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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 juillet 2011 18 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesDéfense

Centenaire de la naissance de G. Pompidou : N. Sarkozy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30N. SarkozyFait
    « il serait dramatique de laisser l'Angleterre hors de l'Europe »
  • 10:30N. SarkozyFait
    « notre foi nationale ne nous empêchera pas de poursuivre avec obstination l’œuvre de regroupement de vieux peuples »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le Premier Ministre cher Édouard Monsieur le Premier Ministre cher François monsieur le Président de l'Assemblée nationale monsieur le ministre d'État mesdames et messieurs les ministres crise et conflits au Moyen-Orient une Europe menacée dans sa cohésion des désordres monétaires des déséquilibres financiers partout la flambée des prix de l'énergie de très graves incertitudes de géopolitiques enfin des Français habitués à être protégés mais si profondément inquiet pour leur avenir non ne craignez rien je n'ai pas interverti mon intervention prévue demain devant le Conseil européen avec celle que je viens prononcer aujourd'hui devant vous c'est bien de Georges Pompidou de son ambition de ses réalisations européennes que je suis venu parler et cela à l'heureuse initiative d'Édouard Balladur que je remercie de m'y avoir associé si je pose ce cadre au-delà de toute ressemblance et des redondances de l'histoire c'est parce que j'ai souhaité évoquer ici devant vous les rapports de Georges Pompidou à l'Europe je l'ai souhaité pour comprendre qu'elle était sa vision de la construction européenne je l'ai souhaité pour évaluer à sa juste mesure ce que l'Europe lui doit je l'ai souhaité non seulement pour rendre hommage à son action mais pour dire combien la politique de Georges Pompidou fut profondément moderne et combien elle fait écho aujourd'hui à notre propre avenir quel est le monde alors en juin 69 l'Europe des 6 avait à peine plus de 10 ans pour l'essentiel elle recouvre le marché commun industriel avec l'Union douanière réalisée en juillet 68 et une politique agricole dont il faut bien reconnaître qu'elle était encore adolescente cette Europe pourtant en pleine croissance et alors paralysé paralysé par le veto français à la candidature britannique veto qui depuis 1963 bloque le renforcement de la construction européenne car nos cinq partenaires refusent que le Royaume-Uni soit laissé à l'écart le cadre géopolitique mondial et celui de la domination à l'or à son sommet des deux superpuissances les États-Unis l'Union soviétique et pour l'Europe c'est enracinement des deux blocs dans la détente portant lui le risque d'une marginalisation durable dans le même temps c'est l'époque des turbulences et des désordres monétaires entre 69 et 74 d'évaluation réévaluation à répétition des principales monnaies européennes et déjà l'agonie du système monétaire international édifiée à Bretton Woods c'est enfin prêt plus de deux décennies d'une croissance vigoureuse un horizon économique qui s'assombrit les trentes glorieuses jettent en France leur dernier feu mais les Français ne le savent pas et notre pays vit une de ces périodes d'euphories et d'insouciance dont il a seul le secret pourtant avec la gravation des déséquilibres américains le premier choc pétrolier consécutif à la guerre du Kippour le début du décollage asiatique dans le siège du Japon et les prémisses d'une révolution technologique dans le secteur des télécommunications c'est tous l'équilibre d'un monde irrité de la deuxième guerre mondiale qui va changer et que Georges Pompidou doit affronter c'est à l'aune de ces enjeux de l'époque à la lumière de chacun de ces défis qu'il faut donc évaluer l'action européenne du président Pompidou entre les cris spectaculaires de l'époque du général de Gaulle elle est décisions symboliques fortes du septennat de Valéry Giscard d'Estaing l'importance de l'oeuvre européenne de Georges Pompidou n'a pas toujours été mesurée chez redouard à sa juste place pourtant son œuvre européenne a été essentielle pour la suite de notre histoire commune d'abord l'élargissement l'élargissement on ne dit pas assez fut le défi européen le plus visible du président Pompidou l'élargissement à ce moment de la construction européenne c'est avant tout la question de l'adhésion du Royaume-Uni à laquelle le général de Gaulle s'est opposé deux fois pendant la campagne électorale de 1969 Georges Pompidou a le courage d'affirmer je cite il serait dramatique de laisser l'Angleterre hors de l'Europe Georges Pompidou est convaincu que la Grande-Bretagne a besoin de l'Europe et que l'Europe a besoin de cette Grande-Bretagne qui a tant fait non seulement pour l'esprit mais aussi pour la liberté de l'Europe c'est tentante avec la Grande-Bretagne qui ne saurait être opposée à l'indispensable moteur franco-allemand Georges Pompidou et bien décidé à la relancer et bien ce fut une grande source d'inspiration pour nous chère François Fillon cher Anna Juppé parce que l'entente franco-britannique et l'autre grande axe européen une entente indispensable à l'Europe dans le domaine de la défense où nos deux pays assument un rôle absolument irremplaçable et c'est pour renforcer cette coopération que nous avons signé avec David Cameron le traité de Lancaster House et c'est