La grande interview : Michel-Edouard Leclerc
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Européens, c'est Michel-Édouard Leclerc. Bonjour à vous.
Bonjour, bonjour Laurence.
L'information de la nuit, c'est cet accord qui a été conclu entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin immédiatement à la guerre sur tous les fronts. Il prévoit la réouverture du 2-3 d'Hormuz, la fin du blocus maritime américain, dès lors que la signature sera effective, c'est-à-dire vendredi prochain. L'effet immédiat, c'est la chute des cours du pétrole, moins 4%. Quand est-ce que nous verrons les prix à la pompe baisser, Michel-Édouard Leclerc, puisque Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, demande que les prix à la pompe, la baisse soit aussi rapide que la hausse l'a été ?
Alors d'abord, il faut s'assurer que ce soit crédible. C'est le jour anniversaire de Trump, donc il est capable d'annoncer des bonnes nouvelles jusqu'à demain. Il adore se mettre en scène comme ça.
Bien sûr. On peut quand même espérer qu'il y ait un accord d'ici la fin de la semaine.
Moi j'y crois à moitié. Bon, je le souhaite. Je le souhaite pour le peuple iranien, pour les peuples libanais. Il faut quand même voir que dans cette histoire, il n'est plus resté grand-chose de la dévéléité de libérer les peuples iraniens de l'autoritarisme des Mollahs. On s'aperçoit que plus tout ça s'est guidé par des négociations de fric, les taxes sur les détruits d'Hormuz, le fric formidable qui a été fait par la pétrochimie et les pétroliers. Moi ça m'écœure beaucoup. J'espère que tout ça peut s'arrêter. Et si ça s'arrête, effectivement... Il y aura une baisse des carburants ? Oui, bien sûr.
Mais là, dès cette semaine, là ?
Non, il y aura une baisse des carburants au rythme de la libération des 1200 pétroliers qui sont dans le golfe Persique et qui devront repasser par le détroit d'Hormuz. Il y a un petit peu de pétrole qui part sur des convois de camions et puis des oléoducs un peu marginaux. Pour que ça baisse vraiment et que ça dure, il faut libérer le détroit d'Hormuz. Il faut qu'il soit libre.
Et donc on table sur une baisse de quoi ? De combien de ventimes ?
Non, ce n'est plus la peine. Tous les jours, il a eu sa cotation. Laissez tomber. Je me suis fait avoir aussi. Non, non. Si vraiment ils font la paix, alors à ce moment-là, on va revenir vers quelque chose comme 80 dollars le baril. Ce qui me laisse perplexe, vous voyez, c'est que dans la logique trumpiste, ils ont été virés le président du Venezuela pour, en disant aux compagnies pétrolières américaines, d'aller forer au Venezuela, alors que ça coûte beaucoup plus cher d'aller forer au Venezuela. Ils ont privé les Chinois, les Cubains de pétrole. Moi, je ne sais pas trop quel est le jeu de qui dans lequel on entraîne qui là-dedans.
Vous avez vu, même au niveau de l'Europe, vous n'avez pas entendu pendant ce temps-là beaucoup les pays européens de l'Europe du Nord qui ont accès à un pétrole aujourd'hui où ils font beaucoup d'argent autour de la Baltique et de la mer du Nord. Et donc, vous voyez bien que la géopolitique l'emporte, et le fric l'emporte sur la rationalité, en fait.
Mais les consommateurs, eux, ce qui les intéresse, c'est les prix à la pompe et évidemment la façon dont ils peuvent finir les fins de mois. Qu'est-ce que vous, vous proposez chez Leclerc ? On sera moins chers. Pour continuer à aider les Français, les Français.
Déjà, ce matin, on est sur l'E10, sur les essences. On est bien placés sur le podium des moins chers et on challenge Total Access, bien que ce soit un prix contraint qui ont bloqué leur prix après avoir cagnotté pendant des années. Vous savez, ça fait en deux ans, nous avons été les moins chers de France dans 95% des cas. Donc là, cette fois-ci, on ne peut pas suivre parce que c'est politique, ils ont bloqué leur prix.
