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InterviewCNEWS (sur YouTube)· 4 juin 2026 19 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéImmigration & asileInstitutions & élections

La grande interview : Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38RelanceRéponse partielle

    Comment a-t-on manqué de vigilance à ce point-là du côté de la justice ?

  • 2:19RelanceRéponse directe

    Célérité et sévérité, vous avez raison. Il a fallu cinq mois pour que le dossier soit transmis au parquet d'Auche.

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que la réponse pénale vous paraît aujourd'hui suffisamment ferme et dissuasive ?

  • 5:52RelanceRéponse partielle

    La réponse, est-ce que ce n'est pas un blanc-seing qu'on donne aux casseurs ?

  • 6:27FerméeRéponse directe

    Il faut rétablir le fait qu'on puisse mettre des interdictions de paraître, des interdictions administratives ?

  • 7:52OuverteRéponse directe

    Qui va payer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « Je ne suis pas habilité à m'exprimer à la place du procureur de la République, et c'est normal. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ont saisi l'inspection générale de la justice, l'inspection générale de la gendarmerie nationale, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. »
  • 1:56Invité politiqueFait
    « Gérald Darmanin, on a fait une priorité absolument majeure. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « Il a donné des instructions au procureur, une circulaire a été envoyée au magistrat, pour que la parole des victimes, et notamment, évidemment, lorsqu'il s'agit d'enfants et d'agressions sexuelles sur mineurs, soit traité avec la plus grande rigueur et avec la plus grande sévérité et priorité. »
  • 3:07Invité politiqueChiffre
    « Pour ça, c'est une affaire budgétaire. Et nous avons massivement, massivement augmenté les moyens de la justice depuis neuf ans. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Nous avons massivement, massivement entamé ce travail. Et nous avons protégé les budgets des secteurs régaliens, justice, intérieure, armée, évidemment. »
  • 4:17Invité politiqueFait
    « Ce dispositif policier était à la hauteur. Lorsque vous avez 8 000 policiers déployés en zone préfecture de police de Paris, 22 000 en France, ce n'est pas la faute des policiers et des gendarmes. »
  • 7:04Invité politiqueChiffre
    « Il y a aussi une question d'autorité parentale, quand 30% des mises en cause sont des mineurs, 30%. »
  • 8:20Invité politiquePromesse
    « Ceux qui cassent doivent payer, y compris lorsque ça nous amène, lorsque ça amène l'État à prélever les sommes dues sur les allocations sociales. »
  • 11:06Invité politiqueFait
    « une très large majorité des interpellés ou en tout cas des mises en cause étaient de nationalité française. »
  • 12:11Invité politiqueFait
    « Je pense que ce qu'on a vu samedi soir ne serait pas arrivé, en tout cas pas dans les mêmes proportions et pas avec la même intensité, il y a là encore 30 ou 40 ans. »
  • 13:54Invité politiqueFait
    « La réponse de court terme, c'est la fermeté. La réponse de long terme, c'est la question de l'éducation. »
  • 16:10Invité politiqueFait
    « je suis affligée de voir aujourd'hui la multiplication des candidatures dans cet espace, qui est celui de la droite et du centre. »
  • 16:56Invité politiqueFait
    « notre responsabilité et la logique des choses, c'est qu'on soit unis, c'est qu'on se parle, c'est qu'on construit ensemble. »
  • 17:45Invité politiqueFait
    « Tout sauf Mélenchon, Édouard, aujourd'hui ? Je dis tout sauf à second tour, Rassemblement national, la France insoumise. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon79 %
  • Présentateur21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin, c'est Maude Bréjon. Bonjour à vous, porte-parole du gouvernement. L'inquiétude est maximum dans le Gers, où les gendarmes recherchent depuis vendredi dernier la petite Liana, 11 ans, qui a disparu. Le principal suspect âgé de 41 ans, c'est le père de la meilleure amie de cette fillette. Nous avons découvert avec stupéfaction hier, lors de la conférence de presse de la procureure d'Auche, qu'il était visé par plusieurs plaintes pour viol sur mineurs, et ça depuis 2017. Certaines d'entre elles avaient été classées. La dernière en date, août 2025, pour des faits de viol sur mineurs lors d'une soirée pyjama qu'il avait organisée à son domicile.

