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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 17 février 2026 36 minContradictoireMixte

Les parents et l'école : des progrès à faire

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0:00
Locuteur 8

Si on se met à lister les incidents graves dans les établissements scolaires, on peut très vite avoir le tournis. Nous avons Sanari en tête, c'est le plus récent, de multiples coups de couteau pour une histoire de mauvaise appréciation. Mais avant cela, Benfeld, dans le Barin, Antibes, dans les Alpes-Maritimes, nos gens en Haute-Marne, la contre une surveillante, à cela s'ajoutent des faits de harcèlement qui ont parfois des conséquences effroyables, nous le savons tous. Dit comme ça, c'est effrayant. Laissez-moi quand même vous dire qu'il y a un verre à moitié plein. 14 incidents graves sur 1000 élèves dans les collèges et lycées en 2024-2025.

C'est un léger recul, même si c'est contre-intuitif de le dire. 80% des écoles n'ont déclaré aucun incident grave. Ce sont les statistiques de l'éducation nationale qui le disent. Nos établissements ne sont pas devenus des Far West. Néanmoins, on a le droit de s'inquiéter quand ça dégénère, parce que quand ça dégénère, c'est terrible. S'inquiéter des insultes, s'inquiéter du comportement, s'inquiéter de l'indiscipline, s'inquiéter de la violence. Et c'est dans ce sens que le ministre de l'éducation nationale a donc écrit à tous les parents. En fin de semaine dernière, vous avez probablement reçu cette lettre si vous êtes parent d'élève. C'est à vous que les mots du ministre s'adressent.

Face au fléau de la violence et du harcèlement, nous avons besoin de votre implication personnelle en tant que parent. Un enfant n'a pas à avoir de couteau, il n'a pas à agresser verbalement ou physiquement un professeur, il n'a pas à être violent. Il en va de même de ses parents. Nous avons donc besoin de vous, dit le ministre, qui vous demande de discuter avec vos enfants de la violence en général. Dans cette lettre, il y a aussi noir sur blanc, l'école ne peut pas tout. Et quand on voit l'actualité très chaude, on se dit que la violence est tellement partout que les parents ne peuvent pas tout non plus. La violence, c'est une histoire de société, c'est donc l'affaire de nous tous.

Mais elle est importante, cette discussion sur la place des parents, sur leur rôle dans l'école, ceux qui peuvent parler à leurs enfants, ceux qui le font, ceux qui ont plus de mal, comment faire en sorte que l'éducation nationale et les parents se parlent mieux et se parlent bien. C'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus. Hélène, bonsoir. Alors, vous êtes la première et vous êtes la bienvenue. Bonsoir. Bonsoir, Hélène.

2:11
Locuteur 6

Je voudrais que vous preniez mon appel. Oui, je voulais intervenir en disant à M. Giffray que j'étais entièrement en accord avec la lettre qu'il a envoyée. Je l'en remercie d'ailleurs de nous solliciter en tant que parents, même si effectivement, comme vous l'aviez dit, on ne peut pas tout faire. Mais c'est un partage que l'on doit faire entre l'éducation à la maison et l'éducation qui se passe à l'école. Et je dois dire qu'en tant que représentant des parents d'élèves pendant longtemps et assistant à des conseils de discipline, des conseils de classe, etc., on voit qu'effectivement, les parents ont un peu lâché l'affaire. Je dis ça avec un exemple.

Par exemple, quand on a des conseils de classe, on envoie souvent un petit mail aux parents pour leur demander s'ils ont des retours, des remarques, des choses à dire. On leur propose aussi, à la suite des conseils de classe, de nous appeler pour avoir un retour sur la classe ou sur la situation en particulier de l'enfant. Et on n'a jamais personne qui nous appelle. Donc, on se rend compte que les parents ne sont pas...

3:15
Locuteur 8

Et y compris quand c'est grave, c'est-à-dire, est-ce qu'il vous est déjà arrivé, même vous, de jouer les intermédiaires, Hélène, y compris avec des problèmes de violence et de vous retrouver avec zéro réponse ? Ça vous arrive, ça ou pas ?

3:25
Locuteur 6

Alors, pas directement, mais j'ai assisté à de nombreux conseils de discipline, où, effectivement, les parents se sentent complètement désemparés et où, finalement, on se rend compte que leurs sollicitations arrivent un peu trop tard, en fait, malgré tous les efforts que, souvent, l'établissement fait. Et j'étais représentante de parents dans des établissements qui ne sont pas censés poser problème.

3:48
Locuteur 8

Vous avez l'impression que ça a bougé ? Après, je vous laisse, c'est promis, on va donner la parole au ministre, quand même, il est là pour ça. Est-ce que vous avez l'impression que ça a bougé, ces dernières années ? C'est, j'en sais rien, 5, 2, 10 dernières années, je ne sais pas très bien dire.

3:59
Locuteur 6

Oui, alors, j'ai fait des conseils de discipline pendant, on va dire, une dizaine d'années. Au début, on avait 2, 3 conseils de discipline dans l'année, et c'était souvent sur juste des petits mots qui n'étaient pas très appropriés envers les professeurs.

Et aujourd'hui, on est sur la rivière, j'ai parlé encore au principal du collège dans lequel étaient les enfants, ils sont à 20 conseils de discipline depuis le début de l'année, et c'est principalement des violences avec des couteaux, effectivement, qu'on retrouve dans des sacs, des problèmes de violence à l'intérieur de la cour d'école, dans la classe, où les enfants avec qui vivent les profs, sans même réagir à ce qu'on peut leur dire, en fait.

