Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 13 mars 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & électionsJustice

Algérie : "Il faut se prémunir d’une possible immigration, qui serait une submersion" affirme Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut craindre un Brexit sans accord ?

  • 1:13OuverteRéponse partielle

    Donc il faudrait qu'elle présente une troisième fois cet accord ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Et sur quoi l'Union européenne doit-elle lâcher ?

  • 3:33OuverteRéponse partielle

    Est-ce que les Brexiteurs britanniques n'ont pas oublié des thèmes lors de la campagne ?

  • 5:20FerméeRéponse directe

    Pour vous, il est exclu de demander aux Britanniques un nouveau référendum ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Vous dénoncez un système carcéral, mais le RN ne prône pas la sortie de l'UE ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 17:27InvitéFait
    « Il faut se prémunir d’une possible immigration, qui serait une submersion »
  • 17:39InvitéPromesse
    « Il faut suspendre l'octroi des visas avec l'Algérie »
  • 23:28Invité politiqueChiffre
    « 55% des Français considèrent encore aujourd'hui que le Rassemblement National est un danger pour la démocratie »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Sébastien Chenu13 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 28 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

L'invité de France Info ce matin est député du Nord et porte-parole du Rassemblement National, Renaud Deliette à mes côtés.

0:11
Sébastien Chenu

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Les députés britanniques ont donc de nouveau largement repoussé hier à la Chambre des Communes l'accord qui avait été négocié par Thérèse Hamet avec l'Union Européenne. Et il n'y aura pas de nouvelles chances qui leur sera accordée. C'est ce qu'a dit ce matin sur France 2 le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici.

0:27
Invité

Il n'y aura pas de négociations dans les jours qui viennent et d'ici au 29 mars. Il y a eu plusieurs chances. Le train est passé une fois, le train est passé deux fois. Il y a eu deux votes, tous les deux massifs du Parlement britannique. Les Européens, l'Union Européenne a fait tout ce qu'elle a pu pour offrir des solutions, garantir, assurer, réassurer.

0:46
Sébastien Chenu

On s'oriente donc vers un Brexit sans accord. Est-ce qu'il faut le craindre Sébastien Chenu ?

0:50
Invité

Non, je ne crois pas et je ne crois pas vraiment ce que dit Pierre Moscovici. Que s'est-il passé en réalité hier soir ? Theresa May n'a pas réussi à faire voter, effectivement, devant son Parlement, l'accord. Je note tout de même qu'elle a gagné 95 parlementaires supplémentaires. Alors, il y a encore une majorité importante qui a refusé, mais enfin, il se passe des choses en Grande-Bretagne.

1:13
Sébastien Chenu

Donc il faudrait qu'elle présente une troisième fois ce accord ?

1:15
Invité

Non, non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il se passe des choses en Grande-Bretagne. On ne revient pas à chaque fois au point de départ. Que se passe-il ? En fait, le choix politique, il est clair chez les Britanniques. Ils veulent sortir. Et donc, ils sortiront. Ça, c'est le choix politique. Ce qui n'est pas clair, ce sont les modalités techniques. Ce qui démontre quand même que cette Union européenne, elle a quand même un problème d'organisation manifeste. Quand on dit qu'elle est carcérale, oui, l'Union européenne est carcérale. Le fait de ne jamais avoir imaginé qu'un pays puisse sortir, pour une raison ou pour une autre, parce qu'on ne sait pas comment l'histoire s'écrit.

Et laisser aujourd'hui cette situation, qui est celle, sincèrement, assez inadmissible, de dire, on va faire payer très cher aux Britanniques le prix de leur sortie, pour quelles raisons ?

1:56
Présentateur

Ce n'est pas l'Europe qui bloque aujourd'hui, c'est M. Cheneu. On est bien d'accord que c'est le Parlement de Westminster qui n'arrive pas à se mettre d'accord, que c'est le parti conservateur britannique qui est déchiré. Non, non, non, pas seulement. Vous dites que c'est l'Afrique de l'Europe quand les Anglais n'arrivent pas à s'entendre.

2:07
Invité

Quand Pierre Moscovici dit qu'il n'y aura pas, il y aura un délai supplémentaire, vous verrez, qui sera accordé. Il y aura un délai, parce que c'est aussi l'intérêt de l'Union européenne que les choses se passent bien. Donc l'idée de faire ce cinéma, d'affoler les populations, de mettre une espèce de pression, moi je trouve, est assez irresponsable. L'Union européenne n'a pas réfléchi... Pourquoi Theresa May a-t-elle signé cet accord ? Pourquoi ? Non, mais Theresa May a signé cet accord parce qu'elle est mandatée par son peuple pour sortir de l'Union européenne. Mais les conditions de cette sortie ne la satisfont pas. ne satisfont pas les Britanniques.

