US Army : un géant impuissant ? | 28 minutes | ARTE
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[musique] À peine élu à la présidence des États-Unis pour son premier mandat, Donald Trump avait bien cerné le talon d'Achile de l'armée américaine. 9 ans plus tard, [raclement de gorge] rien n'a changé. Censé être courte, la guerre en Iran dure déjà depuis plus de 5 mois.
Depuis la seconde guerre mondiale, bien des guerres américaines se sont embourbées. Vietnam, [musique] Afghanistan, Somalie ou encore Irak. La suite, tout le monde la connaît.
L'Irak sombre dans le chaos et devient un bourbier pour les États-Unis. Le dernier soldat américain quitterait le pays 8 ans après le discours triomphant de George W. Bush président américain de l'époque. [musique] Face à ces enlisements à répétition, certains se posent désormais une question.
Pourquoi les Américains ne savent plus gagner [musique] leur guerre ? C'est le cas de cet expert en stratégie militaire et vétérans du Vietnam. À l'abri de la guerre sur son propre sol, pourquoi la première puissance militaire mondiale s'enliste-elle dans des opérations sans fin à l'extérieur ?
S'agit-il de défaites politiques ou militaire ? Voilà. Et pour en débat de ce soir, nous recevons Alexandra Schwarzbord.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice adjointe à la rédaction de Libération.
Votre livre lespin de Rhmaya est paru cette année aux éditions selon vous, les Américains croient qu'il suffit d'envoyer des bombardiers. Or, une guerre se gagne avec une intelligence tactique, des alliés et des buts bien précis. Sinon, dites-vous, on se retrouve pris dans un bourbier comme au Vietnam, Afghanistan, Irak et aujourd'hui en Iran.
À vos côtés, Didier Gro. Bonsoir. Vous êtes chercheur à la fondation pour la recherche stratégique.
Vous êtes spécialiste de la politique de défense américaine et ancien attaché militaire à Washington. Selon vous, l'armée américaine est conçue pour affronter un adversaire qui agit comme elle avec les mêmes normes, les mêmes procédés, le même cadre légal, mais face à un ennemi asymétrique comme Taliban, taliban afghan ou milice somalienne, le conflit vire facilement à la catastrophe. Et puis Jérôme vient là Gfroid, bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes docteur en civilisation américaine, professeur à sciences pot Paris. Votre livre les mots de Trump est paru chez Dallo.
Selon vous, le Vietnam constitue l'échec fondateur de l'Amérique contemporaine depuis les interventions américaines reproduit souvent les mêmes erreurs. Une supériorité militaire incontestable mais une incapacité à préparer l'après-gerre et construire un orbre politique stable. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Paul et le chiffre du jour. 1150 milliards de dollars, c'est le budget record prévu pour la défense aux États-Unis l'année prochaine.
Plus 20 % en 2 ans budget militaire multiplié par 3 par rapport à à la Chine x 5 par rapport à la Russie. Des chiffres vertigineux, vous l'entendez justifiés notamment et on va en parler par la guerre en Iran. Pour vous donner un ordre d'idée, il s'agit de l'équivalent de la richesse produite sur tout un pays en Pologne notamment sur 1 an.
Peut-être Didier gros pour commencer. Euh malgré cette force de frappe, au moins la force de frappe des chiffres, pourquoi les États-Unis ne parviennent pas à engranger de victoire ? Est-ce qu'il y a une malédiction américaine ?
Je crois pas qu'il y a une malédiction du tout. Euh je crois tout simplement que il faut faire le distingo entre la puissance d'une part et la force militaire d'autre part. euh une force militaire, elle est conçue, elle est organisée, elle a elle a un emploi prévu euh essentiellement conventionnel pour le cas de des États-Unis comme c'est le cas le cas chez nous.
Elle peut s'adapter, elle l'a fait d'ailleurs par le passé, elle l'a fait malgré tout en Irak, en Afghanistan. Mais euh fondamentalement la guerre la guerre moyen au service d'une politique, donc au service d'une grande stratégie d'une stratégie. Donc infé, c'est le politique euh le responsable et infégique que l'on a ou que l'on a pas ou que l'on définit bien ou mal qui euh mène éventuellement à l'échec euh et je ne parlerai pas de défaites parce que la plupart du temps les armées américaines ne sont pas défaites sur le terrain tactiquement, opérationnellement parlant, loin s'en faut.
