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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 août 2022 40 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileJusticeInstitutions & électionsEurope & international

Et s'il voulait remplacer Macron ? Darmanin sur les pas de Sarkozy

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 70 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:17OuverteÉludée

    Gérald Darmanin, contre lequel il y a quand même une plainte pour agression sexuelle ? Est-ce que ça ne risque pas de compromettre sa course vers l'Élysée ?

  • 8:54ComplaisanteRéponse partielle

    Je suis le fils d'une femme de ménage. Je suis élu dans un territoire de gauche depuis toujours, dans les Hauts-de-France.

  • 22:57OuverteRéponse partielle

    Théophile, est-ce que la prise de position de Jean-Luc Mélenchon aussi t'a gêné ?

  • 28:30OuverteRéponse partielle

    La France n'arrive plus à jouer un rôle dans ces grandes crises que ce soit en Ukraine, à Taïwan, au Proche-Orient, ou même dans sa zone d'influence africaine. Sommes-nous devenus une puissance de seconde zone ?

  • 31:47OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il existe encore une chance de voir deux états cohabiter côte à côte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 32:15IntervenantFait
    « il y a eu plusieurs jours de bombardements à Gaza qui ont été faits à l'initiative de l'armée israélienne »
  • 32:20IntervenantFait
    « il y a des civils qui en pâtissent »
  • 32:32IntervenantFait
    « on va faire une trêve et dans un an et demi ça recommencera »
  • 33:00IntervenantChiffre
    « vous avez 2 millions de personnes qui vivent dans un peu moins de 400 km² »
  • 33:07IntervenantFait
    « sous blocus depuis 2007 »
  • 33:52IntervenantFait
    « on condamne la Chine on condamne la Russie c'est très bien mais on pourrait aussi condamner la politique que mènent Israël »
  • 34:00IntervenantFait
    « moi j'ai aucun problème avec le mot d'apartheid »
  • 34:20IntervenantFait
    « il y a eu un changement en 2018 un changement fondamental c'est que Israël est devenu l'état-nation du peuple juif »
  • 35:35IntervenantFait
    « la Palestine en réalité aujourd'hui ce sont quelques Bontoustan »
  • 35:40IntervenantFait
    « Bontoustan c'était le nom qu'on donnait aux petits états indigènes de l'Afrique du Sud »
  • 36:11IntervenantFait
    « peut-être un état multi-ethnique multi-confessionnel »
  • 36:27IntervenantFait
    « les Etats-Unis c'était la Palestine d'ailleurs avant même »
  • 37:41PrésentateurFait
    « en Israël le viol est interdit sauf s'il concerne les résolutions de l'ONU »

Temps de parole

  • Intervenant47 %
  • Intervenant 237 %
  • Présentateur13 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, merci de regarder ce nouvel épisode de notre rendez-vous d'actualité hebdomadaire estivale, le fond de l'info. On rappelle que notre média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui sont attachés à l'indépendance des médias, donc de vous. Abonnez-vous, soutenez-nous. Aujourd'hui, j'ai à mes côtés mes collègues et camarades Théophile et Thomas. Ensemble, ils commenteront l'actualité politique de la semaine passée. Un personnage qui occupe le terrain cet été et qui ne semble pas décider à prendre des vacances. C'est notre ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Il enchaîne les sorties médiatiques et les fake news, ciblant notamment les étrangers, draguant les électeurs du Rassemblement national, mais que nous cache Darmanin ? Un autre personnage politique tout aussi controversé a beaucoup fait parler de lui. C'est Patrick Balkany, sorti de prison après la confirmation de sa libération conditionnelle par la justice. L'ex-maire de Levallois-Péret avait été condamné à 4 ans de prison ferme pour prise illégale d'intérêt. Une sortie de prison qui a suscité une vague d'indignation. La semaine a été marquée par de nouveaux soubresauts sur la scène internationale, avec les tensions autour de Taïwan et les menaces d'invasion de la Chine.

Cette nouvelle crise géopolitique qui a eu des échos jusqu'en France, on en parle. Et comment passer à côté de la nouvelle offensive israélienne dans la bande de Gaza, faisant des centaines de blessés et tuant des civils dont plusieurs enfants ? Comment entrevoir la paix quand il n'y a pas de justice ? Le fond de l'info, épisode 8, c'est parti. Gérald Darmanin s'agit dans tous les sens, s'embrasse beaucoup devant. Une façon peut-être de détourner l'attention des vrais sujets comme les Uber Files ?

1:45
Intervenant

En tout cas, la stratégie de l'été de Gérald Darmanin, c'est peut-être de profiter de la baisse, disons, de contenu politique pour imposer le sien, notamment en se saisissant d'un certain nombre de faits d'actualité, de faits divers. Premièrement, il y a eu la question de Lyon, le quartier de la Guillotière, avec la mise en scène de son affrontement avec le maire de Lyon, Grégory Doucet, avec en toile de fond l'histoire d'une agression contre des policiers. Et puis finalement, Gérald Darmanin a trouvé un étranger qui devait être en être responsable et qui se chargerait d'expulser. Et puis pas de chance, c'était pas cet étranger-là qui en était responsable.