Mais je crois même qu'elles ne satisfont pas les Européens, en réalité. Par conséquent, il va bien falloir trouver une sortie. Donc vous vous réclamez un délai, il faut accorder un délai aux Britanniques. Mais bien sûr, moi je souhaite que les choses se passent bien.

2:46
Sébastien Chenu

Et sur quoi l'Union européenne doit-elle lâcher ?

2:48
Invité

Mais attendez, pourquoi il faut que les choses se passent bien ? Parce que nous y serons tous gagnants au fait que ça se passe bien. Évidemment, les Britanniques veulent sortir. Est-ce qu'on peut partir de ce principe, qui est de respecter leur choix, et d'arrêter d'imaginer qu'il faille faire payer ce divorce le plus cher possible ? Ils respectent tellement leur choix, c'est parce qu'on leur demande de voter au Parlement. Non, ce que dit Pierre Moscovici ce matin, ce n'est pas ça. C'est de dire, finalement, le train, je reprends son expression, le train est passé, vous n'aviez qu'à saisir votre opportunité, il y aura une autre chance.

Et l'idée de dire qu'on veut mettre la pression sur les Britanniques, ça a une logique. C'est parce que derrière, on veut montrer à des pays, qui auraient peut-être l'idée, un jour, ou parce que l'histoire pourrait s'écrire autrement, de sortir de cette Union européenne, et bien que tout ça est très difficile. On veut dégoûter les pays de pouvoir le faire.

3:33
Sébastien Chenu

Est-ce que, justement, les Brexiteurs britanniques, lors de la campagne, n'ont pas oublié d'aborder un certain nombre de thèmes devant leurs électeurs, par exemple la question de l'union douanière, ou du retour d'une frontière au cœur même de l'Irlande ? Est-ce qu'il n'y a pas eu mensonge sur un marchandise lors de la campagne ?

3:45
Invité

Cet argument, il n'est pas valable. Parce que ça voudrait dire, les Britanniques ont mal voté. Ils ne savaient pas tout. On ne leur a pas tout dit. Ils ont fait leur campagne électorale. Et moi, quelque part, cette campagne électorale, elle ne me regarde pas. Si vous voulez, c'est comme en France, lorsqu'on a voté contre le traité européen, on nous a dit, mais les Français ne savaient peut-être pas tout. Puis finalement, on nous l'a quand même fait passer.

Il faut arrêter de dire que lorsque les gens ne votent pas dans le sens qui est celui de la bien-pensance, qui est celui de la bien-pensance européenne, qui est celui de l'idée commune que se font les Européens, les Européistes, la Commission européenne de l'avenir qu'on doit voir ensemble, et bien c'est parce qu'ils ont mal compris, on leur a mal expliqué. Sur quoi, concrètement, l'Union européenne doit-elle lâcher aux Britanniques ? Sur les accords de libre-échange avec la Grande-Bretagne. Évidemment, la Grande-Bretagne, sur aussi la frontière, enfin, avec l'Irlande, la Grande-Bretagne ne veut pas d'une nouvelle frontière technique avec l'Irlande.

Elle veut pouvoir bénéficier encore de l'accès au marché. C'est sur ça qu'il faut continuer à faire peser les efforts.

4:41
Sébastien Chenu

Donc il faut leur accorder les avantages de l'accès au marché sans leur faire payer la participation à l'Union européenne ?

4:46
Invité

Mais parce que ce sera aussi notre avantage. Parce que ce sera aussi notre avantage. Donc par conséquent, je ne vois pas pourquoi... Vous savez, je veux dire, la meilleure réponse au Brexit, c'est l'Europe des nations. Parce qu'avec nous, une Europe à la carte, dans laquelle il y a des intérêts intelligents, des intérêts de nation à nation... C'était déjà le cas pour les Anglais, l'Europe à la carte. Ils ne sont pas dans l'euro. Pas vraiment. Ils en bénéficient, l'Europe à la carte. Ils avaient Schengen, ça a été aussi un des points de crispation très forts. Schengen.

Donc je pense que la meilleure réponse au Brexit, c'est d'avoir une Europe des nations, dans laquelle des États s'entendent sur des objectifs communs, mais dans lesquels ils ne sont pas verrouillés.

