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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 46 min

Présidentielle- Nicolas Dupont-Aignan passe son entretien d'embauche dans Bourdin Direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:12
Présentateur

Francis est notre invité pour son entretien d'embauche. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Ce n'est pas compliqué, 8h30, 9h, votre programme, et 9h, 9h30, je ne sais pas si vous avez regardé vos prédécesseurs, ici même. 9h, 9h30, on essaiera d'en savoir un petit peu plus sur vous. Bien, je vais vous prendre une ou deux minutes que je vous rendrai à la fin pour faire une petite mise au point et pour répondre à François Fillon. Hier, sur BFM TV, interrogé par Hôtel Crièvre, François Fillon a parlé d'autorité morale. Alors ce matin, je tiens à rétablir en toute tranquillité la vérité.

Janvier dernier, nous lançons nos invitations pour nos entretiens d'embauche. L'équipe de François Fillon est la première à répondre. Et rendez-vous est pris à la demande de François Fillon pour le 21 avril, vendredi prochain. Rendez-vous plusieurs fois confirmé. Lundi dernier, son équipe nous appelle pour annuler. Jamais, comme le dit François Fillon. Et comme il l'a dit hier, trois dates ne nous ont été proposées. J'aurais insulté François Fillon. A-t-il dit hier, c'est faux, les mots ont une valeur. J'ai simplement dit que François Fillon se dérobait. Et comme les mots ont une valeur, ils touchent lorsqu'ils expriment la vérité.

Et me reviennent à l'esprit ce que disait François Fillon à l'automne sur France Info. Il faut que les journalistes ne lâchent pas le vieil pratique. Peu importe. Ma conscience professionnelle m'invite à lui donner rendez-vous ici, face à moi, mais surtout face à vous, pour un entretien d'embauche. J'ai une date à proposer à François Fillon, le mardi 18 avril, mardi prochain. Alors François Fillon, je vous attends pour passer votre entretien d'embauche. Voilà, je tenais à faire cette mise au point calmement pour rétablir certaines vérités. Bien, Nicolas Dupont-Aignan, oui. Entretien d'embauche, donc vous avez 56 ans. Vous êtes maire.

Vous êtes maire d'hier, dans l'Essonne, député de l'Essonne, président de Debout la France. Avec le cumul des mandats, que choisirez-vous ?

2:15
Nicolas Dupont-Aignan

Si je suis président de la République, grâce au vote des Français, je n'aurai pas à choisir. Oui, mais si vous n'êtes pas président de la République... Je n'en sais rien aujourd'hui, je verrai au lendemain de la présidentielle. Vous n'avez pas décidé ? Non, parce que je suis partagé. J'aime tellement ma ville. Je l'ai servi pendant 22 ans. C'est mon bébé, comme je dis souvent. Mon troisième enfant. Au sens que j'ai tellement... J'ai tellement travaillé pour ma ville, que ce sera un déchirement de l'acquitté. En même temps, j'ai un rôle national. Voilà, je ne sais pas encore.

2:44
Présentateur

Bien, regardons l'actualité. La justice demande la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen. Vous avez vu ça, c'est tombé il y a quelques minutes. Il s'agit de l'affaire des soupçons d'emploi fictif au Parlement européen. Un commentaire à faire ?

2:57
Nicolas Dupont-Aignan

Que la justice passe, et que les hommes politiques respectent la justice. C'est tout. C'est-à-dire ?

3:03
Présentateur

Que les hommes politiques répondent aux convocations des policiers, et respectent la justice.

3:07
Nicolas Dupont-Aignan

La justice aussi respecte les hommes politiques, dans le respect des lois, c'est tout. Et la présomption d'innocence. Voilà. Et que tout se passe de manière apaisée. Parce qu'on ne peut pas, comment dire, vouloir être président de la République, si on met en cause les institutions.

3:27
Présentateur

Actualité toujours. Bachar Al-Assad affirme que l'attaque chimique de la semaine dernière est une fabrication de l'Occident. Vous le croyez ? Je ne crois plus personne.

3:37
Nicolas Dupont-Aignan

Au Moyen-Orient. Je vous parle franchement. Je suis méfiant. Très méfiant.

3:44
Présentateur

Ni lui, ni les Russes, ni les Américains, ni personne.

3:46
Nicolas Dupont-Aignan

Je ne crois personne parce que je suis M. Dupont-Aignan, je n'ai pas les services secrets, je ne suis pas à l'Elysée, je ne suis pas ministre, je n'ai pas les informations. Et je regarde l'histoire. Et j'essaye dans ma vie... On peut commettre des erreurs dans la vie, Jean-Jacques Bourdin, mais il faut toujours essayer de tirer les leçons des erreurs qu'on peut commettre. Et je suis hanté par ce qui s'est passé en Irak. Merci à Jacques Chirac et Dominique de Villepin d'avoir empêché à la France de partir dans cette aventure. Il y a eu une immense manipulation à l'époque. J'ai regardé ce qui s'est passé en Libye.

Quand François Fillon est parti en guerre avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, beaucoup de gens disaient très bien, enfin, on se débarrasse de Kadhafi, les atrocités, etc. Vous avez vu le résultat ? Encore plus d'atrocités, les djihadistes qui essaiment dans le Sahel. Vous savez, le général de Gaulle disait... Alors, l'Orient compliqué avec des idées simples. Les idées simples que j'ai, c'est que la France ne doit s'engager que quand son intérêt vital est menacé. L'idée simple, c'est qu'on doit vérifier les atrocités parce qu'il y a un concours d'atrocités abominables. Et je ne veux pas qu'on engage la France sans être sûr de qui a commis cet acte abominable.

4:59
Présentateur

Mais la Russie a opposé son veto à l'ONU. Résolution demandant une enquête de l'ONU. Je demande la même chose. La Russie dit non. Non, la Russie dit non. N'est-ce pas une manière de protéger l'auteur du crime ?

5:11
Nicolas Dupont-Aignan

Je sais, et c'est pourquoi je demande cette enquête qui est fondamentale. Mais en même temps, je ne vois pas en quoi Assad aurait eu intérêt aujourd'hui à faire cela. Et je remarque juste que c'est Daesh, les frères musulmans, Al-Qaïda et la Turquie qui ont applaudi les frappes de Trump. Je regrette qu'on ne se soit pas laissé quelques jours pour nous prouver ce qui s'est passé. Pourquoi refuser une enquête de l'ONU ? Une enquête indépendante. Il faut une enquête indépendante, c'est tout. Je ne suis ni pro-Russe...

5:44
Présentateur

Assad ne veut pas d'une enquête indépendante, les Russes non plus.

