Compte rendu du Conseil des ministres du 9 juin 2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:01RelanceRéponse directe
Revenir sur l'agression d'hier du président de la République et sur les suspects (Mein Kampf, armes).
- 12:01RelanceRéponse directe
Le président avait-il été prévenu de la dangerosité du bain de foule ? Changement de physionomie des déplacements ?
- 14:01OuverteRéponse directe
Inquiétude sur la violence dans le pays à la veille d'une campagne présidentielle ?
- 16:01OuverteRéponse directe
Le tour de France du président va-t-il se poursuivre ? Dispositif de sécurité revu ?
- 18:01OuverteRéponse directe
Perspectives pour les discothèques autour du 21 juin ?
- 20:01OuverteRéponse directe
Réforme des retraites : position du président et calendrier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Chiffre
« Le taux d'incidence est passé sous les 70 au niveau national, retrouvant les niveaux de début septembre. »
- 4:00Chiffre
« Après le 19 mai, nous avons atteint, avec seulement les terrasses ouvertes, quasiment le même niveau de consommation dans la restauration qu'en 2019. »
- 5:00Chiffre
« 50 000 emplois ont été créés dans notre économie au premier trimestre. »
- 6:00Fait
« La France est le grand pays de la zone euro où l'activité se maintient le mieux depuis le début de la crise. »
- 7:00Fait
« Un rapport indépendant a désigné la France, pour la deuxième année consécutive, pays le plus attractif d'Europe pour les investisseurs étrangers. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à toutes et à tous. Mesdames, Messieurs, aujourd'hui n'est pas un mercredi tout à fait ordinaire. Pour la première fois depuis de longues semaines, les Français peuvent retrouver l'intérieur de leurs restaurants, les salles de sport, les piscines.
Les théâtres et les cinémas voient leur jauge assouplie et pourront accueillir davantage de monde. Quant aux festivals, concerts, évènements sportifs, ils peuvent enfin reprendre dans la limite de 5 000 personnes. Le couvre-feu est décalé de 21 heures à 23 heures.
C'était une étape très attendue par les restaurants, par les théâtres, par les cinémas, qui pourront accueillir à nouveau des clients pendant la soirée. Vous l'aurez compris, ce 9 juin n'est plus seulement un avant-goût, mais bien une saveur de la vie d'avant que nous retrouvons. Cette étape était attendue, espérée.
Ce 9 juin est la date à nouveau des promesses tenues, d'un plan établi depuis plusieurs semaines, d'un calendrier partagé qui se déroule conformément aux promesses du président de la République. Le président de la République l'a d'ailleurs dit ce matin, en introduction du Conseil des ministres, il faut se réjouir de chaque étape d'espace reconquis. Il a également rappelé que, si aujourd'hui nous pouvons rouvrir massivement, c'est grâce à la responsabilité des Français qui ont fait beaucoup d'efforts.
Ils ont compris la nécessité d'avancer étape par étape et l'impératif de respecter les gestes barrières pour garantir des réouvertures durables. Cette semaine, la situation sanitaire a encore connu une amélioration très sensible. La baisse s'accélère encore.
Le taux d'incidence est passé sous les 70 au niveau national, retrouvant les niveaux de début septembre. Seuls quatre départements ont un taux d'incidence supérieur à 100. Le nombre de nouveaux cas détectés a diminué de près d'un tiers sur la semaine.
Le nombre de patients à l'hôpital et en réanimation est en baisse constante, forte, et atteint des niveaux que nous connaissions fin octobre. Autre bonne nouvelle, dans certains territoires du Sud-ouest où des signes de reprise avaient pu être constatés, j'en avais parlé ici même la semaine dernière, nous observons que le virus y recule à nouveau, ce qui est une bonne nouvelle. C'est un soulagement.
C'est aussi très important pour notre capacité à lutter contre le virus et contre l'épidémie puisque, derrière ces chiffres, cela veut dire que, très concrètement, le nombre de cas détectés chaque jour est bien inférieur à ce que nous avons connu il y a encore quelques semaines. Et donc cela veut dire que, pour chaque cas détecté positif, nous pouvons mener une politique de tracing, de traçage des contacts pleine et entière. Cela veut dire que, quand un cas est détecté positif, non seulement, à travers un contact avec cette personne, nous pouvons identifier les personnes avec qui ce malade a été en contact pour pouvoir les prévenir et leur dire de s'isoler, mais cela veut dire aussi que, pour chaque cas détecté positif, nous pouvons faire ce qu'on appelle un rétro-tracing, c'est-à-dire remonter, essayer d'identifier la personne qui l'a contaminé, donc potentiellement identifier des personnes qui sont porteuses du virus sans le savoir, et pouvoir elles-mêmes les isoler.
