La meilleure analyse politique et économique de Jancovici
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:18PrésentateurChiffre
« le revenu disponible des ménages en France n'augmente plus depuis 2010. Non seulement il n'augmente plus, mais il est en légère érosion. »
- 5:17PrésentateurFait
« Imaginons que dans ce pays, on dise... On remplace toutes les chaudières à fuel et toutes les chaudières à gaz par des pompes à chaleur. »
- 8:11PrésentateurFait
« le MEDEF au moment de la loi Grenelle 2, là, qui sur le bilan carbone disait c'est compliqué, c'est compliqué, c'est compliqué. »
- 8:24PrésentateurChiffre
« le chiffre d'affaires de la totalité des gens qui font des bilans carbone en France est, à mon avis, inférieur au chiffre d'affaires de KPMG France, je pense. »
Temps de parole
- Présentateur83 %
- Invité17 %
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Ces affaires-là, encore une fois, ça se gérera par une combinaison d'efficacité, sobriété, pauvreté. Et quand ça se gère par la pauvreté et que ça n'est pas compris comme tel, au surplus en démocratie où c'est la démagogie qui conduit les gens à être élus, eh bien ça fait monter le populisme.
C'est pour ça que j'avais écrit en 2011, je crois, un petit article qui s'appelait Marine Le Pen, enfant du carbone, et où j'expliquais qu'en fait, la méconnaissance des flux physiques sous-jacents de l'économie et l'incapacité à avoir un discours adulte vis-à-vis de la population en expliquant que voilà ce qui allait se passer indépendamment des gens qui sont en charge et qu'il était pertinent d'essayer de s'organiser en fonction de ça le mieux possible ferait monter l'incompréhension et donc les boucs émissaires et le populisme. Et c'est exactement ce qu'on est en train de voir partout dans la zone OCDE depuis maintenant une petite dizaine d'années, entre Trump, le Brexit, Mélanie, etc.
Tout ça, c'est des manifestations voisines d'un même phénomène qui sont, après que l'énergie croissante ait fait monter les classes moyennes, l'énergie décroissante, parce que dans la zone OCDE, elle décroît, elle est subie depuis 2008, est en train de faire le phénomène inverse. Et je ne sais pas si vous savez dans cette salle que le revenu disponible des ménages en France n'augmente plus depuis 2010. Non seulement il n'augmente plus, mais il est en légère érosion. Alors je suppose que dans cette salle, on n'a que des cadres supérieurs qui ont encore des augmentations annuelles, donc vous ne le savez peut-être pas. Mais c'est une réalité dans ce pays. Voilà. Donc on est au début.
On est au début. Et si on ne le gère pas, et rentrer par le carbone est une manière de le gérer. Ce n'est pas la seule manière de le gérer, mais c'est une manière de le gérer. Je ne crois pas malheureusement que la situation va beaucoup s'améliorer.
Non. Alors on aurait dit qu'on était en 2034 et que les politiques avaient enfin trouvé la clé. Parce que quand tu dis qu'ils ne savent pas, ils n'ont pas le courage d'eux. Parce que je ne peux pas croire qu'ils ne savent pas.
Non, non. Alors, je vais être un peu méchant avec notre secrétaire d'État actuel qui annonce le menu scolaire, enfin le menu de la cantine scolaire lors de ses conférences de presse. Non, non, mais c'est... C'est à peu près ça qu'il a fait Macron. Je ne sais pas. Il y a des cours de... Enfin, vous, on a vu un président annoncer des cours de théâtre au collège.
C'est une diversion, ça s'appelle une diversion.
Bientôt, il va annoncer la couleur des boutons de l'uniforme.
Bien sûr.
Non, non. Je pense que malheureusement, tous ces gens-là sont en apesanteur. Oui. Et puis, ils occupent... Attal, il est en apesanteur. Enfin, je veux dire, ils sont en apesanteur. Juste. Je ne pense pas qu'ils sachent. J'espère qu'ils le regardent sur LinkedIn. Ils peuvent sentir peut-être quelque chose, mais ils ne savent pas.
Et puis, ils sont lapins dans les phares.
Ce n'est pas vrai. Ça va nous renvoyer à la fin de la discussion à qu'est-ce qu'on peut faire en attendant d'avoir des gens qui savent. Parce que je ne suis pas un poutchiste dans l'âme. On l'a encore pour trois ans. Mais voilà. Mais il ne faut pas trop compter actuellement. C'est patent. Encore une fois, je ne suis pas un poutchiste dans l'âme. Et je ne dis pas qu'on a mieux sur les étagères. Mais par contre, c'est quand même assez patent qu'on a affaire à quelqu'un qui n'a pas du tout de lecture de l'histoire. Pas du tout.
