Législatives : pour Glucksmann, "la seule manière" de bloquer le RN est "une union de la gauche"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:01OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que vous êtes embarqué avec ce nouveau Front Populaire ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Est-ce que sur tout ça, vous avez été entendu ? Est-ce que le programme vous convient ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Vous parlez de ce qui vous est arrivé pendant cette campagne fratricide...
- 7:07RelanceRéponse directe
C'est vous qui prononcez le nom de Jean-Luc Mélenchon.
- 9:48OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites aux décideurs économiques ?
- 11:06OuverteRéponse directe
On l'a entendu, Raphaël Glucksmann, quel chef de file ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a décidé de cette dissolution avec trois ou quatre conseillers. »
- 1:28Invité politiqueFait
« La vérité, c'est qu'il a ouvert les voies du pouvoir dans notre pays, à l'extrême droite. »
- 2:42Invité politiqueChiffre
« Il se peut qu'on ait 300 députés du RN le 7 juillet à Libadou. »
- 4:09Invité politiquePromesse
« La seule manière de faire, la seule manière de faire, c'est qu'il y ait une union de la gauche, c'est qu'il y ait un rassemblement. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Nous avons obtenu aussi le soutien à la construction européenne. »
- 5:47Invité politiqueFait
« Nous avons obtenu aussi que les attaques du 7 octobre soient qualifiées de massacres terroristes, et clairement terroristes. »
- 8:31Invité politiqueFait
« Imaginez Jordan Bardella, Premier ministre. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Ça signifie la fin immédiate du soutien à l'Ukraine, les télégraphistes du Kremlin qui sont au pouvoir. »
- 20:31Invité politiqueFait
« Il n'y aura rien qui met en danger l'Union européenne. »
- 21:11Invité politiqueFait
« M. Macron est responsable d'un RN aussi haut aujourd'hui. »
- 22:51Invité politiquePromesse
« Je suis pour un désistement républicain. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann75 %
- Présentateur11 %
- Intervenant7 %
- Auditeur4 %
- Invité3 %
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9.
Grand entretien d'Inter ce matin avec Marion Lourdes. Nous recevons un eurodéputé, fondateur du mouvement Place Publique. Il a mené la liste PS, Place Publique, aux élections européennes. C'est lui qui a mené la gauche sociale-démocrate au succès, avec près de 14% des voix justes derrière celles de la majorité présidentielle. Et à l'issue de 4 jours de négociations très tendus qui ont conduit au nouveau Front Populaire et à un programme commun des partis de gauche, sa parole est très attendue. Il sort du silence ce matin en exclusivité sur France Inter. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Et bienvenue.
De très nombreuses questions d'auditeurs déjà au standard, au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Des questions, vous vous en doutez. On va y venir dans un instant sur le sens de ce qui est en train de se produire, le sens aussi de votre sortie du silence. Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui, tout simplement, que vous êtes embarqué avec ce nouveau Front Populaire ?
Je vais vous répondre à Libédo. Mais j'aimerais d'abord, parce que justement je me suis peu exprimé, revenir sur ce qui s'est passé dimanche soir. Emmanuel Macron a décidé de cette dissolution avec trois ou quatre conseillers. Rien ne m'y obligeait. Et il a plongé la France dans le chaos. La vérité, c'est qu'il a ouvert les voies du pouvoir dans notre pays, à l'extrême droite. Alors j'entends, moi, tous les politiciens qui viennent sur les plateaux et qui disent « C'est formidable l'appel au peuple. Qui peut être contre l'appel au peuple ? » Mais ce président joue avec les institutions comme on joue au poker. La vérité, à Libadou, c'est qu'il a commis une faute immense.