C'est donc une application pleine et entière du dispositif " Tester, alerter et protéger " qui est permise par cette situation sanitaire et qui doit nous permettre de contenir durablement l'épidémie dans notre pays. Mais c'est aussi un rappel. Nous devons rester vigilants.
Nous ne devons pas croire qu'une embellie signifie la fin de l'épidémie. Continuons à faire attention. Continuons à respecter les gestes barrières, à porter nos masques.
C'est un frein inestimable. C'est aussi la meilleure protection contre les faux espoirs ou contre les déconvenues. La prudence est une arme puissante, et nous devons évidemment la maintenir.
Et puisque je parle des armes contre l'épidémie, aujourd'hui une nouvelle arme se met en place : le pass sanitaire. Le pass sanitaire, c'est la liberté. C'est la capacité à aller dans de grands rassemblements sportifs ou culturels avec un certificat de vaccination ou un résultat de test négatif.
C'est ce qui permet à toute la vie de reprendre. C'est ce qui permet de profiter à nouveau de la culture et du sport dans leur plénitude. Mais, vous le savez, la protection durable ne s'obtiendra que grâce à la vaccination.
Elle se poursuit à un rythme soutenu. Plus d'un adulte sur deux est vacciné, et nous devrions atteindre cette semaine, peut-être avec un peu d'avance, notre objectif de 30 millions de personnes ayant reçu une première injection. La vaccination au grand public va ensuite se poursuivre, et même s'élargir, puisque dès le 15 juin, vous le savez, les 12-18 ans seront éligibles à la vaccination.
Sur ce point, je veux renouveler le message que j'ai passé la semaine dernière. Lorsque l'on a bénéficié d'une première injection, on n'est évidemment pas pleinement protégé contre l'épidémie. C'est vrai que nous avons pu observer, dans certains cas positifs, des personnes qui avaient reçu leur première injection de vaccin et qui parfois pouvaient se penser protégées du fait de cette première injection.
Mais non, c'est bien le schéma vaccinal complet, comme on dit, qui permet de garantir une protection la plus complète possible. Il est important de le rappeler. Cette reprise de la vie est également le signe d'une forte reprise économique.
Grâce aux réformes mises en place depuis le début du quinquennat, et au " quoi qu'il en coûte " qui a sauvé des millions d'emplois, des centaines de milliers d'entreprises et le pouvoir d'achat des Français, l'économie repart. Elle repart fort, elle repart mieux. Je vous donne quelques indicateurs.
Après le 19 mai, nous avons atteint, avec seulement les terrasses ouvertes, quasiment le même niveau de consommation dans la restauration qu'en 2019, avant la crise, sur la même période. 50 000 emplois ont été créés dans notre économie au premier trimestre. Et la France est le grand pays de la zone euro où l'activité se maintient le mieux depuis le début de la crise.
Par ailleurs, et je veux m'en réjouir devant vous, un rapport indépendant a désigné la France, pour la deuxième année consécutive, pays le plus attractif d'Europe pour les investisseurs étrangers. Les investisseurs étrangers trouvent en France la stabilité, le dynamisme et les conditions nécessaires pour investir sereinement. Ce sont par exemple 341 projets industriels et manufacturiers qui se sont implantés en France cette année, contre 112 au Royaume-Uni par exemple.
Cette reprise de notre activité et de notre vie quotidienne était attendue par tous les Français. Je sais qu'elle l'était particulièrement pour nos jeunes. Les 18 mois que nous venons de vivre ont éprouvé notre jeunesse.
Nous le savions, et c'est pourquoi nous n'avons pas attendu une seconde pour mettre en place les aides, les mesures pour les accompagner et les aider à traverser cette crise. Il y a eu un soutien financier important. Je pense à des aides exceptionnelles pour les étudiants boursiers, aux repas à 1 euro aux Crous pour tous les étudiants, au réexamen exceptionnel des demandes de bourse, au prêt étudiant garanti par l'État.
Il y a eu le soutien pour l'emploi avec le plan " 1 jeune, 1 solution ", qui a permis à 1,5 million de jeunes d'être recrutés et a dopé l'apprentissage en signant 500 000 contrats d'apprentissage l'année dernière, ce qui est un record historique dans notre pays. Il y a le soutien à l'accès des jeunes à la culture avec le pass Culture qui se déploie, à la pratique sportive avec le Pass'Sport qui se déploie aussi. Il y a enfin cet engagement déterminant pour le soutien psychologique et l'accompagnement psychologique d'une jeunesse durement éprouvée avec les " chèques psy " ou le doublement du nombre de psychologues à l'université.