Mais il a quand même annoncé qu'il l'expulserait quand même. Puis il y a eu l'affaire de l'imam Hassan Iqusen, accusé d'avoir tenu des propos problématiques, au moment même où il y avait Mohamed Ben Salman, le prince héritier d'Arabie Saoudite, qui était en France et qui venait à l'Élysée avec tout le background qu'on connaît de Mohamed Ben Salman. Aujourd'hui encore, Gérald Darmanin, il est à Marseille, où il évoque la question des rodéos qui sont criminels, etc. Il veut frapper les esprits. Il prépare, doit-on dire, sa rentrée politique en septembre.

Il espérait qu'à la rentrée, l'Assemblée nationale étudie son projet de loi sur l'immigration, qui allait notamment renforcer les possibilités d'expulsion d'étrangers suite à des délits commis en France, c'est-à-dire délits, condamnations, peines de prison, puis expulsions. Et donc, dans le cadre du teasing de ce projet, il a donc mis en scène un certain nombre de faits divers.

Donc, il a utilisé les informations qu'il avait entre ses mains en tant que ministre de l'Intérieur et aussi l'appareillage médiatique des chaînes d'info en continu contrôlées par les milliardaires pour imposer son agenda, pour aussi faire pression sur Elisabeth Borne et Emmanuel Macron, puisqu'en réalité, il voulait passer en force sur son projet de loi d'immigration. Elisabeth Borne l'a repoussé à plusieurs mois, enfin dans plusieurs mois, et on se rend bien compte qu'il veut finalement, ce ministre de l'Intérieur, imposer un agenda politique personnel à la République.

Et je pense qu'il n'est pas insensé d'imaginer qu'il est déjà dans la course à la présidentielle de 2027 et que, dans le cadre de cette course à la présidentielle de 2027, il utilise des armes que ne réunirait pas celui qui a finalement été son mentor en politique, c'est-à-dire Nicolas Sarkozy, saturer l'espace politique, se servir de faits divers et des médias des milliardaires pour exister.

Et bon, par exemple, son positionnement, le positionnement qu'il veut avoir, on pourra en reparler, mais il rappelle effectivement ce Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire se mettre dans une sorte de positionnement de droite populaire, entre guillemets, bien entendu, avec de gros guillemets, dans l'objectif sans doute de draguer les électeurs de Marine Le Pen, une partie, et donc de faire son succès sur l'affaiblissement du RN, le maintien d'un socle, finalement, LR et LREM. En tout cas, on pourra en reparler, je ne sais pas ce que Thomas...

5:15
Présentateur

Thomas, tu penses aussi que Darmanin prépare la succession d'Emmanuel Macron ?

5:18
Intervenant

En tout cas, il reprend à son compte la stratégie qui avait fait le succès de Nicolas Sarkozy en 2007, qui lui avait permis de gagner la présidentielle et qui lui avait été soufflée par Patrick Buisson, qui était celle de draguer les électeurs du Rassemblement National, du Front National à l'époque, de ramener à lui tout un tas d'électeurs d'extrême droite. Et c'est ce qu'il fait depuis le début de l'été. Alors évidemment, ces prises de position, les petites polémiques qu'il déclenche, ça permet de cacher les vrais sujets. On a parlé de la venue de dictateurs à l'Élysée. Il y a aussi la question de l'inflation, qui est quand même très présente, qui occupe la vie des Français.

Il y a la question des feux de forêt. Et qu'est-ce que fait Gérald Darmanin ? Il ne parle absolument pas de tous ces sujets. Il passe son temps à parler des étrangers qu'il faudrait expulser, à vouloir expulser un imam qui certes a dit des choses qui sont peut-être condamnables, mais qui n'a pas été condamnée par un tribunal. Donc pourquoi l'expulser alors que la justice n'est pas passée, n'a pas fait son œuvre ? Donc évidemment, Gérald Darmanin s'inscrit dans ça. Mais par contre, c'est vrai que dans l'optique de 2027, puisqu'il faut rappeler qu'Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter une troisième fois, puisque la Constitution lui interdit.

D'ailleurs, à un moment, il avait souhaité peut-être modifier la Constitution, comme le font certains de ses amis des spots africains, mais il semblerait qu'il ne pourra pas faire de troisième mandat. Gérald Darmanin devra affronter d'autres potentiels candidats. On pense notamment à Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre. On pense aussi à son collègue au gouvernement, Bruno Le Maire.

Si Gérald Darmanin s'inspire beaucoup de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire s'inspire beaucoup de Dominique de Villepin, écrire des livres, être un peu l'homme loyal, l'homme fidèle, l'homme sur qui on peut compter, alors que Gérald Darmanin affirme sa singularité vis-à-vis d'Emmanuel Macron et du reste du gouvernement. Donc c'est encore loin. 2027, c'est encore loin. Mais déjà, il y a des positions qui sont prises. Il y a des affrontements à fleurs et mouchetées.

C'est vrai que l'été, où on aime occuper le terrain par des petites polémiques politiciennes, on se souvient que le Burkini, où on ressort chaque été, permet justement de mettre en scène ces affrontements pour la future présidentielle.

7:17
Présentateur

Gérald Darmanin, contre lequel il y a quand même une plainte pour agression sexuelle ? Est-ce que ça ne risque pas de compromettre sa course vers l'Élysée ?

