par la mairie en lui disant puisque tu ne pollues pas, tu transgresses tout, le vélo est un rebelle institutionnel, parce qu'il te nique les feux rouges, il va plus vite que toi, il te crache à la gueule, comme j'ai toujours dit, le pauvre mec en automobile, lui il est en dépression, il a fait 40 mètres en 1h25, c'est pas grave, donc le vélo a été choisi, ils ont choisi le vélo, et c'est merveilleux, peut-être que l'air est meilleur, et on ne peut que considérer la volonté politique de cette femme, elle est énorme, c'est quand même des...
Mais effectivement, il y a deux races, deux bandes qui ont été pénalisées, le piéton qui est niqué, et la voiture qui est anéantie.
Pour parler des gens qui vous ont marqué, je sais qu'il y a Johnny Hallyday, qui vous avez joué, dans un film qui s'appelle Jean-Philippe, c'est le vrai prénom de Jean-Philippe, on a bientôt Laetitia qui vient en interview, qu'on embrasse. Très bien Drucker, là. De quoi ?
T'as fait du coeur de rue, là.
Non, il est venu vous voir en spectacle, je crois. Oui. Après, comment ça s'est passé ?
Mais c'est vrai, le génie, je l'ai beaucoup exploité, parce que la relation, ces trois mois avec lui, était un véritable champ, c'est un génie du bon sens, Johnny Hallyday, de la naïveté de l'enfance et du bon sens. Tu sais, il a dit des choses fabuleuses, je n'ai pas arrêté de le faire parler. Sur le plateau ? Ça devenait du Socrate, quoi. J'accouchais tous ses propos, et je voulais même lui proposer de produire un film que j'aurais produit où je n'aurais été pas du tout l'intellectuel, ce qui n'est pas mon cas en plus, mais que c'était lui le philosophe.
Il n'a pas eu la liberté ou l'envie de le faire, mais les trois mois que j'ai passé avec lui, on peut en sortir trois comme ça, parce qu'elles sont dans mes spectacles, pas Hugo, mais dans d'autres, une nuit, dans un face-à-face, pas du tout comme le nôtre, parce qu'il était des fois un peu taiseux, il y avait des longs moments d'arrêt, comme ça, et je lui dis, au fait, Johnny, est-ce que tu as vu des roches du film Contente depuis un mois et demi ? Il est capable de te répondre cette phrase étonnante, je n'aime pas beaucoup les roches, je n'aime pas beaucoup les roches parce que c'est toujours la même scène, surtout que j'ai déjà joué, c'est du génie, c'est du génie.
Bon, il y a d'autres choses, par exemple, j'ai été à Saint-Tropez chez Arthur, j'aime beaucoup sa déco, j'aime beaucoup sa déco parce que il disait toujours, il répétait, il revenait à parce que, beaucoup sa déco parce que il y a plein de boîtas partout, c'est très zen, c'est très japonisant, je me disais, mais qu'est-ce qu'il lui prend d'employer des mâles ? Et il faisait des ruptures, c'est pas chargé.
Bon, je peux t'en sortir, on ne va pas en faire 30, mais une des plus drôles, c'est qu'il est venu me voir pour me présenter le scénario, je jouais au théâtre Antoine, Knock de Jules Romain, chef d'oeuvre de Jules Romain, le tout bidin qui veut le pouvoir, et à la fin de la pièce, il est dans le public, il vient dans le public, il regarde, et à la fin de la pièce, il y a le personnage de Knock, joué génialement par Louis Jouvet, qui dit venez voir docteur, parce que le docteur vient, il lui a vendu son cabinet, son cabinet maintenant, c'est un triomphe, ça s'appelle le triomphe de la médecine, Jouvet a créé des milliers et des milliers de patients, et comme c'était le moment, etc, et il dit venez par ici docteur Parpalet, parce que l'autre lui dit mais pourquoi vous avez autant de patients, moi j'en avais deux par an, vous en avez 50 par jour, comment ça se fait que ça, venez par ici docteur Parpalet, venez par ici, vous connaissez la vue qu'on a de cette fenêtre, entre deux parties de billard, vous voyez là-bas, là, comme ça, c'était ça qu'il y avait, et Johnny rentre dans ma loge à la fin de la pièce et me dit je ne me suis pas fait chier, je ne me suis pas fait chier parce que, à un moment, tu as dit à ton collègue, regardez docteur Parpalet, je dis oui, c'est la réplique de Jouvet, de Knock, et bien, c'était tellement bien dit que je me suis retourné pour voir de quoi tu parlais, alors ça, c'est le plus beau compliment, vous l'appeliez Johnny ?
