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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 25 novembre 2025 8 min

Philippe Juvin est l'invité politique de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Philippe Juventin. Bonjour. On va tenter de comprendre ce qui va se passer pour le budget dans dans les jours qui viennent.

Mais juste avant, vous qui êtes aux premières loges, si je puis dire, parce que vous êtes rapporteur général de ce budget, comment vous qualifiez en quelques mots ce qui s'est joué vendredi soir à savoir le rejet de la partie recette de ce budget rejeter donc à l'unanimité moins une voix. C'est c'est un échec. Et si c'est un échec, c'est l'échec de qui ?

Non, c'est une logique euh puisque en fait c'était un texte qui n'avait ni que ni tête, qui avait voté des taxes euh et des impôts nouveaux en quantité, donc ce qui n'est pas euh bien pour la France et qui en plus avait adopté alors même que je l'avais dénoncé durant la discussion des des taxes et des impôts qui étaient contraires au droits européen, contraire à la Constitution, contraire à des dispositions fiscales. Donc un taxe inapplicable. Donc c'est normal que les députés les rejeter.

Maintenant pour que les gens nous écoutent, c'est le Sénat qui prend la main, qui va nous proposer quelque chose et après on se remettra à travailler à l'Assemblée avec le texte du Sénat. Concernant cette séquence, Sébastien Lecornu a dénoncé hier le cynisme de certains partis et de certains candidats à la présidentielle. Alors, il a visé clairement le Rassemblement national, Marine Le Pen et les insoumis, Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de manière plus discrète, Bruno Rotaillot qui affirme que ce budget est invotable et que c'est le le holdup du siècle.

Bah, c'est un budget invotable en l'État. Effectivement, euh il y a pas de dépenses euh en moins. Moi, je pense que la la première la la priorité du budget, ça serait de baisser la dépense publique.

Aujourd'hui, on n' pas pu discuter réellement de la dépense. On a un peu commencé en commission, mais en tout cas, elle ne baisse pas. Et ça, c'est vraiment un sujet parce qu'on dépense beaucoup plus en France que nous dépensons ailleurs.

Et en État, c'est votable. Et il y a beaucoup il y a trop de dépenses et il y a trop d'impôts. Donc oui, c'est votable en État. hier, hier, hier à Maton, juste pour terminer sur la la séquence euh passée, euh veut à nouveau responsabiliser les parties, les mettre au pied du mur.

Mais pourquoi est-ce que finalement ça marcherait plus euh qu'il y a 3 jours qu'il y a une semaine ? le fait de responsabiliser les partis. Plusieurs raisons.

D'abord dans cette première phase, nous n'avons pas eu le temps. Moi, j'ai eu le texte du budget à lundi et on devait déposer les amendements le jeudi. Comment voulez-vous ?

En 3 jours de façon précipitée passer des accords entre groupes politiques. Ce n'était pas possible. Nous n'avions pas le temps.

Donc là, nous allons avoir un peu de temps. Le Sénat, lui, a le texte depuis un mois, un mois et demi et il commence à travailler officiellement dessus, mais en fait, il a le texte depuis plusieurs semaines, donc il a pu probablement avoir une réflexion plus construite. Et puis le le poids des des des nécessités, il faut que nous ayons un budget avant la fin de l'année et c'est ça qui je pense peut aussi déclencher un un éclair de sagesse chez certains qui jusqu'ici nous ont proposé des choses inapplicables.

Donc clairement, comment vous voyez la suite ? On sait que les délais restent quand même extrêmement contraints. Est-ce que vous pensez que le budget 2026 peut échapper à cette fameuse loi spéciale, loi spéciale que qu'on avait eu l'année dernière avec François Baï ?

Pour que ceux qui nous écoutent comprennent, il y a deux dates importantes. Le 31 décembre, il faut qu'il y ait un texte. Sinon, par exemple, l'État ne peut pas lever l'impôt et ne peut pas payer les pensions.

Et le 23 décembre, c'est la date limite pour que un texte de budget de l'État soit adopté. 23 décembre. Si le 23 décembre, il y a pas de vote de l'Assemblée et du Sénat sur un texte de budget, le gouvernement doit prendre des mesures transitoire pour tenir au-delà du 31 décembre.

Et c'est ça, ça s'appelle une loi spéciale. Et bien, je vous le dis, est-ce qu'on peut y échapper à cette loi spéciale ? Parce que c'est la petite musique qu'on entend en ce moment, c'est qu'elle est inévitable.

Donc, quelle est la l'étape future ? Désormais, le Sénat est en train d'écrire sa copie. Nous allons nous réunir dans quelques jours, enfin dans dans une vingtaine de jours le Sénat et l'Assemblée, ce qu'on appelle en commission mixe paritaire sep députés, c sénateurs.

Nous allons travailler un texte. Nous allons essayer d'accoucher de façon commune d'un texte, se mettre d'accord à 14. À mon avis, c'est possible.

On peut avoir un texte, se mettre d'accord, disant voilà le budget de la France, moins de dépenses et des impôts pas trop élevés. Mais après ça repart à l'Assemblée nationale et ce texte que nous dont nous accoucherions à 14, il faut qu'il soit ensuite validé par le Sénat et l'Assemblée. Et c'est là tout le sujet.

