Revivez l'interview de Marine Le Pen dans "En toute franchise"
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Bienvenue dans En Toute Franchise, c'est l'heure de l'interview avec ce soir Marine Le Pen, bonsoir. Vous êtes, je le rappelle, la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, ancienne candidate à l'élection présidentielle bien sûr, finaliste des deux dernières en l'occurrence. On parlera dans un instant avec vous en détail du climat social, politique des retraites. D'abord, je voudrais aborder avec vous les conséquences des heures à Sainte-Sauline la semaine dernière. C'était à l'occasion d'une manifestation anti-bassine. Les forces de l'ordre sont intervenues, entre autres, explique le gouvernement, pour éviter l'installation durable d'un campement de militants radicaux.
Et ce matin, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sa volonté de créer une cellule anti-ZAD. Elle verra le jour à partir du 1er septembre, dit le ministère de l'Intérieur. Plus aucune ZAD ne s'installera dans notre pays, ni à Sainte-Sauline, ni ailleurs. Est-ce que vous le soutenez dans cette démarche ?
Je crois qu'il prend, comme souvent d'ailleurs, le problème par le petit bout de la lorgnette, c'est-à-dire par les conséquences, au lieu de s'attaquer aux causes. On a vu se développer depuis une quinzaine d'années maintenant, en France, des groupuscules d'extrême-gauche, qui ont fait de la violence leurs moyens d'action politique, qui revendiquent d'ailleurs cette violence comme moyens d'action politique, qui se sont, du fait de l'impunité dont ils ont bénéficié pendant 15 ans, de tous les gouvernements successifs d'ailleurs, structurés, ils se sont organisés, ils se sont armés, ils se sont internationalisés d'ailleurs.
Il n'y a pas eu les actions de justice nécessaires quand il le fallait ?
Non, je pense qu'il n'y a pas les actions de justice nécessaires, je pense qu'il n'y a pas la fermeté nécessaire à leur égard, je pense qu'il n'y a pas, il y a du renseignement, puisqu'en réalité on les connaît tous, on connaît tous, enfin les services de renseignement connaissent l'intégralité de ces individus.
Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs dit qu'il y a plusieurs centaines, enfin 2000 en l'occurrence, 2200 fichiers S de l'ultra-gauche, qui sont donc suivis aujourd'hui.
Oui d'accord, mais en réalité rien n'est fait, on devrait potentiellement leur appliquer les règles qui ont été appliquées aux hooligans, c'est-à-dire les interdits de manifestation.
Par exemple quand il annonce la dissolution de plusieurs groupements, c'est le cas des soulèvements de la terre, qui étaient à l'origine du rassemblement de la semaine dernière. Le ministre de l'Intérieur rajoute ce matin un autre groupe, Defco, Défense Collective, qui est un groupe ultra-radical de Rennes. Il va dans le sens que vous pointez, il prend les mesures qu'il faut pour dissoudre ces groupements.
D'abord je vous rappelle qu'Emmanuel Macron est au pouvoir depuis 7 ans. Voilà, quasiment. 6 ans.
Donc vous dites que ça aurait dû déjà être fait.
7 ans. Peut-être même voire, disons-nous 11 ans, puisqu'il a été quand même auprès de François Hollande... À charge des questions économiques, là on est vraiment purement sur une compétence de maintien de l'ordre. Oui, pas seulement, à de grandes responsabilités. Donc rien n'a été fait, c'est bien de faire aujourd'hui. Il y a toute une série de groupuscules qui existent, qui se disent antifa, qui en réalité ont des méthodes qui sont clairement, je veux dire, des méthodes fascistes, et qui auraient dû faire l'objet, encore une fois, d'un certain nombre de mesures judiciaires, mais aussi de mesures d'interdiction de présence dans les manifestations.
Il y a un certain nombre de manifestations où ces gens-là devraient être fouillés quand ils arrivent, parce que l'on sait qu'ils portent des armes, or rien n'est fait. On peut même, peut-être, réfléchir à d'autres mesures pour pouvoir les contraindre à ne pas utiliser cette violence. Alors quelles mesures vous souhaiteriez voir prises aujourd'hui ? Je suis désolé, mais combien, par exemple, il faudrait regarder, combien de condamnations pour port d'armes ont été prononcées contre ces militants qui arrivent systématiquement avec des armes, ou avec des armes par destination, dont, bien souvent, il faut bien le dire, ils se servent contre les forces de l'ordre.
C'est-à-dire les cocktails Molotov, les barres de fer, ils fabriquent des pavés avec des clous à l'intérieur en ciment, et j'en passe, et des meilleurs. Je veux dire, il y a quand même une sorte de... Il y a une forme de complaisance à leur égard. Alors, certains vont jusqu'à dire que, après tout, ces groupuscules d'extrême-gauche sont régulièrement utilisées pour décrédibiliser le mouvement social. C'est aussi ce que vous pensez ? C'est-à-dire que la récurrence, encore une fois, de cette complaisance finit par interroger. D'autant que je vous rappelle tout de même que ça ne date pas d'hier, puisque dans le livre de M.
Buisson, il raconte que lors d'un 1er mai, il y a des casseurs qui interviennent et que, clairement, ces casseurs sont laissés libres de casser dans le but de décrédibiliser le mouvement social.
Donc vous pensez comme Jean-Luc Mélenchon que le pouvoir en place joue le pourrissement du mouvement ?
Ah oui, je pense qu'il joue le pourrissement. Je pense qu'il l'a joué au moment des Gilets jaunes, de la manière la plus claire qui soit. Alors, peut-être sont-ils d'ailleurs débordés par cette stratégie, et se rendent-ils compte aujourd'hui que ces groupuscules s'étant encore une fois, comme je l'ai dit, organisées, armées, internationalisées et radicalisées, que confrontées à une forme d'hybridation aujourd'hui entre les groupuscules d'extrême-gauche et les militants écologistes radicaux, eh bien, il y a effectivement un danger de dérive auquel il faut mettre fin.
Mais en imaginant que la prise de conscience soit tardive, est-ce que vous reconnaissez qu'elle existe aujourd'hui et qu'elle est réelle ? Gérald Darmanin, il a des mots qui sont assez clairs. Il dit aujourd'hui, je refuse de céder au terrorisme intellectuel de l'extrême-gauche.
Oui, mais les mots, Gérald Darmanin est toujours très ferme dans ses mots. On en a vu d'autres, des ministres de l'Intérieur, faisant preuve d'une grande fermeté dans les mots. Moi, les mots, j'en ai soupé. Voilà, maintenant, et je suis comme beaucoup de Français, je veux des actes. Et je veux voir que l'on empêche, encore une fois, ces groupuscules d'extrême-gauche d'empêcher, parce que c'est ça le problème. C'est pas seulement qu'ils sèment la violence. Ça n'est pas seulement, et ce serait déjà très largement suffisant pour les contraindre par tous les moyens, qu'ils s'attaquent aux forces de l'ordre.
C'est également qu'ils empêchent des centaines de milliers de Français de manifester pacifiquement. Et ça, c'est inadmissible, parce que c'est un droit constitutionnel de manifester pacifiquement. Et c'est à l'État de permettre aux centaines de milliers, voire aux millions de Français qui souhaitent manifester leur opposition à telle ou telle réforme, de pouvoir le faire.
A l'inverse, Marine Le Pen, il y a des questions, voire des accusations sur le comportement des forces de l'ordre dans certaines situations. Je dis, il y a eu un certain nombre de rassemblements qui ont été organisés devant des préfectures en France pour protester contre ce qui est appelé les violences policières commises à Saint-Séline. Il y a une centaine de plaintes qui ont été déposées à Paris pour des arrestations jugées arbitraires à l'occasion des protestations contre la réforme des retraites. Et le gouvernement, d'ailleurs la police reconnaît elle-même que 36 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN sur le comportement des policiers depuis le début des manifestations.