5:20
Présentateur

Pour vous, il est entièrement exclu qu'on reprenne tout à zéro, qu'on demande aux Britanniques de retourner aux urnes pour un nouvel référendum, qui pourrait peut-être éclaircir un peu la situation. C'est aux Britanniques de le décider.

5:31
Invité

Sincèrement, c'est aux Britanniques de le décider. Moi, je ne suis pas l'avocat des Brexiteurs, je ne suis pas l'avocat du maintien. Je suis l'avocat des souverainetés des nations. Je pense que les nations sont souveraines. Elles doivent décider librement de leur sort. Si les Britanniques voulaient re-voter demain, mais c'est leur responsabilité, c'est leur histoire, c'est leur décision. Je n'y trouverai d'ailleurs rien à redire. Les Britanniques ont voté dans un sens. Ils ont voté dans un sens qui a déplu, visiblement, à l'Union Européenne. Oui, c'est sûr, la Grande-Bretagne est un contributeur net, important aussi de l'Union Européenne.

Donc l'Union Européenne a y perd en voyant la Grande-Bretagne partir. Mais ils ont voté dans ce sens. Respectons leurs paroles, aidons-les.

6:07
Sébastien Chenu

Justement, vous dénoncez un système carcéral, c'est le mot que vous employez, Sébastien Chenu, et pourtant, le Rassemblement National, lui, ne prône pas la sortie de ce système carcéral.

6:15
Invité

Non, mais nous, nous prenons, il ne vous a pas échappé que les choses ont quand même évolué, nous nous prenons de revoir complètement l'Union Européenne. Mais en restant dans la prison ? Non, nous souhaitons exactement changer toutes les règles du jeu. Si on est prisonnier, si vraiment c'est la prison, on n'a qu'une envie. On souhaite oxygéner tout cela.

6:30
Présentateur

Sébastien Chenu, si vraiment on est en prison, on n'a qu'une envie. Ce n'est pas de revoir le règlement interne de la prison,

6:34
Invité

c'est de scier les barreaux. Ce que je vous dis, c'est l'Europe des nations, c'est-à-dire des partenariats entre nations libres et souveraines. C'est-à-dire ne plus être dans une prison, être dans une relation, dans une relation d'échange, dans une relation dans laquelle les intérêts des uns et des autres sont pris en compte. Mais pas de Frexit, pas de Frexit. Si les Français voulaient le Frexit, il faudrait leur demander. Mais est-ce que si vous étiez au pouvoir, vous organiseriez un référendum ? Non, la première des choses, et nous l'avons dit, la première des choses que nous ferions, c'est d'abord aller renégocier des traités, reconquérir nos souverainetés.

Demander à Bruxelles de nous rendre nos souverainetés, en particulier celle qui est liée au législatif, à la loi, la nécessité que la loi française s'impose devant les directives bruxelloises. Et puis si Bruxelles bloquait, moi je pense que Bruxelles n'a aucun intérêt à cela. Si Bruxelles bloquait, on demanderait aux Français leur avis. Mais évidemment, avec ce que nous proposons, ce scénario que nous proposons, c'est une autre Europe qui se dessinerait. Et là, elle ne serait évidemment pas carcérale. Ce serait une Europe des coopérations. Ce serait une Europe à la carte, dans laquelle les nations négocieraient entre elles selon leurs intérêts et non pas contre leur peuple.

7:33
Présentateur

8h40 sur France Info, on marque une petite pause pour le rappel de l'actualité avec Camille Revelle.

7:39
Invité

La pollution de l'air deux fois plus meurtrière qu'on ne le croyait, elle tuerait prématurément près de 9 millions personnes dans le monde, dont 67 000 en France, résultat d'une étude menée par des chercheurs allemands. 391 voix contre, 242 pour les députés britanniques rejettent encore le traité de Brexit. Aujourd'hui, ils votent sur la possibilité d'une sortie de l'Union européenne sans accord. La solution à l'impasse ne peut être trouvée qu'à Londres, dit la France. Le Parlement français lui adopte définitivement la loi anti-casseurs, mais des recours au Conseil constitutionnel sont en préparation sur ce texte controversé. Il est liberticide, dit la gauche.

