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interviewRMC — Face à Face· 25 janvier 2024 21 min

Face à Face : François Ruffin - 25/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC BFM TV Bonjour François Ruffin Bonjour Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes député LFI de la Somme Mais député et reporter Puisque c'est comme ça que vous vous définissez Et vous aviez d'ailleurs publié un livre en 2018 Qui s'appelait Un député à la ferme Vous parliez déjà des grandes difficultés du monde agricole Et des paysans pour pouvoir se nourrir et vivre dignement de leur travail On va évidemment tout au long de cette matinale Vous parler des cartes de blocage Elle s'est étendue On vous informe en direct sur RMC BFM TV Mais d'abord rien à voir On a appris hier soir Que les députés allaient toucher 300 euros de plus C'est une augmentation de 300 euros Qui a été actée 300 euros par mois pour chaque député Pour des dépenses de frais C'est même plus que l'inflation Vous allez en faire quoi ?

0:59
François Ruffin

D'abord j'ai annoncé que je le reversais pour moi La solidarité paysan Donc vous savez que je garde pas la totalité de mes rémunérations Et ça c'est pas pour la rémunération C'est pour le fonctionnement Maintenant que les députés La démocratie aient besoin d'argent pour fonctionner C'est une chose Mais ça peut se concevoir Moi ce qui me paraît choquant dans cette décision Qui a été prise par tous les groupes Sauf le groupe La France Insoumise

1:18
Présentateur

La France Insoumise s'est abstenue

1:19
François Ruffin

N'a pas voté pour Et même a été contre cette décision Pourquoi c'est choquant ?

C'est choquant parce qu'on est dans une assemblée Qui refuse l'indexation des salaires sur l'inflation Et on va y venir La première demande des français C'est de vivre de son travail De bien vivre de son travail Donc dans cette assemblée Où on refuse l'indexation des salaires sur l'inflation Où on va doubler les franchises médicales Où on va augmenter l'électricité de 10% Bon dans ce cadre là Les députés se permettent Une augmentation pour leur budget à eux Tout comme le président de la république S'est permis une augmentation sur son budget De fonctionnement à l'Elysée Bah non c'est pas normal S'il y a à se serrer la ceinture Ça doit commencer par les dirigeants Ça doit commencer par montrer l'exemple Ça doit commencer par le haut

1:59
Présentateur

Ou alors à l'inverse Ou alors à l'inverse Vous appelez toujours à une indexation des salaires

2:03
François Ruffin

C'est évident que j'appelle à une indexation des salaires A minima sur l'inflation L'inflation a pris 5% cette année Bah normalement les salaires doivent pouvoir prendre 5% De manière à ce que simplement Les français vivent de leur travail

2:15
Présentateur

Les points de blocage se multiplient partout en France C'était parti de Haute-Garonne Mais désormais c'est un peu partout Notamment en Bretagne Avec une grande manifestation qui est attendue à Rennes Il y a des points sur lesquels sur ce CRISP Sur l'A7 ce matin On a vu des vraies tensions Notamment entre les routiers Des routiers étrangers Ou dont la cargaison était étrangère Qui a été vidée par les agriculteurs Est-ce que vous vous redoutez Que ça ne bascule dans une certaine violence Ou dans une certaine colère non maîtrisée ?

2:43
François Ruffin

Je suis toujours Je dis toujours Je le répète Que pour moi la violence n'est pas la solution Que même ça dessert bien souvent les mouvements Plus que ça ne les sert Maintenant je suis solidaire de toutes les personnes Qui se battent simplement pour une chose C'est vivre de leur travail Et là ce qu'on voit dans le monde paysan La demande est simplement une demande De pouvoir vivre dignement de son travail Alors moi je reviens sur le fond Sur le fond c'est quand même Parce que cette crise c'est pas comme si elle était nouvelle Emmanuel Macron arrive au pouvoir

