Vendanges 2026 en Champagne : "la qualité des raisins est exceptionnelle", assure le coprésident du CIVC
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
En quoi peut-on parler de vendanges hors normes pour ces vendanges 2026 ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Ça a bousculé toute l'organisation en Champagne ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Rendement assez faible en Champagne, avec des régions plus touchées que d'autres ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Un petit rendement, quelles conséquences pour les vignerons ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Vous appelez un système d'entraide entre les vignerons en Champagne ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Deux morts cette année, quel bilan vous faites de tout ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« ce sont les vendanges les plus précoces de l'histoire, avec des premiers coups de sécateur le 6 août. »
- 1:46Invité politiqueChiffre
« on est sorti de l'hiver avec un très gros potentiel, potentiel de récolte élevé. Et puis on a malheureusement été frappé par une vague de gelée de printemps qui a réduit ce potentiel de 38%. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« on pense que cette vendange correspond à 7000 kg par hectare, le rendement agronomique. »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« il va y avoir des sorties de réserve pour compléter ce rendement agronomique jusqu'au rendement commercialisable qu'on a décidé en juillet de 8008. »
- 3:42Invité politiqueFait
« le plan ensemble pour les vendanges en Champagne, nous l'avons élaboré en lien avec le préfet, les services de l'État, les forces de l'ordre, les syndicats, pour effectivement améliorer sans cesse les conditions de recrutement, d'hébergement, de santé, de sécurité des 100 000 saisonniers. »
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Gels au printemps et canicules à répétition. Les vendanges ont été hors normes cette année en Champagne, alors que le comité Champagne a présenté hier un bilan de 7000 kilos de raisins en moyenne par hectare.
C
'est bien en dessous des années précédentes. On revient sur cette récolte 2026 historique avec notre invité, le coprésident du comité Champagne et président de l'Union des maisons de Champagne. Il répond à Sophie Allemand.
Bonjour David Chatti.
Bonjour.
En quoi on peut parler de vendanges hors normes pour ces vendanges 2026 ?
D'abord parce que ce sont les vendanges les plus précoces de l'histoire, avec des premiers coups de sécateur le 6 août. On est parti quelques jours en vacances fin juillet en se disant qu'on se retrouverait le 15 août pour le banc des vendanges. Nous avons décidé à début août d'avancer le banc au 12 parce que nos veilleurs en Champagne, le réseau Mathu, c'est-à-dire des professionnels qui sont dans tous les villages pour mesurer l'évolution du degré, nous ont signalé que ce degré avait explosé, 3 degrés en une semaine alors que d'habitude c'est plutôt 1 degré, 1 degré et demi. Donc on a tout anticipé.
Il a fallu faire revenir les vignerons qui étaient partis, les vendangeurs, les salariés, pour rentrer la récolte en ayant évidemment la qualité en ligne de mire et on y est parvenu. Et la qualité des raisins est exceptionnelle.
Donc ça a bousculé toute l'organisation en Champagne ?
Oui, mais on a su s'adapter. L'entreprise vendange en Champagne est énorme, c'est une énorme machine et on est content parce qu'on a réussi à s'adapter à ces circonstances un peu particulières.
Circonstances dues forcément à la chaleur, au soleil. Autre conséquence, c'est un rendement assez faible en Champagne avec des régions plus touchées que d'autres ?
Oui, absolument. Alors on est sorti de l'hiver avec un très gros potentiel, potentiel de récolte élevé. Et puis on a malheureusement été frappé par une vague de gelée de printemps qui a réduit ce potentiel de 38%. Et puis après, il y a eu une succession de calicules, mais la vigne s'est remarquablement adaptée. C'était les seuls îlots de verdure qu'on voyait en Champagne. Les bas côtés, l'herbe était totalement brûlée, la forêt souffrait. En revanche, les grappes sont petites, pèsent moins lourd que la moyenne parce qu'il n
'y a
pas eu assez d'eau. Donc ça fait un petit rendement.