5:47
Nicolas Dupont-Aignan

Je le sais. On a d'un côté des gens qui agissent trop vite et de l'autre, certains qui bloquent. J'aimerais qu'il y ait cette enquête. Il faut tout faire. Mais je vous demande, Jean-Jacques Bourdin, que dans cette affaire, il n'y ait pas une précipitation qui amorce un engrenage fatal. Car je ne veux pas que la Syrie soit le troisième chaos semé. Par les Occidentaux, à cause des fautes des pays locaux.

6:12
Présentateur

Bien. Actualité toujours, l'actualité de la campagne présidentielle. François Hollande intervient dans la campagne. Il dit qu'il faut craindre absolument une victoire de Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Il est dans son rôle ou pas ? Écoutez, peu importe.

6:29
Nicolas Dupont-Aignan

François, non, je vais vous dire... Est-ce qu'il veut un cadeau à Jean-Luc Mélenchon ? Oui, c'est ce que je pensais. Tout ça est pathétique. Je vais vous dire pourquoi. François Hollande n'a pas pu se présenter, vu l'état de son bilan et de son impopularité. Je préférerais que François Hollande ait la décence de réfléchir à son bilan, de faire son examen de conscience et d'assurer avec impartialité sa fonction présidentielle. Voilà.

6:56
Présentateur

Alors, autre chose. Ne perdons pas de temps là-dessus. Alors, autre chose. Jean-Luc Mélenchon met en garde contre la catastrophe Le Pen, Macron, Fillon. Si vous élisez ces trois-là... Eh bien, vous allez cracher du sang. Vous êtes d'accord avec lui ?

7:10
Nicolas Dupont-Aignan

Je suis d'accord en partie, mais je l'ajouterai dans la bande des trois. Oui. Parce qu'en vérité... Ah bon ? Oui. Pourquoi ? Parce qu'en vérité, ces quatre-là, soit on continue la même politique avec Macron, Fillon. Macron est moins franc que Fillon. Fillon a la franchise de dire que vous allez souffrir parce que je vais appliquer le diktat de Bruxelles, de Berlin. Et je vais mener une politique de souffrance sociale. Il a au moins le mérite de dire la vérité. Politique, je le rappelle aux électeurs, totalement contre-productif, qui va nous amener à un chômage de masse monstrueux et une crise sociale. Et c'est pourquoi je suis en désaccord avec François Fillon.

Ce n'est pas par opposition personnelle. Souvent, on me pose des questions. Non. J'ai une politique économique et je propose une politique économique radicalement différente de récompense du travail et de baisse d'impôts. Je vais y revenir. Juste un point, Jean-Jacques Bourdin. C'est tellement important. Alors, allez-y. Emmanuel Macron, lui, il dissimule la même politique. Car si on lit le programme de Macron, on voit bien des ordonnances, des ordonnances délétées, suppression du régime d'indemnisation du chômage, suppression de la durée légale du travail qui passe par entreprise, super loi travail. Mais Emmanuel Macron a l'intelligence politique de ne pas le montrer.

Augmentation de la CSG, etc. Et puis, ça c'est, on continue avec les mêmes. Je dis aux Français, ça fait 20 ans que vous souffrez avec eux. Ne continuez pas. Mais après, les Français hésitent. Pourquoi ? Parce que les deux alternatives qu'on nous présente en permanence et dont se nourrissent en fait le système, c'est-à-dire Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, partent d'une bonne analyse. La même que la mienne. Oui, la même que la mienne. Il faut oser le dire, Jean-Jacques Bourdin. Il ne faut pas mentir aux Français. J'ai la même analyse de départ que Mme Le Pen ou M. Mélenchon.

Simplement, ils proposent un projet, Mélenchon délirant, mais délirant en hausse d'impôts, qui va casser la France, totalement, et Mme Le Pen avec des excès, même protectionnistes, qui va entraîner des représailles. Et je suis le seul anti-système qui propose un projet sérieux, crédible, qui permettra à la France de se redresser en rassemblant les Français. M. Mélenchon et Mme Le Pen sont dans une protestation lucide, mais qui ne débouche pas sur une reconstruction sage. Je suis le seul anti-système qui propose une reconstruction avec sagesse et pour rassembler les Français. Parce qu'on ne s'en sortira pas, Jean-Jacques Bourdin, avec un homme providentiel.

Est-ce que les Français veulent redresser le pays avec moi ? C'est-à-dire ensemble. On ne rêvera pas à redresser le pays en jetant des anathèmes. Et je vais vous dire pourquoi les Français sont perdus aujourd'hui. Parce qu'on ne leur présente que ces quatre-là. Et ils hésitent, ils se disent on ne veut pas continuer avec les mêmes, mais on ne veut quand même pas partir dans le décor. Je vous propose un bon compromis.

10:05
Présentateur

Bien, un bon compromis. Nous allons venir très vite. Second tour, second tour. Si vous n'êtes pas au second tour, je ne vous demandais pas pour qui vous allez voter, mais est-ce que vous savez pour qui vous ne voteriez pas ? C'est la même chose, comme il y a deux personnes.

10:19
Nicolas Dupont-Aignan

Jean-Jacques Bourdin, là vous me prenez pour un idiot. Pour qui vous ne voteriez pas ? Je vais vous dire, Jean-Jacques Bourdin. D'abord, j'ai toujours considéré que les Français étaient adultes et n'avaient pas besoin de consignes. J'en donne jamais. Alors, du choix, s'il y a un choix, et si les Français ne me placent pas au deuxième tour, mais je leur dis que c'est encore possible que je sois au deuxième tour, s'ils le veulent, eh bien, je prendrai mes responsabilités, qui seront historiques. Voilà, point. Historiques ? Oui, parce que le choix, si je n'y suis pas, et c'est pourquoi je demande aux Français... Vous êtes dans le choix du nom à l'Europe. Ce sera un choix historique. Point.

Mais je souhaite y être. Et je vais dire, Jean-Jacques Bourdin,

11:01
Présentateur

est-ce que je peux vous dire quelque chose ? Jean-Luc Mélenchon, soit Marine Le Pen,

11:05
Nicolas Dupont-Aignan

s'ils sont qualifiés. Je n'en sais rien. Je souhaite être qualifié. Je vais vous dire pourquoi je me bats depuis tant d'années. Vous savez... Comment vous dire ? J'ai médité l'histoire de France, parce que je suis passionné d'histoire. Pourquoi notre pays attend toujours d'être dans le précipice pour que les Français donnent le meilleur d'eux-mêmes et se relèvent ? Et est-ce qu'il faut attendre le précipice, c'est-à-dire les difficultés, les crises, les oppositions, pour que, enfin, tous les Français se disent mais on partage ensemble quelque chose ? On est dans le précipice ou au bord du précipice, aujourd'hui ? On ne peut pas avancer si on est au bord.