7:25
Intervenant

Oui, il y avait une plainte pour viol, même, qui a été classée sans suite. Et quel que soit finalement le résultat de la plainte actuellement en cours, il y a quand même des comportements de Gérald Darmanin qui interrogent, qui questionnent la morale, c'est-à-dire échanger un logement social contre des faveurs. C'est quelque chose, effectivement, qui peut questionner quand on est un homme politique. Et est-ce que les Français ont envie de confier la destinée de tout un pays à ce personnage-là ? J'en suis pas vraiment sûr.

7:54
Présentateur

Il y a un Darmanin qui est dans son dernier livre, célèbre Napoléon, qui a su, on va dire, quelque part, mater les Juifs de son empire. Donc un Darmanin contre qui il y a des accusations d'antisémitisme, est-ce qu'on pourrait le voir à l'Élysée dans cinq ans ? C'est une grande question.

8:10
Intervenant

Je pense que Gérald Darmanin occupe le terrain et il utilise un biais, un biais cognitif, d'ailleurs, qui lui permettra de se poser en victime à chaque fois qu'un certain nombre de questions fondamentales lui seront posées. C'est-à-dire qu'il est le représentant des petits gens, du parler vrai, il refuse le politiquement correct, il dit tout haut, ce que les autres pensent, tout bas. Bref, un registre qui a son été utilisé par l'extrême droite, mais également aussi par la droite classique, qui finalement lui servira à exprimer qu'on veut le faire taire, à dire qu'on veut le faire taire quand il sera en mauvaise posture.

8:54
Invité

Je suis le fils d'une femme de ménage. Je suis élu dans un territoire de gauche depuis toujours, dans les Hauts-de-France, dans le nord de la France. Moi, j'ai une certaine fibre sociale-économique. Je ne suis pas un libéral économique absolu. J'ai peut-être parfois des différences avec quelques-uns de l'aile droite, peut-être, de ma propre majorité. Mais je suis de gauche quand je défends les étrangers qui doivent avoir l'asile constitutionnel. Mais je pense aussi être de gauche lorsque je dis que la personne qui se fait voler sa voiture, qui doit prendre le métro, doit être protégée.

Et je pense que les gens de gauche, comme les gens de droite d'ailleurs, comme tous les Français, je pense que pour son âge récent, on l'a montré, tous les Français sont du bon sens, ce qui consiste à dire les étrangers sont le bienvenu sur notre sol s'ils respectent les valeurs de la République, s'ils respectent la France.

9:37
Intervenant

Ce qui est frappant, c'est son audace. A priori, on le classerait à droite, voire à l'extrême droite de la Macronie. Mais en réalité, il procède d'une sorte de renversement cognitif. Et il explique qu'en gros, il est d'une sorte de droite sociale qui n'est pas très ultra-libérale, qui veut s'occuper des vrais problèmes, les vrais problèmes, bien entendu, qu'il choisit. Les vrais problèmes, selon lui, ce n'est pas l'inflation, ce n'est pas l'évasion fiscale, c'est les rodéos urbains, ce sont les étrangers qu'on ne veut pas expulser. Bref, c'est quasiment du 100% Nicolas Sarkozy.

Et on a bien vu en France que des personnes sur qui il pesait de graves et lourdes accusations, ça n'a pas toujours dérangé leur carrière politique. On se rappelle qu'en pleine campagne électorale en 2017, François Fillon avait été sali par un certain nombre d'accusations très précises sur son comportement à l'affaire Pénélope Fillon. Mais ça n'a pas empêché que plus de 20% de Français lui accordent leur suffrage. Donc, il ne faut pas penser que ces dossiers constituent une sorte de condamnation à mort politique de Gérald Darmanin.

10:51
Présentateur

Alors, cette semaine, on a aussi assisté à la remise en liberté conditionnelle de l'ancien maire de Valois, Patrick Balkany. Une remise en liberté qui a été couverte par de nombreux médias. Alors, la justice semble décidément très clémente avec les hommes politiques et les puissants de ce monde. Protège-t-elle un système ?

11:09
Intervenant

C'est vrai que ça peut être... On s'interroge quand on voit des hommes politiques être condamnés à des peines relativement légères par rapport aux fautes qu'on leur reproche. C'est vrai que dans le cas de Patrick Balkany, il a été condamné à 4 ans de prison ferme. Il a pu sortir à deux reprises, être mis en liberté conditionnelle, violer le port de son brassereur électronique à de multiples reprises, repartir en prison et puis sortir et puis être considéré par certains médias comme une sorte de Mandela qui reviendrait à la maison accusé injustement.

11:40
Invité

On revient. Vous venez d'entendre donc les premiers mots du couple Balkany, Patrick Balkany qui a donc quitté la prison de Floré-Mérage ce matin pour rejoindre sa propriété de Giverny. Il y a de la trandresse, le soulagement, la bienveillance d'un couple fatigué, épuisé par cet acharnement judiciaire, ce combat judiciaire. Vous avez parlé d'acharnement, Raphaël, tout à l'heure, combat judiciaire. On sent que ce sont des personnes qui sont malades puisque Isabelle Balkany parlait de son concert. Les mots très forts de Patrick Balkany qui dit qu'il a vécu un enfer en prison, la solitude, pas un co-détenu, pas une discussion avec d'autres détenus, les hurlements dans la prison de Floré-Mérogis.

