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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 28 février 2022 45 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationSantéEurope & international

"On perd toute humanité !" | Hélène Thouy

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 86 %Attaque 11 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Bonjour Hélène Thouy, alors vous êtes avocate de profession, vous avez cofondé le Parti animaliste en 2016.

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Vous dites pourtant que la question animale, elle est transversale, notamment pour parler de la crise écologique et climatique.

  • 1:48OuverteRéponse directe

    On parle aujourd'hui de sixième extinction de masse pour décrire la perte brutale et contemporaine de biodiversité à cause de l'homme, c'est aussi ça le sujet aujourd'hui ?

  • 3:07OuverteRéponse directe

    Notre sort, celui de l'espèce humaine, est totalement lié à celui des autres espèces, les autres espèces animales.

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Le quinquennat d'Emmanuel Macron était selon vous plutôt favorable aux chasseurs. Il faut y mettre fin à ce système aujourd'hui.

  • 5:00RelanceRéponse directe

    Que répondez-vous à ceux qui disent aujourd'hui qu'il y aurait une entreprise plus vaste de démantèlement de pratiques culturelles, ancestrales par exemple ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10Invité politiqueFait
    « nous, on veut intégrer dans toutes les politiques publiques la question animale et que parfois, souvent, de prime abord, on peut avoir l'impression que la question animale, c'est un sujet étroit. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « nous savons qu'il y a des liens très forts et quand on regarde les rapports internationaux, notamment le rapport de l'IPBES qui nous alerte sur les conséquences humaines »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « c'est un sujet qui est fondamental et parmi les grands sujets qui sont portés et qui doivent être portés, c'est la question de l'élevage industriel et intensif avec toutes les conséquences en matière de déforestation que cela génère »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Il y a une chose qui caractérise les chasseurs, c'est qu'ils ont un nombre de passe-droits qui est assez incroyable et notamment pendant la période du confinement, ça en était caricatural, les chasseurs représentent 2% de la population et en fait ils occupent tout l'espace, notamment l'espace rural. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « Depuis 5 ans, Emmanuel Macron a été extrêmement bienveillant envers les chasseurs. Il leur a fait énormément de cadeaux, division du permis de chasse, restauration des chasses présidentielles. »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « Les chasseurs, par exemple, n'arrêtent pas depuis des années de dire qu'ils représentent 5 millions d'électeurs, ce qui est totalement faux, ils mentent sur les chiffres. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « nous, ce que l'on porte comme mesure, c'est le partage des territoires. C'est-à-dire de dire que depuis trop longtemps, l'humain s'approprie absolument tous les espaces. »
  • 10:43Invité politiqueFait
    « nous on n'est pas très favorable au fait de réintroduire des ours parce qu'on les déracine d'autres pays, que lorsqu'ils sont réintroduits, cela cause effectivement des conflits extrêmement importants. »
  • 12:37Invité politiqueFait
    « s'il y a ce problème de surpopulation, en tout cas quand on parle des sangliers, c'est d'abord parce qu'il faut remonter à la racine, il y a eu des croisements entre les espèces sauvages et les espèces domestiques qui ont généré que les espèces qu'on appelle aujourd'hui les cochons angliers se reproduisent plus facilement »
  • 14:54Invité politiquePromesse
    « Ah non, on est pour l'interdiction totale de la chasse »
  • 17:08Invité politiqueChiffre
    « la pêche industrielle, c'est 1 000 milliards de poissons qui sont pêchés chaque année »
  • 27:07Invité politiquePromesse
    « sur 5 ans, nous voulons d'abord, au début du mandat, arrêter l'élevage industriel et intensif, les nouvelles extensions et les nouvelles constructions. »
  • 29:35Invité politiqueFait
    « c'est inacceptable que des éleveurs gagnent 300, 400 euros par mois. »
  • 31:57Invité politiqueChiffre
    « le coût d'une pandémie, c'est 100 fois plus cher que le coût de sa prévention. »
  • 32:35PrésentateurFait
    « une cellule même qui a été créée, la cellule Déméter, en lien avec la FNSEA et les jeunes agriculteurs pour lutter contre l'agribashing. »
  • 32:42PrésentateurFait
    « le tribunal administratif de Paris qui a demandé à mettre fin à cette cellule au 1er février 2022. »
  • 33:22Invité politiqueFait
    « J'étais l'avocate qui a travaillé sur ce dossier et on a appris hier que le ministère de l'Intérieur et de l'Agriculture fait appel de la décision du tribunal administratif. »
  • 33:46Invité politiqueFait
    « l'agribashing, c'est un terme qui a été inventé par la FNSEA qu'elle a réussi à souffler. »
  • 35:22Invité politiquePromesse
    « la première mesure que l'on porte, c'est le référendum d'initiative citoyenne, on l'a depuis la création du parti. »
  • 36:04Invité politiqueFait
    « un scrutin proportionnel, notamment pour les législatives, parce que l'on voit aussi, c'est que si des formations politiques comme la mienne, qui sont des courants émergents, ont les plus grandes difficultés à faire émerger sur le terrain politique nos revendications, c'est parce que nous n'arrivons pas à arriver au Parlement. »
  • 37:02Invité politiqueFait
    « tous les maires qui ont essayé d'agir, de prendre des mesures, ont vu leurs arrêtés interdits. »
  • 37:13Invité politiquePromesse
    « au niveau national, il faut prendre des mesures d'interdiction, de dépendage des pesticides à certaines distances des habitations. »
  • 38:18Invité politiquePromesse
    « il faut prendre des horaires d'interdiction de ces éclairages parce qu'on voit que ça génère aussi des troubles pour les animaux. »
  • 39:11Invité politiqueFait
    « la phrase de Milan Kundera que j'aime beaucoup, qui dit que finalement, la véritable bonté de l'homme s'apprécie à la façon dont il traite les êtres qui sont à sa merci, et notamment les animaux. »
  • 40:10Invité politiqueFait
    « On traite évidemment les animaux dans des conditions scandaleuses, dramatiques. On traite les ouvriers d'abattoirs dans des conditions aussi dramatiques, avec beaucoup de consommation de supéfiants, d'alcool. »
  • 41:14Invité politiqueFait
    « Ce sont des ressources à notre disposition dont on peut user, abuser. D'ailleurs, la preuve, c'est que pour les poissons, par exemple, on parle de stock, on ne parle même pas d'individu. »
  • 41:30Invité politiqueFait
    « Effectivement, on perd toute humanité, même, j'ai envie de dire, parce que la façon dont on traite les animaux, c'est une tâche vraiment sur notre humanité. »
  • 42:39Invité politiquePromesse
    « nous, on veut en finir avec le modèle industriel. On considère que ce n'est pas un modèle qui est compatible avec les intérêts des animaux. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Présentateur25 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

La campagne présidentielle basse en plein et une fois de plus, le climat et l'écologie s'en renvoyaient au calendre grec. Parce qu'aux médias, nous estimons que ces sujets doivent être au centre des débats politiques, nous invitant les candidats pour les interroger uniquement sur ces thématiques. Aujourd'hui, nous recevons Hélène Thouy. Bonjour. Bonjour Hélène Thouy, alors vous êtes avocate de profession, vous avez cofondé le Parti animaliste en 2016. Vous êtes depuis la coprésidence, l'une des coprésidentes de ce parti. Vous êtes également la candidate du Parti animaliste à l'élection présidentielle pour porter politiquement la cause de la défense animale. Est-ce que vous allez bien ?

0:41
Invité politique

Je vais bien, je vous remercie.

0:42
Présentateur

Alors vous, au Parti animaliste, vous êtes plutôt monothématique. C'est-à-dire que votre candidature, elle vise à porter la question animale uniquement. C'est quelque chose que vous assumez, de ne pas avoir forcément de position sur un certain nombre de sujets, notamment même des questions qui peuvent être liées à l'écologie, au climat. On pense aux questions de l'énergie, par exemple du nucléaire, des énergies renouvelables, etc. Mais vous dites pourtant que la question animale, elle est transversale, notamment pour parler de la crise écologique et climatique.