Sans relâche, les jeunes sont au coeur de nos décisions, et la reprise d'activité doit leur bénéficier. C'est la raison pour laquelle le président de la République a indiqué ce matin, en propos liminaire du Conseil des ministres, que la priorité du gouvernement pour les prochaines semaines doit être l'accompagnement des secteurs économiques. Nous passons, a-t-il dit, du " quoi qu'il en coûte " au " quoi qu'il arrive ", avec un accompagnement, quelle que soit la reprise d'activité, qui s'adapte à la reprise d'activité dans chacun des secteurs et pour chacune des entreprises.
Ce Conseil des ministres a également été l'occasion d'examiner un certain nombre de textes. D'abord, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi pour faciliter l'accès à l'emploi des conjoint des agents en poste au Kosovo. Ce texte obéit à une volonté simple : garantir des familles réunies pour tous les personnels diplomatiques.
Ensuite a été adopté un projet de loi autorisant deux accords sur les transports routiers internationaux, l'un avec la Tunisie et l'autre avec l'Ouzbékistan. Ces accords permettront à de nouvelles voies de transport de se développer, alternatives à l'avion, et d'intensifier nos liens touristiques et commerciaux avec les deux pays. Dernier texte adopté ce matin, une ordonnance sur les services de financement participatif.
L'objet de ce texte est d'éviter des démarches trop lourdes pour les prestataires de services de financement participatif à destination des entrepreneurs. Ce Conseil des ministres a également été l'occasion d'une communication du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance et de la secrétaire d'État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire, sur une nouvelle plateforme qui met à disposition des données sur l'impact environnemental, social et de bonne gouvernance des entreprises. Depuis le 28 mai, la plateforme impact.gouv.fr, sur laquelle chacune et chacun peut se rendre, est disponible.
Elle répond à un objectif clair : mettre en lumière la responsabilité sociale et environnementale de chaque entreprise et les actions qui sont menées pour une société plus durable, plus responsable et plus solidaire. Nous ne sommes pas de ceux qui opposent l'intérêt général et le développement économique des entreprises privées. Nous croyons au contraire qu'ils peuvent aller de pair, et nous devons, l'État, y contribuer.
Avec cette plateforme, nous réaffirmons notre volonté de faire émerger un capitalisme plus responsable et un nouveau modèle d'entreprise. Cette dynamique, je le dis, positionne la France comme un leader européen pour la transparence. Elle permet aux Français de mesurer les efforts concrets qui sont mis en oeuvre par les entreprises pour contribuer à un modèle plus durable.
Et je veux vraiment insister sur ce point, sur le fait que la France est en avance, est pionnière, est à la pointe, à l'initiative. Ce sont d'ailleurs des initiatives que nous portons y compris au Parlement européen, au sein du groupe Renew, puisque le député Pascal Durand a notamment été chargé d'un rapport sur le sujet, et évidemment, nous allons poursuivre dans cette voie. Voilà, Mesdames, Messieurs, ce que je pouvais vous dire des grands points du Conseil des ministres, et je me tiens à votre disposition pour répondre à des questions.
Merci. Bonjour Monsieur le ministre. Sami Sfaxi pour Canal+ CNews.
J'aimerais revenir sur l'agression d'hier, dont a été victime le président de la République. Vous ne l'avez pas évoquée. Est-ce que cela a été évoqué par le chef de l'État en Conseil des ministres, et est-ce que cela remet en question la volonté du président d'aller au contact direct des concitoyens ?
Et dernière question : selon nos informations, un exemplaire de Mein Kampf a été trouvé chez un des deux gardés à vue, ainsi que des armes à feu, qu'est-ce que cela dit du profil des suspects ? Merci. Le président de la République est revenu ce matin sur son déplacement d'hier à Valence.
Il a redit qu'aucune violence ne saurait être banalisée dans notre pays, qu'elle soit langagière ou en actes, et qu'il nous faut systématiquement la condamner. Et moi, je veux saluer l'Union républicaine qui a été exprimée hier par, je crois, l'ensemble des formations politiques, que ce soit dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ou en dehors, pour dénoncer cet acte. Le président a rappelé également qu'il faut regarder cet acte pour ce qu'il est, c'est à dire un fait isolé d'un individu violent qui a voulu, je le rappelle, porter un coup au président de la République.
Il y a une enquête qui est en cours. Je crois que des perquisitions ont eu lieu. Je ne dispose pas d'informations sur ce point autres que celles que je lis dans la presse, mais vous m'avez entendu ce matin dire sur une radio qu'il me semble que l'auteur de cette agression n'est pas monsieur Tout le monde, et les informations que vous évoquez devant moi semblent le confirmer.
