La réforme des retraites "va fragmenter notre société", estime le président du RN Jordan Bardella
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Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin dans le grand entretien le président du Rassemblement National, également député européen. Vos questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. Avant d'aborder différentes questions d'actualité, l'énergie, les retraites, Mayotte, commençons par la visite d'État d'Emmanuel Macron aux États-Unis. Le président qui a eu des mots très durs sur le programme d'investissement et de subvention de 430 milliards de dollars que le gouvernement américain met sur la table pour aider ses entreprises et lutter contre l'inflation.
Ce programme, Pierre Haski le rappelait à l'instant, rappeler les mots du président à l'instant, risque de fragmenter l'Occident. Il est super agressif. Voilà les mots d'Emmanuel Macron. Remerciez-vous tout de même le président d'être allé défendre devant Joe Biden les intérêts de la France et de l'Europe ?
Je note d'abord qu'on a beaucoup critiqué M. Trump, l'ancien président américain, lorsqu'il a mis en place une politique protectionniste aux États-Unis qui visait à défendre les intérêts économiques de l'Amérique d'abord pour qu'au final M. Biden fasse aujourd'hui exactement la même chose. Pour vous répondre, Emmanuel Macron semble découvrir aujourd'hui que les grandes puissances dans la mondialisation protègent leur économie et défendent leur marché intérieur. C'est précisément ce qu'a fait M. Biden avec ce plan.
Et ce qui est dramatique, c'est que l'Union européenne et la France sont une anomalie mondiale aujourd'hui dans le monde à l'heure où toutes les grandes puissances qui réussissent dans la mondialisation ont des clauses intérieures, extérieures, protectionnistes pour soutenir leur entreprise. Donc la question aujourd'hui, c'est est-ce qu'on se résout à voir l'Union européenne et les pays européens devenir des déserts industriels où est-ce qu'on décide, nous aussi, comme le font toutes les grandes puissances et comme nous le prônons depuis des années, de protéger notre économie et notamment de faire du patriotisme économique.
On a un peu le sentiment, pour conclure en la matière, qu'on est un peu les idiots utiles de la mondialisation parce qu'on cherche à être à chaque fois les bons élèves du libre-échange. Donc vous voudriez qu'on fasse du protectionnisme européen ? Parfaitement. Européen ?
Oui, je pense d'abord, un, que l'Union européenne doit protéger de manière économique ses frontières extérieures, ce qu'on appelle du protectionnisme avec des droits de douane, c'était le principe de la taxe carbone qui a été défendue au niveau européen pour faire en sorte qu'il y ait, sur tous les produits qui rentrent sur le sol européen, des clauses économiques, sociales, environnementales de manière à avantager la production européenne. Vous êtes devenu européen ce matin, Jean-Anne Bardella ? Je n'ai jamais été contre l'Europe, je suis contre le fonctionnement actuel de l'Union européenne.
Je pense que nous devrions récupérer la possibilité, en termes de souveraineté, dans nos pays, en revanche, de faire du patriotisme économique, c'est-à-dire concrètement de pouvoir donner, dans la commande publique, un avantage aux TPE-PME françaises. Je vous donne un exemple. Aujourd'hui, dans la restauration collective, dans les cantines de nos enfants, vous avez, je crois, deux tiers du bœuf qui est d'origine importée. Nous, on souhaite inverser cette proportion pour faire en sorte que, eh bien, les cantines et les restaurateurs, en tout cas dans la collectivité, puissent en priorité aller se fournir auprès des agriculteurs français.
Et nous avons également, j'en termine, proposé, dans le cadre de la présidentielle, la mise en place d'un fonds souverain de manière à drainer un véhicule d'investissement de 500 milliards sur 5 ans et à flécher l'épargne des Français vers le soutien à nos entreprises et à nos fleurons industriels.
Toujours sur l'international, avant d'en venir au dossier français, l'Assemblée nationale a adopté mercredi une résolution symbolique affirmant son soutien le plus total à Kiev et condamnant le crime d'agression de la Russie envers l'Ukraine. Plus de 300 voix pour, mais abstention chez tous les députés RN présents dans l'hémicycle. Alors, dites-nous, de quoi cette abstention est le nom, Jordan Bardella ?