1:10
Invité politique

Oui, effectivement. Alors ce que l'on dit, c'est que nous, on veut intégrer dans toutes les politiques publiques la question animale et que parfois, souvent, de prime abord, on peut avoir l'impression que la question animale, c'est un sujet étroit. Alors que nous, ce que l'on porte, c'est qu'au contraire, la question animale, elle doit irriguer l'ensemble de nos préoccupations et qu'à chaque fois qu'on a une politique publique à réfléchir, à mettre en œuvre, il faut évidemment intégrer les intérêts des humains, les intérêts de l'environnement, la protection de l'environnement, mais aussi les animaux.

Et que nos décisions politiques doivent être prises au regard de ces trois différents types de préoccupations, au lieu de toujours s'en tenir qu'aux humains, en excluant les animaux et l'environnement.

1:48
Présentateur

– Alors on parle aujourd'hui de sixième extinction de masse pour décrire la perte brutale et contemporaine de biodiversité à cause de l'homme, c'est aussi ça le sujet aujourd'hui ?

1:57
Invité politique

– Oui absolument, nous savons qu'il y a des liens très forts et quand on regarde les rapports internationaux, notamment le rapport de l'IPBES qui nous alerte sur les conséquences humaines sur effectivement la sixième extinction de masse, il faut absolument, nous n'avons plus le choix, c'est plus un sujet parmi d'autres, c'est un sujet qui est fondamental et parmi les grands sujets qui sont portés et qui doivent être portés, c'est la question de l'élevage industriel et intensif avec toutes les conséquences en matière de déforestation que cela génère, toutes les questions d'occupation de l'espace terrestre ou de l'espace agricole, les conséquences en matière évidemment climatique, en matière environnementale et pour les animaux.

Et donc ce que l'on porte c'est que ça peut paraître parfois des fois peu important la question de l'élevage ou en tout cas vraiment concerner que les animaux et ce que nous disent tous les rapports scientifiques et tout particulièrement l'IPBES c'est que même si on ne s'intéresse pas à la question animale, si on n'a pas de préoccupation et d'empentie pour les animaux, ce qui en fait concerne plutôt la majorité des citoyens mais peu importe, d'un point de vue des humains, de notre survie, on ne peut pas faire l'impasse sur ce sujet-là.

3:07
Présentateur

C'est-à-dire que, parce qu'on va parler tout à l'heure de l'élevage et notamment de l'élevage industriel, mais ce que vous êtes en train de me dire finalement c'est que notre sort, celui de l'espèce humaine, est totalement lié à celui des autres espèces, les autres espèces animales. La survie de l'espèce humaine dépend de la survie des autres espèces.

3:22
Invité politique

C'est une évidence effectivement et d'ailleurs nous avons publié il y a quelques jours un livre dont le titre est assez clair là-dessus, c'est Sauver les animaux et nous sauver nous-mêmes parce qu'il y a un lien très clair entre la façon dont nous traitons les animaux et la façon dont l'humanité est traitée et un lien quant à la survie de l'humanité. Oui, tout à fait.

3:42
Présentateur

Alors il y a un sujet qui fait beaucoup l'actualité depuis quelques jours, c'est celui de la chasse. Le quinquennat d'Emmanuel Macron était selon vous plutôt favorable aux chasseurs. Il faut y mettre fin à ce système aujourd'hui.

3:53
Invité politique

Il y a une chose qui caractérise les chasseurs, c'est qu'ils ont un nombre de passe-droits qui est assez incroyable et notamment pendant la période du confinement, ça en était caricatural, les chasseurs représentent 2% de la population et en fait ils occupent tout l'espace, notamment l'espace rural. Moi je suis une rurale, j'ai grandi et je continue à vivre à la campagne et clairement on n'ose pas sortir de chez nous parce que quand on sort, il peut y arriver les drames que l'on a vus ce week-end avec cette jeune fille qui est décédée dramatiquement. Et le problème c'est qu'on ne peut pas avoir de débat serein sur la chasse et on ne refuse de donner la parole aux citoyens sur la chasse.

Depuis 5 ans, Emmanuel Macron a été extrêmement bienveillant envers les chasseurs. Il leur a fait énormément de cadeaux, division du permis de chasse, restauration des chasses présidentielles. Alors que le Conseil d'État avait annulé les chasses traditionnelles, elles ont été réautorisées. Bref, on voit bien que 2% des Français monopolisent l'espace public au détriment de tous les autres, avec les conséquences que ça a évidemment pour les animaux, pour les humains en termes de sécurité aussi qui ont peur de se balader et pour l'environnement parce qu'on sait qu'ils déversent des milliers de tonnes de plomb dans la nature chaque année.

5:00
Présentateur

Que répondez-vous à ceux qui disent aujourd'hui qu'il y a un acharnement contre la chasse, qu'il y aurait une entreprise plus vaste de démantèlement de pratiques culturelles, ancestrales par exemple ? On l'a vu, il y a eu des tribunes dans la presse à ce sujet. On a d'autres candidats, on a par exemple Jean Lassalle qui candidat également à l'élection présidentielle, qui lui parle d'acharnement.

5:20
Invité politique

Oui, ce sont ces mots, je pense qu'il y a une vraie attente des citoyens qu'on se pose la question et qu'on évolue sur nos pratiques et notre rapport aux animaux. Nous, les mesures que l'on porte, c'est des mesures qui sont vraiment soutenues par une majorité de Français. S'agissant de la chasse, ça pose la question de quel est notre rapport aux animaux et est-ce qu'on tolère que pour du simple et pur loisir, on peut massacrer des animaux. Alors, il y a les animaux que l'on élève pour les lâcher, pour servir de cible vivante, leur tirer à bout portant, c'est 20 millions d'animaux par an. Est-ce que ça, c'est tolérable ? Aujourd'hui, nous, notre réponse, c'est que non.

Les animaux ne sont pas à notre disposition comme amusement, ne sont pas des ressources dont on peut user et disposer. Non, ce n'est pas notre conception de notre rapport à l'autre de façon générale. On doit le respect aux animaux.

6:08
Présentateur

Là, je citais Jean Lassalle, mais en fait, tout ça, ça s'inscrit pendant cette campagne présidentielle dans un certain nombre de petites phrases, peut-être des petites phrases démagogiques en politique, pas que sur la chasse d'ailleurs. On entend Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste français, qui dit un bon vin, une bonne viande, un bon fromage. Valérie Pécresse, la candidate LR, qui dit être français, c'est manger du foie gras. Tout ça, ça s'inscrit dans des petites phrases en politique qui font beaucoup de mal, finalement.

6:30
Invité politique

Alors, ils font beaucoup de mal, disons qu'ils continuent à caricaturer cette prétendue identité française, cette prétendue culture française. Heureusement que l'identité française, ce n'est pas gaver des oies. Je ne crois pas que ça soit ça. L'identité française et les valeurs, c'est aussi les valeurs des Lumières. Et donc, je crois qu'au contraire, depuis des années, les tenants de l'exploitation animale, les chasseurs, ont imposé le fait que finalement, la chasse, c'était la ruralité. Il y avait une équivalence, qu'il y avait une identité française dans le fait de consommer de la viande dans des conditions démesurées, d'aller chasser.

Eh bien non, et en étouffant tous ceux qui sont de plus en plus nombreux et qui deviennent même majoritaires, qui au contraire, portent un autre idéal, une autre conception à l'égard des autres, de ces autres animaux. Et donc, évidemment, beaucoup ont peur que ce sujet puisse être mis sur la place publique. Et tout ce qui a été fait depuis des années, notamment par les chasseurs, mais aussi l'agro-industrie, on va en parler dans quelques instants, c'est d'essayer de montrer que ceux qui se préoccupent des animaux sont des gens minoritaires, alors que c'est faux, c'est la majorité. Et donc, ils se sont aussi montrés comme étant beaucoup plus forts électoralement.