Il trouve le moyen de garder son humour. Il regarde ces news de la journée. C'est complètement hallucinant

12:30
Intervenant

ce traitement médiatique. Il faut le mettre en parallèle avec ce qui peut passer. On entend tous les jours des sans-abri ou des SDF qui volent un quignon de pain et un morceau de camembert dans un supermarché et qui finissent sous le mandat de dépôt où on se souvient des gilets jaunes. Il y a eu quand même 1000 condamnations à la prison ferme. Il y a eu plus de 400 mandats de dépôt pour des faits qui peut-être n'étaient pas très malins. C'est sûr que ce n'est pas très malin de jeter un caillou ou une boîte de conserve sur un CRS.

Mais quand on voit les sommes qui sont détournées, les crimes économiques qui sont commis par certains hommes politiques et les condamnations légères qui en ressortent, c'est vrai qu'on peut s'interroger. Il y a le cas de Patrick Balkany. Prenons l'exemple du financement illégal de la campagne de 1995 d'Edouard Balladur qui a été jugé plus de 25 ans après les faits avec des peines de prison, la relaxe pour Edouard Balladur, des peines de prison exorcie pour son ancien ministre de l'Intérieur, des procédures qui durent, qui durent, qui durent, on ne sait pas comment ça s'est arrêté.

L'affaire par exemple du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ne s'est toujours pas jugée. Parlons pas seulement des hommes politiques, on parle des patrons des grands groupes du CAC 40. On voit qu'un des plus grands scandales financiers de la Ve République qui est l'affaire Uramine où l'entreprise Areva a acheté avec notre argent puisque c'est une entreprise publique 1,8 milliard 3 mines qui ne valait en fait pas un copain qu'il y a des procédures qui sont ouvertes. Anne Lauvergeon qui est l'ancienne présidente d'Areva a réussi à faire annuler les procédures contre elle pour corruption devant la cour de cassation.

Donc c'est vrai qu'on peut s'interroger Alexandre Benalla qui a été condamné à une peine assez minime qui effectue sa peine de prison sous brassière électronique chez sa mère. Donc évidemment il y a des interrogations qui peuvent se poser chez le Kidam en voyant le deux poids deux mesures de la justice et puis il y a des problèmes structurels qu'on ne règle absolument pas.

Le fait qu'il y ait par exemple la cour de justice de la République qui est une cour qui juge les faits commis par des ministres dans l'exercice de leur fonction qui est complément à la chronique puisque ce sont des parlementaires l'un d'où ce parlementaire et trois magistrats seulement de profession qui jugent ces ministres avec notamment deux députés du Rassemblement national qui ont été nommés à cette cour de justice de la République et on sait que cette cour de justice a été particulièrement clémente avec tous les hommes politiques les ministres qu'elle a eus à Jules.

On se souvient par exemple de l'affaire du sang contaminé où malgré les faits évidents qui étaient exposés Laurent Fabius a été relaxé. Il n'y a toujours pas malgré les promesses de François Hollande de supprimer la cour de justice de la République il y avait aussi cette promesse de François Hollande de rendre l'indépendance au parquet. C'est vrai que la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme dans plein d'arrêts sur la question de l'indépendance du parquet. On considère que les magistrats du parquet ne sont pas indépendants et malgré ça il n'y a pas eu de réforme qui a été entreprise.

Donc c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a une justice qui est beaucoup plus clémente avec les puissants qu'avec le gilet jaune ou l'SDF qui a volé un morceau de 40 verres.

15:28
Présentateur

Ce sera du parquet les procureurs et les avocats généraux. Théophile ?

15:31
Intervenant

Quelque part il y a une sorte de logique dans la structuration des institutions de la Ve République qui a une très forte prégnance de l'exécutif. L'exécutif qui finalement a le droit entre guillemets de vie et de mort sur les français il a le droit d'aller quasiment faire la guerre pendant 4 mois sans avertir le parlement. Donc tout ce contrôle du pouvoir mis entre les mains de quelques hommes nécessite que pour ces hommes-là qu'ils soient protégés des actes qu'ils commettent finalement dans la plus grande solitude et les institutions judiciaires viennent comme pour parachever la logique générale des institutions de la Ve République.

Je pense que pour pouvoir changer nos institutions, pour faire sortir la France son statut de démocratie de basse intensité, il faut vraiment changer toutes les institutions politiques. C'est-à-dire il faut aller à une VIème République où les hommes politiques sont tenus de s'expliquer devant le peuple sont redevables au peuple d'explications.

Il faut vraiment il faut engager tout un chantier mais qui engagera ce chantier dans la mesure où dès lors qu'on est élu on se sent tellement à l'aise dans ce vêtement de personnages quasi impunis et au-delà du président de la République on se rend bien compte que c'est toute la classe politique en tout cas la classe dirigeante peut-être pas les oppositions qui est protégée des actes qu'elle peut poser.

