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interview28 minutes - ARTE· 25 février 2026 46 min

Mort d’"El Mencho" / Municipales 2026 : l’IA fait campagne | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonsoir [musique] et soyez les bienvenus dans 28 minutes. Salut les amis. Bonsoir à tous.

L'actualité du jour, c'est l'intelligence artificielle qui envahit la politique en France comme ailleurs en cette période de campagne des municipales et partout dans les clips comme dans les programmes il y a 3 mois le chef de l'État mettait en garde contre ses effets mais aux prochaines municipales au prochain présidentielle je vais vous dire ce qui va se passer. De plus en plus de nos compatriotes, ils vont aller sur leur agent IA et ils vont dire pour qui je dois voter. Et là, on va rentrer, je vais vous le dire, dans un autre monde.

Alors, cette révolution numérique est-elle une menace ou une obène pour la démocratie ? Peut-on encore gagner une élection sans recourir à l'intelligence artificielle ? On en débattra et puis en fin d'émission, on vous retrouvera bien sûr Marie Bonisso et Théophile Cossa.

Direction le salon de l'agriculture Renault où a lieu ? Comme chaque année, le concours général agricole, c'est un peu les JO de l'agriculture française. Un événement incontournable dans le milieu.

Il pleut des médailles pour nos éleveurs, pour nos producteurs. Le concours général agricole, je vous raconte comment ça marche. On verra ça.

Et vous mari ? Vous allez être très content. Renault, on va regarder du football amateur turc pour répondre à cette importante question.

Quand un ballon rencontre une mouette, qui est-ce qui gagne ? Ah, c'est une petite idée. On verra ça.

À tout à l'heure, Marie. Mais pour commencer, direction le Mexique où un cartel de narcotrafiquants a semé la terreur pour venger la mort de son chef lors d'une opération militaire. L'armée a déployé 10000 soldats pour tenter de mettre fin aux violences.

Journaliste d'investigation, Frédéric Plquin est un spécialiste du narcotrafic. Qui était ce baron de la drogue ? Elle Mencho.

Comment un état peut-il lutter contre de telles organisations ? Frédéric Plin nous répond dans un instant. [musique] Bonsoir Frédéric Plin.

Bienvenue. Laisse-moi vous présenter Anan et Anne Rosenché de l'Express. Bonsoir Frédéric Plin écrivain journaliste.

Vous êtes un spécialiste de la criminalité organisée du narcotrafic aussi sur lequel vous vous enquêtez depuis des années. Est-ce que c'est dangereux pour un journaliste d'enquêter justement sur ces milieux-là, sur cette matière là, sur le narcotrafic ? Bah, disons que jusqu'à présent, moi j'avais l'habitude de répondre à cette question en disant euh oui euh quand je vais en Colombie ou au Mexique, c'est extrêmement dangereux.

Euh mais en France, on est à l'abri, on est protégé. J'ai répondu ça jusqu'à il y a cette année. Depuis cette année, je me commence à me poser des questions sur les risques que l'on encourt en France à à faire en direct le portrait de Malfra qui ne supporte pas qu'on les critique à dire la vérité sur des personnages qui sont quelquefois des personnages, on va dire des seconds couteaux qui se prennent pour des caïdes de le dire comme ça en désignant la personne, ça peut ça peut chagriner et aujourd'hui je crois qu'il faut se méfier de des reposts éventuels. une matière dangereuse.

Donc il faut être prudent mais en même temps il faut enquêter. En France aussi dites-vous. Et évidemment au Mexique pourquoi une telle vague de terreur ces derniers jours au Mexique ?

Qu'est-ce que ce cartel de Ralisco ? Pour y répondre Frédéric Plin, vous avez le profil idéal et c'est ce que nous raconte tout de suite Gael Legram. [musique] Frédéric Plin, vous êtes écrivain, journaliste depuis plus de 40 ans.

Frédéric Plin, l'événement du jeudi, mais aussi spécialiste du grand banditisme et du narcotrafic. Ce dimanche, Nemessio Osegera alias Elmencho, le chef du cartel Ralisco Nueva Generation, a été tué par l'armée mexicaine. En réaction, des membres de son organisation ont semé la terreur dans le pays.

Le Mexique peut-il lutter seul contre la toutepuissance des cartels ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Elmencho avait 59 ans, trafiquant de drogue puis tueur à gage.

Il avait fondé son propre cartel en 2009. Après l'arrestation 2016 et l'extradition vers les États-Unis d' Chapeau, le chef d'une organisation mafieuse concurrente, le cartel d'Elmeno est devenu le plus important du Mexique. Dimanche dernier à Tapalpa dans l'état de Ralisco, l'armée a lancé l'assaut.

Blessé, Elmencho est mort dans l'avion qui le transférait à Mexico. Les États-Unis qui avaient offert 15 millions de dollars pour sa capture auraient suivi ça de très très près comme l'a confirmé la présidente mexicaine Claudia Shinbom. Mais après l'annonce de la mort d' Mencho dimanche, le cartel a multiplié les [musique] violences véhicules incendiés, routes bloquées, banques, station service, commerce attaqué, le tout dans 20 états sur les 31 que compte le pays.

En conséquence, des vols ont été annulés, de nombreuses boutiques fermées et le gouverneur de Ralisco a lancé un plan d'urgence sécuritaire. Le lendemain, une partie des Mexicains était complètement. Selon vous, Frédéric Plequin, la réaction du cartel dans une vingtaine d'états visait à montrer son implantation et vous ajoutez le Mexique est un pays totalement gangrenrainé par la drogue et la corruption.

Alors Frédéric Plquin, ce qui était-il ? D'où venait-il ? Comment est-il devenu un personnage aussi important ?

Le chef d'un cartel aussi puissant ? Quelque chose qui m'a frappé moi dans ce qui me frappe dans son dans son parcours. Bon, il a commencé petit délinquant, petit dealer en Californie, il s'est fait arrêter un peu de prison, il a été expulsé, il s'est retrouvé au Mexique.

Et ce qui est frappant, c'est que son premier réflexe, ça a été de devenir policier. Et c'est pas c'est pas tellement surprenant quand on voit qu'aujourd'hui les cartels démarchent en permanence, fidélisent en permanence des anciens militaires de partout, notamment des Colombiens, des policiers de partout. Lui, il a commencé dans un petit commissariat et son objectif c'était de renseigner, on va dire, ses camarades à l'extérieur, de de de dépouiller la police de ses renseignements dans de puiser dans les fichiers pour renseigner ses ses camarades.