Les chasseurs, par exemple, n'arrêtent pas depuis des années de dire qu'ils représentent 5 millions d'électeurs, ce qui est totalement faux, ils mentent sur les chiffres. Et donc, ça nous donne lieu à des reprises par les responsables politiques, et notamment par Emmanuel Macron, qui avait dit que les chasseurs représentaient 5 millions. C'est complètement faux. Ils s'approprient les éléments de langage de la Fédération des chasseurs, ce qui induit des positionnements des partis politiques qui sont en décalage complet.

Ils ont l'impression que c'est un socle électoral très important, donc ils les chérissent, ils font attention à eux, alors qu'en réalité, ils sont bien moins nombreux et que les défenseurs des animaux sont beaucoup plus nombreux.

8:17
Présentateur

– Que fait-on des grands prédateurs ? Pourquoi on ne pourrait pas les chasser ? Parce qu'on parle beaucoup, par exemple, dans les Pyrénées, de l'ours. Il y a eu un accident en novembre encore. On parle aussi du loup dans de nombreuses régions qui cristallisent également les tensions. Est-ce qu'on a besoin de ces prédateurs ? Parce que je le précise, il y a 64 ours seulement dans les Pyrénées, en France et en Espagne. Mais est-ce que ces prédateurs permettent de réguler les populations d'herbivores ? Parce qu'on parle d'espèces chapeaux, quel est leur rôle ? Est-ce que justement, vous, par rapport à ça, le parti animaliste, vous avez quelque chose ?

8:49
Invité politique

– Oui, alors nous, ce que l'on porte comme mesure, c'est le partage des territoires. C'est-à-dire de dire que depuis trop longtemps, l'humain s'approprie absolument tous les espaces. Il considère qu'il peut régner en maître absolu partout et en ne laissant absolument aucune place, aucune liberté aux animaux et notamment aux animaux sauvages.

9:06
Présentateur

– C'est l'agréant sauvager des territoires ?

9:08
Invité politique

– L'agréant sauvager des territoires. Nous ne nous portons qu'une partie du territoire métropolitain et d'outre-mer, en zone terrestre et en zone maritime, soit en libre évolution, sans activités extractives ni invasives.

9:20
Présentateur

– Ce sont des airs protégés en fait.

9:21
Invité politique

– Oui, mais le problème de l'air protégé, c'est que ça n'empêche pas toutes les activités extractives et invasives. Nous, ce que l'on veut, c'est vraiment redonner ces territoires aux animaux et notamment les animaux comme les ours doivent avoir des territoires où il n'y a pas d'empreinte humaine, où les humains doivent se mettre en retrait. Nous occupant une part de l'espace qui est déjà considérable, il faut accepter que les animaux ont aussi le droit d'avoir des espaces qui leur sont propres.

9:47
Présentateur

– Donc interdire l'accès aux humains à ces espaces ?

9:50
Invité politique

– En tout cas, pas d'accès qui soit nuisible aux animaux.

9:53
Présentateur

– D'accord. Il y a un plan de l'ours, il y a un plan du loup également en France, il y a un suivi de ces espèces, du lynx également. On sait qu'ils jouent un rôle important pour la biodiversité, pourtant on n'arrive pas à faire comprendre que le loup, que l'ours, que ces prédateurs, finalement on en a besoin. On le voit, il y a des tensions avec les éleveurs, il y a des troupeaux qui sont attaqués. Comment on fait ? Qu'est-ce que vous proposez ?

10:17
Invité politique

– Justement, c'est la question de la répartition et du partage des territoires. S'il y a ces attaques de brebis, c'est probablement parce qu'on ne laisse pas suffisamment d'espace aussi aux animaux sauvages et il faut accepter qu'il y ait des zones où il n'y ait pas d'élevage. L'humain a suffisamment d'espace pour éviter d'occuper tous les territoires et notamment ceux où il y a des animaux.

10:37
Présentateur

– On peut quoi habiter avec ces prédateurs ?

10:38
Invité politique

– Moi je le pense, alors s'agissant de l'ours tout particulièrement, je pense qu'il y a un vrai sujet. Nous on n'est pas très favorable au fait de réintroduire des ours parce qu'on les déracine d'autres pays, que lorsqu'ils sont réintroduits, cela cause effectivement des conflits extrêmement importants. On voit plusieurs ours qui se sont fait tuer par les chasseurs et finalement ça ne règle pas vraiment le problème.

11:02
Présentateur

– Ça permet un passage génétique des populations.

11:05
Invité politique

– C'est vrai mais ça conduit souvent à se résoudre au détriment des animaux qui sont la cible des humains qui refusent leur présence et finalement on se retrouve dans des situations dramatiques encore pour les animaux.

11:17
Présentateur

– Une problématique également concernant la chasse, c'est que les chasseurs nous disent souvent qu'ils sont là pour réguler les populations, notamment des sangliers, des espèces invasives, etc. Le loup justement pourrait peut-être jouer ce rôle de régulateur et aussi de permettre la dispersion de ces populations mais on a l'impression qu'en politique on est incapable d'en parler finalement qu'il n'y a aucun candidat, sauf peut-être vous, je ne sais pas, mais en tout cas on entend peu de candidats en parler et être capable d'expliquer le rôle finalement de la biodiversité de ces prédateurs-là et pourquoi les politiques publiques doivent aussi prendre en charge ces questions.

11:53
Invité politique

– Oui bien sûr mais parce qu'on n'arrive pas à voir ce débat et en tout cas ce débat serein parce qu'on part toujours sur des postulats qui sont erronés à savoir que la régulation s'est forcément attachée aux chasseurs et ils ont une utilité, en tout cas ce que l'on nous dit et ce que l'on nous assène depuis des années, qu'ils sont indispensables, sous-entendu les animaux sont toujours le problème, ils ne sont jamais la solution et seuls les chasseurs sont capables de régler les problèmes qui se posent.

Et nous ce que l'on porte là-dessus c'est d'abord de restaurer la réalité des éléments si on se retrouve avec, par exemple, parce que les chasseurs on les présente toujours comme la solution en termes de régulation, s'il y a ce problème de surpopulation, en tout cas quand on parle des sangliers, c'est d'abord parce qu'il faut remonter à la racine, il y a eu des croisements entre les espèces sauvages et les espèces domestiques qui ont généré que les espèces qu'on appelle aujourd'hui les cochons angliers se reproduisent plus facilement, un taux de fertilité plus important, qu'il y a eu des lâchés sauvages aussi, qu'il y a de la grainage et donc finalement les chasseurs ont eux-mêmes généré ce problème dont aujourd'hui on nous parle tant et dont aujourd'hui il serait la solution, sauf que ça fait des décennies qu'ils sont en charge de ce problème, de cette question, qu'ils n'ont absolument pas réglé le problème, qu'ils l'ont même aggravé, soyons clairs, et donc nous ce que l'on propose c'est de changer notre logiciel, notre braquet, au lieu de toujours voir les animaux ici comme ailleurs, comme toujours les intrus, ce que l'on doit faire disparaître, ce que l'on doit tuer, ben non, de réfléchir à cohabiter avec eux, de voir quelles solutions non létales de cohabitation sont possibles pour eux.

S'agissant des questions de sangliers et de dégâts aux cultures, on ne dit pas qu'il n'y a pas de problème avec les dégâts aux cultures, oui il y a des problèmes de dégâts aux cultures, mais la première des choses c'est de protéger les cultures, on a des dispositions dans le code de l'environnement qui obligent les agriculteurs à protéger les cultures, c'est très rarement mis en oeuvre, et en tout cas quand on essaie d'avoir des informations là-dessus, quand il y a des arrêtés par exemple de battues administratives, dans le cas de mon activité d'avocat, je conteste souvent devant les tribunaux administratifs ces arrêtés, et je demande toujours quelles sont les mesures de prévention qui ont été mises en oeuvre, au lieu d'avoir toujours la solution d'aller tuer les animaux, qu'est-ce que vous avez pris comme mesure de protection ?