Je dis aux Français, je vous propose la seule voie possible pour qu'on retrouve le pays qu'on aime. J'insiste là-dessus, Jean-Jacques Bourdin. C'est toute ma vie politique. Toute ma vie politique. Parce que quand j'ai quitté, on va en parler peut-être après, mais j'ai eu le courage de quitter l'UMP. J'ai dit les choses à l'avance. Je l'ai dit. J'ai annoncé tout ce qui allait se passer. J'ai eu le courage de rompre. C'était dur. J'ai traversé le désert. Il n'y avait pas d'oasis. J'en ai bavé avec ceux qui m'ont suivi. Et aujourd'hui, de plus en plus de Français me rejoignent. Simplement, ils sont bloqués. Vous savez pourquoi ils sont bloqués ?

Parce qu'on leur ressort la vieille ficelle politicienne du fameux vote utile. Le fameux vote utile. Vous savez pour qui il est utile, le vote utile ? Pour qui ? Pour des politiciens cramoisis, corrompus, incapables, qui ont placé... Qui sont ces politiciens cramoisis et corrompus ? Mais qui sont-ils ? Mais toute la classe politique qui a... Parce que vous accusez, mais qui accuse ? J'accuse ceux qui ont gouverné la France depuis 20 ans à tour de rôle. Ce sont des corrompus ? Nicolas Sarkozy est un corrompu ? François Hollande est un corrompu ? Chacun fera son choix. C'est une classe politique qui a abandonné les Français, qui a abandonné la France et qui ose se représenter.

François Fillon est un corrompu ? Emmanuel Macron est un corrompu ? C'est un système. C'est un système qui a abandonné le peuple français. Et je vais vous dire une chose, Jean-Jacques Bourdin. Je n'accepte plus ces leçons de vote utile parce que le vote utile, c'est pour eux, pas pour les Français. Et je dis aux Français, le vrai vote utile c'est de voter pour vous, pour vos convictions, pour votre pays, sans vous occuper des sondages. Je voudrais vous poser une question. Non, non, non. Si, je n'ai pas le droit. Vous êtes marié. Quand vous avez choisi votre femme, est-ce que vous l'avez choisie ? Ou c'est l'acteur qui vous a choisi ?

13:43
Présentateur

On s'est choisis mutuellement.

13:45
Nicolas Dupont-Aignan

Mais alors elle, est-ce qu'elle vous a choisi par défaut ou par amour ? Ah ça, il faut lui poser la question. Alors vous, est-ce que vous l'avez choisi par défaut ou par amour ? J'ai choisi par amour. Et le choix du président de la République, c'est pas important ? Mais si, c'est important. Alors Français, choisissez-le. Vous allez le choisir par défaut parce qu'on vous dit qu'il n'y a que ceux-là qui sont bien. Et vous savez qu'ils ne sont pas bien, mais comme on vous dit dans les sondages, attendez la suite, comme on vous dit dans les sondages, il y a M. Macron, M. Fillon, Mme Le Pen, M. Mélenchon, bon ben je vais choisir le moins pire. Mais regardez, choisissez ceux...

14:17
Présentateur

Vous pensez que les Français meurent d'amour pour les onze candidats à la présidence de la République ? Eh bien, je vais vous amener un petit papier.

14:23
Nicolas Dupont-Aignan

Je vais vous amener un remède de confiance. Oui. D'un type qui a 15 fois moins de moyens financiers. Oui. 15 fois moins d'antennes. Oui, pas ici. Pas ici, c'est sûr. Eh bien regardez, entre Le Pen, Fillon, je suis en tête sur tous les baromètres de confiance. 41% le dernier, 32% Le Pen, 27% Fillon. Ça c'est IFOP, Harris, BVA, Ipsos, on cite jamais ces chiffres. On cite toujours les sondages, parce que les sondages, c'est de l'auto-anticipation. Je veux que les Français se libèrent de la tyrannie, de la tyrannie du système, et votent selon leur cœur. Alors si c'est un auto-anticipation, ils votent que moi. Très bien. Je m'incline.

Mais qu'on ne vote pas en fonction d'un pseudo-vote utile, construit par un système qui est en train de voler la présidentielle aux Français. Français, réveillez-vous.

15:09
Présentateur

C'est vous qui avez le choix. Est-il vrai que vous avez été approché par des émissaires de François Fillon qui vous ont demandé de vous retirer ?

15:15
Nicolas Dupont-Aignan

Oui. C'est vrai ? Oui, oui. Un jour je publierai, un jour je publierai des SMS ahurissants. Je leur ai répondu que je n'étais pas à vendre. Je n'étais pas à vendre. J'ai une autre

15:31
Présentateur

conception de mon rôle. Est-ce que vous avez confiance en François Fillon et Emmanuel Macron ? Non. Ni en l'un ni en l'autre. Pourquoi ? Mes confiances, mes mêmes confiances, mes confiances, leur honnêteté, leur... je ne sais pas, non. Non mais je vous dis ça parce que les Français s'interrogent. Vous savez pourquoi je n'ai pas confiance ? Les Français n'ont pas confiance.

15:49
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ils ont raison. Mais vous savez pourquoi ? Vous savez pourquoi je n'ai pas confiance ? Non, pourquoi ? Parce que j'ai été trompé à plusieurs reprises. C'est tout. Quand vous avez été trompé à plusieurs reprises, est-ce que vous êtes assez con pour recommencer ? C'est tout. On se moque de moi, mes collaborateurs ne veulent plus que je dise cette phrase. Oui. Alors je vais quand même la dire parce que je suis moi-même et je dis ce que je pense. Ici on est... Je dis toujours ce que je pense. Quand vous allez dans un restaurant qui vous intoxique, qui vous empoisonne, est-ce que vous ramenez votre famille le lendemain ?

Et bien les Français se font avoir par le vote utile, par l'ambiance générale. Chaque élection a revoté pour des gens qui ont abîmé le pays. Non pas qu'ils soient mauvais peut-être en eux-mêmes, mais qui ont cédé face à un système financier international, face à des intérêts, face à une Union européenne qui n'est pas la bonne Europe. On peut construire autre chose quand même. Je veux rétablir la liberté de la France, c'est-à-dire le droit du peuple français à disposer de lui-même. Je suis gaulliste parce que De Gaulle s'est battu, vous savez, pour tous les peuples de la Terre. Pas seulement pour le peuple français. Le droit du peuple français à disposer de lui-même, c'est la démocratie.

Nous ne sommes plus vraiment en démocratie, Jean-Jacques Bourdin.

17:03
Présentateur

On n'est plus en démocratie. C'est la dernière vote là. Je regardais votre programme, les principes fondamentaux, tout travail mérite un salaire décent, toute allocation exige un travail en contrepartie. C'est ça ? J'ai bien résumé là ? Oui, l'esprit. Je parle de l'esprit. Je vais vous dire.