Donc pour changer ça il faut un véritable rapport de force qui s'instaure entre les gouvernants et les gouvernés il faut que le peuple ait la parole et des opportunités comme ça où le roi était nu où les institutions avaient prouvé leur inefficacité il y a eu la crise des Gilets jaunes qui aurait pu être un moment où on réfléchit vraiment à comment redonner la confiance en nos institutions c'est un moment qui a été raté Emmanuel Macron a créé une sorte de grand débat national qui servait à gagner du temps il a maté les Gilets jaunes et on a recommencé comme avant et donc cette impunité elle est consubstantielle à nos institutions.

17:50
Présentateur

alors justement si un soulèvement populaire ne peut pas permettre la naissance d'une nouvelle république et d'une nouvelle constitution puisqu'elle est tout de suite réprimée concrètement on est condamné à rester dans un système qui ne change pas

18:06
Intervenant

il faut peut-être aussi une insurrection des consciences c'est-à-dire que je ne suis pas sûr qu'une majorité écrasante de français se rende compte qu'il y a un véritable problème avec l'impunité des politiques avec la nature des institutions je ne suis pas sûr c'est-à-dire que nous nous laissons aveugler nous nous laissons imposer notre agenda par un certain nombre de médias qui évoquent des questions qui peuvent être importantes mais qui le sont un peu moins qui sont un peu moins structurantes que ce dont nous parlons c'est-à-dire que la construction vraiment de l'agenda politique autour d'un certain nombre de faits divers c'est une volonté des politiques qui est accompagnée par un certain nombre de médias qui crée le cadre général pour que les faux débats puissent prospérer et bon les français regardent la télé les français ont leur propre passion intérieure qui forcément ne réussissent pas à constituer une majorité d'idées qui permettraient d'être plus attentifs à ce que les changements s'opèrent au niveau de la lutte contre l'impunité des politiques

19:14
Présentateur

le média au média on veille à favoriser cet éveil des consciences donc on compte sur votre soutien on va parler maintenant de l'actualité internationale et des tensions autour de Taïwan et des menaces d'invasion de la Chine cette nouvelle crise géopolitique a eu des échos jusqu'en France avec notamment une prise de position très contestée de Jean-Luc Mélenchon

19:37
Intervenant

Oui alors de toute façon à chaque fois qu'on critique Jean-Luc Mélenchon il y a une forme d'hypocrisie qui est à l'oeuvre je veux dire le comportement de tous les gouvernements pas seulement d'Emmanuel Macron vis-à-vis de la Chine a été de faire du commerce et de n'absolument pas dénoncer les questions des droits de l'homme si ce n'est de manière complètement périphérique d'ailleurs on a quand même des personnages qui sont proches du régime actuel qui sont très proches aussi de la Chine on avait à la dernière législature un député qui s'appelle Buong Tan qui était député du 13ème arrondissement de Paris qui était président du groupe d'amitié France-Chine à l'Assemblée était connu pour des positions très chinoises d'ailleurs on le suspectait d'être un agent du parti communiste chinois on a Jean-Pierre Raffarin l'ancien premier ministre de Chirac qui fait beaucoup le lien entre la France et la Chine permet à les entreprises françaises d'aller s'implanter en Chine mais il était tellement proche à un moment des Chinois que les services de renseignement l'ont gentiment invité à déjeuner et il m'a dit que quand même tu dois faire attention parce que tu es trop proche des Chinois et tu pourrais être instrumentalisé donc moi le procès qui est fait à Jean-Luc Mélenchon moi je trouve est un procès très hypocrite après c'est vrai que ça fait d'autant plus mal quand ça vient d'un homme de gauche et d'un homme qui se revendique de valeurs de gauche et notamment du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes il y a quand même des prises de position très problématiques de Jean-Luc Mélenchon sur la question de la Chine qui ne date pas d'hier c'était déjà le cas par rapport au Tibet c'était le cas par rapport aux Ouïghours où il a refusé de considérer la répression des Ouïghours comme un génocide alors on peut discuter de ce terme mais il a dit que c'était seulement la répression d'organisations islamistes Ouïghours ce qui n'est absolument pas vrai on sait qu'il y a des crimes contre l'humanité massifs qui sont commis contre la population Ouïghour et puis là effectivement le fait de considérer que Taïwan est une seule des mêmes choses avec la Chine alors effectivement c'est la position officielle française et d'ailleurs d'un certain nombre de pays de la quasi-totalité des pays de la planète qui reconnaissent qu'il n'y a qu'une seule Chine il n'en reste pas moins que Taïwan est aujourd'hui une démocratie une démocratie de 25 millions d'habitants une démocratie qui n'a pas envie d'être avalée par la Chine on a bien vu ce que c'est la reprise en main et la rééducation pour réemployer les mots de l'ambassadeur de Chine en France qui a été opéré à Hong Kong où toutes les libertés ont été cassées par la Chine et peut-être que Taïwan a envie de vivre de libre et on ne peut pas réduire le problème de Taïwan comme le fait Jean-Luc Mélenchon à n'être qu'une province de la Chine qui n'a vocation qu'à être reconquise donc moi j'ai trouvé cette prise de position décevante et de manière plus générale je trouve que la classe politique française vis-à-vis de l'international est décevante c'est-à-dire qu'à part sur l'Afrique où on est tous à peu près d'accord pour continuer à garder notre soi-disant précaré le reste de notre politique internationale n'est plus dictée que par soit une position pro-américaine soit une position anti-américaine et tout ça aubert peut-être l'essentiel qui est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes à vivre libre et c'est peut-être juste ce que fait Taïwan actuellement pour essayer de résister à l'impérialisme chinois la toute puissante chinoise et au risque que demain Taïwan se soit envahie et devienne une province de cet empire chinois qui est quasiment totalitaire

22:57
Présentateur

Théophile est-ce que la prise de position de Jean-Luc Mélenchon aussi t'a gêné te gêne ?