D'ailleurs, elles sont impressionnantes et malheureusement elles peuvent s'en liser parce qu'elles s'en lisent parce que les objectifs politiques qu'on leur assigne sont trop souvent, pas toujours, mais trop souvent inatteignable. Mais j'ai revient la Gro, même chose. Là, on parle de militaire ou de politique ou alors les deux sont intimement liés.
Ben, c'est le problème, c'est cette différence entre des victoires tactiques et et puis des objectifs stratégiques. Et c'est vraiment ça qui est qui est qui est essentiel. Et le problème c'est que la puissance est utilisée euh comme une politique finalement de en affaire étrangère et c'est pas du tout comme ça que ça devrait fonctionner.
Ça devrait être en en soutien en fait d'une stratégie qui devrait être claire. Et là et et notamment avec Donald Trump, il y avait non seulement pas de stratégie mais des objectifs qui étaient quand même assez multipl Alexandre. Vous parlez de défaites militaires ou de défaites politiques quand on voit ce qui se passe par exemple en Iran avec cet enlisement dont parlait Didier Gro.
Ah bah là là, je pense qu'on peut dire les deux mais en général sans aucun problème. Oui, vraiment. et et je pense que le le cas de Trump est quand même très important parce que là on est quand même dans un cas atypique.
Il y a eu jusqu'à Trump, c'était en effet des guerres qui étaient lancées qui étaient perdues, mais c'est c'était presque tout un pays. L'armée, le le le politique, le militaire et le politique était plus ou moins d'accord. Là, on est quand même sur un cas typique avec un avec un type qui ne qui ne qui ne connaît pas qui ne connaît pas le sujet.
Il a lui-même jamais fait, il a pas fait son service militaire. Il sait pas ce que c'est. Il est entouré de gens qui ne savent pas non plus, qui ne connaissent rien au sujet.
Pit except son secrétaire d'état à la guerre hein, ça a été rebaptisé défense, c'est passé à la guerre. C'est un signe déjà, c'est un fou furieux, un fou furieux, un concentré de testostérone qui ne pense qu'à aller le bien. Oui.
Oui, c'est ça. C'est il rêve de croisade. Et là, dans le cas qui nous qui nous occupe, je pense qu'il s'est passé un événement très important dans la tête de Trump, c'est le Venezuela. le Venezuela euh c'est Maduroilà l'enlèvement de Nicolas Maduro euh en quelques heures.
Ça s'est fait en quelques heures avec zéro morts côté américain, je crois quelques morts euh vénézuélien euh euh et cubain peut-être. Et donc si vous voulez là en un claquement de doigts, il a fait tomber un régime. Et là Trump dans cette son espèce de folie narcissique s'est dit je peux faire ça n'importe où et sans avoir du tout la connaissance sans imaginer que le Moyen-Orient ça n'avait rien à voir avec le Vénou.
Il y a tout même chose qui marque aujourd'hui, Didier Gros, c'est quand on regarde la Première Guerre du golf, on est en 1990 91. Les États-Unis partent en guerre avec une coalition de 34 pays. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas.
Il n'y a plus de coalition. Ça veut dire que sans alliés aujourd'hui, il est difficile tout de même aujourd'hui de vaincre aussi et de gagner. Il est généralement préférable d'avoir des alliés, c'est certain.
Et d'ailleurs, les Américains et militaires américains en sont parfaitement conscients. Donc là, on a une situation très particulière. C'est vrai, mais le cas que vous citez est très intéressant sur la Première Guerre du golf parce que c'est presque un contreexemple de ce que l'on est en train de décrire.
Il y a eu là une opération, une guerre classique, conventionnelle en fait, armée contre armée où les forces américaines, parce que c'était principalement les forces américaines, il faut bien le reconnaître, forces américaines ont anéanti l'armée iraquienne et donc les buts ont été parfaitement atteints et y compris d'ailleurs le but politique étant voilà le conflit cesse, les choses rentrent dans l'ordre. Alors, elles sont rentrés dans l'ordre pour quelques temps, pas pas éternellement, mais on a un contreexemple intéressant. Donc ça veut dire que lorsqu'on a des forces américaines qui sont engagées avec des objectifs militaires, véritablement des sens militaires pour atteindre un objectif stratégique qui ne vise pas au nation building, qui n'est pas qui ne disent pas des aspirations de transformation de pays entiers et cetera, on peut y parvenir.
