« Voix d'Europe » Multiplication des accords commerciaux : quels sont les dangers ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bienvenue au Parlement européen de Strasbourg les accords de commerce il en est largement question notamment dans lesmobilisations des agriculteurs depuis plusieurs semaines en France mais aussi dans d'autres pays européens comme vous le savez l'Union européenne s'apprête à passer de nouveaux accords commerciaux avec deux pays le Chili et le Kenya le Parlement européen s'exprime au cours de cette session et vote jeudi quels vont être les enjeux et les conséquences de ces accords on en parle avec vous Emmanuel bonjour vous êtes député européen je le rappelle de la gauche et François tiolet bonjour vous êtes député européen des merci à vous deux d'être sur le plateau de l'humanité alors on va distinguer ces deux accords en cours bien qu'il y ait des points communs entre les deux bien bien entendu tout d'abord ce que je voudrais vous demander c'est comment est-ce que il faut restituer ces accords dans la politique économique générale de l'Union européenne ce sont pas les premiers il y a comme on le disait de forte opposition dans les pays européens contre ces accords parmi les les différents types de population j'allais dire euh où est-ce qu'on en est le lieu persiste et signe encore avec de nouveaux accords pourquoi j'allais de quelle politique économique ces accords sont-ils le nom si on peut le dire comme ça on commence avec vous Emmanuel Morel je pense qu'il faudrait revenir plusieurs dizaines d'années en arrière en réalité euh pourquoi parce que au départ il y a la politique agricole commune euh dont la principale mission c'est d'augmenter les rendements la productivité des des du monde agricole mais aussi d'assurer des revenus à peu près normaux enfin corrects aux agriculteurs en fixant notamment des prix planchés ou des côotas vous souvenez peut-être nous on est enfin du 20e siècle les quotas laitiers hein qui était le plus connu et l'idée c'était comme ça d'avoir une croissance maîtrisée régulée de l'agriculture en Europe arrivent les accords du du Gat puis de ce qu'on appelle l'OMC l'Organisation mondiale du commerce où la grande idée de de tous ces dirigeants pour qui le libre échange en réalité est une religion c'est de dire il faut déréguler le commerce et donc faut surtout pas fixer de prix fixer des revenus on va laisser faire le marché voilà et ça c'est c'est le principe même d'un accord de libre échange il faut lever le plus possible les barrières douanières mais même aussi les barrières non douanières c'est-à-dire les tests qu'on fait par exemple quand on a des marchandises qui arrivent sur un territoire européen à partir de là et ben on a toute une série d'accords qui va se développer en Europe et qui est c'est toujours le même principe c'est les Européens veulent exporter plus de biens et de services notamment les Allemands notamment des voitures et en échange et ben vous avez des pays qui contracte avec nous qui disent bah écoutez on veut bien plus de voitures avec des droits de Douine réduits mais en échange nous on doit on veut vous exporter un certain nombre de produits à commencer par des produits agricoles c'est ça la logique hein en réalité des accords depuis le CTA jusqu'à la Nouvelle-Zélande et demain le Kenya et et et le Chili quel est le problème c'est qu'on a face à nous une forme de concurrence déloyales pourquoi parce que les produits agricoles bah il y a une main d'œuvre très peu chère quand on parle pas quand on va contracter avec le Brésil ou l'Indonésie par exemple c'est pas du tout les mêmes salaires mais en plus se rajoute quelque chose qui est vicieux c'est c'est pas les mêmes produits qui sont utilisés c'est que il y a des produits que nous on interdit en Europe mais qui sont autorisés avec des pays qui vont contracter avec nous c'est là que c'est là que les agriculteurs européens interviennent et protestent en disant non seulement vous envahissez notre marché avec des produits qui sont très peu chers parce qu'évidemment la main d'œuvre est est peu coûteuse mais en plus vous nous imposez à nous des normes que vous faites pas respecter aux pays contractants et c'est tout le problème qu'on a avec notamment les