Cette plainte pour viol n'avait même pas conduit à l'interrogatoire de cet individu. Je vais vous poser la question que tous les Français se posent ce matin, et je sais que vous n'y êtes pour rien, mais comment est-ce possible ? Comment a-t-on manqué de vigilance à ce point-là, du côté de la justice ?

0:46
Maud Bregeon

D'abord, c'est une affaire qui tord le ventre à tout le monde. Je commencerai évidemment par avoir une pensée émue et appuyée pour la famille de cette jeune fille, et pour les familles de l'ensemble des victimes que nous découvrons jour après jour dans la presse. Vous savez que je ne suis pas habilité à m'exprimer à la place du procureur de la République, et c'est normal. Pour autant, le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ont saisi l'inspection générale de la justice, l'inspection générale de la gendarmerie nationale, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire, moi je comprends et je partage.

Je partage l'indignation de tous les Français, de tous vos téléspectateurs, qui, j'imagine pour beaucoup, ont des enfants, qui se projettent dans ce type d'affaires-là, et pour qui ce qui s'est passé, ce que l'on découvre jour après jour est absolument insupportable. Ça nous ramène à une question plus profonde. Quelle place on donne à la parole des victimes ? Comment est-ce qu'on prend le temps de les écouter ? Comment se déroulent les enquêtes ? Comment ces enquêtes sont suivies d'enquête après enquête ? Pourquoi ces dossiers ne sont pas prioritaires ? Pourquoi ils ne sont pas prioritaires ? Et ils sont désormais prioritaires. Gérald Darmanin, on a fait une priorité absolument majeure.

Il a donné des instructions au procureur, une circulaire a été envoyée au magistrat, pour que la parole des victimes, et notamment, évidemment, lorsqu'il s'agit d'enfants et d'agressions sexuelles sur mineurs, soit traité avec la plus grande rigueur et avec la plus grande sévérité et priorité.

2:19
Présentateur

Célérité et sévérité, vous avez raison. Il a fallu cinq mois pour que le dossier soit transmis au parquet d'Auche. L'enquête n'a commencé qu'au mois de janvier. On imagine la colère des parents de Liana, elle aurait pu être protégée. Et ces délais qui sont systématiques, on parle de viol de chemineurs, on parle de meurtre, c'est des mois, voire des années. Est-ce qu'il y a un problème fondamental dans notre justice ?

2:42
Maud Bregeon

Cette colère, d'une part, on l'imagine, et d'autre part, on la partage. Et je crois que ça a frappé l'ensemble des esprits, l'ensemble des familles françaises qui ont pris connaissance de ce dossier indéniablement. Ensuite, il y a une question de rapidité de la justice. Évidemment, il y a deux questions. Il y a une question de la place donnée aux victimes, de l'écoute, de la manière dont on les accompagne, dont on les entend, et il y a la rapidité de la justice. Et pour ça, il faut des moyens. Pour ça, c'est une affaire budgétaire. Et nous avons massivement, massivement augmenté les moyens de la justice depuis neuf ans. Est-ce qu'il faut encore aller au-delà ?

La réponse est de toute évidence. Et de toute évidence, oui. Mais on partait d'extrêmement loin, notamment lorsque vous comparez à ce qu'investissent dans la justice certains de nos voisins européens. Je pense par exemple à l'Allemagne. Nous avons massivement, massivement entamé ce travail. Et nous avons protégé les budgets des secteurs régaliens, justice, intérieure, armée, évidemment. Lors des derniers projets de loi de finances, on continuera à le faire.

3:45
Présentateur

C'est la même question que je vous pose maintenant face à la réponse judiciaire après les émeutes poste de victoire PSG. 900 interpellations, 230 policiers blessés, on a une pensée pour eux ce matin. Et des sanctions relativement faibles au regard de la violence qui a été déployée face à eux. Est-ce que la réponse pénale vous paraît aujourd'hui suffisamment ferme et dissuasive ? On sait qu'il y a eu 15% de relax et très très peu d'incarcération. Le garde des Sceaux a pris le soin de répondre à Jordan Bardella qui, lui, l'interpellait sur ce sujet.