23:03
Intervenant

Je trouve qu'il est heureux quand même qu'il y ait des discussions sur l'international parce que en toute chose disons la pensée unique n'est pas bonne et il me semble que au-delà de de la polémique la polémique ne rend pas justice au débat c'est-à-dire qu'en gros si l'on écoute les médias mainstream ce nombre d'acteurs politiques notamment au pouvoir il y a eux les gentils défenseurs de la démocratie dans le monde et puis le méchant Mélenchon a mis des dictateurs notamment voilà on rappelle Venezuela Venezuela Chine Russie etc je pense qu'il faut aller à la racine de la pensée politique et du regard sur le monde que portent les uns et les autres je pense que Jean-Luc Mélenchon est héritier à son âge des combats tiers-mondistes des combats pour le non-alignement il est très très disons formaté par la guerre froide mais dans la position tiers-mondiste non-alignée donc ce sont ceux qui se battaient à l'époque contre l'apartheid en Afrique du Sud qui étaient défendus par le camp occidental pour la Palestine qui finalement ne considérait pas les expériences des pays de l'Est comme des expériences tout à fait négatives qui ont peut-être pu être aveuglées d'ailleurs par certains aspects du développement des systèmes politiques qui y régnaient et de l'autre côté il y a toujours un camp pro-atlantiste pro-américain qui se définit comme un camp pro-démocratie alors que c'est le même camp qui soutient les dictatures qui soutenaient hier les dictatures en Amérique latine aujourd'hui les dictatures au Proche-Orient et au Moyen-Orient en France on a toujours été aveugle sur le comportement même de la France en Afrique y compris à gauche donc il n'y a pas de camp pro-démocratie anti-démocratie je pense que c'est vraiment du néo-conservatisme que de parler comme ça il y a des camps pro-occidentaux et disons des camps qui sont un peu héritiers des batailles anti-impérialistes anti-américaines et effectivement quand on a mis cette chose-là au point on peut débattre on peut considérer qu'au 21ème siècle aujourd'hui l'avancée les avancées des technologies font qu'il est quasiment il va devenir de plus en plus difficile au peuple de renverser finalement par leur propre force leur gouvernement et que ce soit en Chine ou en Occident la technologie instrumentalisée pour construire des systèmes impossibles à réformer par la colère populaire et effectivement en Chine ce système c'est le parti communiste une sorte de parti unique qui surveille et qui flique un milliard et demi de personnes par les big data par les technologies et chez nous nous avons finalement une oligarchie qui se subdivise en deux trois formations politiques et qui elle aussi est tentée par ce type de dérive qu'on observe en Chine et on l'a bien vu lors de la crise du Covid la restriction des libertés la surveillance de masse etc et je pense qu'on ne peut pas sérieusement contester cette dérive vers la surveillance de masse à gauche si on ne prend pas en compte la nature réelle de pouvoirs comme ceux de la Chine aujourd'hui c'est-à-dire des pouvoirs qui ne respectent pas la liberté d'expression la liberté de conscience la liberté de culte et même en France aussi la question de la liberté de conscience et de culte ne va pas de soi ça va un peu mieux de soi qu'en Chine parce que quand même nous avons des institutions qui nous garantissent un certain nombre de libertés mais pour pouvoir se prémunir contre le monde qui vient malheureusement et qui est vraiment le produit d'une sorte de révolution technologique ou de contre-révolution technologique dont se sert des technologies il faut regarder la Chine telle qu'elle est et en cela oui c'est un problème que de considérer que les Chinois régleront ce problème entre eux parce que à ce prix-là en fait tous les disons les grands peuples régleront les problèmes entre eux je comprends le désir d'éviter un monde unipolaire le monde unipolaire qui a été le nôtre disons de 1989 90 jusqu'à on va dire la fin de la guerre en Irak ou même la guerre en Syrie qui ont permis d'équilibrer les choses dans le cortège de souffrances en tout cas nous avons une sorte de monde multipolaire aujourd'hui et être mal à l'aise face à toute tentative de renforcer le camp américain je peux comprendre mais je pense qu'au-delà des affrontements entre les blocs il y a vraiment une tendance générale qui consiste à écraser les peuples par une sorte de dictature technologique

28:27
Présentateur

c'est polémique cachemane une réalité la France n'arrive plus à jouer un rôle dans ces grandes crises que ce soit en Ukraine à Taïwan au Proche-Orient ou même dans sa zone d'influence africaine sommes-nous devenus une puissance de seconde zone