accords a Chili qui arrive mais qui sont pas les plus importants par rapport à tout ce qui s'est passé avant et il y a un empilement une sorte d'activisme de la commission qui tous aimut veut passer des accords avec tout le monde et là parce que là au moment on se parle il y a des négociations avec le Mexique il y a des négociations avec l'Indonésie c'est pas rien Indonésie hein des des des négociations tous asimutes et à terme le vrai danger aujourd'hui c'est la disparition pure et simple du modèle agricole européen c'est de ça dont on parle François oui on est au bout d'un modèle on fait d'une idéologie du libre échange qui a longtemps pensé que si on libère les échanges s'il y a plus d'échanges ça va profiter à tout le monde on est au bout de ce modèle parce que d'une part au niveau du climat l'augmentation des échanges c'est l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère et c'est climaticide deuxièmement ce qu'a expliqué mon collègue c'est que la conséquence pour les populations locales dans ces échanges c'est pas du développement quand la ce qui exporte principalement du Kenya vers l'Europe c'est des haricot verts et des fleurs coupées on par détail c'est c'est pas juste pour les cons mais c'est pas juste non plus pour les agriculteurs français qui produisent qui produisent ces ces ces ces choses-là le la situation c'est aussi comme les modèles d'accord type Mercosur C tafta régionaux ça ne fonctionne pas en fait ce que fait l'Europe en tout cas la commission c'est à faire des accords individuel avec chacun des pays et c'est ce qui se passe particulièrement pour le Kenya où l'Union européenne passe par-dessus la coopération d'Afrique de l'Est pour passer un accord simplement avec le Kenya c'est un peu comme si la Chine décidait de passer un accord uniquement avec le Luxembourg sans tenir compte des accords européens c'est politiquement c'est aussi un problème stratégique et de respect de de nos partenaires avec qui on veut on veut discuter on va reparler de de ce contexte parce que on raisonne toujours de notre côté à nous du côté européen mais il faut aussi raisonner du côté de ce que ça produit dans les pays avec lesquels on passe des accords vous en parle on on va en parler tout à l'heure de manière plus précise mais effectivement il faut le voir des deux côtés pour voir la façon dont alors on peut peut-être commencer par le Chili tout simplement quel est le contenu exact de ces accords commerciaux alors dès qu'on parle du Chili on on sait que le Chili fournit 70 peut-être même 80 % de du lithium à l'Europe ce qui est pas tout à fait rien alors ça c'est une matière première on va parler de de de cet aspect là et puis des des autres aspects sans doute de de ce de l'accord qui de ces accords qui vont être passés est-ce que vous pourriez nous dire un petit peu ce qu'il y a dans ces accords avec le Chili Emmanuel Morel mais en fait c'est un un accord de libre échange assez classique l'Union européenne depuis la guerre en Ukraine a un problème d'approvisionnement en matières premières de sur croix nous avons décidé dans le cadre de la transition écologique de passer par exemple à la voiture rique et donc on a besoin de matériaux RAR de matériaux critique comme on dit qui sont assez peu présent en Europe alors c'est pas vrai pour le lithium parce qu'en réalité du lithium il y en a en Europe le problème c'est queon est confronté à une situation qui est un vrai dilemme qui est est-ce que nous on remet en place une politique extractive au niveau européen et vous comprenez bien que dans les populations bah parfois il y a quand même un certain nombre de doutes alors qu'est-ce qu'on se dit on se dit bah c'est pas grave on va aller chercher ailleurs dans des conditions et c'est là évidemment le problème auquel vous faisiez allusion qui sont pas forcément euh très respectueuses et des droits du travail et de l'environnement parce que je sais pas par exemple je vais vous donner un autre exemple euh le Brésil si aujourd'hui vous dites on va contractualiser avec le le Brésil dans le casre d'un accord mercosour et donc vous allez nous importer je crois que c'est à peu près 100000 tonnes de bœuf supplémentaires euh ou ou de l'éthanol ou du sucre ça se traduit par quoi une déforestation