Est-ce que vous estimez que les policiers et les gendarmes agissent par définition toujours correctement, convenablement ?
Mais il y a-t-il un seul corps qui peut venir dire que pas un seul de ces éléments ne peut un jour aller trop loin ou ne pas respecter... Vous reconnaissez qu'il existe des violences policières ? Non, non, pas du tout. Ce que je dis uniquement, c'est qu'il sait, encore une fois, le corps de fonctionnaire le plus contrôlé qu'il soit. Voilà. Le plus surveillé qu'il soit et le plus contrôlé qu'il soit. Je dis de surcroît que lorsque l'on jette... Parce que c'est ce que fait Emmanuel Macron. Il jette des Français contre des Français.
Et en l'occurrence, les policiers et les gendarmes sont doublement victimes, puisqu'ils sont en même temps victimes de la réforme des retraites, et victimes des confrontations auxquelles ils sont bien souvent victimes. Le meilleur moyen, encore une fois, de ne pas avoir ce type de problématique, c'est d'écouter le peuple. Je crois qu'Emmanuel Macron devrait écouter le peuple. Et en l'occurrence, les policiers, si certains agissent mal, ils seront sanctionnés. Et c'est parfaitement normal. C'est le cas, encore une fois, pour tout un chacun. Mais qu'il existe... Mais je ne suis pas dupe. J'essaie de monter un petit peu en... J'essaie de prendre un peu de hauteur.
Je sais ce que cherche à faire l'extrême-gauche. Je sais que l'extrême-gauche cherche à déstabiliser. C'est incontestable de nos institutions. Ils s'en cachent à peine, d'ailleurs. Ils disent clairement qu'ils veulent la disparition de la 5e République. Ils veulent une nouvelle République. Et qu'ils contestent, en réalité, tout ce qui représente l'autorité de l'État. Mais vous, en parallèle, vous dites... Ils le font de manière structurée. Ils le font de manière théorisée. Et ils le font de manière systématique. Donc, l'attaque permanente, globalisée, contre la police, non, je ne la partage pas.
En parallèle, vous, vous dites qu'Emmanuel Macron, je cite vos propos, vous avez accordé un entretien de conférence à Ouest-France. Vous dites, il pousse les gens à sortir du jeu démocratique. Qu'est-ce que ça signifie ?
Écoutez, la démocratie a des règles du jeu assez simples. La souveraineté du peuple s'exerce par la voix de ses représentants ou du référendum, nous dit la Constitution. C'est simple. Ils refusent d'utiliser le référendum. Et lorsque les représentants du peuple s'apprêtent à s'opposer, parce que majoritairement, ils sont opposés à une réforme, eh bien, ils court-circuitent cette volonté populaire exprimée par la voix de ses représentants avec le 49-3. Alors, ils lancent un signal, et notamment, je le regrette profondément à la jeunesse, qui est de dire, bon, vous voyez, le jeu démocratique, en réalité, est biaisé. Je pense que ça n'est pas une bonne méthode.
Je pense que c'est une méthode qui est, en même temps, contestable, critiquable et potentiellement dangereuse, parce que le signal que lance le président de la République, qui est le garant de nos institutions, qui est le garant de la démocratie, c'est de dire, mais même par la démocratie, en réalité, vous n'obtiendrez pas ce que majoritairement le peuple souhaite. Mais il y a un instant, Marine Le Pen, vous disiez vous-même... Moi, ce que je veux, clairement, c'est rompre avec cela. C'est-à-dire, ma vision, celle que je mettrai en œuvre si les Français me font confiance, sera exactement l'inverse.
Ça veut dire appliquer la Constitution à la carte, parce qu'Emmanuel Macron peut le critiquer politiquement, mais il n'a fait qu'appliquer la Constitution et les outils que la Constitution de la Ve République lui donne.
Alors, d'abord, pardon, mais il y a le texte de la Constitution, il y a l'esprit de la Constitution. Le 49-3 ne peut pas être utilisé dans le cadre d'un texte qui a déjà été dévoyé. Pardon, mais le véhicule législatif utilisé par le gouvernement est un véhicule législatif dévoyé. Jamais la réforme des retraites n'aurait dû passer par ce véhicule législatif. Donc, en réalité, c'est lui qui dénature et c'est lui qui contourne la démocratie. Et plutôt que de se dire, bon, on va aller au vote, après tout, c'est ça aussi, le jeu démocratique. Ça passe ? Ben, ça passe. Ça ne passe pas ? Eh bien, tant pis, ça ne passe pas, parce que le peuple ne veut pas que ça passe.
Or, là, on a quand même la majorité des députés qui sont contre, mais pas seulement, pardon. On a 94% des actifs qui sont contre. On a 70% des Français qui sont contre. Rien que cela devrait le faire renoncer à cette réforme des retraites.
Et une 11e journée d'action qui a lieu dans quelques jours, ce sera jeudi. Est-ce que vous, vous appelez vos électeurs, vous appelez les Français ce soir, à se mobiliser jeudi ? Est-ce que vous dites qu'il faut encore aller dans la rue pour protester contre cette réforme ?
Je les appelle à faire exactement ce qu'ils veulent. S'ils ont envie de manifester, qu'ils le fassent. C'est leur droit. C'est un droit constitutionnel. Et ce que j'attends du président de la République, c'est qu'ils fassent en sorte que les gens puissent manifester, encore une fois, pacifiquement, sans être agressés ou sans que leur contestation soit polluée par un certain nombre de groupuscules que l'on connaît bien. Mais vraiment, là, le président de la République et sa première ministre ont tout fait, en réalité, pour mettre le feu au pays.
Alors, c'est bien beau, après, de venir verser des larmes de crocodile pour essayer d'incarner l'ordre face au désordre, mais la réalité, c'est que le désordre, c'est eux.
Mais mettre le feu au pays, Marine Le Pen, est-ce qu'on ne peut pas, même en étant opposée, sincèrement croire que le président, la première ministre, voulait réformer le système de retraite parce qu'il pense, de leur point de vue, qu'il y a un équilibre budgétaire nécessaire et qu'il y a une authenticité dans leur engagement, pas forcément pour mettre le feu au pays.
D'accord, mais nous ne sommes pas dans un pays autoritaire ou dictatorial. Donc, ils peuvent vouloir ce qu'ils veulent, si vous voulez. Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que c'est le peuple qui décide à la fin. Vous voyez, je veux dire, on a l'impression qu'on a perdu le sens de ce qu'est la démocratie. Je veux dire, si un dirigeant veut quelque chose et que le peuple ne le veut pas, on ne le fait pas. Ça veut dire ? C'est aussi simple que ça, vous voyez. Ce n'est pas si compliqué que cela, le respect de la démocratie. Et si on a un doute, si on a un doute sur la représentativité de l'Assemblée nationale en vertu des poids politiques des uns et des autres, on fait un référendum.
La Constitution le prévoit. Elle le prévoit d'ailleurs expressément pour les réformes du type de celle des retraites. Eh bien, on demande au peuple français ce qu'il souhaite. On ne passe pas en force. On ne lui plie pas le bras derrière le dos. On ne le force pas. On ne gouverne pas sans le peuple. Et on gouverne encore moins contre le peuple.
Donc pour vous, la seule manière aujourd'hui d'avancer, de sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, c'est le référendum. Il n'y en a pas d'autre.
Si, bien sûr, il y a la dissolution. Ce sont les deux outils, en quelque sorte, que la Constitution met à la disposition du président de la République lorsqu'il y a une crise politique du type de celle que nous vivons. Soit, et dans les deux cas, en quelque sorte, il s'agit de retourner au peuple. Il s'agit de retourner à la source de la souveraineté dans notre pays, soit par l'intermédiaire du référendum, soit par l'intermédiaire de la dissolution. Vous la souhaitez, cette dissolution, vous ? Mais je n'ai pas à la souhaiter ou à ne pas la souhaiter. Moi, si elle intervient, elle me va plutôt bien.