Bonjour, Monsieur le ministre. Mathieu Coache, BFMTV. Sur la même thématique, BFMTV révèle que le président de la République avait été informé, juste avant cette gifle, de la dangerosité possible de ce bain de foule.
Il a fait le choix d'y aller. Est-ce que cela veut dire que la physionomie de ses déplacements va changer dans les jours, dans les semaines qui viennent, et est-ce qu'il a fait preuve d'une imprudence ? Non, sur ce point, je ne crois pas que cette information soit exacte.
Je vous le dis d'ailleurs, cette information n'est pas exacte. Il n'y avait pas eu d'alerte particulière sur ce moment, ce bain de foule. Il y a évidemment une vigilance permanente du groupement de sécurité de la présidence de la République, mais il n'y avait pas eu d'alerte particulière sur ce moment précis.
Il y a évidemment une vigilance. Mais je le redis comme je l'ai dit là aussi ce matin, évidemment que le président de la République, comme d'ailleurs les membres du gouvernement, va continuer à aller au contact, sans filtre, comme cela a été dit, avec les Français. Il y a eu par le passé des responsables politiques, j'ai eu l'occasion de le dire, qui peut-être faisaient parfois venir des militants derrière des barrières pour donner le sentiment qu'il y avait des échanges et des contacts avec les Français, alors qu'en réalité, les choses étaient très organisées.
La réalité, c'est qu'il y a une vigilance, évidemment, mais il y a un souhait du président de la République et du gouvernement d'avoir des contacts les plus directs possibles. Et évidemment que cela se poursuivra. J'entends votre réaction, mais nous confirmons cette information selon laquelle le président avait bien été prévenu quelques instants avant.
Je ne sais pas qui vous a communiqué cette information, mais je vous donne la réalité des faits. Bonjour, Frédéric [INAUDIBLE] pour LCI/TF1. Pour poursuivre sur ce sujet, est-ce que tout de même il n'y a pas une inquiétude du chef de l'État sur la situation de violence dans le pays ?
Vous dites " cas isolé ", mais on a vu quand même ces derniers jours notamment cette vidéo dévoilée par Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'il n'y a pas une inquiétude générale aujourd'hui, à la veille surtout d'une campagne présidentielle qui s'annonce très mouvementée. Vous savez, d'ailleurs ce matin, le président de la République, en revenant sur le déplacement à Valence, l'a dit : il y a de la violence dans notre société.
Et la violence que nous poursuivons, que nous traquons, c'est celle qui conduit à ce que des femmes soient victimes des coups de leur conjoint. C'est celle qui conduit à ce que des Français soient au quotidien agressés dans leurs déplacements dans l'espace public. C'est celle qui conduit à ce qu'il y ait des trafics qui s'organisent, et qui parfois financent une criminalité encore plus grave, encore plus importante sur un territoire.
Évidemment que cette action doit se poursuivre sans relâche. Pour le reste, s'agissant du débat plus politique, je redis que le débat s'arrête là où commence la violence verbale ou physique. Et donc évidemment, parce qu'aussi il faut se garder de toute banalisation, il convient d'avoir un sursaut sur ce point.
Et encore une fois, je me réjouis d'avoir entendu hier l'unanimité des forces politiques pour dénoncer ce qui s'est passé. Bonjour Monsieur le Ministre. Jacques Serais, RTL.
Est-ce que le tour de France du président va se poursuivre, se dérouler comme prévu dans les prochains jours, les prochaines semaines ? Est-ce que le dispositif de sécurité qui l'entoure va être revu ? Je viens de vous dire à l'instant que, évidemment, le président va continuer à aller au contact des Français comme cela a été prévu, et qu'il a évidemment toujours avec lui un dispositif de sécurité, du GSPR comme on dit, qui va continuer à être à ses côtés pour avoir cette vigilance que j'évoquais il y a un instant.
Mais, encore une fois, le lien direct, le contact direct avec les Français est un élément extrêmement précieux pour le président de la République. Parce que par ailleurs, notre pays est à un tournant. Parce qu'on sort, on l'espère durablement, d'une des pires crises sanitaires de notre histoire.
Parce qu'il y a encore une crise économique, des risques économiques. Parce qu'il nous faut reconstruire le pays et relancer l'économie. Pour ça, il faut évidemment faire des choix, et pour construire ces choix, pour prendre ces décisions, il n'y a rien de mieux et de plus adapté que le contact et l'échange direct avec les Français.
Donc évidemment qu'il va se poursuivre dans les semaines qui viennent. Le Président a évoqué cette date du 21 juin pour donner des perspectives au secteur des discothèques, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ? D'abord, je veux redire qu'on a évidemment tous hâte que les discothèques puissent rouvrir, pas uniquement pour pouvoir y retourner, je vois vos visages, je pense qu'on a tous envie de pouvoir y retourner, mais parce que c'est un secteur qui est empêché de travailler depuis plus d'un an.