Oui, pas Jean-Philippe ? Il avait une chose extraordinaire, c'est que quand il t'appelait, il disait, allô, allô, c'est Johnny, Johnny Lallyday, il se présentait, je suis à Tahiti, et j'aimerais bien te faire profiter de mon luxe. Non, il disait ça ? Oui, il y a des phrases sublimes,
j'aimerais te faire profiter de mon luxe. Mais quel génie ! Vous avez reçu un César en 94, vous avez été nommé 11 fois au César, ça vous fait plaisir, c'est la récompense, le milieu, c'est quelque chose qui vous fait plaisir ?
Maintenant je ne suis plus du tout nommé, ni rien pour... C'est-à-dire que... Pourquoi ? Non mais toute récompense fait plaisir, toute reconnaissance fait plaisir, mais j'ai eu la chance de rentrer et Jean-Pierre Marielle. J'ai eu des grandes rencontres dans ce métier. Michel Bouquet, qui a été la plus grande, Jean-Pierre Marielle, du même niveau, d'ailleurs, ils jouaient Pinter ensemble, c'était des immenses, immenses, sans plan de carrière, sans rien. Et il a dit un jour, Jean-Pierre Marielle, moi je ne participe pas au César, a-t-il dit, je ne suis pas un acteur de loterie. Et j'avais beaucoup apprécié cette phrase-là. Je ne suis ni contre, ni pour.
Je ne pense pas qu'il y ait un meilleur acteur, il y a une meilleure bagnole, il y a un bolide qui va plus vite qu'un autre bolide. Mais s'il y a un métier qui doit être protégé de la compétition, c'est l'art sublime de notre métier, qui est de transmettre des couleurs, des émotions, un esprit, une puissance, une langue. Est-ce que ça vous rend libre, le fait de ne pas être dans tout ce sujet-là ? Je ne suis pas, non. Plus libre ? Non, parce que je ne suis pas très heureux, j'adorerais être inscrit. Moi j'adorerais aller au déjeuner des Césars, parce qu'il n'y avait pas d'enjeu, mais je n'avais pas la force d'aller attendre.
Je me ronge les ongles quand il n'y a pas d'objet, mais alors attendre pour entendre le meilleur acteur, ça je n'ai pas les nerfs. Donc je ne préfère pas y aller, je ne préfère pas te nommer, je suis tranquille. Un jour j'ai été nommé sur une pièce de Yasmina Reza avec Pierre Vanek, que j'aimais énormément, acteurs aussi qui ne connaissent pas dans les jeunes générations. On avait fait Pierre Arditi, Pierre Vanek et moi, la création d'art, qui a été un événement majeur dans l'histoire du théâtre contemporain. Et un jour on a été nommés tous. On a été nommés au Molière. Et Pierre m'a regardé alors qu'on était amis, affectueux.
Il m'a dit c'est horrible, mais j'ai espéré que ce soit moi et pas toi. Donc ça peut même agir sur de l'affection. Mais pourquoi il nous met de la compétition ? Il n'y a pas de meilleur acteur. Ça n'existe pas. Nous vivons un espace qui n'a rien à voir avec la monstruosité de la réalité sociale, l'injustice. Nous vivons un monde qui s'appelle le théâtre, le cinéma. C'est un monde où le premier n'est pas le même premier que dans la société. Moi j'admire énormément d'acteurs contemporains. Tu sais, il y avait un film qui s'appelait Five. Oui, il y avait Pierre Lenné. Pierre Lenné, dans ce film, il est colossal. Je l'ai appelé à cette époque-là.
Il est colossal parce que ça ne s'apprend pas d'être un acteur de comédie. On peut apprendre, et c'est assez simple, d'être un acteur profond, d'être un acteur qui fait pleurer. C'est plus facile ? C'est assez simple. Mais un acteur de comédie, ça c'est le miracle. Parce que c'est musical, c'est un rythme. Alexandra Lamy fait partie de cette race exceptionnelle. Sa sœur aussi. Audrey ? Je vais vous dire, mon respect, mon admiration va vers les acteurs de la comédie. Parce que c'est l'exigence. Moi, tous les soirs au théâtre, moins sur le Hugo, mais l'art de provoquer le rire, c'est une science. Elle est très technique. Elle est beaucoup plus... Bon.