4:44
Locuteur 8

Merci beaucoup pour ce témoignage, Hélène, qui est pile dans cette discussion que nous allons avoir jusqu'à 20h, et avec vous, Édouard Geffray, bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup, M. le ministre, d'accepter de dialoguer avec nos auditeurs. Dans ce que nous dit Hélène, je retiens d'abord qu'il y a une espèce d'effet de pire en pire, enfin, en tout cas, c'est ce qu'elle voit aujourd'hui, elle ne le voyait pas forcément avant. J'entends aussi le mot « parent désemparé », parce que pour que ce dialogue existe, il faut que chacun soit volontaire, donc ça veut dire parfois il faut aller les chercher, les parents.

5:16
Locuteur 3

Et il faut surtout parfois aller chercher les jeunes. Vous savez, moi, si j'ai écrit cette lettre, d'abord cette lettre, je l'ai voulue très sereine, parce que je crois à la co-éducation. C'est un mot, vous savez, qu'on le dit depuis plusieurs décennies maintenant, on dit, le principe de co-éducation, c'est-à-dire que les parents à l'école ont chacun un rôle à jouer. J'ai la conviction profonde que les parents ne peuvent pas tout tout seuls. Mais en tant que ministre de l'Éducation nationale, j'ai aussi la conviction profonde que l'école ne peut pas tout tout seul. Et il y a un moment, si l'un des deux maillons de la chaîne est fragilisé, en réalité, c'est toute la chaîne qu'il est.

5:52
Locuteur 8

Vous avez l'impression que pendant un moment, on a tout mis sur le dos de l'école, en leur disant, débrouillez-vous, si les enfants sont violents, débrouillez-vous, etc.

6:00
Locuteur 3

Je crois, alors, il y a deux choses différentes. Il y a une réalité qui est que les parents sont impliqués dans les questions de leurs enfants. Il n'y a pas de débat là-dessus. Mais par contre, je pense que socialement, on a parfois tendance à considérer que, d'une certaine manière, comme l'école est la maison mère de la société, elle est censée en traiter tous les maux. Et ça ne marche pas comme ça. Et typiquement, sur la violence, on a quand même, on a une escalade dans la gravité de la violence. D'abord, il y a quand même une banalisation, quand vous allez à la société d'un collège ou d'un lycée, il y a une banalisation de l'insulte, y compris dans un cadre amical.

C'est-à-dire que l'insulte est aujourd'hui, fait partie du langage commun. Le jour où l'insulte fait partie du langage courant, comment est-ce que j'exprime mes différents quand j'en ai ? Je passe au cran du dessus de la violence. Et donc, j'arrive au coup. Et puis, le jour où je suis une espèce de catalyseur de frustration et de colère immense dans un climat social, éventuellement, j'allais dire, favorable à l'explosion de la violence, c'est quoi le coup d'après ? C'est que j'explose. Et on a, vous l'avez mentionné tout à l'heure, Nogem, Benfeld, Sanaray-sur-Mer, ces événements-là n'arrivaient pas. Il y a 10 ans ou il y a 15 ans, c'était impensable.

Et aujourd'hui, c'est quasiment traité comme un fait divers, alors que c'est un tabou absolu.

7:08
Locuteur 8

Mais vous avez raison, ça n'existait pas. La société, cela dit, on ne peut pas tout mettre sur le dos de la société, parce que ça ne veut rien dire, mais regardez l'actualité d'aujourd'hui. Ça nous dit, j'imagine, comment ça résonne dans une cour d'école, une actualité comme celle-là. On a un différent, non seulement on se tape, mais on se tape très très fort.

7:25
Locuteur 3

D'abord, mais enfin oui, c'est le paroxysme du truc. Exactement. Déjà, en démocratie, et à force en France, on ne meurt pas pour ses idées, on ne tue pas pour ses idées. C'est un peu un principe de base. Mais à force d'entretenir aussi des climats comme ça, un petit peu, si vous voulez, où tout est exprimé sur le mode de la colère, où on joue sur la colère, où on joue sur les émotions, nos enfants, c'est des éponges à émotions aussi. Et donc, il faut qu'on retrouve, et c'est vraiment ça le sens du coup que je voulais dresser, c'est qu'il faut qu'on retrouve collectivement un espace de dialogue avec nos enfants, des enfants qui sont aussi beaucoup sur les écrans.

Il faut qu'on retrouve des espaces de dialogue, qu'on les invite à partager avec nous ce qui va et ce qui ne va pas, qu'on identifie aussi quand ça ne va pas, parce que le corollaire de la violence, c'est le mutisme. Et ça aussi, c'est un élément important.

8:09
Locuteur 8

Mais est-ce que ça veut dire, on va retourner au standard, il y a Romain qui nous attend, est-ce que ça veut dire, M. le ministre, que, par exemple, c'est le cas d'Hélène, qui dit qu'on demande aux parents s'ils ont quelque chose à dire, et puis finalement, ils n'ont rien à dire une fois, deux fois, trois fois. Est-ce qu'à un moment, il faut pousser un peu, demander aux parents de donner un signe de vie, de mettre quelque chose dans une espèce de pronote qui serait entre les parents et les profs, j'en sais rien, n'importe quoi de ce genre, mais à un moment, aller la chercher aussi, la participation des parents.

8:37
Locuteur 3

Il y a indéniablement un travail à avoir que je vais mener au cours des prochains mois avec l'ensemble des acteurs sur la façon dont on associe le parent à la vie scolaire de son enfant et la façon dont vous vous dites qu'on va le chercher. Il y a des parents aujourd'hui qui ont peur de l'école. Et quand vous les invitez à une réunion, ils le vivent presque comme une convocation, parce que ça les tétanise, parce qu'eux-mêmes ont une expérience différente, etc. Donc, il faut à la fois entretenir un lien, j'allais dire, de relations très confiantes et fidèles et en même temps, faire en sorte que chacun joue sa partie de la partition.