Quand vous dites cagnotté, c'est-à-dire qu'ils ont engrangé tellement bénéficiairement qu'ils peuvent se permettre de faire ça ?
Oui, mais dès qu'ils vont devoir se lâcher, dès qu'ils ne seront plus obligés de répondre aux injonctions du président, du Premier ministre ou de leur réputation, Leclerc devient moins cher.
C'est ce que vous nous dites, évidemment, en représentant Leclerc. Est-ce que ça s'est ressenti dans la consommation des derniers jours ? Est-ce qu'il y a eu une embellie ?
Je ne parlerai pas d'embellie parce que le climat est assez anxiogène. La consommation des carburants s'est réduite de près de 10%, à la fois professionnel et public. Peut-être plus de transport collectif, peut-être plus de vélo, peut-être moins de voitures le week-end, moins de voyage. Alors d'ailleurs, ça c'est vrai, Leclerc est un très gros voyagiste en France. Et en fait, les destinations maintenant sont beaucoup plus françaises qu'à l'étranger. Alors il y a la question du prix des carburants, de la volatilité des prix des billets suite au prix des carburants. Donc les grands voyages, il y en a moins. Il y a près de 20% de ventes de moins de voyages à l'étranger.
Mais il y a aussi les conditions militaires. Vous savez, il y a très peu de couloirs pour partir en Asie aujourd'hui, entre l'Ukraine et le Liban. Et même en bas, en Afrique, ils se cognent dessus aussi. Les couloirs sont... Donc les Français vont partir en France, c'est une bonne nouvelle pour notre pays. Les Français vont plutôt partir en France et c'est plutôt bien parce qu'en plus, on est la première destination touristique du monde. Du monde. Donc près de plus de 100 millions de touristes, merci Notre-Dame, merci les Jeux Olympiques. La carte postale était belle. Faisons en sorte de bien les accueillir. Bien sûr.
Michel-Édouard Leclerc, mais est-ce qu'il y a eu une reprise de la consommation ces dernières années ? Est-ce que vous l'avez noté, alors pas seulement sur l'essence, mais sur la consommation générale dans les...
Non, la consommation est à tonne. C'est elle qui tire la moitié du PIB français, de la production intérieure brute. Elle est à tonne. Alors des enseignes comme Système U, Intermarché, Leclerc, Action, Lidl, tous ceux qui ont des offres qui correspondent à des faibles pouvoirs d'achat marchent bien. À côté de ça...
Des marques distributeurs, c'est ça ?
Des marques de distributeurs ou des enseignes comme les nôtres. Là, on cartonne. On cartonne vraiment beaucoup. Vous voyez, Leclerc n'a pas racheté de magasin et on augmente encore nos parts de marché. Donc ça veut dire qu'on est bien positionnés en prix. C'est pareil dans presque tous les métiers. Ça se reclasse. Il y a de la casse chez les gens qui vendent cher et ceux qui ne vendent pas cher aujourd'hui prennent leur marché.
Il y a des produits spécifiques qui ont plutôt bien marché. Les Français se font à nouveau plaisir sur l'alimentaire, sur les vêtements ?
C'est quelquefois très ambigu. On va dire que c'est deux en un. L'Oréal, c'est trois en un, je crois. C'est deux en un. C'est-à-dire qu'à la fois, on fait anti-gaspi, on consomme moins, on consomme petit prix, des marques comme Eco+, premier prix, etc. Mais de l'autre côté, on se lâche à l'apéro. Et là, au contraire, ce n'est pas luxe. Mais ça traduit une situation d'anxiété, en fait.
Et il y a d'ailleurs une menace de Donald Trump d'une taxe de 100% sur les vins et spiritueux. Ça, c'est une véritable inquiétude sur les prix.
Il devrait faire attention parce qu'en France, on aime les Américains. On aime le mythe américain. Il ne s'en rend pas compte. Lui, il tient des propos, et surtout Vance, il tient des propos mal à propos à l'égard de l'Allemagne, à l'égard de la France, à l'égard de l'Europe. Mais nous, les Français, on aime bien nos héros de cinéma. On aime bien... Mais il sera reçu à Versailles en grand point de notre point de vue. J'espère qu'il va le recomprendre. Mais à force de nous menacer nos vins de Bordeaux, nos vins de Bourgogne, etc., il ne faudrait pas qu'il oublie qu'il y a 4000 entreprises américaines qui sont en France. Même les ascenseurs autistes, par exemple, c'est américain.
