Interview "Découverte" : Vers un "boom" des divorces post-confinement ? - 01/07
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vos confrères aussi ont constaté une recrudescence des divorces et demandes de divorce ?
- 0:53OuverteRéponse directe
Quelles sont les raisons avancées par ces couples ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Quelle est la première cause de divorce, aujourd'hui ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, les divorces sont conflictuels, toujours autant ou moins qu'avant ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Est-ce que je suis marié, ma femme demande le divorce ou je demande le divorce. Est-ce que j'ai le droit de refuser si ma femme le demande ou est-ce que ma femme a le droit de refuser le divorce si je le demande ?
- 5:44OuverteRéponse directe
Donc, on divorce plus qu'avant ou pas plus qu'avant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:11PrésentateurChiffre
« 70% des femmes qui le demandent, contre 30% des hommes. »
- 5:39PrésentateurChiffre
« De six ans, c'est passé à deux ans. »
- 5:49PrésentateurChiffre
« C'est à peu près stable. Mais c'est quand même deux couples sur trois à Paris. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC, RMC 6h-9h, Baudin Direct.
Il est 6h43, maître Corinne Judicelli-Yann est avocate au barreau de Paris, spécialiste en droit de la famille, et nous parlons des divorces. Alors, vous dites, j'ai eu des demandes de divorce un peu plus que d'habitude, moins qu'en Grande-Bretagne ou en Belgique ou dans d'autres pays d'Europe. Est-ce que vos confrères aussi ont constaté une recrudescence des divorces et demandes de divorce ?
J'allais dire méchamment, ils ont été un petit peu déçus, parce qu'ils s'attendaient à avoir une pluie de dossiers, mais non, ce n'est pas ça.
Bien, les couples qui divorcent, dont vous me disiez souvent, ce sont des couples qui sont ensemble depuis longtemps.
Dans mon cas, et pendant l'épidémie, pendant le confinement, mais pas forcément.
Quelles sont les raisons avancées par ces couples ?
On parle de la période de confinement, ce qu'il y a eu pendant cette période de confinement. Il y a eu plusieurs cas. Vous savez, il y a des couples où c'est juste passe-moi le sel, en fin de compte. Et pendant cette période, ou pendant deux mois, ils ont été face à face, ils se sont rendus compte que le passe-moi le sel, c'était un sujet.
Oui, à force de se passer le sel, oui, évidemment.
Exactement.
Mais si la seule discussion, c'est passe-moi le sel, évidemment, à quoi ça sert de rester en couple ?
C'est ça. Ou alors, il y avait aussi des couples qui s'étaient tout à fait organisés, de manière très indépendante, et se sont retrouvés ensemble. Et là, malheureusement, ils n'avaient plus rien à se dire. Oui. Et puis, bien entendu... Oui, l'éloignement.
L'éloignement rapproche ou éloigne, si je puis dire.
Si on peut dire.
Oui.
Ou en tout cas, fait ressortir aussi peut-être des problèmes qui étaient sous le tapis, et qu'on n'abordait pas, et qui ont ressurgi. Là, il fallait véritablement les traiter, et ça n'a pas passé.
Oui. Puis, il y a eu le télétravail aussi.
Le télétravail. Qui a ajouté. Cela, je pense que ça a créé, ça a généré des frictions, évidemment, dans le couple, importantes, et aussi des violences, il faut bien le dire.
Oui, des violences, bien sûr. Mais, à l'inverse, des couples ont été renforcés par le confinement.
Oui, des couples ont été renforcés, parce qu'ils se sont mieux connus, parce qu'ils ont finalement pu régler des problèmes qu'ils n'avaient pas le temps de régler. Parce qu'ils ont un petit peu dégonflé leur contentieux, si je puis dire, à cette occasion. Et puis, il y a des requêtes en divorce qui devaient être déposées, qui n'ont pas été déposées. Qui n'ont pas été déposées. On a rétrogradé.
Oui, on s'est retrouvé, en quelque sorte, grâce au confinement.
Ce n'est peut-être pas la majorité, mais ça existe. C'est un phénomène que l'on a pu constater également.