9:08
Locuteur 8

Voici Romain qui nous attend. Bonsoir Romain.

9:10
Locuteur 2

Oui, bonsoir.

9:11
Locuteur 8

Vous êtes le bienvenu, on vous écoute.

9:13
Locuteur 2

Oui, bonsoir. Écoutez, moi je veux dire, cette lettre m'a fait ni chaud ni froid. Je ne sais pas que je ne me suis pas senti concerné. Mais bon, j'éduque mes enfants dans l'esprit de non-violence, de respect des autres, des professeurs, etc. Mais pour moi, j'ai pris ça, je sens une certaine hypocrisie en fait dans cette manière de communiquer. On est l'ère de communication maintenant, depuis très longtemps, mais de plus en plus. Et cette aide-gouvernement me laisse un goût amer dans la mesure où on annonce la suppression de 4000 postes d'enseignants. et voilà, c'est un pavé plus dans la marre de la déliquescence de l'école publique française. Elle est actée. Et moi, ça me rend très amer.

Votre école à Toulouse, à Daloflace, on attend des remplaçants depuis maintenant plusieurs mois et il n'y a personne. donc je veux bien que les parents ont une responsabilité. C'est indéniable et je pense qu'on est beaucoup présents. Mais je pense qu'il y a un désengagement de l'État vis-à-vis de sa mission, vis-à-vis de ce que devrait être l'école publique française laïque.

10:31
Locuteur 8

Merci, Romain. Edouard Geffray va vous répondre désengagement de l'État vis-à-vis de l'école publique. Edouard Geffray, c'est ce que dit notre auditeur.

10:41
Locuteur 3

Alors, d'abord, peut-être si ça ne vous dérange pas, juste un premier point sur ce que notre auditeur a dit en accusant un peu l'air de la communication, etc. Comme il l'a remarqué, j'ai voulu écrire une lettre. Je l'ai écrite moi-même d'ailleurs, de bout en bout. Mais justement, j'ai écrit une lettre. Et ça m'a dit mais une lettre de deux pages, personne ne l'a nira. J'ai dit si, bien sûr que si. Parce qu'on a affaire à des parents qui sont précisément impliqués.

Mais il faut au bout d'un moment qu'il y ait bien, y compris cet espace de dialogue entre un responsable politique, ministériel, de ce qui nous faut encore notre maison mère collective, et puis les parents d'élèves qui sont des partenaires évidemment plus que privilégiés, qui sont les co-éducateurs par définition de leurs enfants. Donc ça, c'est la première chose. En termes de... Enfin, pardon, mais c'est important. Je n'ai pas fait un tweet en disant et les parents. J'ai écrit une lettre à chaque parent. Ce n'est pas pareil. C'est que moi, je comprends très bien l'inquiétude qui est exprimée sur moins 4000 postes, etc., quand on prend les choses dans l'absolu.

J'attire juste l'attention collective sur une chose. D'abord, simplement pour que tout le monde le sache, le budget que l'assumérationnel a augmenté de 30% depuis 2017. Est-ce que c'est assez ? Probablement pas. Est-ce qu'il faut payer plus les professeurs ? Je suis le premier à le dire. Il y a des contraintes qui existent, mais il faut appeler un chat à un chat et je n'ai pas de problème à le faire. Mais notre école aussi, elle est confrontée aujourd'hui, et c'est important je crois aussi de répondre sur ce point, à une chute démographique massive. On aura perdu, on parlait des écoles, sur 6 700 000 élèves à l'école, on en aura perdu 1 million entre 2019 et 2029.

Je ne peux pas ne pas en tenir compte dans certains endroits. On ne suit pas du tout la démographie, sinon on en supprimerait malheureusement bien plus, mais on ne peut pas ne pas en tenir compte. Je ne veux pas qu'on se loue de notre sujet,

12:17
Locuteur 8

mais la réponse de nos auditeurs est déjà toute faite. Elle est dans ces cas-là des classes moins importantes, avec moins d'élèves devant chaque prof. C'est d'ailleurs pour ça que l'on ne supprime pas le nombre d'élèves par classe, en moyenne, baisse chaque année. Pour répondre à nouveau à ce que dit Romain, on a Nat qui vient d'arriver, il est sur WhatsApp, et il dit, et le rôle de l'éducation nationale dans la prise en charge de la santé mentale de ces jeunes, il n'y a plus de psy, il n'y a pas assez d'infirmières, nous dit Nat.

Donc effectivement, je peux entendre cette question, on voit qu'il y a un gamin qui ne va pas bien, on prend contact avec les parents, on sent que les parents sont débordés, sauf que s'il faut 6 mois pour un rendez-vous chez le psy, pardon de le dire de manière aussi crue, mais il a le temps de le sortir le canif.

12:53
Locuteur 3

Absolument. Alors, trois éléments différents. Le premier élément, c'est que l'école n'a pas pour rôle de soigner au sens de suivre l'élève, c'est-à-dire qu'un médecin scolaire, une infirmière scolaire, elle ne va pas suivre un patient. Ça c'est important parce que parfois on s'imagine que ça marche comme ça. Non. Nous, on repère et on oriente.

Deuxième élément, c'est que vous avez raison, si derrière, en médecine de ville ou en centre médico-psychologique, on est en train de finaliser avec Stéphanie Ritz, la ministre de la Santé, ce qu'on appelle, alors on a mis un petit peu de temps parce que je voulais dire que ce ne soit pas un bout de papier mais que ce soit bien du réel, c'est pour ça qu'on y a travaillé tous les deux pour être sûr que ça se fasse, ce qu'on appelle une circulaire coup de fil, c'est-à-dire en gros un système dans lequel quand un infirmier scolaire, un médecin scolaire, psychologique national signale un jeune en situation de fragilité psychique, voire de détresse, il puisse être pris en 24-48 heures en médecine de ville.