Je pense que le peuple français, probablement, ne voterait pas exactement de la même manière aujourd'hui qu'il y a un an. Mais, de toute façon, sa décision sera la bonne.
Vous allez être reçue par la Première Ministre dans quelques jours. Elle a invité les représentants des grandes formations politiques à venir à Matignon. Alors, je précise que les partis de la NUPES ont tous fait savoir qu'ils refuseraient de se rendre à l'invitation de la Première Ministre. Vous, vous irez bien ?
Oui, bien sûr, j'irai. Moi, je suis respectueuse des institutions. J'irai donc dire à la Première Ministre que je suis profondément en désaccord avec elle. Je l'ai déjà fait deux fois. Je ne suis pas une fois près. Mais, ça n'a servi strictement à rien. Car la réalité, c'est qu'Elisabeth Borne a survendu le fait qu'elle avait fait des consultations. Elle n'a pas fait de consultations. Ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai. Elle a fait quoi, alors ? Et elle n'a pas fait de compromis non plus. Je veux dire, aller faire des compromis, pardon, aller faire des compromis avec les représentants d'une candidature à la présidentielle qui a fait 4,5%. Avec LR. Ce n'est pas faire des compromis, ça.
Ça, c'est chercher les quelques voix ou essayer d'acheter les quelques voix qui vous montrent pour faire passer votre réforme. Ça n'est pas ce que j'appelle un compromis. Ça n'est pas ce que j'appelle des concertations. Les concertations, en réalité, elles ont donné que personne n'était d'accord avec leur réforme de retraite. Pas un seul syndicat. L'immense majorité des Français étaient contre. L'immense majorité des représentants, en quelque sorte, des Français, que ce soit d'ailleurs élection présidentielle ou élection législative, étaient contre. Dans ces cas-là, on change complètement le fond de la réforme.
Pourtant, Marine Le Pen, Elisabeth Borne, elle se retranche derrière la légalité. Elle dit à nos confrères du journal du centre, mettre un projet de loi en pause, comme le demande par exemple Laurent Berger de la CFDT. Cela n'existe pas. À propos de son entretien qu'elle aura mercredi avec l'intersyndicale, elle dit, je vais écouter ce que les syndicats vont me dire. Il y a énormément de sujets de discussion devant nous encore. Vous voyez bien que le gouvernement n'a pas du tout le même point de vue que vous sur ce sujet.
Oui, c'est parce qu'en fait, la légalité est aujourd'hui de leur côté. D'accord, mais Mme Borde dit des sottises. Le CPE a été suspendu. Le CPE, il avait été voté, il avait été promulgué, il n'a pas été appliqué. Donc on peut parfaitement... Donc c'est le modèle aujourd'hui. Non, mais ce n'est pas le sujet. Mais qu'elle ne dise pas que ce n'est pas possible et que ça n'existe pas. C'est possible et ça existe. Voilà. Mais encore une fois, s'ils ont un doute sur ce que souhaite le peuple français, il y a deux solutions qui s'ouvrent à eux, la dissolution et le référendum.
Mais je rappelle que quand même, le peuple français n'est pas que trahi par son gouvernement, il est aussi en réalité trahi par l'ensemble de la classe politique, à part nous. Parce que nous, nous avons déposé...
Vous êtes à peu près tous opposés à cette réforme.
Non, mais nous étions... Non, mais d'accord, mais oui, il y a une différence près. C'est que nous, nous avons déposé une motion référendaire.
Qui a été rejetée.
Ah. Alors, la NUPES, qui est pour un référendum, a voté contre. Le Modem, qui est pour un référendum, a voté contre. Le LR a voté contre. Donc en réalité, ils ont tous voté contre.
C'est la preuve que vous ne répond pas toujours à la question pour un référendum. Mais parfois, celui qui pose la question, c'était un vote contre vous.
Non, ce qui prouve, c'est que ce sont des hypocrites. Voilà. Et qu'en réalité, ils ne pensent qu'à leur intérêt politicien. Et qu'ils ne pensent jamais en premier à l'intérêt des Français. Parce que dans une motion référendum, on ne vote pas un texte. On vote la possibilité pour les Français de s'exprimer par référendum. C'est simple. Je veux dire, on est pour le référendum, on est contre le référendum. Et voilà des gens qui, en réalité, ne pensent qu'à eux. Ils ne pensent qu'à leur future élection ou leur futur échec électoral. Ils ne pensent qu'à leurs propres petits intérêts politiciens. Et jamais ils ne pensent à l'intérêt supérieur du peuple.
Nous, nous pensons à l'intérêt supérieur des Français. Et en toutes circonstances, ça veut dire que nous sommes amenés, parfois, à voter des lois lorsque nous pensons qu'elles sont dans l'intérêt du peuple français. Et évidemment, parfois, à s'y opposer dans toute la mesure de nos possibilités. C'est ce que nous avons fait pour la réforme des retraites.
Mais au fond de vous, vous croyez une seule seconde qu'Emmanuel Macron puisse engager un référendum ? Ça vous paraît être une option crédible ?
Non, je crois qu'il a peur du peuple. Je crois qu'il a peur du peuple. Donc je pense qu'il n'opérera pas de dissolution et il ne fera pas de référendum. Et je vous rappelle qu'en avril, il n'en avait pas rien du référendum. Vous voyez pourquoi je me méfie des paroles et j'attends quand même les actes.
Au détour d'une phrase, il a dit qu'il pourrait opérer des référendums au cours de son quinquennat.
Sans être totalement explicite. Non, mais même sur la réforme des retraites... On l'a exclu, vous avez raison, mais il n'a pas dit qu'il le ferait. Bon, eh bien en réalité, il a peur du peuple. Donc il faut arrêter avec cette légende qui consiste à dire, et qui est répercutée par un certain nombre de journalistes, consiste à dire, ah, Emmanuel Macron, il prend des risques, il prend son risque, il ne prend aucun risque. Voilà. Lorsqu'il sait qu'il a une chance de perdre, il ne retourne pas pour demander au peuple ce qu'il en pense.
Il y a un référendum, Marine Le Pen, qui pourrait être validé par le Conseil constitutionnel, on le saura le 14 avril, c'est le référendum d'initiative partagée. C'est une demande qui a été déposée auprès du Conseil, en particulier par les groupes de gauche. Est-ce que vous, vous souhaitez que ce RIP, ce RIP, aboutisse ?
Oui, pourquoi pas ? Mais la réalité, c'est que ce RIP, dès le départ, est en fait une escroquerie démocratique. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas du tout le référendum qui consiste à dire aux Français, voilà, une réforme, est-ce que vous êtes pour ?
Donc il y a le bon et le mauvais référendum, ça c'est le mauvais référendum.
Mais non, mais pas du tout. Ce n'est pas du tout le même objectif, excusez-moi. Ce n'est pas du tout la même procédure. Ce référendum d'initiative partagée, comme son nom l'indique d'ailleurs, il nécessite d'abord une partie des parlementaires. Ça c'est fait. Il nécessite, je ne sais plus, 4 millions. 4,8 millions. 4,8 millions, c'est ça, donc c'est 10% de signatures. Mais pour faire quoi ? Pour proposer un référendum ? Non. Pour que le texte soit à nouveau soumis à l'Assemblée nationale. Écoutez, c'est un véritable gag.
Vous ne ferez pas la campagne du RIP, vous ?