Ensuite, il est sortie la première mission que lui ont confié les trafiquants de stupéfiant, c'est de créer un petit groupe de tuage. Euh qu'il a voulu euh plus violent que violent, plus violent que les précédents, comme à chaque fois qu'une nouvelle nouvelle génération prend pouvoir, il faut il faut montrer ses muscles, il faut montrer qu'on a peur de rien, il faut montrer qu'on peut tuer tout le monde. Donc il a commencé comme ensuite il a il a poursuivi en étant voilà patron d'une une petite structure de turage et lorsque il y a 10 ans a été expulsé vers les États-Unis, El Chapo donc qui était le le patron le plus puissant à l'époque du du trafic de stupéfiant au Mexique, ben il s'est glissé dans la faille, il a pris le poste et là il a commencé quelque chose qui est qui se faisait pas encore au Mexique. il a il a commencé à conquérir absolument euh on va dire la la place sur une grande partie des États du Mexique.

Il y a 32 États au Mexique. On a vu que à la la à la suite de la mort de Elmencho, il y a eu des violences dans une vingtaine d'états du pays. Ces violences, c'était c'est pour démontrer quoi et à qui.

Bah c'est ces cartels sont des grands communiquants, il ils communiquent en permanence un peu un peu comme ça se fait parfois d'ailleurs chez nos chez nos woou français. C'est-à-dire que ils montrent sur les réseaux sociaux leur leur matériel. En fait, ce sont des militaires.

Quand vous regardez le matériel, ils ont des lances-roquettes, ils sont capables d'abattre des hélicoptères. C'est en fait, c'est une véritable armée. C'est un état dans l'état.

Et là, c'est le visiblement le bras droit de Elmencho qui a appuyé sur des boutons, qui a proposé, je crois, environ 1000 dollars à chaque pour chaque policier ou militaire exécuté. 1000 dollars, c'est en gros un mois de salaire pour pour un policier moyen. Donc donc ça ils ont voulu démontrer effectivement leur présence sur tout le territoire et qu'ils étaient aussi forts si ce n'est plus on va dire que les forces de l'État.

Alors cette cette mort d'Almencho, cette opération militaire, on a vu dans le sujet de Galegra que la présidente du Mexique dit "On a agi tout seul et cetera. En même temps, c'est un gage qui est quand même donné aux États-Unis et à Donald Trump." Bah finalement après cette opération, il y a une chose qui est sûre, c'est que Donald Trump peut cocher cocher une faire une encoche sur son revolver, si je puis dire, de de cowboy.

C'est-à-dire qu'en gros s'attribuer le bénéfice de cette opération. Vous savez, comme il l'aime euh disons s'afficher, flamber comme ça quand quand et afficher afficher de des résultats. Pour lui, c'est il s'attribue dans l'alrum ce résultat.

Euh, il va flamber avec ça, il va le montrer et en même temps pour euh Claudia Schenbomb, donc la présidente depuis un un peu plus d'un an du Mexique, c'est l'occasion de de montrer euh qu'elle peut tenir tête aux États-Unis. Elle a pas envie de subir euh le sort de Maduro euh Venezuela. Elle le dit, elle le montre.

Les Mexicains ont pas envie d'être envahi par l'armée américaine. Alors ce ce que Trump a suggéré comme étant une éventualité. Donc elle elle dit c'est nous c'est nous qui avons fait le job, c'est nous qui avons fait le boulot.

Ce qui est pas tout à fait vrai. Ces cartels de narcotrafiquants mexicains Anna, ils ont aussi désormais des connexions en France. Bah oui, la preuve plusieurs chimistes du cartel de Sinaola qui est un des d'autres cartels plus puissants du Mexique se sont rendus à Toulon pendant plusieurs mois pour accompagner leurs homologues français dans la production et la distribution de centaines de kilos de métamphétamine et ça c'était une première en France.

Les Mexicains, on le sait, sont les seuls à détenir cette recette parfaite de cette drogue de synthèse avec des dosages très précis qu'il ne comptent absolument pas sous-traiter à leurs associés, d'où leur présence ponctuelle en Europe, en France bien sûr, mais aussi en Espagne et aux Pays-Bas pour y monter des laboratoires qui vont être rapidement opérationnels. Est-ce que vous pensez que ces partages de compétences entre les deux pays, le Mexique et la France, ça participe de ce que certains appellent la mexicanisation en France ? Bah, on n'est pas encore on n'est pas encore au Mexique, hein.

Au Mexique, c'est euh de 2500 morts en en 10ant le trafic de stupéfiant, la drogue en général, la délinquence, la criminalité, on en est pas là en France. Mais effectivement, il y a il y a une volonté de très conquérante de de conquête, on va dire, de ces de ces cartels. Et récemment, il y a encore une autre affaire qui le démontre puisqueon a arrêté cinq militaires colombiens, visiblement en rupture avec l'armée colombienne qui avait été recruté pour par des voyou français qui les avaient recrutés qui étaient incarcérés en Colombie donc et qui les avaient recrutés pour venir exécuter pour faire le voilà pour venir exécuter des contrats à Lyon dans la région lyonnaise.

Donc vous voyez bien qu'il y a une espèce de je dirais pas que ça fait tâche d'huile, mais eux ils ont ils ils ont une volonté de conquête de conquérir des marchés en permanence, d'occuper le terrain et le Mexique et la Colombie leur suffit pas. Votre dernier livre, journal d'un maton, parle notamment de la corruption dans les prisons. Est-ce que la mise à l'écart des plus grands narcotrafiquants à Vandin Levuil et à Condé sur Sart a permis de lutter contre ce phénomène ?

Pour l'instant, pour l'instant, pour l'instant c'est un c'est c'est on peut dire que c'est un succès dans la lutte contre le trafic de suéfiant. Pourquoi ? Parce qu'en fait quand on regarde de près la la montée par exemple de la DZ mafia en France qui est qui se prend un peu pour un cartel le cartel du Ralisco qui est pas ils sont pas encore au niveau mais enfin ils se leur modèle dans tous les sens du terme.

La montée en puissance de ce cartel s'est faite essentiellement en prison. C'est-à-dire que c'est ça qui m'a donné envie de de faire cette enquête sur la corruption prison française. C'est-à-dire que les 10 patrons en gros de la DZ mafia sont devenus les patrons de cette DN mafia sous les verrou euh où ils étaient depuis une dizaine d'années donc et où leur business prospérait.

Ça veut dire que on leur fait rentrer les téléphones, qu'on leur fait rentrer tout le matériel, qu'on fait sortir leurs messages et cetera. C'est ça qui m'a qui m'a intrigué. à partir du moment où vous vous considérez que le trafic de stupéfiant en France est essentiel et les règlements de compte sont essentiellement programmés depuis la prison, là il faut se poser des questions.