3:15
Présentateur

Le livre d'ailleurs il date de 2018

3:18
François Ruffin

Exactement parce qu'il entend à ce moment-là Que c'est pas normal Les prix y vont pas Les paysans sont pas payés comme il faut Sur le lait, sur le porc, sur la volaille Sur à peu près tout Ils sont pas payés Ne serait-ce que pour pouvoir Remplir leurs coûts de revient Bon déjà à l'époque Et il y a une réponse Qui est les états généraux de l'alimentation Avec une loi EGalim Qui est plus qu'imparfaite

3:39
Présentateur

Elle est imparfaite Vous l'aviez votée Vous estimiez au moment où elle est passée Que c'était mieux que rien Aujourd'hui le problème c'est qu'elle n'est même pas appliquée Certains agriculteurs Et notamment les éleveurs laitiers Disent que vis-à-vis Dans le bras de fer là Des négociations commerciales avec Lactalis Lactalis leur dit Ok on va vous augmenter d'un pour cent Les éleveurs laitiers disent On a besoin de minimum 5% Personne ne vérifie Et dans cette loi EGalim Que vous avez votée Il n'y avait pas de contraintes Il n'y avait pas de sanctions

4:09
François Ruffin

D'accord Vous savez je prends toujours Ce qui peut être mieux Par rapport à rien Donc à l'Assemblée J'ai cette démarche constructive Ok vous nous donnez ça Je vais le prendre C'était un premier pas pour vous La loi EGalim Mais je n'ai cessé de plaider Pendant toute la loi EGalim Avant la loi EGalim Après la loi EGalim Et aujourd'hui encore Pour des prix planchers Pour des prix planchers Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'à l'époque De la loi EGalim Il fallait que le litre de lait Soit à 40 centimes d'euros Pour que les agriculteurs Et puissent être payés correctement Et bien il fallait que l'Etat dise Le prix planché Le minimum à payer C'est 40 centimes d'euros Point Or Je peux vous lire La loi EGalim si vous voulez Parce que c'est une usine à gaz Qui était construite A la place de dire Prix planchers On fixe un pli Et ça donne ça Les accords cadres La détermination des prix Devront prendre en compte Un ou plusieurs indicatifs Relatifs Au coût pertinent De la production en agriculture Ou à l'évolution de ses coûts Et un ou plusieurs indicateurs Relatifs au prix Des produits agricoles Et alimentaires Chargent ensuite A un médiateur De modifier ou supprimer Les accords cadres

5:07
Présentateur

On rajoute ça aux normes

5:10
François Ruffin

Usine à gaz Donc c'est pas ça Pourquoi ils ont fait ça ? Parce qu'au fond là Ce que vous avez C'est une défaillance du marché Le marché ne marche pas Le marché il écrase les paysans Vous savez Moi j'ai cette image Dans la révolution française Où on a un paysan Du tiers état Qui a sur ses épaules

5:26
Présentateur

La famille du reste d'épinal

5:27
François Ruffin

Voilà Qui a sur ses épaules Un aristocrate Aujourd'hui le paysan Il a sur ses épaules L'industrie agroalimentaire Qui a sur ses épaules La grande distribution Et bien il faut que Là-dedans l'Etat il joue son rôle Et qu'il rétablisse De la justice Et rétablissent L'égalité privilanchée

5:41
Présentateur

A cela s'ajoute la question Aussi de l'Europe Vous appelez A une exception agriculturelle On va y revenir Je voudrais d'abord Qu'on fasse un tour Par le terrain Parce que précisément Sur ces réponses politiques Qui sont attendues Nicolas Poincaré Est sur la 64 En Haute-Garonne Au niveau du point de blocage D'origine Là où tout a commencé Et Nicolas Poincaré Vous avez compris Que ils attendent Gabriel Attal Ils ne lèveront pas le blocage Tant que Gabriel Attal N'est pas arrivé Et ils savent comment s'y prendre