On n'a jamais de réponse évidemment, donc ce que l'on porte c'est mettre des mesures de prévention, arrêter les élevages de sangliers aussi, parce qu'on ne peut pas nous dire il y a beaucoup trop de sangliers et continuer ces élevages de sangliers sur le terrain, et trouver des méthodes alternatives non létales, comme l'Espagne le fait, en fait en France on n'a jamais mis aucun moyen sur des recherches alternatives au fait de tuer des animaux, où l'Espagne est en train de développer des techniques, notamment de stérilisation des sangliers, et ce que l'on porte sur les animaux effectivement qui sont entre guillemets nuisibles, bien qu'on conteste complètement ce terme, mais en tout cas qui nuisent aux activités humaines, c'est de voir déjà comment on peut faire pour cohabiter ensemble, et quelles sont les solutions pour éviter de les tuer, et de régler à la fois la question des atteintes aux cultures, et le droit aussi, je suis désolée de le dire, mais ces animaux ont le droit de vivre dans leur territoire, et d'être respectés.

14:51
Présentateur

Donc la chasse est un problème, il faut abolir totalement ?

14:54
Invité politique

Ah non, on est pour l'interdiction totale de la chasse, parce que pour nous, la seule question qui demeure légitime sur la chasse, c'est la question des problèmes de dégâts aux cultures, et de questions accidentogènes. Mais ça, on a des solutions, si on veut bien se donner la peine d'y penser.

15:09
Présentateur

Oui, parce que s'ils participent à la prolifération d'espèces, comme les sangliers, c'est quand même un souci.

15:14
Invité politique

Ah oui, oui, non mais ils ont créé le problème. Alors aujourd'hui, ils nous indiquent qu'ils sont la seule solution, c'est faux, et d'ailleurs, après, ils nous expliquent qu'ils sont en charge de l'indemnisation des cultures. Et moi, je pense que c'est un vrai problème que la question de l'indemnisation des cultures soit aux mains des chasseurs, parce qu'ils sont juges et partis, et on voit bien que ça ne fonctionne pas.

Donc nous, ce que nous portons, c'est de créer une autorité administrative indépendante, donc indépendante des fédérations de chasseurs, indépendante des agriculteurs, qui examine objectivement les dégâts aux cultures, les mesures de protection et de prévention qui ont été prises, qui indemnisent effectivement les agriculteurs et qui travaillent à la prévention des futurs dégâts.

15:51
Présentateur

Je voudrais parler d'un autre prédateur, mais lui plutôt en mer, qui fait également beaucoup parler, mais un peu plus loin, plutôt dans les territoires outre-mer de l'océan Indien, c'est le requin, le requin bulldog, et le requin tigre également. Quel regard vous portez sur la crise qui est actuellement à La Réunion ? Est-ce que vous êtes contre les prélèvements de ces espèces de requins, sachant qu'on recense 25 attaques en 11 ans, dont 11 mortels, et on pense que les causes sont certainement écologiques, il y aurait moins de proies dues à la surpêche, avec une pression plus forte sur la recherche alimentaire, alors quelles solutions, que peut-on faire ?

Est-ce qu'il y aurait aujourd'hui une politique publique à mener par rapport à cette crise requin ?

16:31
Invité politique

– Effectivement, on en vient aux conséquences de la pêche industrielle, qui fait des ravages complètement, qui assèchent les océans, et qui amènent des animaux, comme les requins que vous venez de citer. – Il y a des morts, donc il y a une vraie problématique. – Oui, bien sûr, mais il faut aussi se poser la question de la source, pourquoi ces requins se rapprochent autant des côtes, alors qu'il n'y avait jamais autant avant de rapprochement de ces animaux des côtes. – Il y aurait une pénurie de poissons ? – Oui, mais pourquoi il y a une pénurie ? Parce qu'on a des bateaux qui pêchent, la pêche industrielle, c'est 1 000 milliards de poissons qui sont pêchés chaque année, 1 000 milliards.

On a même du mal à s'imaginer ce que ça représente, mais c'est dévastateur, c'est même criminel de continuer à laisser ces bateaux, ces industries, vider les océans, et effectivement, on a les conséquences après directement sur les humains, des attaques qui se multiplient parce que ces requins se rapprochent de plus en plus des côtes.

17:35
Présentateur

– Mais comment on fait ? Parce que ça pose des problèmes, alors bien sûr de sécurité pour les individus en mer, mais aussi économiques, puisque du coup, aujourd'hui, c'est compliqué d'exercer des activités nautiques hors du lagon à la Réunion, d'aller par exemple surfer, et on le voit, il y a eu des manifestations, des rassemblements, des surfers qui demandent justement même d'aller tuer les requins, d'aller les chercher dans l'eau, on en est là aujourd'hui.

17:55
Invité politique

– Oui, on en est là, bien sûr, mais la question, c'est de dire comment on arrive à restaurer les populations de poissons, et la première des choses pour restaurer les populations, c'est d'arrêter de les massacrer à une échelle industrielle comme on le fait. Et donc, une fois que l'on aura, et peut-être que pendant ce temps-là, il faut attendre effectivement que les populations de poissons viennent, et donc limiter effectivement les activités nautiques, et une fois que les poissons seront revenus, les populations de poissons, le problème se résorbera très probablement.

Mais là, aujourd'hui, on est dans une situation où de toute façon, il faut arrêter cette pêche industrielle, laisser les équilibres se refaire pour qu'effectivement les requins ne soient plus amenés à venir près des côtes.

18:38
Présentateur

– Le problème, c'est uniquement la pêche industrielle, parce que par exemple, la pénurie de poissons, elle ne peut pas aussi s'expliquer par des pollutions sur Terre qui viennent polluer les mers ?

18:47
Invité politique

– Bien sûr, bien sûr. Il y a aussi effectivement des raisons, des causes de pollution. Donc de toute façon, il faut s'attaquer, mais en termes de massification, la mesure la plus urgente et celle qui aura le plus d'impact rapide et direct, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préoccuper des pollutions, ce n'est pas du tout mon propos. Mais ce que l'on voit avec la pêche industrielle, c'est que là, tout de suite, maintenant, si on a une mesure urgente à prendre, c'est celle-là.

19:14
Présentateur

– Donc de façon générale, revoir notre rapport à la mer.

19:16
Invité politique

– Notre rapport à la mer, et de toute façon, notre rapport aux animaux et ce qui, de toute façon, impliquera, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça, de réduire notre consommation de produits d'origine animale. On n'a pas le choix. On ne peut pas continuer à manger des animaux trois fois par jour dans les conditions de production ou de pêche que l'on sait. Il faut assumer de diminuer. Nous, on porte 50% à horizon de 5 ans. Voilà, on n'a pas le choix, de toute façon.

19:45
Présentateur

– Vous êtes antispéciste au Parti animaliste. Vous dites qu'on doit réduire notre consommation animale. Mais est-ce que, du coup, la solution, c'est qu'on devienne tous végétariens ?

19:55
Invité politique

– Alors, nous, ce n'est pas la position que l'on porte au Parti animaliste, parce que le Parti animaliste, il s'inscrit dans les demandes et les attentes des citoyens de façon majoritaire. On n'a pas de baguette magique, d'accord ? On sait bien que, vu notre attachement, parfois extrêmement irrationnel à la consommation et à la production d'origine animale, ça ne va pas se régler du jour au lendemain.

20:17
Présentateur

– Vous ne prenez pas forcément la suppression de l'alimentation carnée ?