Les discothèques, c'est le secteur qui n'a jamais pu rouvrir depuis plus d'un an, depuis que l'épidémie est arrivée dans notre pays. Ce sont des femmes, des hommes qui soit sont propriétaires d'un établissement, soit y travaillent, qui sont empêchés de travailler. Évidemment, ils sont accompagnés, et ils continuent à l'être avec les mêmes dispositifs, la compensation de la perte de chiffre d'affaires, le chômage partiel, les exonérations de charges, ce qui leur permet de tenir jusqu'au moment où ils pourront rouvrir.
Maintenant, quel est ce moment ? Je ne peux pas vous apporter la réponse aujourd'hui, si ce n'est vous dire, comme on a toujours eu l'occasion de le dire, que dès lors qu'on considérera que c'est sécurisé en termes sanitaires, que ça ne constitue pas un risque majeur, évidemment que nous le ferons. Et le président de la République a donné hier ce rendez-vous autour du 21 juin pour communiquer sur ces perspectives et sur les dates de réouverture du secteur de la nuit.
On s'était engagés, au moment de l'examen du projet de loi de sortie de l'état d'urgence sanitaire, à ce qu'il y ait une forme de revoyure, une communication en direction du secteur dans la deuxième quinzaine de juin, et le président de la République a eu l'occasion de dire hier que c'est autour du 21 juin. Donc ça se précise qu'on pourra communiquer en direction du secteur. Une question concernant la réforme des retraites, puisqu'il en avait été question de la part du président de la République.
On a vu l'ensemble de la classe politique s'y opposer et dire que ce n'était pas possible de remettre cette réforme avant la fin du mandat. Est-ce que le chef de l'État maintient sa position, et est-ce qu'il y a un calendrier qui est prévu ? Ce matin, le président de la République a eu l'occasion de dire que, s'agissant des réformes, le débat le plus important, et la mobilisation la plus importante aujourd'hui, c'est la question du travail.
Il y a la réforme de l'assurance chômage, vous le savez, qui se déploie après avoir été revue en concertation avec les partenaires sociaux à la lumière de la crise sanitaire et économique. il y a le plan d'investissement dans les compétences pour former des Françaises et des Français à des compétences. Et il y a la mobilisation en faveur de l'emploi, notamment pour que les 110 000 emplois qui sont disponibles dans le secteur de l'hôtellerie-restauration puissent trouver preneurs, notamment pour que les 70 000 emplois disponibles dans le secteur du tourisme puissent trouver preneurs, pour que les emplois disponibles dans le secteur de l'agriculture puissent trouver preneurs.
C'est ça, aujourd'hui, le coeur de notre mobilisation. S'agissant des retraites, le président de la République a eu l'occasion de redire ce matin que le débat se pose depuis le début du quinquennat, et plus fortement depuis la deuxième année du quinquennat, quand le Conseil d'orientation des retraites, le COR, a revu ses prévisions de déficit à l'horizon 2030. Vous vous souvenez qu'il avait remis un rapport qui était différent des prévisions qu'il avait émises avant l'élection présidentielle.
Donc évidemment que le débat se pose, s'est posé. Le président de la République a indiqué et rappelé qu'il faut regarder sereinement les choses et dire la vérité à nos concitoyens, et qu'il ne faut donc ni éluder, ni précipiter cette question aujourd'hui. C'est ce que je viens de vous dire : la priorité de notre mobilisation, le coeur de notre mobilisation aujourd'hui, dans les semaines qui viennent, c'est la question du travail.
Je peux vous refaire tout le petit laïus que je viens de vous faire, mais je ne crois pas que vous soyez particulièrement en demande. La question des retraites se pose. Elle se posait avant la crise, elle se pose encore aujourd'hui.
Je crois que vous avez vu que le Conseil d'orientation des retraites a réactualisé ses prévisions au début de la semaine, et prévoit un déficit, je crois, de 11 milliards d'euros à l'horizon 2030. Donc, il y a un enjeu de financement de notre système. Si on veut que les jeunes générations puissent continuer à bénéficier d'un système par répartition, on voit qu'il y a cet enjeu de financement qui est devant nous.
C'est l'objet d'un travail et d'une réflexion. Il y a des échanges avec les Français, je le disais à l'instant. Il y aura ultérieurement des échanges aussi avec les partenaires sociaux, puisque le président de la République leur avait donné rendez-vous, pas sur cette question, mais globalement sur les questions économiques et sociales, lorsqu'il les avait reçus en amont du sommet de Porto.
