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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 septembre 2023 18 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleImmigration & asileÉconomie & entreprises

Abaya et rentrée scolaire : la manipulation médiatique de Gabriel Attal

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:25OuverteÉludée

    Gabriel Attal serait-il déconnecté de la réalité du terrain ?

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur l'uniforme à l'école ?

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Comment accueillez-vous les élèves avec la nouvelle directive sur l'abaya ?

  • 9:16OuverteRéponse directe

    Quels sont les risques pour les Restos du Cœur face à l'inflation ?

  • 11:26OuverteRéponse directe

    Quelles mesures concrètes pour aider les Restos du Cœur ?

  • 13:22OuverteRéponse directe

    Pourquoi la Fondation des Femmes alerte-t-elle sur le manque de moyens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:37PrésentateurChiffre
    « Plus d'un millier de postes d'enseignants sont restés vacants encore cette année. »
  • 1:50InvitéFait
    « Les rectorats ont été réduits à poster des petites annonces sur le site de Pôle emploi. »
  • 2:53PrésentateurFait
    « Il devient ensuite l'un des snipers d'Emmanuel Macron, épousant alors corps et âme son projet pour la France. »
  • 4:16InvitéFait
    « Je me déplace beaucoup sur le terrain et j'échange avec des enseignants, des élus, des familles. »
  • 4:20InvitéFait
    « Je ne suis pas sûr que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes de l'école. »
  • 5:19PrésentateurChiffre
    « Qu'importe si cette tenue génère des débats véritablement, que dans 150 écoles. »
  • 9:20PrésentateurChiffre
    « L'inflation pourrait mettre en danger leur mission humanitaire vitale avec des prix alimentaires qui ont bondi de 20% depuis deux ans. »
  • 10:22InvitéChiffre
    « C'est plusieurs dizaines de millions d'euros qui vont manquer pour pouvoir absorber ce flux de personnes que nous recevons aujourd'hui. »
  • 11:56InvitéChiffre
    « Pour les restos du cœur, ce sera dans les prochains jours 15 millions d'euros qui seront mis sur la table. »
  • 13:49PrésentateurChiffre
    « Sur les 54 millions d'euros dévolus à l'égalité, à peine 0,2% du budget total de l'État, 29,2 millions d'euros sont fléchés vers la lutte contre la violence. »
  • 14:20PrésentateurChiffre
    « Le budget dépensé par l'État pour accompagner chaque femme victime de violences a diminué de plus de 25%. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité8 %
  • Invité 24 %
  • Invité 34 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média. Nous sommes le lundi 4 septembre 2023 et c'est toujours avec plaisir que je vous retrouve ici même sur ce plateau pour un nouveau bulletin d'info estival. Oui, encore estival car même si la rentrée est là pour beaucoup, la nôtre au Média se prépare en coulisses pour octobre prochain où nous arriverons, vous le savez, à la télévision via d'abord la Freebox. C'est donc un chantier inédit, sans précédent, disons-le franchement, qui verra une chaîne d'info résolument à gauche sans mainmise de riches industriels ou de l'État débarquer à la télévision.

Rendez-vous donc sur la page KissKissBankBank dédiée, le lien en description ou juste ici dans le i si vous êtes sur YouTube pour suivre ce qui s'annonce déjà historique. Nous avons besoin plus que jamais de vous. Dans ce bulletin d'info, comme d'habitude, nous aborderons plusieurs sujets qui font l'actualité ce jour, sélectionnés par la rédaction du Média. Nous parlerons des restos du cœur, victimes de l'inflation, de la fondation des femmes qui déplore un manque cruel de moyens alloués par l'État et nous ferons le point sur la situation au Niger après le coup d'État du 26 juillet dernier.

Mais avant cela, je vous propose mon édito où il sera question de la rentrée des classes, non pas en faisant focus sur les conditions de travail et d'études délabrées, mais suspense intenable, la baïa. Ce matin, 12 millions d'élèves reprenaient le chemin de l'école, du premier degré jusqu'au lycée. La rentrée universitaire, elle, aura lieu dès le 18 septembre prochain. C'est donc bien sur les collèges et lycées que l'attention est particulièrement marquée et les caméras braquées cette année.

Plus d'un millier de postes d'enseignants sont restés vacants encore cette année, créant une situation de bricolage, selon les mots de Sophie Vénétité, la secrétaire générale du syndicat SNES-FSU, le syndicat des enseignants du second degré.

