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interviewTMC / Quotidien (sur YouTube)· 21 mai 2025 31 min

On a tenté de percer les mystères de l'affaire Bétharram [Documentaire entier en français]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] C'est un nom qui a fait la une de l'actu. On va parler de l'affaire Betaram, l'établissement catholique Betaram, le scandale Betaram qui a marqué tous les Français et qui a fait entrer le premier ministre François Baou dans une zone de turbulence. Évidemment, je n'ai jamais été informé. [Musique] BRAM neuf lettres pour désigner un établissement scolaire situé près de Peau dans les Pyrénées Atlantiques.

C'est ici dans cet établissement que pendant des décennies des violences physiques et sexuelles ont été commises contre des enfants. Si la vérité a éclaté, c'est parce que des personnes ont eu le courage de parler. Voici l'homme qui représente le collectif des victimes de BRAM.

Il s'appelle Alain Esker. C'était quoi ça par exemple ? C'était les dortoirs.

Alors là effectivement, vous aviez sur les deux séries là d'étages euh vous avez les dortoirs et c'était des dortoirs collectif avec des enfants qui étaient par grand dortoir de 40 à 50 enfants alignés avec des des lits en ferraille surmonté d'un petit matelas. Euh les conditions étaient excessivement précaires. Il y avait six douches pour 50 dortoir et deux toilettes.

Vous imaginez deux toilettes. Vous ne verrez pas dans aucune école de la République en France des barbelets. Voyez, vous avez encore des stick mat de l'époque.

Et quand on dit que l'établissement de Betaram c'était le goul des Pyrénées, je pense qu'on ne se trompe pas. Le petit garçon que j'étais, il était terrorisé là-bas aujourd'hui. Il est en pleine confiance, il est très heureux.

Des victimes en pleine confiance parce qu'après un long silence, la situation se renverse, les témoignages se multiplient. Regardez, j'ai encore une nouvelle plainte là. 12009.

Bonjour. après longue réflexion depuis le reportage de TF1 et n' jamais je et n'ayant jamais évoqué cette période pendant 32 ans, vous m'avez éclairé et j'ai pris la décision de faire mon devoir de citoyen. Et là, qu'est-ce qui s'est passé par exemple ?

Mais là, humiliation, maltraitance physique et psychologique, stress permanent. Dans cette affaire, celui qui apparaît alors en première ligne, c'est le Premier ministre François Bairou à qui on va reprocher d'avoir voulu couvrir le scandale alors qu'il était ministre de l'éducation. Pour rappel, François Bairou avait ses enfants scolarisés à Betaram, sa femme enseigner le catéchisme dans l'établissement.

Est-ce que vous croyez que nous aurions scolarisé nos enfants dans des établissements dont il aurait été soupçonné ou affirmé qu'il se passe des choses de cet ordre ? Évidemment, je n'ai jamais été informé. Le Premier ministre est sur le grill.

Alors pour apaiser la situation, il décide de rencontrer les victimes de Betaram. Nous sommes à peau le 15 février 2025. Alain Esker est là rejoint par d'autres victimes.

C'est la première fois qu'il se rencontre. Pascal il manque de c'est la première fois qu'on se voit. Ouais.

Moi je découvre des visages. Après bon on s'était eu au téléphone parce que j'ai eu chamage donc on se connaissait pas forcément. Euh c'est Alain qui m'a fait prendre conscience que j'étais j'avais été abusé sexuellement jusque là, je n'avais pas l'idée ni je l'avais pas intégré.

On trouvait ça honteux et on voulait pas que ne pas être cru. Moi, je l'ai dit à ma grand-mère à l'époque c'est elle qui m'a élevé. Ma grand-mère me traitait de menteur parce qu'elle était très pieuse, très croyante.

Donc forcément ben elle l'a jamais dit à ma mère et elle est morte avec ça. Et ma maman, je lui ai appris il y a 1 an. Elle était effondrée.

Bonjour messieurs dames. Merci d'être là. Je crois que c'est un moment historique pour les victimes de Betara.