4:13
Maud Bregeon

Alors, il y a trois choses. D'abord, il y a le dispositif policier qui a été mis en place. Et je le dis clairement ici, ce dispositif policier était à la hauteur. Lorsque vous avez 8 000 policiers déployés en zone préfecture de police de Paris, 22 000 en France, ce n'est pas la faute des policiers et des gendarmes. Mais ce n'est pas satisfaisant pour autant de regarder des images que le monde entier peut voir. Ou du ministre de l'Intérieur. Mais j'entends certains politiques pointer du doigt le dispositif de force de l'ordre. La question, quand on voit de telles images, n'est plus là. Ensuite, il y a le travail de la justice.

Il y a quand même la question qui doit être débordée à un moment par le nombre des délinquants. Et j'en viens à votre question. Cette justice, elle doit évidemment être ferme. Et surtout, cette justice, elle doit être rapide. On en vient à la question qu'on se posait tout à l'heure. Vous savez qu'en tant que porte-parole du gouvernement, je me dois, et c'est bien normal, au nom de la séparation des pouvoirs, d'avoir la parole la plus neutre possible. Bien sûr que la justice doit faire son travail, qu'elle doit le faire de manière sereine. C'est ce qu'a rappelé Gérald Darmanin hier. Il a par ailleurs dit que pour un certain nombre de cas, les choses avaient d'ores et déjà avancé.

Et que pour d'autres, il y avait des enquêtes en cours. Mais les Français ne comprennent plus l'impunité. Et enfin, il y a une troisième question. C'est qui paie ?

5:24
Présentateur

Qui pense qu'on va y venir ? Évidemment, la question c'est qui paie. Encore un tout petit mot de la réponse judiciaire. Donc 260 gardes à vue sur les 900 interpellations. 15 dossiers jugés en comparaison à Midéat. Et avec des cas, deux personnes qui dorment en prison. À notre connaissance, le garde des soins a sans doute des informations que nous n'avons pas. Un policier hors service qui a braqué son arme contre un automobiliste en état d'ébriété. Et puis un émeutier qui a refusé d'obtempérer, qui a percuté un véhicule des pompiers. La réponse, est-ce que ce n'est pas un blanc-seing qu'on donne aux casseurs ?

5:52
Maud Bregeon

Allez-y. Surtout la plupart mineurs. Là encore, il y a le travail de la justice. Elle doit le faire sereinement. Et puis il y a la responsabilité des politiques. Votre responsabilité, c'est de faire en sorte que ce que nous avons vu samedi soir, qui malheureusement n'est pas une soirée isolée. Ce n'est pas la première fois qu'on voit ce type d'image. Ce n'est pas la première fois qu'on voit ce type d'image. Vous redoutez qu'il y en ait d'autres ? Il n'y ait aucune impunité. Si ça nécessite de modifier les dispositifs législatifs, la réponse pénale, ce qui est autorisé et interdit en France, comme nous allons le faire à la loi Riposte, il faut avancer dans cette direction indéniablement.

6:27
Présentateur

Par exemple, la loi anti-casseurs, il faut rétablir le fait qu'on puisse mettre des interdictions de paraître, des interdictions administratives. Ça, il faut le rétablir ?

6:35
Maud Bregeon

Ça fait partie des réponses. La loi Riposte, qui permet d'encadrer, de durcir les sanctions pénales lorsque vous avez ou vous transportez des mortiers, des choses interdites, font aussi partie de la réponse. Je le dis quand même. Ils sont ce soir en liberté, ce qui est en fait. Pardonnez-moi, je le dis rapidement. Il y a aussi une question d'autorité parentale, quand 30% des mises en cause sont des mineurs, 30%. Il y a une question de responsabilité individuelle, ça dit quelque chose de notre société. On a un problème culturel lorsqu'on voit ce type d'image et on a un problème d'éducation. Et ça ramène à la question de la responsabilité parentale, qui ne doit plus être un tabou.

Ce n'est pas la faute des policiers et des gendarmes lorsqu'on a ce type d'image. Et ce n'est pas la faute de l'État lorsque des milliers de jeunes viennent à Paris ou ailleurs, d'ailleurs, car ce n'est plus suffisamment parisiens, brûler des voitures, piller des commerces et pourrir la vie de dizaines, centaines de milliers d'habitants qui, il faut quand même le dire, étaient dans la joie ou auraient aimé l'aide samedi soir parce que c'était un grand sac de deuxième victoire du Paris Saint-Germain et ils auraient dû pouvoir le fêter en famille simplement sans crainte.