17:23
Nicolas Dupont-Aignan

Alors qu'est-ce que c'est que ce travail, cet emploi universel ? Alors, je vais vous dire, j'ai beaucoup réfléchi. On est dans une société avec une partie de la population qui travaille, d'ailleurs avec beaucoup de stress, toujours plus avec toujours moins, une grande angoisse de tomber au chômage, mais qui travaille. C'est ce qu'on appelle les emplois. Et puis, il y a 6 millions de Français qui sont écartés de tout, qui vivent, eux, dans la misère. La question du revenu universel, elle m'a ébranlé, parce que je suis maire et je vois cette misère tous les jours. Et je me suis dit, ils ont raison de cette indignation. Oui, ils ont raison. Alors, je vais vous surprendre.

Ils ont raison de dire, on ne peut pas continuer comme ça, avoir des salaires si gros d'un côté et la misère des minima sociaux de l'autre. Et puis, j'ai essayé de chercher depuis des mois, je cherchais, et je me suis dit, le revenu universel n'a pas de sens, parce qu'il n'y a pas de travail, et qu'on ne peut pas faire dire aux Français, on va vous donner de l'argent, mais qui va payer ? Qui va payer ? On ne peut pas payer. Alors, j'ai inventé le travail universel. C'est quoi ?

C'est que la société française doit être la société qui offre, d'abord, plus d'emplois, c'est tout mon programme de relocalisation, on en parlera, 2 millions d'emplois qu'on peut relocaliser en France, j'en suis convaincu, avec des mesures précises, qui se font dans d'autres pays, et qui sont compatibles avec les règles du commerce international. Pas de l'Europe, mais du commerce international. Les Etats-Unis, le Japon, tous le font. Donc, moi, je propose de relocaliser 2 millions d'emplois. Premier point. Mais même si je réussis, ce qui serait extraordinaire pour la France, ça ne suffit pas, il y a encore 4 millions de gens qui sont dans la merde. Et je propose le travail universel.

Ça veut dire quoi ? Chaque Français qui sera dans une phase de chômage, ou chaque jeune qui sortira sans formation, se verra proposer une activité d'intérêt général en échange d'une allocation. Ce sera à géométrie variable, sur la base du volontariat. Je m'explique. Le RSA, on obligera une journée de travail au service de la collectivité. Là, ça sera une obligation. Quand on touche 500 euros, on donnera une journée par semaine. C'est nouveau. On m'accuse de tous les maux, je dis que c'est normal, on donne une somme. C'est un moyen de réinsertion. Attendez la suite.

Quand les autres si on veut donner une journée de plus, ou deux jours de plus pour arriver à un mi-temps, on aura une allocation supplémentaire. Et il y a des centaines de milliers de tâches. C'est l'État qui paiera avec les collectivités. Parce qu'il y a des centaines de milliers de tâches qui sont dans les clubs sportifs, dans les hôpitaux, dans les collectivités

19:49
Présentateur

locales, dans les forêts. Non seulement vous ne limitez pas le nombre de fonctionnaires, vous ne baissez pas le nombre, mais vous l'augmentez. Oui, mais

19:55
Nicolas Dupont-Aignan

actuellement vous payez des minima sociaux, vous payez des allocations, vous payez et vous laissez les gens enfermés dans la solitude

20:01
Présentateur

et l'inactivité. Donc on a besoin de services publics. On a besoin de compléments. Mais bien sûr.

20:07
Nicolas Dupont-Aignan

C'est à l'encontre de François Fillon et d'Emmanuel Macron. Totalement. Je dis que la société française peut offrir des tâches d'intérêt général en échange d'allocations, car je ne veux plus que d'un côté il y ait des allocations sans contrepartie. C'est-à-dire que je veux aider les Français, mais les Français doivent s'aider aussi. Faire un effort. C'est la société de responsabilité et de participation. Vous savez, le gaullisme social, ce n'est pas l'assistanat socialiste. Je refuse l'assistanat socialiste. Mais en même temps, je ne veux pas d'un ultra-libéralisme qui casse la société et qui coûte très cher à la société. Car vous savez, la misère, elle coûte cher aussi.

La détresse sociale, les hôpitaux, plein de personnes qui sont... A la fin, le coût social est considérable. Je propose la troisième voie. La troisième voie, c'est une voie solide. Et tout mon programme, dont on ne parle jamais dans les médias, parce qu'on me voit comme l'homme de l'ordre, de la sécurité... C'est vrai, je veux de la sécurité, je veux protéger mon pays. Mais je veux aussi inventer une nouvelle société. France de propriétaires, participation dans l'entreprise, deuxième chance pour les jeunes. Et mon programme est le plus, finalement, peut-être le plus social, mais un social fondé sur la création de richesse et l'effort et la récompense du travail.

C'est pour ça que je ne veux pas supprimer les 35 heures. Parce que je ne veux pas supprimer les heures supplémentaires, je vais les défiscaliser. Je veux de la souplesse dans les entreprises. Et je mets en garde les Français, juste sur un point, Jean-Jacques. Non, mais je dois les mettre en garde. Non, mais sur Macron-Fillon. C'est que tous les deux vont supprimer les heures supplémentaires par la négociation d'entreprise. Et vont aboutir à un système fou, où il n'y aura plus de récompense du travail, puisqu'il n'y aura plus d'heures supplémentaires. Moi, je veux les heures supplémentaires récompenser le travail.

21:55
Présentateur

Ce n'est pas la même chose. Bien. Vous voulez aussi payer les salaires tous les 15 jours, j'ai vu. On va en parler. Juste après 9h. Il est 8h58. Notre entretien d'embauche seconde partie avec Nicolas Dupont-Aignan. Vous avez 56 ans. Nicolas Dupont-Aignan. Vous êtes le plus riche des candidats, j'ai vu. Non, je crois être le plus transparent.

22:20
Nicolas Dupont-Aignan

Ah bon ? Pourquoi les autres cachent ? Moi, je n'ai pas mis au nom de ma femme. Je n'ai pas pris de SCI. J'ai tout mis, même ce qui ne m'appartient pas vraiment, puisque c'est une donation de mes parents, qui sont toujours vivants, et qui ont non l'usufruit. Non l'usufruit, oui. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont beaucoup travaillé.

22:36
Présentateur

Les autres...

22:38
Nicolas Dupont-Aignan

Non, mais ils ont tout à fait le droit de mettre au nom de leur conjoint. Moi, je n'ai pas souhaité. Je suis en régime de communauté, je partage tout. Bon.

22:46
Présentateur

Vous êtes en admiration devant votre grand-père. Oui. L'un des as de la guerre 14-18. Des aviateurs. De la première guerre. Ils étaient rares. Très rares.