6:09
Invité

Oui c'est ce que me disent Les organisateurs De ce point de blocage ici Ce qu'ils veulent C'est le déplacement Du Premier ministre Sous ce pont Pour venir leur annoncer Les mesures Et effectivement Pour faire pression Sur Matignon Ils ont un joker Dans leur poche Qu'ils ont déjà utilisé Plusieurs fois Ils font savoir à Matignon Qu'ils sont en contact Avec les équipes Du Rassemblement national Qui leur ont proposé Que Jordan Bardella Vienne ici Jusqu'à présent Ils ont dit A Jordan Bardella Non merci C'est pas le moment Mais ils disent A Matignon Écoutez Si Gabriel Attal Ne vient pas Alors ce sera Jordan Bardella Vous voyez qu'ils ont Un sens politique aigu Ces agriculteurs De Haute-Garonne

6:49
Présentateur

Une forme de chantage De chantage au RN Merci Nicolas François Ruffin Est-ce qu'il y a Quand même ce point de bascule On sait que Dans les Pays-Bas Par exemple Avant l'arrivée De Gurdwiders Au pouvoir C'est aussi La colère des paysans Qui a fait monter L'extrême droite

7:05
François Ruffin

Vous savez moi Je défends les gens Qu'importe le butin de vote Qui glisse dans l'urne Jamais j'ai demandé A un ouvrier Qu'est-ce qu'il votait Avant de le défendre Vous voyez Donc c'est pour moi Le sujet Il ne faut pas Transformer un sujet de fond En un sujet politique En un sujet politologique Qu'est-ce que ça va donner Aux élections Et ainsi de suite On est là Dans un moment Qui est un moment de crise Qui peut être un moment de vérité Qui peut être un moment De bifurcation Et un moment Où la société française Peut choisir Au fond L'agriculture française Elle a besoin d'un cap Et le gouvernement Malgré Je l'ai dit Six années maintenant De crise Larvée Il ne donne pas de cap Il tient un double discours Il dit D'un côté Il faut la monter en gamme Il faut le bagnette animal Il faut sortir des phytos Et de l'autre côté Il faut être compétitif Avec les fermes-usines Du Brésil Avec les fermes-usines Demain d'Ukraine Et bien non Il y a un choix à faire Il y a un choix à faire Entre est-ce qu'on dit Que la priorité C'est de nourrir les français De bien nourrir les français Ou est-ce que l'objectif C'est d'être compétitif A l'international Sans protection Et à ce moment-là Et bien il y a Un dumping

8:10
Présentateur

Mais comment faire Entre les deux Comment faire Sur ce tiraillement Au fond Entre effectivement Les normes environnementales Et la question des revenus Et la question aussi Bien sûr De la concurrence Vous avez évoqué A l'instant l'Ukraine Après le début De la guerre en Ukraine L'Union Européenne Par une forme de solidarité A décidé d'ouvrir Les frontières commerciales Avec l'Ukraine Ce qui a eu pour conséquence Une arrivée massive Notamment De tout ce qui est Céréales ukrainiens Qui ne respectent pas Les mêmes normes Que nous Et qui sont venus Évidemment concurrencer Le travail des agriculteurs Notamment français Est-ce qu'il faut refermer Cette frontière Avec l'Ukraine

8:48
François Ruffin

Normalement Ça devait être Pour du transit Ça devait être Pour aller nourrir Notamment L'Afrique du Nord Puisque normalement L'Ukraine Par ses bateaux Va nourrir L'Afrique du Nord Là à la place Et du transit Ça a été déversé Sur les marchés Européens C'était pas la fonction De départ De cette solidarité Enfin Je note que cette solidarité Vous savez

9:09
Présentateur

Donc vous vous appelez A ce qu'on y mette fin A refermer cette frontière

9:13
François Ruffin

J'appelle A ce que ça soit Vraiment du transit Et que ça soit pas Pour nourrir Les marchés européens Voilà Qui est-ce qui A bénéficié Aujourd'hui Du poulet ukrainien C'est son trait Clairement L'industrie agroalimentaire Française et européenne Qui a eu du poulet Deux fois moins cher Que le poulet français Voilà comment ça s'est passé Mais vous savez Pour choisir ce cap Cette double orientation Il y a à mettre à mal Deux choses Qui ne veulent pas mettre à mal Parce que Emmanuel Macron Est fait de ce dogmatisme là Il est traversé Par cette idéologie Il y a Premièrement Une sortie du libre-échange Et Deuxièmement Une sortie du marché Ou une tempérance du marché Une régulation du marché Je m'explique C'est ce que j'appelle L'exception agriculturelle De la même manière Qu'on a fait Une exception culturelle