7:52
Présentateur

– Bien sûr, qui va payer ? On a abordé cette question rapidement, Maude Bréjean, vous êtes porte-parole du gouvernement. Karine Lemarchand, célèbre animatrice, a poussé un coup de gueule hier en disant « ce n'est pas à moi de payer pour ces cassos ». – Elle a raison. – Qui va payer ? C'est la collectivité, comme toujours.

8:06
Maud Bregeon

– Oui, elle a raison. Et nous partageons son indignation. Le Premier ministre a dit une chose très simple. Ceux qui cassent doivent payer, y compris lorsque ça nous amène, lorsque ça amène l'État à prélever les sommes dues sur les allocations sociales. Donc, encore une fois, aucun tableau là-dessus. – On peut le faire, concrètement, on peut le faire là demain. – Le Premier ministre a demandé au ministre compétent de préparer les textes, là encore, pour que ça soit possible. Plus personne ne comprend, plus personne ne comprend que l'immense majorité paie, dans un contexte budgétaire par ailleurs extrêmement contraint, pour des agissements intolérables d'une minorité.

Et donc, il ne doit y avoir aucun tabou pour protéger les Français. Et il ne doit y avoir aucun tabou vis-à-vis de la réponse que l'État apporte suite à ces violences. Et si ça passe, si ça doit passer, et on pense que c'est le cas… – Vous pensez avoir une majorité là-dessus ? – Par les faire payer, au cas par cas, indépendamment de leur situation personnelle ou familiale. Et donc, y compris si ça doit nous amener à prélever les sommes dues sur les aides sociales, sur les prestations sociales versées, il faut le faire. Sans quoi, sans quoi, c'est le principe même de société qui est remis en cause.

On comprend, chacun, qu'on participe à un effort collectif pour les services publics, pour les hôpitaux, pour les écoles. Tout ça est normal, c'est la beauté du système français. Moi, je ne comprends pas, en tant que citoyenne, de me retrouver dans l'obligation de payer, là encore une fois, pour une minorité qui pille des commerces ou brûle des voitures. C'est évidemment le cas pour l'ensemble de nos commerçants.

9:51
Présentateur

– Et si ils ne sont pas solvables, les individus, c'est leur famille qui doit payer, c'est leurs parents, évidemment.

9:55
Maud Bregeon

– Je pense que c'est un vrai débat, oui, aujourd'hui. Et qu'il ne faut plus avoir de tabou. De même que la question de la majorité pénale ne doit plus être un tabou. Il faut bien comprendre une chose, la violence endémique. Nous avons un problème de violence endémique en France qui n'a rien à voir avec ce qu'était la violence il y a 30, 40 ou 50 ans. Cette violence, elle a muté. Elle ne concerne plus les mêmes individus. Elle concerne par ailleurs des gens beaucoup plus jeunes. Les phénomènes de violence ont muté. Et donc, la réponse pénale, la réponse gouvernementale, la réponse judiciaire doit s'adapter à l'évolution de cette violence. C'est au fond du bon sens.

On ne peut pas apporter au problème d'aujourd'hui les réponses d'il y a 40 ans.

10:39
Présentateur

– Maude Bréjean, vous avez estimé il y a quelques instants qu'il y avait des tabous. Est-ce que parmi les tabous concernant ces violences liées à la victoire du PSG, il y a aussi un problème lié à des enfants, pas tous évidemment, liés, issus de l'immigration ? Vous avez dit qu'il y a un problème culturel, il y a un problème de population. Est-ce que c'est le tabou dont on ne parle pas ?

10:58
Maud Bregeon

– Alors, il y a un problème culturel. Quand j'écoute le ministre de l'Intérieur, j'entends qu'une très large majorité des interpellés ou en tout cas des mises en cause étaient de nationalité française. Donc, le lien très factuellement entre immigration irrégulière, puisque ces gens étaient en situation régulière, et délinquance dans le cadre de ce qui s'est passé samedi soir dernier, est assez incohérent à faire pour des raisons de chiffres. Après, il y a la question de comment est-ce qu'on intègre ? Comment est-ce qu'on intègre ? Comment est-ce qu'on permet d'insérer ? Mais ça va bien au-delà de la question de ce qui s'est passé samedi soir. Vous savez, moi j'ai dit…

– Mais c'en est un révélateur. – J'ai dit il y a quelques mois ou années de ça, je crois, sur ce même plateau. – Sur ce plateau et en face de moi. – C'était Sonia à l'époque. Non, c'était vous d'ailleurs ce matin-là, qu'il y avait parfois un lien entre insécurité et immigration régulière. Je ne retire pas un mot de ce que j'ai dit à l'époque, je n'ai pas changé de conviction. Je pense que le lien avec ce qui s'est passé samedi soir, précisément parce qu'on n'est pas dans un cas d'immigration irrégulière, est plus incertain à faire.