Je pense que la réunion va durer un petit peu parce qu'on va aller au fond des choses. Derrière vous, il y a une pancarte avec écrit Baoumission. Est-ce que c'est ce que vous demandez ?

Absolument pas. Moi, je ne je suis fière d'avoir François Beou comme premier ministre. Après euh je vais lui faire comprendre que la position qu'il a, elle n'est pas acceptable.

Voilà. C'est quoi sa position qui n'est pas acceptable ? La position euh qu'il a eu à l'Assemblée nationale en disant que tout était faux, c'est pas acceptable.

Tout à l'heure à l'ure. Merci. Après 3h de réunion, le Premier ministre prend le micro.

Nous avons passé 3h30 ensemble et et c'était bouleversant. à la fois par l'émotion que chacun a manifesté, celle que j'ai ressentie moi-même et c'était purement et simplement l'expression de la vérité. Beirou veut éteindre l'incendie Betaram à un incendie qui prend de l'ampleur à mesure que la presse engrange.

Les témoignages dans quotidien, notre reporter Juliette Pèlerin va notamment retrouver un ancien surveillant de Baram. Bonjour monsieur Mur. Bah oui.

Vous allez bien ? Ça va. Oui, moi toujours très bien.

Angemur a été surveillant à Betaram de 1979 à 1981. Et comment vous avez su que je travaille à Et ben j'ai su que vous travaillez à Betaram parce que je parlais avec des victimes de Betaram. Ah bon ?

Ouais. Il y a eu plusieurs témoignages qui vous accusent d'avoir été très violents. Je vous les cite.

Je l'ai vu défénestrer un gamin. Moi, je l'ai vu soulever un enfant par les oreilles et lui taper la tête sur le mur dans son bureau. Il me giflait quasi quotidiennement.

Il avait la main lourde. On le redoutait tous. Défenestré.

J'ai jamais défenestré des gens. Jamais défenestré des gens. Les fenêtres étaient coulissantes.

Je vois pas où c'est que j'ai plus des fenestré. Et le reste, la main lourde. La main lourde.

Oui, quand je frappais, je frappais en début d'année, il fallait en distribuer quelques-unes. Puis après, c'était tout. Moi, je n'avais pas besoin de la redistribuer.

C'est l'ancienne époque. C'est l'ancienne époque. C'était une époque [Musique] où il y avait ça.

Ensuite, je me suis pas channé sur eux au point de leur [ __ ] un cocard, de leur faire un haut quand même. Parlons des violences sexuelles. Est-ce que vous vous avez été témoin de ça ou vous découvrez tout ça maintenant ?

Je j'ai découvert l'ampleur de ce qui signal là. Je pense que c'était cantonné au collège. Moi, j'ai surtout été ensuite au lycée et au lycée c'était différent.

C'est c'était pas la même chose quoi. On a également voulu interroger Angemur sur l'homme au cœur de l'affaire Betaram, le père Pierre Sylviette Caricar, ancien directeur de l'établissement catholique mise en cause pour viol sur mineur de moins de 15 ans. Il s'est suicidé en 2000.

C'était quoi votre relation entre le père Caricar et vous ? Moi, le père Carikar, c'était euh quelqu'un bon qui était directeur de Betaram, qui était euh très sensible au gosse, très sensible aux gosses. Moi, je l'ai bon dès que les gosses tous un petit peu, il leur distribuit des petits cachoux, des trucs comme ça.

Donc, moi je l'ai pas vu avec cette déviance sexuelle. Il était maniéré. Certes, c'est pas le premier curé manéré que je vois.

C'est pas les premiers gosses manierés que je vois. Et comme par hasard, c'est ces gosses maniérés. qui qui subissent ce genre de de violence.

Ça veut dire quoi maniérer ? Mais qui sont bon qui prennent peut-être qui sont qui se posent des questions sur leur sexualité et cetera. C'est ces gosses-là, tu tu les tu les perçois de suite.