Donc cette prison, pour finir de répondre à la question, cette prison c'est une mise sous cloche véritable et vu comme ils se plaignent aujourd'hui, j'ai l'impression que ça fonctionne. Ils arrêtent pas de se plaindre, il ils arrivent à peine à voir leurs avocats, ils peuvent serrer la main de personne. Ils peuvent pas recevoir leurs compagnes.

Donc c'est c'est très compliqué pour eux. C'est peut-être en train de changer, dites-vous Frédéric Plin depuis cette décision. Mais dans ce livre effectivement coécrit avec Sébastien Pitot, hein, la vérité sur la corruption au cœur des prisons, Journal d'Amaton, vous penchez sur cette corruption entretenue donc par le pouvoir des narcotraafiquants au sein des prisons françaises et au Mexique justement, revenons au Mexique.

Est-ce que ce phénomène il existe aussi ? Est-ce que les cartels de narcotrafiquants mexicains en fait maîtrisent contrôle les prisons mexicaines ? En fait les je sais pas si vous vous souvenez le Pablo Escobar en Colombie c'est ça s'est arrêté c'était il a il y a 30 ans.

Ça s'est arrêté le jour de son exécution. Pourquoi ? Parce qu'il avait commis euh le geste de trop puisqu'il avait commandité l'assassinat de la ministre de la justice de Colombie.

Là, ce qui a fait basculer un peu l'opinion et le gouvernement colombien mexicain pardon concernant Elmencho, c'est le fait qu'il est tenté de de faire tuer, d'exécuter le chef de la police à Mexico. C'est ça a raté, c'était il y a quelques mois et je crois que c'était le le le geste de trop. Mais effectivement, autant Pablo Escobar, il avait aménagé sa prison, je à son goût, il maîtrisait intégralement la prison.

Autant, je pense que ce sont c'est un modèle que les que les cartels mexicains ont réussi à à développer et à reproduire et de l'intérieur il contrôle littéralement les prisons comme en France. Vous avez un certain nombre de de mafieux qui contrôlent la prison d'une certaine façon qui qui je dirais pas qu'il la dirige mais Merci Frédéric Plin d'être venu nous éclairer sur ce phénomène et ce cette puissance des cartels de narcotrafiquants au Mexique et donc aussi en France dites-vous notamment à travers votre enquête. On passe maintenant à notre débat du jour sur l'intelligence artificielle qui envahit la politique.

Pour la première fois, de nombreux candidats actuellement en campagne pour les élections municipal, y recour. Alors, cette révolution numérique augure-t-elle d'une révolution démocratique ? S'agit-il d'un progrès au service des politiques et de leurs électeurs ou au contraire d'un danger qui menace la sincérité des scrutins ?

On en débat juste après la mise au point de Sandrine Lec. [musique] Voici Gaitana, candidate aux prochaines élections législativ en Colombie. Généré par intelligence artificielle, elle défend la cause des communautés indigènes et appelle à cocher la case IA sur le bulletin de vote.

Pas encore de candidats créés [musique] de toute pièce en France, mais l'IA si mis dans la campagne pour les municipales. Sur le marché de Reince, Stéphane Lang [musique] n'est pas peu fier de ces tractes vidéo. Bonjour, je suis Stéphane Lang.

Ça permet d'aller vite, ça permet de concevoir des images moins chères. Avec l'intelligence artificielle, [musique] les possibilités sont multiples. À Chantill, les réunions publiques de cette candidate sont enregistrées et transformées [musique] en fausse émission de radio présenté par de faux journalistes.

Bienvenue. Aujourd'hui, on se plonge dans la 3è réunion publique de la liste Chantillie pour la vie. un dispositif de campagne comme un autre selon la candidate.

On précise que c'est fait par l'intelligence artificielle et donc on ne trompe pas sur le sujet. Méia génère aussi des propos et des visuels mensongés comme cette image publiée par une candidate Eren pour illustrer la saleté à Strasbourg. inquiétant, d'autant que selon Ipsos, 30 % des Français ont prévu d'utiliser l'IA pour identifier le candidat ou le parti qui correspond le mieux à leurs idées pour les prochaines élections.

Une pratique risquée, alerte Emmanuel Macron. Et là on va rentrer dans un autre monde parce que moi je sais pas ce que m'a recommandé de voter. Ce que je sais c'est que les gens qui possèdent les intérêts qu' derrière je ne suis pas sûr que ce soit des intérêts démocratiques.

Alors l'intelligence artificielle [musique] peut-elle déstabiliser un scrutin ? Est-ce une avancée pratique au service des politiques et des citoyens ou faut-il strictement encadrer le recours à l'IA ? Bien, merci à tous les trois de nous avoir rejoint pour essayer de répondre avec nous à ces questions.

Euh, bonsoir Océane Herrero, vous êtes journaliste spécialiste du numérique à politico. Vous venez de publier d'ailleurs un article consacré à l'IA dans ces élections municipales. Et selon vous, Oéan Herréo, cette campagne justement des élections municipales, elle offre un avant-goût de la place que va prendre l'intelligence artificielle à l'avenir.

Le risque, c'est qu'elle soit utilisée pour chercher à décrédibiliser certains candidats. À vos côtés, bonsoir Martin Pavanello, bienvenue. Vous êtes président et cfondateur de Mister IA, une entreprise qui fait du du conseil pour les entreprises et les particuliers.

Et selon vous, Martin Pavanello, l'usage de l'intelligence artificielle dans les campagnes électorales reste encore marginal, dites-vous. Mais ce qui est sûr, c'est que l'intelligence artificielle va profondément transformer la gestion des municipalités. À vos côtés, bonsoir Dominique Boulier.

Bonsoir. Professeur des universités en sociologie à Sciences P. Vous avez publié des humanités numériques aux éditions Armand Colin.

Et alors vous au contraire Dominique Boulier, vous dites que ce serait une erreur de penser que Lia va par exemple permettre de réduire les dépenses de personnel ou autres dans les mairies. Quant à son usage par les candidats là, vous mettez en garde, vous dites que cela risque surtout de générer un trop plein d'information, une en quelque sorte une sorte d'infobésité. Tout de suite pour ouvrir ce débat, euh Anne, vous avez alors comment appelez-vous ça ?

Vous avez un chatbot, un chatbot du jour, montrez-nous ça. Absolument. Alors Alain Carignon à Grenoble, l'ancien maire des années 8090, ça ne nous rajudit pas, et de nouveaux candidats au municipal et il a donc lancé un chatbot, c'est-à-dire un assistant conversationnel qui permet de répondre aux questions sur son programme en imitant la propre voix d'Alain Carignon.