Je pense que ce qu'on a vu samedi soir ne serait pas arrivé, en tout cas pas dans les mêmes proportions et pas avec la même intensité, il y a là encore 30 ou 40 ans. Je pense que mes parents n'ont pas connu ce type de violence-là. Je pense que vos parents non plus. Et ça dénote derrière un rapport à l'autorité, un rapport à l'État, un rapport aux policiers et aux gendarmes qui, aujourd'hui, a évolué et qui n'est plus acceptable. Avec une culture séparatiste ? Puisque c'est vous qui évoquez le problème culturel.

Avec une forme de culture séparatiste, ou en tout cas une culture de remise en cause et de défiance permanente vis-à-vis de l'autorité, vis-à-vis de toutes celles et tous ceux qui représentent l'État, mais aussi vis-à-vis de la collectivité française parce que les policiers et les gendarmes ont été pris à partie. C'est absolument intolérable. Mais les commerçants l'ont été aussi, vous voyez. Et donc tout ça dit quelque chose, encore une fois, de la société française et de ce problème de violence endémique.

13:11
Présentateur

Et comment on refait nation ? Alors pardon, c'est un grand mot, mais comment on refait nation ? Comment on réintègre ces jeunes qui sont en dissidence, qui sont en opposition à la France et qui ont dit très clairement « on n'aime pas la France » et des mots très très durs aux policiers ? Il me semble.

13:26
Maud Bregeon

Et on crache sur la France. Il y a, à mon sens, dans l'ordre, d'abord la question régalienne, la réponse pénale, on en revient là. L'intégration. Qui doit être absolument, encore une fois, extrêmement ferme. Elle n'allait pas. Il y a évidemment la question éducative, qui est la question de long terme. Donc voilà, à mon sens, c'est les deux grandes réponses. La réponse de court terme, c'est la fermeté. La réponse de long terme, c'est la question de l'éducation. Et je suis, moi, toujours effarée d'entendre notamment une partie de la gauche, la France insoumise, mais pas que pointer d'abord du doigt les policiers et les gendarmes quand on a ce type de violence.

Et ensuite, être en permanence dans la recherche de l'excuse sociale. Je crois qu'il faut arrêter, en France, avec cette recherche permanente de l'excuse sociale. Au fond, parce qu'on serait précaire, parce qu'on vivrait loin des beaux quartiers parisiens, ou alors qu'on serait d'origine immigrée, alors cette violence serait plus acceptable, plus explicable. Pardon, l'immense majorité des Français qui ont des difficultés à la fin du mois ne caillassent pas les forces de l'ordre et ne brûlent pas les voitures.

Et cette culture de l'excuse sociale qui sévit encore aujourd'hui dans une partie de la gauche, je ne mets pas tout le monde dans le même panier, j'ai vu Raphaël Glucksmann, j'ai vu le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui ont eu des propos extrêmement clairs. Elle est profondément dangereuse, parce qu'elle s'attaque en réalité au vivre ensemble qu'ils prétendent défendre, à la manière dont on arrive ou pas à faire société ensemble.

14:57
Présentateur

Est-ce que ce phénomène est réversible ? Vous avez reconnu vous-même un problème dans les politiques d'intégration et d'assimilation. Quelle est la solution que vous proposez ?

15:06
Maud Bregeon

Éducation, sévérité de la réponse pénale ? Oui, il y a une sévérité de la réponse pénale indéniable. Il y a une question éducative qui est majeure, qui est une question de long terme. Et puis ensuite, ça touche à l'ensemble des politiques publiques. On pourrait parler de logement. Vous receviez Vincent Jambrun la semaine dernière sur ce plateau. Là encore, la question des politiques de la ville, des politiques publiques sont évidemment centrales. Mais n'attendons pas tout le temps tout de l'État sur ces questions-là. Il y a des responsabilités individuelles.

L'immense majorité des Français n'attendent pas que l'État leur dise qu'il est interdit de caillasser un policier ou de brûler une voiture pour ne pas le faire et s'aviser.

