"J'ai l'impression que Fabien Roussel marque des buts contre son camp", regrette l'Insoumis Éric Coquerel
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Karine Bécart, Eric Delvaux, le 6-9 du week-end.
Bonjour Eric Coquerel, député de la France Insoumise, président de la Commission des Finances. Vous avez peut-être entendu ce matin sur France Inter dans les journaux la réaction du secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel, qui veut élargir l'union de la gauche jusqu'au socialiste Bernard Cazeneuve. Et il n'apprécie pas, Fabien Roussel, que les Insoumis viennent lui réclamer des comptes. Qu'est-ce qui ne vous convient pas aux Insoumis dans cette démarche de vouloir élargir l'alliance au sein de la NUP ou à l'extérieur de la NUP ?
Déjà, manifestement, il se mêle des affaires internes du Parti Socialiste. Je vous rappelle que le Parti Socialiste est membre de la NUPES, qui a une direction, une majorité, qui a réaffirmé sa volonté de construire ce que nous avons entrepris aux législatives, c'est-à-dire non seulement l'unité de la gauche, mais l'unité de la gauche sur un programme de rupture. pour aller vite à un programme de gauche. Oui, mais il faut aller plus loin aujourd'hui, il faut élargir plus large. Je vais finir, qui tournaient le dos justement à tous ceux qui, au Parti Socialiste, avaient amené le résultat de 1,75% de Mme Anne Hidalgo, c'est-à-dire M. Hollande, M.
Cazeneuve, tous ceux qui avaient fait une politique qui en réalité était une politique très sociale-libérale, qui s'adaptait totalement au système financier, qui avait même, en termes déjà à l'époque, de répression, d'immobilisation. Souvenez-vous de la loi El Khomri, les nasses commencent à ce moment-là. Souvenez-vous de Sivins avec un mort. Donc, cette gauche-là avait failli, elle nous avait amené Macron. Bon, libre à M. Roussel de vouloir la remettre sur selle. Moi, je crois que c'est ce qui avait condamné la gauche à redevenir ce qu'elle doit être dans le pays. C'était une alternative sur le fond au système néolibéral, au système productiviste. Et moi, je ne rêve pas de cette gauche-là.
Mais ce n'est pas ça qu'il dit, Fabien Roussel. Pardonnez-moi, je vous coupe, mais Roussel dit qu'il faut, à un moment donné, élargir le socle de la gauche. Attendez, on veut élargir le socle de la gauche si on veut devenir majoritaire, c'est-à-dire si on veut gagner des élections et, accessoirement, si on veut gagner l'élection présidentielle. Là, je parle à la place de Fabien Roussel, c'est ce qu'il disait le week-end dernier, dans Questions politiques, notamment. Bonne stratégie ou pas ?
Mais élargir le socle de la gauche tel qu'elle est avec la NUPES au niveau de la population, au niveau du peuple, au niveau des électeurs, bien évidemment, ça oui. C'est-à-dire qu'on a réussi au présidentiel avec Jean-Luc Mélenchon à asseoir justement la supériorité d'un problème de rupture. Les législatives ont été plutôt un bon résultat vu la situation. Donc pour gagner, pour gouverner, c'est ce que nous voulons faire, il faut élargir le socle de la gauche dans la population. Mais vous allez l'élargir avec une alliance, avec tous ceux qui ont failli ? Je ne comprends pas. Quel est le projet ?
Il ne parle pas que Bernard Cazeneuve, il parle beaucoup des syndicats aussi, par exemple, et il parle de personnalité. Donc c'est vraiment une ouverture très large. On s'est focalisé sur Bernard Cazeneuve.
Mais savez-vous que pendant la campagne électorale, et ensuite, avec justement la NUPES, nous avons mis, et malheureusement, le parti conniste, et M. Roussel n'étaient pas très favorables à ça, nous avons lancé un parlement de l'Union populaire, donc la Nouvelle Union populaire, dans lesquelles il y a des syndicalistes, il y a des artistes, il y a des intellectuels, il y a des chercheurs, etc. Donc nous avons déjà tenté ça, que M. Roussel appuie ce genre de démarche, au lieu, j'allais dire, de remettre en selle tous ceux qui, d'abord il faudrait prouver qu'ils apportent quelque chose électoralement, mais surtout, ce qui me pose problème, c'est quel est leur projet politique ?