Alors pour voir comment ça fonctionne, on lui a posé une question : que comptez-vous faire contre le trafic de drogue ? Voilà ce qu'il a répondu. D'abord, nous sécuriserons les abords des écoles pour empêcher la vente de drogue près des enfants.

Ensuite, toute personne condamnée pour trafic systématiquement expulsée de son logement social. C'est c'est bien savoir. Alors c'est savoir pour les connaisseurs, c'est savoir Océan Herrero, est-ce que ce genre de chatbot ou de ou de ou de dispositif est encore marginal ou est-ce que désormais c'est la campagne où l'IA est partout ?

Les chatbot, on voit que c'est un outil qui est de plus en plus déployé par les candidats parce que c'est vu comme une manière de voilà présenter son public, son programme à un public plus large, donc en simplifiant les mesures, en ayant un côté un petit peu interactif. Je pense qu'il y a deux types de chatpod. Il y a ceux qui sont présentés par ces candidats là, donc ils sont explicitement liés à un candidat à sa campagne.

Quand on s'adresse à lui, on sait ce qu'il défend. Et il y a les chat boss qu'on va utiliser plus quotidiennement qui vont être les chat GPT, le chat Mistrral sur lequel les gens vont peut-être se tourner plus rapidement mais dont les recommandations sont peut-être plus incertaines en tout cas plus difficiles à prédire. En tout cas, on ne sait moins dans quel bord disons ça peutendre.

Martin Pavanello, est-ce qu'aujourd'hui cet usage euh de l'IA euh notamment à travers des chatbot ou d'autres techniques, est-ce qu'il est aujourd'hui assumé de plus en plus par les candidats aux élections ou est-ce qu'ils ont encore en quelque sorte lia honteuse ? Plutôt li honteuse, moi je trouve. Il y a quelques profils un peu plus jeunes souvent, on le voit d'ailleurs dans des dans des candidats un peu jeunes qui disent "Bah moi super, je vais attirer grâce à ça parce que je vais montrer à tout le monde que j'utilise de l'IA, donc que je véhicule un petit peu ces idéesl mais ça reste encore assez embryonnaire.

Je pense que notamment sur la partie communication et on peut aller même plus largement au-delà des des candidats hein, c'est qu'aujourd'hui en France dire que j'utilise une IA, c'est encore un peu mal vu. Donc est-ce que je dois le mettre en avant quand je suis candidat ? Est-ce que ça va m'aider vraiment à gagner une élection ?

Oui, quand mon électorat est peut-être plus jeune et déjà baigné là-dedans, mais beaucoup moins quand c'est pas le cas. Donc c'est la réponse est pour moi plutôt une honteuse encore. Sur cette question Dominique Boulier, est-ce que vous diriez que désormais c'est assumé ou est-ce qu'il y a encore une IA honteuse comme le dit Michel Savade qui préside à une commission sur l'IA chez les maires de France ?

Alors c'est un peu le cas dans toutes les organisations qui de fait quand on ne sait pas quoi faire et qu'on veut faire afficher le fait qu'on fait quelque chose en IA, on fait un chatbot. Vous voyez ? Le problème c'est que les avantages réels sont toujours très discutables comme vous l'avez dit et en réalité c'est juste un effet d'affichage d'annonce de fait et ça ne dit rien du tout d'ailleurs du contenu de la façon dont c'est construit par ailleurs et la qualité et la fiabilité de tout cela parce qu'on a on a affaire à des I conversationnels issus de l'IA générative donc qui sont une des dimensions de ces systèmes d'IA.

Donc il y a bien d'autre chose et on en parlera tout à l'heure mais sur la question des gestions, c'est totalement autre chose. Il faut bien et les exigences vont être totalement différentes quoi. Oéan Herrero, ce qui est l'intérêt de l'IA, c'est aussi son faible coût.

Ça peut être 20 € par mois et puis ça peut permettre de remplacer peut-être un graphiste, en tout cas d' faire certaines affiches. C'est c'est ça l'intérêt ? Exactement.

Ça permet de compresser à la fois le les coûts et le temps qu'on passe sur une tâche. Euh typiquement dans beaucoup de campagnes pour les municipales, des candidats les ont utilisé pour générer des visuels, des rénovations urbaines qui veulent faire. Typiquement rénover les qu de scène.

On va faire une visualisation par LIA parce que ça prend littéralement quelques secondes. Après ça pose la question suivante qui est dans quelle mesure est-ce qu'on a établi les coûts ? la faisabilité du projet qu'on présente.

Et pour rebondir sur la question de il a honteuse ou pas, ce recours à ou un vrai graphiste, c'est aussi un positionnement politique. Typiquement l'équipe d'Emmanuel Grégoire à Paris me disait qu'ils avaient un usage parimonieux parce qu'ils savent que l'a écouteuse pour l'environnement et voilà remplace un emploi. Donc utiliser Lia peut aussi leur être reproché par leurs électeurs y compris parce que par certains électeurs ça peut être jou outil entre guillemets un peu de de trucage.

Genre un candidat qui utilise l'IA, c'est qu'il est pas forcément totalement franc. Bah c'est parfois ce qu'on peut croire. Pourtant moi je pense que c'est pas le cas.

On peut être totalement franc mais juste pouvoir générer plus d'idées un minimum pouvoir générer plus de contenu avec de lire. Et moi je le vois souvent dans dans la question des municipales, c'est il y a à la fois dans des tout petites villes des personnes qui n'ont pas d'équipe qui veulent se présenter une mairie mais qui font une petite équipe. Bah est-ce que pour autant ils ont pas le droit de publier du contenu ? ainsi et ils ont un outil pour ça.

Ou alors dans des grandes villes où des petits partis ont peu de militants et se disent j'ai quand même le droit de faire entendre ma voix et utiliser un outil parce que Lia si on l'utilise comme un outil c'est très bien utiliser Lia comme un outil pour diffuser son contenu et son programme ça c'est c'est utile Dominique Boulier est-ce que quelque part c ce recours à l'IA peut justement un peu démocratiser cette concurrence dans une dans une campagne électorale puisque ça remet un peu les niveaux les moyens au même niveau ou pas ? Alors, je me méfie beaucoup du terme démocratisé parce que la question ce serait de se dire qu'on a du coup amélioré le fonctionnement de la démocratie avec les défauts qu'elle peut avoir actuellement. Qu'est-ce qu'on a produit dans ce type de système ?