9:55
Présentateur

Qui a été acceptée Par l'Union Européenne Par l'Union Européenne

9:58
François Ruffin

Par l'Organisation Mondiale du Commerce Pour qu'on ait un cinéma français Pour qu'on soit aux Oscars Avec anatomie d'une chute C'est le résultat d'une politique Et pas juste du génie Du talent D'une personne Là Si on veut avoir une agriculture française Si on veut la maintenir Parce que c'est la question que je pose Moi vous savez Dans ma région J'ai vu partir Les usines Vers la Roumanie Et vers la Chine

10:17
Présentateur

On est en train de revivre La fin du monde industriel Et là c'est la fin du monde agricole

10:21
François Ruffin

Je ne veux pas qu'on délocalise L'agriculture Comme on a délocalisé Comme on a délocalisé L'industrie J'y reviens

10:27
Présentateur

Parce que c'est tout le problème Un tiraillement Entre l'environnement Et les revenus des agriculteurs Et là sur l'Ukraine Je vous repose la question Parce qu'au fond C'est une question aussi De solidarité On s'est dit On va faire ça par solidarité Avec les Ukrainiens Mais en fait Vous dites la solidarité Ok un peu Mais enfin Pas à n'importe quel prix

10:43
François Ruffin

Moi je dis Ceux qui font la solidarité Tant pis pour les Ukrainiens Je dis Non écoutez Madame Apollime de Barne Si vous écoutez ce que j'ai dit J'ai dit d'accord Pour du transit C'est le but D'accord Maintenant vous savez On a dit

10:53
Présentateur

Ça veut dire interdire A l'agroalimentaire français Par exemple D'acheter du blé Ou du poulet ukrainien Exactement

11:00
François Ruffin

Tout à fait Vous savez La solidarité Moi je suis pour Évidemment Tout le monde est pour la solidarité De principe Quand on a fait L'extension L'élargissement Au pays d'Europe de l'Est A la Pologne A la Roumanie A la Bulgarie On nous a demandé de le faire aussi par solidarité Vous savez Ceux qui prennent la solidarité Ce ne sont pas ceux qui en payent le prix Parce que Vous êtes journaliste Vous êtes protégé Vous n'êtes pas Ce n'est pas Un journaliste roumain Qui va remplacer Apolline de Malherbe Demain Le commissaire européen Il va continuer à toucher la même paye En revanche Quand on ouvre Les frontières de l'Ukraine Comme on le fait aujourd'hui

11:31
Présentateur

Si on met le poulet ukrainien A côté du poulet français Que le poulet ukrainien est moins cher Le consommateur Même s'il a de la sympathie

11:37
François Ruffin

C'est le paysan Mais ce n'est même pas le consommateur Parce que le consommateur Vous savez Il ne le saura même pas D'accord ? Ça sera dans la barquette Donc simplement Il faut L'exception agriculturelle C'est une sortie du libre-échange C'est considéré que Voilà Quand il s'agit de la terre De ses fruits De notre assiette On doit pouvoir avoir une exception Aux règles de libre-échange Ce qui me paraît

11:54
Présentateur

C'est une forme de sortie des traités C'est une forme de sortie des traités Ou en tout cas d'une partie des traités

11:58
François Ruffin

Mais là Il s'agit surtout de L'organisation mondiale du commerce En fait On a un gros problème Avec l'agriculture Dans la mondialisation Je vais faire Depuis les accords En 1994 Je ne suis pas d'accord A ce moment-là Pour qu'on fasse entrer L'agriculture Dans la grande machine A laver De la mondialisation Ça c'est un premier point Mais il faut bien voir Qu'il y a un deuxième point C'est le marché Parce que même si on fait ça Il restera quand même Sur les épaules Des agriculteurs La grande distribution Et l'industrie agroalimentaire Donc ça veut dire Qu'il faut réguler Le marché intérieur Quand bien même Il y aurait Cette sortie Des traités de libre-échange Au niveau de l'organisation Mondiale du commerce C'est une deuxième chose Et là dire Que quand je propose Des prix planchers Vous savez On répond C'est le retour des colchoses Voilà ce qu'il m'est dit A l'Assemblée nationale En gros