C'est revenir aux années Hollande ? C'est revenir à une gauche qui se retrouve à la fois incapable de gagner au niveau électoral, mais surtout incapable de transformer la situation sociale dans le pays, donc je ne comprends pas très bien.
On ne vous réconsidérera pas.
Je ne comprends pas très bien, si ce n'est, à certains moments, et je le reproche un peu à Fabien, l'impression qu'il marque des buts contre son camp, en approuvant ce que dit M. Darmanin, alors que M. Darmanin est en guerre contre la NUPES, nous criminalise, a des propos extrêmement durs pour nous stigmatiser, et faisant de même avec M. Cazenope.
Oui, mais la NUP, elle va comment aujourd'hui ? Vous avez eu une réunion...
À l'Assemblée nationale, elle va très très bien la NUPES. Mardi soir ? Oui, très très bien.
Et vous avez acté la mise en place d'une nouvelle phase de la NUP, un acte 2 ?
Le fait de se voir, on a acté, alors chacun l'appelle comme il veut, enfin l'idée, c'est de se rencontrer plus souvent, c'est-à-dire une fois par mois, on va faire des plénières telles qu'on l'a fait mardi soir, on va faire beaucoup plus d'initiatives communes, de projets de loi de commun, nous avons remis, nous, sur la table, l'idée, justement, de relancer ce fameux Parlement de l'Union Populaire, de la Nouvelle Union Populaire, et puis nous nous le disons, c'est ce que nous souhaitons, nous ne voyons pas pourquoi nous ne serions pas capables d'être présents ensemble aux européennes, aux élections intermédiaires d'ici la présidentielle, puisque tous les partenaires de la DUPES, c'est quand même déjà quelque chose de positif.
Attendez, ce qui est positif, c'est que tous les partenaires de la DUPES disent, bien évidemment, il faut que nous soyons ensemble aux présidentielles. Donc nous, nous remettons, vu la situation actuelle, vu la situation de conflictualité, vu la manière dont le gouvernement s'en prend à nous, s'en prend à la démocratie, nous remettons sur la table que nous serions bien mieux ensemble aux européennes.
Sinon, ça veut dire que c'est la fin de la nuit ou pas ?
Non, je n'ai pas dit ça, mais ça serait quelque chose de préférable. Vous savez, moi, je n'agis pas en disant, par des menaces, par la pédagogie, et moi, j'ai bon espoir que nous repersuidions nos partenaires, notamment Europe Écologie, que ce serait mieux ensemble que séparés.
Hier, la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Brun-Pivet, a fait un rappel à l'ordre pour 76 députés, dont des insoumis, pour des comportements jugés inappropriés au Palais Bourbon. C'était par exemple des champs ou des vêtements non conformes. Vous répondez quoi ce matin ? C'est pas ça, en fait.
Ah, il y a eu des champs ? Non, mais le rappel à l'ordre n'est pas là-dessus. Je vous le dis, puisque je l'ai reçu, que le rappel à l'ordre, c'est un rappel à l'ordre sur les pancartes seulement, d'accord ? Et non pas sur rien d'autre. Nous contestons fortement, et nous sommes très inquiets du fait que Yael Brun-Pivet, à l'Assemblée Nationale, finalement, fait rentrer à l'Assemblée Nationale le même type d'attaque que M. Darmanin, par exemple, fait sur nous, en nous traitant d'ultra-gauche, etc. Enfin, des choses qui n'ont aucun rapport avec la réalité. Pourquoi ? Parce que, d'abord, c'est une décision collective. Et ça, ça n'existe pas.
Dans l'Assemblée Nationale, vous individualisez vos peines, mais en aucun cas, ça ne peut être collectif. Deuxièmement, c'est sur des faits faux. C'est-à-dire, elle nous reproche d'avoir brandi des pancartes. Comme elle ne peut pas se contenter de ça, parce qu'une semaine après, par exemple, il y a eu d'autres pancartes brandies, notamment par le Parti Communiste, elle explique qu'on les a maintenues, ce qui n'est pas vrai, elle n'a pas eu plusieurs injonctions. Enfin, elle raconte des choses qui sont fausses. Mais surtout, tout ça nous rappelle quand même un autoritarisme inquiétant. Savez-vous que M.