1:50
Invité

Il y a encore quelques jours, les rectorats ont été réduits à poster des petites annonces sur le site de Pôle emploi et on voit bien à travers votre reportage que la formation qui est proposée à ses collègues contractuels n'est pas suffisante pour devenir enseignant. On ne s'improvise pas enseignant, on ne devient pas enseignant en quelques jours. Ça nécessite une longue formation et aujourd'hui, les rectorats et plus globalement de l'institution mettent aussi en difficulté ces collègues dont on a vu l'an dernier qu'un certain nombre avait démissionné après plusieurs jours parce qu'ils ne s'estimaient tout simplement pas suffisamment près.

Donc il y a la parole du ministre mais il y a aussi la réalité sur le terrain.

2:25
Présentateur

Ouh la méchante syndicaliste qui oppose la parole du consciencieux nouveau ministre de l'éducation nationale à la réalité du terrain. Gabriel Attal serait-il déconnecté de cette dernière ? Ce serait faire un bien malheureux procès à cet homme de conviction né à Clamart en banlieue chic de Paris ayant fait toute sa scolarité à l'école alsacienne, célèbre établissement privé du très bourgeois 6e arrondissement de la capitale avant de devenir millionnaire à 26 ans à la sueur du front de l'héritage de son père. Il devient ensuite l'un des snipers d'Emmanuel Macron, épousant alors corps et âme son projet pour la France, député, porte-parole du gouvernement et maintenant ministre de l'éducation.

La légende raconte que dans le grand Larousse illustré, au mot mérite, se trouve son portrait. Mais la plèbe, jalouse et hurlante, ne décèle pas là le génie qui émane pourtant de Gabriel Attal de courisse comme il aime se faire appeler, ajoutant le nom de particule de sa mère à son patronyme. Bah ça change des beaux quartiers de la capitale. La fameuse réalité du terrain, elle, elle pique, elle fait même du bruit. Mais rassurez-vous, M. Attal et Mme Borne n'ont pas eu à subir ce tintamarre de prolo énervé lors de leur visite ce matin à Saint-Germain-sur-Île. De vaillants gendarmes tenant la petite foule haineuse à distance du cortège ministériel et des caméras de télévision.

Au programme, visite d'écoles et opérations médiatiques avec son lot de photos en compagnie de nos têtes blondes innocentes. Enfin, innocentes, ça dépend. Faudrait peut-être d'ailleurs les mater. Gérard Larcher, l'éternel président LR du Sénat, le pense aussi. Invoquant à la télévision hier un regain d'autorité à l'école pour transmettre des savoirs fondamentaux. Et l'instauration de l'uniforme, quand dit Gabriel Attal ?

4:14
Invité

Moi, je me déplace beaucoup sur le terrain et j'échange avec des enseignants, des élus, des familles qui souvent, effectivement, me font cette proposition. Pour vous répondre très concrètement, je ne suis pas sûr que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes de l'école. Mais en tout cas, je pense qu'elle mérite d'être testée.

4:28
Présentateur

En voilà une idée qu'elle est bonne. Quitte à avoir une tenue religieuse, autant que la religion soit celle de l'amour de la France républicaine, non ? Tous pareils, plus de blanc, de noir, de couleur, tous en gris républicain. Et pour donner une petite touche guillrette, on pourrait imaginer un petit logo reprenant les contours du doux visage de notre bon président. Une jolie blouse, comme avant la Grande Guerre, pour masquer les inégalités sociales et ainsi mieux les maintenir. Ce ne serait pas merveilleux ? En tout cas, ça mérite d'être testé, selon le ministre, qui n'avait jamais mis un orteil dans une école publique avant d'en avoir la responsabilité suprême.

En attendant la fabuleuse uniformisation en marche, c'est un autre gros chantier républicain, là aussi, qui donne le ton de cette rentrée scolaire. L'interdiction de l'abaya dans les quelques 60 000 établissements que compte notre pays. Qu'importe si cette tenue génère des débats véritablement, que dans 150 écoles. Oui, 150 sur 60 000. Mais le sujet doit être LE sujet de la rentrée.

5:23
Invité

Bonjour, si vous avez prévu de faire un reportage dans un établissement lundi, sachez que nous avons ouvert les portes de 8 établissements partout en France qui sont confrontés au problème de l'abaya. Dites-moi si vous êtes intéressé.