grâce à cette coopération que l'Europe joue aujourd'hui un rôle leader en Libye pour protéger le peuple libyen des exactions de Kadhafi et cela conformément résolution des Nations Unies l'élargissement de 1972 accepté par les Français lors d'un référendum à tracer la voie des élargissements futurs ils sont toujours difficiles quand il est vrai qu'il est évidemment plus simple de travailler à 6 qu'à 27 mais disons les choses ils sont indispensables d'abord parce qu'ils permettent de réunir la grande famille des peuples européens qui peut prétendre que l'Espagne en 1986 l'Autriche en 1995 la Pologne en 2004 pour le prendre que ces quelques exemples n'ont pas contribué à l'histoire de l'Europe qu'ils ne sont pas l'Europe il en va de même demain pour la Croatie et après-demain pour la Serbie ensuite parce que l'Union est plus forte de 60 millions d'habitants 69 elle est passée à plus de 500 millions aujourd'hui devant les États-Unis loin devant la Russie qui naguère la dépasser de beaucoup et bien c'est élargissement aux nations européennes que Georges Pompidou assuma en 1969 j'ose le mot ce fut une rupture il nous appartient de l'assumer à notre tour nous le faisons puisque demain au Conseil européen nous concluons la négociation ouverte en 2005 avec la Croatie qui deviendra ainsi le 28e membre de l'Union européenne ensuite nous devons à Georges Pompidou le renforcement des institutions européennes il a l'intuition que seul l'implication personnelle des chefs d'État de gouvernement permettra de relancer la construction européenne et de la dotée d'une véritable direction politique il prend l'initiative comme chez Edouard vous venez de le rappeler de réunions régulières de sommeils européens ces sommets deviendront en 1975 des conseils européens et le traité de Lisbonne à parachever l'exercice chez Laurent Wauquiez avec la Présidente c'est donc à la prémonition de Georges Pompidou que nous devons ce Conseil européen auquel je vais me rendre demain on a parfois reproché à Georges Pompidou ça méfiance instinctive à l'égard de structures trop distendue dans lesquelles les états viendraient se perdre mais n'oublions pas que c'est une Europe encore au début de sa construction une dizaine d'années seulement après l'entrée en vigueur du traité de Rome dont nous parlons aujourd'hui dont nous parlons ici pour autant Pompidou lui-même n'excluait pas à terme des institutions intégrées j'ai noté qu'en janvier 1971 il disait c'est pour plus tard c'est à dire qu'un jour Pompidou parle il y aura un gouvernement européen avec des attributions que les gouvernements lui auront transféré ce sera le stade final un gouvernement européen avec également poursuit-il un Parlement européen car il faudra bien qu'un gouvernement européen se dégage des responsabilités nationales et assume ses responsabilités européennes ces propos préfigurent très largement le gouvernement économique que nous sommes aujourd'hui en train de mettre en place ces propos sont ceux d'un visionnaire pragmatique mais visionnaire quand même et voilà bien un oxymore qui correspond à la personnalité politique de Georges Pompidou c'est également Georges Pompidou qui a jeté les premières fondations d'une Europe politique l'Europe pour lui c'est avant tout la possibilité pour la France de rester un acteur de l'histoire je cite la France ne peut garder voire accroître son rôle dans le monde qu'en s'unissant aux autres nations européennes qui semble loin le débat entre centriste et gaullistes c'est ce que Pompidou confiait aux Français avec ce bon sens politique qui fait souvent les meilleures stratèges à ce moment précis de notre histoire le moyen de continuer à défendre nos intérêts face à l'Amérique de Nixon et de Kissinger une Amérique qui cherche en permanence à obtenir l'alignement des Européens sur ses choix monétaires économiques et politiques c'est aussi le moyen de continuer à tenir bon face à l'Union soviétique de brejnef notamment pour déjouer la manière la manœuvre soviétique qui espère instrumentaliser l'ostopolitique du chancelier brun pour diviser les Européens et bien pour le président Pompidou l'Europe et le moyen de démultiplier une puissance française qui est qualifie alors lui-même de moyenne Georges Pompidou est un réaliste oui la France est déjà ce qui les convenu d'appeler une puissance mais une puissance moyenne l'Empire qu'elle avait conquis au nom des principes de la République est mort de cette somme incohérence sa richesse accumulée par des siècles des forts et des pagnes et depuis longtemps concurrencer par les sorts de nouvelles économies pour autant la France demeure une puissance politique car sa voix sait se faire entendre et cela grâce à sa place et à son rôle en Europe l'histoire a confié à la France une mission majeure celle de s'engager pour le respect du droit des peuples des nations et de la liberté et bien permettez-moi de réaffirmer devant vous que la France n'est jamais une puissance moyenne lorsqu'elle est fidèle à son destin et au fond la France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle assume sa mission historique parmi les hommes d'État français Georges Pompidou donc l'un des premiers à penser l'Europe autrement que comme la simple addition des nations qui la composent on lui doit l'adoption de l'expression identité européenne que je n'ai pas inventé il l'a employé cette expression