Non, parce que moi je ne veux pas, si vous voulez, engager les Français dans une impasse. Leur faire créer un espoir qui en réalité n'en est pas un. Les épuiser, qu'ils épuisent leur énergie dans quelque chose qui va terminer en réalité avec un mur démocratique face à eux. Je ne souhaite pas faire cela. Je pense qu'ils ont été assez trahis, assez trompés pour surtout ne pas me commettre dans ce genre d'agissement.
Il y a quand même un juge de paix, après on le respecte ou on ne le respecte pas, c'est le Conseil constitutionnel. Parce que je disais RIP, effectivement, ça c'est pas trop point de vue, c'est bien de le rappeler. Le 14 avril, il y aura donc la décision aussi sur le fond de la loi. Est-ce qu'elle est validée ? Est-ce qu'elle est censurée ? Est-ce qu'elle est validée partiellement et donc censurée partiellement ?
Je vous pose la question et que vous en rigolez, mais à votre place la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon dit d'accord, il y a une décision du Conseil constitutionnel, mais tout en disant si le Conseil constitutionnel ne nous donne pas gain de cause, nous continuerons la lutte parce que c'est la démocratie. Que ferez-vous ? Si le Conseil valide la loi, est-ce que vous continuez la lutte contre cette réforme des retraites ?
D'abord, permettez-moi de vous dire que je pense que le Conseil constitutionnel doit censurer cette loi. Pour une raison simple, c'est que, et je crois que dans un certain nombre de rédactions, le recours qui a été déposé par le Rassemblement national a été jugé extrêmement sérieux, extrêmement solide, et il existe dans ce recours un argument qui n'existe pas dans les autres recours, qui est une jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui indique que, compte tenu du véhicule législatif utilisé par le gouvernement, il ne pouvait pas utiliser un seul 49-3. Il fallait utiliser un 49-3 pour les recettes, un 49-3 pour les dépenses, puis un 49-3 sur le texte général.
Oui, mais d'accord, mais c'est une jurisprudence. Et le Conseil constitutionnel, il est quand même très difficile pour lui de se déjuger lui-même, parce qu'il n'y a pas eu de modification institutionnelle qui justifierait ce changement jurisprudentiel. Ce serait d'ailleurs un élément, je pense... Mais vous n'avez pas répondu à ma question.
S'il valide la loi, vous arrêtez le combat.
Mais le combat, je l'ai mené jusqu'au bout. J'ai dit aux électeurs du Rassemblement national, je mettrai en œuvre tous les moyens pour faire échouer cette réforme des retraites. Je l'ai fait. Nous l'avons fait avec les députés du Rassemblement national. Nous avons déposé une motion référendaire. Nous avons déposé une motion de censure. Nous avons voté une motion de censure, toutes les motions de censure présentées, dont une que nous n'avions pas déposée. Nous avons saisi le Conseil constitutionnel.
Après, il reste une autre option, si véritablement le Conseil constitutionnel va à l'encontre de sa propre jurisprudence et valide cette réforme, c'est voter aux élections présidentielles pour un candidat qui défera cette réforme des retraites, qui la supprimera et qui lui substituera une réforme beaucoup plus juste, une réforme beaucoup plus respectueuse qui est celle que je propose.
C'est en cas d'élection de Marine Le Pen en 2027, la loi sera abrogée.
Il n'y a pas de sous-titres, c'est de titres. Si le Conseil constitutionnel ne censure pas cette loi, en 2027, nous changerons cette réforme des retraites et nous permettrons à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir avec 40 annuités à l'âge légal de 60 ans et puis progressivement jusqu'à maximum 42 annuités et 62 ans d'âge légal. Mais alors arrêtons-nous un instant.
Si vous êtes au pouvoir, vous faites passer cette réforme et que vous avez dans la rue des manifestations de gauche, par exemple, qui disent « Mais nous, on veut 40 annuités pour tout le monde. » Pas 40, 41, 42, puisque vous, il y aura quand même des cas à 42 annuités. Qu'est-ce que vous ferez ? Vous direz « Les manifestations ont parlé, le peuple est contre et donc je me retire, j'arrête ma réforme ? » Pas du tout. C'est ce que vous demandez, Manel Macron, aujourd'hui.
Il faudrait vraiment que la gauche ait perdu tout sens commun pour faire une manifestation, pour empêcher les gens qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir à 60 ans et à 40 annuités. Il faudrait qu'ils aient perdu tout sens commun pour aller manifester contre une réforme qui permet, par rapport à aujourd'hui, à un certain nombre de personnes de gagner jusqu'à 3 ans de retraite. Enfin, ça n'aurait aucun sens. Mais imaginons même, il y a le moyen du référendum.
Si vraiment il y a une contestation majeure de la part des syndicats, ceux que je ne crois pas, ou de la gauche, ou de la majorité de l'Assemblée nationale, ou de la majorité des Français, mais bon, permettez-moi de penser que ce ne serait pas le cas.
Revenons d'instant sur la dissolution. On en parlait à l'instant, vous dites « Bon, très bien, s'il y a une dissolution, on fait campagne, etc. » Quand on regarde les chiffres, pour le coup, vous en sortiriez avec de bons scores, parce que vous seriez en progression, si on regarde par exemple l'enquête réalisée par l'IFO pour le GDD la semaine dernière, en progression par rapport aux législatives de l'année dernière. Pour autant, vous n'auriez probablement pas de majorité absolue. Qu'est-ce qui se passe ? Imaginons qu'il y a une dissolution, vous sortez vous aussi avec une majorité relative.
Vous faites des alliances, vous faites une coalition, vous travaillez main dans la main avec les LR et reconquête. Comment vous gouverneriez le pays ?
Moi, je ne fais pas de politique fiction. Voilà, d'accord ? Et je ne vais pas en avance de ce que souhaite le peuple français. D'abord, il faudrait qu'il y ait une dissolution. Si. Deuxièmement, il faudrait que nous soyons en situation d'avoir une majorité absolue. Si. Pourquoi pas, d'ailleurs ? Pourquoi pas ? Rien ne permet de dire. Enfin, je veux dire, il me semble que l'étiage d'En Marche à la dernière élection législative, nous n'en sommes pas si éloignés que ça.
Oui, mais là, ils sont arrivés de majorité relative pour le coup, cette fois-ci. Non, mais d'accord. Donc, pas de politique fiction, c'est une manière de dire... En fait, vous ne voulez pas vous prononcer pour dire oui, je suis prêt à travailler à quelle R et reconquête ?
Mais d'abord, reconquête, il faudrait qu'ils aient des députés. Pour l'instant, ils n'en ont pas. Bon, enfin, vous voyez, je veux dire encore une fois, la politique fiction, nous prendrons nos responsabilités. Si les Français nous appellent au pouvoir, nous exercerons le pouvoir. C'est simple, quand même, encore une fois. C'est assez simple. Nous ne nous défilerons pas. Nous serons présents. Nous serons là. Il y aura un Premier ministre du Rassemblement national. Il y aura des ministres dont je souhaite, d'ailleurs, que peut-être ils aillent au-delà du Rassemblement national, précisément, pour exprimer un souhait d'unité et d'union nationale.
Parce que je pense qu'il est temps de recoudre le pays qu'Emmanuel Macron a quand même déchiqueté par sa politique, par une forme de mépris permanent, par une violence institutionnelle aussi. Parce qu'on parle beaucoup de la violence de rue, on ne parle pas assez de la violence institutionnelle qui est celle que subissent les Français de la part d'Emmanuel Macron et de son gouvernement.
De votre point de vue, puisque lui, je le redis, il considère respecter les institutions. Vous dites, nous ne nous défilerons pas. Mais pardon, vous, vous défilerez. Vous avez dit, je n'irai pas à Matignon.
Non, mais et alors ? Nos idées iront à Matignon. Il y aura un Premier ministre Rassemblement national. Moi, je pense que nous pouvons véritablement changer la trajectoire que je considère comme obérée de notre pays si nous avons la présidence de la République et la majorité à l'Assemblée nationale.