22:58
Nicolas Dupont-Aignan

Très rares. Vous l'avez connu. Beaucoup. J'ai beaucoup discuté avec lui. Il est mort quand j'avais 14 ans. Et c'était un homme extraordinaire, qui a été un des premiers aviateurs de la guerre de 14, qui a été descendu sur son avion, qui s'en est rescapé, qui a été prisonnier pendant la guerre de 14, qui a fait de la résistance sans jamais le dire pendant la guerre de 40, sans jamais le dire, qui n'a jamais eu aucune médaille, et qui était d'une simplicité. Voilà. Des grands... Des grandes personnes. J'ai les larmes aux yeux en en parlant. Parce que... Parce que c'est des gens comme ça qu'ont fait le pays. C'est un peu pour tous ces petits anonymes que je me bats.

Parce que la France n'est pas faite des grands dont on parle tant. Elle est faite des millions de petits. Et je ne supporte pas le mépris social. En fait, ce qui m'a motivé, je crois, au départ, c'est... Mais il est où le mépris social ? Il est où ? Il est dans toute l'oligarchie qui nous gouverne. Qui ne respecte pas les Français. Qui les jure. Qui les traite de fainéants alors qu'il n'y a pas un peuple plus courageux. Voilà, ça, ça me... Ça me... Je me sens... Je ne me suis jamais senti membre de ces gens-là. Vous voyez, je suis arrivé à l'Assemblée.

24:08
Présentateur

Vous êtes membre depuis le début ! Mais oui ! Vous avez le Sciences Po. Vous avez un DESS de l'entreprise. Vous avez l'ENA. D'ailleurs, vous êtes sorti à quel rang de l'ENA ? Pas terrible. Franchement. Entre les deux. Franchement.

24:24
Nicolas Dupont-Aignan

Entre les deux, oui. Mais je vais vous dire, je ne me suis jamais senti bien. Vous ne dites jamais ça. Vous n'étiez pas bien à l'ENA ? Non. Ah bon ? Quand je suis arrivé là-bas, j'ai toujours eu le sentiment, dans ces milieux-là, d'être différent. Mais vous avez vécu dans ces milieux-là depuis que vous êtes toujours...

24:42
Présentateur

C'est pour ça que je suis révolté. Vous avez vécu l'ENA... Vous étiez avec Copé,

24:48
Nicolas Dupont-Aignan

avec Dutrey... Mais j'ai vu... Je suis un enfant d'une famille normale. Oui. Mes parents ne connaissaient même pas Sciences Po. Ils ne savaient pas que ça existait. J'étais en mobilette, voir cette école, et je me suis dit... J'adorais la politique depuis l'âge de 14 ans. Je m'étais engagé pour Chaban-Delmas. Oui, oui, oui. Pour le gaullisme social. Vous collez des affiches à 14 ans pour Jacques Chaban-Delmas. Le gaullisme social. L'idéal... J'avais lu Malraux, De Gaulle... L'idéal d'indépendance de la France, la résistance, parce que j'avais un grand-père résistant, de justice sociale... Ce monde, je ne le connaissais pas. J'ai eu envie d'y accéder.

Je me souviens, je passais devant l'Assemblée nationale avec mes parents, en voiture, j'avais 10 ans, 12 ans, et je leur disais, je veux être là. Et c'est curieux, je m'en suis souvenu. Et... Mais une fois que j'ai accédé à ce monde, j'ai compris qu'il avait oublié ceux pour qui il était là. Et vous savez, tout mon parcours politique, ça a été peut-être aussi de rappeler de rappeler que les Français sont là. J'ai adoré Philippe Séguin. Et j'ai travaillé pour Philippe Séguin. Je me serais fait tuer pour Philippe Séguin.

25:58
Présentateur

Vous savez pourquoi ? Parce qu'il était un peu comme moi. On a l'image, d'ailleurs. C'est une image fixe, vous êtes en photo.

26:06
Nicolas Dupont-Aignan

Avec Philippe Séguin. C'est le seul homme politique que j'ai admiré, respecté. Je me serais fait tuer pour lui. Pourquoi ? Parce qu'il était du côté du peuple. Il n'avait jamais oublié ses origines. Il n'avait jamais oublié qui... Mais cette fibre populaire que vous avez... Je déteste la trahison des élites.

26:22
Présentateur

Alors vous avez failli adhérer au PS ? Non, pas vraiment. J'ai refusé. Mais quand même, vous étiez attiré par Michel Rocard aussi. J'aimais bien Michel Rocard.

26:32
Nicolas Dupont-Aignan

J'étais sous-préfet. En Île-de-France. C'était un grand préfet gaulliste, Olivier Philippe, qui m'a fait venir. Sauterre lui avait succédé. Et qui était un grand commis de l'État. Et j'ai beaucoup apprécié le travail qu'avait fait Rocard sur l'Île-de-France. Qui était la suite de ce qu'avait fait De Gaulle. Mais on a dit que j'étais socialiste. J'ai refusé. On m'a proposé. J'ai refusé. Parce que j'étais gaulliste. J'étais avec Séguin. Et personne n'a compris que je pouvais être haut fonctionnaire et servir l'administration et en même temps travailler pour Séguin. Parce que je crois... Je crois en l'État aussi. C'est une grande différence avec les autres. Je crois... L'État c'est nous.

C'est la France. C'est un intérêt général. Pas l'État obèse, pas l'État des taxes. Je veux libérer les PME. Je veux que l'État, la politique soit au service des Français. Et je ne me suis jamais senti bien dans un milieu qui avait oublié les Français. C'est tout.

27:24
Présentateur

Oui mais la politique c'est pour vous une satisfaction. Oui. C'est une exaltation. C'est une drogue même parfois. Mais vous aimez passionnément. D'ailleurs vous n'avez jamais travaillé dans le privé.

27:36
Nicolas Dupont-Aignan

Si, j'ai travaillé dans le... Non pas dans le privé. Mais je le ferai sans doute si on ne veut plus de moi en politique. En revanche, je vais vous dire. Jean-Jacques Bourdin. Jean-Jacques Bourdin. Vous savez j'ai vendu des Tours Eiffel en plastique dans le quartier de Brooklyn pour financer mes études. J'ai passé six mois aux États-Unis à être représentant de commerce. Donc je peux tout faire. Et je vais vous dire la différence avec beaucoup d'autres. C'est que j'ai toujours considéré que c'était provisoire. Pourquoi je n'ai pas cédé aux menaces ? Pourquoi j'ai quitté l'UMP ? Attendez, quand on me... Quand vous avez quitté l'UMP ? Quand j'ai quitté l'UMP, oui. Sur le vote non au référendum.