Parce que ça, c'est absolument essentiel.

13:47
Locuteur 8

Parce que monsieur le ministre, on va rappeler quand même dans l'histoire de Sanary, signalement de violence de la part du père de l'adolescent, mesure d'assistance éducative ordonnée par le juge des enfants en septembre de l'année précédente, de 2025, violence signalée concernant l'adolescent mais aussi sur l'ensemble de sa fratrie. Ce que je veux dire, c'est que responsabiliser les parents, bien sûr, mais même si on y arrivait à 100%, si votre lettre était écoutée, lue à 100%, quand je lis ça, je me dis que Sanary existerait quand même.

14:17
Locuteur 3

Alors, il y a plusieurs choses. D'abord, la violence, j'allais dire extrême, elle trouve à s'exprimer dans un environnement global. Et moi, ce que j'ai souhaité dire à travers cette lettre, c'est que l'environnement global, on en détient tous, vous, moi, les parents, mais on était tous une toute petite parcelle. Si chacun d'entre nous participe à cette désescalade, la température globale diminue. Après, vous avez effectivement des comportements extrêmes comme le suite Sanary.

en l'occurrence, qui d'ailleurs, comme dans quatre des cinq derniers cas d'adultes poignardés dans les établissements scolaires, renvoient en fait à la protection, enfin, à des mesures judiciaires, puisque ce sont des jeunes qui sont en situation de défaillance éducative majeure et de détresse en réalité éducative majeure. Donc, ça pose d'autres questions sur lesquelles on est en train de travailler avec le garde des Sceaux notamment et la ministre de la Santé là aussi pour mieux prendre en charge les jeunes, notamment en cas de aide sociale à l'enfance.

Mais, pardonnez ma expression, mais si on ne traite que les cas de violence extrême sans s'intéresser à un climat général ou si on ne traite que le climat général sans s'intéresser à la violence extrême, on ne résoudra pas complètement la question. C'est vraiment un enjeu de désescalade générale et donc, il faut s'y mettre, si je puis dire, collectivement à tous les niveaux.

15:29
Locuteur 8

Voici Anne qui nous attend. Bonsoir Anne. Bonsoir. On vous écoute Anne.

15:34
Locuteur 4

Alors, bonsoir, je suis infirmière scolaire dans un petit collège rural et je voulais dire merci à notre ministre de l'éducation pour cette lettre parce qu'elle nous a fait beaucoup de bien. On est confrontés régulièrement à des parents qui remettent en question les faits, nos propos. Donc, on est sans arrêt. Moi, mon travail a beaucoup changé. J'ai perdu le sens du travail. Je suis sans arrêt en train de noter tous mes entretiens avec les élèves, les entretiens avec les parents pour me couvrir. Et c'est dommage d'en être arrivé là. Donc, voilà, cette lettre, elle était vraiment la bienvenue. Même si, je le dis, je ne suis pas de la même couleur politique que notre ministre.

Eh bien, merci beaucoup.

16:21
Locuteur 8

Mais je le remercie. Eh bien, on l'a entendu, il l'a entendu. Merci beaucoup, Anne, pour ce coup de téléphone. Édouard Giffray, ce qu'on entend dans ce que vous avez écrit, c'est qu'il fallait recoller ce lien, en fait. C'est ça qu'elle nous dit, Anne, en fait. Il y a un lien qu'il fallait recoller. Il fallait que les profs, que le personnel éducatif, que le personnel enfermé, entendent quelque chose qui dit, ce n'est pas tout le temps de votre faute, contrairement à ce qu'on vous met dans la tête. C'est un peu ça que j'entends dans le propos de Anne.

16:49
Locuteur 3

Je suis d'accord avec vous, mais vous savez, je voudrais juste, parce que depuis tout à l'heure, on parle de la violence, et derrière ça, on parle effectivement de remise en cause parfois profonde, soit des évaluations, soit de l'expertise en réalité des professionnels et de la question nationale comme notre auditrice. Elle parle de perte de sens. Et de perte de sens. Et pour moi, le premier sens, et je voudrais vraiment insister là-dessus, c'est quand même merveilleux en France. On a notre société, notre république, s'est construite sur l'idée qu'on avait un destin commun. Que vous soyez en France depuis deux jours où vos ancêtres ont fait la bataille de Fontenois, on a un destin commun.

Et ce destin, il se construit par l'école. On a une personne sur 30 aujourd'hui en France, un actif sur 30, à dédier sa vie, à faire progresser les enfants des autres ou à en prendre soin comme notre auditrice. Bon sang, c'est merveilleux quoi. Et ce n'est pas sans résultat. Ce n'est pas sans résultat. Tous les jours, on façonne des trajectoires, on emmène des gamins au bout de leur processus, on en fait des citoyens éclairés, on éveille leur conscience civique. C'est énorme ce qui se passe tous les jours à l'école. Et on a une trajectoire d'ailleurs très franco-française qui consiste toujours à se dire que l'école ceci, l'école cela. On parle des profs et pas des professeurs.

On emploie, comme vous le savez, c'est un truc qui me dérange. On emploie un diminutif pour parler du bouc. On a des infirmières, des infirmières scolaires, on a des psychologues, on a des médecins, on a des conseils principaux d'éducation, des assistants, des AESH, etc. qui tous les jours travaillent pour nos enfants. Et ça, moi je suis désolé, mais à titre personnel, comme en tant que ministre, j'ai une admiration folle pour ce que font mes équipes, pour ce que font les fonctions de mon ministère.