Une faute immense dont il devra répondre devant l'histoire. Et moi, je vous le dis, depuis dimanche soir, j'ai une boule dans le ventre. Et j'ai une colère qui m'habite. Et je suis sûr que des millions de Françaises et de Français partagent cette colère. Pourquoi a-t-il fait ça ? Pourquoi a-t-il fait ça ? Parce que le RN était très haut ? Parce qu'il n'avait qu'une majorité relative à l'Assemblée nationale ? Parce qu'il y avait enfin l'émergence d'une opposition qui ne soit pas extrémiste ? Puisque lui, depuis le début de son quinquennage, joue « Moi ou le chaos ». Et aujourd'hui, ce n'est pas « Moi ou le chaos », c'est « Lui, le chaos ». Et ça, c'est quelque chose d'extrêmement grave.
Et j'aimerais vous dire qu'aujourd'hui, nous sommes dans une situation de bascule dans l'histoire de notre démocratie. Il se peut qu'on ait 300 députés du RN le 7 juillet à Libadou. Le 7 juillet, dans trois semaines. Et ce président laisse quoi ? Deux semaines, trois semaines de campagne pour contrer ça. Sa responsabilité est immense. Et je pense qu'on a déjà tendance à l'oublier aujourd'hui. Et sa conférence de presse, lunaire, dans laquelle il ne semble absolument pas saisir la gravité de la situation qu'il a lui-même créée. Donc moi, je vais vous dire, on est dans un moment où chacune et chacun doit prendre une décision intérieure immense.
J'aurais voulu, moi, construire un pôle social-démocrate sur la base de notre succès aux Européennes. Avoir enfin cette gauche humaniste pro-européenne qui s'affirme, qui s'affirme sans la moindre compromission. Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ? Parce qu'il a tout cassé. Cet homme a tout cassé. Vous n'avez pas été assez rapide et vous n'avez pas réussi à prendre le leadership sur la gauche ? La seule chose là qui importe pour moi, à mes yeux, je ne vais pas arriver vers vous en chantant victoire. Ce que je vais vous dire, c'est que la seule chose qui importe à mes yeux, c'est que le Rassemblement National ne gagne pas ses élections législatives et ne gouverne pas ce pays.
C'est ça qui m'importe. Et la seule manière de faire, la seule manière de faire, c'est qu'il y ait une union de la gauche, c'est qu'il y ait un rassemblement. C'est notre responsabilité historique, historique. Et c'est ça qui m'a guidé pendant tous ces jours. Mais moi, ce que je veux, ce que je voulais, ce que j'ai dit dans ma seule intervention, c'est que ce rassemblement ne pouvait pas se faire sans certaines clarifications et certaines lignes rouges. Et c'est à ça que je me suis attelé pendant ces derniers jours.
Et justement, Raphaël Glucksmann, ce programme du nouveau Front populaire, il doit être dévoilé à la mi-journée. Le patron du Parti communiste, Fabien Roussel, dit que vous avez co-écrit le programme. Vous aviez, on se rappelle, posé cinq conditions sur l'Ukraine, notamment le rejet de la réforme des retraites, de la réforme de l'assurance chômage, de la loi immigration, l'accélération de la transition écologique, la fin de la brutalisation de la vie politique. Est-ce que sur tout ça, vous avez été entendu ? Est-ce que le programme vous convient ?
Ça a été un rapport de force idéologique. Et je vais vous le dire sans la moindre tentation de mettre la poussière sous le tapis. Ça a été dur. Mais ce que j'ai obtenu, ce que nous avons obtenu avec nos négociateurs, avec Aurore Laluc, ce que nous avons obtenu, c'est qu'il y a un engagement extrêmement clair sur les livraisons d'armes à l'Ukraine, sur les frontières de l'Ukraine, sur le soutien indéfectible à la résistance ukrainienne. Nous avons obtenu aussi le soutien à la construction européenne. Nous avons obtenu aussi que les attaques du 7 octobre soient qualifiées de massacres terroristes, et clairement terroristes.
Ce qui n'était pas gagné avec LFI.
Ce qui, vous regardez toutes les six déclarations depuis le 7 octobre. Nous avons aussi obtenu un engagement clair dans la lutte contre l'antisémitisme, dans la lutte contre la brutalisation du débat public. Et donc, cela, c'était pour moi les conditions de possibilité.