Est-ce que l'Assemblée acceptera ce texte de compromis ? Ça sera forcément un texte de compromis. Bah s'il l'accepte, c'est bon, on a un budget.

S'il l'accepte pas, on arrive à la date limite du 23 décembre et le gouvernement devra prendre une loi spéciale pour traiter l'urgence. Le Premier ministre pense qu'il y a toujours une majorité pour voter ce budget. Donc j'ai à vous entendre.

J'ai l'impression que vous êtes aussi optimiste. Non mais je suis pas optimiste, je suis réaliste. Moi, j'ai un travail qui consiste à essayer de faire donner de faire que les gens se mettent d'accord.

Alors aujourd'hui, c'est vrai entre ceux qui veulent l'attaque Zukman, les socialistes, et ceux qui n'en veulent pas, il y a parfois euh a il y a il y a des précipices. J'essaie de combler les précipices, c'est pas facile. Je vous garantis pas que ça sera possible, que ça sera fait, pardon.

Mais en tout cas, que les Français comprennent que à la fin de l'année, il n'y aura pas au sens américain du terme de shotdown. On aura un texte, peut-être pas une loi, mais au moins un texte. Et est-ce que vous dites comme Bruno Rotaillot qu'il vaut mieux une loi spéciale qu'un mauvais budget ?

Oui, bien sûr. Non, mais personne ne veut d'un mauvais budget. La loi spéciale, le problème, c'est que vous ne tenez pas une année avec.

Le loi spéciale, ce n'est qu'un outil qui permet de gagner un peu de temps jusqu'à enfin on se mettre d'accord au début de l'année prochaine sur une loi définitive. Euh, un deux dernières questions. Emmanuel Macron devrait proposer jeudi un service militaire volontaire aux filles et aux garçons âgés de 18 ans qui serait payé entre 9000 et 10000 € par mois pour une durée de 10 mois.

Euh je 900 à 1000 € 9 j'ai j'ai oui 9000 ça fait voilà 900 à 1000 € effectivement je précise que ce sont des informations de la tribune dimanche euh mais en tout cas ce matin sur RTL il a fait un pas vers ce service militaire volontaire. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée ? Écoutez c'est un peu un serpent de mer.

Moi, je crois que le service militaire pour tous c'est un outil de cohésion de la nation. Alors que la nation se dissole, se se dissou, euh il serait bien d'avoir des outils où au fond euh nous communions tous garçons et filles dans l'idée d'une nation euh à défendre. Donc l'idée est plutôt séduisante, simplement ça coûte très cher.

Si ça a été supprimé par Chirac il y a quelques années, c'est aussi parce que c'était devenu inefficace en terme opérationnel. Donc il y a une réflexion très complexe et très complète à avoir. Euh le projet mérite d'être gardé mais à l'état actuel, ce n'est qu'un projet.

C'est un cas projet. Mais c'est vrai que nous avons besoin de ciment. La la jeunesse a besoin de se retrouver.

Euh deux dernières questions euh alors plus anecdotique peut-être en éboueur dans le cadre de sa campagne pour les municipels à Paris. Vous dites après tout est bon pour marquer les esprits. Elle fait comme Donald Trump.

Non mais chacun fait la campagne qu'il souhaite. Manifestement, elle a mis le doigt sur un sujet à Paris. C'est la propreté.

Paris n'est pas une ville propre. Donc elle dit voilà à travers ça, je veux rendre la ville propre. Moi, j'ai été maire et je suis toujours conseiller municipal de ma commune à la Garen Colombe.

La propreté c'est une des priorités. Sécurité, propreté. Quand vous avez ça dans une commune, les gens sont contents.

C'est vrai que Paris mérite un un bon coup de balai. Et et formellement, elle est elle en est où avec les Républicains ? Parce que j'avais cru comprendre que Bruno Rotaillot l'avait suspendu parce qu'elle était restée au gouvernement.

Elle a toujours l'étiquette républicain. Elle sera elle sera aidée et soutenue par les républicains au moment de cette campagne municipale. Nous pensons qu'il y a une possibilité de gagner Paris et de faire en sorte que cette ville qui a été si belle et bien regagne le lustre qu'elle a perdu ces dernières années.

Donc ça reste la candidate des Républicains. Dernière question, le journal d'un prisonnier hein, c'est le titre du livre de Nicolas Sarkozy qui va expliquer son incarcération. Ce livre va sortir le 10 décembre chez Fayard.

Est-ce que vous allez l'acheter ? Est-ce que vous allez le lire ? Ben je, par définition, je lis beaucoup de livres politiques.

Donc évidemment, je vais le lire. J'imagine l'épreuve que ça a été. Je je suis allé passer de jours en prison il y a 1 an à la prison de la santé dans une autre prison pour voir ce qu'était la prison.

La prison, c'est un endroit terrible. Euh et je pense que la société doit avoir une réflexion sur la vie en prison. la vie en prison, c'est un peu aussi le l'image qu'on peut donner de la justice.