Mais c'est encore loin, 2027, Marine Le Pen. Non, mais d'abord, pardon,
ce n'est pas si loin que cela. Et je pense que nous devons construire cette victoire aux élections présidentielles. Donc, si je me présente, je pense qu'il est plus adapté que ce soit quelqu'un d'autre que moi qui aille à Matignon et qu'effectivement, je travaille à cette victoire à la présidentielle parce que la France en a besoin. Parce qu'il y a toute une série, je ne vais pas vous les décrire ici, parce que c'est un projet complet qu'il faut changer. L'école va mal, le nucléaire va mal, l'énergie va mal, l'hôpital va mal. Je ne veux dire pas beaucoup de domaines dans lesquels les choses vont bien.
Mais il faut aussi que nous puissions accéder à la tête de l'État pour pouvoir retrouver aussi une voie de la France qui porte dans le monde travailler à une diplomatie nouvelle, à une souveraineté nouvelle.
On a beaucoup parlé de la Constitution ensemble depuis le début de cet entretien. J'ai regardé dans l'article 21 de la Constitution comment le rôle du Premier ministre est défini. C'est assez clair. Il dirige l'action du gouvernement. Il est responsable de la défense nationale, justement. Il assure l'exécution des lois. Il exerce le pouvoir réglementaire. Il nomme aux emplois civils et militaires. Qu'est-ce qui ne vous intéresse pas dans tout ça ? Qu'est-ce qui ne vous permettrait pas d'avancer ?
Ça ne m'intéresse pas. Vous me faites dire ce que je n'ai pas dit. Je me prépare à être présidente de la République si tant est que je sois candidate.
Sauf que le quotidien des Français, c'est maintenant.
Non, ce n'est pas en 2027. Mais il y aura un Premier ministre Rassemblement national. Je le dis aux Français. Ce sera qui ? La manière la plus claire qui soit. Ce sera qui ? Nous déciderons le moment venu. Mais ce ne sont pas les profils qui manquent au Rassemblement national. Non, mais c'est bien parfois de dire les choses clairement. Je veux dire, on a un vice-président de l'Assemblée nationale qui pourrait faire ça sûrement très bien. On a un président de parti qui pourrait faire ça très bien. Et il y en a certainement d'autres. Donc, ça n'est pas le sujet.
Et je serai évidemment politiquement à leur côté pour préparer ensemble les modifications urgentes qu'il faut faire dans le temps qui nous sépare de l'élection présidentielle.
Et donc, potentiellement, on aura Sébastien Chénoux, Jardin Bardella à Matignon et vous, présidente du groupe majoritaire à l'Assemblée.
Ce n'est pas un problème. Je n'ai pas besoin de mettre quelque chose sur ma carte de visite à la différence de beaucoup d'autres.
Alors, parlons de la Première ministre actuelle. Pour le coup, on ne pourra pas lui reprocher d'être coupée de sa circonscription. Elle y était aujourd'hui. C'est nos confrères de la Manche Libre qui ont publié quelques images de sa visite. Elle était au bar d'un hôtel dans sa circonscription de Vire. Elle s'est arrêtée dans les commerces. Elle a pris le temps de discuter, nous dit-on. Incroyable. Oui, incroyable. Et je le précise parce qu'on a beaucoup reproché à Elisabeth Borne de ne pas se rendre dans sa circonscription. On a la preuve par l'image qu'elle y va. Est-ce qu'elle doit partir ? Est-ce qu'elle doit être remplacée, Elisabeth Borne ?
Oui, ça me reste une évidence. Mais elle aurait dû être remplacée en réalité le soir même de la motion de censure. Pourquoi ? Parce qu'elle est carbonisée. Parce qu'elle est totalement carbonisée. Parce qu'elle ne peut plus rien faire. parce que quand on a une motion de censure qui est votée contre soi à neuf voix près... Qui n'a pas été votée en l'occurrence. D'accord, mais vous comprenez que politiquement, si vous voulez, elle n'a plus l'autorité. Elle ne peut plus en réalité engager des réformes. L'expression de défiance qui a été cette motion de censure aurait dû pousser, la pousser d'abord, à présenter sa démission.
Et puis pousser le président de la République accessoirement à lui réclamer. Qu'est-ce qui va se passer ? Je ne vais pas jouer les Mme Irma parce qu'en politique, c'est toujours un peu dangereux. Mais en réalité, il fera un remaniement. Emmanuel Macron, il le fera. Et plutôt que de le faire, le lendemain de la motion de censure, en disant, voilà, j'ai entendu la défiance qui s'est exprimée de la part du peuple français par l'intermédiaire de ses représentants à l'égard du gouvernement actuel, eh bien, j'opère un remaniement. Eh bien, il finira par le faire après que des multiples violences aient eu lieu et quel est le signal qu'il lancera le pire ? Le pire !
C'est-à-dire, en réalité, je réagis à la violence qui est exercée dans la rue.
Il prend peut-être le temps de réfléchir aussi et si c'est le cas, c'est peut-être une bonne chose. Vous n'y croyez pas. L'idée qu'il est en train de maturer, de réfléchir à la suite, de trouver les voies aussi, de ne pas rester bloqué 4 ans et d'avoir un pays bloqué 4 ans.
Non mais, enfin, pardon, mais il faut combien de temps ? Parce que en politique, il faut réagir. Lorsqu'il y a un événement comme cette motion de censure, on réagit tout de suite. et la réaction est simple. Le peuple, voilà, numéro 1, article 1, le peuple, article 2, le peuple, article 3, le peuple, c'est assez simple quand même. Quand le peuple dit nous n'avons plus confiance, eh bien, dans ces cas-là, il faut en tirer les conséquences. Non, en réalité, il contourne le peuple, il s'en désintéresse, il le méprise, il le brutalise, il abîme quand même beaucoup la relation entre les Français et leurs responsables politiques en le sens simple.
Il parle de cette relation avec les Français dans un entretien à la revue PIF. Il répond aux jeunes lecteurs. Ça vous fait rire. Vous allez pouvoir répondre.
Non, mais ça ne me fait pas rire. Enfin bon, j'en ris parce que je n'ai pas envie d'en pleurer, mais je trouve ça pathétique. De parler aux jeunes lecteurs de PIF ? Non, mais pathétique. Je trouve que, alors que nous sommes dans une crise sociale et politique majeure, aller donner une grande interview à PIF Gadget, c'est en réalité une autre manière de gifler le peuple français, d'exprimer le mépris qu'il a à son égard. Mais, j'allais dire, pourquoi le peuple français est habitué à cela ? Mais qu'il ne vienne pas nous dire au début de son deuxième mandat « J'ai changé ». Bon, vous me direz, il n'est pas le seul. Je veux dire, bon, à être venu dire « J'ai changé ».
Puis en réalité, on ne change pas à l'étage d'un léopard. Voilà, c'est tout. C'est exactement le même. Il agit de la même manière. Il exprime le même mépris. Et voilà. Alors, qu'a-t-il dit de très important dans PIF ?
Il dit qu'il peut y avoir de la colère, de la joie, mais qu'il n'y a pas d'indifférence dans sa relation avec les Français ? Vous voyez quoi dans cette relation ?
Je pense que le président de la République a avec le peuple français une relation toxique.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Comme ça peut arriver dans un certain nombre de couples. C'est-à-dire, c'est une relation où en réalité, il y a de l'humiliation, il y a la volonté de rabaisser, une relation conflictuelle permanente, une relation de rapport de force avec le peuple français. Ça s'appelle une relation toxique. Le président de la République a avec le peuple français une relation toxique. Sauf que les Français l'ont mis là où il est. Vous avez raison. Vous avez raison. Et d'ailleurs, personne ne conteste, en l'occurrence, le fait qu'il soit président de la République. Mais on a le droit quand même d'analyser la relation qu'il a exprimée avec la relation qu'il a créée avec le peuple français.