Orban, le président de l'Assemblée hongroise, a utilisé le même type d'argument pour quatre pancartes pour justement pénaliser des députés à l'Assemblée nationale ?
Non mais quand même, Éric Coquerel, pardonnez-moi, je vous coupe. Vous allez lui donner raison ? Non, ce n'est pas ça, mais est-ce que vous avez des regrets quand même, pour certains insoumis, et vous en êtes, est-ce qu'il y a des regrets dans les comportements insoumis que vous avez eus à l'Assemblée nationale ces dernières semaines, ces derniers mois ? Est-ce qu'il y a des regrets dans ce que vous avez fait, parfois ?
Écoutez, parlons de ce qui s'est passé à ce moment-là. Le fait que nous chantons la Marseillaise, repris également par d'autres groupes, notamment de la NUPES, que nous brandissions une pancarte sur quelque chose qui est un problème démocratique incroyable, c'est-à-dire le fait qu'une loi qui va structurer, qui va faire reculer de deux ans le départ de l'âge de la retraite soit imposée par 49-3 parce que le gouvernement n'a pas de majorité à l'Assemblée. Alors non, je n'ai pas de regrets, à un moment donné, de dire que ça ne peut pas se passer comme ça.
Mais est-ce qu'on peut être un élu de la République comme vous et empêcher, par exemple, la Première Ministre de s'exprimer ?
Mais la Première Ministre est arrivée pour empêcher l'Assemblée nationale de voter. Est-ce que vous considérez que c'est normal dans une démocratie ?
Moi, je dis que dans une démocratie, on n'est pas toujours d'accord.
Non, non, non. Je vous demande de répondre à cette question. Est-ce que vous considérez que dans une démocratie... Non, je ne suis pas là pour répondre à l'indication. Mais si, dans une démocratie, est-ce qu'il est normal ? Est-ce que dans une démocratie, il est normal, à un moment donné, que parce que vous êtes minoritaire, vous empêchez l'Assemblée nationale de voter après l'avoir déjà fait dix fois lors du budget pour les mêmes raisons, parce qu'elle est minoritaire ? Alors, à partir de là... Laissez-moi finir. Est-ce que vous savez comment se passe un 49-3 ? Est-ce que vous savez ?
On en a suivi quelques-uns.
Oui, d'accord. Donc, vous savez que la ministre arrive, d'accord, clôt les débats, et explique qu'elle impose le 49-3, et elle sort. Quelle autre manière de réagir, voyez-vous, que justement, du type de manifestation ? On a trouvé que la Marseillaise était quand même quelque chose qui solanisait le moment, d'accord, qui s'appuyait sur nos principes républicains. On s'est contenté de mettre des pancartes parlant du problème de démocratie du 49-3. Je trouve que c'était le minimum qu'on pouvait faire.
Et d'ailleurs, je remarque que dans le monde entier, dans les unes du monde entier, c'est quelque chose qui n'a pas été, j'allais dire, remarqué comme un tumulte, mais plutôt comme une expression, justement, républicaine, d'une opposition qui n'est pas d'accord avec des délits de démocratie.
Mais est-ce que les Insoumis sont encore dans le respect des institutions aujourd'hui ?
Bien sûr. Mais est-ce que le gouvernement est dans le respect des institutions ? C'est quand même incroyable, ce genre de questions. Excusez-moi, car vous êtes dans votre rôle. Et vous répercutez les attaques que fait le gouvernement. Non, absolument pas. Je suis dans l'observation. Je suis dans l'observation. Je vous réponds. Ça ne me permet de répondre pas démocratique ou crise de régime. Vous reprenez ces termes-là. Est-ce que le gouvernement est dans le respect de la démocratie à partir du moment où il utilise un projet de loi de finances rétificatif de la sécurité sociale, on va en parler, je pense, qui n'est absolument pas fait pour ça et qui lui permet juste... Pourquoi il l'utilise ?
Parce que ça lui permet juste, un, de raccourcir les débats considérablement, ce n'est pas très important, deux, de passer éventuellement par ordonnance et en force et même d'utiliser le 49. Et je dis qu'on n'a pas besoin d'une... Est-ce que vous croyez que c'est normal ? Est-ce que vous croyez que vous respectez la démocratie ?