Je suis fier d'en être le serviteur et je trouve qu'au moment donné, il faut aussi le dire parce qu'il y a une responsabilité sociale aussi à ce que tout le monde relève la tête et regarde avec gratitude les personnes de l'éducation nationale.

18:38
Locuteur 8

Vous êtes en train de dialoguer avec Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale dans le téléphone sonne.

18:44
Locuteur 9

Le 18-20, 01-45-24-7000.

18:48
Locuteur 8

Et c'est à vous Augustin, bonsoir.

18:50
Locuteur 1

Bonsoir Fabienne, bonsoir Michel Ministre.

18:52
Locuteur 8

Bienvenue Augustin.

18:54
Locuteur 1

Eh bien, donc voilà, moi ma mère est enseignante, enfin professeure d'utérat géographie en collège et elle me parle régulièrement de ce manque de soutien, ce manque d'assistance quand elle se retrouve un élève en difficulté. Donc ma question, ça va être plutôt pour M. le ministre. Plutôt que de demander aux parents les responsabilisés face à la violence des élèves, est-ce qu'ils ne seraient pas plus judicieux, plus efficaces, même vous parler de, voilà, examiner ce climat général, eh bien tout simplement d'ouvrir plus de postes d'infirmiers, de psychologues scolaires qui pourraient venir en aide aux élèves qui en ont besoin. Voilà.

19:28
Locuteur 8

Merci Augustin, M. le ministre. Édouard Geffray.

19:30
Locuteur 3

Oui. Oui, clairement. J'ai créé, enfin on a créé la 300 postes supplémentaires d'infirmières de psychologie-éducation nationale et d'assistante sociale. Je féminise les noms parce que c'est majoritairement des femmes dans l'éducation nationale. Et ma conviction profonde que je défends d'ailleurs depuis le début au Parlement et depuis que je suis ministre, c'est que c'est une tendance qu'il faut inscrire dans le temps long. en réalité, si j'avais annoncé là que je créais 1000 postes d'infirmières, j'aurais pas su la recruter. Donc j'aurais vendu de la fausse monnaie. Et les gens qui disent il suffit de recruter demain 10 000 infirmières de plus vendent de la fausse monnaie.

En revanche, mon souhait profond et je crois que c'est une tendance à long terme. Ils vendent de la fausse monnaie parce qu'ils savent

20:06
Locuteur 8

que les infirmières ne sont pas assez payées et qu'il n'y aura donc pas assez de gens qui seront volontaires. C'est pas une question

20:10
Locuteur 3

de nombre d'infirmières formées et de nombre de personnes qui se présentent au concours. Mais ce que je sais pas, c'est que si on fait des promesses en disant plus 1000, plus 2000, plus 3000, en fait, en réalité, on ne sait pas les recruter. Ma conviction profonde, c'est qu'il faut que sur les 5-10 ans, mais toute conviction politique confondue, ça m'est égal. On est en tendance longue des créations supplémentaires de postes, on va dire au sens large, médico-social. Pourquoi ? Parce qu'on a une réalité, c'est qu'on a aujourd'hui des jeunes qui sont globalement fragilisés. Vous savez qu'il y a à peu près un jeune sur trois qui, entre 11 et 24 ans, a des troubles anxieux ou dépressifs.

Et on ne peut pas laisser ça comme ça. Donc, là, on a lancé cette tendance. Moi, je souhaite qu'elle se poursuive parce que c'est vraiment une conviction profonde quant aux besoins. Mais malheureusement, ça ne se fait pas en deux jours.

20:56
Locuteur 8

Il y a beaucoup d'appels, justement, autour de ce que vous venez de dire. Les enfants ne vont pas bien. Beaucoup. Il y a effectivement des problèmes de santé mentale depuis le Covid. Il y a beaucoup de choses qui ont été réellement bousculées chez les élèves. Et là, on se dit que, encore une fois, ça va bien au-delà de la simple, pardon des guillemets, de la simple responsabilité des parents et avec des problèmes qui sont bien plus profonds que ça, non ?

21:19
Locuteur 3

Bien sûr. Alors, là encore, quand j'ai écrit aux parents, j'ai écrit aux parents sur la violence. Je n'ai pas écrit aux parents ni sur la santé physique ni sur la santé psychique. On a effectivement... Tout s'est un peu cumulé, si vous voulez. On a à la fois l'effet Covid qui est réel et qui est documenté scientifiquement. On a l'effet écran et réseau sociaux qui joue un rôle majeur. Toutes les études scientifiques aujourd'hui montrent qu'il y a une corrélation très étroite entre le niveau de consommation d'écran, parce que aujourd'hui, c'est quand même 4 à 5 heures par jour pour un jeune, et le niveau de santé mentale. Alors, on va interdire les réseaux sociaux, normalement.

La loi a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale aux moins de 15 ans. Ça en fait partie. On va interdire le téléphone portable au lycée, sauf dans les circonstances où il est autorisé. Ça en fait aussi partie. Mais vous voyez, on a besoin de répondre, en fait, sur l'ensemble de la chaîne. C'est-à-dire donner à nos jeunes des nouveaux espaces de sociabilité, parce qu'ils ont besoin de se voir et de refaire le monde. Limiter la consommation d'écran qui a un effet délétère. Et puis, évidemment, prendre en charge, j'allais dire médicalement, socialement, humainement, tout simplement, les fragilités qui s'expriment.

22:23
Locuteur 8

Grégoire Ancel est avec nous. Bonsoir, M. Ancel.

22:26
Locuteur 5

Bonsoir, Fabien de Sattes.