5:34
Présentateur

Voici donc le fameux SMS reçu par des journalistes en provenance directe du cabinet du ministre de l'Indication Nationale, Gabriel Attal. Une invitation du pouvoir exécutif à destination des médias, mais qui y présente comme des allures d'injonction. Habituellement, pour entrer dans une école avec une caméra, un journaliste se heurte à des jours de paperasse pour espérer obtenir une autorisation de tournage. Mais là, comme par magie, les portes sont ouvertes à qui veut. Mais attention, uniquement les portes d'une poignée d'établissements confrontés au problème de l'abaya, selon les mots du cabinet. Pour la promesse de non-stigmatisation, on repassera.

Et devinez qui sont ceux qui ont accouru faire la propagation du journalisme ?

6:13
Invité

Pour le moment, ça se passe bien. Vous le voyez, l'accueil des élèves a démarré. On est avec le proviseur, Laurence Abatier. Bonjour. Vous, concrètement, comment vous accueillez les élèves ce matin avec cette nouvelle directive du ministère ? Alors, on les accueille de la même manière que chaque année, comme vous le voyez. Je pense que les instructions que nous avons reçues ont tellement été médiatisées qu'on aura très peu de cas à gérer. Voilà, tout se passe bien pour le moment. L'an dernier, on a eu quelques cas d'atteinte à la laïcité qui ont toutes été gérées par le dialogue. Le dialogue, justement, c'est ça votre mission. Vous vous mettez ici à l'entrée.

Vous êtes épaulé par une référente laïcité pour désamorcer, pour apaiser la situation, c'est ça ? Alors, la situation est calme. Donc, effectivement, le rectorat a mandaté une référente laïcité.

7:00
Présentateur

Une référente laïcité. Oui, vous avez bien entendu. Bon, bien que ça peut tiquer un peu à l'oreille, la discussion, c'est toujours bon signe. Mais est-elle seulement au menu, cette discussion ? La Macronie, nous ayant plutôt habitués à ce qu'on l'écoute, elle, sans broncher. On se souvient des doléances populaires ou encore des grands débats pendant la crise des Gilets jaunes. Tout ça au placard. Avec Macron, c'est cause toujours, tu m'intéresses, mais surtout, écoute ma pensée complexe.

Qui peut sérieusement croire un instant que, comme le promet aujourd'hui le pouvoir exécutif, sera privilégié le dialogue avec les quelques jeunes filles et jeunes hommes qui se présenteront à l'école avec la mauvaise tenue ? Qu'elles et ils ne seront pas stigmatisés et poussés vers le décrochage scolaire pourtant ciblé par Macron lui-même comme la plaie principale de l'école ? Dès ce matin, des équipes, je cite, « valeurs de la République » ont été déployées dans les quelques 150 collèges et lycées en question. Avec un objectif, aider les personnes pour faire appliquer les principes de la laïcité. Il y aura des tentatives de détournement de la règle.

On voit bien que sur TikTok, certains encouragent les jeunes filles à aller acheter des vêtements amples et ensuite à nous présenter la facture pour prouver que ce n'est pas une abaya, prévient une proviseure de lycée dans les colonnes du Parisien. Pourtant, interdire, restreindre, fliquer, stigmatiser, l'histoire nous montre que cela génère des effets aux antipodes de se rechercher ou plutôt de se annoncer comme rechercher. Les débats étaient les mêmes en 1905 lorsqu'était rédigée et votée la loi sur la séparation des églises et de l'État. Peu importe, les obsessions d'Emmanuel Macron sur sa vision d'une école et même d'une nation à rebâtir dominent.

Comme il le racontait dans son entretien fleuve dans Le Point la semaine passée. D'ailleurs, à ce moment-là, je vous en parlais ici même aux médias et si vous avez raté ça, je vous invite à aller revoir la vidéo. Des obsessions donc, mais qui sont plus politiciennes qu'idéologiques. Le camp présidentiel est derrière lui toute l'élite libérale bourgeoise du pays souhaitant marcher sur le terrain traditionnellement occupé par l'extrême droite afin de lui siphonner quelques voix. Car, comme le déclarait tout récemment l'ambitieux Gérald Darmanin, ce qui m'inquiète maintenant, c'est ce qui se passera en 2027. Nous voici donc d'accord au moins sur une chose avec lui.

Oui, nous sommes en effet inquiets. Poursuivons avec l'actualité du jour. Le président de l'association des Restos du Coeur, Patrice Douret, alerte. L'inflation pourrait mettre en danger leur mission humanitaire vitale avec des prix alimentaires qui ont bondi de 20% depuis deux ans. Les personnes dans le besoin en France multiplient et les Restos du Coeur ont servi 35% de repas supplémentaires par rapport à l'année dernière.