mass h pr de la mêmeç quand vous dites on va intensifier les flux commx par exle un pays comme l'Indonésie qui produit beaucoup d'huile de palme la réalité c'est quoi c'est qu'on aura des travailleurs qui sont quasiment des esclaves modernes qu'on va faire bosser pour quasiment rien dans des vastes très vastes exploitations beaucoup plus vastes que les exploitations européennes et donc ça se fait aussi au détriment des des populations local qui voit leur environnement dégradé et leurs conditions de travail qui sont pas respecté et c'est la même logique pour le Chili alors le Chili il y a pas que le lithium ou ou d'autres matières primères il y a aussi un volet agricole avec des dizaines de milliers de tonnes de bœuf de porc de volaill alors qu'est-ce que nous répond la commission la commission nous dit mais non mais regardez le contingent les contingents supplémentairire c'est rien par rapport à la consommation européenne ça représente 05 % 1 % et moi ce que je leur réponds à chaque fois ça fait maintenant 10 ans que je suis en commission commerce international donc je connais les arguments c'est de dire bah écoutez si on commence à ajouter les accord encore les uns sur les autres ca bientôt Mexique bientôt Indonésie bientôt mercosour Nouvelle-Zélande bah là on se rend compte que à force d'additionner les contingents agricoles on en arrive à des à des à des montants très importants qui déstabilisent complètement les marchés européen parce que évidemment pour un producteur au vin en France des agneaux des chèvres des moutons il peut pas concurrencer le modèle néozélandais je pense un autre accord qui a été signé récemment où on a des exploitations énormes des des des coûts qui sont bien moins importants et là où on en arrive à un truc délirant la Nouvelle-Zélande l'accord a été voté hein par nos collègues la Nouvelle-Zélande en gros on va importer davantage de moutons et de lait d'un pays qui est à 2000 km d'ici c'està-dire que en terme comme le disait tout à l'heure mon collègue en terme de développement durable cette intensification des échanges commerciaux avec des pays aussi loin bah c'est une folie c'est une folie climatique c'est une folie économique c'est la raison pour laquelle on est quelques-uns euh à protester mais ce qu'il faut bien dire c'est que ça prend du temps parce que là je vois qu'il y a beaucoup de gens qui se réveillent notamment parce que heureusement il y a une colère légitime des agriculteurs mais on était pas très nombreux il y a 10 ans euh pour être honnête il y avait aussi un collègue écolog Yannick jado qui est maintenant parti dans d'autres institutions prestigieuses on était deux à l'époque je me souviens en commission à dire attention ce que vous êtes en train de faire ça va avoir des conséquences dramatiques pour l'agriculture européenne bah on et donc faut prendre décisions radicales mais évidemment c'est pas ce que souhaitent faire les institutions et comme le conseil ou la commission sur sur l'accord avec le Chili deux choses qui me paraissent importantes c'est d'une part le fait que les populations locales elles ne sont pas concertés il y a un principe de libre consentement pleinement éclairé des populations locales ça c'est pas le cas dans cet accord et c'est pas écrit ensuite dans cet accord à partir du moment où l'accord il est signé en fait c'est pas pas un accord entre État en fait c'est donner les mains libres aux entreprises qui s'installent et si par exemple le Chili d'un seul coup décide de nationaliser ou de récupérer plus de pourcentage de l'extraction minière il pourra plus le faire puisque les entreprises elles pourront l'attaquer en justice et en fait finalement c'est une logique où le Chili perd un petit peu de sa souveraineté deuxièmement il y a une vraie réflexion que l'Union européenne qui a été évoquée par Monsieur Morel sur la question des matières premières critiques on peut pas d'un côté dire il nous faut plus de matières premières critiques et sous-traiter ça à l'autre bout de la planète dans des conditions sociales dans des conditions environnementales qui sont catastrophiques on peut pas remplacer l'ancien néocolonialisme par un écolonialisme pour nous faire des voitures électriques permettre qu'à l'autre bout de la