Dans cet entretien, parce que vous en riez, mais il dit des choses.
Il ne lui a pas donné de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Effectivement,
ça ne nous a pas échappé. Il est aussi interrogé par une jeune lectrice sur les conditions dans lesquelles il pourrait être amené à quitter le pouvoir. Il répond, si tu le quittes, le pouvoir, c'est qu'il peut y avoir une énorme crise et que tu es empêchée à ce moment-là. Tu remets ton mandat aux Français et le peuple vote à nouveau. Vous avez parlé de dissolution et référendum tout à l'heure. Est-ce que le scénario de la démission du président de la République est un scénario que vous souhaiteriez ?
Je n'y crois absolument pas. J'ai précisément plus 5 ans. J'ai passé l'âge de prendre mes désirs pour la réalité. Je ne pense pas du tout qu'Emmanuel Macron ait envisagé une seule seconde de démissionner et de s'en remettre à la volonté du peuple français.
Vous disiez tout à l'heure l'État dans lequel est notre pays. Est-ce qu'il y a aujourd'hui prioritairement un besoin d'apaisement et le cas échéant qui en a la capacité ? Est-ce que c'est la seule et unique responsabilité du président de la République ou est-ce que vous à votre place comme tous les autres responsables politiques vous n'avez pas aussi cette mission ?
Mais la mission première c'est l'unité du peuple français. Bien sûr, c'est la mission première d'un responsable politique. Et ma mission, je l'entends comme une mission qui va consister si les français me font cette confiance à recoudre en réalité la relation entre les français et la politique avec un grand P avec le fonctionnement démocratique de notre pays. Il y a de la réparation à mettre en oeuvre parce qu'effectivement cette relation est très abîmée.
Et voilà, je pense que par l'intermédiaire de la proportionnelle, par l'intermédiaire du référendum, eh bien, ce sont des outils qui sont susceptibles de recréer cette relation qui est absolument fondamentale de confiance, de respect entre un dirigeant politique et le peuple qui l'a élu.
Vous avez dénoncé il y a quelques instants sur ce plateau l'utilisation du 49-3 dans ce cas précis de la réforme des retraites. Vous, présidente, si vous étiez au pouvoir, est-ce que vous utiliseriez le 49-3 ou est-ce que vous diriez comme Elisabeth Borne pas de 49-3 en dehors des textes budgétaires ?
Elisabeth Borne a le droit d'utiliser un 49-3 en dehors des textes budgétaires. Elle ne prend pas beaucoup de risques en disant qu'elle ne l'utilisera plus. Mais bien entendu qu'on peut être amené à utiliser le 49-3.
Vous ne le supprimerez pas de la Constitution.
Mais pas dans ces circonstances. Voilà. Et d'ailleurs, elle a utilisé le 49-3 plusieurs fois, dix fois, avant celui sur la réforme des retraites. Et nous n'avons pas contesté cela. Mais là, dans cette réforme-là, je pense que véritablement, depuis le départ, il y a eu une volonté, encore une fois, de tordre le bras du peuple français, d'aller contre sa volonté. Et ça, ça n'est pas admissible.
Sur les manières de répondre aux préoccupations des Français, d'apaiser le pays, il y a un choix politique qui a été fait par le gouvernement, c'est de dire qu'on ne fait pas tout de suite la loi immigration. Elle devait être examinée cette semaine, la semaine qui vient de s'achever, en séance publique au Sénat. Finalement, elle va être reportée, découpée en plusieurs textes, de manière à trouver des majorités, des compromis. Est-ce que vous pourriez voter certaines mesures puisqu'elles vont être présentées les unes après les autres ? Est-ce que vous êtes prête ?
D'abord, ce ne sont pas des compromis qu'ils cherchent, encore une fois. À minima un soutien ? Non, ils cherchent quelques voix par-ci, par-là. Alors, ils vont découper le texte, en disant, bon, on va faire voter l'ouverture de l'immigration supplémentaire à l'immigration de travail par l'intermédiaire de la régularisation des clandestins qui travaillent dans notre pays avec la gauche. Et puis, on fera voter les quelques mesures qui renforcent un tant soit peu. Mais vous disiez tout à l'heure que je vote, ça va dans l'intérêt des Français. D'accord, mais est-ce que c'est une manière de gouverner ? Est-ce qu'on va passer quatre ans comme ça ?
Avec des espèces de projets de loi saucissonnés, avec des petits bouts comme ça, ça ou rien, mieux vaut rien, honnêtement. Donc là, vous ne voterez pas. Parce que l'immigration est un problème absolument fondamental. On ne peut pas le découper en tranche de salami, sérieusement. C'est un projet global. Le ministre de l'Intérieur ne peut pas accepter de ne pas arriver devant la représentation nationale en disant, voilà, j'ai un projet global. Mais donc, si c'est découpé, vous ne voterez pas ? C'est ce que vous nous dites ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Mais je dis que ça ne servira strictement à rien. Voilà.
De toute façon, je pense que ce texte de loi ne fera qu'aggraver la situation de l'immigration dont l'INSEE vient de nous dire qu'elle est quand même pour le moins périlleuse pour notre pays.
10,3% de la population, est-ce que c'est trop ?
10,3% de la population immigrée. Oui. Oui, d'accord. Mais plus 10% de la première génération, plus les clandestins qui ne sont pas, par définition, analysés par l'INSEE puisque là, il s'agit de l'immigration légale. Donc oui, c'est trop. Mais ce serait quoi le bon chiffre ? C'est une vague. En 40 ans, la vague migratoire qu'a subie la France est probablement la plus importante de son histoire. Oui, c'est trop. On le voit d'ailleurs. C'est quoi le bon chiffre ? On le voit.
Mais le bon chiffre, c'est celui qui consiste, comme je l'avais réclamé, à ce qu'il y ait un solde de 10 000 par an entre ceux qui sortent, car il faut que certains sortent et ceux que l'on accepte de prendre avec des conditions extrêmement strictes. Voilà. Ce n'est pas 100 000 naturalisations par an. Je pense que nous n'avons pas assez d'exigences dans la manière dont nous accordons la nationalité française. Nous n'avons pas assez d'exigences à l'égard des étudiants que nous recevons. Nous n'avons pas de priorité, d'ailleurs, pour ces étudiants. Moi, vous le savez, je plaide, pour que nous donnions un avantage dans les étudiants étrangers que nous recevons.
Un avantage, je ne veux pas dire une exclusivité, mais un avantage aux pays, notamment francophones, ça n'est absolument pas fait. Je veux dire, il faut arrêter tous les contournements de la loi qui existent, qui sont légions dans notre pays. Il faut arrêter les filières d'immigration clandestine que l'on régularise, en réalité, par faiblesse, par laxisme, au détriment, je suis obligé de le dire, de notre système de protection sociale, au détriment de notre marché du travail, au détriment du niveau de nos salaires, au détriment dans certains endroits, de la paix civile.
Est-ce que ce n'est pas l'ambition du président de la République et de son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, précisément ?
Ah bon ?
J'ai l'impression qu'ils ont des objectifs, peut-être pas les moyens partagés, de dire on régule, on encadre.
Vous avez totalement une fausse impression. Voilà, je vous le dis clairement, ça fait six ans, encore une fois, qu'ils sont au pouvoir. L'immigration est de plus en plus importante. Voilà, il faut le dire, de plus en plus importante. Nous accueillons de plus en plus de personnes et même de manière aujourd'hui totalement dérégulée. Et ce que j'ai entendu du projet de loi immigration est en réalité une filière supplémentaire d'immigration créée par le gouvernement qui est l'immigration de travail. Ça fait 40 ans qu'on nous vend ça. 40 ans. On a peut-être même 50 ans qu'on nous vend ça. Il faut faire venir de l'immigration parce qu'il y a des métiers en tension. 50 ans.