Les Etats-Unis continuent de faire voler les Boeing 737 Max. Pas de raison de les immobiliser, dit Washington. Malgré le crash dimanche, l'Europe, elle les interdit dans son espace aérien. Ce sera un match compliqué, reconnaît le capitaine Nabil Fekir. L'OA enquête d'un exploit pour une place en quart de finale de Ligue des Champions. Les footballeurs lyonnais jouent sur la pelouse du Barça à 21h après un match nul, zéro partout à l'aller.

8:45
Présentateur

Ah, je ne sais pas si on est à l'antenne de France Info. Voilà, on a une petite coupure de son en ce qui nous concerne. Ici, on est toujours avec le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu et la question des élections européennes qui approchent. On est à moins de 80 jours maintenant du scrutin. Renaud Delis.

8:58
Sébastien Chenu

Et c'est une info France Info ce matin, Sébastien Chenu. On a appris que l'ancien ministre italien des Affaires européennes, Sandro Gozzi, pourrait être présent sur la liste de La République En Marche, qui pourrait donc présenter des candidats européens sur sa liste. Est-ce que le Rassemblement national pourrait présenter des candidats européens sur sa liste ? Et pourquoi pas d'ailleurs des candidats parmi vos amis italiens de la Ligue ?

9:18
Invité

Non, je ne crois pas que ce soit notre logique. Nous, on souhaite l'Europe des Nations, donc on présentera des nationaux. Mais ça va dans la logique intellectuelle d'Emmanuel Macron. Il voulait des listes transnationales, il y a déjà quelques temps. Donc, ce n'est pas notre souhait que d'avoir cela. D'autres peuvent peut-être faire ses choix, ce n'est pas notre souhait.

9:35
Sébastien Chenu

Mais cette Europe des nations, des coopérations entre les nations libres que vous évoquiez, elle ne peut pas permettre, par exemple, encore une fois, de présenter des alliés, puisque Mathéo Salvini et la Ligue sont des modèles aux yeux.

9:46
Présentateur

Ce serait une manière de montrer que vous n'êtes pas seul en Europe.

9:47
Invité

Non, mais d'accord, mais on peut présenter aussi, à ce moment-là, un Allemand, un Luxembourgeois, un Suisse. Je fais exprès de prendre des pays qui ne sont pas dans l'Union européenne. Enfin, je veux dire, tout ça n'a pas de sens. Les Allemands le sont, hein. Oui, non, mais j'ai pris la Suisse. Tout ça n'a pas de sens. Ce que je veux dire, c'est que la France envoie des parlementaires français pour défendre ses intérêts. Ces parlementaires français seraient en capacité, demain, je l'espère, de pouvoir négocier avec les Allemands, avec les Italiens, etc. Je ne vois pas tellement l'intérêt d'ouvrir nos listes à des personnalités politiques européennes. Je n'en vois pas sincèrement l'intérêt.

Même des binationaux, des franco-italiens. Non, mais je trouve ça, sincèrement, gadget. Je trouve que c'est du gadget et que ça ne répond... Mais ça a une logique politique chez Emmanuel Macron. Ça, je l'ai bien compris depuis bien longtemps. Mais moi... Il y a très longtemps, il y avait eu un franco-roumain sur une liste qui était Gustave Fondéard sur une liste du Front National menée par Jean-Marie Le Pen. Il y a très longtemps. Un international. Et c'était... On en avait déjà parlé la dernière fois que j'étais venu ici. Alors, on va pas refaire le débat.

10:40
Présentateur

On va pas refaire le débat. Il y a cinq ans, le Front National était arrivé en tête aux élections européennes, un peu moins de 25% des voix. Est-ce que si ce n'est pas le cas, cette fois-ci, ce serait un échec pour Marine Le Pen ?

10:49
Invité

Non, écoutez. Moi, je crois que... Il y a plusieurs enjeux dans cette élection européenne. D'abord, c'est envoyer un message clair à Emmanuel Macron. Lui dire que la politique qu'il mène en France ne suscite pas l'adhésion des Français. La deuxième chose, c'est montrer qu'il y a un autre chemin pour la construction, la poursuite de la construction des relations entre pays européens. On peut faire autrement. On vient d'en parler avant. L'Europe des Nations, c'est une autre perspective. Et je pense que nous sommes les leaders de cet autre chemin. Donc ça, ce sont deux enjeux très différents. Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? On voit un Emmanuel Macron très isolé sur la scène européenne.