Voilà, la situation en Iran est encore un cas un cas particulier parce qu'il y a une grande stratégie mais il manque manque l'échelon entre la grande stratégie on y reviendra sans doute et le niveau tactique. On le voit aussi, on va voir l'échelon avec vous financier parce qu'il est toujours important notamment aussi quand on parle des États-Unis et c'est vrai que les États-Unis Julia ont été pionniers dans l'utilisation bien d'une arme, c'est les drones en fait aussi très sophistiqué pendant des guerres récentes mais aujourd'hui et bien les États-Unis veulent tout simplement produire des modèles low cost comme ceux utilisés en Ukraine. Oui.
Souvenez-vous, en 2022, le chef d'Al-Qaïda, Alzawairi, considéré comme le cerveau du 11 septembre, est tué en Afghanistan par un drone, un drone de combat appelé le Reaper, utilisé par les États-Unis dans la guerre contre les Talibans. Il fait partie de ces familles de drones très sophistiqué mais aussi très cher pour Washington qui aujourd'hui veut réduire la facture, faire la guerre, d'accord, mais avec des drones low cost. Par exemple, au début de la guerre en Iran, en mars, ils ont utilisé pour la première fois le drone Lucas, produit en grande quantité et à Bakou et qui est une réplique en fait des fameux drones iraniens Shaed.
Pour rattraper son retard dans cette guerre des drones, le Pentagone a décidé aujourd'hui aujourd'hui d'investir avec le programme Drone dominance lancé par le secrétaire à la guerre Pitexet. À la fin de l'année dernière, les États-Unis adoptent la stratégie de la production de masse inspirée de la guerre en Ukraine. Résultat, 1 milliard de dollars pour acquérir des centaines de milliers de petits drones d'attaque locaust d'ici l'année prochaine.
Et puis pour vous donner une idée, un drone low costas donc utilisé récemment coûte environ 35000 dollars l'unité contre 30 millions pour un Reaper. He la différence quand même est notable dans la stratégie américaine. Jérôme Vielago 3, on voit que maintenant le prix des armes a une importance.
Oui, le prix des armes a une importance parce que en fait on est dans un gros changement par rapport notamment aux guerres précédentes surtout à l'époque du Vietnam, c'est que il faut que il y ait un coût humain minimal, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de troupe au sol. Et donc c'est cette idée aussi des Américains, notamment depuis la guerre du golf, la première guerre du golf, que la technologie va pouvoir régler tout et donner une victoire. Le problème c'est que très souvent il faut quand même des hommes sur le terrain et ça c'est quelque chose que la population américaine n'est pas prêt à sacrifier.
Le sacrifice du sang, c'est quelque chose qui qui ne qui ne n'est plus du tout à l'ordre du jour. Et il y a en même temps une une sorte de de sacralisation des troupes, notamment quand Pitex demande de l'argent, il le dit voilà si vous donnez pas c'est que vous trahissez les troupes. Enflex, cette histoire de drone est absolument passionnante parce que c'est vraiment un tournant un tournant et ça reboucle avec ce que vous disiez sur les budgets militaire parce qu'on voit que finalement toutes les grandes puissances sont en train de dépenser des fortunes dans le développement d'armes nouvelles et on voit qu'est-ce qu'on a vu ces derniers ces derniers temps que dans les deux grands conflits de de qui qui nous qui nous occupent depuis plusieurs mois la guerre en Ukraine et la guerre en Iran, ce sont les drones qui ont fait la différence jusqu'à au point que Vladimir Zelenski a été accueilli comme un sauveur, je crois que c'est aux Émirats arabes unis, hein, qui qui lui demandait de de les aider à à développer les drones.
Donc on voit que finalement et donc on revient sur notre sujet, la surpuissance militaire, en l'occurrence que ce soit celle des États-Unis ou de la Russie n' n'est pas parvenue face à des à des à des des armes euh de aussi peu coûteuses et aussi peu technologiques que les drones, même s'ils sont appelés à devenir de plus en plus technologiques. Bah finalement ça ça ne marche pas. Alors on va on va revenir dans un instant mais on va parler justement de cette doctrine aussi d'homme au sol, notre archive du jour qui va nous ramener en 1993.