Il ils font et à l'époque, c'est vrai que c'était c'était des gosses qui était un petit peu marginalisé sans doute par par tous les autres, par tous les autres copains et cetera. Et je veux dire alors peut-être qu'il faut aussi se poser la la question, c'est qu'est-ce qui est fait pour l'éducation de à un moment donné pour qu'on puisse expliquer au gamin qu'on peut avoir des attirances différentes, qu'on peut avoir des des trucs différents et cetera. Betaram est personnel au cœur de l'actualité.

Mais rapidement d'autres établissements scolaires de l'enseignement privé catholique vont être mis en cause. Le 20 mars, la commission d'enquête qui a été mise sur pied pour prendre la mesure du problème va auditionner les représentants de victimes de sept établissements scolaires. Des représentants qui là encore se rencontrent pour la première fois.

Bonjour, je suis bonjour. Bonjour. Bonjour Mich la vigneur, ça va ?

Et du coup Constance elle est arrivée. Ah ben voilà. Bonjour X.

Ah super bienvenue. Avant l'audition il répondent ensemble au journalistes Constance Bertrand représente les victimes de l'école Saint-Dominique à Nuit sur scène en banlieu parisienne. Face à l'amplur de la tragédie, tant par la durée que par le nombre de victimes, nous demandons au gouvernement et au parlement de rendre imprescriptible les violences commises sur les enfants, qu'elles soi d'ordre psychologique, physique ou sexuel.

Le député écologiste Arnaud Bonet prend le temps de saluer chacun des représentants. Merci de nous accueillir. Bonjour.

C'est plus que normal. Merci. L'audition démarre.

Chaque représentant prend la parole tour à tour et explique ce qui se passait au sein de son établissement. Alain Esker, le représentant de Betaram, démarre. à Betaram, c'était la terreur et personne ne pouvait imaginer que nous étions dans des mains à la fois de prêtres agresseur.

J'ai ici d'ailleurs sur les 70 dernières années tous les prêtres, tous ils sont agresseurs, tous ces prêtres directeurs. Vient ensuite Éveline Lebri qui était élève à l'établissement bon Pasteur à Anger. Les bonnes sœurs, elles n'avaient rien de bon, rien de bon.

Les bonnes sœurs nous nous martyrisaient. Alors les rares filles qui arrivaient à prendre le dessus et bien elle fuguit mais quand elle revenait on leur tondait les cheveux. Ara l'un des témoignages les plus forts est celui de Didier Vinon.

Il était élève dans l'établissement Saint-Pierre du relais Kéron. Quand j'ai enfin eu mon bac et que tout ça s'est arrêté, j'ai perdu 16 kg. J'ai fait une anorexie mentale.

J'ai toujours pas bon, j'ai un peu regrossi mais mais pas beaucoup. Euh j'ai eu des problèmes sentimentaux. Euh j'ai eu des problèmes de de confiance en moi, de mes estimes.

Ça n'en finit pas. On l'a retrouvé à la sortie. C'est quand que vous avez pris conscience que vous étiez une victime ?

Euh là là récemment avec la création du collectif et avec la volonté de Frédéric et de Joël d'aller au bout. Jamais avant vous vous êtes dit ce que j'ai subi ? Parce que on en parlait mais mon père minimisait.

Oui mais tu travailles bien maintenant parce qu'effectivement avec la peur des coup je me suis mis à bosser et puis je suis devenu premier de ma classe. Il m'a dit "Tu vois c'est bien Ben non papa c'est pas bien. Moi j'ai un enfant qui travaille pas bien mais je le frappe pas comme ça et il est quand même bâchelier et il a voulu s'occuper de mon fils.

Après je lui dis surtout tu tu touches pas à lui. Euh donc même là dans ma famille on ne m'écoutait pas. Et c'est quand j'ai réussi à partager avec tous les gens du fil, quand j'ai vu que d'autres collectifs se montaient que je me suis dit "Ben ouais, tu as le droit à 61 ans de te considérer de te et de te dire une victime." Donc voilà, j'en suis une.

J'aime pas jouer ça et j'aime pas le patos mais bon. Mais vous êtes une victime. Mais je mais j'en suis une.