Qu'est-ce qui vous dérangeait dans cette résolution ? Que ce n'est pas un texte pour soutenir l'Ukraine, mais que c'est un texte pour faire de la politique. Moi, je ne me contente pas de lire le titre du rapport. Je lis ce qu'il y a à l'intérieur du rapport.
Il se trouve qu'alors que le soutien à l'Ukraine devrait être un sujet consensuel dans la classe politique, nos opposants politiques en ont profité, notamment la majorité, pour glisser à l'intérieur des éléments qui sont contraires à nos convictions, c'est-à-dire la constitution à venir d'une armée européenne, l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou à l'Union européenne, la remise en cause du statut de la Crimée, tout cela sans jamais évoquer à une seule reprise dans le rapport les conditions de la paix. On est extrêmement clair, nous avons toujours condamné l'invasion ukrainienne par la Russie, premièrement.
Deuxièmement, au Parlement européen, nous avons systématiquement voté les textes depuis le 1er mars qui allaient dans le sens d'un soutien à l'Ukraine. Nous sommes sans ambiguïté sur le sujet, mais je trouve dommage que la majorité d'Emmanuel Macron ait préféré mettre dans ce texte des éléments qui pouvaient paraître des éléments de débat et de polémique dans un moment qui n'est pas utile.
On en vient à la France, on en vient à la réforme des retraites. Elisabeth Borne en précise les contours ce matin dans les colonnes du Parisien. Elle défend un report progressif de l'âge de départ de 62 à 65 ans d'ici à 2031, ce qui pour elle ramènerait le système à l'équilibre dans 10 ans. 64 ou 65 ans, c'est encore un peu flou pour elle. C'est une réforme nécessaire pour sauver le système. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette approche ?
Pas du tout, je suis en désaccord avec cela. Nous avons aujourd'hui un déficit des retraites qui est de l'ordre de presque 14% du PIB en 2022. On est en excédent cette année, on était en excédent l'an dernier. PIB dans les dépenses, évidemment, proportionnellement aux dépenses des retraites dans le PIB. On sera à l'horizon 2070 entre 12 et 14%, idem, c'est-à-dire d'après le Conseil d'orientation des retraites. Donc, d'ici à l'horizon de 2070, la part des retraites dans le PIB est globalement stable. C'est un mensonge de dire aujourd'hui que...
Matignon dit 100 milliards d'euros de dettes supplémentaires dans les 10 prochaines années.
Mais c'est... D'abord, c'est faux. C'est faux, excusez-moi, c'est juste faux. C'est l'exact contraire de ce que dit le Conseil d'orientation des retraites. Qui a évolué lui-même, le Conseil. Écoutez, c'est dans son dernier rapport, en tout cas, et qui souligne en revanche une chose qui est juste, c'est que dans les prochaines années, c'est-à-dire l'horizon 2025-2030, on aura un déficit des retraites qui sera stable, mais de l'ordre de 10 milliards. La question qu'il faut se poser aujourd'hui, c'est est-ce qu'on est prêt, oui ou non, dans le budget de l'État, à consacrer 10 milliards d'euros chaque année pour un déficit des retraites qui est un déficit modéré. Pourquoi je dis cela ?
Parce que je pense que la retraite, ça n'est pas un choix comptable. Parce que je pense que la retraite, ça n'est pas de la comptabilité. C'est un choix de société. Et il y a des millions de Français, dont beaucoup nous écoutent ce matin, qui se demandent d'ores et déjà aujourd'hui comment est-ce qu'ils vont faire pour travailler jusqu'à 62 ans et 8 mois, c'est-à-dire l'âge de départ actuel à la retraite. C'est une folie que de faire cette réforme, alors même que de plus en plus de Français font des métiers difficiles, d'une part. Et je vous rappelle que, d'autre part, c'est aussi la conclusion du rapport du Conseil d'orientation des retraites.
