Mort de Jean Pormanove : Gabriel Attal propose des tests d’addiction aux écrans
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Europekend 19h50. Allez, on continue notre entretien avec Adrien Matou et également Elliot Maman. Nos discussions cette fois autour de l'ARCOM qui a condamné la levée du blocage de la chaîne de Jean Portmanov sur la plateforme australienne Kick.
C'est sur ce site de streaming que le français âgé de 46 ans est mort en direct. La mise à disposition des autorités des enregistrements présents sur la chaîne ne peut justifier la levée du blocage pour l'ensemble du public. C'est ce qu'explique le gendarme du numérique.
Un petit peu de mal à se faire entendre quand même l'ARCOM, non ? Adrien Matou. Oui, c'est vrai.
Alors après l'ARCOM n'a pas vocation à censurer et surveiller tout ce qui se passe sur internet parce qu'en fait en réalité j'ai suivi de près cette affaire qui m'a qui m'a profondément choqué et en réalité on parlera peut-être de la proposition de de Gabriel AT juste après. C'est ma question d' voilà j'anticipe. Moi je pense que les questions que pose cette affaire dépasse de loin le rôle de l'ARCOM ou telle ou telle loi.
C'estàd que il y a quand même des centaines de milliers d'internautes qui pendant des mois ont non seulement apprécié le spectacle d'un pauvre homme qui se fait violenter et humilier en public mais qui je rappelle on peut mettre 4 € on comme ça ça permet de insulter la personne qui se prennent des bas compagnie exement donc ils n'ont non ils ont pas seulement regardé ce spectacle absolument atroce ils ont en plus donné de l'argent pour qu'il continuent et donc ça à mon avis ça ça a des implications presque civilisationnelles quo de de se dire que il y a des centaines de milliers de gens qui apprécient ce spectacle et qui payent pour ce spectacle. Et on parle de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Donc je vous laisse voir à 4 € la baffe ou la vanne l'injure, ça en fait. le nombre de gens qui voilà une moyenne de 15000 personnes qui regardaient et jusqu'à 75000 par soir. 15000 personnes c'est euh c'est dramatique.
Voilà, c'est dramatique. Et encore une fois, on pourra avoir toutes les propositions de loi. On pourra chercher les responsables qui ont pas suffisamment enquêté, pas suffisamment interdit.
La question de fond, c'est quand même qu'est-ce qui a conduit à ça ? Qu'est-ce qui a conduit ? Est-ce que des dizaines de milliers de personnes apprécient de voir une personne en détresse et en vulnérabilité se faire humilier et violenter jusqu'à la mort pendant des mois ?
Elliot Maman, par rapport à l'Arcom qui est normalement très à cheval sur une certaine idée, conception, pluralisme par exemple des partis politiques, c'est ce qui est normal, elle va chercher à pouvoir protéger chacun. Là, on peut penser que elle a pas forcément protégé ses concitoyens. Est-ce que il pourrait y avoir éventuellement une faute de l'ARCOM ?
Mais ce qui est vrai, c'est que nos responsables politiques qui aiment souvent à mettre en scène leur impuissance sont parfois beaucoup plus pr instaurer une forme de régulation sur un sujet qui est très facile euh à maîtriser puisque précisément il est immédiatement visible, perceptible et que surtout il permettent à ceux qui vont le réguler d'exprimer leur vertus. C'est-à-dire que les responsables politiques aiment beaucoup réguler l'expression et les modalités de l'expression plutôt qu'ensuite de véritablement se saisir de sujets qui sont beaucoup plus vitaux d'un point de vue immédiat et de toute évidence beaucoup plus grave s'agissant des des mœurs qui sont heurtés directement par l'affaire dont on est en train de parler. Et on a par exemple pu penser euh au cours du premier quinquena d'Emmanuel Macron au à la proposition de loi qui était portée par Latitia Avia qui précisément voulait essayer d'instaurer une espèce de vocabulaire de ce qui était plus ou moins convenable sur les réseaux sociaux et de ce qui ne l'était pas.
On pourrait se dire que accepter une espèce de modèle d'expression qui d'ailleurs en France est quoi qu'il arrive très loin de ce qui se passe par exemple aux États-Unis mais du moins un peu plus libéral que celui qu'on nous propose pour en revanche avoir une véritable action en redirigeant tous nos efforts et toute notre vigilance sur les cas de violence avérée qui sont diffusés sur internet parce que là en l'occurrence c'est un exemple parmi tant d'autres si on regarde sur internet on peut avoir accès à des choses qui sont mais qui dépassent l'entendement tellement elles sont effroyables. Et c'est vrai que on peut regretter que pour combler leur impuissance à empêcher l'accès à des contenus de ce type-là, les responsables politiques préfèrent insister sur le fait que ils ont obtenu une victoire parce que soudainement l'emploi de tel ou tel mot a été empêché. C'est vrai que c'est un peu regrettable et qu'on ça donne l'impression d'une asymétrie qui n'est pas très bien dirigée.