12:45
Présentateur

C'est-à-dire une organisation Communiste

12:46
François Ruffin

Voilà Que ça serait La Corée du Nord Le Venezuela Enfin bon Il y a une liste comme ça Non Vous savez C'est l'Europe C'est l'Europe C'est l'Europe C'est l'Europe d'il y a 20 ans L'Europe d'il y a 20 ans Elle avait des prix planchers Elle avait des quotas d'importation Elle avait des quotas de production Elle avait des coefficients multiplicateurs

13:02
Présentateur

Elle a basculé pour vous l'Europe Dans une forme de libre-échange On sait bien sûr L'accord récent Avec la Nouvelle-Zélande Une grande partie des Français Y étaient opposés C'est passé comme une lettre à la poste

13:14
François Ruffin

Cette nuit Ça a été avec le Chili Et le Kenya

13:17
Présentateur

On apprend en effet que cette nuit Donc l'Union Européenne A conclu de nouveaux accords de libre-échange Avec le Chili et le Kenya

13:22
François Ruffin

Et que Bon alors je vous annonce Que vous savez J'avais mis en place Avec mon collègue Pascal Lecan du Modem Un groupe transpartisan Contre le traité sur le Mercosur On renvoie une lettre ce matin Au Président de la République Tous les signataires de cette proposition

13:36
Présentateur

Qui viennent de tous les bords

13:38
François Ruffin

Sauf le Rassemblement National On envoie une lettre au Président de la République Qui dit maintenant Il faut dire clairement Stop à l'accord sur le Mercosur Mais je le redis Il y a le libre-échange

13:46
Présentateur

Vous attendez D'Emmanuel Macron Qui l'y mette fin Vous attendez Quoi de Gabriel Attal ? On l'a entendu tout à l'heure Nicolas Poincaré nous le disait Sur le terrain Ils l'attendent Qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?

13:55
François Ruffin

Moi j'attends De M. Attal J'attends du gouvernement J'attends de M. Macron Depuis 6 ans Prix plancher J'attends Qu'on vienne dire Prix plancher Que ça soit pas Dans des accords cadres Incompréhensibles Que se règle le conflit Entre l'actalis Et les agriculteurs Mais que ça soit l'Etat Vous savez Il y a un fort Et il y a un faible Entre les deux Lactalis M. Emmanuel Beignet Qui a vu son patrimoine Augmenter de 70% Ces dernières années Qui est la huitième Fortune française Bon ben Il a un poids énorme Comparé aux agriculteurs Qui vont aller négocier Avec lui Et ben l'Etat Il doit être là Entre les deux Pour servir de protection

14:30
Présentateur

On entend très peu D'ailleurs la grande distribution Et c'est pas faute De les avoir invités Je le redis sur ce plateau Puisque je dis tout J'ai évidemment proposé A la fois à Michel-Édor Leclerc A Dominique Schellcher De Super U A Intermarché A Auchan De venir parler Et on les sent tous Extrêmement prudents Ils nous disent à demi-mot Que tout ça est trop explosif Et donc dans ce moment Où normalement Ils seraient tous sur les plateaux Puisque c'est la dernière semaine De négociation commerciale Et ben Ils sont aux abonnés absents

14:56
François Ruffin

Je regrette d'autant plus Que le gouvernement Ne dise pas clairement Que les prix planchers Que pendant les états généraux De l'alimentation Monsieur Leclerc Que vous citez Il avait dit S'il faut ça Pour sauver l'agriculture française Mettons des prix planchers Il y avait le patron De Intermarché A l'époque Monsieur Serge Parpin Qui avait dit S'il faut ça Mettons C'est Super U Excusez-moi Non non pas de problème Qui avait dit S'il faut des prix planchers Faisons des prix planchers Le responsable Monsieur Olivier Allain Des états généraux L'alimentation Il disait Il faut des prix planchers Donc il y avait un