Et moi, je pense que s'il exagère trop, il faudra que tous les entrepreneurs français mobilisent les entreprises américaines en France pour écrire aux Républicains aux Etats-Unis, pour lui dire, mettez-la en veilleuse.
Vous pensez qu'on fait vraiment le poids, nous, les entreprises françaises, par rapport aux entreprises américaines, Michel-Édouard Leclerc ?
On est le plus gros marché du monde. On est le plus gros marché du monde, l'Europe. On parle d'Europe, là, mais pas seulement de la France.
Un mot du rapport sénatorial qui a été publié le 21 mai, qui est plutôt rude pour la grande distribution, parce qu'ils estiment que vous faites des marges démesurées. Qu'est-ce que vous répondez sur 100 euros dépensés en alimentation ? Plus de 40 reviendraient à la grande distribution, 13 à l'industrie et seulement 8 aux agriculteurs.
Alors, c'est un rapport qui est plutôt rude pour la médiocrité ainsi révélée et l'inculture de ceux qui l'ont rédigé.
Les sénateurs ?
C'est nul.
Ah, vous y allez fort.
Ah oui, oui. Non, mais moi, je suis président d'une école de commerce. Ils n'ont pas travaillé ? En première année de Sciences Éco, ou en première année de Néoma, je peux vous dire qu'on réécrit ça, fit ça. Non, vous voyez, mais ça démontre, c'était un rapport à charge, un peu comme il y a eu aussi au service public, etc. Les députés, ils s'éclatent avec ça. Mais nous, évidemment, ce n'est pas Michel-Edouard Leclerc qui est touché, c'est les centaines de milliers de salariés de la distribution à qui on dit « vous redevez de l'argent à l'agriculture, vous redevez de l'argent à l'industriel ». Non, mais de quoi ? On ne dit pas ça d'un restaurateur.
C'est en France, les élites n'aiment pas le commerce. Et donc, on va le leur rendre bien parce qu'on va leur expliquer qu'aujourd'hui, si les Chinois font un carton avec leur voiture, si même les peuples méditerranéens ont construit la civilisation, c'est grâce au commerce. Et donc, moi, puisqu'on parle de souveraineté alimentaire et que ce rapport tournait autour de ça, moi, j'invite à ce qu'il fasse comme le président de la République fait maintenant, qu'on fasse la team souveraineté alimentaire française, qu'elle soit compatible avec l'expression du pouvoir d'achat des Français, la défense du pouvoir d'achat, et qu'on le fasse de la fourche à la fourchette, comme le disait Mme Lambert.
Il faut arrêter de casser du sucre sur le dos, sur le commerce. Ça ne sert à rien d'avoir un prix, un tarif, de décréter un prix légal si ce n'est pas vendu. Ça ne fera jamais une rémunération. Nous, les commerçants français, nous sommes aujourd'hui dans le monde les meilleurs commerçants du monde.
Et la team souveraineté alimentaire, ça consisterait en quoi ? Qui en ferait partie ? Michel-Édouard Leclerc ?
Moi, je le suis pour qu'on mette des filières entières. Le président a réuni à l'Élysée les producteurs d'électricité jusqu'aux distributeurs d'électricité pour qu'on accélère sur le passage de l'énergie fossile aux énergies électriques. Sur l'agroalimentaire, on s'est fait tailler des croupières, non pas par les États-Unis, la Chine ou autres, mais par les Italiens et par les Espagnols, d'accord ? Et sur les marchés européens. Donc nous, on propose qu'on soit associés à l'ensemble des décisions qualitatives. Je propose aussi que tous les industriels soient obligés de mettre l'origine de leurs produits. Comme ça, on verra bien... Sur l'étiquette ?