On a produit surtout des opérations de communication démultiplié avec une productivité des opérations de communication en volume comme en rythme et cetera qui pose un problème. C'estàd est-ce que l'intérêt c'est d'avoir une IA pour pouvoir produire une affiche nouvelle tous les jours ? Bon, je ne sais pas.

Voyez donc on a effectivement là une vision de de l'IA elle-même des ces systèmes d'IA génératif orienté vers la com et le saturation de l'espace cognitif fut un temps où en plus fut un temps on avait une vision de la politique où c'était c'était plutôt bien d'avoir plein de militants pour produire justement plein de contenu coller plein d'affiches c'est mais notamment oui c'est c'est exactement ça le problème pas forcément antidémocratique tout à fait un des problèmes de la démocratie contemporaine ce n'est pas forcément cette abondance de message qui inonde tout le monde. On est on précisément on voit bien comment le personnel politique gagnerait à se débrancher de temps en temps et arrêter de réagir alors que là on va les encourager pardon. Sauf que vous allez voir que ça fait vraiment plein plein de choses Lia notamment quand on envisage de se présenter comme vous Anne non mais Lia est paraît-il aussi désormais utilisé pour faire des professions de de foi.

Alors on a voulu en effet tester l'expérience on on a demandé alors à une IA gratuite en demandant avec un énoncé assez sommaire en disant voilà candidat dans une petite commune particulièrement préoccupée par les questions de transport. Voilà ce que Lia nous a répondu parmi les éléments de sa profession de foi. Je veux travailler à améliorer les services de transport pour que chacun puisse se déplacer facilement et à moindre coût.

Je veux également soutenir nos commerçants pour qu'ils puissent offrir des produits de qualité à nos habitants. Je suis convaincu que la clé du succès réside dans la concertation avec les habitants. Martin Pavan donc là on a dit c'est vraiment en 30 secondes avec une gratuite.

Est-ce que en imaginant un meilleur promptte comme on dit, c'est un meilleur énoncé avec des avec des I un peu plus évolués, on aurait une profession de poids qui tiendrait la route à 100 %. À 100 % aujourd'hui qu'on parle de texte ou d'images ou de vidéos, on a des modèles d'IA. Alors en effet, il faut aller sur des plutôt payantes, mais qui sont 100 % humaines, en tout cas, il ressemblent évidemment 100 % à ce que peut produire un humain.

Vous voyez déjà tous les jours à la télé euh dans les rues et cetera des affiches, des publicités sans vous rendre compte que c'est de lire. Et et même sur le texte où souvent on se dit bon quelqu'un utilisé une IA, ça se voit comme toujours. Moi je peux vous donner 100 textes et vous mettre au défi de trouver quels sont les textes IA ou pas IA.

C'est impossible. Ce qu'on appelle un chargé de com ça fera pas mieux hein très clairement. Exactement.

C'est des c'est des outils qui sont très très très forts pour copier le le moindre style ou le moindre caractère la moindre caractéristique de style de de comme de la manière d'écrire dans l'humain. Et donc si on l'utilise bien ça ça fonctionne. En tout cas Herrero, le conseil d'État a dit que le recours à n'était pas quelque chose qui faussait la la concurrence.

Ça a dit que les professions de foi, les choses comme ça qui sont générées par l'IA étaient légal entre guillemets. C'est c'est il y a eu un voilà un premier une première décision du Conseil d'État qui se penchait sur le sujet qui est tombé à l'automne dernier. Euh il dit c'est pas forcément le cas parce que il y avait donc un candidat qui avait contesté l'élection de son concurrent en disant que dans sa profession de foi, il avait utilisé l'IA.

Ce que le Conseil d'État va examiner, c'est dans quelle mesure est-ce que cet usage a pu influencer le vote. Et c'est là qu'on va entrer dans une zone qui va être assez intéressante et difficile à déterminer qui est dans quelle mesure est-ce que Lia euh a trompé euh les lecteurs et à influencer le résultat final du scrutin. Justement parce que l'IA comporte aussi évidemment de risques en politique Anna, on va aller voir avec vous parce que l'intelligence artificielle bah ça produit aussi du faux he du mensonge voire de la calomnie.

Oui, dans cette campagne des municipales, il y a eu des contenus mensongers générés grâce à l'intelligence artificielle et je pense notamment au visuel utilisé par la candidate reconquête Sarah Knafo à la mairie de Paris qui ont beaucoup fait parler. Pour illustrer par exemple l'insécurité, regardez ces deux photos avant après sur son site de campagne. Avant c'est donc une jeune femme apeurée qui marche la nuit à proximité de la station de métro Barbess et derrière elle trois jeunes avec des capuches qui zôent.

La version après, c'est cette même jeune femme, grand sourire qui marche donc voilà très [rires] différent dans une rue éclairée avec la protection de deux policiers. Sauf que dans ces images, rien n'est vrai. Cette station à cet endroit n'existe pas.

La rue n'existe pas non plus. Tout est généré grâce à l'intelligence artificielle sans que ce ne soit jamais clairement mentionné. Mais il y a aussi des images qui cherchent à nuire au candidats.

Oui, tout à fait. à Toulouse. Une photo trafiquée montrant le candidat le candidat de l'Union de la gauche et celui d' LFI main dans la main.

Elle a été partagée sur X par le maire adjoint sortant sur X. Je répète, accompagné du commentaire photo pour le second tour. Donc c'est une fausse photo.

Mais il y a aussi un autre cas dans la Creuse à Guéret. Presque tous les candidats ont fait l'expérience de voir publier sur Facebook des visuels dénigrants, visuels qui ont été supprimés de depuis comme par exemple la mère sortante qui était couverte de billets de banque. Alors les images, je le répète, ont été supprimées mais tous les candidats ont porté plainte et puis enfin une enquête a été également ouverte à Bovet cette fois après la diffusion d'une vidéo d'un faux stripti qui avait là aussi été généré par intelligence artificielle de la députée Ren Claire Marébeu Dominique Boulier.

On le voit, il y a quand même un certain nombre de dérives. Est-ce qu'il faut légiférer, encadrer l'utilisation de l'IA dans les campagnes électorales selon vous ? Alors, c'est pas selon le problème des campagnes électorales parce que le principe même des large language model, comment dit, les modèles linguistiques de langage large grand qui tout cela n'ont aucun principe de d'authentification, de validation, de vérification, de vérité et cetera.

Tout cela ça fait c'est une opération purement statistique. Donc intrinsèquement, il génère de toute façon déjà des hallucinations et on les réduit jamais malgré tout ce qu'on essaie de faire. Et à partir de ce moment-là, ce ne sont pas des modèles fiables dans des dans des endroits corrects, sérieux, industriels et cetera.