Donc non seulement il y a toujours semble-t-il des métiers en tension donc ça n'a pas bien fonctionné mais de surcroît il y a deux fois plus d'étrangers qui sont au chômage dans notre pays que le français. Ça pose quand même un problème.
Je voudrais juste revenir sur un point Marine Le Pen. Votre maire du Pontet je dis votre parce qu'il est Rassemblement National Joris Sébrard a participé à l'inauguration d'une mosquée et vous l'avez blâmé pour cela. Quelle faute a-t-il commise ?
Je pense qu'il est allé totalement à l'encontre du projet qui est celui du Rassemblement National. Pas de mosquées en France. Non, ça n'est pas du tout ça. Nous sommes contre les mosquées cathédrales. C'est une mosquée cathédrale. Nous sommes contre l'emprise en quelque sorte de pays étrangers qui pensent que la France est un terrain de jeu d'influence de leur islam national. Nous y sommes opposés. Donc je veux dire il y avait absolument toutes les raisons pour qu'il ne le fasse pas. Il l'a fait il a été blâmé pour cela.
Mon Dieu l'erreur est humaine mais il est encore une fois c'est parfaitement légitime que nous ayons opéré cela d'autant que vous le savez nous sommes extrêmement attentifs à la manière dont la Turquie cherche à influencer par l'intermédiaire de ces financements massifs qui sont directement le fait d'ailleurs du ministère de la religion turque. vous voyez ? Donc c'est une ingérence je le crois dans les affaires intérieures religieuses de la France et ça pose un énorme problème d'autant que et je rajoute peut-être pas charger la barque mais d'autant que ce sont des structures qui ont refusé de signer la charte de la laïcité.
Mais il restera membre du Rassemblement National ?
Il a été blâmé. Il est passé devant ses pairs et ses pairs l'ont entendu et il a été blâmé de ce fait.
Bon. Il y a aussi peut-être des mesures qui vont dans le bon sens pour vous. Je ne sais pas. On a appris juste avant cette émission que la Fédération Française de foot était clairement opposée aux interruptions de match destinées à permettre aux jeunes de participer à la rupture du jeune. On est en période de ramadan. C'est le contraire de ce qui se passe en Angleterre par exemple avec la première ligue où on peut avoir des interruptions de match pour cette raison. Est-ce que là vous dites là pour le coup félicitations bravo on est dans un pays pour le coup qui va dans le bon sens.
Ah mais non mais d'abord pour que le pays aille dans le bon sens permettez-moi qu'il faut un tout petit peu plus que cette décision de fédération de football. Mais ça me paraît être normal. Et c'est normal. Et que la Grande-Bretagne qui ne connaît pas la laïcité et qui a fondé son système sur le communautarisme ce dont à mon avis elle doit bien se croquer les doigts aujourd'hui ne le fasse pas c'est son problème. Mais en France nous avons encore une fois un certain nombre de règles il faut les appliquer.
Encore faut-il qu'ils arrivent à tenir parce que les pressions et ça aussi ça en dit long quand même les pressions qui sont effectuées effectuées sur la fédération les réactions que ça a pu entraîner sont assez inquiétantes quand même sur la laïcité bien commun la laïcité admise en réalité par tous comme élément consubstantiel de notre République française inscrite dans la Constitution. La France est une république laïc or il y a un certain nombre de personnes et même hélas un nombre de plus en plus important de personnes qui contestent cela il faut donc évidemment tenir bon tenir ferme
il y a si vous êtes élu président de la république des sujets autres très lourds qui se poseront à vous je pense par exemple à la fin de vie il y a une convention citoyenne qui a été réunie par le président de la république 185 citoyens qui viennent d'achever leurs travaux c'était aujourd'hui ils seront reçus d'ailleurs demain par le président de la république ils arrivent à la conclusion que l'autorisation du suicide assisté de l'euthanasie peut être nécessaire même s'il y a bien sûr des conditions qui sont indiquées ils appellent en tout cas à des changements profonds que doit faire Emmanuel Macron
alors c'est un sujet extrêmement sensible la fin de vie parce que je pense qu'il y a des millions de français qui ont été confrontés à des fins de vie de leurs proches et il n'y a rien de plus difficile et douloureux que de voir souffrir quelqu'un qu'on aime donc la vraie question je crois à se poser avant la fin de vie c'est la fin des souffrances à la fin de la vie et cette question on ne se la pose pas et surtout le gouvernement n'y répond pas et c'est d'abord la première réponse qu'il faut apporter la réponse qu'il faut apporter c'est on ne peut pas rester avec un tiers je crois des départements qui sont dépourvus de tout centre de soins palliatifs qu'ils soient d'ailleurs publics ou privés c'est une leur chance
ou par une amélioration des moyens d'abord
il faut donner à tous les français qui le souhaitent et y ont droit d'ailleurs la possibilité de terminer leur vie sans souffrance alors oui il faut des moyens ça c'est sûr il faut des moyens et puis vous savez sur moi j'appelle les français qui nous écoutent à lire une interview qui a été donnée au monde par Théo Boer qui a été le concepteur en fait de la loi sur l'euthanasie aux Pays-Bas cette loi elle a maintenant 22 ans je crois que c'était 2001 cette loi et on a vu l'évolution et il dit lui-même si c'était à refaire je ne le referai pas voilà il dit ça il dit qu'en réalité on a commencé ils ont commencé par les adultes mentalement aptes et en phase terminale et puis ça a été les maladies chroniques et puis les handicapés et puis les gens qui avaient des problèmes psychiatriques et puis ça a été les enfants et aujourd'hui la question se pose peut-on autoriser l'euthanasie pour des personnes sans aucune pathologie des personnes âgées sans aucune pathologie et il dit c'est terrible parce qu'en réalité on fait peser sur des personnes âgées la responsabilité du poids qu'ils imaginent avoir sur leurs propres proches ça veut dire et honnêtement là on a dépassé je crois qu'on on dépasse vraiment une ligne qui est celle de notre humanité mais ça veut dire
que c'est une proposition
et il termine son texte dans le monde dans cette tribune du monde qui date de décembre 2022 il termine en disant qu'en réalité la solution ce sont les soins palliatifs et que s'ils avaient développé les soins palliatifs probablement que la demande d'euthanasie aurait été beaucoup moins importante donc ça veut dire
que vous voteriez contre une modification de la loi actuelle pour aller
oui je pense que la loi leonetti est plutôt bien conçue mais une loi bien conçue mais qui manque des moyens pour la mettre en oeuvre est une loi qui tombe dans le vide il faut donc qu'elle ne tombe pas dans le vide et pour cela il faut effectivement y mettre les moyens la fin de vie ça n'est pas quelque chose d'anodin
autre sujet qui relèvera de vos prérogatives si vous êtes élu chef de l'état c'est la question de nos armées de la défense le ministre des armées Sébastien Lecornu a confirmé aujourd'hui que la France a cheminé vers la construction d'un nouveau porte-avions la loi de programmation militaire sera présentée en conseil des ministres mardi là on est sur un budget très conséquent 400 milliards d'euros en 7 ans rien que pour le porte-avions c'est un coût de 10 milliards dont 5 qui seront imputés à cette loi-ci une construction qui va s'étaler sur de nombreuses années le porte-avions rentrera en service en 2038 est-ce que sur tout cela vous êtes en soutien est-ce que là la France là le gouvernement de votre point de vue prend les bonnes décisions