15:45
Présentateur

Mais il y a des logiques séparatistes à l'œuvre dans notre pays. Et vous les voyez et vous les dénoncez. Un mot de la présidentielle. 2027, elle est quand même dans la tête des Français. Parce qu'ils savent, même si c'est dans un an, qu'il y a des choses qui sont en jeu, vous plaidez pour un rassemblement du socle commun, pour une candidature unique. On n'en prend pas le chemin. Est-ce que tout ça n'est pas un boulevard offert à la France insoumise d'un côté, que vous dénoncez, ou au Rassemblement national ?

16:09
Maud Bregeon

Évidemment. Et moi, je vais vous dire, je suis affligée de voir aujourd'hui la multiplication des candidatures dans cet espace, qui est celui de la droite et du centre, qui est celui dans lequel on gouverne depuis plus de deux ans maintenant. On a des trains lancés à grande vitesse, qu'on aura bien du mal à arrêter.

Des candidats qui ne sont pas illégitimes par nature, mais qui aujourd'hui, chacun dans leur couloir, chacun dans leur couloir, déroulent une vision, tant mieux, déroulent une campagne, tant mieux, mais en faisant fi de ce qui pourtant devrait tous nous frapper, c'est d'une part le Rassemblement national qui est à 30-35% dans les sondages, et d'autre part, la France insoumise avec Jean-Luc Mélenchon, qui, quoi qu'on en pense, fera une campagne absolument redoutable. Et donc, notre responsabilité et la logique des choses, c'est qu'on soit unis, c'est qu'on se parle, c'est qu'on construit ensemble. Et donc, moi, j'appelle, encore une fois, très modestement du rôle qui est le mien.

C'est pour ça que vous n'avez soutenu ni Gabriel Attal, ni Édouard Philippe jusqu'à présent, maudre région ? C'est tout à fait pour ça. J'appelle Gabriel Attal, j'appelle Édouard Philippe, j'appelle Bruno Rotaillot, mais j'appelle, on pourrait parler de Laurent Wauquiez, on pourrait parler de Xavier Bertrand, et d'autres encore, à s'accorder sur une candidature unique. Parce qu'en fait, la France, elle est plus grande que nous. La France, elle est plus grande que les égaux et les ambitions individuelles.

Et moi, je ne sais pas expliquer à mes électeurs, à mes enfants, demain, qu'on est absent du second tour, qu'on leur laisse le choix entre le bulletin LFI sur la gauche, le bulletin RN sur la droite, parce qu'on aura été incapables de se mettre d'accord. Tout sauf Mélenchon, Édouard, aujourd'hui ? Je dis tout sauf à second tour, Rassemblement national, la France insoumise. Tout sauf ça. Et moi, je croise des Français, chaque semaine, dans ma circonscription, qui me disent, on n'a pas envie de devoir faire ce choix-là, on n'a pas envie de se retrouver dans cette situation-là. Et c'est votre rôle que d'arriver à agréger les bonnes intentions.

Aujourd'hui, ça n'en prend pas le chemin, il n'est pas trop tard, et donc j'espère que les uns et les autres se réveilleront assez vite.

18:14
Présentateur

C'est avant qu'il ne soit trop tard. Oui, mais trop tard, c'est quoi ? C'est le mois de janvier, c'est le mois de février. Si les campagnes sont enclenchées, les fonds levés, rien ne s'est arrêtable, vous le savez. C'est extrêmement tard, janvier ou février.

18:26
Maud Bregeon

À la rentrée, il faut qu'il ne soit plus clair. Quand vous aurez passé, Laurence Ferrari, 4, 5, 6 mois de primaire sauvage, de petites phrases, de petits pics, envoyés par les candidats ou par les entourages, comme c'est déjà un peu le cas aujourd'hui, bon courage pour le rassemblement, bon courage pour aller s'embrasser sur des plaies ouvertes. Ça ne va pas être facile. Et la France, les difficultés auxquelles on est confrontés, on en a parlé depuis le début de cette interview, et il y en a bien d'autres, on aurait pu parler de la question budgétaire, de la question énergétique que je porte, ne peuvent pas attendre.

18:57
Présentateur

Donc le plus tôt sera le mieux. Merci beaucoup. Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, d'être revenu ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous sur nos antennes.

La grande interview : Maud Bregeon — Maud Bregeon · Pourquijevote