C'est qu'une modification de départ de retraite de 62 à 65 ans va entraîner une augmentation des dépenses sociales qui n'est pas prise en compte dans l'équation de Mme Borne pour une raison très simple, c'est que 40 à 50% des gens qui arrivent à la retraite aujourd'hui en France sont au chômage. Donc cela consiste, tout ou partie, à payer plus longtemps des gens qui sont au chômage et qui ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois. Nous, nous avons fait un choix qui est différent. Nous défendons un départ à l'âge légal à 60 ans et 40 annuités pour ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans, c'est-à-dire pour des gens qui font des métiers difficiles.
Et au-delà, il y a une progressivité qui se met en place jusqu'à 62 ans. Mais c'est tout. Dans notre modèle, ceux qui travaillent paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas. Donc le véritable sujet pour résoudre ces quelques milliards de déficits, ces 10 milliards de déficits des retraites, c'est de faire le patriotisme économique et c'est de relancer l'emploi, évidemment.
Jordan Bardella et Elisabeth Borne espèrent trouver un compromis, un chemin, dit-elle, avec les LR pour ne pas avoir à dégainer le 49-3. Vous, à vous attendre ce matin, on imagine que vous vous opposerez à cette réforme des retraites. Comment, dans la rue, vous pourriez déposer une motion de censure, éventuellement avec la France Insoumise ? Comment voyez-vous les choses ?
Puisque les choses vont arriver vite, là. D'abord à l'Assemblée nationale, parce que nous avons aujourd'hui le premier groupe d'opposition à Emmanuel Macron. Et la vérité, c'est que c'est LR qui va être déterminant aujourd'hui dans l'adoption ou non de cette réforme des retraites. Mais LR en soi est une anomalie. LR devrait être d'ores et déjà dans la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron. Ils ont refusé de voter les motions de censure qui ont été déposées par les autres groupes politiques jusqu'à présent.
Mais je pense que, compte tenu de l'état aujourd'hui du pays, de l'état d'inquiétude des millions, des millions de Français, il y a un sondage de l'IFOP qui est sorti cette semaine, qui est sorti le 1er décembre, et qui rappelle qu'il y a 34% des Français qui craignent de ne pas pouvoir offrir de cadeaux à Noël. Et bien, je pense que, dans ce contexte de difficultés financières pour les Français, de crises énergétiques majeures, de remettre sur la table et de mettre, dès maintenant, sur la table, avant les fêtes de Noël, un texte aussi douloureux pour des millions de Français que celui de la réforme des retraites, je pense que ça va évidemment fragmenter notre société plus de la PZ.
Vous allez un petit peu vite, vous sélectionnez vos éléments de langage, 1 200 euros, la retraite minimale, 1 200 euros, vous dites non ? Indexer sur l'inflation ou pas ? Elle passe de 1 100 à 1 200 euros, c'est la nouveauté de ce matin dans les interviews d'accord.
Je vous rappelle que depuis 2017, la retraite a été sous-indexée de l'inflation et que les retraités ont en moyenne perdu 6% de pouvoir d'achat entre le premier mois du quinquennat d'Emmanuel Macron et le dernier mois de son premier quinquennat. Donc, il y a évidemment des efforts à faire sur le niveau des retraites parce que les retraites sont trop basses dans notre pays.
Nous, nous avions garanti un niveau de retraite à 1 000 euros dans notre projet présidentiel mais indexé sur l'inflation, premièrement, et deuxième part, une baisse des dépenses contraintes avec notamment la baisse de la TVA sur l'énergie parce que vous pouvez augmenter évidemment les retraites, c'est nécessaire mais si de l'autre, les taxes continuent d'augmenter sur les factures énergétiques notamment et sur l'alimentation, c'est évidemment
une situation difficile pour les retraités. Et juste un mot dans la version RN de la réforme des retraites, si j'ai commencé à travailler à 25-26 ans, je finis quand ?
Eh bien, avec 42 ans, vous cotisez pendant 42 ans et vous ne pouvez pas partir avant 62 ans. Il y a une progressivité qui se met en place. Oui, et le taux plein donc 67.
67, c'est ça.
Exactement.