On est en Somalie. Les États-Unis lancent alors l'opération Restore H pour mettre fin à la guerre civile sur place. L'affaire se terminera en drame pour les Boys et c'est comme un air de déjà vu.
Cette image diffusée par CNN renvoie l'Amérique vers ses cauchemars du passé. Ce pilote américain a été capturé lors d'un raid contre les forces du chef de guerre àid. Son avion a été abattu.
Il est blessé et ses ravisseurs le presse de question. Que pensez-vous de cette opération ? Je suis un soldat, je fais ce qu'on me dit", répond le pilote.
Près d'un avion abattu par un missile solaire, le corps d'un autre pilote américain traîné par une foule déchaîné. Les casques bleus américains avaient lancé il y a de jours une opération d'envergure contre les lieutenants d'id. De nombreuses victimes parmi les Somaliens, mais aussi 24 arrestations dont trois proches collaborateurs d'id.
Ces affrontements les plus graves depuis 4 mois ont causé la mort de moins 13 casques bleus dont 12 américains. 7 rangers portaient disparus surage des hommes d'id. Et d'ailleurs, les États-Unis n'ont n'ont jamais vraiment quitté la la Somalie puisqu'ils continuent de bombarder régulièrement les rebelles, notamment les rebelles islamistes.
Did Diegro, est-ce qu'on peut dire qu'il y a là encore un bourbier et que finalement ces bourbiers, ces impasses militaires, les États-Unis ont tendance avec l'exemple somalien à les multiplier ? Je vois pas que c'est forcément tendance à les à les multiplier. Ce que ce que je veux dire par exle si on prend le le cas de le cas de la Somalie qui cas emblématique euh très clairement on est là dans on utilise des forces militaires ce mandat onnu mandat relativement fragile des forces militaires pour aller mener des opérations et face à un ennemi qui comprend d'emblé qu'il n'a aucune chance en affrontant frontalement cette force militaire et donc il va livrer un combat asymétrique. combat symétrique, c'est combattre au sein de la population et c'est le grand changement de paradigme que l'on voit depuis des décennies infiltrer la population, être dans la population et donc empêcher finalement la force armée largement supérieure de pouvoir faire son effet puisque sauf à éradiquer la population, ce que les les Américains n'ont pas fait, vous n'avez aucune chance de de de pouvoir l'emporter et en fait on est là entre en fait une inadéquation totale entre les moyens militaires et les objectifs classiques des moyens militaires et les aspirations politiques et mais ce changement de paradigme en fait remonte euh à oui à l'aire du Vietnam à post post 2e guerre mondiale.
On est passé d'une longue période historique de guerre conventionnelle classique d'affrontement d'état à d'état armé à armée. C'est l'épopée napoléonienne jusqu'aux guerres mondiales bien sûr. Et aujourd'hui, franchement, depuis quelques décennies, la période contemporaine, sous l'influence de l'Occident, un Occident qui veut pousser son modèle, son modèle politique au reste du monde, et bien on s'est embarqué dans des aventures périlleuses, souvent dans des aventures pour aller changer des modèles, des modèles de société, des modèles étatiques et demander aux forces armées de jouer le premier rôle dans ce domaineel ce pourquoi elles ne sont pas conçues.
Jérôme Vielag 3, il y a une spécificité américaine tout de même, c'est que les Américains n'ont jamais été véritablement attaqués. Alors à l'exception bien sûr de Perbore et de l'attaque du 11 septembre, mais c'est c'est à part mais il y a jamais les Américains mènent toujours des guerres à l'extérieur en fait. Oui, tout à fait.
Alors et ça c'est c'est quelque chose d'important parce que on voit la cette réalité là mais dans le récit qui est donné notamment par les présidents, il y a toujours cette idée d'une menace existentielle. Alors pendant la guerre froide, c'était évidemment l'Union Soviétique mais il y a eu alors le 11 septembre qui était une véritable attaque, mais finalement même pendant la guerre du golf euh Saddam Hussein était comparé à un véritable Hitler. Voilà, donc on avait cette menace quand même existentielle pour le monde et l'Amérique se voyait aussi comme elle elle projetait ses propres valeur hein.