Oui, on verra bien qui jouera la préférence nationale. Moi, je ne sais pas quand j'achète du lait Nestlé, quand j'achète des produits dans les grandes multinationales. On me dit que je n'ai pas le droit de négocier les prix agricoles, d'accord ? J'achète ça, dans la loi EGalim, j'achète ça. Mais par contre, je veux savoir si je paye le cochon espagnol ou le cochon français quand j'achète un sandwich Sodebo ou Fleury-Michon. Je voudrais aussi qu'on mette le Nutri-Score partout sur les produits. Après, les consommateurs font ce qu'ils veulent. Si vous mangez quelque chose qui est rouge ou qui est classé G ou F, vous irez en selle de sport une heure de plus. Mais au moins, savoir ça.
Et enfin, je pense qu'il faut mettre en suspens toutes les dispositions qui n'ont rien à voir avec les lois agricoles, qui m'interdisent de vendre des couches moins chères, qui m'obligent à prendre des marges sur le Schweppes, le coca, le café, le thé qu'on ne produit pas en France. Je voudrais que, justement, on donne à la possibilité de revaloriser le produit agricole français tout en permettant aux distributeurs de se concurrencer dans la loi de manière légale pour pouvoir offrir des prix moins chers.
Michel-Edouard Hitler, il y a aussi la question de l'énergie, de l'inflation des prix de l'énergie. On l'a vu, évidemment, 25% d'inflation en deux ans après la guerre en Ukraine. Est-ce que là aussi, il y a eu des spéculations ? Là aussi, vous dénoncez des abus de tous les côtés ?
Oui. Alors aujourd'hui, ce qu'on vend en magasin a déjà été acheté il y a cinq mois, un an. D'accord ? Mais vous entendez toutes les organisations professionnelles commencer par dire qu'ils vont devoir acheter 20% plus cher leurs emballages, 20% plus cher les plastiques. Toute la pétrochimie, d'ailleurs, elle est cotée à la hausse, mais d'une manière hontée, parce qu'on croit que ça va passer directement sur le consommateur via les industriels. Alors nous, on est en mode combat, philosophie Teddy Rainer, tu veux me taper, moi je vais résister.
J'invite tous les industriels aujourd'hui, avant de venir nous voir, de renégocier en amont ce qui n'a pas encore augmenté, de ne pas laisser passer les hausses, parce qu'il n'y a aucune raison que les consommateurs français payent l'inactivité en amont des industriels face aux spéculateurs. Là aujourd'hui, Eurostat prévoit une inflation en Europe entre 2,5 et 3,5.
Vous aviez prédit 4% avant cet été.
J'avais dit que si ça continuait, on irait jusqu'à 4%. Je prolongeais les statistiques Eurostat. Donc là, vous avez réglé à la baine. Là, s'ils arrêtent, évidemment, on va rester à 2,4, 2,5. Mais je vous rappelle que les salaires n'ont pas augmenté plus. Donc si on veut que l'économie française aille mieux, il faut que tout le monde se batte pour que les prix baissent.
Michel-Edouard Leclerc, il y a aussi, on parlait d'énergie, l'électricité. Vous voulez accélérer sur l'électrique pour ne pas que nous soyons écrasés par les Chinois, ce qui est déjà en grande partie fait. Comment faire pour que les Français les plus modestes, qui n'ont absolument pas les moyens d'acheter une voiture électrique, puissent accéder quand même à ces technologies ?
D'abord, il va arriver sur le marché des petites voitures qui ne sont pas chères.
Quand vous dites pas chères, c'est quoi ?
Je sais, dans les 15 000, 20 000 euros. Enfin, quand je dis que ce n'est pas cher, c'est cher pour qu'il n'en a pas. Mais dans les voitures, dans les gammes de voitures, c'est accessible. D'autant que le gouvernement a prévu des bonifications. Alors aujourd'hui, les mieux placées sont des voitures chinoises, ce sont des voitures coréennes aussi, on n'en parle pas, des voitures japonaises. On met tout chinois, mais c'est beaucoup plus varié que ça. Donc notre proposition, c'est de continuer à bonifier l'achat de voitures électriques, c'est de foncer sur l'électrique, parce qu'au pétrole, on perdra toujours. Les Américains auront toujours plus de pétrole que nous, même l'Europe du Nord.