Oui, ça ne claque pas aussi fort que quand vous dites 60 ans. C'est plus compliqué que ça.
Non, 60 ans si vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans. Au-delà, il y a une progressivité évidemment que si vous commencez à travailler à 30 ans ou à 28 ans, vous ne pouvez pas partir à 60 ans. Les Français le savent bien évidemment.
Alors, venons-en à la crise énergétique. Jordan Bardella, le gouvernement prépare les Français à des coupures d'électricité ciblées cet hiver. L'exécutif a mis les préfets en alerte et un plan détaillé en cas de crise et sur la table pour qu'aucune activité stratégique ne soit affectée et pour que les Français soient informés en amont. Trois jours avant les jours rouges et alerte aussi la veille à 15 heures pour savoir s'il y aura coupure chez les uns ou chez les autres. Est-ce que ce plan vous semble cohérent et surtout efficace en cas de crise ? Mais ce plan
me semble surtout extrêmement inquiétant. Je veux dire, on est en France en 2022, on est officiellement la septième puissance mondiale et on est en train de nous expliquer qu'on va potentiellement couper le générateur d'électricité, que des écoles seront amenées à fermer, que les systèmes d'alarme dans les bâtiments publics ne fonctionneront plus, que les réseaux de télécommunication seront mis à l'arrêt et que les feux de signalisation pourront également s'arrêter.
Je pense que Emmanuel Macron et Mme Borde devraient s'excuser parce qu'en organisant le sabordage de notre filière nucléaire depuis maintenant 5 à 10 ans, puisque je rappelle qu'Emmanuel Macron était ministre de l'économie avant, ils ont mis la France aujourd'hui dans une situation de précarité énergétique qui fait davantage penser au tiers monde
qu'à des pays développés. Alors, est-ce que vous dites merci à l'Allemagne ce matin et à la solidarité européenne parce que c'est grâce à l'Allemagne aujourd'hui qu'on maintient un niveau d'électricité suffisant en France en mois de décembre ?
Oui, réciproquement. Je vous rappelle qu'on exporte aussi une partie de notre production d'énergie à l'Allemagne. La vérité, c'est que en fermant Fessenheim, en vendant une grande partie de nos turbines du site concerné, en sous-investissant dans le nucléaire qui faisait, je vous rappelle, l'objet d'un consensus du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy où personne n'avait osé remettre en cause la politique nucléaire de la France qui nous assurait une politique énergétique peu chère, fiable, compétitive pour nos entreprises, nous ont mis aujourd'hui non seulement dans une situation de dépendance mais dans une situation de précarité énergétique.
La question aujourd'hui c'est qu'est-ce qu'on fait pour éviter que cette situation ne se reproduise dans les années qui viennent ?
Il a annoncé son plan à Belfort. Le plan,
ce sont les sparadraps. Non mais 6 EPR, ce n'est pas une filière nucléaire. Nous, nous proposons une trentaine de réacteurs nucléaires EPR1 et EPR2 à l'horizon 2040. Ça, c'est une véritable relance d'une filière nucléaire en France. Ça ne règle pas le mois de janvier. 6 centrales nucléaires ce n'est pas une filière. Je vous rappelle qu'on a aujourd'hui un peu plus de 55% du parc nucléaire français qui est à l'arrêt parce que nous avons sous-investi dans ce domaine, dans le parc nucléaire français depuis maintenant plusieurs années. Il y a deux choses à faire.
D'abord, il faut retrouver la maîtrise de nos prix parce qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'artisans, beaucoup de chefs d'entreprise, beaucoup de maires aussi. On ne parle pas assez souvent des collectivités qui parfois sont contraints de faire des choix, soit de mettre les usines à l'arrêt, soit de mettre les fours à l'arrêt, soit, comme ça a été le cas l'autre jour dans l'Essonne, de fermer une école. Rendez-vous compte, on ferme aujourd'hui des écoles en France parce que les factures dans les mairies ont été multiplées par 5. Donc 1, il faut retrouver la maîtrise de la courbe, la maîtrise des prix en sortant du marché européen de l'électricité.