Vous parlez de ce qui vous est arrivé pendant cette campagne fratricide, où vous avez été l'objet d'attaques antisémites, où vos affiches ont été taggées, vous accusant d'être un soutien du gouvernement de Benyamin Netanyahou, avec des croix gammées sur votre visage. Vous avez tourné la page.
Je ne vais pas vous mentir. J'espère que non. Non, mais c'était difficile. Et je suis devant vous, sans aucun oubli. Par contre, je pense qu'à un moment donné, chaque homme, chaque femme, doit regarder l'histoire et prendre conscience de ses responsabilités. Le sujet aujourd'hui, je vous le dis, parce que je vois le récit médiatique qui est en train de se produire du côté du gouvernement, le sujet aujourd'hui, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Le sujet aujourd'hui, c'est Jordan Bardet. Et j'aimerais vraiment...
C'est vous qui prononcez le nom de Jean-Luc Mélenchon. En l'occurrence, lui parle d'un événement politique considérable. Et on voit qu'aujourd'hui, c'est LFI qui prend la main et qui distribue les circonscriptions, le nombre de circonscriptions par partie.
Il y a eu une inversion des rapports de force. Ce n'est pas la NUPES2 à quoi on assiste. Il y a eu une inversion des rapports de force. Parce que nous avons fait, parce que la liste que j'ai conduite a fait 14% aux européennes. Et donc, il y a une inversion des rapports de force. Et c'est bien pour cela que le projet a complètement évolué sur des lignes qui sont très éloignées de ce que LFI défendait jusqu'ici. Maintenant, je vais vous dire, moi je comprends que beaucoup de gens qui ont voté pour notre liste, qui ont vu dans notre émergence une promesse d'une gauche sans la moindre compromission, fermement pro-européenne, fermement démocrate.
Je comprends qu'aujourd'hui, ils puissent être stupéfaits ou même déçus. Ou même qu'ils puissent se sentir trahis. Alors j'aimerais juste leur dire une chose, juste leur dire une chose. Fermez les yeux, fermez les yeux. Et imaginez, imaginez le 7 juillet, le 7 juillet, c'est-à-dire dans trois semaines, 300 députés du Rassemblement National à l'Assemblée. Imaginez Jordan Bardella, Premier ministre. Imaginez Thierry Mariani, ministre des Affaires étrangères. Imaginez Marion Maréchal en charge de la culture ou de la famille. Imaginez Eric Ciotti au ministère de l'Intérieur. Fermez les yeux et comprenez, qu'est-ce que ça signifie ça ?
Ça signifie la fin immédiate du soutien à l'Ukraine, les télégraphistes du Kremlin qui sont au pouvoir. Ça signifie la destruction de l'Union Européenne. Ça signifie de marcher sur l'état de droit. Et si c'est le choix des Français dans les urnes, Raphaël Glussmann ? Je vous répondrai, mais ils l'ont déjà annoncé. On va marcher sur le Conseil constitutionnel. Ça signifie le tri des malades à l'hôpital, où les malades étrangers ne seront plus soignés. Ce que cela signifie aussi, même pour ce bureau-là, pour ce bureau-là où on se trouve, ils ont annoncé Radio France ou France Télévisions, France Inter, ils ont annoncé quoi ? Que leur première mesure serait la privatisation du service public.
Et ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que c'est Bolloré qui va contrôler France Inter ? C'est ça ce qu'il faut penser. Et donc, face à cela, il faut une unité d'action contre le Rassemblement national. C'est fondamental. C'est vraiment fondamental.
Ça, c'est ce que vous dites aux électeurs, pour qu'ils ne se sentent pas trahis, même ceux qui ont voté pour vous en pensant voter uniquement pour un camp modéré et qui voient que vous faites une alliance avec LFI. Qu'est-ce que vous dites aux décideurs économiques ? Parce qu'on voit que le CAC 40 est secoué depuis dimanche et l'annonce de la dissolution. On voit les banques aussi qui sont secouées en bourse. Et hier, dans un entretien à La Croix, le patron de la CPME, Jean-François Asselin, renvoyait quasiment dos à dos le programme économique de LFI et du RN. Il disait que le programme de LFI est tout aussi effrayant pour les entreprises que celui du RN.