Ouais. Voilà. J'en j'en suis une parce que ça m'a poursuivi.

Des témoignages bouleversants et parmi les sept établissements scolaires visés par ces auditions, un nom va ressortir plus que les autres : Riomont. Riomon, c'est une institution religieuse traditionnaliste située à Liévin, à côté de Lance dans le Pas de Calais. Et Riumont, c'est ça, un terrain de 7 hactares entouré d'une enceinte en pierre de taille.

À l'intérieur, on trouve un dortoir, une chapelle, des salles de cours, un terrain de foot et un chantier pour des apprentis. Le nom du village d'enfants de Riomont est devenu connu quand il fut cité dans la commission d'enquête sur les violences dans les établissements scolaires à l'Assemblée nationale. Plusieurs prêtres et encadrants de Riomont sont visés par des plaintes pour violence physique, morale et sexuelle.

Le 4 avril, les deux députés en charge de la commission d'enquête se sont rendus dans cet établissement avec des victimes. Ils étaient guidés par le père Hervé Tabourin, l'un des prêtres qui dirige Riumont. Une visite tendue.

Et donc si vous voulez bien, on va rentrer. Vous êtes les bienvenus mais je on a c'est un domaine privé. Je demande que tous les médiens ne rentrent pas parce que sinon je me souviens très bien que tu m'as mis une baff en fin d'année un jour avant la fin de l'année scolaire pour justement parce que j'ai refusé de ramasser des feuilles mortes.

Tu te souviens plus de ça ? Non, je l'istoire en est une arrivé un très insolent. Ouais.

Ouais, je regrette d'avoir mis la baff. Ouais, ouais, je regrette d'avoir mis la baffe. Riomont fait l'actu en 2025.

Pourtant, cela fait 40 ans qu'on en parle dans un reportage de 1980. Déjà, les journalistes évoquaient des problèmes dans cet établissement. Le village de Riumont est né à la fin des années 50 quand le père Revet, un ancien homonier militaire, se voit confier quelques enfants déshérités.

Il y a une dizaine d'années, c'est la première note discordante. La femme du principal du lycée voisin dénonce certaines pratiques : châtiment corporel, encadrement médical, scolaire et pédagogique insuffisant. Celui qui a créé et dirigé l'établissement, c'est lui le père Revet qui assumé pleinement ses pratiques.

Nous avons des méthodes pédagogiques qui sont restées traditionnelles et qu'on nous reproche par conséquent cette tradition même, cette fidélité même à des principes qui ont fait une méthode qui a fait ses preuves jusqu'ici. À l'époque, il y a une enseignante du collège qui demandait déjà face caméra la fermeture de Riyaumont. Les enfants n'ont absolument pas dans cette maison la liberté de de penser et de dire ce ce qu'ils pensent.

Ils sont endoctrinés constamment selon l'idéologie de leurs éducateurs et de leurs directeurs. 44 ans plus tard, nous avons repris contact avec cette femme. Elle s'appelle Françoise.

Bonjour Françoise. Bonjour. Enchanté Juliette.

Comment ça va Juliette ? Ça va et vous ? Contente de vous voir Juliette.

Moi aussi. Contente de vous rencontrer. On a des choses à se dire ?

Beaucoup de choses, beaucoup de choses. Pendant presque un demi-siècle, François s'est battu contre Riomont sans que rien ne bouge. Est-ce que vous avez essayé de dénoncer à l'époque ?

Ah bah au début, j'ai essayé, j'en ai parlé à toutes les personnes que je connaissais. Personne voulait en entendre parler. Tout le monde disait "Ah, c'est une histoire puante, il faut pas y toucher.

Va pas te mettre là-dedans, tu vas pas réussir et tu vas avoir des problèmes." Et ben, ça m'a énervé. Vous vous avez pas laissé tomber ?

Ah bah non et je pouvais pas laisser tomber. Surtout que à certains moments euh il y a des gamins euh de Romont qui sont venus à la récréation de 10h me dire "Madame, on est malheureux. Euh on est ici euh euh trois quatre petits frères, on nous a placé ici, jamais on en sortira." Alors, j'ai dit waouh, c'est quand même euh à mot couvert des gros reproches et la peur qu'ils avaient.