Les Français doivent savoir que les prix du gaz sont indexés sur ceux de l'électricité et que, bien évidemment, quand le prix du gaz augmente, l'électricité augmente. L'Espagne où le Portugal ont négocié des clauses dérogatoires pour sortir de ce carcan européen absurde et bénéficient aujourd'hui d'une énergie trois fois moins chère que la France. Et deuxièmement, il faut porter une ambition nucléaire pour notre pays et là, ça passe évidemment par la relance du projet Astrid et de centrales nucléaires un peu partout. Nous l'avions dit d'ailleurs depuis plusieurs années, la baisse du nucléaire, c'est à la fois la hausse des coupures et la hausse des factures.
Alors, on va donner justement sur le nucléaire la parole à Elisa qui nous attend au standard d'Inter. Bonjour, bienvenue.
Bonjour à tous.
On vous écoute.
On doit construire 14 EPR à 9 milliards chacun au moins. On a 1,7 million de mètres cubes de déchets nucléaires soit 400 000 tonnes. Les piscines et centres de stockage arrivent à saturation. Doit-on continuer d'en produire ? Et juste pour le projet Astrid, son caloporteur, il est au sodium liquide et le sodium liquide, ça explose dans l'eau, ça s'enflamme dans l'air et ça corrode les aciers. Donc, ce n'était pas une bonne idée Astrid.
Merci Elisa pour cette question. Jordan Bardella ?
Non, je ne crois pas du tout. Je pense que la question des déchets nucléaires est une question extrêmement sérieuse et que le projet Astrid qui avait quand même pour but de promouvoir des déchets nucléaires,
une méthode, pour faire simple, une méthode de déchets nucléaires recyclables qui était beaucoup plus propre, je pense que nous avons eu tort de l'abandonner. Mais voyez bien que le nucléaire permettait à la France d'avoir une énergie pour les entreprises, pour les ménages qui était évidemment peu cher. Je vous rappelle que les mauvais choix qui ont été faits par le gouvernement et par Emmanuel Macron et M.
Borne font que sous le premier quinquennat nous sommes devenus déficitaires dans notre balance commerciale énergétique et que nous importons aujourd'hui beaucoup plus d'électricité que nous n'en exportons et que la fermeture des centrales nucléaires dont moi je peux entendre les inquiétudes mais je rappelle qu'elle est aujourd'hui l'énergie la plus décarbonée, la plus propre et que fermer des centrales nucléaires ça nous amène comme ça a été le cas en Moselle à Saint-Avol à rouvrir des centrales à charbon c'est précisément ce qu'a fait l'Allemagne l'Allemagne en abandonnant le nucléaire qui était pourtant l'énergie la plus décarbonée et bien l'Allemagne a été contrainte de rouvrir des centrales à charbon et donc d'avoir une politique énergétique
toujours sur l'énergie Maxime sur l'application de France Inter le RN va voter contre le projet de loi d'accélération des énergies renouvelables par pur dogmatisme donc dans le contexte actuel pourquoi et il vous demande d'éviter de répondre en disant que les énergies renouvelables ne servent à rien c'est complètement faux dixit RTE
oui enfin RTE je vous rappelle nous expliquait en juin 2020 que la fermeture de Fessenheim n'aurait absolument aucune conséquence sur l'approvisionnement énergétique de la France donc c'est pas très rassurant concernant les déclarations de RTE je ne dis pas que le renouvelable ne sert à rien combien faut-il d'éoliennes pour compenser ne serait-ce qu'un réacteur nucléaire de Fessenheim je crois à vérifier on vérifiera à l'issue de l'émission mais je crois que le seul site de Fessenheim pour produire la même quantité d'électricité que le seul site de Fessenheim c'est 800 éoliennes qui sont nécessaires donc on voit bien qu'on est dans des proportions qui sont absolument sans commune mesure les panneaux solaires très bien mais si vous voulez c'est sans commune mesure par rapport à la production énergétique
dont est capable une centrale nucléaire Noël approche Jordan Bardella avec une reprise un risque de reprise de l'épidémie de Covid on parle d'un début de neuvième vague dans ce contexte est-ce responsable comme vous le souhaitez au RN de réintégrer les soignants non vaccinés et suspendus