Comment est-ce que vous pouvez rassurer les milieux économiques et éviter une crise potentielle au cas où le Front populaire arriverait à avoir une majorité ?
Je veux leur dire que déjà, ce n'est pas le programme de LFI. C'est une coalition dans laquelle il y a différents partis. Et que je veux surtout leur dire que le spectre-là, la menace qui pèse sur nous, c'est en fait la destruction de l'Europe. Ce que ça n'arrivera pas, ça, avec le Front populaire. Et je veux surtout leur dire que beaucoup d'entre eux, pas les PME, mais les grands groupes, ils sont très proches d'Emmanuel Macron. Ils ont son numéro de téléphone. Eh bien, ils n'ont qu'à aller se plaindre maintenant auprès de ce président qui a servi leurs intérêts pendant de longues années et qui aujourd'hui plonge la France dans ce chaos.
Et que donc, il faut aujourd'hui prendre conscience de la gravité du moment.
On l'a entendu, Raphaël Glucksmann, quel chef de file ? Qui doit mener le combat pour le nouveau Front populaire ?
Il n'y aura pas un chef de file.
Il y a un problème d'incarnation ?
Non, il n'y a pas un problème d'incarnation. Comment ça, non ? Il y a différentes incarnations. Et la vérité, c'est qu'à la fin, ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon. Pour une raison très simple, c'est qu'il faut une personne qui fasse consensus au sein des formations qui sont là. Et quand vous regardez la répartition, il n'y a pas de domination écrasante de la FI comme ça avait été le cas pendant la NUPES. Donc en fait, la vérité, c'est qu'il émergera une figure qui pourra rassembler même au-delà du Front populaire.
Vous aviez parlé de Laurent Berger.
Moi, j'ai parlé de cette figure-là parce que je pense aussi que les politiques ont échoué et qu'à un moment, il faut une figure apaisante pour réconcilier les Français. Vous êtes candidat ? Moi, je ne suis candidat à rien. Je ne vais pas là être Premier ministre ou je ne vais pas gouverner la France. Ce que je vais faire par contre, Ali Badou, je vais mouiller ma chemise là pendant les trois prochaines semaines. Je vais mouiller ma chemise et aller soutenir les candidats écologistes, socialistes, de place publique, communistes, qui vont avoir une responsabilité décisive qui est celle de gagner, de gagner. Et maintenant, moi, je vais vous dire une chose.
J'aurais pu, j'aurais pu, parce que ma vie, c'est le combat européen. J'aurais pu prendre mon Thalys et partir à Bruxelles. Et croyez-moi que des fois, quand vous discutez avec des apparatchiks, vous avez vraiment envie de prendre le Thalys. Mais là, il y a quelque chose qui se joue dans notre pays qui est incroyablement important. Et j'aimerais vraiment que chacun fasse l'effort de le sentir. On l'a entendu. On ne peut pas laisser la France à la famille Le Pen. Mais c'est ça qui nous menace là.
Ce n'est plus du tout le 2002 et les manifs où il était important de montrer qu'on était contre, mais où en réalité, il y avait très peu de chances que Jean-Marie Le Pen batte Jacques Chirac au deuxième tour. Là, ça y est. Ni Laurent Berger, ni Jean-Luc Mélenchon. Moi, je me battrais pour Laurent Berger. Moi, je pousserais et je montrerais qu'il y a une voix humaniste qui va s'exprimer. Et je ne laisserais pas, moi, la gauche. C'était ça l'enjeu aussi. Et il vous a laissé entendre ? Je ne laisserais pas la gauche, moi, finalement être récupérée et être captée. Et ce sentiment d'antifascisme qui est fondamental, être captée par une aile plus radicale. Non.