Oui, menace ? J'ai quand même... Oui, bien sûr. Tu n'auras plus de circonscription. Tu seras battu aux élections. J'ai affronté en 2012, après la présidentielle, quand même, tout l'UMP qui est venu des gens exemplaires. Monsieur Guéant, monsieur... Des gens exemplaires qui venaient faire campagne contre moi. J'avais contre moi les socialistes, le FN. Parce qu'il fallait me faire payer le fait d'être parti. C'est comme la mafia. Ils n'ont jamais accepté que je sois libre. Eh bien, j'ai toujours été courageux dans ma vie politique parce que je n'accepte pas qu'on puisse trahir les Français. Et je dis aux Français, soyez libres. C'est tout. Soyez libres. Alors, vous assumez...

Ma ville, je l'ai redressée. Vous pouvez revenir sur hier. Ma ville, c'est toute... Oui, vous l'avez redressée. Je l'ai prouvée. Est-ce qu'il y a... Non, attendez. Si il y a un maire qui a été réélu en France, personne ne le dit. D'ailleurs, moi, je ne l'ai pas dit assez. Je suis vraiment con. Parce que je suis le maire le mieux réélu de France. 80% des voix, à trois reprises, dans une ville de 30 000 habitants, qui votait socialiste à 65%. 80% des voix à trois reprises. C'est quand même la preuve que j'ai fait du boulot, peut-être. Avec une équipe, on a fait le boulot.

29:12
Présentateur

Une ville où les impôts locaux sont les plus élevés de France.

29:16
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, et qui était la ville la plus endettée de France. Avec Angoulême. Une faillite. D'un maire escroc. Et quand j'arrivais, vous savez, quand j'ai semé...

29:24
Présentateur

Aujourd'hui, vous avez un peu sélectionné les habitants, quand même, hier.

29:26
Nicolas Dupont-Aignan

Non, pas du tout. Non. J'ai créé des logements sociaux. 400. Combien ? Quel pourcentage avez-vous ? Je suis à 15%. J'étais à 11. J'ai créé 400 logements sociaux. Vous allez monter encore ? Oui, jusqu'à 20%. Jusqu'à 20%, vous le ferez ? Oui. Et je n'ai pas un terrain disponible, et je mets 8 millions d'euros par an. C'est-à-dire 10% du budget. Je l'ai fait. Et vous savez, j'ai la politique sociale, peut-être, la plus responsable de France. J'offre le permis de conduire aux jeunes s'ils travaillent en mairie, 15 jours. Oui, j'ai vu. Je supprime les aides sociales, oui, aux familles de délinquants quand les gamins cassent le matériel urbain. Et je les convoque et je les responsabilise.

J'ai fait des choses dans ma ville, pas moi tout seul, une équipe. Je ne suis pas tout seul. J'ai une équipe extraordinaire.

30:08
Présentateur

Votre femme est votre assistante parlementaire. Oui, parmi trois. J'ai un auditeur qui me dit, merci de lui demander la moralité de cette situation. Moralement, est-ce que vous vous sentez serein ?

30:18
Nicolas Dupont-Aignan

Totalement, parce qu'elle bosse. Je ne l'ai jamais cachée. Jamais. Elle est appréciée. Elle n'est pas toute seule. Elle est dans une équipe. C'est vous qui fixez ces émoluments ? Oui, ça a été fait en accord. Il y a trois personnes. Trois personnes. Elle n'a jamais eu de privilège. Elle travaille comme une dératée. Elle est en circonscription. Et quand j'ai été attaqué de tout le monde, jamais personne ne lui a remis en cause son travail. Mais je vais vous dire une chose. Et ce qu'on a dit, c'est qu'aujourd'hui, à cause de gens qui ont triché, qui ont abusé, on est attaqué. Et donc, il faudra arrêter.

30:50
Présentateur

Il faudra arrêter pour vous. Fillon a triché et abusé, si j'ai bien compris. Et vous dites aussi, de son côté, Manuel Macron ne veut pas nous dire comment il a dépensé son argent.

31:00
Nicolas Dupont-Aignan

Je n'ai jamais reçu, moi, un cadeau. Et quand je l'ai recevé en mairie, vous savez ce que je faisais ? Non. Je me souviens, j'ai reçu un très beau livre d'art, un jour, d'un organisme HLM. J'étais tellement furieux, parce que je reçois les gens qui payent des charges exorbitantes dans les HLM, que j'ai renvoyé tous les cadeaux, Jean-Jacques Bourdin. Tous les cadeaux. Alors, oui, ma femme travaille avec moi depuis 20 ans. Elle a fait ce sacrifice. Elle était avocat. Je ne suis pas sûr que ce soit un cadeau pour elle. Maintenant, ça ne se ferait plus. Il faudra arrêter. Elle fera autre chose.

31:32
Présentateur

J'aurais divorcé si elle n'avait pas travaillé avec moi.

31:34
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, je l'ai dit, parce qu'elle était avocat. Jamais, je n'aurais pu faire tout ce que j'ai fait sans le soutien de ma femme, je le dis. Mais elle n'a pas de privilège, je peux vous dire.

31:42
Présentateur

Je vais parler, justement, tiens, vous avez quand même parfois une fâcheuse tendance à employer viol, pour parler de situations graves. Ça vous arrive. Ça n'a rien à voir avec une atteinte physique à votre intégrité. Alors, on va regarder cette petite vidéo, si vous voulez bien.

31:58
Nicolas Dupont-Aignan

Une femme qui est violentée dans sa maison. C'est le cas de la France depuis des années, par Bruxelles. Il y a deux solutions. Soit elle s'en va et elle laisse le mari violent dans la maison, qui garde la maison, c'est ce qui arrive malheureusement, ce qui est un scandale absolu. Soit elle éjecte le mari et elle reste dans sa maison. Eh bien, je veux que la France, qui est européenne, éjecte cette mauvaise Europe. Comment croire le Premier ministre qui a bafoué le vote des Français lors du référendum de 2005 ? Qui a fait voter le traité de Lisbonne par le Parlement ? Qui a été le viol du peuple ? Et c'est là où j'ai quitté l'UMP, vous le savez très bien.

32:38
Présentateur

Non, je vous dis ça parce que de nombreuses femmes

32:40
Nicolas Dupont-Aignan

ont regretté. Et je vais vous dire, je comprends que j'ai pu les blesser. Je suis là aussi dans ma mairie, j'ai fait la première action dont j'ai jamais parlé, très peu, sauf récemment, depuis 15 ans, où je suis le seul maire qui a mis à disposition avec mon adjointe, Nicole Lamotte, qui fait un travail extraordinaire, 7 appartements et une association pour accueillir les femmes victimes de violence. On a sauvé des centaines de femmes et d'enfants. Et on a mené une action exemplaire. Donc, je n'ai aucun mépris au contraire pour les femmes qui vivent ça.