Oui, mais il se règle aussi sur le niveau mondial. Je ne sais pas sur quoi. Puisqu'on est dans une mondialisation, je pense qu'il...
Je ne sais pas sur quoi.
Alors, est-ce qu'il peut y avoir un deuxième effet qui se coule peut-être par l'envie, le citoyen qui aurait envie d'être en meilleure santé, etc. Mais est-ce que ça peut marcher pour l'entreprise ? Par exemple, traquer le gâchis, ça fait faire des économies. Changer son modèle d'affaires en passant par le serviceiel, ça rend ses clients contents, ça différencie. Est-ce que ce deuxième effet qui se coule, traquer le carbone et les autres limites planétaires, pour un bien qui puisse être explicité, ça peut marcher ?
Alors, il y a une chose. Il faut savoir que toute entreprise, quelle qu'elle soit, carbone 4 inclus, c'est un projet de conquête. Donc, il y a un truc qu'on ne peut pas demander à une entreprise, c'est de se saborder elle-même.
Surtout, pas la première. Les autres d'abord, pas moi d'abord.
C'est très difficile. Alors, il y a des entreprises qui se créent, mais c'est en général des TPE. Sans projet de croissance, j'ai envie de dire, à l'origine. Je reprends l'hôtel familial. C'est un hôtel familial. Il a 20 chambres ou il a 30 chambres. Et toute ma vie durant, je gérerai un hôtel à 30 chambres. Je n'ai pas de projet de croissance. J'ai juste un projet de stabilité. Mais dans les grandes entreprises organisées, j'en connais quasiment pas une qui n'ait pas de projet de croissance.
Parce qu'elles ont des actionnaires qui demandent ça, en partie.
Pour plein de raisons. Parce qu'il y a une exigence de rentabilité du capital. Parce qu'il y a des modalités de rémunération des dirigeants. Parce que je ne sais pas. Il faudrait... Moi, je me méfie un peu des slogans. Il faudrait que je prenne le temps de lire des études sociologiques un peu sérieuses pour essayer de comprendre où sont les ressorts de tout ça. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est... Enfin, aujourd'hui, c'est un fait. Ces êtres-là ne changeront... Enfin, n'iront pas contre leurs intérêts.
Les êtres, les entreprises.
Oui.
Tu parles pas.
N'iront pas spontanément contre leurs intérêts au nom de la transition. Donc, c'est à la puissance publique de s'en charger. Et la puissance publique, elle a deux rôles dans cette affaire. Elle a contraindre les entreprises existantes. Et faire émerger des activités nouvelles. Alors, je vais prendre un exemple. Imaginons que dans ce pays, on dise... On remplace toutes les chaudières à fuel et toutes les chaudières à gaz par des pompes à chaleur. Alors, quand je dis imaginons, on n'est pas très loin de la réalité.
Absolument. Imaginons.
Ça veut dire que si je suis le fueliste...
Je sais que je dois me...
Je ne vois pas tellement à quoi ça sert de calculer mon scope 3. De toute façon, ce que dit la collectivité, c'est que je vais disparaître. D'accord ? Donc, ce n'est pas la peine de dire aux fuelistes, fais-moi un plan de transition pour diminuer ton... Non. Par contre, le fueliste, il peut dire, je vais me reconvertir du fuel dans les pompes à chaleur. D'accord ? Donc, ça, il peut le dire. Les gens qui travaillaient chez le fueliste peuvent dire, je vais aller en formation et travailler, etc. Puis, il y aura quelques-uns qui traîneront les pieds et qui déposeront le bilan. Bon, c'est comme ça que ça va se passer. Dans cette affaire, le rôle des entreprises qui le peuvent, c'est de pivoter.
Le rôle des entreprises qui le peuvent pas, ça sera de gérer le fait qu'elles iront au tapis. Et la collectivité a à sa charge d'être sûre que les gens qui n'auront plus d'emploi dans les entreprises qui vont au tapis en retrouveront ailleurs. Donc, formation... Je rappelle quand même que dans ce pays, on considère comme légitime qu'une boîte aille au tapis parce qu'elle n'est pas capable de contribuer à la solidarité nationale en matière de retraite ou de maladie. D'accord ? Donc, si vous n'êtes pas capable de payer vos chargeurs SAF, vous déposez le bilan. C'est un truc qui est communément accepté.
