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interviewÉlysée (sur YouTube)· 13 décembre 2021 6 min

Déclaration du Président Emmanuel Macron avant le Sommet de Visegrád

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir, Monsieur le Président, on a un peu l'impression, en vous observant avec monsieur Orban, que vous êtes aujourd'hui plus partenaires qu'adversaires. Comment est-ce que ça s'est passé avec lui ? On vous a vus, vous n'avez pas vraiment explicitement parlé des droits LGBT.

Et deuxièmement, est-ce que la visite de monsieur Orban aujourd'hui est devenue une visite symbolique et importante pour tous les prétendants à l'Elysée, pour la France ? La deuxième question ne me concerne pas. C'est bien tenté !

Sur la première, conformément à ce que j'ai toujours dit et à ce que j'ai posé la semaine dernière dans la conférence de presse présentant les lignes de notre semestre de présidence française, on le sait, nous avons des désaccords. Je les ai réaffirmés très clairement tout à l'heure. J'ai d'ailleurs posé le fait que nos désaccords étaient connus.

J'ai explicitement mentionné l'État de droit, le respect des minorités et la lutte contre toutes formes de discrimination, qui couvrent tous les sujets qui sont problématiques, les sujets de corruption aussi qui sont d'ailleurs au coeur des discussions actuelles entre la Commission européenne et le Gouvernement hongrois. Donc ces sujets sont connus, nous en avons parlé. Je pense que la Commission européenne comme moi-même avons la même analyse aujourd'hui : il y a très peu d'avancées sur ces sujets.

Je crois qu'il y a, de manière assumée, une volonté hongroise de ne pas avancer sur ces sujets jusqu'aux échéances électorales d'avril. Cela veut dire qu'il n'y aura pas de versement tant qu'il n'y a pas d'avancées concrètes. Conformément à ce que nous avons décidé, il n'y aura pas de versement de ces avances, alors que je crois qu'il y a aujourd'hui entre 18 et 20 États membres qui ont déjà eu ce versement et que d'autres sont en train de compléter leur dossier.

Et tout dépend des progrès avec la Pologne pour savoir si, dans les prochaines semaines, ces sommes seront débloqués ou pas. Donc je crois que c'est assumé. Et à partir du moment où c'est assumé par le Gouvernement polonais, on a eu cette discussion, on constate nos désaccords et on a parlé des autres sujets pour essayer de faire avancer l'agenda européen.

Mais je le redis, les Hongroises et les Hongrois auront à s'exprimer en avril prochain en toute transparence. Donc ils auront à ce moment-là à dire quel projet ils choisissent, je viens à l'instant de voir les forces d'opposition avec le candidat désigné par l'ensemble de celles-ci. Notre rôle n'est pas de nous substituer à la souveraineté hongroise, c'est évidemment de faire de la pression pour que nos valeurs soient respectées, de manière intraitable, conformément à la fois à nos traités et aux règles que nous avons fixées pour ce qui est du plan de relance, et à côté de ça, de faire avancer l'agenda européen, parce que je ne crois pas non plus qu'on puisse apporter une réponse pertinente et durable à ces problèmes en excluant tel ou tel pays ou tel ou tel peuple.

Vous allez avancer sur quoi, sur l'agenda ? Je vais continuer d'en discuter avec l'ensemble du groupe de Visegrad, mais je souhaite qu'on puisse essayer d'avancer sur le paquet migratoire. Je souhaite qu'on avance sur les sujets climatiques et énergétiques, je souhaite qu'on avance sur la boussole stratégique et les sujets de défense et je souhaite qu'on avance sur le cadre macroéconomique, tout ce que j'ai pu décliner, que j'ai repris point par point dans cet entretien bilatéral et que je vais reprendre avec les quatre membres du groupe de Visegrad. [INAUDIBLE] vous avez annoncé qu'il n'y aura pas de progrès sur l'État de droit d'ici à...

J'ai évoqué tous les sujets qui sont connus et qui ont été rappelés, le sujet des LGBTQI+, les sujets d'État de droit, de presse et de corruption. Mon sentiment est qu'il n'y aura pas d'avancée à court terme. En tout cas, il n'y a pas eu d'ouverture de la part du Gouvernement polonais sur ces sujets.

Mais encore une fois, institutionnellement, c'est la Commission européenne qui porte ce dialogue. Je crois que le constat est le même de la part de la Présidente von der Leyen, ces sujets connaîtront peu d'évolution jusqu'aux échéances électorales en Hongrie. Bonjour, Monsieur le Président, Sami Sfaxi pour Canal+ C News.

Une question au nom de mes consoeurs et confrères sur cette éventuelle vente d'armes ou pas que vous auriez évoquée avec le Président Orban dans cette volonté de construire une Europe de la défense. Est-ce qu'une vente d'armes a été évoquée, une vente de Rafale avec le Premier ministre hongrois ? Et puis deuxième question avec cet événement récent, les dégradations commises sur le mont Valérien. Ҫa a choqué beaucoup, qu'est-ce que cela traduit du climat ambiant ?

Nous n'avons pas discuté de sujets d'armement bilatéraux pour être très direct avec vous. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de discussions dans l'avenir, parce que je considère que ça fait partie des sujets bilatéraux qui peuvent exister. Mais je vais être très transparent avec vous, nous n'en avons pas parlé ces dernières heures et lors de cette visite.

Sur ce qui s'est passé au mont Valérien, j'ai eu l'occasion de m'exprimer. Non seulement je le condamne avec la plus grande force compte tenu de ce que représentente ce lieu, son histoire et cette crypte qui, le 11 novembre dernier, a vu le corps du dernier compagnon de l'Ordre de la Libération arriver conformément à ce que le Général de Gaulle avait voulu, mais je pense que souiller ce lieu comme cela a été fait est indigne. Aucun combat ne justifie ça, aucun, car c'est s'attaquer à la mémoire de nos combattants, s'attaquer à notre histoire, et c'est tout confondre au fond, qui plus est avec les références implicites qu'il y avait.

C'est de la bêtise à l'état pur, ajoutée à une forme de profanation. Je le condamne à tous égards. Merci beaucoup, merci à tous.