Justement, en faisant cette action depuis des années, j'ai découvert, cette image que j'ai utilisée, que ce sont souvent les victimes qui sont obligées de partir et pas les agresseurs. Et je lutte contre ça depuis des années. C'est une cause que je défends. Et j'ai employé cette expression peut-être malheureuse, peut-être, mais parce que je veux faire comprendre aux Français que la violence de l'Union Européenne à l'égard des Français, des Grecs, des Espagnols, elle est terrible. Quand un agriculteur se suicide tous les deux jours en France, c'est une violence. Quand les Grecs n'ont plus de médicaments dans leur pays, c'est une violence. Et il y a un moment, l'Europe, c'est pas ça.

J'aime l'Europe, je n'aime pas cette Europe violente.

33:54
Présentateur

C'est une métaphore qui, je comprends, a été choquée,

33:58
Nicolas Dupont-Aignan

mais elle était forte pour faire comprendre aux Français qu'ils n'ont pas à partir de l'Europe. On n'a pas à quitter l'Europe, on est Européens. Justement, l'Europe,

34:06
Présentateur

vous dites, finalement, vous rejoignez Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. Enfin, pas tout à fait. Mais quand même, vous dites, si je suis président de la République, avant septembre, il va falloir que nous renégocions les traités. C'est la question centrale

34:22
Nicolas Dupont-Aignan

de cette élection présidentielle.

34:24
Présentateur

Et si nos partenaires ne veulent pas une renégociation, on va faire un homme. Oui.

34:30
Nicolas Dupont-Aignan

C'est comme Jean-Luc Mélenchon. La question centrale de cette élection présidentielle, je veux la dire aux Français, c'est la question européenne. En 2005, les Français ont voté non parce qu'ils avaient compris qu'on nous tuait, mais les Français n'étaient pas anti-européens. On aime l'Europe. L'Europe, c'est la réconciliation franco-allemande, c'est le progrès social. Malheureusement, cette Europe a été défigurée par des gens qui ne sont pas élus, qui sont soumis à des intérêts financiers et qui abîment cette Europe. Le choix est très simple.

Si on ne renégocie pas les traités, on continuera avec la régression sociale, l'emploi économique, la disparition de nos agriculteurs et de nos ouvriers. Nous sommes trois à le dire, M. Mélenchon, Mme Le Pen et moi-même. En revanche, la différence avec les autres, c'est que je propose un traité alternatif que j'ai écrit, il est sur mon site internet, pour rebâtir une Europe des nations libres. On récupère la gestion de nos affaires démocratiques, nos lois, nos frontières.

Mais en revanche, je veux bâtir de grandes coopérations européennes parce que je suis un Européen convaincu que la lutte contre le cancer, la lutte contre Alzheimer, qui est un fléau, la lutte contre la transition énergétique, l'aide à l'Afrique, pourquoi la voiture propre ? Pourquoi on n'est pas capable, nous Européens, qui avons inventé le monde, pourquoi on n'est pas capable à trois ou quatre pays de s'unir ? Je suis paradoxalement, je trouve, beaucoup plus Européen et bureaucrate, pour le coup, un peu corrompu par les intérêts financiers. Et je veux dire aux Français que le choix, ce n'est pas on est soumis avec Macron et Fillon ou on claque la porte avec les autres.

36:24
Présentateur

Non, on renégocie. Il y a François Asselineau aussi qui propose...

36:28
Nicolas Dupont-Aignan

Non, il veut claquer la porte. Mais moi, je ne veux pas claquer la porte. Je claquerai la porte en dernière extrémité et c'est la menace claire de claquer la porte et les autres. Et d'ailleurs, entre nous, ce n'est pas un combat entre la France et les autres. C'est un combat entre les différents peuples d'Europe et une oligarchie de dirigeants

36:48
Présentateur

qui n'ont plus rien compris. Bien, Nicolas Dupont-Aignan, je voulais, cette parenthèse refermée, revenir sur le droit des femmes et notamment la parité, l'égalité salariale. Est-ce que vous, dans votre Méridière, par exemple,

37:04
Nicolas Dupont-Aignan

est-ce qu'il y a égalité salariale ? Nous avons un audit qui est fait. On fait tout pour qu'il y ait égalité salariale. En tout cas, j'aimerais que l'audit me donne le résultat, mais je pense qu'on est bon. Comme sur l'aide aux handicapés, je suis l'un des rares maires qui a recruté les 6%. On ne parle jamais des handicapés dans cette campagne. C'est la plus grande injustice de France. La plus grande injustice de France. Sur l'égalité hommes-femmes, je veux créer un label pour les entreprises et les administrations, mais un label unique, surveillé par l'État. Et les entreprises qui respectent l'égalité hommes-femmes auront une baisse de l'impôt sur les sociétés.

C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir un bâton, je vais mettre une carotte. Même chose pour les partis politiques, dites-moi. Les partis politiques, c'est déjà le cas. Vous savez que j'ai eu une amende... Ils préfèrent payer des... Sauf moi, parce que j'ai eu une amende parce que j'avais trop de femmes aux législatives. Ah bon ? Oui. Dites-moi, vous adorez donc la politique,

38:00
Présentateur

mais vous êtes un homme... Si, ne me dites pas... J'aime la conviction. J'aime la politique dans le service.

38:08
Nicolas Dupont-Aignan

La politique, c'est changer le monde. C'est ce qu'il y a de plus beau.

38:12
Présentateur

Vous avez beaucoup appris. Vous avez travaillé François Bayrou et Michel Barnier. Vous avez beaucoup appris avec les uns et les autres. Vous êtes un homme prudent. Mais parfois, hop, vous partez un peu en vrille.

38:22
Nicolas Dupont-Aignan

Si je puis dire. Pas en vrille, je suis passionné. Je suis sérieux et en même temps,

38:28
Présentateur

je suis un peu audacieux. Pardon pour les oreilles des enfants qui pourraient écouter. Vous avez quand même dit, je vais faire la pute avec des nuls C'est vrai, vous avez dit ça. Parce que c'est tellement vrai.

38:40
Nicolas Dupont-Aignan

Ce sont des traîtres à la patrie. Oui, parce que c'est le pays qu'on abîme. Parce que quand il y a un agriculteur qui se suicide, quand on voit notre hémorragie d'emploi. J'ai vu tellement d'usines partir, des savoir-faire. Alors que je sais que si on prenait des mesures simples, ma baisse d'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis en France, la suppression du RSI, son remplacement par un statut unique. Mais écoutez, c'est vrai que je ne supporte pas cette injustice. Vous savez, Jean-Jacques Bourdin, qu'on renoue en France avec l'esclavage. Uber, Deliveroo, ces jeunes qui sont en vélo dans Paris. S'ils tombent, ils ne sont pas assurés. Est-ce que c'est ça la modernité ?