Donc on va continuer à avancer, sans éluder, mais sans précipiter. Bonjour Monsieur le ministre. Maxence Lambrecq, France-Inter.
Trois petites questions. Le retour en présentiel de tous les ministres, aujourd'hui il me semble, qu'est-ce que ça change à ce Conseil des ministres sans caméras, ou peut-être encore pour les secrétaires d'État ? Deuxième question sur la réunion de travail cet après-midi à l'Elysée sur l'immigration, que mon confrère d'Europe1 annonçait ce matin.
De quoi s'agit-il, quel est l'ordre du jour ? Et la troisième question, c'est les nombreux ministres en campagne. Le Premier ministre était en campagne ce matin à Rungis avec Laurent Saint-Martin.
Quel équilibre trouvez-vous entre la campagne et l'action gouvernementale ? Trois questions, ça n'est pas très sympa pour vos collègues qui attendent. Sur le premier point, effectivement, ce matin, l'ensemble des membres du gouvernement qui étaient convoqués au Conseil des ministres étaient présents en présentiel, comme on dit, à l'Elysée.
Je ne vais pas dire que tout le gouvernement était présent, puisque, vous le savez, chaque semaine, en fonction des sujets, l'ensemble des membres du gouvernement ne sont pas tous convoqués au Conseil des ministres. Il y a les ministres de plein exercice, et puis les ministres délégués et les secrétaires d'État lorsque leurs sujets sont évoqués à l'ordre du jour. Qu'est-ce que ça change ?
J'avais eu l'occasion de vous dire, quand vous m'aviez posé des questions, que le travail du Conseil des ministres à distance, en visioconférence, se faisait dans les mêmes conditions que quand nous étions en présentiel. Évidemment que tous les textes sont évoqués et étudiés. Évidemment qu'ils donnent tous lieu à débat.
Évidemment que tout membre du gouvernement qui le souhaite peut prendre la parole pour s'exprimer sur un texte, sur une communication ou sur un débat. Le Président, d'ailleurs, valorise beaucoup le fait que les ministres puissent s'exprimer. Donc, pour ce qui est du travail gouvernemental et du Conseil des ministres en lui-même, le travail s'est fait dans les mêmes conditions que lorsqu'il se faisait en visio.
Maintenant, vous imaginez bien qu'il y a pour nous à titre personnel, pour les membres du gouvernement, aussi un plaisir de se retrouver physiquement. Et je pense que tous les Français qui nous regardent ou qui nous écoutent, et qui ont beaucoup été en distanciel, comme on dit, depuis plus d'un an, sont aussi heureux quand ils peuvent retrouver des collègues de travail, des amis, de la famille physiquement. Donc, à ce titre-là, c'était un moment agréable.
La deuxième question sur la réunion Immigration. Il y a effectivement une réunion de travail qui a lieu cet après-midi autour du président de la République. Vous savez qu'on a pris un certain nombre de mesures et engagé des réformes s'agissant de l'asile et de l'immigration, depuis le début du quinquennat, avec notamment la loi Asile et Immigration qui a été votée en 2018, qui a produit un certain nombre d'effets dès 2019 en termes d'augmentation du nombre d'éloignements dans notre pays, en termes de meilleure intégration aussi des personnes à qui nous accordons l'asile, intégration des réfugiés.
L'année 2020 a perturbé à tous points de vue ces questions-là, mais il faut évidemment continuer à avancer et être efficace sur cette question, et notamment sur la question, vous le savez, des laissez-passer consulaires, puisqu'il y a des personnes qui sont appréhendées et qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire français, qui ont donc vocation à être expulsées de notre sol, mais que nous ne pouvons expulser puisque les pays d'origine ne délivrent pas toujours, ou délivrent très tardivement des laissez-passer consulaires. Le Premier ministre était avec plusieurs membres du gouvernement en Tunisie il y a quelques jours, et il a notamment pu aborder cette question. Donc évidemment, ça fait partie des chantiers sur lesquels nous continuons à avancer, et la réunion de cet après-midi a vocation à y revenir.
Votre troisième question était sur ? Les ministres en campagne. Je crois que chacun peut constater que l'ensemble des membres du gouvernement sont évidemment à leur tâche de membres du gouvernement, et que, pour un certain nombre d'entre eux, ils sont engagés effectivement dans le débat électoral des régionales.
Je pense que c'est un point positif. Ça permet, en plus des déplacements que nous avons au contact des Français, d'aller là aussi, sur des enjeux plus locaux et des questions plus locales, au contact de nos concitoyens. Et les deux enjeux se marient évidemment très bien.