Il y a des institutions qui vont effectivement en juger, à savoir le Conseil constitutionnel, pour savoir si effectivement la constitution a été respectée. C'est ça le respect des institutions.
Non, non, le respect des institutions, d'abord, à mon avis, il y a quelque chose qui est au-dessus, qui est le respect de la démocratie et le respect de l'Assemblée nationale. Et vous ne pouvez pas, parce que vous êtes minoritaire, utiliser 11 ouvrages 49-3, notamment une fois par rapport à un projet de retraite où vous avez tous les syndicats contre vous. On verra ce qu'on dit
au Conseil constitutionnel. On va débattre pour rien, parce que... Alors, allons-y.
Alors, je vais vous expliquer. Donc, la bonne question que vous pourriez me poser... Vous faites la question et les réponses, c'est pourquoi pas. C'est pourquoi nous pensons que ce n'est pas constitutionnel ? Ah oui, mais ça, on l'a déjà entendu dans la... Non, mais allons-y, parce que vous êtes allés... J'allais j'en excuser parce que le temps file. Oui, mais le temps file, mais comme j'étais sur place, ça peut vous intéresser. Non, mais allons-y, voilà. Et comment ça s'est passé ?
Vous êtes allés mardi matin au Conseil constitutionnel avec une délégation.
Déjà, la première remarque positive, c'est que nous avions les neuf sages en face de nous. C'est assez rare. En général, quand vous allez défendre un recours, vous avez le rapporteur, vous n'avez pas les neuf sages, dont M. Juppé, dont le président Fabius, qui était en face de moi. Et nous étions, nous, à dix, et nous avions préparé nos interventions avec Charles de Courson, avec Boris Vallaud, avec Cyril Châtelain, Jérôme Gage, une délégation de gauche, Sébastien Jumel, etc. Comment ça s'est passé ?
Vous avez le sentiment que vous avez été entendu ou pas ?
Écoutez, en tout cas, j'ai le sentiment que nous avons des arguments qui font que si moi, j'avais été en face, je serais convaincu. Oui, c'est important. Et notamment l'argument majeur qui est que dans la loi organique qui a prévu les lois de finances rectificatives de la sécurité sociale, il a été prévu des mesures exceptionnelles quand ce que vous mettez en place change, j'allais dire, de manière considérable, le budget en cours. Or là, ce n'est pas le cas. Que ce soit l'avis de M.
Moscovici pour le Haut Conseil des Finances Publiquées, qui explique que ça ne change en rien les conditions macroéconomiques et l'équilibre budgétaire voté deux mois auparavant, que ce soit sur les impacts de cette loi qui vont être mineurs, voire nuls, en 2023. On est dans une situation qui n'a aucun rapport avec ce que devrait être ce texte. Les deux fois où il a eu lieu, ce projet de loi de finances rectificative de la sécurité sociale, c'était pour des modifications portant à 1,4 milliard et à 1,7 milliard sur le budget de la sécurité sociale. Là, on l'a utilisé. Alors, il y a beaucoup d'autres raisons. Il y a en plus d'insincérité.
Rappelez-vous cette histoire de 1 200 euros qui était au départ prévue, soi-disant, pour 200 000 personnes, il n'y a plus que 10 000 à la fin. Donc, il y a plein de choses totalement insincères. Et je crois que nous avons les arguments pour montrer que la totalité de cette loi devrait être déboutée par les conseils constitutionnels.
Éric Coquerel, quelle attitude auront les insoumis le 14 avril si le Conseil constitutionnel valide toute ou partie de cette réforme ?
Écoutez, je crois qu'on aura l'attitude qu'ont aussi manifestement les syndicats. Parce que nous, on suit sur cette question des retraites. On suit ce que fait l'intersyndicale depuis le début. On la soutient. Et manifestement, le recours est évidemment un moment important. J'espère que d'ailleurs les sages vont juger sur la constitution et pas sur d'autres préoccupations de leur appartenance politique passée, etc.
Ce n'est pas son rôle en principe. Elle juge sur le fond.
