Au cœur des tensions entre l'Inde et le Pakistan : le Cachemire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est la guerre la plus haute du monde. L'Inde et le Pakistan se disputent le Cachmir depuis plus de 75 ans. On vous raconte en archive.
Retour en 1947. Le sous-continent est en cours de décolonisation. Lord Mangbaten le dernier gouverneur des Indes britanniques, propose une partition entre deux nouveaux états.
L'Inde à majorité hindou et le Pakistan à majorité musulmane. Pour le Matma Gandhi, c'est l'aboutissement de 40 années de lutte contre la présence anglaise. Mais l'apôtre de la nonvolence assistera impuissant à un drame qui lui coûtera la vie et dont l'ampleur surprendra le monde.
Les minorités musulmanes de l'Inde, comme les minorités hindou du Pakistan, se heurent aux majorités. On comptera 500000 morts. Véritable massacre suivi d'un exode de 9 millions de réfugiés vers l'Inde et de 5 millions vers le Pakistan.
C'était le début de ce que l'on appellera la querelle indo-pakistanaise. Les tensions entre les deux pays sont d'emblées très vives autour d'un territoire, le Cachmir. Le statut de cette région est particulier.
Avant la partition, elle est dirigée par un maharaj hindou, mais la population est en majorité musulmane et le rattachement à l'Inde provoque la colère des habitants. Le Cachemir, peuplé de musulmans s'est révolté contre son rattachement à l'industouan à l'aide d'une garde nationale mobilisée sur place. Grâce également au secours des troupes hindou auxquels il avait fait appel et venu par avion au-dessus de l'Himmalaya, son souverain l'émir Abdullah a repris possession de sa capitale Srinagar après de sanglants combats.
L'armée pakistanaise soutient les insurgés mais la guerre sans lise. Le 31 décembre 1948, un cessé le feu organisé sous l'égte de l'ONU est décrété. Le Cachmir est alors divisé en deux.
Une partie indienne, le Jamou et Cachmir et une partie pakistanaise, l'Azad Cachmir et le Giljit Baltistan. Les deux parties sont maintenant séparées par une ligne de contrôle, une frontière censée être provisoire en attendant le référendum d'autodétermination que l'Inde doit organiser dans sa partie du Cachemir. Sauf que ce scrutain n'aura jamais lieu et le contentieux autour du Cachemir va perdurer jusqu'à aujourd'hui.
Les échanges de tirers sont fréquents et très vite les deux pays laissent planer la menace d'une intervention. notamment Nerou, le premier ministre indien. Karashi, la capitale offre le spectacle pitoresque d'une ville que se partage les images contrastées d'un passé millénaire et d'un présent très actuel, s'émeux devant certaines menaces venues de concentration de troupes indiennes aux abords de la frontière du Cachemir.
Le souvenir semble bien passer des jours de 1953 où monsieur Nerou venait rendre visite au chef du gouvernement pakistanais, monsieur Mohamed Ali. Le temps des embrassades qui succédait à la décision de l'ONU réclamant un plébiscite des populations du Cachemir, plébiscite qui n'e d'ailleurs jamais lieu s'est rapidement évanoui. En 1965, le Pakistan déclenche l'opération Gibraltar avec l'infiltration de soldats déguisés en civil de l'autre côté de la frontière.
L'Inde répond en occupant des positions pakistanaises. Une nouvelle fois, le conflit sans lis dans les montagnes de l'Himalaya. Interrogé par la télévision française, Indira Gandhi, alors ministre de l'information indienne défend la position de son pays.
Vous avez l'impression que si aujourd'hui on faisait un plébiscite, le Cachmir dans son ensemble voterait pour l'Inde ? La majorité, oui, mais c'est pas nous qui faisons la guerre. La guerre est commencée par Pakistan.
Et puis si nous défendons pas, nous pourrons pas euh confronter le peuple ici. Le conflit s'arrête après un mois et demi de combat, le 21 septembre 1965 à la suite d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans les années 90, des tentatives de dialogue pour un accord sont lancées.
Le président de la République, François Mitteran, se rend au Pakistan pour tenter de trouver une solution diplomatique. Pendant sa visite, la situation se dégrade une nouvelle fois. Mais le Cachmir indien s'est enflammé à nouveau.
La province musulmane, seule terre d'Islam dans l'immensité hindou, réclame le scrutin d'autodétermination prévu il y a déjà quatre décennies par les Nations Unies. Solidarité politique et surtout fraternité religieuse. Le Pakistan tout entier s'embrase à son tour, osant parfois même envisager une nouvelle guerre avec New Delhi.
L'Inde n'a jamais su vivre en paix avec ses voisins. On l'a vu en Chine, au Bangladesh ou au Sri Lanka. Et c'est là qui est le danger.
À chaque fois qu'un peuple s'est battu pour son droit à la liberté, l'Inde a toujours trouvé un prétexte pour préférer l'affrontement. En 1999, la guerre reprend cette fois-ci pour le contrôle de plusieurs cols Himalayens, la plupart situé à des milliers de mètres d'altitude. C'est la guerre la plus haute du monde.
Les soldats indiens et pakistanais s'affrontent parfois à plus de 6000 m sur les glaciers de l'Himalaya. L'armée indienne tente ici de déloger crête par crête une guerria islamique soutenue par l'armée pakistanaise et même par les intégristes d'Afghanistan, les talibans. Une guerria qui se bat pour un Cachmir musulman rattaché au Pakistan.
Les combats auraient fait 500 morts en 3 semaines dont 150 soldats pakistanais et des centaines de déplacés. Pour les soldats, les conditions sont très difficiles. Il fait jusqu'à - 45° pendant les batailles.
Cette guerre soulève aussi l'inquiétude de la communauté internationale car pour la seconde fois dans l'histoire, elle oppose deux puissances dotées de l'arme nucléaire après 1969 et un conflit de frontière entre l'URSS et la Chine. Après 2 mois de combat désavoué par la Chine et les États-Unis, le Pakistan se retire des zones qu'elle occupait le 2 juillet 1999. Conséquence de cette défaite, un coup d'état militaire a lieu dans le pays quelques jours plus tard.
Au début des années 2000, le processus de paix est relancé et une conférence réunit le premier ministre indien et le président pakistanais. Mais elle sera un échec cuisant et renforcera la ligne dure dans les deux pays. Le conflit se rallumera en 2019.
Puis ces derniers jours, à la suite d'attentats revendiqués par des groupes djihadistes. Malgré les appels au CCL feu, aucune solution ne semble se dessiner pour une paix durable. Ah.
Jean-Pierre Bataille