planète que ce soit au Chili que ce soit au au Congo on a l'actualité dramatique qui se passe aujourd'hui au Congo mais finalement on est toujours dans la même logique d'exploitation avec la responsabilité encore une fois engager l'Union européenne par un accord avec le Rwanda elle elle achète au Rwanda des matières premières que le Rwanda ne produit pas en grande quantité et qui viennent forcément de l'exploitation illégale qui est faite au Congo et l'Union européenne fait comme si tout ça n'existait pas parce que l'obsession euh libérale l'obsession du juste du libre échange en fait fait que on on doit d'abord signer des accords et et en effet il y a une accélération en fin de mandat euh alors que on va littéralement dans le mur le que c'est pas terminé pour le Kenya Afrique de l'Est on le disait tout à l'heure euh le le Kenya s'est félicité puisque rappelons quand même une chose les accords ont été signés par la présidente de la Commission européenne sur place il faut la V enfin il faut en tous les cas le le le point de vue du du Parlement européen ensuite des du Conseil des des des États mais déjà il y a eu des réactions alors le Kenya se félicite ent les premiers en Afrique de l'Est à passé des accords avec l'UE et cetera mais il y a les pays qu' y a autour également qui sont là ce contexte là est effectivement très important qu'est-ce que le Kenya quel est le danger quels sont les risques à l'heure actuelle alors cétait euh la semaine dernière dans l'assemblée Union européenne et Afrique car Pacifique ça a été l'occasion d'échanger avec des députés issus de tous les pays africains et notamment un échange avec un représentant de l'ouanda qui nous explique ce que j'expliquais tout à l'heure sur le déséquilibre que fait le Kenya en signant un accord avec l'Union européenne ça déstabilise toute l'Union économique parce que les produits qui vont arriver d'Europe au Kenya ils vont pouvoir circuler au sein de l'Union économique et pénaliser aussi les pays voisins l'argument du Kenya c'est dire oui mais les pays voisins il il payent pas de taxes quand ils vont en Europe puisque c'est des pays qui sont beaucoup plus pauvres que le Kenya la réalité c'est que dans ce genre d'échange l'échange il est inégal il y a aussi j'ai été marqué par un étudiant la semaine dernière qui nous disait mais pourquoi vous vous nous envoyez des machines et nous on continue à vous envoyer des bananes il y a aussi une responsabilité de l'Union européenne même si tout ça c'est toujours écrit hein sur le développement juste le transfert de technologie la réalité c'est pas celle-là la réité c'est d'abord des entrepris et qui sont souvent des entreprises européennes sur les fleurscoupées c'est des entreprises qui viennent des Pays-Bas qui s'installent qui produisent parce que là-bas c'est moins cher parce que là-bas on peut faire des r coverts qui sont bien alignés et sans fil et on les envoie en Europe et qui pénalise à la fois les paysans locaux parce que les paysans se spécialiste vers des cultures d'exportation comme on a fait du sucre comme on a fait du café comme on a fait du caoutchou au 19e siècle aujourd'hui on va faire des fleurs coupées et descovert et surtout il faut on masque tout ça aux Européens avec tout toujours le discours de on les aide à se développer c'est pas ça la réalité la réalité c'est que on on tue leur agriculture vivrière et on tue aussi l'agriculture chez nous il y avait eu exactement le même problème avec la question du lait quand en Afrique de l'Ouest et c'est encore le cas aujourd'hui le lait en poudre européen subventionné par la PAC coûte beaucoup moins cher que du lait produit localement par des éleveurs sénégalais et ça ça pénalise à la fois les Sénégalais les producteurs sénégalais et à la fois les européens les producteurs laitiers européens qui n'arrivent pas à vendre leur lait au juste prix donc on marche sur la tête etmanuel Morel sur le le kéen sur cet aspect particulier du Kenya mais ce ce que je trouve particulièrement préoccupant dans l'accord Kenya c'est que comme ça a été très bien dit on casse une logique régionale qui est en train de se mettre à place au niveau africain et d'ailleurs c'est peut-être comme ça je pense que c'est le modèle alternatif qu'on devrait