15:28
Présentateur

Mais est-ce que ça C'est compatible Avec le problème de l'inflation

15:30
François Ruffin

Mais pour moi Vous savez D'abord oui Parce qu'en fait Les prix ont augmenté Est-ce que les Français vont vous suivre là-dessus

15:36
Présentateur

Ils demandent quand même A ce que leur caddie soit moins cher Si à ce moment-là Vous leur dites Ouais ok c'est sympa Mais on va faire des prix planchers

15:41
François Ruffin

On va faire des prix planchers Mais qui aujourd'hui Se gave Sur le dos des consommateurs Et en même temps Sur le dos des agriculteurs L'industrie agroalimentaire Vous avez C'est Nestlé

15:52
Présentateur

C'est Danone C'est Lactalis Comme vous disiez

15:54
François Ruffin

Et on peut généraliser Le taux de marge De l'industrie agroalimentaire Aujourd'hui c'est 49% Ça n'a jamais été aussi élevé Donc Dire qu'il faut augmenter Les prix Au départ Pour les agriculteurs Pour mieux les rémunérer Mais que Ben voilà La marge de l'industrie agroalimentaire Elle doit diminuer Je pense que c'est pleinement audible Par tout le monde

16:11
Présentateur

Vous restez européen Vous restez Pour le fait Que la France reste Dans l'Union Européenne Ce matin j'avais Plusieurs témoignages D'agriculteurs Et je garde en mémoire Cette phrase L'un d'eux Qui était Sur un tracteur Avec notre reporter Il était en direction de Rennes Et il avait cette phrase Il disait L'Europe a décidé De notre mise à mort

16:29
François Ruffin

Alors Dans la durée Je me souviens Aujourd'hui Un fruit et légumes Sur deux En France Est importé Et je me souviens D'une discussion Avec un agriculteur Qui s'appelle Régis Obna Dans la Drôme Qui me dit Lui Ayant eu à subir Les importations De fruits D'abricots De pêches Venant d'Espagne Notamment Et il me dit Je suis monté à Bruxelles Et j'ai rencontré Les petits soldats De Milton Friedman Donc Des économistes Ultralibéraux Américains Donc on a Ce souci là Qu'il faut qu'on fasse Entendre

16:59
Présentateur

Pour la France Donc pour l'Europe Oui à long terme Mais cette Europe Maintenant Telle qu'elle est Non

17:04
François Ruffin

Il faut qu'on Fasse entendre Qu'il y a eu Des instruments Qui ont existé Je le dis L'Europe a été Ce qui nous a Apporté une grande Agriculture Aussi Mais avec des instruments De régulation Il faut qu'on retrouve Les instruments De régulation Coéfficient multiplicateur Quotas d'importation Quotas de production Et prix plancher Prix plancher Prix plancher J'ai un message À faire passer ce matin J'ai bien compris

17:26
Présentateur

C'est prix plancher François Ruffin Il y aura tout à l'heure À Rennes Non seulement les agriculteurs Mais aussi les pêcheurs Avec une forme de convergence De lutte Quand vous voyez Que là Pendant un mois Le golfe de Gascogne Il y aura 450 bateaux Qui vont devoir rester à quai Pour laisser un mois De répit aux dauphins Les pêcheurs S'en plaignent Dissent que c'est très dur Pour eux De devoir laisser Les bateaux Alors certes Ils auront une indemnité 80% du chiffre D'affaires Vous êtes plutôt Pour sauver les dauphins Ou pour sauver les pêcheurs Parce qu'en fait C'est quand même Comme ça que se pose La question désormais

17:56
François Ruffin

Et pour la suite Vous savez Madame Apolline On doit prendre au sérieux La situation écologique Moi ce que je viens de dire Aujourd'hui Ce n'est pas Qu'il y a un dumping À opérer sur la question Quand on a 30% des oiseaux Qui ont disparu Pendant une génération La vôtre La mienne Quand on a 70% des insectes Quand on a à peu près La même chose Chez les vertébrés On pourrait parler Des lombriques Vous savez Qui animent le sol Le sous-sol Bon Quand il y a ça Qui se produit On ne doit pas Dire Je vais sacrifier L'environnement Au profit Non Il s'agit de se demander Comment on a un accompagnement Aujourd'hui Mon souci C'est qu'il n'y a pas D'accompagnement Il y a du contrôle Il n'y a pas d'accompagnement Je suis en fait Assez admiratif Moi de ce qui a été fait Par l'agriculture française Dans l'après-guerre En une génération On retrouve Notre souveraineté alimentaire En 1972 Pourquoi ?