François Civil, tout ça, tous ces acteurs qui étaient dans Five sont devenus des immenses stars et des immenses vedettes. J'ai même pensé, parce que je vais faire quelques petits trucs d'Instagram pour la sortie de Victor comme tout le monde, et je vais m'inspirer des Instagrams de Pierre Ninet. En gros, l'Instagram que je vais faire, je vais faire, bon, en tant que régional, parce que moi, je suis déjà plus du tout en compétition comme jeune, en tant que petit bras, en tant que Pierre Ninet, mais très, très petit bras, je vais vous parler avec mon chien, comme lui, avec son âne, de ma vie pour vous faire dire « Allez voir Gourou ».
J'ai pris des leçons et je vais le faire avec amour, parce que je l'admire. Vraiment, pour moi, Pierre Ninet, la qualité de certaines scènes, c'est magnifique. J'aime les acteurs.
Vous parlez d'animaux, deux secondes, là.
Vous avez des animaux, aujourd'hui ? Oui, j'ai deux chiens. J'aimerais en avoir 50. Je suis dingue. J'ai eu envie, il y a deux mois, d'aller promener les chiens de la SPA, mais maintenant, je n'ai plus la force psychiquement. Mais j'ai réussi, Dieu soit loué, sans vanité, à en placer trois. J'ai réussi à placer trois chiens malheureux. J'ai réussi, je ne veux pas le dire dans l'ego, mais j'ai réussi miraculeusement à placer Capucine, une merveille. J'ai placé aussi un autre qui s'appelle, je vais vous dire le nom. Bon, et il est tombé dans des familles merveilleuses, etc. Alors, les animaux. Vous avez envie d'acheter d'autres animaux ? Non, moi, j'ai dit que j'étais un petit Pierre Ninet.
Sa relation avec l'âne, je l'envie. Pourquoi vous n'achetez pas un âne ? J'y pense, j'y pense. Mais Ninet a l'air d'être plus heureux. Il a l'air d'aller bien, Pierre Ninet. Et je dis tout bien que je pense de lui. Il est totalement de son époque tout en étant très humain puisqu'il aime son âne. Moi, je deviens fou. Mais là, je suis abonné au Teckel, mais les Teckel, ça te fait craquer et puis on apprend que ce n'est pas des chiens faciles. Mais vous voulez me poser comme question, les chiens, les animaux, les chats ? Écoute, il y a une phrase de Nietzsche qui est géniale. Qu'est-ce qu'un homme ? Les hommes, ce n'est qu'un animal malade.
Ça veut dire qu'il n'y a pas de perversion chez les animaux. Et comme dirait Victor Hugo quand on voit le regard d'un chien qui oserait dire qu'ils n'ont pas d'âme. Et c'est marrant parce qu'on dit les cabots et le pire compliment que quelqu'un peut faire, c'est en lui, ça qu'un sale cabot. Oui. Alors j'ai compris, cabot, cabotinage. Qu'est-ce que c'est la frontière entre la bonne note, la note juste, la présence juste, la qualité humaine qui fait que le spectateur t'écoute et quel est le cabot ? Le cabot, c'est quand tu abandonnes quelque chose de l'ordre de ta vérité pour devenir la caricature comme les chiens peuvent être des fois cabots.
C'est-à-dire, ils veulent tellement qu'on s'occupe d'eux qu'ils veulent absolument attirer l'attention. Un acteur doit maîtriser ce cabot. Tout acteur est cabot. Mais il y a des acteurs qui ont compris qu'ils peuvent haïr le cabot et ils peuvent haïr le cabot en l'écrasant sous Victor Hugo. Hugo, il écrase le cabot. Le TA, tous les soirs, écrase le cabot. On est des cabots. On est égocentrique. On est... Mais l'exécution quotidienne de ton art et pourquoi ils sont cabots, les chiens ? Parce que... Je vais vous finir là-dessus. Il y a une prof de philo spécialiste de Nietzsche qui disait « Vous voulez que je vous explique quel est l'homme nietzschien ? » C'est très compliqué.