Moi, ce que je veux, c'est construire cette social-démocratie en France et en Europe.
Vous n'avez pas répondu à propos de Laurent Berger d'un mot avant de filer au standard et de retrouver Valérie ?
Est-ce qu'il a dit oui ?
Je ne sais pas s'il a dit oui. Parce que personne, là, va être le candidat officiel du Front Populaire. Par contre, il faut que des figures comme Laurent Berger et d'autres s'impliquent dans cette campagne. François Ruffin ? Aille sur le terrain pour vraiment tout faire. Vraiment tout faire pour éviter ce scénario catastrophe qui serait la bascule de la France à l'extrême droite.
Bonjour Valérie et bienvenue sur France Inter.
Merci. Bonjour, merci. Alors, monsieur Glucksmann, voilà, je vous appelle. Moi, j'ai voté comme vous pour l'Europe et l'Union de la gauche, très bien. Mais moi, je ne veux pas de monsieur Mélenchon en tant que Premier ministre. Ce monsieur est clivant, ce monsieur n'a pas la stature d'être un Premier ministre. Et donc, j'ai entendu dire que c'était la formation qui aurait le plus de députés, qui pourrait, entre guillemets, choisir la personne pour être Premier ministre. Mais moi, je ne veux pas de monsieur Mélenchon. Je ne veux pas de monsieur Mélenchon. On l'a entendu, Valérie. Voilà. Pour l'élection, pour mon vote, en tout cas, je vais encore écouter ce qui va être proposé. Merci.
Raphaël Glucksmann, merci à vous, Valérie.
Et je vous comprends. Je vous comprends et je vous le dis. Ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon.
Mais s'ils ont le plus grand nombre de circonscriptions... Parce que ça va fonctionner avec le consensus...
C'est mécanique. ...le consensus de l'ensemble du groupe. Donc en fait, en réalité, de l'ensemble des groupes, donc en réalité, ça va nécessairement être la figure la plus consensuelle et la moins suivante.
Quel consensus quand on voit les querelles fratricides, quand on voit l'acte de décès de la NUPES qui a été prononcé je ne sais combien de fois ces derniers mois ?
Mais déjà, première chose, première chose. Là, aujourd'hui... Qu'est-ce qui fait de consensus entre vous ? C'est un accord électoral ou véritablement une union ? C'est d'abord un accord d'unité d'action qui supposait des lignes rouges, des clarifications... Mais vous connaissez votre histoire. Un nouveau Front Populaire, quel rapport avec le Front Populaire ? Déjà, le premier rapport, c'est que vous avez une menace qui est une menace d'extrême droite immédiate. C'était ça qui a conduit à la création du Front Populaire. Et il y avait dans le Front Populaire des gens comme Léon Blum et des staliniens absolus comme Maurice Thorez.
Des gens qui avaient insulté, traîné dans la boue, martyrisé Léon Blum. Eh bien, face à l'histoire, il y a eu une responsabilité qui a été prise, qui allait depuis les radicaux du centre droit jusqu'aux staliniens pour contrer le fascisme. Et donc là, on est dans un moment où il y a une unité d'action qui est nécessaire. Mais moi, j'aimerais vraiment que les gens se disent une chose. Un, ce ne sera pas lui. Mais deux, ce n'est pas aujourd'hui le problème. Le problème, c'est Jordan Bardella. Le problème, c'est Marine Le Pen.
Mais il faut pouvoir imaginer qui on va mettre au pouvoir. Est-ce que par exemple, François Ruffin est plus consensuel aujourd'hui que Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, je suis convaincu qu'il y a d'autres figures qui sont infiniment plus consensuelles. Lesquelles ? Par exemple, François Ruffin, par exemple, Laurent Berger, par exemple, Boris Vallaud, par exemple, Valérie Rabot. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens. Moi, je ne suis pas candidat. Moi, je suis juste garant que ces lignes qui ont été posées seront respectées. Au moment où elles sont violées, je le dirai. Je garderai toujours ma liberté de parole. Je ne me tairai pas. Et je ferai en sorte que cette union-là d'action électorale, eh bien, respecte tous les codes qui ont été dictés.