20:20
Invité politique

– Non, par contre, de tout l'élevage industriel intensif et donc une réduction d'au moins 50%. Évidemment qu'au Parti animaliste, il y a des personnes qui ont complètement arrêté de manger des animaux et de longosades. Moi, ça fait 30 ans que je ne mange plus d'animaux, donc évidemment. Mais au sein du Parti animaliste, il y a des personnes aussi qui continuent à manger des animaux, qui ont réduit. Et il faut accompagner ce changement. Ça va prendre du temps, ça ne se règle pas en une année. Malheureusement, il y a du temps. Et donc, nous, ce que l'on porte, c'est effectivement la fin de l'élevage industriel intensif.

C'est 8 animaux sur 10 qui proviennent de ce mode d'élevage et une réduction d'au moins 50% sous 5 ans.

20:54
Présentateur

– Tout à l'heure, quand on parlait de la chasse, à un moment donné, on a mentionné les espèces dites nuisibles que vous avez répondu en disant qu'elles n'étaient pas nuisibles. Mais on a, dans certains territoires, certaines espèces exotiques qui sont considérées comme invasives ou néfastes pour la biodiversité. Ça pose quand même un certain nombre de problèmes. Sachant qu'aujourd'hui, on dit aussi que… Enfin, les écologues, ce sont des scientifiques qui estiment que l'une des causes de l'extinction de masse, c'est l'introduction de ces espèces exotiques.

On pense bien sûr à des exemples très connus, notamment le chat et le rat dans un certain nombre de régions insulaires, en Nouvelle-Zélande ou même dans des régions à dimension bien plus énorme comme l'Australie. Voilà, avec les échanges marchands, etc., c'est une réalité. Aujourd'hui, on parlait de la Réunion, mais à la Réunion, il y a des espèces qui sont en voie de disparition, des espèces d'oiseaux par exemple, comme le tutuit qui est en voie de disparition à cause du rat ou des chats. Comment on fait ?

21:47
Invité politique

Alors, c'est la différence entre l'approche écologiste et l'approche animaliste. Nous, nous intéressons aux individus et à chaque individu et on ne parle pas en termes d'espèces. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas se réoccuper de la disparition des espèces, ce n'est pas ce que je suis en train de dire, mais on s'attache aux intérêts de chaque individu animal plutôt qu'à chaque catégorie d'espèces.

22:05
Présentateur

Mais elles menacent la survie d'autres.

22:07
Invité politique

Alors, c'est pour ça que ce qu'il faut poser comme sujet et mettre aussi des moyens, parce que c'est toujours pareil, à chaque fois que l'on a un animal qui pose une difficulté, qui va générer des extinctions d'autres, ou en tout cas des diminutions de population d'autres animaux, on va toujours avoir comme réflexe de se dire, bon, il faut les prélever, donc il faut les réguler en quelque sorte. Et nous, ce que l'on porte, c'est que oui, il y a des sujets qui se posent sur certaines catégories d'animaux qui posent des difficultés.

Mais la solution, au lieu de toujours vouloir les tuer, nous devons mettre des moyens dans la recherche pour essayer de trouver des solutions pour limiter et éviter ces problèmes-là. Il peut y avoir des questions de stérilisation, notamment, mais il y en a d'autres à découvrir. Le problème, c'est qu'on arrive à une situation…

22:53
Présentateur

– Là, on parle d'espèces, par exemple dans les îles qui n'ont rien à faire là, qui ont été amenées par l'homme, qui sont arrivées avec la mondialisation ou la colonisation… – Je suis d'accord.

23:00
Invité politique

– Mais est-ce que la solution, c'est toujours les tuer ? Il faut peut-être mettre… Mais je ne vous dis pas qu'on a toutes les solutions clés en main. Non, parce qu'on n'a jamais pris le temps et mis les moyens pour essayer de trouver des solutions. On a toujours considéré, je vous dis, à chaque fois qu'il y a un problème avec les animaux, on va les tuer. Donc nous, ce que l'on porte, c'est que oui, on n'a pas des solutions là aujourd'hui à tous les problèmes qui se posent. Par contre, ce que l'on a, c'est la volonté de mettre des moyens pour essayer de trouver des solutions. Moyens qui n'ont jamais été mis.

Si depuis des dizaines d'années, on avait mis les moyens à chercher des solutions à ces problèmes de cohabitation entre les différents animaux ou entre les animaux et les humains. Aujourd'hui, on ne se poserait pas à chaque fois la question de les tuer. On aurait des solutions.

23:35
Présentateur

Par exemple, là, je citais à l'instant le tutuit, qui est un oiseau endémique à La Réunion, donc qui n'existe que dans cette île. Cette espèce, elle en voie de disparition. On pense même que quasiment la bataille est perdue. Le problème, c'est le rat, c'est les chats, c'est des espèces exotiques. Je veux dire, du coup, on abandonne le combat et on décide qu'on va laisser disparaître…

23:58
Invité politique

Non, on n'abandonne pas du tout le combat. On essaie de voir comment on arrive à protéger à la fois ces animaux qui sont en voie de disparition et sans avoir à tuer des chats ou des rats. La question se pose de savoir exactement. Les chats et les rats, ils ont aussi des intérêts à vivre comme les animaux en voie de disparition. Mais effectivement…

24:16
Présentateur

Leur rôle écologique, il n'est pas le même dans l'écosystème.

24:19
Invité politique

Vous vous positionnez d'un point de vue écologiste. Nous, on se positionne d'un point de vue animaliste où chaque animal a des intérêts à vivre, à ne pas souffrir. Et donc, on doit prendre en compte leurs intérêts. On doit voir comment on arrive à les concilier. Et donc, toutes les missions et le sujet qu'on va avoir à traiter dans ces années, si on veut arrêter d'avoir le logiciel de tuer systématiquement les animaux, c'est quels moyens on met, quelles solutions on trouve pour arriver à sauver les uns et les autres.

24:44
Présentateur

– Alors, un autre sujet, on en a un petit peu parlé déjà, c'est celui de l'élevage, notamment industriel dont je voudrais qu'on parle. Il est pointé du doigt, pas que par l'IPBES, qui est l'équivalent du GIEC pour la biodiversité, mais il est du coup pointé du doigt également par le GIEC pour son rôle dans le réchauffement climatique. On sait que ces gigafermes industrielles, intensives, elles ne sont pas forcément compatibles avec la lutte contre le réchauffement climatique. Comment vous allez vous y prendre pour imposer ce sujet dans un pays qui est si fortement lié à l'ingro-industrie ?

25:15
Invité politique

– Effectivement, ça fait partie de l'objectif de cette candidature à l'élection présidentielle, et puis ça sera porté lors des élections législatives. Nous, on porte effectivement ce sujet parce que les impératifs environnementaux sont fondamentaux aussi, qu'on ne peut pas se résoudre à ce que seulement quelques thèmes occupent tout l'espace médiatique et tout l'espace de la campagne et que l'enjeu climatique, effectivement, il est fondamental, il est fondamental. Les jeunes générations n'arrêtent pas de vouloir le mettre sur la table, de vouloir interpeller les responsables politiques.

Ils font complètement la sourde oreille comme si finalement, ça ne les intéressait pas les futures générations. Donc oui, nous portons ce sujet.

25:54
Présentateur

– Mais c'est là que vous n'êtes pas le seul à le dire. Les scientifiques, notamment du GIEC, mais même en politique, il y en a d'autres en Yannick Jadot pour Europe Écologie Les Verts, Jean-Luc Mélenchon pour La France Insoumise, d'autres également. Vous n'êtes pas… Enfin, ce n'est pas une spécificité du parti animaliste.