identité européenne à Copenhague en 1973 et avant cela dès 1969 la perspective d'une Union européenne qu'il annonçait pour 1980 une Union européenne ces mots furent choisi et imposé par lui qui engloberait les activités communautaires mais aussi la coopération politique et bien c'est ce que nous avons réalisé avec le traité de Lisbonne nous devons enfin Georges Pompidou d'avoir été l'un des premiers à se fixer l'objectif d'une union monétaire avec l'achèvement du marché commun dans ses dimensions industrielles et agricoles il estimait que l'intégration économique toujours plus poussée qui était aussi pour lui l'instrument de la modernisation de l'économie française exigeait d'abord le resserrement des parités entre les monnaies et même disait-il la coordination des politiques monétaires la création du serpent monétaire c'était aussi après la crise du dollar et que l'Amérique se fut dérobée à ses responsabilités le moyen de constituer une zone de stabilité de coopération monétaire qui permettrait à l'Europe de peser sur la réforme nécessaire qu'il appelait de ses vœux du système monétaire international et c'est sous Georges Pompidou grâce à son impulsion personnelle que va commencer la longue marche des Européens vers l'Euro parce qu'il a compris le coup et les dangers de la rivalité des monnaies et des dévaluations dites compétitive dans un marché commun Georges Pompidou est convaincu qu'il faut se donner pour objectif l'union monétaire cette grande ambition ne sera réalisée que 20 ans plus tard avec le traité de maestrich mais aujourd'hui la partie à notre génération de défendre cet héritage et de travailler à le renforcer en complétant l'union monétaire par une véritable union économique fondée sur la solidarité et la convergence c'est un combat de chaque instant avec nos amis allemands au fond Georges Pompidou était un réaliste ce qui pour un chef d'État contraint de faire avec le monde tel qu'il est me semble-t-il une qualité primordiale l'histoire a démontré que les chefs d'État idéalistes plongeait plus souvent les peuples dont ils avaient la charge dans les affres du chaos que dans les délices de la félicité mais dire comme l'ont prétendu certains qu'il aurait manqué de vision est un juste surtout faux ce n'est d'ailleurs pas la seule injustice dont Georges Pompidou aurait été au cours de sa vie la victime n'insistons pas Georges Pompidou estimait qu'il fallait faire l'Europe plutôt que d'en parler l'Europe se fait en marchant disait-il et bien il a fait l'Europe avec méthode avec le souci d'avancer qui impliquait aussi de rassurer ses partenaires avec l'Allemagne comme partenaire privilégié mais sans exclure la Grande-Bretagne et Alain Juppé comme François Fillon peut porter démoniaque que c'est vraiment une préoccupation que j'ai portée dès les premiers instants de mon engagement politique et bien c'est parce qu'il était profondément réaliste que Georges Pompidou a été profondément ambitieux pour l'Europe car l'intégration européenne était alors et demeure aujourd'hui la condition de la prospérité et la condition du rayonnement de la France elle était aussi surtout la condition même de la paix c'est évidente le président Pompidou l'exprimera avec la force de l'homme d'État le talent de l'homme de l'être en 1972 devant les élèves de Sciences Po je le cite notre foi nationale ne nous empêchera pas de poursuivre avec obstination l’œuvre de regroupement de vieux peuples qui furent chacun à leur tour les premiers du monde et que leur déchirement conduisir l'un après l'autre au bord du néant l'Europe comme condition de la paix et comme condition de la prospérité et bien l'été hier dans un univers bipolaire et bien l'Europe le reste plus encore de nos jours dans un monde où émerge de nouveaux pôles de puissance au fond le président Pompidou a eu la grande intelligence de faire la politique européenne qui exigeait son époque quand l'Europe était encore un effort très loin d'être une évidence si les résultats n'ont pas toujours été à la hauteur de ses ambitions si des espoirs ont été déçus si l'Europe n'a pas réalisé son union monétaire et politique aussi vite qu'il leur aurait souhaité et bien c'est finalement à son initiative ou sous son impulsion quand tu étais jetés les fondations sur lesquelles reposent l'Europe d'aujourd'hui avec une modestie paysanne qui lui était naturel Georges Pompidou a laissé à ses successeurs le soin de récolter ce qu'il avait lui-même semé il serait tout aussi juste dire qu'il en est de même pour la France c'est lui qui a mis notre pays sur les rails du 21e siècle je compte bien chez Edouard le rappeler avec force à tous les Français le 5 juillet prochain à mon boudif à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance nous ne devons pas laisser cette part de notre histoire dans l'ombre au prétexte que celui qui l'incarne n'aimait pas la lumière certains par calculs politiques ou aveuglement idéologiques ont dès le lendemain de sa mort traité par l'oubli parfois par le mépris l'héritage politique de Georges Pompidou mal leur en a pris car l'histoire lui a déjà rendu hommage et les français eux n'ont jamais cessé de l'aimer cela aussi je tenais à vous le dire à vous qui êtes les amis de Georges Pompidou et qui contribuent avec intelligence et passion entretenir son souvenir je vous remercie

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