22:27
Locuteur 8

Bonsoir, M. le Président. Vous êtes le vice-président de la Fédération des conseils des parents d'élèves, donc la FCPE. On tenait à vous avoir, évidemment, ce soir, pour discuter avec le ministre. Est-ce que vous, vous dites, déjà, oui, bonne idée, il fallait envoyer cette lettre-là aux parents, d'abord pour les parents, et puis aussi, peut-être pour rassurer les profs.

22:43
Locuteur 5

Et ce... C'est un acte fort, indéniablement, mais pour nous, ça ne peut pas rester qu'une lettre. C'est-à-dire que c'est l'occasion pour nous de rediscuter, de retravailler avec M. le ministre, on a commencé il y a déjà plusieurs jours, avec son équipe, sur la place des parents dans l'école. Il y a des choses à conserver, à amplifier. Très clairement, en tout cas, c'est quelque chose qui nous parle et qui est extrêmement important. Ça a été évoqué par vos éditeurs qui se heurtent aussi à ce qu'on nous on déplore comme manque de moyens, mais j'ai entendu et on en discute souvent avec M.

le ministre de son avis là-dessus, mais pour nous, le climat scolaire, c'est aussi une question du nombre d'adultes dans l'école, du nombre d'enseignants, d'ahussages, d'infirmières, de médecins, de psys, de personnes de vie scolaire, très clairement, mais il faut aussi cultiver la place des parents dans l'école et on a peut-être cet élément-là.

23:31
Locuteur 8

Mais justement, où est-ce que les parents devraient s'impliquer plus et mieux, Grégoire Ancel ? Ils ne le font pas ou ne le font plus ? Où est-ce que vous voudriez qu'ils aient plus de place et ils n'en ont pas ou ils n'en ont plus ? Où est-ce que vous les voyez ?

23:45
Locuteur 5

Alors, tout d'abord, le code de l'éducation prévoit tout un tas d'espaces pour faire vivre la co-éducation qu'évoquait M. le ministre il y a quelques minutes. C'est les conseils d'école, c'est les conseils de classe, les conseils d'administration, les conseils de discipline et les instances départementales régionales que je ne développerai pas plus.

Mais en tout cas, pour ça, pour alimenter ces instances, il nous faut une forte participation aux élections des parents d'élèves qui est organisée chaque année dans 50 000 établissements scolaires publics par la République et c'est un scrutin majeur qui est totalement passé sous silence ou, comme vous dites dans votre émission, souvent passé sous le radar.

Et nous, notre demande auprès du ministre depuis maintenant longtemps, plusieurs années, c'est de dire il faut absolument redonner de la visibilité sur le rôle des parents dans l'école, les espaces dans lesquels ils peuvent s'investir et soutenir les fédérations comme la nôtre et c'est le cas mais évidemment, on attend encore plus de soutien dans le contexte parce qu'on est des médiateurs. On est là pour quand ça frotte, quand ça pique, quand on ne se comprend pas, quand on ne dialogue pas, on est là pour faire le médiateur et donner les clés d'une école complexe à vivre pour beaucoup de parents.

24:49
Locuteur 8

Ça veut dire, Grégoire Ancel, qu'il y a des gens parce qu'évidemment, les familles qui vont bien, les familles qui s'impliquent, on voit bien que de toute façon, le lien se fait. Mais ça veut dire que pour celles qui auraient besoin de s'impliquer mieux et de s'impliquer plus, ils ne connaissent pas votre existence, même ils ne savent pas ce que c'est la FCPE ou la PEP en face de vous. C'est ça l'idée ?

25:08
Locuteur 5

Elle n'est pas toujours visible et ce scrutin, il faut le populariser. On a des fois des difficultés à faire circuler nos informations dans les établissements scolaires. On en parle régulièrement. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour cultiver ce qui existe déjà et beaucoup de personnes de direction et de directeurs d'école en sont conscients et nous aident mais on voit bien qu'on est vraiment des facilitateurs. Regardez à Paris ce qui se passe sur les violences périscolaires. FCPE Paris fait un travail extraordinaire et beaucoup d'autres départements dans ce contexte-là pour outiller, parler, faire le lien, faire le médiateur et surtout de compréhension, de défense.

On est extrêmement précieux dans ces cas-là. Les conseils de discipline évoqués tout à l'heure par Hélène, on est convaincus que c'est une boîte noire des mots de l'école et des mots de la société et on demande là aussi un travail statistique sur ces conseils de discipline. On est d'accord, ils ont explosé.

25:57
Locuteur 8

Vous allez pouvoir rester avec nous si vous le souhaitez, Grégoire Ancel. Mais là-dessus, Edouard Jeffrey, comment on fait pour mettre mieux les parents en avant comme le dit Grégoire Ancel ? C'est-à-dire vraiment une vraie publicité ? Vous avez des élections à l'intérieur d'une école, voici à quoi ça sert les délégués de parents. Ils sont même politisés s'ils le veulent, donc il y a de quoi donner de l'opinion, donc allez-y. Comment se fait-il qu'il puisse encore y avoir des parents qui ne savent pas ?

26:18
Locuteur 3

D'abord, c'est effectivement l'élection la plus fréquente parce que finalement, elle est ouverte à tous, tous les parents, chaque année et c'est une expérience démocratique. Ça, c'est la première chose. Ensuite, et je pense que Grégoire Ancel ne m'en voudra pas de dire ça, mais précisément, l'un des enjeux, on est là pour travailler ensemble à l'intérêt général et à l'échelle de l'école et d'ailleurs, les listes de parents au niveau local ne sont pas politisées. Elles sont là pour en fait, c'est des parents d'élèves qui sont particulièrement investis et qui veulent s'investir aussi au nom des autres.

26:49
Locuteur 8

Mais j'entends bien, il y a aussi un côté noble avec un grand P dans politiser, ça veut dire qu'on met ses opinions sur la table.