Nous, Français, pour la souveraineté, pour la préférence nationale, il faut qu'on ait l'électrique. Et Leclerc travaille aujourd'hui sur la montée, j'allais dire la montée en charge, la montée du nombre de bornes de recharge, des bornes de recharge avec des tarifications qui seront les moins chères du marché. On est aujourd'hui le moins cher du marché sur le kilowattheure normalisé qu'on trouve sur les parkings. On a une appli, il n'y a pas à s'abonner, on pourra même avoir du ticket Leclerc dessus et donc des rabais. Et aujourd'hui, il y a déjà une petite compétition entre Aldi et Lidl sur les charges rapides ou sur les charges normalisées.
Je pense qu'on va transférer une partie de l'intérêt pour le pouvoir vers l'électrique, parce que vous avez vu, les voitures électriques, c'est plus 40%, c'est plus 14% le mois dernier. Donc les Français ont compris l'enjeu. Il faut que les constructeurs automobiles aussi choisissent leur camp. À force de dire un peu de thermique, un peu d'électrique, les jeunes Français ne savent pas qu'ils baignent à l'acheter.
Il y a aussi une question sur les abonnements, sur les recherches électriques. C'est assez illisible, les prix, c'est ce que choisir qui révèle ça. Là, pareil, vous voulez plus de transparence ?
On vous fera quelques petites annonces bientôt. Oui, Leclerc va être leader sur l'électrique comme on a été leader sur les carburants. Et comme on restera leader sur les carburants.
C'est ce que vous dites, évidemment. Il y a votre proposition sur la souveraineté alimentaire. Il y a aussi, vous réclamez toujours la création d'un fonds souverain, un fonds d'investissement capable de mobiliser l'épargne des particuliers pour financer les grands chantiers nationaux. La question, c'est est-ce que les Français ont confiance en leur État ? Et là, l'État français...
Le fonds souverain n'est pas forcément piloté par l'État. Et dans le cas, par exemple, des fonds norvégiens, ce n'est pas l'État qui décide de l'affectation de ces fonds. Donc, c'est un débat qui doit avoir lieu sur les moyens, les conditions. Mais l'idée de faire un fonds qui mobilise l'ensemble de l'épargne et même qui proposerait de la défiscalisation à des gens riches, plutôt que de les taper une fois et qu'ils s'en aillent, on leur proposerait des opérations de défiscalisation. Je pense que ça marcherait. Vous voyez, par exemple, il manque 2 millions de logements en France. Eh bien, ce n'est pas grave de s'endetter de la valeur de 2 millions si ces actifs existent.
On ne change pas l'équilibre. Mais on permettrait à des gens qui, d'habitude, défiscalisent des œuvres d'art, défiscalisent dans la culture, défiscalisent dans l'humanitaire, on leur permettrait ça sur le logement social. Ça serait bien pour les Français, 2 millions de logements. Je prends cet exemple, mais il y en a beaucoup.
Michel-Edouard Leclerc, un tout petit mot des salaires. Il y a eu une revalorisation du SMIC au 1er juin. Est-ce que ça vous sent une suffisante de 2,4% par rapport à l'inflation ? Est-ce qu'il faut le systématiser ?
Il faut tout changer sur le salaire. Je trouve intéressant, dans les deux livres principaux qui sont sortis en librairie ces deux derniers mois, celui d'Atal et celui de Bardella, tous les deux commencent à poser une question qui était taboue jusqu'ici. Est-ce qu'on doit faire payer par les travailleurs, entreprises et salariés ? Est-ce qu'on doit faire payer par les travailleurs l'avenir du robot, du numérique et de l'intelligence artificielle ? Moi, je suis d'accord avec eux. Il faut transférer ces charges sur le travail, sur ce qui concurrence le travail. Et pour moi, aujourd'hui, cette masse que constitue le numérique, les transactions financières...
On met une taxe sur l'IA ?
On met une taxe sur l'IA, on met une taxe...