Est-ce que la campagne électorale relève de ça ou est-ce qu'elle relève d'une opération de communication où on peut se permettre tout ? parce que quand on discute avec son chatbot effectivement son compagnon comme on dit maintenant éventuellement bon c'est pas très grave c'est il y a des approximations et cetera mais c'est ce sont deux monde vraiment différent et à ce moment-là la question de de du législateur ce serait effectivement de dire non les campagnes électorales on ne plaisante pas avec ça et on doit si c'est le cas et on donc on interdit ce type d'usage sachant que le problème c'est comme c'est effectivement très peu comment dire déjà encadré en tant que principe même vous aurez du mal à dire dans ce cas-là c'est pas parce que ce sont ce seront des outils que chacun aura sur son laptop, sur son appareil et puis utilisera discrètement par exemple par exemple mentionné généré par intelligence artificielle sur un site de campagne, ça pourrait être facile assez facilement encadrable ce genre de Ça peut c'est quelque chose qui peut être fait effectivement. Il faut effectivement être capable de dire si si on ne fait pas ce genre d'opération là, on aura une banalisation du fake qui fait qu'on éduque discrètement toute une population à vivre dans le faux.

Et donc on on crée des des signes des scénarios de méfiance généralisé parce que derrière les gens se fatigueront et donc ne croiront plus rien du tout. Oéan Hero, pour votre enquête, l'enquête que vous avez publié dans Politico, vous avez contacté les partis politiques et est-ce qu'ils ont des règles ? Est-ce qu'ils ont déjà des codes de déontologie qu'ils ont adapté ou est-ce que pour l'instant c'est le c'est le Far West ? est très variable à ce stade.

Il y a le parti Renaissance qui est en train de travailler sur sur des règles sur l'usage de l'IA à destination des candidats au municipal mais globalement c'est un peu plus c'est très informel à ce stade. Je l'avais dit mais l'équipe d'Emmanuel Grégoire c'est plus un principe qu'ils ont diffusé sur quand ou pas recourir à Lia. Alors, il y a du candidat socialisté à Amérie de Paris, candidat à Lyon Paris.

Et euh il y a pas en gros, il y a pas de règles communes qui sont qui fassent l'unanimité en tout cas par les par les parti politique. Non, il y a pas de il y a pas de règle. Après, on est censé avoir voilà un cadre légal également avec un règlement européen sur l'intelligence artificielle qui est qui porte ce principe de transparence quand même.

Et on voit que les candidats petit à petit commencent à appliquer le voilà le le cycle généré par IAM, mais c'est à ce stade pas du tout normalisé dans le dans l'usage. On va remonter maintenant tous ensemble à la préhistoire de l'intelligence artificielle avec notre archive du jour qui nous renvoie 25 ans en arrière au moment de l'arrivée du numérique dans les mairies. C'était une petite révolution comme c'est le cas ici en Ardèche.

Au cœur de l'Ardèche, le petit village de Gluiras abrite 380 habitants répartis dans plus de 100 hameaux pour certains distants de plusieurs dizaines de kilomètres. Alors pour faciliter la vie de ses administrés, monsieur le maire a décidé d'utiliser les nouvelles technologies. Le système d'information géographique de la commune est par exemple consultable sur ordinateur, que ce soit à la mairie ou à distance par internet.

Et puis il y a toutes ces démarches administratives fastidieuses qui grèvent les budgets municipaux. Si vous saviez ce qu'est la vie d'une mairie, c'est effrayant. C'est de là paperasse des tonnes de paper le grenier est plein de paperass.

Il y en a marre. Enfin, on fonctionne comme on fonctionnait sous Napoléon. Et donc il faut bien qu'un jour on fasse une profonde modification des méthodes de gestion d'une commune.

Martin Pavanello, est-ce que l'IA va simplifier la vie des petites municipalités ? Oui, grandement. Grandement.

Aujourd'hui, c'est quand même des outils qui selon toutes les statistiques à peu près honnêtes font gagner 1 heure 1 heure et demi de temps par jour à toutes les personnes qui l'utilisent. du temps et de la qualité sur tout un tas de tâches. Donc que ce soit dans la relation avec les habitants de la commune, ça c'est sûr.

Aujourd'hui, il y a beaucoup d'habitants dans leur commune qui euh quand ils déposent un permis, n'ont pas accès aux informations, ne comprennent pas comment faire et cetera, leur donner accès à des outils d'IA, c'est de démocratiser un peu c ce c ces savoirs-là. Donc vers le habitant, c'est sûr, mais en interne au sein d'une mairie même, faire gagner en productivité aux agents, faire des économies d'échelle et cetera. Ça commence à arriver déjà dans les entreprises depuis depuis 3 ans et ça commence aussi à arriver dans la collectivité.

On est tous les jours contactés par des collectivités qui nous disent on veut gagner 10 % de productivité. Ça c'est un super outil pour le faire. Dominique Boulier, plein d'économie en perspective.

Alors ben le problème c'est ça, c'est que la productivité dans les services publics, ça pose des questions. C'estàd comment est-ce qu'on l'interprète ? Quelle est la qualité du service qu'on évalue au bout du compte ?

Or ces systèmes là ces systèmes d'IA de ce type là génératif pas les autres. Il y a des systèmes comme les systèmes d'information géographique faire des économies selon vous ou pas ? Non.

Mon problème c'est ça, c'est que en réalité passez un temps fou à corriger tout ce qui va être puisque vous ne pouvez ce ne sont pas des systèmes fiables. Il faut bien se rendre compte ça dans dans les industries. C'est pour ça d'ailleurs queils ont un problème toutes les entreprises d'IA, c'est que ça ne marche pas très bien comme adhésion de la part des grosses entreprises parce qu' des grosses entreprises en général pour des tâches de communication très bien OK mais pour le reste des vrais process qui demandent de la fiabilité c'est c'est pas possible on peut pas s'appuyer sur des choses comme ça GPT.

Donc ça veut dire que derrière vous aurez effectivement un tout un travail de reprise en main qui va demander du temps. pas hasard si toute l'époque des smart cities on a eu 10 ans à peu près de de de les villes intelligentes des villes intelligentes effectivement Google s s'est planté à Toronto comment BBM a fait Rio et n'a pas réussi à en vendre d'autres et toutes les systèmes doivent revenir en réalité à d'autres types de combinaisons avec des I qui sont les anciennes I qui sont qu'on appelle les IAS symboliques où les experts jouent un rôle sinon rien de fiable ne fonctionnera. Donc je pense qu'il faut que les les administrations et les collectivités locales soient très vigilantes là-dessus sinon elles vont dans le mur.