écoutez on parle de 4000 personnes sur un personnel soignant d'un million 200 000 personnes moi j'y suis favorable l'Italie s'est également engagé sur cette voie je vous rappelle que nous avons en France 100 000 postes de soignants à pourvoir et qu'aujourd'hui 6% des lits sont fermés parce qu'il manque du personnel donc moi je suis effectivement favorable et le Rassemblement National également à ce qu'on réintègre les soignants qui n'ont pas été vaccinés vous en ferez une loi
le 12 janvier prochain oui tout à fait
sur la base exactement sur la base d'un texte sur la base pardon d'un test d'un test Covid et puis surtout le vaccin on peut refaire l'histoire 150 fois mais le vaccin a un bénéfice non pas collectif mais individuel c'est-à-dire que le vaccin n'empêche pas la transmission il vous protège des formes graves mais à partir du moment où il n'empêche pas la transmission on peut considérer qu'un soignant à recours à un test Covid puisse se rendre sur son lieu de travail
la situation est toujours tendue sur l'île de Mayotte 101ème département français dans l'océan indien Gérald Darmanin se rendra sur place fin décembre alors que l'île est toujours secouée par des violences entre bandes rivales le raid est toujours sur place localement les policiers redoutent le moment où il repartira en métropole le raid doit rester à Mayotte le plus longtemps possible selon vous Jordan Bardella
oui et les clandestins qui sont présents doivent repartir surtout parce que 50% de la population présente à Mayotte est étrangère et en très grande partie présente de manière clandestine Mayotte est aujourd'hui submergée par les pressions migratoires et les revendications étrangères qui sont faites par l'île des Comores juste en face il faut donc maintenant supprimer le droit du sol non pas seulement à Mayotte mais partout en France Mayotte c'est la France Mayotte a fait le choix je vous rappelle par 4 reprises de la république française il est absolument inadmissible que non pas seulement Mayotte mais que l'ensemble de nos territoires d'outre-mer soient abandonnés et moi j'aurai l'occasion d'aller à Mayotte de me rendre sur place à Mayotte jeudi où je rendrai visite notamment aux fonctionnaires de police
à quoi ça sert d'aller là-bas sur place vous allez déplorer le malaise mais à quoi ça sert ?
ça sert à alerter l'intérêt et l'attention des pouvoirs publics qui se désintéressent totalement de ce qui est en train de se passer là-bas alors c'est bien en réaction à l'annonce que nous avons faite le ministre de l'Intérieur a annoncé s'y rendre là dans 3 semaines je vous rappelle que Mayotte a placé le Rassemblement National en tête lors de l'élection présidentielle et a accordé près de 60% des voix à Marine Le Pen au second tour face à Emmanuel Macron ce qui veut donc dire que nous avons totalement la légitimité de nous y rendre et d'exprimer ce que les Mahorais et la douleur qu'ils subissent tous les jours c'est-à-dire la première l'abandon des pouvoirs publics
Gérald Amarnin pérennise un quatrième escadron de gendarmes mobiles 72 hommes un régime spécial existe déjà à Mayotte depuis 2018 où le droit du sol ne s'applique que si l'un des parents de l'enfant né sur le territoire y a résidé pendant les 3 mois il a été resté dans la naissance et le ministre de l'Intérieur veut faire passer ce délai à un an désormais qu'est-ce que vous pouvez faire d'autre à part déplorer
le droit du sol ne doit pas être limité il doit être supprimé premièrement deuxièmement il faut envoyer des patrouilleurs de la marine pour protéger les côtes françaises là-bas et pour protéger les côtes maorès des afflux pour toute la France des afflux je ne vous lâche pas quelque chose de très original c'est dans notre programme depuis très longtemps envoyer évidemment des patrouilleurs appliquer la priorité nationale pour réserver les aides sociales aux familles françaises parce que c'est là évidemment l'une des pompes aspirantes qui fait que des maorais subissent l'afflux de gens qui viennent de l'île d'en face c'est-à-dire des communes je vous rappelle