C'est ce qu'elle fait cet aspect messianique dont on parlait un petit peu plus tôt et c'est et le fait de de se battre pour la liberté du monde. Et on a quelque chose de très différent avec Donald Trump qui ne se ne fait plus des guerres pour la liberté pour le monde mais ni même pour la liberté des États-Unis mais qui fait des guerres pour démontrer la puissance sa puissance à lui comme la puissance fantasmée ou pas des États-Unis. Alexandra Schwarzbod par rapport à tout ce qu'on se dit là est-ce que le dans la population le retour de de cercueil de soldats morts de soldats américains morts a une influence et une importance qui peut guider influencer la décision politique ?
Bien sûr, ça c'est c'est certain et d'ailleurs, c'est ce qui effrait le plus les autorités américaines, c'est de voir trop de cercueil revenir sur le sol américain. Alors, ce qui est intéressant, c'est que contrairement à la guerre du Vietnam où vraiment là les cercueils malheureusement revenaient à à à très très nombreux et et ça ça a vraiment miné la société américaine, là il y a des morts et chaque mort est est en trop. Mais c'est pas tellement ça euh c'est pas tellement par ce biais-là que les Américains se sentent concernés par cette guerre, c'est plus par leur pouvoir d'achat parce que il voi eux surtout euh que euh bah le le carburant le carburant et le prix du pétrole grimpe, flambe, l'inflation flambe euh alors que Donald Trump en arrivant leur avait dit que qu'il allait calmer tout ça et et c'est en ça qu'il se sentent concernés.
Ils se sentent concernés bien sûr par chaque cercueil qui revient, mais le pouvoir d'achat, la hausse des prix du carburant, c'est ça qui les touche au premier chef et c'est ça qui inquiète le plus Donald Trump dans la perspective des élections de demi-mandat. Et un mot Didier Gros, justement, on en parlait tout à l'heure sur cette doctrine [raclement de gorge] euh zéro mort qui avait été établie par Bill Clinton. Clairement, alors la question peut peut être un peu brutale, mais est-ce qu'on peut dire qu'on va gagner une guerre sans que des soldats meurent ?
Non, mais je pense Non, non, je pense d'ailleurs que euh les Américains sont revenus aussi. C'était Oui, oui, en fait, c'était quelque chose qui était très présent. Moi, je l'ai étudié à l'école de guerre euh c'est c'est à l'époque années 90 2000 zé guerre parce que le prisme technologiste américain est vraiment comme ça a été dit est vraiment présent.
Il l' toujours d'ailleurs, ce qui explique des dépenses euh sanctuaires en matière de défense qu' qu'ils essaient de corriger par ailleurs. Mais ils en sont revenus. Néanmoins, évidemment, l'objectif américain, c'est de livrer un combat comme ils disent unfair, c'est-à-dire être toujours en position de supériorité systématique.
Donc tout cela c'est valable quand vous êtes face à un ennemi symétrique ou dissymétrique. Par contre, ça n'est plus valable du tout lorsque vous êtes face à un ennemi asymétrique. Asymétrique, par exemple, les talibans afghans, les milices somaliennes.
Absolument. Mais et pour pour revenir un tout petit peu sur ce qui vient d' dire, c'est tout à fait vrai. Depuis depuis une vingtaine d'années maintenant, non, peut-être pas depuis une quinzaine d'années maintenant, il y a une lassitude ce qu' les américains appellent la fatigue, il y a une lassitude de la population américaine.
Mais ça le l'administration de Trop en est consciente et c'est aussi le piège dans lequel elle est aujourd'hui. Bien sûr Paul, on parlait du conflit asymétrique. Il y a aussi dans dans l'esprit beaucoup de de beaucoup d'Américains la possibilité d'un conflit avec la Chine.
C'est en tout cas l'ombre qui plane au-dessus de des relations entre la Chine et les États-Unis. Aujourd'hui, la guerre est seulement commerciale. La question qui se pose est de savoir si un conflit armé pourrait éclater dans les prochains mois entre les deux pays.