26:10
Invité politique

– Ah non, mais bien sûr que non. Et il ne faut pas que ça le soit parce que si on veut que ça avance, il faut que toutes les sensibilités et un maximum de citoyens et de responsables politiques se saisissent de ces questions-là. Donc nous, ce que l'on déplore, c'est qu'il n'y ait pas assez de responsables politiques, pas assez de partis qui se positionnent sur ces sujets et sur ce sujet qui est aussi fondamental et qui nous présage un avenir sombre si on refuse toujours obstinément de s'en saisir.

Et c'est vraiment une grande inquiétude, oui, de voir qu'ils continuent à ne pas vouloir prendre à bras le corps ce problème alors qu'on a des experts scientifiques extrêmement compétents, extrêmement sérieux qui ne cessent de nous alerter. Et pourtant, toujours rien, toujours aucune réaction. – Mais comment on fait ? Comment vous procédez ? – Alors nous, on procède justement en se présentant à l'élection présidentielle. On veut mettre ce débat sur la table, le mettre dans les débats politiques.

27:02
Présentateur

– Est-ce que vous avez un plan de sortie de l'élevage intensif ?

27:05
Invité politique

– Ah oui, nous, nous avons un plan. C'est-à-dire que sur 5 ans, nous voulons d'abord, au début du mandat, arrêter l'élevage industriel et intensif, les nouvelles extensions et les nouvelles constructions. Ça, c'est la première mesure immédiate à prendre. Pas de nouvelles extensions, pas de nouvelles créations. Et sur 5 ans, on va aider les éleveurs de l'intensif. La première des choses, c'est racheter leur dette. Parce que ce qui fait que les éleveurs sont dans cette situation…

27:30
Présentateur

– Donc il y a des mesures sociales également qui accompagnent le plan.

27:32
Invité politique

– C'est évident. Ils ne vivent pas de leur situation, les éleveurs. Et d'ailleurs, la nouvelle enquête qui est sortie ce matin par L214, c'est un éleveur qui a le courage parce qu'il faut vraiment avoir le courage pour s'exprimer. Alors que ces éleveurs sont tenus par l'agro-industrie. Ils n'ont pas la possibilité de s'exprimer. Et quand ils ont le courage de s'exprimer, ils nous disent, un, qu'ils ne vivent pas de leur métier, qu'ils travaillent un nombre d'heures considérable et qu'ils veulent en sortir mais qu'ils n'ont pas les moyens parce qu'on les a enchaînés par la dette. C'est ça la réalité. Ils sont enchaînés par la dette pour surtout qu'ils ne sortent pas de ce modèle.

Et donc on leur a dit, vous ne gagnez pas assez, vous allez produire encore plus. Vous allez mettre encore plus d'animaux dans vos élevages. Et ceux qui ne veulent pas, c'est le cas de cet éleveur qui témoigne courageusement pour l'association L214. Donc oui, on veut les aider et on s'est mis collectivement dans cette situation. Ce n'est pas l'idée de pointer tel ou tel éleveur. Ça serait vraiment hypocrite et scandaleux. Ces éleveurs, on doit les aider à s'en sortir parce qu'on s'est mis collectivement donc on va en sortir collectivement. Et qui dit collectivement, ça veut dire que l'État doit prendre ses responsabilités.

Tous les Français doivent prendre leurs responsabilités, les aider, racheter leurs dettes, les accompagner financièrement pour se diriger vers de l'agriculture végétale ou des filières végétales. Ce sont des filières qui sont d'avenir, qui sont d'un point de vue de protection des animaux évidemment importante, d'un point de vue économique qui sont en plein essor. Donc il y a vraiment un levier économique et d'un point de vue environnemental avec effectivement des filières locales, notamment de développement des céréales, des légumineuses. Nous avons des terres fertiles appropriées à ces cultures en France.

Mais pour ça, il faut aussi arrêter de faire de l'intoxication aux enfants de leur plus jeune âge en leur disant qu'il faut manger de la viande tous les jours, des produits laitiers tous les jours. Ça c'est faux, on nous martèle ça depuis des années. On peut manger équilibré de façon végétale. Il faut réduire notre consommation. Donc il faut aider les éleveurs à s'en sortir. Il faut valoriser les produits.

29:22
Présentateur

En privilégiant les plus petites échelles ?

29:24
Invité politique

En privilégiant, nous on veut accompagner vers la végétalisation. Parce qu'on pense qu'il y a assez de production animale. Maintenant il faut augmenter la production végétale et le rassurer en revenu décent. Parce que c'est inacceptable que des éleveurs gagnent 300, 400 euros par mois. Mais dans quel pays vais-t-on pour accepter ça ?

29:42
Présentateur

On parle de suicide.

29:45
Invité politique

Et donc quand on nous dit mais attendez vous vous attaquez aux éleveurs. Mais c'est un faux procès de nous dire ça. Au contraire, nous on veut les aider à s'en sortir parce qu'on dit leur modèle ne fonctionne pas. Il n'a jamais fonctionné.

29:56
Présentateur

Il est difficile de séparer cette question de l'élevage de la question sociale par rapport aux agriculteurs et notamment de ne pas repenser la reconversion aussi de ces territoires. Parce qu'il y a des territoires qui dépendent des abattages, de l'industrie, de l'élevage, etc. Et qu'est-ce qu'on fait par rapport à tous ces emplois qui peuvent être perdus ?

30:14
Invité politique

Ils sont en héros convertis vers des filières végétales. Tous les acteurs qui se sont mis sur la filière végétale ils sont en expansion chaque année. On le voit, je les rencontre. Ils sont vraiment... À chaque fois, tous les ans ça augmente parce que la demande de produits d'origine végétale augmente. Il faut juste rendre ces produits d'origine végétale accessibles à tous pour que toutes les personnes même dans des situations financières difficiles puissent y accéder. Avoir des produits de bonne qualité nutritif aussi parce que là, on a l'impression que la viande et les produits d'origine animale ne sont pas chers. Ah oui, ils ne sont pas chers. Ils sont ultra subventionnés.

On met tout l'argent public là-dessus. Ils sont produits dans des conditions sanitaires scandaleuses. La vérité, c'est que ceux qui ont les moyens ne mangent pas ces produits qui sont produits dans des conditions scandaleuses et on laisse ça aux personnes qui sont en précarité. Ben non. Nous, ce que l'on porte, c'est que les personnes qui sont en situation difficile et qui ont peu de ressources puissent manger une alimentation saine, équilibrée et de bonne qualité. On ne se résout pas à faire manger des produits qui sont après générateurs de problèmes de santé derrière qui ont un coût aussi pour la société. Donc oui, ce que l'on porte, c'est des mesures aussi sociales.

31:14
Présentateur

C'est une question de santé publique également. Là, vu l'élevage jouer un rôle notamment dans les pandémies. On sort de deux ans de pandémie, donc on sait quelque chose. On parle des zoonoses, de ces virus qui font le saut des espèces et notamment dans le collimateur des scientifiques, il y a les grandes fermes industrielles.

31:32
Invité politique

Bien sûr, parce qu'effectivement, les élevages industriels intensifs sont les foyers des futures pandémies. Ce n'est pas une hypothèse. Certains disent

31:41
Présentateur

qu'on est dans l'ère des pandémies.

31:42
Invité politique

Oui, c'est le rapport de l'IPBS 2020. On est dans l'ère des pandémies. On n'a pas le choix. Il faut arrêter ce système d'élevage qui est générateur de futures pandémies. Et ce que nous dit aussi l'IPBS, à ceux qui répondent « mais vous ne vous rendez pas compte le poids économique de ces filières », c'est que le coût d'une pandémie, c'est 100 fois plus cher que le coût de sa prévention. On a vu ce que nous a coûté le Covid en termes économiques, en termes sociaux, en termes familiales. Parce que je suis aussi avocate en milieu rural avec beaucoup de droits familiales.

Mais c'est des drames aussi parce que les drames économiques engendrent des drames familiaux, des séparations, des violences intrafamiliales. Tout ça, c'est lié. Donc, il faut arrêter. Au bout d'un moment, on va dans le mur. Il faut avoir le courage politique d'arrêter avec ce modèle d'élevage et de protéger notre avenir.