Le surhomme, la déclaration de guéro-christianisme. Il dit « Imaginez un petit chien qui se lève le matin à place du Tectre. Il est 6h du matin, il descend et il va renifler toutes les odeurs, tout. Il va descendre. Il est plein d'aspiration. » Cet acte du petit chien qui descend de la place du Tectre pour aller renifler, humer toutes les odeurs, quelles qu'elles soient. Alors, on va dire « Il rit, il rit, il rit. » Il renifle des choses dégueulasses. Il ne comprenne même pas que les chiens ne reniflent pas du tout par perversion. Il renifle pour capter le copain qui est passé là, dans quel état il est. Est-ce qu'il a envie d'être agressif ?
Est-ce que la personne que je l'ai rencontrée, ils analysent des milliers de choses. Les gens disent « Non, non, il ne faut pas qu'ils reniflent. » Ça ne sert à rien de promener les chiens comme des malades. Faites des kilomètres. Non. 20 minutes, 10 minutes minimum, laisse renifler. Moi, à la campagne. Ce qui prouve bien qu'ils ne sont pas que branchés pipi. À la campagne, ils sont comme des fous. Il faut laisser 10 minutes. Tu vois, c'est la seule chose qui compte aujourd'hui. Laissez vos chiens 10 minutes. Ne les tirez pas. Laissez-les. C'est leur sociabilisation. C'est comme ça qu'ils socialisent. Vous êtes parti de Paris, vous ? Alors moi, je vais à la campagne souvent.
Ça me déprime complètement. De quoi ? La campagne de Paris ? Oui, oui. Mais je travaille. Tu sais. Céline disait toujours, pendant la guerre de 1914, elle disait déjà que la campagne en temps de paix, je n'aimais pas ça. mais en temps de guerre, je crois qu'il dit de mémoire, ces maisons, ces chemins qui mènent nulle part et ces maisons où il n'y a jamais personne. Je crois qu'il dit un truc comme ça. La campagne le déprimait. Mais moi, oui, ce n'est pas facile, la campagne. Mais enfin, j'y vais. Mais tu vois, je... Paris, vous aimez toujours ? Non. Non. Non, vraiment plus. Votre femme rigole derrière. Non, vraiment plus. Ah oui ? Non, parce que je ne sais pas, c'est un air de zade.
Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'elle a fait. Je suis très, très bluffé par la puissance et la volonté politique. Ça, elle donne des leçons. La place de la République, c'est Staline. C'est du non-végétal. On se croirait chez Staline. C'est... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est mon âge aussi. C'est l'âge aussi qui vient peut-être. Le prêtre, il nous menace du pire, disait Staline. On n'a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie. Voilà. Mais... Non, il y a quelque chose qui est intéressant à analyser. C'est pourquoi elle a séparé les gens autant, quoi.
Dans Paris ?
Pourquoi elle a mis en avant que les vélos. en écrabouillant les gens âgés, en écrabouillant les piétons et en méprisant les voitures ? Là, elle ne l'a pas réussi. Elle a réussi pour son électorat qui est enivré de... Mais... Mais... Pourquoi certains s'arrêtent au feu rouge quand elle est socialiste ? Socialiste, c'est donc un sens de la justice. Pourquoi on leur offre la possibilité de transgresser et de ne pas avoir les mêmes codes que...
De passer au feu rouge, je veux dire,
avec les vélos ? Personne n'est capable de me répondre. Moi, j'ai une idée. Pourquoi ? Parce que c'est... C'est du bacchiche. Puisque tu ne pollues pas, il faut bien te donner une récompense. Ça se défend, hein ? Et cette récompense, c'est que tu vas plus vite que tout le monde. Mais qu'est-ce que ça crée ? Ça ne crée pas du tout. Ça ne fédère pas. C'est le contraire de ce que je vis tous les soirs au théâtre ou au cinéma. Quand je suis au théâtre, votre collègue y a été mardi dernier, elle a vu que ce n'est pas du kinos quand il y a 800 personnes fédérées dans l'amour de la langue qui rient, qui pleurent. Là, il n'y a pas de cycliste, de voiture ou de piéton. Il y a la mumelle.
Il n'y a pas de mixité sociale ? Je dirais qu'elle a décidé de privilégier et c'est impressionnant. Mais effectivement, la promenade... Mais elle a réussi un coup étonnant, c'est qu'il n'y a plus de manuel, il n'y a plus de boutique. Moi, j'habite le 18e. Tout est fermé. Je ne dis pas que c'est bien d'être boutiquier. Peut-être que les mecs qui votent pour elle, les colos disent tant mieux que les commerçants, c'est ça, les enculés, ils crèvent. Très bien. Elle a réussi ça. Tu verrais le nombre de marquer bail, bail, par centaines. Il n'y a plus de boutique. Parce qu'évidemment, puisqu'elle a coupé la... Mais moi, je ne veux pas me mettre à me battre.