Oui, et puis, moins d'adultère. Non, mais je dis clairement les choses. Moins d'adultère pendant le confinement, évidemment. Mais, moins facile. Eh bien, évidemment. Non, mais aussi. Quelle est la première cause de divorce, aujourd'hui ? Quand vous voyez arriver les couples, quelle est la situation que vous rencontrez le plus souvent ?
La mésentente. Souvent, la mésentente sur le quotidien. Oui, sur la vie quotidienne. Oui, oui. Bien entendu, ça peut être aussi le fait qu'il y a une double vie par ailleurs.
Oui, double vie par ailleurs, chez l'un ou l'autre. Voilà.
Sachant que c'est toujours, dans la même proportion, 70% des femmes qui le demandent, contre 30% des hommes.
Qui demandent le divorce. Oui. Et ça, ça ne bouge pas. Et ça, ça ne bouge pas. Oui. 70% des femmes demandent le divorce et 30% des hommes. Pourquoi, selon vous, vous, qui avez une longue habitude de la vie de couple ?
Je pense que la vie de couple pour les femmes, c'est très important. Et elles sont prêtes à faire face à ça. Alors que l'homme va plutôt compenser par ailleurs, dans son travail ou par une autre relation, peu importe. Mais la femme ne se contente pas de ça et préfère passer l'étape du divorce.
Oui, elle n'accepte pas.
Elle est plus exigeante, finalement.
La femme est plus exigeante et décide. Et peut-être aussi que la femme est plus courageuse.
Ce n'est pas faux.
Non, mais ce n'est pas faux. Plus courageuse et décide. Alors que l'homme hésite à décider.
Peut-être pour le mariage, c'est pareil, d'ailleurs.
Oui, oui. Comment se déroule ? Aujourd'hui, les divorces sont conflictuels, toujours autant ou moins qu'avant ?
Une grande partie se fait par consortement mutuel. Vous savez que le consortement mutuel a été déjudiciarisé. Oui, oui. Cela a beaucoup aidé au niveau de la fluidité dans les tribunaux parce que c'était à peu près 50% des divorces. Oui. Donc, on passe maintenant avec deux avocats et un notaire et donc hors champ judiciaire. Ça, c'est la moitié des divorces. Le reste, ça peut être effectivement très compliqué.
Oui, ça décharge les tribunaux. Oui. C'est important. Oui. C'est important parce qu'on n'est pas forcément obligé d'aller devant le tribunal pour divorcer. Enfin bon. Et puis, à l'inverse, il y a des divorces conflictuels qui durent des années et des années. Bien sûr. Est-ce qu'on peut refuser ? Est-ce que je suis, j'imagine, je suis marié, ma femme demande le divorce ou je demande le divorce. Est-ce que j'ai le droit de refuser si ma femme le demande ou est-ce que ma femme a le droit de refuser le divorce si je le demande ?
Alors, il y a deux étapes. Quand une requête est déposée devant un tribunal, vous passez en l'ordre d'une conciliation. Et là, il y a une séparation. On n'a pas besoin de dire pourquoi. Le juge va vous séparer. Puis, la procédure de divorce s'engage. Et là, il faut une raison. Soit deux ans de séparation et vous ne pouvez pas éviter le divorce. Soit des fautes. Et si les fautes sont prouvées, vous ne pouvez pas éviter le divorce.
Oui. C'est-à-dire divorce pour faute, divorce pour faute. Ou pour séparation, effectivement.
De deux ans. De six ans, c'est passé à deux ans.
De six ans, c'est passé à deux ans. Oui.
Donc, on divorce plus qu'avant ou pas plus qu'avant ? C'est à peu près stable. C'est à peu près stable. Mais c'est quand même deux couples sur trois à Paris. À Paris, c'est deux couples sur trois. En région parisienne, oui.
Qui divorcent. Eh bien, dites-moi. Bien. Il est 6h41 pour ceux qui n'ont pas divorcé. Ça m'est arrivé une fois. Mais pour ceux qui n'ont pas divorcé, non. Il est quelle heure ? Il est six heures ? Merci, maître.