32:23
Présentateur

Mais comment vous allez faire pour imposer ces politiques sachant le lien très fort, très étroit entre l'État français et les lobbies de l'agrobusiness ? On l'a vu. Il y a par exemple une cellule même qui a été créée, la cellule Déméter, en lien avec la FNSEA et les jeunes agriculteurs pour lutter contre l'agribashing. Il y a eu le tribunal administratif de Paris qui a demandé à mettre fin à cette cellule au 1er février 2022. Mais on le voit. Il y a des liens très étroits. Comment on fait dans cette situation où le ministère de l'Agriculture est en contact direct et permanent avec la FNSEA ?

32:56
Invité politique

Il n'est plus qu'un contact direct. Les ministres de l'Agriculture sont désignés avec la bénédiction de la FNSEA.

33:01
Présentateur

Est-ce qu'on peut imposer ces politiques que vous mentionnez ?

33:04
Invité politique

Nous, on n'a pas encore démissionné. On a beaucoup d'espoir et on pense que de toute façon, même si c'est très difficile, même si effectivement la FNSEA est extrêmement influente, il ne faut pas baisser la garde. Il faut continuer à mener le combat. Le combat, il se mène à différentes échelles. Nous, nous avons choisi de le mener au niveau politique. C'est un combat qui est long, c'est sûr. Vous avez parlé de la cellule Déméter. J'étais l'avocate qui a travaillé sur ce dossier et on a appris hier que le ministère de l'Intérieur et de l'Agriculture fait appel de la décision du tribunal administratif. C'est vraiment une caricature, cette cellule Déméter.

C'est une façon de baillonner tous ceux qui veulent dénoncer l'agro-industrie, la façon dont on traite les animaux, les conséquences sur l'environnement.

33:44
Présentateur

Il n'y a pas d'agribashing ?

33:45
Invité politique

Non, mais l'agribashing, c'est un terme qui a été inventé par la FNSEA qu'elle a réussi à souffler. C'est un élément de langage. C'est un élément de langage, bien sûr. On a le droit, ça fait partie de la liberté d'expression, de la liberté d'information d'expliquer en quoi, ou d'expliquer les conséquences de l'élevage industriel intensif sur la façon dont on traite les animaux, sur l'environnement, sur le climat. Mais évidemment, l'agro-industrie ne veut pas donner d'informations là-dessus. La façon dont on traite les animaux, c'est vraiment un sujet qui est complètement tabou.

On l'a vu depuis 2015, tout particulièrement, avec ces vidéos d'abattoirs qui ont permis de faire éclater un petit peu cette bulle avec la 214. Et donc, on a mis la lumière sur la façon dont on traite les animaux, sur les conséquences que ça peut avoir. Évidemment, l'agro-industrie ne veut absolument pas que l'on parle de ça.

Elle veut fermer, baillonner les lanceurs d'alerte et ils ont réussi donc à faire créer cette cellule d'émetteur qui est scandaleuse, mais qui est vraiment une façon d'intimider les militants qui se retrouvent convoqués dans les gendarmeries, auditionnés, en faisant travailler, collaborer, des services du parquet, les services de gendarmerie et la FNSEA et les jeunes agriculteurs qui ont demandé publiquement la dissolution de L214. Mais on en est là en France,

34:58
Présentateur

c'est gravissime. – Mais vous avez prévu des mesures du coup des politiques publiques pour essayer de limiter l'influence de ces lobbies ?

35:03
Invité politique

– Alors, nous, ce que nous portons, nous portons un volet qui s'intitule « Reprendre espoir en notre démocratie », c'est-à-dire que si la question animale, la question environnementale et beaucoup d'autres thématiques n'avancent pas, sont complètement bloquées, c'est d'abord parce qu'il y a un problème de démocratie, il y a un problème de verrouillage institutionnel. Et donc, la première mesure que l'on porte, c'est le référendum d'initiative citoyenne, on l'a depuis la création du parti.

On pense que les représentants, les parlementaires, sont dans l'incapacité de relayer les attentes des citoyens, d'une majorité de citoyens, parce qu'ils sont effectivement englués dans des conflits d'intérêts et dans des proximités avec les lobbyistes. Et il faut redonner la parole aux citoyens. Les citoyens ont souvent beaucoup plus de bon sens que nos responsables politiques.

Et donc, par le référendum d'initiative citoyenne, nous voulons donner aux citoyens la possibilité de provoquer des référendums sur des questions majeures que sont la façon dont on traite les animaux, les questions climatiques, les questions environnementales, pour court-circuiter, finalement, ces lobbies qui gangrènent nos institutions.

Nous portons aussi des représentations, un scrutin proportionnel, notamment pour les législatives, parce que l'on voit aussi, c'est que si des formations politiques comme la mienne, qui sont des courants émergents, ont les plus grandes difficultés à faire émerger sur le terrain politique nos revendications, c'est parce que nous n'arrivons pas à arriver au Parlement.

Et nous avons besoin d'une représentation proportionnelle pour que les citoyens aussi reprennent foi dans la politique, parce que ce qu'il se passe, on les entend, si l'abstention augmente élection après élection, c'est que les citoyens n'ont plus foi en la politique, ils s'en sentent éloignés, ils ont l'impression que quel que soit leur vote, finalement, ça ne changera pas grand-chose. Mais ça, c'est grave parce que la politique, c'est fondamental, c'est ce qui nous permet de reprendre espoir dans notre démocratie, dans notre avenir. Et il ne faut pas écarter les citoyens, c'est eux qui doivent décider sur des questions aussi fondamentales.

36:48
Présentateur

– Encore une question concernant le monde agricole, les pesticides, comment on fait ? Peut-on continuer à les épandre dans nos cultures ?

36:55
Invité politique

– Non, ça, ça fait partie aussi des mesures que nous portons. Ce que l'on a vu, c'est que tous les maires qui ont essayé d'agir, de prendre des mesures, ont vu leurs arrêtés interdits. – On a vu,

37:07
Présentateur

ça a commencé à Longouette, en Bretagne, où justement, il y avait eu un arrêté qui a été cassé par la préfecture.

37:11
Invité politique

– Donc ça veut dire qu'au niveau national, il faut prendre des mesures d'interdiction, de dépendage des pesticides à certaines distances des habitations.

37:19
Présentateur

– À certaines distances, donc pas totalement ?

37:20
Invité politique

– Alors, il faut faire de toute façon une concertation. Il y a certains pesticides qu'il faut effectivement, qu'il faut interdire. Et il faut avoir, je pense aussi, un débat public, parce que c'est de la même façon. Ces questions-là, ça concerne tous les citoyens et notamment les citoyens qui habitent à proximité de ces zones agricoles.

37:36
Présentateur

– Je voulais vous poser une question également sur un sujet qui mérite des politiques publiques, mais dont on entend très peu parler pendant la présidentielle et de façon générale en fait dans les débats politiques, celui de la pollution lumineuse. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez un plan contre la pollution lumineuse sachant les troubles que ça génère auprès de la faune et des écosystèmes ?

37:57
Invité politique

– Absolument, effectivement, c'est un problème très important pour les oiseaux notamment. Il n'est pas du tout normal d'avoir ces entreprises, et notamment on le voit à la campagne où vous avez ces sources lumineuses, en ville c'est évident, mais aussi dans des zones rurales où les animaux sont encore moins habitués à avoir la nuit des éclairages. Oui, il faut prendre des horaires d'interdiction de ces éclairages parce qu'on voit que ça génère aussi des troubles pour les animaux, qu'en plus, c'est des consommations énergétiques considérables. Donc oui, là aussi, il faut légiférer là-dessus, ça c'est sûr.

38:31
Présentateur

Des horaires où on plongerait dans le noir.