28:41
Intervenant

c'est vrai peut-être qu'il ne nous reste plus que ces polémiques stériles et ces polémiques politiciennes pour exister parce que c'est vrai que que ce soit l'Ukraine avec les nombreux échecs d'Emmanuel Macron empêchés à servir de médiateurs entre Poutine et Zelensky que ce soit Taïwan on est complètement absent par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis qui est devenue la nouvelle guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine au Proche-Orient où à l'époque Jacques Chirac avait joué un rôle très important aujourd'hui on n'arrive plus à faire entendre notre voix même dans notre soi-disant précaré africain on est contesté par l'intrusion des Russes et donc effectivement on en est réduit à des polémiques politiciennes on va pour des intérêts bassement nationaux puisque c'est ça traiter Mélenchon d'ami des dictateurs alors que nous même Emmanuel Macron on vient de recevoir réaliser quand même une belle brochette de boucher de Sissi en passant par l'aficionado de la six-auteuse Mohamed Ben Salman qu'on est allé en Afrique rencontrer Paul Biya qui écrase ses opposants depuis 40 ans et on oublie systématiquement c'est-à-dire on critique Mélenchon mais on oublie systématiquement de parler du rassemblement national qui lui a les doigts de pied en éventail et peut continuer à soutenir Vladimir Poutine on soupçonne même très fortement qu'à plusieurs reprises le rassemblement national a eu des prêts que ce soit directement indirectement de la part de la Russie en échange a pris des positions notamment très favorables la Russie on se souvient notamment lors de l'invasion de la Crimée en 2014 mais c'est vrai qu'à l'international on est devenu une puissance moyenne une puissance médiocre une puissance qui a plus de voix au chapic une puissance qui on se souvient de Louis Guirinjot qui était le ministre des Affaires étrangères des Giscardestins disait que la France pouvait encore changer le destin du monde mais aujourd'hui on en est absolument plus capable oui peut-être que ce n'est pas si grave que cela je veux dire peut-être que il faut plaider pour un monde d'interdépendance et un monde plus équilibré en réalité peut-être qu'il faut sortir des vieilles lunes du 19ème et du 20ème siècle et puis construire une diplomatie qui finalement défend un monde d'équilibre basé sur en fait ce qui est la réalité désormais c'est à dire que la difficulté qu'on observe aujourd'hui avec la guerre en Ukraine c'est le fait qu'il n'y a plus n'importe quel pays est une puissance d'une certaine manière parce que la mondialisation a créé tellement d'interdépendance que même quand on gagne on perd quelque part si on n'a pas conscience de de l'importance de chacune des nations et de chacun des êtres y compris des êtres vivants avec la crise écologique peut-être qu'il faut sortir des illusions du passé

31:35
Présentateur

et peut-être adopter aussi des prises de position qui sont qui sont cohérentes on ne peut pas condamner l'invasion en Ukraine et encourager la colonisation en Palestine donc on va justement reparler du du Proche-Orient la paix semble de plus en plus lointaine l'armée israélienne a mené plusieurs raids dans la bande de Gaza ces derniers jours tuant des civils dont plusieurs enfants est-ce qu'il existe encore une chance de voir deux états cohabiter côte à côte ?

32:04
Intervenant

malheureusement c'est toujours la même histoire c'est toujours les mêmes erreurs qui se répètent là ce qui s'est passé c'est qu'effectivement il y a eu plusieurs jours de bombardements à Gaza qui ont été faits à l'initiative de l'armée israélienne alors c'est soit disant pour éliminer certaines têtes du djihad islamique qui est une organisation qui est plus ou moins liée au Hamas mais malheureusement au-delà de ces cibles militaires et politiques il y a des civils qui en pâtissent c'est-à-dire il y a eu plusieurs enfants tués et puis de nouveau on va faire une trêve et dans un an et demi ça recommencera et la communauté internationale continuera à se taire c'est vraiment quelque chose de très triste parce que c'est vrai qu'il y a quelques années il y a plusieurs décennies on aurait pu entrevoir un espoir de paix et de cohabitation pacifique entre deux états on se souvient des accords d'Oslo de Yitzhak Rabin de Yasser Arafat et ce gâchis innommable on a l'impression que le mal est en train de gagner et ça continuera ça continuera parce que qu'est-ce qui se passe dans la bande de Gaza vous avez 2 millions de personnes qui vivent dans un peu moins de 400 km² qui vivent entassés les uns sur les autres sous blocus depuis 2007 il y a des jeunes qui aujourd'hui ont 15 ans à Gaza qui n'ont vu que des grillages des barbelés des soldats de Tzal des bombes qui n'ont connu que la mort et la souffrance et la faim donc bien sûr quand un être est opprimé forcément il va chercher à se révolter à sortir de sa condition et c'est pas du terrorisme je parle absolument pas du Hamas ou du djihad islamique qui souvent prennent en otage leur population pour des considérations politiciennes je parle des gens de Gaza qui souffrent et qui sont pris en otage depuis 2007 entre un conflit entre une colonisation très dure entre une volonté de les écraser alors qu'ils pouvaient simplement vivre libre et on a l'impression que la communauté internationale se tait quand on parle justement de ce deux poids deux mesures on condamne la Chine on condamne la Russie c'est très bien mais on pourrait aussi condamner la politique que mènent Israël moi j'ai aucun problème avec le mot d'apartheid je pense que pour ce qui se passe actuellement à Gaza mais aussi en Cisjordanie il est bien indiqué et il est juste par rapport à ce que vivent les palestiniens