Pour récupérer des témoignages, cette prof de français demandait à ses élèves d'écrire des rédactions afin que les enfants racontent leur quotidien à Romon, des lettres et des rédactions qu'elle a précieusement gardé. Maman, juste en revenant à Riomont, à peine entrée, on me frappe avec une lanière de cuir de cuir de martinet. Il y a une barrière entre le monde et moi.

Et cette barrière un jour, je la briserai. Et quand je la briserai, je m'enfuir vers ma vie nouvelle. Si je n'arrive pas à aller vers ma vie nouvelle, je crois que je regretterai d'être née.

Ça vous bouleverse encore de les relire ? Ah, c'est bouleversant. C'est extrêmement émouvant.

Vous rendez compte quelle souffrance s'est exprimée si bien hein. C'est c'est extraordinaire qu'ils ont qu'il soient arrivé à écrire ça. Parmi les enfants qui écrivaient ce genre de lettre il y a Alexandre Finski a 41 ans, il a enfin décidé de franchir la porte du commissariat pour déposer plainte et il nous a autorisé à l'accompagner.

C'était le mercredi 9 avril. Comment ça s'est passé ? compliqué, très compliqué hein de se remémorer tout ça et de retourner on va dire 30 ans en arrière.

Vous vous sentez mieux après avoir raconter tout ça à la police ? Mieux. J'avais envie de vomir pendant 1 heure et demi, on va dire, le temps de repasser tout ça et de revivre surtout tout ça parce que c'est vraiment pas évident.

Je pense que vous vous en doutiez. Alexandre est rentré à Riomont en 1989 après le divorce de ses parents. Il a été scolarisé du CE2 à la 5e, soit 5 ans derrière les murs de l'institution.

Et là, cette rue, vous reconnaissez ? Bah ouais, ma fille est à l'école juste en bas, donc je me refuse de passer par ici. Je fais le tour pour vous dire, je veux plus du tout passer par là.

C'est vraiment quand je reviens ici, j'ai tellement de mauvais souvenirs, tellement de Imaginez-vous à 9 ans, on partait à l'école donc on descendait cette rue pour aller à l'école primaire. Printemps était automne, hiver, on était en short de cuir sans manteau avec bah notre une petite chemise et un pull frigorifié de froid. Donc imaginez-vous le c'était les pratiques ont duré duré duré.

On est arrivé. Ouais. On va se garer le sur le côté là où il y a l'hôpital où on voit par derrière.

Aujourd'hui, même s'il est impossible d'accéder à l'intérieur de Riomont, Alexandre n'a rien oublié. Vous vous rappelez de ces chemins ? C'est où il nous faisaient faire leur jeu entre guillemets où on devait se battre, se ligoter.

On peut le voir hein, c'est des une système carcéral avec des murs, des murs infranchissables. On a l'impression qu'ils ont même été augmentés, on va dire en taille pour plus qu'on voit ce qui se passe derrière ces murs. Lors d'un camp, un frère m'a tapé avec ses rangers et je vous dis j'ai encore des cicatrices là, une là à mon poignet et une tout le long de mon genou parce que ces boucles en fait m'ont arraché la peau.

C'est là où je pensais mourir sur place. Je pensais vraiment que le frère B vous imaginez je devais avoir 13 ans à cette période-ci 13 ans frappé par un adulte de plus de 30 ans. Donc bah les dégâts que ça a pu causer.

Ce jour-là, juste après avoir quitté Alexandre, nous croisons un groupe de jeunes filles en train de discuter avec un homme. Cet homme, c'est le père Hervé Tabourin, l'un des prêtres de la communauté les ados. Elle était venu devant par curiosité.

Pourquoi vous avez eu envie de visiter cet établissement ? On a eu ça sur TikTok. Est-ce qu'il vous a parlé justement des affaires qu'il y a en ce moment ?

