Gérald Darmanin : "C'est la défaite d'une ligne politique"
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Bonjour Michaëlle Avigel. Bonjour. Vous êtes la correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung et observatrice attentive de la vie publique française. D'abord, qu'est-ce qui vous frappe dans les résultats de ce premier tour ? Quelles sont les premières leçons ? Qu'est-ce qui vous a surpris ?
C'est quand même assez sensationnel. On avait tous un regard de l'Allemagne très inquiet sur la France et finalement on a un immense soulagement parce qu'on a l'impression la France a majoritairement placé en tête le candidat le plus européen depuis fort longtemps en fait parce que c'est le premier qui a osé avoir un discours très franc, très positif sur l'Europe et ça c'est quand même assez notable après le référendum de 2005 qui était perdu, on n'avait plus ce discours positif sur l'Europe.
C'est au-delà du soulagement. Alors les félicitations, elles ont été adressées publiquement par Sigmar Gabriel, Désir, le ministre des Affaires étrangères. On a dit aussi, il s'est écrit dans la presse allemande que le véritable candidat d'Angela Merkel, même si elle ne l'a pas dit publiquement, c'était Emmanuel Macron.
Oui, alors c'était un candidat en deux temps, on va dire. Au départ, elle s'est sentie quand même liée par la solidarité de parti, mais très rapidement, effectivement, elle a reçu Emmanuel Macron dont je rappelle, elle avait quand même déjà travaillé quand il était à l'Elysée avec lui, avec son équipe. Et donc effectivement, aujourd'hui, immense soulagement. Notre ministre de Finances qui passe en Allemagne pour un grand Européen en France, pour le grand père de l'austérité, même si ce n'est pas toujours justifié, avait avant même le premier tour exprimé sa confiance en Emmanuel Macron.
C'est Schäuble, hein, dont vous parlez ?
Oui, Wolfgang Schäuble, oui, tout à fait.
Wolfgang Schäuble, exactement. Le scrutin était, l'élection a été suivie, la campagne a été très suivie en Allemagne ?
Oui, moi, c'est ma quatrième campagne, et je peux dire, jamais une campagne a été aussi suivie en Allemagne. Tous les détails, tout... Je crois que maintenant, les Allemands sont experts du système électoral français.
Et le spectre, la façon d'agiter l'épouvantail allemand qui a été, finalement, assez présent dans la campagne au travers du discours de plusieurs candidats, ça a été aussi... Comment c'est perçu ?
Oui, c'était un signal d'alarme. Effectivement, on avait pas mal culpabilisé après le Brexit, puisqu'on avait l'impression que la campagne germanophobe, ou en tous les cas anti-Merkel, y était pas beaucoup. Et donc, en fait, effectivement, c'était perçu comme très inquiétant, d'où d'ailleurs le grand entarré pour la campagne de Marine Le Pen.
Et donc, aujourd'hui, est-ce que le score de Marine Le Pen est commenté également en Allemagne ?
Oui, tout à fait. Et d'ailleurs, avec des nuances, puisqu'on dit, on espère que malgré le long week-end du deuxième tour, les Français vont massivement voter, parce que c'est vrai, il ne faut pas non plus tomber dans l'autre travers et avoir le soulagement trop large, trop grand aujourd'hui, et ne pas voir le risque d'une surmobilisation des électeurs de Marine Le Pen.
Merci beaucoup, Michaëlla Wigel, d'être venue ce matin au micro de France Inter pour cette édition spéciale. Je rappelle que vous êtes la correspondante à Paris du journal de Frankfurter Allgemeine Zeitung. Merci à vous. Merci.