Bonjour, Jean-Yves [INAUDIBLE]. J'ai deux questions, mais je vais les poser l'une après l'autre. Sur la question des retraites, on sait qu'il y a des tensions.
Vous avez tout à l'heure dénoncé la violence dans la société. Est-ce que vous pourriez reculer sur la question de la réforme éventuelle des retraites pour éviter une nouvelle colère sociale dans le pays ? Non, mais sur ce point-là, je veux vraiment redire ce que j'ai dit tout à l'heure.
J'entends que, dès lors que la situation sanitaire s'est améliorée, que les Français retrouvent avec plaisir et enthousiasme des lieux qu'ils n'ont pas pu fréquenter depuis des mois, qu'ils peuvent par ailleurs se retrouver en famille, entre amis, entre collègues, qu'il y a cet état d'esprit positif et, je l'espère, optimiste dans notre pays, que l'économie repart, qu'elle repart bien et qu'elle repart fort, j'entends que, d'ores et déjà, certains voudraient se focaliser sur des débats ou des enjeux qui, selon eux, pourraient casser cette dynamique-là et entraîner des divisions ou des débordements. Ce n'est pas notre état d'esprit. Notre état d'esprit aujourd'hui, encore une fois, c'est d'abord d'accompagner les secteurs qui rouvrent pour qu'ils puissent rouvrir durablement dans de bonnes conditions économiques, d'accompagner cette reprise en continuant à appeler à la vigilance pour qu'il n'y ait pas de déception.
Nous ne voulons pas revenir en arrière sur ces réouvertures et sur ces libertés qui sont enfin rendues aux Français. C'est notre première priorité. Notre deuxième priorité, je le disais à l'instant, c'est la question du travail : faire en sorte que nos concitoyens puissent être formés quand ils en ont besoin, et que les secteurs économiques qui aujourd'hui peinent à recruter, puissent recruter et trouver des Français qui souhaitent travailler.
C'est ça, notre priorité. Après, il y a d'autres débats, mais qui, encore une fois, n'ont aucun caractère nouveau. L'acceptation sociale est un caractère important d'une réforme.
Évidemment ! Ce que je dis, c'est qu'il y a des débats qui n'ont rien de nouveau, qui nous ont animés depuis le début du quinquennat. Ce que je vous dis, c'est que, aujourd'hui, à l'heure où je vous parle et pour les semaines qui viennent, ce n'est pas l'actualité.
Évidemment qu'on aura à mon avis l'occasion de revenir sur ces questions-là ultérieurement, et je répondrai à toutes vos questions, mais c'est difficile pour moi de répondre aujourd'hui à une question sur l'impact d'une décision qui n'a pas été prise, ou d'un chantier qui n'a pas été rouvert. Deuxième question, je voulais juste savoir à quoi sert encore le conseil scientifique. Ça fait, semble-t-il, plusieurs mois qu'il n'est soit plus vraiment consulté, soit que ses avis ne sont pas vraiment suivis.
On a vu la sortie du professeur Delfraissy, qui critique la stratégie actuelle. Alors au-delà des impatiences, au-delà de l'importance de la relance, et notamment de la reprise économique et de tous les lieux que tout un chacun souhaite retrouver, est-ce que l'exécutif écoute encore les scientifiques ? Bien sûr !
Je peux vous dire que le conseil scientifique, les scientifiques qui le composent, et par ailleurs d'autres scientifiques qui ne sont pas forcément dans le Conseil scientifique mais qui ont pu y travailler, des épidémiologistes, etc, sont évidemment très en lien avec le gouvernement. Ils travaillent beaucoup avec le gouvernement. Olivier Véran a l'occasion régulièrement de les recevoir, d'échanger avec eux.
Moi, ce que je note, c'est qu'aujourd'hui, il me semble qu'il y a assez peu de spécialistes ou de politiques qui remettent en question les choix qui ont été faits par le gouvernement et par le président de la République ces dernières semaines ou ces derniers mois. Quand on a annoncé qu'il n'était pas prévu de reconfiner fin janvier, contrairement à ce qui avait pu être avancé, ça a été critiqué, et on a vu que notre hôpital n'a pas été débordé, que nous avons pu tenir. Et je veux saluer les soignants qui ont permis à notre hôpital de tenir.
Quand on a annoncé la levée des restrictions progressives, avec un calendrier clair qui a été donné par le président de la République, on a entendu certains dire que ce n'était pas forcément responsable, que c'était peut-être un peu dangereux et que la situation sanitaire ne s'améliorerait pas suffisamment pour permettre à ce calendrier de se tenir. On voit aujourd'hui que la situation sanitaire s'améliore très sensiblement. On est aujourd'hui en moyenne un peu au-dessus des 6 000 cas par jour, si je ne me trompe pas.