L'union d'une gauche qu'on disait pourtant irréconciliable. Bonjour, Gabriel.
Oui, bonjour, bonjour, Raphaël Luxman. En fait, si je comprends bien, quand on est juif de gauche ou estampillé comme tel par son nom, par exemple, on choisit le moindre mal. Quand on choisit soit le camp de l'antisémitisme résiduel, de Corbyn, du complot de Osaratora à Toulouse, soit l'antisémitisme systémique du RN et ses ratonades qui ont déjà repris homophobes, elles seront antisémites bientôt, soit le boulevard pour le RN offert par Macron. Donc, comprenez la douleur que ça représente de faire barrage au Rassemblement national en votant pour certains députés LFI qui seront dans le Front populaire. Et c'est un crève-cœur, en fait.
Qu'on le veuille ou non, cette alliance, elle est entendable parce qu'il faut évidemment faire barrage au RN, mais elle fait extrêmement mal. Et j'aimerais avoir votre position sur cette question. Comment on fait quand on est juif de gauche aujourd'hui en France pour se sentir représenté ? Parce que, qu'on le veuille ou non, on est renvoyé à ça. Qu'on s'identifie ou pas, on est vu comme tel.
Merci Gabriel. Réponse Raphaël Glucksmann ?
Je vais pour la première fois faire une réponse personnelle. Parce que je ne parle jamais de ça. Vous m'avez demandé, en tant que juif de gauche, comment on fait pour se sentir représenté. Vous me l'avez demandé à moi. Alors, je vais vous répondre très personnellement. Moi, je suis là pour vous représenter. Moi, je suis là pour être le garant de cela. C'est pour ça que j'ai passé là quatre jours sans dormir. Pour poser des lignes extrêmement claires. Parce qu'il ne pouvait pas y avoir unité d'action s'il n'y avait pas une clarification. Et par ailleurs, je vous le dis, je serai intraitable. Intraitable. Il n'y aura aucune minoration sur l'antisémitisme.
Et c'est précisément ce qu'on a inscrit dans le texte sur l'explosion des actes antisémites et des attaques antisémites ces derniers mois. Et je veux vraiment le dire. Je serai là. Nous serons là. Et ce n'est pas un face-à-face entre LFI et le Rassemblement National. C'est une union avec notre poids qu'on a acquis ensemble. Vous et moi, d'ailleurs. Notre poids, c'est 14% qu'on a construit ensemble. Sur une ligne extrêmement claire. Il y a eu une inversion des rapports de force. Et ça, ça doit se traduire dans les marqueurs idéologiques. Ça doit se traduire dans la manière de faire de la politique. Cela doit aussi se traduire à l'Assemblée Nationale. Donc moi, je vous le dis.
Vous avez face à vous un choix qui est extrêmement difficile. Je l'entends. Mais là, la menace qui pèse sur nous est infiniment trop grande. Et j'ai expérimenté moi personnellement ce que ça voulait dire, ce que vous avez prononcé. Et donc je vous le dis. Je vous le dis. Je suis là. Et je ne partirai pas. Je ne prendrai pas le talis. Je vais faire campagne et je vais être le garant de ce qui a été écrit.
Alors, il y a évidemment ce qui se passe aussi du côté du gouvernement. Et on vient d'apprendre que pour le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, le programme proposé par l'Union de Gauche est, je le cite, l'assurance de la sortie de l'Union européenne. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Que précisément, non. Précisément, non. Et que c'était aussi l'objet des discussions. Que c'était aussi l'objet des discussions. Il n'y aura rien qui met en danger l'Union européenne. Et la sortie de l'Union européenne, c'est l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Et moi, je vais vous le dire, j'en ai marre. J'en ai marre. C'est-à-dire que là, la petite musique qui est en train de s'installer par le gouvernement, par le président de la République, c'est cette équivalence. Cette équivalence entre le Rassemblement national et le Front populaire. Mais arrêtez de jouer avec le feu. Arrêtez de jouer avec les mots. Vous avez ouvert le pouvoir au Rassemblement national.