Quand je vois Macron, quand je vois Macron qui nous explique que la modernité c'est le retour de l'esclavage, ça me rend fou.

39:24
Présentateur

Il ne dit pas que c'est le retour de l'esclavage.

39:26
Nicolas Dupont-Aignan

Il dit que c'est la modernité. Il dit qu'il faut être moderne. Mais ces gens qui sont gavés de stock option et qui donnent des leçons de courage. J'allais donner une expression trop dure donc je ne le fais pas. Mais si, vous pouvez y aller. Vous voyez que vous êtes prudent. Je vais être moi-même. C'est comme la France planquée qui doit envoyer les soldats au front. Râle bol. Tout le monde doit être au front. Il y a une guerre mondiale, économique. Est-ce que la France, est-ce que nos enfants seront les acteurs d'un pays libre avec une capacité scientifique ?

40:02
Présentateur

Je propose beaucoup de mesures pour la science. La lutte contre la corruption. Est-ce que le personnel politique français est corrompu ? Parce que les Français le croient.

40:10
Nicolas Dupont-Aignan

Les partis politiques n'ont pas fait le ménage. Qu'un Balkany reste républicain, c'est un scandale absolu. Que certains ont été condamnés des fonctions, c'est insupportable aux partis socialistes. Vous le savez très bien. C'est pourquoi je propose le casier judiciaire vierge. On était combien à l'Assemblée à le voter il y a un mois ou deux ? On était 20.

40:30
Présentateur

Et il n'est pas passé au Sénat.

40:32
Nicolas Dupont-Aignan

C'est l'honneur de la France. La France doit redevenir le pays de la liberté. Entre des racines, des valeurs, et un message. C'est un équilibre instable, difficile. Mais il faut que les Français soient meilleurs. Les meilleurs possibles. Je vois mon rôle de président de la République comme celui d'un entraîneur de foot. Un entraîneur. L'entraîneur ne doit pas être copain des petits mecs. Dites-moi, en meeting, grand mec ?

41:00
Présentateur

En meeting, parfois. Vous vous lâchez complètement. Il y en a d'autres qui se sont lâchés. Plus que moi. Tout le monde a vu le coup de la cravate.

41:10
Nicolas Dupont-Aignan

D'ailleurs, on ne me l'a pas rendu. Je suis emmerdé. C'était la seule cravate rouge que j'avais.

41:16
Présentateur

Et personne ne me l'a rendu. Vous avez jeté votre cravate.

41:20
Nicolas Dupont-Aignan

C'était sympa. Vous rêviez d'être chanteur quand vous étiez petit ? Oui. J'ai pas de voix. Ma femme chante très bien. Alors il valait mieux arrêter. Je rêvais surtout d'être architecte. J'ai failli être architecte. Pour construire. J'ai une malle à la cave, je sais pas où elle est, de plan. J'ai dessiné des centaines de maisons, de villes. J'ai vraiment hésité entre l'architecture

41:52
Présentateur

et la politique. C'est un très beau métier, architecte. La chanson, vous êtes un fan de Barbara, je crois.

42:02
Locuteur non identifié

On peut être heureux la nuit. Jamais t'es sans moi.

42:14
Nicolas Dupont-Aignan

Quand je préparais les concours, à l'époque, on avait des Walkman, vous vous souvenez ? Et j'écoutais en boucle les chansons de Barbara pour m'apaiser. C'est la poésie, c'est la langue française, c'est les sentiments, c'est la générosité. C'est magnifique. Et la grande chanson française,

42:36
Présentateur

c'est important. C'est une chanson qui nous rapproche. Vous aimez la cuisine chinoise. Oui. Je vous dis ça parce que nous avons le même petit restaurant chinois que nous aimons beaucoup. On ne s'est jamais parlé. Vous ne voulez pas parler d'un homme politique.

42:54
Nicolas Dupont-Aignan

On se croise sans se parler. Il n'y a pas que la cuisine chinoise. Il y a la médecine chinoise dont on pourrait importer beaucoup de choses pour prévenir. Il y a des grands défis du pays, de voir en ce moment beaucoup de personnels hospitaliers. Extraordinaire. Les SAMU, les pompiers, la qualité de notre système de santé. Pourquoi je suis très hostile au programme de régression sociale ? L'honneur de la France, du général de Gaulle, de la Résistance, du Conseil national de la Résistance c'est d'avoir créé un système de santé universel pour le coup. Chacun selon sa contribution, son salaire et chacun selon ses besoins de santé. Ce système de santé est en train d'être détruit.

Il y a deux candidats qui vont le détruire complètement. Et moi je ne veux pas que la santé dépende de l'argent. C'est un enjeu majeur. Je veux reconstruire mon pays pour garder le meilleur du pays et corriger le défaut et construire la force économique capable de porter

43:54
Présentateur

un beau système social. C'est ça l'enjeu de la présidentielle. C'est important pour les Français.

44:00
Nicolas Dupont-Aignan

Une question générale et une question personnelle. Peine de mort en cas de terrorisme ? Non. Je reste sur l'isolement lointain. Je reste sur le fait qu'il faut une sanction totale. Je pense que la France n'a pas à renouer avec la peine de mort.

44:14
Présentateur

Et puis la politique, cette passion ? Vous avez fait souffrir votre famille en faisant cette politique.

44:20
Nicolas Dupont-Aignan

En sacrifiant beaucoup pour la politique. Oui, parfois mes deux filles ont sans doute souffert. Et en même temps maintenant je pense qu'elles suivent ce que je fais. Elles sont très courageuses. Il n'y a jamais de photo d'elles. Je veux les protéger à tout prix. Il y a eu une fois, aux premières élections, où il y a eu ma fille de dos et avec ma femme on s'est dit jamais plus. Et on les a toujours essayé de les protéger mais en même temps elles ont un nom.

44:52
Présentateur

Je n'en dirai pas plus. En revanche, je connais le nom de votre petite chienne.

44:58
Nicolas Dupont-Aignan

J'adore les animaux. Je crois qu'une société... Je déteste l'idée, cette idée fausse si on aime les animaux, on n'aime pas les gens. C'est tellement stupide. Vous voulez interdire la corrida ou pas ? Je ne me mêle pas de ça pour l'instant mais je voudrais qu'on comprenne dans la société que la manière dont on traite les animaux est une manière dont on se traite soi-même. J'ai beaucoup de mesures. J'ai fait énormément pour les animaux dans ma ville. Un pays qui traite bien les animaux est un pays qui s'estime soi-même aussi.

45:26
Présentateur

Merci Nicolas Dupont-Aignan d'être venu nous voir passer votre entretien.

Présidentielle- Nicolas Dupont-Aignan passe son entretien d'embauche dans Bourdin Direct — Nicolas Dupont-Aignan · Pourquijevote