26:54
Locuteur 3

C'est politiser au sens noble du terme, c'est-à-dire au sens gouvernance de la cité. Le troisième élément, c'est que, et moi je rejoins tout à fait, et d'ailleurs c'est pour ça qu'on a commencé les travaux avec les associations de parents d'élèves, je crois qu'aujourd'hui en fait on est, comme sur d'autres sujets d'ailleurs probablement, on atteint un peu les limites d'un système qui finalement a très très peu évolué par rapport à une école qui a beaucoup évolué. Je prends juste un exemple que je crois assez marquant dans la relation avec les parents.

Sous l'effet des différentes contraintes de sécurité, notamment antiterroristes, etc., les écoles se sont beaucoup, si vous me permettez l'expression, claque-murée, fermée, au sens physique du terme. C'est quelque chose qui a objectivement changé la relation quotidienne entre les professeurs et les parents, notamment chez les petits, dans une école maternelle ou une école primaire. On n'a pas pour autant repensé la façon dont on allait vivre les instances de vie scolaire avec les parents d'élèves, on a tout maintenu comme avant.

Et vous voyez, je crois qu'il faut qu'on s'interroge collectivement si dans la société telle qu'elle est aujourd'hui, avec les attentes des parents telles qu'ils sont aujourd'hui, avec aussi les exigences de sécurité, et donc la moindre ouverture de l'école, si je puis dire, au grand air. Comment est-ce qu'on retisse ce lien ? Donc, on est en train d'y travailler, mais je serais complètement à l'idée qu'il y a quelque chose à à la fois dynamiser, non seulement autour du geste électoral, mais autour de la vie en réalité de l'école.

Et puis, il y a aussi quelque chose à expliquer probablement de manière plus institutionnelle aussi, et c'est pour ça que je me mets dedans, je crois que c'est aussi ma responsabilité, aux parents, sur le fait que les parents, chacun doit être, j'allais dire, sa juste place. On n'évalue pas à la place du professeur, on ne fait pas quoi à sa place, mais par contre, on est pleinement impliqué dans la vie de l'école et on a sa place à l'école. Je vous disais, il y a des parents qui ont peur, mais c'est vrai, vous avez des parents qui ont peur de franchir la porte de l'école.

28:38
Locuteur 8

Souvent parce qu'ils ont été eux-mêmes traumatisés par l'école, parce que parfois aussi

28:42
Locuteur 3

ils n'ont pas eu la chance de la connaître. On a des parents qui, parce qu'il y a des enjeux de maîtrise en langue française, un parent allophone qui n'a pas connu l'école, si vous voulez, pour lui, c'est un peu un temple inaccessible. Et donc, voilà, il faut qu'on travaille sur cette relation-là parce qu'on a besoin en réalité de tous se réunir autour de ce qui est finalement le berceau de notre avenir.

29:01
Locuteur 8

On a Bruno sur WhatsApp qui dit, moi je suis dans un établissement difficile et je suis très étonné à chaque rencontre avec les parents du manque de communication qu'ils ont avec leurs enfants. Donc dit-il, oui, cette lettre est une bonne chose, mais ça dit que ça vient de loin encore une fois et que ce qu'on observe là au conseil de classe ou au conseil de discipline, c'est presque le dernier bout de la chaîne d'une certaine façon.

29:21
Locuteur 3

Complètement. Ce qui arrive au niveau du conseil de classe ou de discipline, surtout au conseil de discipline, c'est vraiment le bout de la chaîne et c'est quand ça va mal. Mais en réalité, c'est pour ça qu'il y a un travail collectif à faire. Vous savez, hier, il y a eu une enquête qui est sortie sur l'usage des écrans et qui montre que pour beaucoup de parents, en réalité, l'écran, le film, etc., c'est une façon de pallier l'ennui de leur enfant. Moi, je pense que c'est vraiment une chaîne et qu'il y a un travail de sensibilisation à faire vis-à-vis de tous les parents pour, dès le départ, créer l'espace de dialogue.

Vous vous souvenez peut-être qu'il y a quelques mois, je crois que c'était sur France Inter d'ailleurs, j'ai insisté sur l'importance de l'histoire du soir. Il y en a d'ailleurs qui m'ont fustigé en disant c'est simétisant. Pas du tout. Ça concerne tous les milieux sociaux. Mais à partir du moment où vous ritualisez un espace de dialogue avec votre enfant, au début autour de l'imaginaire, de l'histoire, mais après autour de ses questionnements et puis même à lever beaucoup de choses ou à entendre beaucoup de choses et vous pouvez très vite interagir avec l'école quand ça ne va pas.

Quand vous n'êtes pas en situation, pour des raisons diverses, quand vous n'avez pas pu créer cet espace de dialogue et que notamment votre ado est un peu fermé, un peu mutique, etc. Et bien là, d'abord la frustration s'accumule parce que si je n'arrive pas à l'exprimer, la pression monte. Et ensuite, vous n'avez pas les signaux d'alerte qui permettent de dire à l'école « Help, mon fils ou ma fille a un problème.

» Donc c'est vraiment une chaîne et c'est pour ça qu'il faut commencer en réalité dès le plus jeune âge et que de ce point de vue-là, là encore, c'est une coéducation, c'est-à-dire que tout ce qui se passe à l'école dès 3 ans et jusqu'à 18 ans doit se faire en cohérence avec ce qui se passe à la maison.

30:50
Locuteur 8

Voici Fabienne. Bonsoir Fabienne.

30:53
Locuteur 7

Oui, bonsoir. Merci de me prendre à l'antenne. Bonsoir. Merci de me faire intervenir. Je suis avocate.