Il a dit "Si vous venez ici, vous avez pas peur des histoires." Vous l'avez pris comment vous cette phrase ? Chelou.

Ouais, un peu bizarre. Des fois, il nous a donné ça, un médaillon du médaillon et un petit papier au cas où si on veut revenir. Ouais, c'est son numéro de téléphone et tout.

Vas-y toi. Il a Snap. Il a Snap.

Et sur ce papier en plus de son compte Snapchat, le père Hervé a laissé son numéro de téléphone. On tente de renégocier une interview avec lui et quelques minutes plus tard, le voici enfin. Comment vous vous êtes au sein de l'institution ?

Vous vous êtes serein ? Oui, vraiment serein avec toutes ces plaines qui s'accumulent au fil des jours. Bien heureux de vous si on persécute à cause de mon nom, c'est dans l'Évangile plus t de la passion.

Donc mais ça il y a que les chrétiens qui comprendront les autres ils rigoleront ils exagèrent. Qu'est-ce que vous répondez à ces personnes qui vous accusent de violence au sein de l'école ? Bah qu'elle connaissent pas Rom ou qu'agère mais il y a bien sûr pas de violence additionnelle et encore moins de éducative.

C'est pas du tout éducatif. Et la parole des victimes est-ce que vous les croyez ? Certaines oui, il y a des vraies victimes.

Oui, mais il y a aussi beaucoup qui mentent malheureusement et beaucoup qui exagèrent. Il y a des menteurs. Vous êtes naïve.

Hélas. Oui, malheureusement. C'est quoi leur intérêt ?

Je sais pas. Moi, je suis pas le bon dieu, hein. Vous avez vu le mot écrit ?

Laissez venir à moi les petits enfants aujourd'hui une phrase qui raisonne autrement. Non, pour moi, elle raisonne de jours avec toute la délicatesse, la tendresse de l'éducation qu' a eu à Rimont. C'est pas du tout violent.

Certaines personnes disent qu'au contraire, c'était de la violence ici derrière les barreaux. Qu'est-ce que je vous dise ? C'est bien sûr tous les anciens savent très bien que c'est pas vrai.

Il peut arriver ponctuellement qu'on intervienne dans une bagarre mais il y a pas de violence institutionnelle. Pas de violence institutionnelle. Sinon je serais parti en courant.

Je vais pas donner ma vie au bon dieu pour faire des peut-être pas vous mais d'autres. Je je pas d'interview. On en fait un peu une là.

Je regrette j'ai pas le droit. Le père Hervé déplore que son point de vue ne soit pas assez entendu. Alors pour dire sa vérité, il a décidé d'installer ses pancartes sur les grilles.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça signifie ? C'est des phrases de l'Évangile, c'est des béatitudes.

Mais ça s'adresse à qui ? Aux médias, aux victimes, à tous. À tous.

Alors que les caméras et les micros penchent désormais vers Riomont, une nouvelle bombe médiatique va remettre l'affaire Betaram à la une. Dans un livre, la fille de François Bairou qui fut scolarisée à Betaram affirme avoir souffert elle-même de violence physique pendant sa scolarité. Elle fut notamment rouée de coup lors d'un camp scout, mais elle affirme n'avoir jamais rien dit à son père.

Je voulais me faire recenser comme victime dire j'y suis, j'en suis de Betaram, je vais pouvoir parler avec eux victimes quelconque, une victime parmi d'autres. Ce récit d'abord, entendez-le comme ça, une parmi d'autres, victime quelconque et fille du premier ministre. Des propos qui font la une des médias et qui secouent le premier ministre.

Est-ce que vous avez eu l'occasion de lire cette interview de votre fille dans Paris ? Oui, je j'imagine que si je ne l'avais pas lu euh ça vous surprendrait euh qu'est-ce que je peux dire un en tant que père de famille ? Comment vous dire ça de la manière la plus la plus juste ? tant que père de famille, ça me poignarde le cœur euh même si c'est une affaire très ancienne puisqu'il y a je sais pas 35 ans quelque chose comme ça mais que on ne l'est pas su et que des dérives de cet ordre eu lieu, pour moi c'est c'est presque insupportable.