que là-bas il y a tous les jours des français qui sont agressés qui sont agressés à la machette il y a des clandestins qui sont rentrés le week-end dernier dans un bus pour agresser des enfants dans un bus scolaire avec des machettes la situation est absolument insoutenable j'ai vu des images de policiers qui ont été agressés qui ont été blessés moi ce que je veux dire c'est que ce qui se passe là-bas pourrait être le futur de la métropole si on ne reprend pas dès maintenant le contrôle donc nous n'avons pas le droit d'abandonner Mayotte et moi j'ai un peu le sentiment que depuis Jacques Chirac en réalité aucun président de la République ne s'est soucié du mal-être de nos territoires d'outre-mer l'outre-mer est une chance pour la France et on pourrait là-bas y développer des perspectives absolument considérables et c'est la raison pour laquelle Marine Le Pen avait proposé un grand ministère d'état consacré à l'outre-mer dans le cadre de sa campagne présidentielle
Jordan Bardella c'est la première fois que nous vous recevons au micro de France Inter en tant que président du Rassemblement National alors dites-nous en trois mots ce qu'est le bardélisme qui succède au marinisme
il y a une forme de continuité je pense que le Rassemblement National va arriver au pouvoir
dans les prochaines années que nous devons nous y préparer former évidemment encore plus qu'ils ne le sont aujourd'hui nos cadres, nos équipes conquérir de nouveaux exécutifs locaux et moi je m'impliquerai encore davantage sur la bataille des élections européennes qui interviendra l'année prochaine parce que c'est vrai que l'espoir qu'on suscite en France traverse aujourd'hui toutes les frontières la Suède l'Europe de l'Est l'Italie où nos alliés participent d'un gouvernement patriote avec Madame Mélanie et donc moi j'ai la conviction que nous allons succéder Emmanuel Macron et que nous devons aujourd'hui créer les conditions du rassemblement d'une majorité de français en allant chercher
au-delà du RN pour ces européennes par exemple Nadine Morano derrière vous sur la liste c'est vrai ça ?
Bah écoutez moi je pense que beaucoup de patriotes sincères à gauche comme à droite sont maintenant appelés à faire un bout de chemin avec nous voilà on a beaucoup de points communs avec une droite qui se sent aujourd'hui peut-être orpheline un leader et il y a beaucoup de patriotes sincères à droite chez LR et moi je souhaiterais qu'ils puissent évidemment nous rejoindre vous en avez appelé vous avez appelé Nadine Morano pour lui proposer déjà ? je n'ai pas appelé je n'ai pas appelé mais maintenant l'ensemble des patriotes sincères à LR doivent maintenant faire un choix
LR font un choix justement très rapidement très rapidement le vote commence demain soir 18h vote électronique 90 militants LR choix entre Aurélien Pradier Bruno Retailleau et Éric Ciotti duquel des trois vous vous sentez le plus proche ? Je trouve que Éric Ciotti et M. Retailleau font une campagne assez solide bon le troisième est carrément lui macroniste c'est à dire que lui vote les subventions à la SOS Méditerranée je ne vote pour personne
moi la question que je leur pose c'est la question de la sincérité à chaque fois qu'on a eu l'occasion de leur demander mais pour qui vous votez au second tour c'est à chaque fois blanc je rappelle que M. Ciotti lorsqu'il a pu choisir au régional l'année dernière entre le candidat de Macron M.
Muselier et Thierry Mariani qui était le candidat du Rennes qui a été mis de Nicolas Sarkozy il a préféré s'abstenir donc je pense qu'il n'y a pas grand chose à attendre en revanche moi j'appelle l'ensemble des patriotes et des électeurs sincères à nous rejoindre parce que je pense que sur l'essentiel on partage la même chose et surtout on partage la volonté de maîtriser l'immigration de ramener l'autorité de revaloriser la valeur travail et surtout de faire en sorte que les idées nationales succèdent à Emmanuel Macron
Jordan Bardella merci merci à vous merci beaucoup d'avoir été au micro d'Inter ce matin président du Rassemblement National député européen
France Inter
Jordan Bardella