Effectivement, j'ai accompagné une élève récemment en conseil de discipline pour la défendre en fait et dans la préparation du dossier, j'ai eu à cœur de pouvoir échanger aussi avec des professeurs et je voulais vous faire part de ma réflexion en fait parce qu'en fait on parle des parents là de la relation parent-enfant mais en fait là quand il y a un conflit avec un professeur c'est bien de la relation enfant-professeur dont il s'agit et j'ai remarqué enfin c'était très dommage parce que cette jeune femme était très bien accompagnée par ses parents je vous l'assure elle dialoguait à la maison mais par contre en fait le dialogue avec le professeur était rompu à tel point qu'elle se sentait elle-même harcelée donc ce que je me disais c'est est-ce que les programmes ne sont pas trop lourds ou en fait est-ce qu'ils ne devraient pas prévoir également en classe un espace de dialogue pour permettre aux professeurs peut-être d'avoir le temps de dialoguer avec leurs élèves pendant le cours ou après le cours mais je pense qu'effectivement il faut vraiment qu'il y ait une relation de confiance qui s'établisse entre les deux et que là les professeurs sont vraiment surchargés ils ont beaucoup d'élèves dans leur classe et que du coup ils n'ont peut-être pas la patience pour le faire et voilà c'est dommage que les médiateurs ne puissent pas intervenir aussi entre eux et les élèves voilà c'était ma réflexion dont je voulais vous faire part et je pense que c'est aussi important de travailler là-dessus

32:33
Locuteur 8

merci beaucoup pour cette réflexion Fabienne je voudrais y ajouter Edouard Geffray très rapidement cette remarque d'Alex sur Whatsapp qui dit je n'ai pas été formé pour être professeur réellement en fait on est formé à apprendre des mathématiques mais pas forcément à avoir cette relation-là et ce dialogue-là dont parlait Fabienne

32:51
Locuteur 3

alors ça fait beaucoup de sujets mais qui sont tous essentiels

32:55
Locuteur 8

surtout qu'il nous reste 3 minutes mais je vous en prie prenez votre temps quand même

32:58
Locuteur 3

d'abord la norme c'est quand même la relation de confiance et on a tous fait expérience de ça ensuite c'est une communauté humaine dans une communauté humaine je rappelle qu'il y a un français sur 5 tous les jours dans les murs de l'école un français sur 5 donc c'est une communauté humaine et dans une communauté humaine vous pouvez avoir des incompréhensions voire des enfin ça peut ne pas ne pas être en conflit c'est possible donc évidemment pour exprimer ça il y a des espaces il y a par exemple les heures de vie de classe où les élèves peuvent justement exprimer des éventuels différents il y a aussi le fait qu'au collège on a entre 8 et 10 professeurs différents donc ce qui permet aussi j'allais dire et on l'a tous fait d'aller voir plus d'autres professeurs avec lesquels on se sentait plus peut-être en phase à un moment donné qu'un autre et donc il faut utiliser ces espaces et puis je me permets aussi de le dire parce que c'est important et parce que je l'ai moi-même renforcé récemment il y a aussi ce qu'on appelle la médiatrice d'éducation nationale avec des médiateurs dans toutes les académies dans tous les départements qui ont traité quand même pas moins de 28 000 requêtes l'année dernière et qui lorsqu'il y a un différent qui n'arrive pas à se dénouer interviennent justement précédemment en médiation pour si je puis dire décongestionner la relation et d'ailleurs comme je vous le disais je viens de créer un poste d'adjoint à la protection des enfants à l'école auprès de cette médiatrice pour prendre en charge aussi toute la dimension j'allais dire plus délicate notamment de prise en charge des violences sexuelles et sexistes etc pour avoir cette vision à 360 et à la fin accompagner nos jeunes

34:22
Locuteur 8

Le dernier message nous permettra de boucler la boucle parce qu'il nous ramène à une conversation que nous avions tout à l'heure après 19h20 monsieur le ministre c'est Céline qui dit ça sur Whatsapp elle dit je suis enseignante en Red Plus lorsque nous organisons des réunions ou des journées de parentalité les familles ne viennent pas nous avons beaucoup de mal à mobiliser les parents concernant la scolarité de leurs enfants nous le ressentons aussi dans les leçons non revues ou les mots pas signés c'est vraiment ce qu'on disait au début il y a toute une partie des parents qu'il faut aller chercher par l'école et leur expliquer que l'école n'est pas leur ennemi leur expliquer qu'on peut même aider leurs enfants et c'est cette marche-là visiblement qui est difficile à monter

34:58
Locuteur 3

pardonnez-moi mais je crois qu'il faut vraiment le dire dans les deux sens l'école n'est pas leur ennemi et on se bat tous les jours pour que leurs enfants aillent au bout de leur potentialité et ils ont tout un tas de droits qu'ils sont invités à exercer mais ils ont aussi un devoir qui est lié à l'autorité parentale et qui est de s'impliquer et vous savez il y a une chose très simple qu'il faudrait dire à tous les parents de France et du monde c'est que l'un des déterminants de la réussite éducative des élèves dans le monde un des trois déterminants identifiés par tous les enquêtes internationaux c'est l'implication des parents dans la scolarité de leurs enfants mais la bonne implication donc effectivement on a ce travail à faire c'est aussi le sens de ce courrier c'est de dire aux parents ben voilà on a ensemble un système de droits et de devoirs croisés on vous doit quelque chose vous avez des droits vis-à-vis de nous on est en droit à attendre votre soutien et ce soutien croisé il est déterminant pour la réussite de vos enfants

35:47
Locuteur 8

Edouard Geffray ministre de l'éducation nationale merci beaucoup d'avoir dialogué avec nos auditeurs ce soir merci à tous pour vos nombreux appels merci à tous

35:55
Locuteur

merci à tous