François Bairou, sous le choc des déclarations de sa fille est bientôt sous le feu des questions de la commission d'enquête sur les violences scolaires. C'était le 14 mai. Deux députés président cette commission d'enquête.

Voici les bureaux de l'un d'entre eux, le député insoumis Paul Vanier. Bureau 5500. Bonjour.

Bonjour. Enchanté Juliette. Enchanté.

Bonjour. Bonjour. Bonjour monsieur Vanier.

Vous allez bien ? Très bien. Et vous ?

Super. Je vois qu'il y a un dossier. Question bairrou.

Oui. Combien de questions vous avez prévu pour François Bairou ? Je les ai pas compté mais mais je j'ai travaillé une dizaine, une vingtaine, une centaine avantage plusieurs dizaines de questions mais certaines peuvent être très précises appeler une réponse très brève.

Vous pouvez nous en lire une ? Ben je je reviendrai sur peut-être la première déclaration de François Bairrou. Betaram, c'est c'est probablement la plus grave affaire pédocriminelle qui est connue dans notre pays.

Donc évidemment, il y a des questions très importantes qui euh le concernent concerne sa conduite passé et puis qui qui pose la question de savoir si un premier ministre en exercice peut mentir à des députés. Pour vous, il a menti. Pour moi, il a menti.

C'est un menteur François Baot. Bah, nous verrons tout à l'heure. Pour savoir s'il a menti, le député Paul Vanier et sa collègue du groupe Renaissance, Violette Spielbou ont préparé une longue liste de questions.

C'est parti pour préparer l'audition de François Baot. Oui, on est à allez à moins de 2h. On a déjà un peu commencé à la préparation.

Oui. C'est plutôt la fin de la préparation. Euh, tu lui montres un certain nombre de courriers que qu'on a en Ouais, j'utiliserai des documents notamment certains de ceux qu'on a qu'on a saisi sur place.

Et puis après toi tu rentres dans le rapport je crois. Donc moi rapport de 96 donc moi je vais revenir vraiment sur la façon dont s'est fait le rapport lui poser quelques questions très précis sur les sujets de transmission hein. La même façon en lui montrant les lettres.

Là j'ai récupéré la lettre originale dont on avait parlé. Parfait. Ouais.

Et ensuite c'est moi qui vais sur voilà le au fond le l'enjeu de sa de sa connaissance ou de son ignorance des faits de violence physique et sexuelle à Donc là toi tu détailles. Ouais. Et ensuite on passe sur on revient sur Il est bientôt 17h.

Les caméras et les photographes se mettent en place. Le premier ministre arrive, salue les deux corrapporteurs avant que l'audition ne commence. Qu'est-ce qui explique qu'en 7 jours vous faites varier à quatre reprises votre version concernant votre ignorance ou manifestement votre connaissance des faits de violence physique que vous constatez à partir du 15 février ? et sexuel le 18 février.

Monsieur le député, ma version n'a pas varié. Vous m'interrogez vous en montant à la tribune pour m'accuser d'avoir protégé des pédriminels. Vous, dans ma vie, on m'a accusé de beaucoup de choses rarement de fait aussi ignominieusement graves.

L'audition va durer 5h30 mais pendant 30 minutes, tout va tourner autour d'un personnage, une femme que François Bairou va qualifier comme ça. Je veux pas utiliser le mot de mentir. Je déteste ce mot que vous utilisez tant.

Elle a affabulé devant la commission et c'est d'elle que vous faites la lanceuse d'alerte alors qu'elle dit qu'elle a eu beaucoup d'ennui et qu'elle a été par la médecine scolaire euh réputée dérangée. Elle le dit devant vous. Celle que le Premier ministre qualifie d'affabulatrice, c'est elle.

Françoise Gulung, ancienne prof à Betaram, présentée comme la première lanceuse d'alerte. Elle a à ce titre été elle aussi auditionnée par la commission d'enquête. C'était le 26 mars sous serment, elle a raconté que dès les premiers jours, elle a été témoin d'une situation problématique.