9:35
Invité

L'an dernier, les Restos du Coeur ont distribué 142 millions de repas, gratuitement bien sûr. C'était déjà terrible et là, nous en sommes à plus de 170 millions de repas distribués par les Restos du Coeur. Très clairement, aujourd'hui, ce n'est plus tenable. Et il faut être aussi très concret. À ce rythme-là, si l'on n'y fait rien, même les Restos du Coeur pourraient mettre la clé sous la porte d'ici trois ans.

9:58
Présentateur

Si la tendance se poursuit, les Restos du Coeur devront refuser des personnes l'hiver prochain et réduire la quantité des paniers, déplore son président.

10:05
Invité

Vous nous avez demandé de relayer un appel à l'aide. On ne pourra pas s'en sortir tout seul. Aujourd'hui, je lance un appel aux forces politiques de notre pays et aux forces économiques également. C'est important pour nous parce qu'encore une fois, malgré les mesures qui ont été prises, c'est plusieurs dizaines de millions d'euros qui vont manquer pour pouvoir absorber ce flux de personnes que nous recevons aujourd'hui. Nous avons alerté sur cette situation déjà depuis plusieurs mois. Le gouvernement, et notamment la Première ministre était le Président de la République. Et aujourd'hui, nous ne sommes pas suffisamment entendus. Je dirais même peut-être pas suffisamment pris au sérieux.

Nous demandons des réponses concrètes, précises, immédiates et le lancement d'un plan d'urgence alimentaire. Et c'est pourquoi nous nous tournons aussi vers les forces économiques de ce pays. Je crois que nous avons la chance d'avoir des grands groupes qui réussissent, des entreprises performantes. Je leur lance un appel solennel. C'est maintenant qu'il faut venir nous rejoindre pour nous aider et essayer de franchir ce cap. Vous savez, Anne-Claire Coudré, on n'a pas l'habitude au resto du cœur de crier aux loups trop souvent. Nous ne voulons pas être alarmistes, mais soyons réalistes, les dix sont en train de lâcher et je crois qu'il faut agir avant qu'il soit trop tard.

11:15
Présentateur

Les prix qui explosent, les salaires qui stagnent, les droits sociaux réduits, les impôts allégés ou supprimés, les conséquences de la politique néolibérale macroniste sont bien concrètes. Aurore Berger, ministre des Solidarités, a répondu à cet appel, toujours sur le plateau de TF1.

11:31
Invité

C'est d'abord ce que l'État doit faire, parce que c'est hors de question, évidemment, de voir les restos du cœur. Imaginer même que les restos puissent fermer la porte, comme il l'a dit, ou que les bénévoles doivent renoncer à aider celles et ceux qui se présentent. Donc on a déjà, plus que doublé l'aide alimentaire ces trois dernières années. Et évidemment, on va aider spécifiquement les restos du cœur, comme toutes les associations d'aide alimentaire au niveau national et local.

Pour les restos du cœur, ce sera dans les prochains jours 15 millions d'euros qui seront mis sur la table de manière spécifique pour les aider à passer cette période et donc faire en sorte que les Français les plus fragiles, les plus modestes soient accompagnés.

12:06
Présentateur

Un appel entendu par un éminent proche du couple Macron, Bernard Arnault. Ce dernier a fait savoir aujourd'hui qu'il versera 10 millions d'euros à l'association créée par Coluche. Une somme folle pour le commun des mortels, mais anecdotique pour l'homme le plus riche du monde, à la tête d'une fortune estimée à plus de 207 milliards de dollars et du groupe LVMH, adepte des paradis fiscaux. Une aide exceptionnelle, un énième chèque, est-ce assez ? Cela règle-t-il le problème à sa racine ? La pauvreté et ses effets peuvent-ils se régler avec des rustines à l'instar d'un pneu crevé ?

Aurore Berger a annoncé recevoir prochainement les grandes entreprises, les, je la cite, « grandes réussites françaises » afin qu'elles répondent présentes pour l'aide aux plus fragiles. Nous revoici alors face aux mêmes méthodes, des demandes sans contrainte, au bon vouloir des grosses puissances économiques, d'agir ou non, l'exécutif se refusant toujours de mener les politiques économiques et sociales qui, par exemple, permettraient une meilleure répartition des richesses. Au contraire, jusqu'ici, cette dernière se concentre dans toujours moins de mains, battant record sur record.