d'abord sur le budget on est à peu près sur les mêmes éléments budgétaires que ceux que nous avions proposés pendant la campagne présidentielle je remarque qu'on a toujours raison après l'élection on est beaucoup critiqué pendant l'élection pendant la campagne et puis après pour finir on a raison mais ça ne veut rien dire le budget après il y a qu'est-ce qu'on en fait où on met l'argent qu'est-ce qu'on exige en termes de savoir combien qu'est-ce qu'on exige en termes de souveraineté enfin je veux dire le sujet c'est est-ce qu'on continue le scalp avec les allemands dans quelles conditions c'est notre format d'armée est-ce qu'on continue à vouloir un format d'armée complet comme nous en comme je crois on ne peut que l'exiger quand on est un pays à une grande puissance souveraine que fait aussi l'exécutif actuellement puissance souveraine bah pas toujours enfin écoutez quand on a laissé une partie encore une fois des équipements nécessaires à nos porte-avions et à être achetés par une société étrangère est-ce que véritablement on a défendu la souveraineté et défendu la souveraineté en matière de l'exécutif nucléaire non je suis pas sûr porte-avions
donc on attend un engagement accru pour nos armées
oui enfin on a aussi vu il y a quelques jours encore une fois dans un journal que une société Sego qui est la société de robinetterie précisément de nos sous-marins nucléaires et de notre porte-avions allait être vendu par les américains est-ce qu'ils vont s'y opposer ou pas on verra bien pour l'instant ils ne l'ont pas fait jamais donc attendons de voir les détails de cette loi de programmation militaire ce que je viens vous dire c'est que le budget en soi ne veut pas dire grand chose à lui seul c'est bien vous pourriez voter contre ce budget pour nos armées mais d'abord avant de voter contre c'est pas binaire c'est pas en vote pour on vote contre avant de voter contre on dépose des amendements non parce qu'il y a toute une série d'articles parce que nous allons déposer des amendements parce que j'espère que le ministre monsieur Lecornu va entendre lui un certain nombre d'exigences que nous pourrions porter en vertu ou en fonction des choix qu'il a pu effectuer dans sa loi de programmation militaire donc il va y avoir un débat et encore une fois nous voterons ce qui nous apparaît bon pour nos armées parce que c'est ça et pour évidemment notre pays et nous nous opposerons à ce qui nous apparaît néfaste mais vous savez pour l'instant on n'en est qu'à une loi de réparation les armées ont été tellement abîmées par les dix dernières années
mais le budget a beaucoup augmenté sous Emmanuel Macron
oui d'accord le budget a augmenté une petite question Marine Le Pen on ne répare pas ça en l'espace d'une année de budget c'est pour ça qu'il y a
une loi de programmation sur plusieurs années
et on dit que ça fait six ans
que donc ils ont la responsabilité
d'avoir laissé tout ça
en ayant déjà augmenté le budget est-ce qu'il faut dans cette loi ou dans une autre d'ailleurs un service national universel obligatoire ce SNU Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité qu'il soit rendu obligatoire pour tous les jeunes entre 15 et 17 ans la décision est en suspens vous vous feriez quoi ?
non je ne pense pas
il ne faut pas de SNU obligatoire
je pense que nous n'avons pas la capacité aujourd'hui de le mettre en oeuvre de le mettre en oeuvre de manière efficace parce qu'il faut aussi quand on décide quand on prend une décision aussi importante que celle-là qui coûte aussi cher et qui représente un tel poids pour l'encadrement or l'encadrement est militaire je vous rappelle savoir qu'est-ce qu'on cherche à faire si c'est uniquement comme nous avons pu le voir mettre à ligner quelques jeunes avec des t-shirts bariolés
l'expérimentation d'aujourd'hui n'est pas satisfaisante
pour faire des je ne le crois pas donc en l'état non
cette semaine le président de la république sera aussi en Chine il va emmener dans ses valises sur une partie du déplacement de la visite la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen pour l'Elysée c'est la volonté de montrer je cite les propos des conseillers du chef de l'état que nous venons non pas comme état désuni mais comme porteur d'une ambition européenne vous présidente est-ce que vous iriez en Chine avec la présidente de la commission absolument pas pourquoi ?
mais je veux dire non seulement je n'irai pas en Chine avec la présidente de la commission européenne mais en plus j'aurais émis les plus vives protestations lorsque madame von der Leyen présidente de la commission a signé un texte très agressif à l'égard de la Chine avec le président des Etats-Unis pourquoi ?
parce qu'elle dépasse très largement les prérogatives qui sont les siennes elle n'a pas de prérogatives diplomatiques ça n'existe pas ce sont seuls les états-nations ont une diplomatie et leur diplomatie il la détermine et elle ne peut pas dans le dos des nations européennes comment dire faire croire qu'il y a des choix sans avoir eu l'accord des dirigeants des nations qu'il y a des choix qui englobent ou qui emmènent ou qui obligent les nations en Europe ce comportement est inadmissible mais il correspond à une dérive que l'on a vue au sein de l'Union européenne qui consiste de la part de la commission à s'attribuer de plus en plus de pouvoir sans en référer d'ailleurs à personne dans des conditions extrêmement opaques donc je pense que la France est une grande puissance elle l'a perdue de son influence elle peut la retrouver et donc elle doit parler avec sa voix propre parce que sa voix propre a des choses à dire et a des choses à apporter au monde
et c'est une voix que vous entendez porter ça fait bientôt une heure Marine Le Pen qu'on parle à la fois des sujets internationaux et nationaux je rappelais en introduction que vous avez été déjà trois fois candidate à la présidentielle dont deux fois finaliste vous serez candidate en 2027 écoutez
je ne peux pas vous répondre maintenant dans quatre ans je serai candidate s'il apparaît que je suis la plus à même de faire gagner les idées nationales que je défends la nation qui m'apparaît être le centre mais ça peut dépendre de beaucoup de choses monsieur Gindre vous avez une grande confiance en l'avenir c'est votre jeunesse qui parle
quand est-ce que vous prendrez cette décision ?
je la prendrai probablement au moment où il faudra entrer en campagne mais en tout cas en l'état aujourd'hui je mène le combat comme si j'allais être candidate je le serai ou je ne le serai pas mais si je ne le suis pas je serai le premier supporter de celui qui le saura
qu'est-ce qui ferait que cette fois-ci les idées de votre camp l'emporteraient après avoir été défaite à toutes les dernières présidentielles ?
je crois que les français nous font de plus en plus confiance nous en fait 18% à la première présidentielle où je me suis présentée nous en fait 33 au second tour à la deuxième 42 à celle-là voilà je me permets de voir plutôt un chemin ascendant je pense que l'intégralité des études d'opinion démontre que le rassemblement national apparaît comme un pôle de stabilité un pôle de sécurité pour les français ils savent où nous voulons aller ils savent que nous ne dévierons pas je crois de notre route ce qui fait que le rassemblement national aujourd'hui est le mouvement le plus apprécié par les français ce qui sur les dix dernières années est tout de même une sorte d'évolution
un clin d'oeil pour terminer tout à l'heure vous avez ri quand j'ai évoqué Emmanuel Macron dans PIF Marlène Schiappa dans Playboy ça vous suscite le même type de réaction
c'est un concours non ? il y a un concours ?
un concours de ?
je ne sais pas un concours de grand n'importe quoi un concours de celui
vous ne le feriez pas ?
non je ne le ferai pas je pense que je pense que tout ça relève encore une fois d'un manque de respect à l'égard des français il faut resacraliser peut-être un peu la politique oui la politique il faut s'en rendre digne avoir toujours un comportement ou essayer d'avoir toujours un comportement digne en se disant je représente les français j'agis pour eux et je n'agis que pour eux et pas pour mon plan de com' voilà tout ça a été totalement perdu de vue et c'est le président de la République qui donne le mauvais exemple
merci Marine Le Pen d'avoir été l'invité dans toute franchise ce soir merci à vous merci à vous merci à vous
Marine Le Pen