Moi, ça me chagrine pas plus que ça qu'on considère qu'une entreprise qui n'est pas capable de contribuer au projet national en matière de compatibilité avec des limites environnementales aille au tapis. Ça me gêne pas. Ce qui me gêne, ça me gêne pas que les actionnaires perdent leur mise. Parce que quand on est actionnaire, il faut bien lire les caractères en petit et en bas du contrat. Il n'y a pas de garantie de la détention du capital. Voilà, c'est comme ça. La seule chose qui me gêne dans cette affaire, ça serait que les salariés restent sur le carreau. Donc, le vrai sujet dans cette transition, c'est l'emploi. D'accord ? Les actionnaires, ils sont actionnaires.
Moi, je suis actionnaire de Carbon 4. Demain matin, ça peut ne rien valoir. On peut avoir un sinistre informatique majeur. On est passé à deux doigts il y a un an. Il y a un serveur, un centre OVH qui a brûlé. Je ne sais pas si vous vous rappelez. Donc, dans cette transition, il ne faut pas penser que chaque entreprise prise unitairement va passer à travers les mailles du filet. Alors, ce qu'on peut dire aux entreprises, c'est connais-toi toi-même. Donc, effectivement, commence à utiliser des méthodes un peu sérieuses pour comprendre quel est ton rapport avec la question climatique. Emprunte carbone, tout y quanti.
Mais derrière, donc ça, c'est à la collectivité de l'imposer à toutes les boîtes. Derrière, il faut que les boîtes se saisissent de ce genre d'informations en se disant je vais quand même essayer d'en faire quelque chose pour aller dans la bonne direction. Sachant que c'est évident, je connais quand même le truc, en économie, on peut mourir d'avoir raison trop tôt comme on peut mourir d'avoir raison trop tard. Donc, il faut naviguer entre les deux. Mais c'est à la collectivité d'imposer cette contrainte. Et je suis personnellement partisan d'imposer une contrainte qui soit juste là et pas là. Histoire qu'on accélère un peu. Souvent, les gens, ils ont crié avant d'avoir mal.
Moi, je me rappelle très bien le MEDEF au moment de la loi Grenelle 2, là, qui sur le bilan carbone disait c'est compliqué, c'est compliqué, c'est compliqué. Je vous signale que le chiffre d'affaires de la totalité des gens qui font des bilans carbone en France est, à mon avis, inférieur au chiffre d'affaires de KPMG France, je pense. Donc, le degré de complexité introduit dans les entreprises et le coût afférent lié à ce genre d'obligations reste très en deçà de ce que la comptabilité monétaire est capable d'imposer aux entreprises. Pour le moment, on reste des plaisantins. Donc, il y a un sujet d'obliger les entreprises à se confronter à la limite.
Mais derrière l'idée sympathique que chaque entreprise prise unitairement va passer à travers les mailles du filet, je pense qu'il faut s'en défaire.
D'accord.
Je pense que ce n'est pas le sujet.
Des activités qui vont rester sur le tapis. Évidemment, la puissance publique doit donner un signal et la formation et l'accompagnement des salariés doit avoir été prévue, ce qui n'était pas forcément le cas en 2024. On est d'accord. J'ai une question. Est-ce que tu peux nous décrire ? Là, tu viens de nous décrire le chaudiériste. Ce qui n'existe pas en 2024,
ce qu'un certain nombre d'entreprises ou de filières font, c'est la gestion prévisionnelle des compétences. Un certain nombre d'entreprises ou de filières font ça. De combien de gens je vais avoir besoin, etc. La puissance publique ne fait pas ça.
Ah oui.
Il n'y a pas ça.
Donc, effectivement, exemplarité, on n'y est pas.
On se dit, j'ai un plan sur 30 ans pour rénover tous les logements. De combien de gens je vais avoir besoin et comment est-ce que je les forme et où est-ce que je les trouve, etc. Ça n'existe pas. D'accord ? Il n'y a pas ça au ministère du Travail.
Les formations ne vont pas...
On n'y réfléchit pas. Voilà, c'est la fin de la parenthèse.
Oui, oui. Mais ne t'inquiète pas parce qu'on aura un uniforme à l'école. Donc, ça ira mieux.