Les associations aux missions sociales, ces structures qui endossent le rôle de l'État quand celui-ci est défaillant ou absent, voient leurs subventions publiques diminuer d'année en année. Dans le même temps où les Restos du Coeur lancent un SOS, on l'a vu, la Fondation des Femmes alerte elle aussi. Les associations d'aide aux femmes victimes de violences sont au bord de la faillite. La Fondation des Femmes lance alors, je cite, « un fonds d'urgence pour ne pas mettre en péril les milliers de femmes en appelant aux dons sur http2.slash.fondationdesfemmes.org ». Encore une rustine.

Dans le même élan, la Fondation appelle à la solidarité dénonçant un manque cruel de moyens alloués par l'État à cette mission sociale de premier ordre. Sur les 54 millions d'euros dévolus à l'égalité, à peine 0,2% du budget total de l'État, 29,2 millions d'euros sont fléchés vers la lutte contre la violence, les violences faites aux femmes, contre 13 millions. En 2019, rapporte Libération. Mais le nombre de femmes qui se signalent explose aussi. Entre 2018 et 2022, les faits de violences conjugales dénoncées ont augmenté de 83% selon les données du ministère de l'Intérieur, un chiffre qui grimpe à 100% pour les violences sexuelles ces dix dernières années, précise là aussi Libération.

La Fondation des Femmes a fait le calcul. Le budget dépensé par l'État pour accompagner chaque femme victime de violences a diminué de plus de 25%. Tout ça, quatre ans après le Grenelle des violences conjugales avec la promesse de faire de la cause des femmes la grande cause du quinquennat Macron. Depuis, des places d'hébergement ont été fermées, des associations locales sont en redressement judiciaire, etc. La Fondation espère lever un million d'euros. Et pour terminer, direction le Niger où ce week-end a été animé par des manifestations massives dans la capitale Niamey.

Les opposants à la présence français se sont rassemblés devant le complexe militaire nigérien abritant les militaires français. Le mot d'ordre est simple, je cite « la France dégagée » selon les propos rapportés par la correspondante à Niamey pour Libération Agnès Fèvre. Les organisateurs parlent d'une manifestation je cite « massive » qui va entrer dans les annales. Celles-ci, les manifestations étaient en effet interdites depuis 2018. Interdiction faite à l'initiative de l'ancien président Mahatmadou Issoufou qui avait d'ailleurs pour ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique Mohamed Bazoum le président renversé le 26 juillet dernier lors du coup d'État militaire.

Des manifestants pas nécessairement acquis à la junte militaire mais qui, par principe, approuvent la décision de renvoyer les militaires français chez eux. Le mouvement répond au délai de 30 jours fixé par le général Chiani, leader des poulschistes, pour que l'armée française prenne acte de la fin des accords signés entre elle et le Niger et quitte le territoire. De son côté, l'État français déclare depuis le début ne reconnaître que le président démocratiquement élu, on insiste là fortement sur les guillemets, Mohamed Bazoum. Emmanuel Macron, tel un vingt-en-guerre, compte même aller jusqu'au bras de fer avec la junte militaire.

Il avait notamment refusé, la semaine dernière, de rappeler son ambassadeur Sylvain Ité. Et ailleurs en Afrique, petit point pour vous donner les dernières informations du Gabon rapportées par l'AFP. Le général Oligui a prêté serment en tant que président de la transition. Une prestation de serment assez originale faite devant la cour constitutionnelle alors même que le premier acte des putschistes gabonais a été de dissoudre toutes les institutions. Et surtout, la constitution gabonaise que la cour constitutionnelle est censée interpréter ne prévoit rien au sujet de la légitimation institutionnelle donc des putsch.

Il est difficile donc de prédire ce qui va sortir de tout ça, mais en tout cas, rien de bon, rien de bien bon pour les défenseurs de la France-Afrique. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'infos, un format qui entre dans notre programmation d'été. En attendant la reprise de nos directs, à la rentrée, nous continuons à vous proposer ici nos programmes au quotidien. D'ici à la rentrée prochaine, nous vous invitons à rejoindre la page KissKissBankBank du Média. C'est là-bas que vous pourrez suivre notre arrivée sur le petit écran, le lien dans la description ou alors juste ici si vous nous regardez sur YouTube.

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17:21
Invité

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