Le secrétaire d'état américain Marco Rubio semble jusqu'à maintenant repousser l'échéance. right now we would be against any sort of compelled or coerse change in status that point was made very clear in our meetings chines on entend Marco Roubio dire 20 à 30 ans pour l'échéance Jérôme vi la GFroid est-ce que ce conflit là États-Unis Chine il est réalisable évitable et possible peut-être avant alors le le problème C'est alors je suis pas spécialiste autant que Did Diego mais c'est de d'avoir des conflits sur plusieurs terrains en même temps et notamment ce qu'on voit là déjà par rapport à l'Iran, c'est des problèmes de réapprovisionnement de des des missiles patriotes par exemple des des missiles de défense et et là c'est un des une des grosses questions qui se pose aux États-Unis où on voit chez certains spécialistes mais aussi dans les médias de savoir comment à l'heure actuelle les États-Unis pourraient effectivement rentrer dans un conflit même plus conventionnel parce que la la c'est c'est encore dans cette idée dont on parlait plus tôt de cette de cette ubrice un peu de cette idée d'hyperpuissance et que finalement on peut tout faire et là les limites de la production même des missiles par exemple et des et des antimissiles ou alors Paul le disait pour l'instant cette guerre n'est que commerciale pour l'instant à l'extr mais il est vrai que quand on voit ce qui se passe à Taiw c'est là aujourd'hui par exemple à Taiwan c'est la journée de défense. C'est là où les Taiïwanais s'entraînent pour éventuellement une invasion chinoise.
Les États-Unis ont toujours dit qu'il viendraient en aide à Taïwan. Donc ça veut dire qu'il y aurait forcément un affrontement à ce moment là entre les plus grandes armées du monde. C'est quelque chose aujourd'hui qui est dans la tête de tout le monde.
Oui et non. Euh d'abord avec Trump, on ne peut absolument pas savoir ce qui va se passer. On ne peut pas savoir.
Et par ailleurs, je pense que la Chine euh n'envisage pas de d'attaque militaires prochainement. C'est c'est beaucoup plus subtile que ça de sa part. C'estàd qu'elle est en train euh de déstabiliser Taïwan par des fake news, par des opérations de déstabilisation.
Elle aussi, elle mène des des exercices militaires dans la région euh pour faire peur, pour montrer qu'elle se qu'elle est capable euh d'étouffer euh l'île. Et et donc, je suis pas sûr que la Chine aurait intérêt à attaquer tout de suite. La Chine là est dans une position hyper confortable.
Elle voit les États-Unis en train de se décrédibiliser sur la scène internationale, en train de perdre leur crédibilité militaire. Vraiment, ils auraient tort d'intervenir tout de suite. Là, ils sont là, ils sont au spectacle, ils regardent euh ils étudient ce qui se passe et donc ils voient les failles, les faiblesses et les forces des uns et des autres.
Et donc franchement, ils n'ont aucun intérêt à intervenir tout de suite. Je juste vous demander une réponse rapide. Aujourd'hui, s'il devait malheureusement y avoir tout de même cette confrontation, ce que nous souhaitons pas.
Mais aujourd'hui, au vu de ce qu'on a dit là depuis tout à l'heure et au vu de ce qui se passe en Iran aujourd'hui, est-ce que l'Amérique est capable de faire face et de gagner face à la Chine ? On peut jamais dire que n'est capable de gagner face à la Chine. Mais ce ce dont je suis certain pour avoir étudié le sujet très récemment, c'est que les États-Unis et les forces armées américaines notamment présentes dans le dans l'Indo- Pacifique et ailleurs ont aujourd'hui les moyens de faire face.
Elles ont les moyens de remplir leurs missions, leurs missions initiales parce que c'est parce qu'il faut bien comprendre que malgré ce qui se passe en Iran et ailleurs, la priorité absolue pour les États-Unis en général et pour les les forces armées américaines, ça reste la Chine. Donc don les forces armées américaines ne vont pas ne vont pas euh se perdre une partie de leurs moyens, ne vont ne vont pas consommer à outrance une partie de leurs moyens au cas justement où un conflit éclate. Même si je suis convaincu également que ni d'un côté ni de l'autre aujourd'hui, on a envie de voir un conflit militaire.
J'entends conflit militaire éclaté entre les deux puissances parce que le les mots du secrétaire d'état Rubio sont parfaitement clairs. Je pense qu'il résume parfaitement la position d'administration de Trump et des administrations précédentes. Les enjeux sont absolument dramatiques, catastrophiques à terme et n'oublions pas qu'on a affaire à deux puissances nucléaires change complètement la donne.
Vra en effet. Oui, je vous le confirme.