proposer à la religion du libr change au niveau européen c'est que d'abord laissons se constituer dans les différents continents des sous-ensembles ou des ensembles régionaux dans lequel d'abord parce qu'il y a une logique de proximité hein c'est je reprend l'exemple de la Nouvelle-Zélande là on est pas du tout dans la proximité il y a des logiques de développement un peu solidaire tout ça est complètement absent il y a il y a oui on peut dire en effet euh une forme de néocolonialisme ou protocolonialisme qui est absolument présent dans le Kenya mais il y a autre chose qu'il faut rappeler parce que là on est sur les prenons les fleurs ou les haricot verts euh on produit ça en Europe hein bien les fleurs on les produit il y en a en Italie il y en a beaucoup en Espagne il y en a en France et et et et au seul à la seule raison que ça coûte forcément plus cher puisque la main d'œuvre évidemment a des salaires plus élevés et ben on en vient à désespérer une population qui vit durement de son travail qui essaie de s'en sortir c'est c'est toute cette logique là qu'il faut voir et et y compris repenser complètement euh la logique de proximité que moi j'appelle démondialisation c'estàd on n'est pas obligé euh d'échanger toujours plus avec des pays qui sont loin voilà c'est j'essaie je reviens là à l'instant de d'Abu Dhabi où c'était la conférence annuelle de l'Organisation mondiale du commerce et je posais la une question très naïve un certain nombre de partenaires qui me regardaient avec des yeux comme ça notamment la les les gens de la Commission européenne qui ét dire mais est-ce que forcément on est obligé d'intensifier les échanges commerciaux est-ce que c'est une bonne chose est-ce que bah relocaliser les productions chez nous c'est pas forcément mieux d'un point de vue plus vertueux d'un point de vue écolo et d'un point de vue social est-ce que c'est pas ce modèle là tout entier qu'il faut remettre en cause mais aujourd'hui seul la logique du des prix les plus bas possibles et du marché prévale c'est ça qu' faut changer mais alors ça en prend pas le chemin parce que vous avez en face de vous des gens qui ne se rendent même pas compte qu' sont des religieux des dogmatiques et nous il faut qu'on soit des militants laïques d'une certaine façon et qu'on leur oppose bah la réalité de ce qui est en train de se passer en Europe alors voyons un peu où on en est vous le disiez tout à l'heure on le disait c'est pas fini c'est pas terminé on parle de de deux accords particuliers là qui vont être votés mais derrière ça vous l'avez évoqué l'un et l'autre il y a le Mercosur aussi qui se qui se profil c'est ça continue faut le dire parce qu'il y a toujours un trouble autour du Mercosur est-ce que c'est fini ou pas non on arrête la France a dit on va où est-ce qu'on en est exactement c'est concerne l'Argentine le Brésil l'Uruguay le Paraguay si je me trompe pas donc ça fait quand même un paquet d'échang si je peux dire qui sont quand même extrêmement importants avec des problématiques qui sont extrêmement prignantes là aussi ouais mercosour c'est vraiment un gros morceau il y a il y a un débat entre les États-membres c'est vrai que la France à plusieurs reprises a expliqué que c'était euh trop compliqué et puis trop dangereux que ça passerait pas dans opinion déjà l'opinion française vous avez à l'inverse nos collègues espagnols ou portugais qui poussent à fond mais même si Emmanuel Macron donne des coups de menton en expliquant que c'est fini c'est absolument pas fini ça je peux vous dire la commission elle continue à négocier al en plus les pays d'Amérique du Sud sont un peu en colère notamment parce que on a voté une législation sur la déforestation il y a quelques mois qu'ils estiment particulièrement dommageable pour eux parce que bah ça déforeste à fond la qute hein pour produire tout ce tout ce tout tout tout ce tout ce qu'il y a dans le mercosour là là pour le coup c'est beaucoup 100000 tonnes de bœuf 18000 tonnes de de volaill hein le le fameux poulet brésilien avec des produits encore une fois qui sont interdits chez nous ça bon alors le mercosour c'est un gros morceau je suis pas sûr que ça passe si facilement en effet euh au Parlement et au Conseil parce que il y a pas que la France la