Euh je me suis perdue. Je cherchais dans les je cherchais le secrétaire dans les cours loires. J'entends sur ma gauche dans une salle un adulte qui hurlait sur un enfant qui le cognait.

J'entendais les cou et venait en face de moi madame Berou. Donc je bêtement je lui dis mais qu'est-ce qu'on peut faire ? Et elle n'a pas compris ce que j'attendais.

Ça c'est clair. Elle n'a pas compris. Comme la femme de François Beou qui était également prof à Betaram n'a pas réagi.

François se passe à l'étape supérieure. Au tout début 95. J'ai commencé à signaler.

J'ai écrit à monsieur Berou. L'infirmière l'avait déjà fait quelques temps avant. sans réponse.

J'ai écrit moi aussi sans réponse. Pas de réponse. Alors Françoise va profiter d'une réunion publique à peau pour interpeller directement celui qui était alors ministre de l'éducation.

Euh je me suis dit bon c'est le moment où jamais. Il ne m'a jamais répondu. Je tente.

Donc je suis allée à lui et je dis monsieur Berou il c'est vraiment grave ce qui se passe à Betaram, il faut faire quelque chose. Et il m'a simplement répondu mais on exagère. Voilà donc on exagère.

Pour rencontrer Françoise Goulung, nous avons pris la direction de la Charante Maritime. Aujourd'hui, à la retraite, l'ancienne prof nous a accueilli chez elle. Comment vous allez ?

Ça va, ça va. Il fou. Je suis contente de vous rencontrer.

Oui, je crois que depuis le temps, je suis désolée. Ça arrête pas de sonner. Oui.

Ah, ça m'arrête pas. Oui, ça n'arrête pas. Il y a certains journalistes, je ne citerai pas la chaîne, qui manquent un peu de savoir-vivre.

Mais vous parlez de qui ? Ben justement, je vous avez pas envie de dire que vous avez le livre de Alain Esquer, le silence de Betaram. Oui.

Est-ce que vous avez un dossier Betaram ? J'ai tout jeté il y a quelques années. Quand j'ai eu 75 ans, je me suis dit là c'est pas possible, si tu jettes pas maintenant, ça t'empêche de vivre, je jette.

Voilà. Et vous allez mieux maintenant ? Ah ben je suis allé mieux et puis Betaram m'a sauté dessus.

Donc voilà, Betaram m'a sauté dessus tout comme le premier ministre François Beou pendant son audition. Elle a affabulé devant la commission et c'est d'elle que vous faites la lanceuse d'alerte alors qu'elle dit qu'elle a eu beaucoup d'ennui et qu'elle a été par la médecine scolaire euh réputée dérangée. Elle le dit devant vous. quand il met clairement en doute votre santé mentale, qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ?

Bah je je crois que c'est pas la première fois, je lui ai déjà dit que si vraiment il voulait ça pourrait être intéressant s'il y tenait qu'on se rencontre chez le même psychiatre. Mais bon voilà, c'était pas l'objet de la réunion, c'était pas l'objet de de son audition. Donc il était il était pas auditionné pour savoir s'il me jugeait saine d'esprit ou non.

Bon ben voilà, c'est c'est des comportements de fuite. C'est de l'échappatoire de sa part. Vous vous avez été auditionné le 26 mars devant cette même code mission.

Vous étiez sous serment. Lui aussi est sous serment. Lui, il dit que vous avez menti.

Vous vous dites qu'il a menti. Non, je dis pas qu'il a menti. Je je dis qu'il a un immense problème avec la vérité, ce qui est pas forcément C'est quoi la différence ?

Je pense que son intérêt pour la vérité est beaucoup moins grand que son intérêt pour lui-même. Et donc voilà, enfin je pense que c'est il y a quelque chose de de puéril dans cette affaire là. L'affaire Betaram, un scandale qui n'a pas encore livré tous ses secrets et qui attend désormais l'écriture des derniers chapitres.

M.