Si c'est sur le fond, je pense que ça sera débouté si c'est sur le fond. Et si le projet est maintenu, il y a deux solutions. Soit le RIP est accepté, c'est-à-dire le référendum d'initiative parlementaire et dans ces cas-là, on rentrera dans une campagne pour trouver les millions de signataires nécessaires pour que ces référendums soient soumis à l'Assemblée. C'est très compliqué. C'est un des problèmes. Et puis, dans tous les cas, je pense que la mobilisation continuera. J'ai vu que les syndicats appellent déjà à un 1er mai unitaire, donc la mobilisation continuera pour que cette loi ne soit pas promulguée.
Et moi, je crois qu'il y a des possibilités pour ça parce que je crois que ce gouvernement, je crois que M. Macron, s'est mis dans une impasse politique totale et que, quoi qu'il arrive, je pense qu'il a perdu la partie au niveau politique. Je ne vois plus ce qu'il peut faire passer dans le pays sans majorité à l'Assemblée, avec une population qui est véritablement remontée fortement contre ce genre de pratiques. Bon, voilà, je crois que l'avenir, en tout cas, de cette majorité en termes politiques, cette majorité qui n'en est pas une, elle est largement compromise.
Et est-ce que vous en voulez, par exemple, à la CFDT de vouloir rentrer dans le rang comme l'a dit Laurent Berger si le Conseil constitutionnel valide cette loi ?
Moi, je n'ai pas entendu ça de Laurent Berger. Depuis le début, on me dit Laurent Berger va rentrer dans le rang. C'est ce qu'il espérait manifestement Mme Borne en essayant de diviser un peu l'intersyndicale. Pour l'instant, ce n'est pas ce qui s'est passé.
Il a dit cette semaine quand même que cette loi peut-être finira par être promulguée.
Mais ça, c'est autre chose. D'accord. Il a confirmé sans être un petit abattement. Là, il traduit des faits. Il traduit des faits. Elle sera promulguée si le Conseil constitutionnel l'approuve. Mais ça ne veut pas dire que vous l'acceptez et que vous ne ferez pas en sorte justement de continuer à se mobiliser.
Éric Coquerel, est-ce qu'il faut calmer et apaiser le pays ? Est-ce que vous êtes d'accord sur le fond avec ce qu'a dit Elisabeth Borne en off au journal Le Monde ? Est-ce qu'il faut respecter une période de convalescence ? Est-ce qu'elle fait le bon diagnostic selon vous ?
Elle fait le diagnostic qu'elle aurait dû faire avant et du coup, ce qu'il aurait peut-être évité d'essayer de faire passer cette loi de la manière dont on vient de le décrire. Elle avait mandat de l'Elysée, répète-toi. Oui, oui. Peut-être que ça montre qu'elle n'était pas très à l'aise finalement dans ses bottes pour reprendre l'expression par rapport à Alain Juppé qu'il était lui en 1995. Bon, voilà. C'est comme ça. Je ne sais pas si... Je pense que Mme Borne, de toute façon, elle le sait. En tant que Premier ministre, je crois que les temps sont comptés parce qu'elle a un gouvernement qui est dans le mur, qui est dans l'impasse. Bon, mais très sincèrement, je pense que M.
Macron n'aura pas d'autres alternatives. Donc vous dites
qu'ils sont plus sur la même ligne aujourd'hui,
Borne et Macron ? J'ai cru comprendre qu'il y avait quelques réticences. Alors, ils vont dire l'inverse officiellement. Ah, c'est déjà dit. Moi, je ne suis pas sûr que Mme Borne soit très à l'aise avec tout ce qui s'est passé. Je ne suis pas certain de vous estimer. C'est tellement entre les outrances de M. Darmanin par rapport à la Ligue des droits de l'homme qui menace la Ligue des droits de l'homme par rapport aux partis d'opposition, par rapport aux manifestants. Cette façon de passer outre la totalité des syndicats français. Ils ont réussi à réunir. Rendez-vous compte que pour la première fois depuis très longtemps, il y aura sûrement un premier unitaire.
Bon, je ne pense pas qu'elle soit très à l'aise dans ce rôle-là.
Éric Cochrane, le temps file. Le temps file. Encore un sujet. Sophie Binet. Les relations n'étaient pas bonnes entre Jean-Luc Mélenchon et Philippe Martinez à la tête de la CGT. Désormais, Sophie Binet à la tête de la CGT cherche une nouvelle relation plus apaisée avec les insoumis. Ça annonce quoi ?