34:10
Présentateur

mais Israël mais Israël d'ailleurs l'assume complètement il y a un personnage politique je me souviens plus du nom qui dit assumer mener une politique d'apartheid en Israël

34:20
Intervenant

il y a eu un changement en 2018 un changement fondamental c'est que Israël est devenu l'état-nation du peuple juif donc c'est plus un état où cohabitent ensemble parce qu'il y a des citoyens arabes israéliens mais c'est devenu l'état-nation du peuple juif donc on l'assume cette politique d'apartheid vis-à-vis des des citoyens non-juifs d'Israël et a fortiori des palestiniens je pense que là encore c'est une question de génération les gens comme moi qui ont une quarantaine d'années ont grandi dans une utopie l'utopie de la paix aux proches oriens il y avait même beaucoup de chansons sur cette thématique à l'époque c'était aussi l'époque où l'Afrique du Sud sortait de l'apartheid donc c'était une époque où après la chute du mur de Berlin un peu naïvement on pensait qu'un certain nombre de problèmes pourraient être réglés et bon il y a eu l'assassinat d'Isa Grabbine il y a eu un certain nombre de faits qui ont éloigné progressivement la perspective de la cohabitation de deux états mais ce qui me semble le plus important c'est qu'il y a eu la mort de l'utopie d'une utopie de rêve de paix dans cet endroit du monde aujourd'hui il est presque insensé d'imaginer qu'il puisse y avoir une solution à deux états étant donné que la Palestine en réalité aujourd'hui ce sont quelques Bontoustan Bontoustan c'était le nom qu'on donnait aux petits états indigènes de l'Afrique du Sud la solution qui avait été trouvée à une époque et qui grâce à la haine n'a pas fonctionné c'était d'accorder d'accorder aux noirs la possibilité de créer des petits états non viables où ils seraient gouvernés selon leurs propres lois en fait c'est un peu ça aujourd'hui la Palestine ce sont des bons tout ce temps et je pense que l'utopie de demain ça pourrait être peut-être un état multi-ethnique multi-confessionnel je ne sais pas un Israël ou un état qui finalement ressemblera aux grands pays du monde aujourd'hui qui sont des pays multi-ethniques et multi-confessionnels les Etats-Unis c'était la Palestine d'ailleurs avant même c'est à dire que disons le 19e et le 20e siècle ont donné naissance à des utopies nationalistes qui étaient justifiées en réaction aux oppressions dans le 17e mais le 18e siècle et même les siècles d'avant étaient remplis c'est ainsi qu'il y a eu l'utopie panafricaine panaarabe il y a eu aussi l'utopie disons sioniste qui était une utopie de personnes qui étaient persécutées par le monde et au 21e siècle aujourd'hui c'est plutôt des Etats multiculturels qui sont un peu la référence les grands pays sont des pays où cohabitent de nombreuses identités et je pense que ce serait pas fou que cet endroit du monde soit également un pays multiconfessionnel et multiethnique effectivement c'est difficile c'est une voie qui est une voie remplie de contradictions mais peut-être que c'est la belle utopie du 21e siècle

37:35
Présentateur

moi j'ai envie de citer un grand philosophe que l'on apprécie beaucoup Guillaume Meurice le saviez-vous en Israël le viol est interdit sauf s'il concerne les résolutions de l'ONU très difficile de rendre l'antenne après des sujets aussi ça me fait tellement révolter là que je quand j'arrive même pas à faire ma transition avec un sujet lourd comme ça en disant on rend l'antenne merci Tophil merci Thomas et merci à vous d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à suivre le fond de l'info alors je crois que tu as un petit mot à Thomas c'est toi qui conclues cet épisode je ne sais pas

38:11
Intervenant

si je vais bien conclure alors c'est vrai que c'est difficile après tous les sujets dont on a parlé mais le média c'est une équipe de journalistes que vous voyez tous les jours à l'antenne qui parle beaucoup parfois trop mais c'est aussi le média ne pourrait pas fonctionner sans son équipe de techniciens qui sont derrière la caméra et qui nous aident au quotidien et aujourd'hui je voudrais avoir une pensée particulière pour Jordan Jordan Escoda qui est notre indispensable ingénieur du son qui est au Média depuis trois ans et qui va partir à la fin de cette semaine alors je voudrais au nom de toute l'équipe du Média le remercier le remercier pour sa passion pour son engagement pour avoir supporté les retards de Théophile médiative interminable sur la France-Afrique voilà merci camarades et on te souhaite tous un bon vent et puis à la prochaine

38:52
Présentateur

merci Jordan bonne continuation à toi et quant à nous on se retrouve la semaine prochaine alors le 15 un jour férié donc on tournera très probablement le fond de l'info mardi une diffusion prévue dans la journée

39:06
Intervenant

on confirmera

39:07
Présentateur

merci merci à vous et on vous dit à très bientôt merci à vous

39:13
Locuteur

merci à vous merci à vous