Vous êtes d'accord là-dessus Martin Pavanello que en fait il y a du temps perdu à corriger les erreurs de l'IA. Pour ceux qui ne savent pas l'utiliser. Oui.

Quand on sait bien utiliser pour ça que nous on pousse la formation c'est de dire en fait il faut vraiment apprendre. On a appris à utiliser un donateur, on a appris à utiliser internet et là beaucoup certains nous disent mais il y aura pas besoin, il y aura besoin comme le reste. Sinon, il va falloir embaucher des gens qui corrigent les erreurs commises par l'IA qui ont remplacé d'autres personyez vraiment et que vous mettez le nez dans une vraie organisation qui a vraiment déployé l'A, vous rendez compte que les erreurs de l'IA, c'est 3 % de ce qu'elle fait.

Le reste du temps, on lui demande de comparer des DCE, on lui demande de créer des BPU, on lui demande d'analyser des choses comme ça et là-dessus, le taux d'erreur est est vraiment infime et on fait des gains de productivité. Je préfère dire 10 % aller voir un service marché dans une grande collectivité, c'est pas 10 % le gain de productivité, c'est 50. Donc là-dessus, il y a des vraies choses.

Mettra pas d'accord visiblement. Il faut qu'il vende son business, mais il faut être réaliste quand même sur le fait que ces systèmesl ne sont pas fiables. Il faut être très prudent parce qu'on met le doigt dans quelque chose qui sur des systèmes critiques en terme de système urbain, c'est des systèmes extrêmement complexes.

Et si on n'est pas capable de s'appuyer sur les savoirs d'expert et de mettre la boucle, ça veut dire réorganiser les choses avec ses experts. Sinon effectivement le système ce qui veut pas dire pour ça pas étudier utiliser de l'IA mais de l'IA encadré par le savoir des experts. Ho, vous vous votez pour laquelle ?

Des [rires] deux analyses ? la synthèse. Je pense que je je vais faire une nuance surtout euh évidemment l'IA, il faut savoir l'utiliser pour pouvoir en tirer les bénéfices.

Le sujet c'est quand on la déploie en tant que collectivité auprès du public, factuellement tout le monde ne va pas savoir l'utiliser et donc on ne peut pas s'attendre à ce que tous les usagers aient un usage courant et et clair de l'IA. Euh la défenseur des droits, Clairedon, a notamment alerté sur euh euh sur ça et sur la nécessité d'avoir toujours un contact physique. Et de l'enquête que vous avez conduite sur les élections municipales, est-ce que vous tirer la la conclusion que pour les élections pour l'élection présidentielle qui approche he l'année prochaine, vous pensez que l'IA va jouer un rôle pour la première fois euh considérable pour une élection présidentielle en France ?

En tout cas, c'est un risque qui est extrêmement pris en compte par les autorités. Là, c'est un petit peu un galot d'essai hein, le municipal parce qu'on voit tout le monde expérimenter, mais euh les usages malicieux, euh les tentatives de de décrédibiliser des candidats, c'est quelque chose qu'on risque de voir à à puissance 10 lors des des élections présidents de l'élection présidentielle l'année prochaine. Bouer, vous partagez cette année ?

Oui. Alors, je bien faut pas oublier queon parle des systèmes d' que parce qu'ils sont intégrés aussi à un système des réseaux sociaux comme le but, c'est de générer de la réputation, de la visibilité. C'est l'ensemble du système qui engendreement cette viralité qui si elle s'impose dans le débat public est toxique.

Donc c'est clair que là on va avoir tendance à l'utiliser mais les effets seront effectivement euh euh ouvriront la porte à beaucoup de stratégies d'influence. Merci à tous les trois d'être venus débattre en tout cas sur ce plateau ce soir pour de vrai hein parce que vous êtes vrai, je peux en témoigner et tout le monde l'aura constaté. Vous n'êtes pas des IA.

Merci d'être passé par le plateau de 21 minutes. L'actualité toujours mais vu par Théophile Cossa et Marie Bonisso. Le salon d'agriculture qui se déroule en ce moment même, c'est aussi une compétition et Théophile va nous expliquer comment ça marche le concours général agricole.

Puis Marie nous racontera que le football, ça peut être très très dangereux pour les mouettes. Mais d'abord feuilletons le dictionnaire de notre linguiste préféré, l'amitial. Son mauva vedette du jour s'est répandu à l'occasion de la révélation des dossiers Epstein.

C'est caviardage et c'est entendu. Pour un atelier de caviard, le caviardage des données sensibles. Ça s'appelle le caviardage.

Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? [musique] Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mauvadettes.

Caviardage du perant Raviard, porteur d'œuf, désigne une technique de censure de l'écrit par noircissement de la zone à cachée avec de l'encre noire [musique] comme le caviar. La publication par le ministère américain de la justice le 30 janvier de plus de 3 millions de pages [musique] des dossiers Epstin en partie a provoquer l'ire des victimes. La loi sur la transparence des dossiers Epstin adopté par le Congrès et promulgué par le président américain le 19 novembre 2025 obligeait sa ministre de la justice à rendre publique les dites données. 300 Go selon ses services, 50000 Go selon la chaîne Channel [musique] for dans un délai d'un mois.

Elles l'ont été avec un mois de retard et 200000 documents caviardés. Selon cette loi, le caviardage par le ministère de la justice peut être légal si les informations personnelles des victimes risquent d'être compromises, mais pas pour des raisons de gêne, d'atteinte à la réputation ou de sensibilité politique. Fin décembre, 18 victimes avaient dénoncé un caviard d'âge anormal et extrême sans aucune explication.

Avant le dossier Epstein, la grande histoire du caviardage a chapitré l'assassinat de JFK. les Pentagon Papers sur la guerre du Vietnam, l'espionnage des démocrates par Nixon lors du Watergate, la grande poucave d'Edward Snowen sur la NSA, le rapport Müller sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. Si le caviardage sème le doute sur les intentions du caviardeur, il trouve parfois justification, respect de la vie privée, sécurité [musique] nationale, protection des sources, secrets judiciaires ou industriel, voire amoureux comme cette correspondance suave entre une reine de France et son amant venue du froid.

Esturgon, es-tu là ? C'est entendu Tibonaut. Merci Théophile Marie, c'est l'heure de vos chroniques bien sûr.

Bienvenue les amis Théophile, on va commencer avec vous le salon de l'agriculture basson plein. Et c'est à cette occasion qu' a lieu chaque année le concours général agricole qui récompense nos produits du terroir. Mais pas que dites-nous ce concours Théophile, comment ça marche ?

Ouais, le concours général agricole, les Joo de l'agriculture française. Un concours créé en 1870. qui se passait à l'époque au palais de l'industrie sur les Champsélysées.