Vous avez, depuis le début, servi de marche-pied alors que vous étiez censé être un barrage. M. Macron est responsable d'un RN aussi haut aujourd'hui. Mais en plus, j'entends hier Gabriel Attal, à deux semaines d'une élection où peut basculer le destin de notre nation, j'entends Gabriel Attal annoncer que par décret, ils vont faire la réforme de l'assurance chômage. Sérieusement, maintenant, dans cette situation, c'est de jeter de l'huile sur le feu. Ils veulent servir de carburant au Rassemblement national ou pas ? Ils veulent envoyer le message que les institutions sont dirigées par des gens qui ont un mépris souverain pour les familles modestes de notre pays.
Donc vous y allez à reculons avec ce Front populaire ?
Je n'y vais absolument pas à reculons. Je vais partir dans la lutte à mort contre l'extrême droite et je vais aller soutenir les députés qui correspondent à mes principes et à mes valeurs. Je n'y vais pas à reculons. Mais moi, je partage parce que je ne suis pas un politique comme les autres qui fait semblant, là, en souriant, que la situation est magnifique. Non, la situation est grave et je partage mes tiraillements. Et je partage aussi, eh bien...
Est-ce que c'est suffisamment grave pour dire que, par exemple, au deuxième tour, en cas triangulaire, le Front populaire, le candidat du Front populaire, se désisterait au profit du candidat Renaissance, s'il y en a un qui est le placé ?
Ce à quoi j'appelle, mais là, c'est en mon nom personnel, parce que je suis un démocrate de combat. Ce que j'appelle, c'est à se ranger derrière le candidat qui est démocrate et qui sera le mieux placé pour faire face au Rassemblement National et lui barrer la route. L'objectif principal qui doit habiter les consciences de chacune et chacun, c'est de faire que la France ne soit pas dirigée par l'extrême droite. Donc moi, je suis pour un désistement républicain. Et je suis pour aussi qu'on ne tergiverse pas au second tour quand on n'y est pas, pour appeler à voter contre l'opposant au Rassemblement National, à chaque fois.
Et vous êtes seul sur cette position, rapidement, ou est-ce que ce sera la ligne de tout le monde comme le recommandait François Hollande hier soir ?
Je ne sais pas si je suis seul, ce n'est pas encore dans les discussions, si je donne mon point de vue. Et mon point de vue, je l'appliquerai quoi qu'il en soit. C'est ma marque de fabrique. Je ne dépends d'aucun appareil. Et je dirai toujours ce que je pense. Et maintenant, je vais vous dire une autre chose. D'un mot. Oui, c'est que ça doit être réciproque. D'accord ? C'est-à-dire qu'il ne faut pas, il ne faut pas jouer avec le feu. Et quand j'entends des déclarations des macronistes, quand j'entends des macronistes qui nous ont mis dans cette situation, dire, mais moi je ne peux pas, entre un candidat du Front Populaire et le Rassemblement National, choisir.
Mais qu'est-ce que vous avez dans la tête ? Il faut comprendre là la menace qui pèse sur nous. J'aimerais vraiment que chacun comprenne la gravité de la situation. Je sais qu'on n'est pas habitué au tragique, mais demain, tout peut être profondément différent. On peut se retrouver dans une France qui ne sera plus la France dont nous avons hérité et que collectivement, nous sommes en train de gâcher, de faire tomber dans l'abîme collectivement avec un responsable principal, un responsable principal, le président de la République qui a été élu pour la réparer et qui l'abîme.
Merci Raphaël Glucksmann d'avoir été l'invité de France Inter ce matin. Merci d'avoir été l'invité du Grand Entretien. A suivre la revue de presse.
Raphaël Glucksmann