Moi, mon papa était commerçant, rue Ramay. Je ne veux pas me mettre à être... Je ne veux pas advenir... Il n'y a pas marqué Poujade. Je ne veux pas me mettre à défendre les commerçants. Mais c'est très triste, une ville dont les commerces ferment. Vous avez vu la différence dans quelques années ? Je suis dans le 18e, le plus populaire. Je te propose de te balader. Va rue dans Raymond. Une rue super commerçante. Il y a deux boutiques sur cinq qui ferment. C'est un gros truc à Paris. Les restaurants. Mais moi, je n'ai pas envie de gueuler. Elle a réussi son coup. J'ai été un peu moqueur parce que...
Tu sais, j'ai tous les gens qui viennent me voir au théâtre, tous les politiques, de la gauche à la droite, tout le monde, l'extrême droite, l'extrême droite, tout le monde vient. Tout le monde vient. C'est normal. Ils sont français, donc ils savent que pour faire de la politique, un politicien doit être cultivé. C'est une donnée. Il faut, il faut... Il faut. Oui, il faut avoir un rapport à ce qui a fait que ce pays était un pays de génie. T'imagines que du temps de Dostoyevsky, la langue française, était la langue parlée. C'est-à-dire que les russes apprenaient le français.
Je rappelle, donc Victor, comme tout le monde, il est sorti, il est dispo, cinéma, si vous voulez aller le voir. Je rappelle quand même ce pourquoi...
Parce que c'est vraiment une petite merveille.
Il est génial, le film, je l'ai vu.
Ah, c'est une merveille. Merci,
j'ai eu un lien
pour pouvoir le regarder. Bravo. Et en salle, c'est une merveille.
Et ça termine dans un endroit que j'ai visité, sans dire lequel, vous allez avec... avec... Bah, Guerl Nezette, je peux le dire. Oui, c'est ça, mais dans un endroit, c'est le vrai endroit. Ah oui, oui, oui, parce que je reconnais le... Je vous laisserai voir le film, mais en gros, c'est bon, on en a parlé tout à l'heure, mais génial, donc il est dispo. Est-ce que je peux rappeler quand même le spectacle ? Oui, je joue Cioran
le mercredi à l'atelier et Hugo, et le mieux Hugo, c'est plutôt de louer pour octobre, novembre.
À partir du 5 octobre au théâtre de la Porte Saint-Martin, parce qu'il est complet jusque-là. Marie Astrid, qui a écrit l'émission justement, est venue en sachant que c'était complet et ils lui ont dit s'il y a une place qui... Hop, il a réussi à trouver la dernière place qui était... Mais c'est complet, c'est complet, il n'y a pas de place en haut, nulle part. Mais ce n'est pas du baratin. On va terminer. Merci, merci en tout cas. Oui,
monsieur, vous avez été incroyable parce que vous n'êtes pas un grand expansif. Il était dans la neutralité, il était exactement dans la neutralité bienveillante du psychanalyste. Il est resté neutre. D'habitude, au théâtre, on a tout de suite un écho. Et vous m'avez beaucoup apporté. Merci beaucoup. Guillaume Plait, vous qui arrivez du l'an, vous incroyable, très très humble et en même temps extrêmement déterminé. Et vous qui ne laissez jamais une minute. Vous qui avez tout le long de ces six heures, six heures où on a traversé des épreuves où chacun a été transformé en presque un matériau d'animosité. Reconnaissons-le que quand le micro est tombé, nous avons eu des problèmes.
Il a paniqué, il s'est dit merde. Et bien, tout ça a été réconcilié parce que vous êtes là, parce que tu as choisi de faire ce métier. Et tu sais qu'est-ce qui est merveilleux en vous ? Il s'appelle comment, monsieur ? Abel. Abel. Il ne faut pas l'emmerder. Abel, il a une chose, il est concentré. C'est un homme concentré. C'est la vertu de notre métier. Concentration et humilité, fraternité. C'est le sublime texte de Louis Jouvet. Tu sais, il dit le plus beau truc pour nous, c'est que nous sommes des anxieux mais que nous ne pouvons pratiquer ce métier que dans un sentiment de fraternité. Tu l'incarnes, Guillaume Plait. Abel. Merci beaucoup. Je vous embrasse.