C'est la première fois qu'on rassemblait dans le centre de Paris comme ça des vaches, des poules, des machines agricoles pour exhibition et d'ailleurs c'est deux concours général agricole qui est né en 1964 le salon de l'agriculture qui il faut le dire lui a carrément volé la vedette alors qu'il est incontournable dans oui rendez-vous compte chaque année quelques 20000 produits et 20 sont testés à l'aveugle par plus de 7000 jurés des professionnels de la filière mais aussi des consommateurs avertis vous pouvez devenir les amis jurés Après avoir passé une formation, un jury méga contrôlé par le ministère de l'agriculture pour garantir une impartialité absolue, il y a cinq catégories différentes. Les produits du terroir, les vins, les animaux. Bon, pour dans chaque catégorie, il y a évidemment plein de sous-catégories, les pratiques agroécologiques et la catégorie jeune pro qui récompense les jeunes talents.

Ça c'est un peu le césar du meilleur espoir pour les agriculteurs. Les concours ont lieu toute la semaine. On a eu les 20 samedi et dimanche.

Hier c'était miel et confiture. Bon, malheureusement pas de vache cette année en raison de la dermatose nodulaire. Mais demain 10h, concours du port Gascon. sur le r sur le ring le grand manège du salon on enchaîne avec le mouton race bleue du et puis l'incontournable porcun noir limousin à ne pas rater Renault ça c'est à 13h je crois c'est ça on y sera sans faut et qu'est-ce qu'on gagne Théophile à ces jeux olympiques agriculture où il y a que des athlètes français c'est ça qui est formidable exactement des médailles bronze argent or la fierté et la gloire c'est le seul concours officiel du ministère de l'agricultur qu'on pense vous imaginez parfois des années de travail travail et puis c'est bon pour les affaires parce [rires] que ça vous donne le droit, vous savez, de mettre sur votre produit la petite étiquette avec la feuille de chaîne qui brille hein.

Celle qu'il y a parfois sur un camomber ou sur une bouteille de vin, vous savez, on voit la médaille d'or, on n'y connaît rien en vin, mais on se dit "Oh bah ça, ça doit être top." Et bim, on achète. [rires] Impact commercial immédiat selon le type de produit.

Les gagnants peuvent espérer dans l'année qui suit une hausse de 18 à 40 % des ventes. Bravo hein au médaillé, au premier médaillé cette année. Allez, maison Prunier à Conérer dans la Sart or pour sa mousse de canard.

La choucroûerie Angstel Mfis en Alsace choucroûte d'or. La fromagerie dark sousicon, c'est dans le doux or pour son compté. Désolé, je peux pas tous les citer.

Heureusement, la presse régionale est là pour s'en charger. On a hâte de déguster. Et vous allez sans doute recevoir quelques un de ses présents.

En tout cas, c'est pour ça que vous les avez cité. Bien sûr, Théophile. Merci [rires] à vous.

Euh, Théophile. Marie, oui, c'est à vous maintenant. Et alors là, il va y avoir beaucoup plus d'émotion voire de Oui, de retenu en effet puisque vous allez évoquer Marie le tragique destin d'une mouette, une mouette turque qui a été fauchée par un ballon de foot.

Ces images étonnantes ont fait le tour du monde hein. Oui. Étonnante image émouvante image rarissime saine puisque certes on va aller à Istanbul.

Alors Istanbul, il y a la mer méditerranée, la mer noire, un D3, il y a beaucoup de mouettes. Très bien. Mais alors combien de chance quelle était la probabilité statistique h que ce dimanche dernier pendant la finale des barrages de la première ligue de football amateur d'Istanbul, le ballon de foot fand de l'air au même endroit et à la même seconde qu'une mouette que je pense d'ailleurs être un goélan de type méditerranéen parce qu'ils ont le plumage blanc en hiver, mais je crois que c'est pas le cœur du sujet.

Regardons sans plus tarder le dégagement dynamique du goal du Istanbul Yurdum Sport. C'est à la 22e minute de jeu. Mohamed Mohamed Mart il bir çok ilginç bir an.

Talihsiz bir an. Evet, Marti'ya kalp masajı yapılıyor şu anda. Hani o bölümde Muhammed üzüntüde.

Quel geste technique, massage cardiaque désespéré du capitaine de l'équipe rouge, un certain Gani Katan, qui dira plus tard avoir agi instinctivement, un petit peu sans réfléchir, sans plus vraiment de formation au geste de premier secours. Miracle, au bout de 2 minutes, la victime revient d'entre les morts, agite faiblement ses pattes. Elle est emportée au PC sécurité. du stade qui lui diagnostique une aile cassée.

Le match a repris. Les rouges ont perdu au tir au but. Mais sauver une vie était plus important que la montée en championnat dira Gani Katan.

Émotion mondiale. Je vous sens émuin parce qu'évidemment cette scène est devenue virale dès le lendemain grâce à ce qu'on appelle internet. L'image de ce gaillard, ce grand gaillard qui masse une mouette tombée dans les pommes.

On se la passe en boucle cette scène. On pense qu'elle va stopper la montée du fascisme, les guerres. Certains connaisseurs aussi notent que c'est dans l'histoire du football la deuxième occurrence d'un Pafamette.

Ouais. On a exumé ce derby de l'automne 70 à Rotterdam quand un joueur Eddie Trichtel, le gardien c'est toujours eux, avait envoyé un boulet de canon sur un volatile qui finira lui empailler dans la vitrine de ce club néerlandais. Toujours un beau souvenir.

Ma conclusion, elle est simple et c'est un ordre. Arrêtez de faire du football dans les villes portuaires, c'est un carnage. Surtout que la fin de notre histoire se tambouliotte, je je vous l'ai pas dit, je voulais pas vous attrister, mais elle est absolument terrible.

D'après un média turc sportif qui s'appelle sport, cette mouette aurait succombé quelques heures plus tard en fait seul à ces blessures baissies. Elle a fini, dit-on, dans la poubelle du stade de foot. Il y a des images, je vous les montre pas, c'est trop, c'est c'est terrible.

Je propose plutôt qu'à la place on s'inscrive tous ensemble à la Croix-Rouge et qu'on prenne des cours de massage cardiaque pour apprendre à les faire délicatement. On le fera promis. Merci.

Merci Marie pour ce message. Merci à tous les amis. Merci de votre fidélité bien sûr.

À demain 20h05. Tchus. [musique]

Mort d’"El Mencho" / Municipales 2026 : l’IA fait campagne | 28 minutes | ARTE — Dominique Theophile · Pourquijevote