Ah ben, ça annonce... C'est du positif. Moi, j'étais au congrès de la CGT. Je ne porte pas du tout de jugement sur la direction passée Philippe Martinez avec qui je continue à dialoguer. Mais j'observe une chose, c'est que j'ai l'impression que l'élection de Sophie Binet et du bureau dans sa composition a rassemblé la CGT. Voilà, j'ai cru comprendre que les retours étaient positifs. Et si en plus de ça, elle exprime le fait qu'on va pouvoir dans l'avenir non pas se mêler des affaires syndicales pour notre part, non pas des affaires dans l'entreprise, notamment les grèves, mais en tout cas avoir une relation, des discussions, je trouve ça positif.
Et d'ailleurs, on va le tester parce que moi, en 2019, j'avais lancé un comité pour les libertés publiques et contre la répression. Voilà, il y avait toutes les... une grande partie des organisations politiques, associations comme Attaque, des organisations politiques. Et avec l'accord du groupe, je vais relancer cette initiative parce que malheureusement, je crois que le temps est venu vu les problèmes de répression justement et de la manière de s'en prendre aux libertés publiques de ce gouvernement. Donc on va voir si Mme Binet notamment est d'accord avec cette perspective.
Passons à Adrien Quatennens pour finir qui doit réintégrer le groupe des Insoumis à l'Assemblée à partir de vendredi prochain, le 14 avril aussi, décidément, grosse journée le 14 avril, il avait été, je le rappelle, écarté du groupe après des actes de violence conjugale pour lesquels, il faut le rappeler, il a été condamné. Avant son retour, les députés et les filles vont être consultés, ça va se passer mardi en réunion de groupe. Éric Coquerel, est-ce que vous voterez pour ou contre le retour d'Adrien Quatennens ?
D'abord, c'est absolument pas évident qu'il y ait un vote et vous ne saurez pas... Non, non, ce n'est pas du tout évident parce que on a...
La démocratie alors !
C'est moi terminé. On vote très souvent dans le groupe de l'Assemblée nationale aussitôt que c'est nécessaire mais là, il n'est pas du tout évident que c'est nécessaire puisqu'il va y avoir une rencontre, un travail fait avec Adrien. Je vous rappelle que dans les mesures que vous donnez, il y en avait une autre qui était le FASKIFAS, un stage avec une association. Un stage entreprise
avec un stage violente.
Donc à partir de là, il va y avoir une discussion avec lui et avec le groupe et nous, l'espoir, c'est qu'on arrive à un consensus ensemble de tout le groupe pour essayer justement de faire en sorte que la situation continue telle qu'elle avait été prévue. Mais vous êtes d'accord pour qu'il revienne ou pas ? Telle qu'elle avait été prévue telle qu'elle avait été prévue à l'origine, c'est-à-dire le fait qu'au nom d'une certaine gradation des peines, enfin en tout cas des sanctions, au nom également de la réhabilitation qui est quelque chose de terriblement progressif et en même temps des valeurs féministes notamment vis-à-vis des violences sexuelles et sexistes, eh bien...
Mais vous gagnez du temps là. Vous êtes d'accord ou pas avec son retour ?
Moi je serais d'accord avec la position du groupe et je ne veux pas qu'on commence justement à vous offrir le terrain d'une polémique interne alors que jusqu'à maintenant on a réussi à très bien travailler tous ensemble sur cette situation où vous verrez la position du groupe la semaine prochaine et j'ai confiance dans la solution qui sera trouvée et à mon avis que vous verrez je pense qu'on aura un consensus.
Est-ce que le groupe vous semble aujourd'hui plutôt favorable ou plutôt contre le retour d'Adrien Quatennens ?
Je pense que le groupe est plutôt enclin à faire ce que nous avions prévu c'est-à-dire à faire en sorte qu'Adrien Quatennens revienne en fonction évidemment de tout ce qui leur a tiré notamment du travail avec cette association.
Merci beaucoup d'être venu en parler ce matin sur France Inter Eric Coquerel député la France Insoumise président de la commission des finances merci beaucoup et bonne journée merci beaucoup
merci beaucoup
Éric Coquerel