38:34
Invité politique

Oui, tout à fait. Oui, parce que ces éclairages, ça sert à faire des productions dans les conditions que l'on sait, du hors-sol, et donc il faut là aussi arrêter, ça perturbe. C'est toujours la façon dont on appréhende les sujets, c'est de dire, on a telle mesure, quelles incidences ces mesures ont pour les animaux, pour les humains, pour l'environnement. On met les trois intérêts en balance, et on essaie de voir comment on peut arriver à limiter les incidences. Et donc ça fait partie effectivement des questions qu'il faut se poser et des mesures qu'il faut adopter.

39:02
Présentateur

Que dit notre rapport aux animaux sur notre rapport au monde ?

39:05
Invité politique

Il dit beaucoup. Il dit beaucoup de violence parce que nous avons complètement intégré la violence. Et la phrase de Milan Kundera que j'aime beaucoup, qui dit que finalement, la véritable bonté de l'homme s'apprécie à la façon dont il traite les êtres qui sont à sa merci, et notamment les animaux. Effectivement, quand vous voyez et quand vous considérez qu'un être est vulnérable, qu'il est à votre merci et que vous vous permettez de lui faire tout subir sans aucune considération, ben oui, ça veut dire que vous avez intégré le rapport de domination, que vous pouvez tout faire subir. Ça s'applique aux animaux, ça s'applique aux humains.

Et donc oui, si on traite mieux les animaux, on traitera mieux les humains. On le voit, il y a des liens qui sont très clairs entre les violences faites aux humains et les violences faites aux animaux. On est rentré dans une société où effectivement, on a tellement annulé toute compassion envers les animaux d'abord, puisqu'on met tout, on essaie de nous couper de la façon dont les animaux sont traités et puis des conséquences qu'on voit sous des cellophanes. Mais de façon générale, ça induit beaucoup de violence. L'exemple des abattoirs est extrêmement significatif. On traite évidemment les animaux dans des conditions scandaleuses, dramatiques.

On traite les ouvriers d'abattoirs dans des conditions aussi dramatiques, avec beaucoup de consommation de supéfiants, d'alcool. Ils sont dans des conditions, ils travaillent, ils ont des conditions de travail absolument scandaleuses. Personne ne veut aller travailler dans ces endroits-là. Et donc, on voit que vraiment, notre indifférence vis-à-vis des animaux induit souvent une indifférence vis-à-vis des humains.

Et donc, contrairement à ce que certains essaient de véhiculer de très mauvaise foi sur le fait que les animalistes ne s'intéresseraient qu'aux animaux et négligeraient la cause humaine, nous, le mouvement animaliste, ce qu'on voit, c'est que ceux qui se préoccupent des animaux, ils se préoccupent très souvent aussi des humains, ils sont engagés sur des causes humaines. Et donc, si on se préoccupe davantage des animaux, si on les protège, inévitablement, ça aura des conséquences positives sur notre rapport aux humains.

40:59
Présentateur

Mais est-ce que le problème, ce n'est pas aussi que les animaux, aujourd'hui, sont vus dans notre société essentiellement comme des marchandises où ils ont une valeur quand on peut soit les marchander, soit les exploiter ? Est-ce que, aussi, le problème, il est là, en fait, dans notre rapport marchand aux choses ?

41:13
Invité politique

Ah oui, bien sûr. Ce sont des ressources à notre disposition dont on peut user, abuser. D'ailleurs, la preuve, c'est que pour les poissons, par exemple, on parle de stock, on ne parle même pas d'individu, on oublie à quel point il y a un individu derrière chaque poisson. On parle de stock de poissons. Et les mots sont vraiment indécents. Effectivement, on perd toute humanité, même, j'ai envie de dire, parce que la façon dont on traite les animaux, c'est une tâche vraiment sur notre humanité. Ça devrait nous faire honte. Et j'espère qu'on va enfin bientôt réaliser que c'est inacceptable, que c'est honteux et que, vraiment, on ne peut pas continuer de cette façon-là.

41:48
Présentateur

Ça signifie, du coup, que notre rapport à la question animale, elle implique forcément un rapport différent à la question de la production et du système économique. Parce que, voilà, de ce qu'on rapporte du point de vue économique, c'est l'exploitation animale, de la valeur qu'on en tire. Donc, ça pose des questions sur notre système, celui du capitalisme.

42:05
Invité politique

Oui, alors, nous, on n'a pas de positionnement sur le capitalisme en tant que tel. En revanche, ce que l'on constate, c'est qu'effectivement, le modèle de l'agro-industrie, de l'industrie, génère la façon dont on traite les animaux, dans ces bâtiments où les animaux ne sortent pas, où ils sont enfermés dans des cages. Et dans ce cas-là, effectivement, le lien…

42:23
Présentateur

– Mais dans le point de vue structurel, le système qui permet justement cette exploitation, ces atrocités, ces élevages intensifs, est-ce qu'on peut résoudre tous ces problèmes sans aller sur le plan structurel plus haut et remettre en cause le système économique aujourd'hui ?

42:37
Invité politique

– Oui, de toute façon, oui, parce que nous, on veut en finir avec le modèle industriel. On considère que ce n'est pas un modèle qui est compatible avec les intérêts des animaux. C'est une évidence de ce point de vue-là. Oui, quel que soit le modèle, on voit bien que ça ne fonctionne pas, que ça ne peut pas fonctionner.

42:52
Présentateur

– Je vous remercie, Hélène Thouy, merci d'être venue au Média. Je le rappelle, pour ceux qui nous regardent, vous pouvez retrouver tous ces entretiens également en podcast, donc sur toutes les plateformes d'écoute. Puis n'hésitez pas à partager, à liker, à commenter, voilà, ça nous fera très plaisir. Merci encore d'être venue au Média. – Merci. – Merci.

43:08
Invité

– Le Média TV, c'est de l'actualité, une contre-matinale quotidienne. Des entretiens, d'actualités, des reportages, mais ce n'est pas que cela.

43:17
Présentateur

– Le Média TV, c'est aussi de l'enquête, des enquêtes, sur l'évasion fiscale, sur la France-Afrique et ses dérives, sur les violences policières.

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Invité

– Nous avons réussi à nous procurer des images de vidéosurveillance que nous diffusons aujourd'hui en exclusivité. Ces images, nous les avons analysées en collaboration avec l'agence d'expertise indépendante Index. – La BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe. C'est ce qu'elle fait dans le cadre du projet Lac d'Argent. – Des dizaines de milliers de morts et un million de déplacés internes dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants. C'est aussi le résultat d'un jeu macabre entre États étrangers, comme le Tchad, le puissant voisin et son allié principal, la France, l'ancienne puissance coloniale.

– Quelques semaines avant l'élection présidentielle, alors que la machine a étouffé les vérités qui dérangent est en marche, nous avons décidé d'accélérer notre production d'enquêtes. Des enquêtes sur des figures politiques de premier plan. Des enquêtes qui se rapprocheront de plus en plus de la Macronie, des gouvernants et de ce qu'ils préfèreraient cacher aux électeurs, surtout en ce moment.

44:24
Présentateur

– Pour finaliser ces enquêtes et lancer de nouveaux chantiers, nous avons besoin de votre soutien. Pour bien entendu, payer les équipes qui travaillent et travailleront sur ces sujets. mais aussi, malheureusement, pour provisionner les frais d'avocat car nos adversaires ont des moyens et n'hésitent pas à recourir aux procédures Bayon.

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Invité

– Plus votre mobilisation financière sera forte, plus nous aurons les moyens de nos ambitions. Les moyens d'aller au-delà de ce que les puissants laissent transparaître à travers une communication bien rodée. – Face à la grande offensive des pouvoirs et des oligarques contre le journalisme d'enquête, celui qui dérange et dévoile, imposant notre plan B citoyen, faisant vivre sur l'investigation sur le Média TV. – Sous-titrage Société Radio-Canada