Belgique a commencé à émettre un certain nombre de réserves euh je crois que les Pays-Bas aussi enfin et l'Allemagne elle-même elle s'interroge même si elle y voyait surtout une opportunité d'exporter quoi des voitures hein al il y a pas que les voitures mais c'est quand même l'obsession d'un certain nombre de de pays moi j'ai bon espoir qu'on arrive à faire échec au mercosour avant la fin de ce mandat mais ma crainte c'est quoi c'est qu'une fois l'élection européenne passé bah les gouvernements remettent sur le métier pas seulement le mercosour tout le reste hein Mexique Indonésie euh des pays d'Asie et des et d'autres pays de notamment d'Amérique d'Amérique centrale donc c'est jamais fini dans leur tête il y a vraiment cette idée que plus on fait d'accord de libre échange plus la prospérité arrivera bah sauf que ça se passe pas comme ça oui c'est ça opportunément à cause des élections Emmanuel Macron a annoncé et a milité pour le report du mercosour mais le fond du logiciel de renew ici Renaissance en France c'est de voter tous les accords de libre échange avec le plus d'État possible au niveau mondial et ça vaut le coup aussi de regarder comment vote le rassemblement national sur ces accords internationaux puisque eux aussi se réveillent comme des protecteurs des intérêts des agriculteurs français alors que bien longtemps ils ont voté aussi une grande partie une grande partie de ces accords c'est c'est le logiciel d'Emmanuel Macron qui est un logiciel libéral qui est un logiciel qui finalement favorise la même façon que la pack favorise d'abord les plus gros Emmanuel Macron a aussi dans les réponses qu'il apporte aux agriculteurs il apporte d'abord des réponses qui sont les demande des des plus gros pas des plus petits et il fait exactement la même chose dans la logique libérale parce que c'est le fond libéral d'Emmanuel Macron et de renew au niveau français au niveau européen allié avec le PPE alors en ce qui concerne le le Chili et le Kenya on l'a dit tout à l'heure c'est c'est en cours ça va qu'est-ce que vous en pensez qu'est-ce qui va se passer au Parlement européen je dis ah ben on n'est pas hyper optimiste he puisque la majorité PPE renew s hein puisque SND ça va sans doute être divisé hein donc les socio-démocrates mais il y a malheureusement de fortes chances que ce type d'accord passe est-ce que les mobilisations puisque je le disais au départ ça a été très présent ce ce thème des accords commerciaux européens dans les mobilisations des agriculteurs est-ce que ces mobilisations ça a de l'importance ça joue un rôle ou pas qu'est-ce que vous en pensez évidemment évidemment et d'ailleurs je je je rappelle quand même à ceux qui nous regardent que il y avait un énorme projet d'accord de libre échange avec les états-unis' le tafta ou le ttip et ce qui a permis l'abandon de ce projet fou sont pas les députés européens même si on était très mobilisé c'est les mobilisations populaires il y avait eu 350000 personnes à Berlin des pétitions ici et là une grosse mobilisation en France en walloni et et ça avait fait échec à ce projet donc toute mobilisation populaire est bonne à prendre et la colère des agriculteurs euh d'une certaine façon elle exprime aussi un cri par rapport à une politique toujours recommencée qui à terme condamne ce modèle et mais condamnent eux leur vie leur métier leur famille leur savoir-faire leur territoire aussi donc là il y a vraiment une opportunité à saisir sur le vote Kenya et et Chili j'ai pas trop hélas d'espoir pourquoi parce que c'est la même majorité qu' avait sur la Nouvelle-Zélande qui est passé sans problème ensuite parce que dans les groupes les Français à mon avis voteront majoritairement contre l'accord ce soit chez ver ou sur les socio-démocrates mais le reste des groupes c'est plus le reste des groupes c'est plus compliqué donc moi je pense que il faut s'attendre à ce que ça soit adopté mais ce n'est pas une raison pour pas continuer à s'y opposer et en faire un grand sujet de la campagne des élections européennes qui arrivent voilà merci à vous merci Emmanuel Morel merci François kolet on continuera bien sûr à suivre cette question des des accords commerciaux avec vous merci à vous qui nous avez suivi et à bientôt au revoir
Emmanuel Maurel