La manie française des taxes.
Oui, mais attendez, on résout un problème de manière pragmatique. Aujourd'hui, on met du taxe sur votre boulot. Vous, on paye des taxes sur votre salaire, on paye des taxes... Et CNews paye des taxes européens sur votre salaire. Alors, d'abord, on supprimerait ces deux taxes. Votre salaire net serait votre salaire brut. C'est quand même plus de 30% sur 4-5 ans. Je pense que Laurence Ferrari apprécierait et tous ses collègues autour. Et après, et dans le même temps, on choisirait une autre base de cotisation qui serait beaucoup plus large et donc avec des petits taux sur des très grandes masses permettrait de financer notre système social.
Parce que, pour le coup, je veux défendre le système social français. Allez-y aux États-Unis, faites un enfant, sortez de l'hôpital, ça vous coûte 30 000 dollars. En France, ça ne coûte rien. Alors, par contre, je soutiens, je soutiens l'initiative des députés, je ne sais plus de quel camp ils sont, qui disent que même si c'est gratuit la santé, ce serait bien que les Français sachent combien ça coûte. Ça, c'est une très bonne initiative pédagogique.
Vous n'êtes toujours pas candidat à la présidentielle ? Vous avez des idées intéressantes ?
D'accord, je viens de vous le dire.
D'accord, mais vous ne excluez toujours pas l'idée. Non, j'ai envie que...
Écoutez, personne ne parle du pouvoir d'achat, personne ne parle...
Oui, mais entre autres, les gens parlent entre autres.
Oui, et puis c'est... Alors que c'est le problème central des Français. C'est dans des programmes un peu... On parle plus comment on finance et tout ça. Et puis, ils sont tous dans l'idée qu'il faut passer la barre des 12 ou 15 % pour être au deuxième tour contre l'ARN, comme si ça faisait un projet français. Et même pour l'ARN, ça ne fait pas un projet français. Donc, ce qu'il faut, c'est aujourd'hui coaliser les Français sur 51 % de projets, faire la France grande en Europe avec des idées sociales. Mais regardez, la droite sociale, les séguinistes, les chabans d'Almatien, De Gaulle, tout ça, à droite, on ne parle plus de ces références.
Alors, elles sont générationnelles, mais quand même, il y avait du fond sur le plan social. Il y avait des chrétiens démocrates. Et à gauche, ils se battent sur... On se limite à taper les riches, machin. Ça va marcher une fois, ça ne fait pas un projet collectif. Il faut un projet collectif à la France, c'est un commerçant qui le dit.
D'accord, et c'est peut-être vous qui porteriez ce projet. Un dernier mot, si on résume cette interview. Donc, inflation plutôt à la baisse, les prix des carburants vont à la baisse, la consommation peut repartir cet été, Michel-Edoir Lacroix ?
Oui, oui, ça peut repartir. Si c'est vrai, je vous montre ce tableau. Si vraiment Trump change d'avis et va se reposer un peu ou va jouer au golf...
Les Iraniens acceptent aussi.
Oui, oui, et puis il y a aussi de savoir comment ça va finir cette histoire avec Netanyahou, parce que lui, il n'a pas intérêt de finir. C'est ça le problème.
Non, mais sur la consommation, ça peut repartir à condition que...
Ah oui, oui, oui, les Français ont un appétit d'équipement et de consommation qui est très très fort. Ils le retiennent aujourd'hui parce qu'ils ne savent pas si leurs enfants vont avoir leur retraite, un emploi et tout ça. Et c'est normal, c'est normal. Vous connaissez-vous comme moi, quel que soit le niveau de revenu. Et c'est ce qui explique qu'on a un taux d'épargne très élevé en France. Mais si ça va mieux, les Français... En plus, on a plein de projets industriels en France. Choose France, ça a bien marché quand même.
Écoutez, merci beaucoup Michel-Édouard Leclerc. Une petite humeur d'optimisme ce matin dans la grande interview.
Qu'est-ce qu'il y a à vous, on dit chez moi ?
Et sur Europe 1. Bonne journée à vous. Merci.
Merci. Merci.