Je dirais même humilié. Quand Angela Merkel lui fait savoir qu'elle souhaite que le siège de l'ONU soit aujourd'hui celui de la France, que nous avons gagné après la Seconde Guerre mondiale contre l'occupant nazi, et bien que ce siège soit quelque part mutualisé pour faire entendre les voix européennes, c'est une humiliation qu'elle lui fait subir, qui est, je pense, très importante, et sur laquelle il faudra que le Président nous apporte des garanties. Parce que qu'est-ce qu'on a en échange, nous, de laisser ce siège au Conseil de sécurité ? Quel est l'intérêt de la France de lâcher ce siège ?

La France a déjà dit qu'elle ne le ferait pas, qu'elle ne le lâcherait pas, qu'elle ne partagerait pas son siège de demande permanente au Conseil de sécurité de l'ONU. À partir du moment où Mme Merkel le demande, je pense que les choses évoluent. On a un président... Vous pensez qu'on va t'obliger ? Je pense que, évidemment, en général, on est assez... Les gouvernements français sont assez soumis à la doxa allemande aux exigences de la vague. Non, on nous dit toujours ça au début. Je rappelle une chose. Y compris avec le traité d'Excel-Chapelle, on nous avait expliqué

12:19
Présentateur

que c'était déjà fait, qu'on allait laisser notre siège aux Allemands.

12:22
Invité

Il n'est pas question de le faire. Quand nous avons dit cela, quand nous avons dit on nous réclamera le siège que nous avons gagné de haute lutte à travers les générations passées, on nous réclamera ce siège. On nous a dit fake news. Aujourd'hui, Mme Merkel le réclame. On nous dit mais non, ça ne se fera jamais.

12:40
Sébastien Chenu

Ça fait longtemps qu'il y a des revendications pour créer un siège européen commun à l'Union Européenne de membres permanents au Conseil de sécurité de l'ONU et ça fait très longtemps que la France refuse. Vous n'aviez pas dit on n'a pas dit fake news lorsque cette demande a été formulée mais c'est lorsque le Rassemblement National a expliqué que c'était acté et que la France l'acceptait. Je vais vous dire

12:58
Invité

je pense qu'intellectuellement c'est acté chez Emmanuel Macron parce que c'est dans sa logique politique Vous avez des informations Non, parce que c'est sa logique politique. Parce que c'est sa logique politique. C'est la disparition des nations derrière l'Europe. C'est sa logique politique. Autre chose Il se trouve que le gouvernement a déjà dit hier

13:13
Présentateur

que ce ne serait pas le cas.

13:13
Invité

Alors soit le gouvernement n'est pas au courant des intentions d'Emmanuel Macron

13:15
Présentateur

soit vous prêtez au président des intentions qui ne sont pas les siennes.

13:18
Invité

Je prête au président des intentions que je connais qui est celle qui est la disparition des nations derrière l'Europe. Il y a un plan secret pour laisser notre siège à l'Europe. Ce n'est pas un plan secret c'est une logique politique qui l'assume plutôt. Une autre humiliation la successeur de Mme Merkel a dit dernièrement qu'elle souhaitait que le Parlement aille définitivement le Parlement européen s'installer à Bruxelles. Tout ça va très bien. Encore une fois on déshabille ce que nous avons pu obtenir de l'Union Européenne on déshabille notre pays. Tout ça ces petites humiliations à la petite semaine

13:49
Sébastien Chenu

sont de très mauvais signes. Ça fait de très longues années que la France se bat pour que le Parlement européen reste aussi à Strasbourg même si ça coûte plus cher d'ailleurs en termes de fonctionnement à l'Union Européenne. Vous qui êtes souvent attaché à ne pas dépenser les données publiques vous pourriez d'ailleurs être favorable. Je pense justement

14:02
Invité

que le danger avec Emmanuel Macron c'est que lui ne sera plus attaché à se battre pour cela. C'est que lui n'est plus attaché à cela. Et puis un échec quand même qu'on peut noter la fameuse taxe GAFA. Là encore la taxe GAFA au niveau européen elle ne passe pas. Là encore pourquoi ? Parce qu'il y a des intérêts divergents. L'Allemagne par exemple n'en veut pas. Elle pense qu'elle aura des mesures de rétorsion des Etats-Unis en matière automobile. Donc vous félicitez que la France montre l'exemple en matière de taxe GAFA justement puisque la France la prend seule. Je pense qu'on ne va pas assez loin.

Je pense que la taxe GAFA elle pourrait être plus que 3% qu'elle ne devrait pas s'attaquer uniquement aux publicités qu'elle devrait non pas s'attaquer l'important ce n'est pas de savoir où ces entreprises GAFA ont leur siège. Vous savez Facebook c'est 108 emplois en France. C'est là où ils ont des consommateurs là où ils ont des utilisateurs C'est un premier pas déjà c'est un premier pas qui est louable national mais on voit qu'Emmanuel Macron C'est une façon de défendre l'international justement que la France impose seule cette taxe GAFA.

Mais il faut aller beaucoup plus loin franchement 3% c'est pas grand chose mais il faut aller beaucoup loin mais ça montre une chose on nous dit on ne peut jamais rien faire sans l'Europe alors pourquoi on fait ça ? Bien sûr qu'on peut faire des choses sans l'Union Européenne mais il faut aller bien plus loin pour pouvoir imposer cette taxe aux Américains. Je dis simplement que le président de la République est isolé.

Je dis qu'il n'a pas d'alliés et je dis qu'il est en train aujourd'hui de soumettre la France aux exigences de Mme Merkel et qu'il le fait sans résister qu'il le fait sans rien demander en échange et que finalement ce président il poursuit sa déconstruction de l'idée nationale et c'est un des enjeux de cette campagne européenne pour revenir pardon à la première question.

15:30
Présentateur

en ce moment en Algérie. Est-ce que vous vous félicitez de la mise en retrait même si elle est encore provisoire du président Abdelaziz Bouteflika ?

15:38
Invité

Écoutez, je pense que ça c'est une décision quand même plutôt sage même si je ne suis pas dupe. J'entends tout le monde dire c'est formidable les Algériens ont gagné le pari de la démocratie etc. Plusieurs choses. Pas grand monde dit ça. Dessus deux jours tout le monde dit on a bien senti qu'il y a eu beaucoup d'hommes politiques français je peux vous citer tous les tweets de M. Mélenchon à je ne sais plus qui qui disaient formidable etc. C'est pas le cas du gouvernement qui est extrêmement prudent. Bien sûr, attention. Les révolutions n'amènent pas toujours même lorsqu'elles sont pacifiques la démocratie. On l'a vu dans un temps récent y compris dans cette partie du globe.

La deuxième chose c'est qu'il y a une incertitude sur la suite. C'est le moins qu'on puisse dire. Une incertitude. Le président Bouteflika nous dit qu'il ne se représente pas. Il reporte l'élection présidentielle s'inédillée. On est donc dans une incertitude très importante. Cette incertitude elle peut avoir des conséquences. Je ne vous dis pas elle va avoir des conséquences je vous dis elle peut avoir des conséquences. Et il est de notre responsabilité lorsqu'on fait de la politique de les prévoir. Je vois un gouvernement français prudent il a raison de l'être d'ailleurs les Algériens décideront de leur sort. C'est leur boulot et c'est la direction qu'ils choisiront qui sera prise.

mais les conséquences les conséquences que ça peut avoir pour notre pays elles sont de deux ordres. Dans les enjeux économiques cette période d'incertitude peut brouiller des enjeux économiques et puis des enjeux migratoires. On le sait. Alors ce ne sont pas mes chiffres j'ai repris ceux de Mohamed Sifawi on peut peut-être les contester mais on sait qu'il y a beaucoup d'Algériens il y a un certain nombre d'Algériens établis en France qui ont une famille de l'autre côté de la Méditerranée on peut imaginer que dans des périodes d'incertitude beaucoup d'Algériens une jeunesse lorgne vers la France et souhaite y venir.

On peut l'imaginer mais il n'y a rien de certain par exemple Non mais gouverner

17:16
Sébastien Chenu

c'est prévoir. Mais par exemple l'Algérie a traversé dix ans de guerre civile qui n'ont pas généré les flux migratoires que vous prophétiez.

17:22
Invité

D'accord mais gouverner c'est prévoir et aujourd'hui je pense que les situations ne sont pas exactement les mêmes il faut se prémunir d'une possible immigration qui serait une submersion en réalité qui se compterait en millions. Donc il ne vaut un chef d'Etat autoritaire qu'un risque d'immigration massive. Par conséquent je pense qu'il faut suspendre l'octroi des visas avec l'Algérie le temps d'y voir plus clair. Sur quelle base juridique ? Vous savez il y a un certain nombre de facilités qui sont accordées aux personnes qui ont de la famille en France. Donc ce sont ces dérogations sur lesquelles on peut revenir. Elle est là. Uniquement aux gens qui sont donc de nationalité algérienne.

Bien sûr oui. On peut cibler. Les Algériens qui voudraient venir en France demain je pense qu'il faut être très vigilant parce que tant qu'il n'y a pas de calendrier de la part du gouvernement algérien on est dans le brouillard et dans l'incertitude la plus absolue.

18:08
Présentateur

Sébastien Chenu porte-parole du Rassemblement National vous restez si vous le voulez bien avec nous on se retrouve dans une minute il est 8h51 Camille Revelle pour le rappel de l'actu.

18:17
Invité

Il n'y aura pas de négociation sur le Brexit le Royaume-Uni a épuisé sa dernière chance c'est le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici qui l'assure ce matin le parlement britannique rejette à nouveau l'accord conclu avec Bruxelles il vote aujourd'hui sur la possibilité d'un départ de l'Union Européenne cette fois sans accord une contre-expertise médicale commandée par la famille d'Adama Traoré met en cause les gendarmes dans la mort du jeune homme en 2016 à Beaumont-sur-Oise sur France Info l'avocat de la famille Yacine Bouzerou assure que son interpellation est à l'origine du décès et demande des poursuites contre les gendarmes l'ancien numéro 3 du Vatican le cardinal Pell condamné à 6 ans de prison en Australie pour pédophilie il va faire appel de cette condamnation le Boeing 737 Max désormais interdit de vol dans le ciel européen décision après le crash d'un appareil en Éthiopie dimanche les Etats-Unis n'ordonnent pas l'immobilisation du modèle près de 9 Français sur 10 se déclarent lecteurs un tiers lit plus de 20 livres par an c'est le résultat du baromètre du centre national du livre nos livres préférés ce sont les romans policiers de science-fiction ou bien d'amour

19:21
Présentateur

toujours avec Sébastien Chenu député du Nord et porte-parole du Rassemblement National Renaud Dely

19:29
Sébastien Chenu

le Parlement européen a voté hier la levée de l'immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen sur une demande de la justice qui instruit donc l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants parlementaires du Rassemblement National il y a aussi la levée de l'immunité parlementaire d'une autre eurodéputée sortant du Rassemblement National Dominique Bild qui a été votée est-ce que comment est-ce que le Rassemblement National espère surmonter cette affaire qui porte il y a plus d'une quinzaine aujourd'hui de mise en examen notamment pour détournement de fonds publics rappelons que sonne le FN d'avoir détourné entre 5 et 7,5 millions d'euros entre 2010 et 2017

20:05
Invité

c'est une petite question habituelle sur les assistants parlementaires c'est une procédure qui est en cours et nous contestons cette disposition ces poursuites qui nous sont faites nous les contestons depuis le début donc nous y répondons de la même façon à chaque fois la bataille juridique continue nous contestons ce harcèlement ce harcèlement judiciaire qui nous est fait donc je ne peux pas vous dire autre chose que simplement que nous le contestons nous ne sommes pas d'ailleurs les seuls députés européens à être confrontés à ces difficultés et à ce harcèlement judiciaire mais chez nous il y a un harcèlement chez les autres on laisse les choses se passer je pense à un certain nombre de députés du Modem qui pourraient répondre

20:44
Présentateur

vous utilisez fréquemment cet argument il se trouve que pour les mêmes raisons François Bayrou a dû quitter le gouvernement donc on a du mal à dire qu'il est passé entre les deux

20:51
Invité

j'attends de voir quand le Modem sera poursuivi de la même façon avec le même type de harcèlement à ce moment là nous pourrons parler d'équité nous contestons ce qui nous est reproché nos avocats le contestent formellement fermement et nous ne transformerons pas nos collaborateurs parlementaires en fonctionnaires du Parlement européen oui ce sont des hommes et des femmes engagées politiquement

21:12
Sébastien Chenu

vous dénoncez un harcèlement judiciaire comment est-ce que vous expliquez que ces accusations elles viennent aussi de l'intérieur en l'occurrence une de vos collègues Sophie Montel eurodéputée sortante aussi ex-membre du Rassemblement National du Front National pendant 30 ans qui accuse Marine Le Pen d'avoir mis en place ce système et demandé aux députés européens du FN de laisser son comptable le comptable de Marine Le Pen leur choisir un assistant qui travaillerait en fait pour le parti

21:34
Invité

vous relayez non seulement des supputations mais des accusations dénuées de fondements vous relayez cela à l'envie oui elle a écrit un livre vous savez ça me faisait penser à cette excellente citation de Pierre Desproches quand on a lu son bouquin on a l'impression d'avoir lu tout Sartre c'est à dire qu'on a à la fois lu La nausée et Les mains sales donc vous trouvez ça très bien de relayer ça moi je trouve que lorsqu'on a passé je vous dire 30 ans dans un mouvement politique qu'on en a été l'élu qu'on en a porté la parole pendant 30 années on se tait c'est ce que vous voulez dire on ne raconte pas ce qu'il y a eu non non c'est pas ça on peut avoir la décence de ne pas dire de contre-vérité et de partir avec élégance si on part pour de bonnes raisons moi je crois que dans le cas présent Madame Montel souhaite régler des comptes d'une façon qui n'est pas très qui ne l'agrandit pas et qui en dit probablement plus long sur ce qu'elle est réellement que sur ce qu'est le Rassemblement National

22:25
Présentateur

L'image du Rassemblement National fait l'objet comme chaque année d'une grande enquête que France Info a dévoilée hier on se rend compte que votre parti remonte la pente en termes d'image après une année 2017 qui a été catastrophique est-ce que vous estimez que le débat complètement raté d'entre deux tours est désormais un épisode oublié par les français

22:42
Invité

nous ne comptons pas sur l'oubli des français il ne s'agit pas de cela il s'agit simplement de considérer qu'aujourd'hui il y a deux modèles qui se font face ces deux modèles d'ailleurs ils existent ailleurs qu'en France un modèle libéral européiste et un modèle souverainiste dans lequel la place de l'état est importante et demeure importante ces deux modèles ils sont incarnés en France Emmanuel Macron Marine Le Pen et tout ce qu'il y a entre les deux en réalité n'a pas de prise ne prend pas donc il est normal que ces deux modèles se fassent face et il est normal qu'Emmanuel Macron retrouve Marine Le Pen face à lui parce qu'ils incarnent tous les deux je crois deux chemins différents deux possibilités qui s'offrent aux français pour l'avenir de leur pays

23:26
Sébastien Chenu

cette grande enquête de la Sofraise pour France Info elle montre aussi que 55% des français considèrent encore aujourd'hui que le rassemblement national est un danger pour la démocratie c'est exactement le même niveau que lors de l'accession de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011

23:38
Invité

alors je note d'ailleurs ce que vous appelez la dédiabolisation ça marche pas je note d'ailleurs que Marine Le Pen sur tous les traits d'image est en progression parce que vous signalez un trait d'image elle avait beaucoup chuté l'année précédente elle reprend une partie du terrain mais une partie seulement elle remonte sur tous les traits d'image sans exception vous avez raison elle ferait par exemple une bonne présidente de la république

23:57
Sébastien Chenu

une bonne présidente de la république

23:58
Invité

pour 19% des français d'accord mais là vous prenez le dernier des traits d'image je pourrais vous prendre le premier des traits d'image où elle est à plus de 50% donc on peut toujours voir le verre à moitié vide c'est ce que vous faites d'ailleurs avec certaines délectations je peux vous citer d'autres chiffres elle est honnête et inspire confiance pour 23% donc par conséquent moi ce que je crois c'est que nous sommes effectivement nous avons traversé une élection présidentielle qui n'a pas été couronnée du succès puisque nous n'avons pas été élus mais nous avons fait un score historique il y a une fidélité non seulement de nos électeurs qui est très forte mais il y a des gens qui viennent vers nous nous devenons le coeur battant de l'opposition c'est nous les opposants à Emmanuel Macron et pas une opposition de droite comme on essaierait de nous le faire croire une opposition qui dépasse les vieux clivages nous nous rassemblons des gens qui viennent de la droite et qui viennent de la gauche vous savez je suis élu dans un territoire où François Fillon a fait 5% rassurez-vous la dédiabolisation elle fonctionne depuis bien longtemps sinon je ne serais pas député à l'Assemblée Nationale si les électeurs de Denain et d'Ouchidemi n'avaient le sentiment d'avoir élu le diable je crois qu'en réalité le diable c'est ceux qui les ont représentés pendant des années passées donc rassurez-vous les électeurs sont en réalité bien plus informés bien plus conscients qu'un certain nombre de commentateurs politiques parisiens et comme vous n'êtes pas parisien d'origine ça ne s'adresse pas à vous Renaud Delic voilà Renaud Delic et Picard évidemment

25:12
Présentateur

merci merci à vous Sébastien Chenu porte-parole du Rassemblement National vous étiez ce matin l'invité de France 5 merci à tous