Avant de parler des propositions de Gabriel Atal, on parle là des consommateurs de ce spectacle là en direct. Est-ce que quelque part si j'arrive dans la rue et je commence à payer quelqu'un pour aller insulter quelqu'un d'autre, je vais être condamné ? Et ce qu'il faudrait condamner, ces dizaines de milliers de personnes qui se sont permis justement de payer pour obtenir une injure ou un gros mot envers cette personne qui qui est décédée par la suite en direct.
Adrien Matou, je sais pas alors je suis pas du tout spécialiste juridique. Je sais pas dans quelle mesure c'est possible. Ça paraîtrait logique.
Ça paraîtrait assez logique. Euh je pense qu'on peut retrouver euh potentiellement les adresses IP de ces personnes et et les identifier parce que internet n'est plus ni plus ni moins que l'extension de la de la vraie vie en fait. Bah alors c'est ça ben c'est ça justement on est au cœur du sujet parce que au fond euh ce que vous disiez être dans la rue payer quelqu'un pour en frapper un autre ça paraît tellement plus difficile à conceptualiser parce que il y a le mur du réel.
On on est dans la vraie vie, on est dans la rue et je ils ont juste à mettre leur identité. Vous verrez, ça va calmer beaucoup de gens bien sûr, mais la réalité c'est que euh en fait le virtuel peut-être donne cette illusion que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas réel. Alors pour avoir visionné quand même des vidéos de de ce pauvre homme Jean Pormanov qui a fini par mourir, je ne comprends pas comment des gens ont pu faire une distinction.
Bon, je doute qu'il l'it fait en réalité entre euh voilà le le pseudo virtuel d'Internet et la réalité des sévises que cet homme subissait. Mais encore une fois, je pense qu'on est en que de comète d'un phénomène de longue durée qui a peut-être commencé avec les la téléréalité dans les années 2000 et qui au-delà du fait de de la pure violence ou ou de la question des écrans et le fait de regarder des individus être humiliés ou s'humilier. Et ça c'est quelque chose qui me semble nouveau à l'échelle de 30 années mais qui est vraiment profondément rentré dans les mœurs de certaines catégories de la population et c'est à mon avis ça qu'il faut interroger en priorité.
Merci d'écouter Europain soir weekend avec notamment Gabriel Atel qui lui face à cette à cette histoire sortie d'histoire de du décès de de Jean Paulmanov qui propose de nouvelles mesures contre alors là c'est un peu plus large on parle de l'addiction aux écrans. Elliot Maman le président du groupe ensemble pour la République qui à l'Assemblée nationale plaide pour des dépistages à l'école. Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans et un couvre-feu numérique pour les adolescents.
Beaucoup beaucoup de paroles mais combien vont pouvoir passer le couvre-feu numérique ? C'est du bon sens. Oui, absolument.
Mais il y a deux choses et je serai très bref parce que je crois qu'on arrive à la fin d'émission à Cadrien Mat avait des choses à dire sur le sujet. Simplement la question du couvre-feu numérique renvoie aussi à l'éducation qui est directement fournie par les parents parce que en réalité l'État pourra euh initier toutes tous les projets qu'il désirent. Tant qu'on aura des parents qui vont estimer que les écrans sont leur auxiliaire d'éducation très direct, on va quand même avoir d'importantes difficultés.
Et deuxième chose, il serait bon aussi que l'éducation nationale fasse sortir les écrans des salles de classe. On a beaucoup de rapports de professeurs qui sont dans une situation de désarrois absolu parce que précisément ils ne peuvent plus échapper aux écrans qui sont directement intégrés à leur à leur manuel pédagogique, à leur voilà leur capacité pédagogique et ça c'est quand même extrêmement délicat. Effectivement Elliot Maman qui a l'œil sur le conducteur, il a raison.
Il nous reste 45 secondes à Dari Matou. Et ben je vais être bref. Je pense que Gabriel Atal fait de la politique un petit peu à l'ancienne et qu'il a une tendance que personnellement je trouve assez dommageable qui est un fait du ver une loi.
Je suis pas sûr queil faille forcément raisonner comme ça. Je pense qu'il a tendance à vouloir se faire remarquer et à rester dans le débat public en faisant des propositions après chaque fait d'hiver. Honnêtement, cette question du coup au feu numérique, on est pour, on est contre, mais c'est pas ça, c'est pas comme ça qu'on va régler les problèmes aussi fondamentaux et même quasiment civilisationnel, je le disais que comme celui que que symbolise la mort de Jean Porman.
Ouais. l'ancien premier ministre qui propose aussi le passage en noir et blanc des vidéos au-delà de 30 minutes de visionnage. Et pour compléter sa dépistage à l'addiction aux écrans Gabriel Atal veut instaurer un premier dépistage à l'entrée du collège et le second au lycée.
Effectivement, action réaction, on verra ce que ça donne.
Gabriel Attal