C'est donc une baisse extrêmement forte, extrêmement marquée qui se poursuit, qui continue à baisser de manière forte. Encore ces derniers jours, la baisse a été encore plus accentuée que ces dernières semaines, et je crois qu'il faut s'en réjouir. Et là aussi, avant de regarder ce qui peut être critiqué, tout peut toujours être critiqué, je pense qu'il est important de regarder ce qui peut être validé, c'est-à-dire les choix qui ont été faits par le président et le gouvernement.
Donc le conseil scientifique est toujours utile ? Évidemment, l'accompagnement scientifique du gouvernement dans les décisions que nous prenons est toujours utile, toujours nécessaire, parce qu'encore une fois, je le disais tout à l'heure, embellie ne signifie pas fin de l'épidémie. Même si l'embellie est très forte, très nette et très marquée, comme c'est le cas aujourd'hui, il y a le risque des variants qui pèse toujours.
Il y a le risque qu'autour de l'été des variants puissent émerger dans des pays de l'hémisphère sud, et ensuite, entre guillemets remonter et arriver ailleurs. Il peut toujours y avoir des risques de foyers de contamination localisés dans certains territoires, on en a vu l'été dernier. On a pu voir la semaine dernière quelques signaux, dans certains départements, qui nous inquiétaient.
Moi, l'engagement que j'ai pris, c'est de toujours faire de la transparence et de vous dire ici l'état de ce qu'on sait, des risques qu'on voit, des inquiétudes que l'on a. Aujourd'hui, en toute transparence, je vous dis que la baisse est marquée, qu'on peut être optimistes sur les semaines à venir, mais qu'il faut absolument garder une vigilance. Et pour cette vigilance, on a besoin de l'accompagnement des scientifiques, et du Conseil scientifique en particulier.
Bonjour, une question sur le virus, justement. La France s'ouvre aujourd'hui aux touristes vaccinés qui viennent hors de l'Union européenne, notamment. Et au même moment, l'Espagne, elle, a choisi d'autoriser les touristes vaccinés avec le vaccin chinois, les vaccins chinois.
Ça veut dire que l'Espagne s'ouvre en plus à des touristes chinois, à des touristes qui viennent du Moyen-Orient, à des touristes qui viennent d'Amérique du Sud. Est-ce que vous ne considérez pas que, malgré la coordination européenne qu'il y a eu, il y a une forme de concurrence déloyale de la part d'un pays voisin ? Et est-ce que ces touristes qui pourraient venir via l'Espagne seraient considérés comme des personnes à risque s'ils traversent la frontière pour venir en France ?
D'abord, il y a eu un travail qui a été fait au niveau européen, et pour le coup, la France a toujours poussé cette position de coordination. Parce qu'on voit bien que sur ces questions de frontières, et notamment de frontières extérieures à l'Union européenne, le bon sens indique qu'il faut se coordonner entre pays européens, puisqu'il y a une libre circulation entre les pays européens. Et sur tous ces sujets-là, au moment où il s'agissait de fermer les frontières, de mettre en place des dispositifs spécifiques pour les personnes qui viennent de certains pays, on a toujours agi dans le sens d'une coordination européenne.
D'ailleurs, sur ce point, on a obtenu des avancées importantes. Et, vous le disiez à l'instant, aujourd'hui, il y a de nouvelles règles qui entrent en vigueur s'agissant des frontières. Elles sont aussi issues d'un travail qui a eu lieu au niveau européen, de recommandations qui ont été faites par le COREPER, et de cartographies, de listes de pays qui ont été communiquées par le CDC au niveau européen.
Et la France, évidemment, les suit. Il y a une question qui se pose effectivement pour certains vaccins qui n'ont pas été approuvés par l'Agence européenne des médicaments, et vous savez que pour nous, c'est aussi un enjeu de sécurité sanitaire pour les Européens, pour les Français. Nous reconnaissons les vaccins qui ont été reconnus par les agences de santé européennes et françaises, ce qui n'est pas encore le cas du vaccin que vous avez évoqué, même si je crois qu'il est actuellement à l'étude en rolling review comme on dit, et que, potentiellement, des décisions pourront être prises ultérieurement.
Je n'ai pas connaissance de la décision des espagnols que vous évoquez, donc c'est compliqué pour moi de la commenter. Mais je redis que notre boussole, c'est évidemment la sécurité sanitaire des Français, des Européens dans ce contexte, et que les décisions que nous prenons s'agissant de nos frontières visent à protéger les Français et la situation sanitaire dans notre pays. S'il n'y a pas d'autres questions, je vous dis à la semaine prochaine.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron