Pourquoi n’y a-t-il pas assez de logements pour les étudiants ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] 6h30 9h les matins de France Culture guillaume Erner question du jour et bonjour Marguerite Catton bonjour Guillaume bonjour à tous j'aimerais commencer par évoquer Stendhal qui un jour plus vieux de l'année 1799 débarquait à Paris préparait l'École polytechnique dans une mansarde une chambre économique aux dernières étages d'un escalier indigne où il manque à mourir de misère et de chagrin quelques années plus tard en 2023 une même méchante chambre photo minimum 400 euros par mois dans certains quartiers parisiens c'est plutôt 900 et je vous passe les questions de chauffage et d'isolation bonjour Jean-Benoît aimé oud bonjour Marguer le Caton vous êtes économiste et haut fonctionnaire vous avez co-écrit avec Étienne vassemer vers une société de mobilité les jeunes l'emploi et le logement c'était en 2016 au presse de Sciences Po dites nous Jean-Benoît et mehoude le marché du logement étudiant s'est-il jamais bien porté alors le marché du logement étudiant est un crise depuis très longtemps c'est un vieux serpent de mer on a une situation qui est un peu particulière aujourd'hui parce que donc on a ces raisons structurelles qui font que donc on a nombre d'étudiants qui croient on a 60000 étudiants chaque année qui arrivent et qui doivent trouver un logement mais un parc de donc de nouveaux logements étudiants qui eux ne croisent pas donc c'est quelque chose qui est structurellement là qui a depuis très longtemps mais une conjoncture particulière pour les étudiants avec une inflation typiquement alimentaire qui est très difficile qui rajoute du sel sur la plaie et qui font que pour eux le verre commence à être vraiment très rempli la situation commence à devenir vraiment très difficile donc cette année la crise est particulièrement sévère est-ce qu'on risque de voir des étudiants modestes renoncés des études supérieures alors c'est le cas et c'est justement la raison pour laquelle il faut penser dès maintenant à des politiques publiques qui peuvent nous permettre de leur fournir un logement et de fournir différentes pistes pour que chacun puisse insérer correctement sur le marché universitaire et derrière pour trouver un emploi trouver des pistes des solutions écoutez c'est avec vous qu'on va chercher ça Jean-Benoît aimez-vous il n'y a pas de recette miracle quel est le premier levier à actionner de votre point de vue alors déjà quand on pense à la question du logement étudiant donc il y a une fuite un temps où les étudiants pouvaient devenir propriétaire de leur logement donc acheter un logement et derrière faire leurs études dedans puis rentrer dans la vie professionnelle c'était typiquement le cas de la génération de mes parents lorsqu'on regarde les chiffres malheureusement les heureusement pour les propriétaires les prix de l'immobilier ont été multipliés par plus de 4 dans les c'est 25 dernières années dans les agglomérations les plus tendues donc les plus dynamiques où on a concentré les universités ou les étudiants doivent ce qui est plutôt une bonne nouvelle parce que c'est des airs dynamiques ou si les étudiants font leurs études ils ont une opportunité pour trouver du travail donc on a besoin de s'intéresser sur ces zones dynamiques et trouver un logement ça sera vrai vraisemblablement pas sur l'achat donc il faut regarder derrière sur le parc locatif derrière sur le parc locatif on a deux solutions ou le parc locatif classique ou le parc locatif social lorsqu'on regarde le parc locatif classique ici on a une situation qui est en effet très difficile pour les étudiants on a des propriétaires bailleurs qui sur sélectionnent qui font face à une armée d'étudiants donc qui choisissent au même moment avec les mêmes besoins dans les mêmes quartiers exactement donc on a une concurrence sur les garants sur sa situation personnelle qui fait que donc on peut avoir même une question d'équité qui se pose avec des étudiants qui n'ont pas nécessairement de bons garants qui ont difficilement accès à ces logements et pour rester sur ce marché privé ce qui ne régulation est possible limiter les Airbnb plafonner les loyers sont de bonnes solutions bien sûr donc on a effectivement on a des plateformes Airbnb tu récupères une partie de l'offre locative donc on a derrière une partie de l'offre qui a disparu ce qui fait que pour les étudiants c'est problématiques ici on a déjà des régulations qui sont en place qui sont en place qui sont utilisés dans certaines agglomérations typiquement Paris les mers ne se sont pas tous entrepris de la législation pour réussir justement à mettre en place cette régulation mais c'est un sujet sur lequel il faut travailler et alors le second marché dont vous nous parlez c'est celui du logement social alors là qu'est-ce qu'on peut faire alors pour le coup là la situation est encore plus difficile j'ai envie de dire lorsqu'on regarde les chiffres c'est absolument alarmant en 1984 typiquement à Paris on avait donc un étudiant une personne sur quatre d'un logement social qui avait moins de 30 ans aujourd'hui c'est une personne sur 20 donc on a vraiment un logement social qui n'accueille plus les jeunes qui accueillent vraiment très difficilement on a des files d'attente à Paris qui sont de l'ordre de 30 mois ce qui fait que c'est une solution donc qui n'est pas viable pour trouver un logement alors que le logement social aurait vocation à fournir un pied à l'étrier pour pour ces donc là on a on doit repenser je pense le logement social pour les aider une des mesures ça serait par exemple de ne plus penser un bail de logements social comme un bail a duré indéterminée comme celle qui a aujourd'hui vous rentrez dans votre logement social et vous pouvez le garder toute votre vie en payant des surloyers mais tout de votre vie mais en disant on rentre dans le logement social dans 5 ans on fait un point si Votre situation s'est améliorée on vous donne des incitations financières financières pour que vous puissiez partir sur l'achat ou sur le locatif privé classique pour que vous libériez votre place et que des étudiants puissent récupérer ce logement 400 000 Français qui attendent une place en logements social du coup comment garantir que ce soit les jeunes qui a accès alors là on a besoin de travailler sur davantage de mobilité sur le sur le parc du logement social on sait qu'on a une mobilité qui est deux fois plus faible dans le parc social que dans le parc locatif privé donc on a besoin d'augmenter cette mobilité on a aussi des besoins qui ne correspondent pas nécessairement à la situation des individus ici les bailleurs sociaux travaillent sur cette situation là le problème c'est qu'ils sont très éclatés on aurait besoin de les économistes je dirais varier les logements avec les familles c'est à dire d'avoir des logements qui correspondent aux caractéristiques réelles qui avaient un logement social pour une famille nombreuse et qui se retrouve seul parce que les enfants sont partis c'est ça absolument et dans qui pourrait dans ce cas-là donner un logement qui permettrait de faire une colocation typiquement pour les étudiants ce qui est de plus en plus le cas aujourd'hui est-ce que levier le plus je pensais que vous regardez que vous alliez nous en parler en premier le plus direct celui de la construction de résidence universitaire serait actionnable est-ce que ce qu'on peut faire quelque chose de ce côté là on peut toujours travailler sur la construction après ce qu'il faut savoir c'est que donc on a des airs urbaines qui sont déjà très denses typiquement à Paris il faut pas oublier qu'on ait une densité qui est une densité les plus élevées du monde donc comment arriver à construire à Paris c'est déjà une challenge en Sword ce qu'on peut faire c'est augmenter la densité dans les villes périphériques de Paris mais ici encore on a des contraintes réglementaires on peut pas faire ce qu'on veut on a aussi une zéro artificielle zéro artificialisation net c'est très difficile à prononcer qui qui vient un peu contraindre la construction ce qui fait que la situation chance sur la construction est également très difficile oui vous parlez de Paris mais d'ailleurs le responsable du CROUS de Toulouse disait nous sommes toujours à la recherche de fonciers pour construire des résidences où nous pourrions en profiter de proposer des loyers bam mais bon c'est assez compliqué dans toutes les métropoles une dernière question Jean Benoît et methoud est-ce que les pouvoirs publics sont conscients de la gravité du problème ah oui pour le coup les pouvoirs publics sont conscients de la gravité du problème on a donc on a beaucoup de d'aide différentes qui sont mises en place pour aider les jeunes on a typiquement une première aide qui a été mis en place qui était la revalorisation des aPL oui mais ça ça va engrais engraisser généralement le propriétaire du marché locatif oui mais ça permet déjà pour les jeunes qui les touchent dans le parc locatif privé qui est touche directement d'avoir une revalorisation qui a été plus rapide que prévu pour le coup elle aurait dû la Révolution la régulation des appels a lieu en avril elle a eu lieu exceptionnellement en juillet pour atteindre le niveau de l'inflation et donc pour leur donner un petit coup de pouce et qu'est-ce qui est prévu du coup par un nouveau ministre du Logement Patrice vergrid est-ce qu'il va il a d'un calendrier avec le ministre de l'Enseignement supérieur et ce qui alors pour le coup ici on attend on attendait mesures qui derrière vont pouvoir aider les étudiants on a une dernière mesure je pense qu'il faut citer aussi qui est quand même assez important c'est le fait que donc dans les zones tendues il faut savoir que les loyers sont bloqués on a en fait une contrainte réglementaire qui fait que on ne peut pas augmenter son loyer plus que l'indice de réévaluation des loyers qui définit chaque année par l'INSEE et qui cette année a été plafonnée par le gouvernement à 3,5% pour qu'il ne dépasse pas l'inflation donc on a des loyers qui ont cuit moins vite que l'inflation ce qui a fait que pour les étudiants le poids du du logement dans leur budget a quand même été contrôlé merci je voudrais aimé ou d'économistes haut fonctionnaires merci Marguerite Catton 7h23 sur France Culture
David Margueritte