Un petit rendement, quelles conséquences pour les vignerons ?
Alors, un petit rendement à l'échelle de la Champagne avec des situations contrastées selon les secteurs. Alors à l'échelle macro, ce n
'est
pas un problème puisque on pense que cette vendange correspond à 7000 kg par hectare,
le
rendement agronomique. Donc il va y avoir des sorties de réserve pour compléter ce rendement agronomique jusqu'au rendement commercialisable qu'on a décidé en juillet de 8008. En revanche, il y
a
des situations individuelles qui sont parfois compliquées parce qu'un vigneron qui a gelé, qui avait peu de réserve, celui-là, effectivement, il est dans une situation qui n
'est
pas enviable.
Et donc vous appelez un système d'entraide entre les vignerons en Champagne ?
Alors, on a beaucoup d'outils de résilience en Champagne puisqu'on a la réserve, on a la réserve différée. Donc tout ça, ce sont des outils qu'on perfectionne et c'est un cas unique en France d'avoir tous ces outils. Mais effectivement, tout a toujours une limite et donc nous imaginons un système et nous avons interrogé le ministère, la ministre de l'Agriculture pour pouvoir le mettre en œuvre très rapidement. On ne demande pas de sous mais on demande de pouvoir mettre en place un système de solidarité,
c
'est-à-dire ceux qui auraient beaucoup de réserve pourraient en transférer à des vignerons qui n
'en
ont plus.
Sur le plan humain, le début des vendanges a été marqué par la chaleur. Le comité Champagne a lancé il y a deux ans son plan ensemble pour les vendanges en Champagne. Il y a
eu
quand même deux morts cette année, quel bilan vous faites de tout ça ?
Alors le plan ensemble pour les vendanges en Champagne, nous l'avons élaboré en lien avec le préfet, les services de l'État, les forces de l'ordre, les syndicats, pour effectivement améliorer sans cesse les conditions de recrutement, d'hébergement, de santé, de sécurité des 100 000 saisonniers qui viennent nous prêter main forte pendant les vendanges. On a débarré les vendanges sous de très fortes chaleurs par chance. Le gros de la vendange s'est déroulé pendant une semaine où il a fait beaucoup moins chaud, c
'est
probablement la semaine la plus fraîche de l'été. Il n'empêche que chaque situation difficile que l'on rencontre avec des vendangeurs nous interroge et nous oblige à sans cesse perfectionner notre plan. C'est ce qu
'on
va faire avec le préfet dans quelques jours et pendant tout l'hiver, on s'efforce d'adapter le plan, de le renforcer, de le mettre à l'échelle industrielle, si je puis dire, pour progresser sans cesse.
Surtout que la vendange manuelle et les caractéristiques de la Champagne, il y a aussi garanti cette année une bonne qualité.
Absolument. En Champagne, la machine n'est pas interdite, mais ce qui est obligatoire, c'est de verser les grappes entières, la rafle végétale, dans les pressoirs. Aujourd'hui, il n
'y
a que l'homme qui sache le faire et cette méthode a permis de conserver aux raisins, malgré les conditions météo, ses qualités champenoises, si je puis dire. Donc une grappe entière, un pressurage très doux et ce qui fait qu'aujourd'hui, nous avons un profil de raisins avec un degré élevé, mais des équilibres qui sont tout à fait champenoises.
On s'attend à un beau millésime pour 2026, malgré ce climat qui a quand même bousculé beaucoup de choses.
Ce qu'on sait d'ores et déjà, c'est que la matière première est remarquable, à charge des chefs de cave, d'assembler les vins des différentes vendanges qu'ils ont à disposition dans leur cuverie. C'est une carte majeure de la Champagne, l'assemblage, et ce qui permettra d'élaborer de très beaux vins.
Merci David Chatillon.
Merci à vous. Merci à vous deux.
Merci à
vous.