Parce que l'État dit Voilà On va faire de la production Il nous faut De la chimie Il nous faut De la mécanique Il nous faut Du remembrement Le souci que j'ai C'est que depuis 1972 On n'a pas dit Aux agriculteurs français Voilà le cap qu'on veut Aujourd'hui il faut Que l'État donne un cap Et qu'il accompagne Et qu'il donne des outils Pour ça Par exemple La crise de l'eau Dire qu'aujourd'hui

19:07
Présentateur

Est-ce qu'on peut reprendre La construction des méga-bassines Au risque donc De créer une crispation Entre écolo et agriculteur ?

19:14
François Ruffin

Si vous voulez On va avoir des solutions De court terme Qui vont être dans l'adaptation Il faut s'adapter

19:18
Présentateur

Oui mais là j'ai pas compris On en met ou pas Des méga-bassines François Ruffin ?

19:21
François Ruffin

Des méga-bassines Non des bassines Potentiellement oui Mais pas des méga-bassines Mais en revanche

19:26
Présentateur

Une alternative A ces méga-bassines

19:28
François Ruffin

Mais si vous voulez Les solutions immédiates On peut trouver des solutions immédiates Par un abaissement de normes Et ainsi de suite Mais dans la durée On s'en sortira pas comme ça Quand en France Il y a un litre sur deux Qui est consommé par l'agriculture Et un litre sur deux Dans cette agriculture Qui est consommée par le maïs Il y a une interrogation A voir sur la culture du maïs Vous voulez dire

19:46
Présentateur

Dans ces cas-là Il faut peut-être faire Un peu moins de maïs Et puis un peu plus D'autres cultures Qui sont plus adaptées A nos enrées Mais je vais vous dire Laquelle

19:51
François Ruffin

J'ai posé sur la table J'ai posé une question Au ministre de l'agriculture Le sorgho Le sorgho est une plante Qui consomme beaucoup moins d'eau Maintenant Il s'agit pas

20:00
Présentateur

Mais vous avez remplacé le maïs Par le sorgho ?

20:02
François Ruffin

Tout à fait Et il y a des agriculteurs Vous en mangez comment du sorgho ? Comment on mange du maïs ?

On mange du maïs transformé Vous savez Dans la plupart du temps C'est pour nourrir les animaux C'est pas du nourrir D'une maïs Qui vient directement Pour la nourrir Maintenant La question Si jamais on veut avoir Cette bifurcation C'est qu'on peut pas demander Aux paysans De le faire tout seul dans leur coin On doit faire ce qui a été fait Dans l'après-guerre Par un accompagnement Par des ingénieurs Vous savez Les ingénieurs agricoles français On a cette richesse Qui est absolument formidable Ils sont On a une capacité Mais on les envoie pas sur le terrain Pour être une force d'accompagnement Donc aujourd'hui Cette bifurcation Il faut qu'elle soit Voulue par l'Etat Protégée Avec une protection Je suis venu ici Pendant la crise des retraites Pour vous dire De quoi a besoin le pays Il a besoin de protection Il a besoin de stabilité Quand vous avez Les cours des matières agricoles Qui comme pour moi Sur la betterave Sont divisés par deux Puis multipliés par quatre Comment vous inscrivez Une stabilité Comment vous inscrivez Dans la durée

21:02
Présentateur

Merci François Ruffin Député LFI de la Somme Je rappelle votre livre Un député à la ferme Il est 8h53 Sur l'AMC BFM TV Sous-titrage Société Radio-Canada

21:10
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada