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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 8 mars 2024 37 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Emission spéciale Akira Toriyama

Au micro : Claire Servagent Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Pourquoi un tel succès ? Que racontent ces albums ?

  • 2:11FerméeRéponse directe

    Quel âge as-tu ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans son univers ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Frédéric Sigrist, quel est votre rapport à Toriyama ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Karine Nishimura, comment le décès a-t-il été annoncé au Japon ?

  • 8:29OuverteRéponse directe

    Benoît Huot, quelle est votre réaction ce soir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 19:41InvitéFait
    « Dragon Ball est sorti au Japon en 1984 et les premiers tomes sont parus en France en 1993. »

Temps de parole

  • Présentateur34 %
  • Présentateur 222 %
  • Invité14 %
  • Invité 213 %
  • Invité 36 %
  • Invité 45 %
  • Présentateur 35 %

≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter France Inter 18-20 Claire Servagent Amateur de manga, ce téléphone sonne et fait pour vous ce soir. On a en effet appris ce matin la mort d'Akira Toriyama, le créateur de Dragon Ball. Ce japonais auteur de série au succès inégalé avait 68 ans et des millions de fans dans le monde. Ces BD se sont déclinés sous forme de dessins animés, de jeux vidéo, sans parler des adaptations au cinéma, à la télévision et de tous les produits dérivés. Alors, pourquoi un tel succès que racontent ces albums, qu'incarnent ces personnages, dans quel milieu évolue-t-il ? C'est ce que nous allons voir ce soir avec nos invités qui vont vous faire découvrir l'univers si particulier des mangas japonais.

Si celui-ci vous est étranger, si au contraire il vous est familier, n'hésitez pas à nous appeler pour nous raconter votre passion. Avec nous pour en parler le super héros Frédéric Sigrist qu'on ne présente plus. Bonsoir Frédéric. Bonsoir Claire. Chroniqueur et producteur à France Inter. En ligne également, mais du Japon, notre correspondante Karine Nishimura. Bonsoir ou plutôt bonne nuit Karine. Oui, bonsoir à tous. Merci d'être avec nous à cette heure-ci. Vous êtes l'autrice d'histoire du manga chez Talendier. Avec nous, plus près de nous, dans ce studio, Benoît Huo. Bonsoir. Bonsoir à toutes et à tous. Directeur éditorial manga chez Glena. C'est vous qui publiez Dragon Ball.

Et avec nous également dans ce studio, Thomas Hercouette. Tout à fait, bonjour. Journaliste à brut, spécialiste manga et jeux vidéo. Je précise que nous serons aussi en ligne au cours de cette émission avec Brigitte Lecordier, la voix française de Son Goku, le héros de Dragon Ball. D'avance, merci à tous pour vos appels. Le téléphone son. 01 45 24 7000

1:42
Auditeur

Si on monte dessus, on peut voler dans les airs et aller où ça vous plaît. Moi, il faudrait bien essayer. Hop là ! Quoi ? J'aimerais bien qu'on m'explique.

2:03
Présentateur

Moi aussi, j'aimerais bien qu'on m'explique en ligne un premier appel. C'est Hippolyte qui appelle de Paris. Bonsoir Hippolyte. Bonsoir. Alors, Hippolyte, tu ne dois pas être bien vieux à entendre ta voix. Quel âge as-tu ? 11 ans. 11 ans et déjà fan ?

2:19
Invité

J'étais fan encore plus petit. J'ai commencé à lire Dragon Ball avec mon père, Julien, qui m'a fait découvrir ce manga, qui m'a donné envie de lire plus tard, un petit peu plus tard, plus de livres, plus de mangas, où j'ai découvert les nouveaux mangas de Dr. Slump, enfin, de Akira Toriyama comme Dr. Slump. C'est aussi Akira Toriyama qui m'a donné envie de lire de plus en plus de mangas, des BD, puis des romans. Et pour moi, Akira Toriyama, ce n'est pas seulement un illustrateur de génie, c'est aussi un très bon écrivain qui invente des histoires accrochantes.

et je ne le décrirais pas comme une personne que je ne connais pas bien, mais plus comme un membre de ma famille parce qu'il m'a aidée à comprendre et à aimer les romans, parce qu'avant, je détestais ça.

3:13
Présentateur

Eh bien, dis-moi, un membre de ta famille, qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans son univers ?

3:19
Invité

Parce que, d'après moi, il est assez rêveur avec ses mangas et très très travailleur aussi, parce que produire 42 tomes aussi accrochants avec plein d'autres séries, pour moi, c'est du génie.

3:36
Présentateur

Eh bien voilà, c'est dit pour commencer cette émission. Un très grand merci, Hippolyte, de nous avoir appelés. Je vais passer peut-être pour commencer la parole à Frédéric Sigrist, qui est plus qu'un amateur, un peu comme Hippolyte, Frédéric Sigrist. Ah bah oui, je dirais que ça peut paraître un petit peu exagéré de dire ça, ce que pour beaucoup est juste un dessinateur de mangas, mais moi, en fait, Akira Toriyama, c'est un pan entier de mon existence, et c'est ce qu'il m'a même fait en tant qu'adulte. Il y a même une partie aujourd'hui de mon métier professionnel que je dois à ma passion initiée par lui. Donc oui, c'est toute une aventure.

Et comme l'a si bien dit Hippolyte, Akira Toriyama, c'est un créateur qui s'ennuie extrêmement vite. Et ça s'est toujours ressenti dans ses histoires, parce que comme il s'ennuie extrêmement vite, il a besoin de se divertir lui-même. Comment il avait un rapport avec son éditeur qui était toujours un petit peu... Allez, il faut que tu nous fournisses des chapitres, ça a du succès, il faut que tu sortes, il faut que tu sortes. Lui-même s'est toujours mis au défi de faire des histoires qui allaient là où on ne l'attendait pas. C'est-à-dire que ça commence avec une adaptation de la mythologie chinoise, avec le voyage vers l'Occident, on reprend la légende de Son Goku, le roi singe, etc.

Et puis en fait, au fur et à mesure, ça devient une série d'arts martiaux hommage à Jackie Chan. Et puis un peu plus tard, il dit « Je m'ennuie, tiens, je vais faire de la science-fiction. » Et là, il va convoquer un petit peu la mythologie de Superman avec un enfant envoyé sur une autre planète. Et puis un peu plus tard, « J'aimerais faire un truc à la Terminator et au voyage dans le temps. » Et c'est vraiment ce qui caractérise Akira Toriyama dans Dragon Ball, mais encore plus dans Doctor Slump, dans d'autres séries qu'il a pu faire, Sandland, Nekomajin. C'est de toujours vraiment se divertir avant tout.

Et même par rapport aux fans de service et aux gens qui réclamaient une histoire d'un type, lui, il était plutôt réticent vis-à-vis de ça. C'était toujours son envie de divertissement qui primait tout. Voilà, c'est ce qu'il m'a fait en tant qu'adulte. Je retiens ce que vous venez de nous dire et ce que nous a dit Hippolyte, un membre de ma famille. Ça part très fort. On comprend à quel point c'est ancré en vous, cette culture. Alors, on va partir au Japon quand même. Karine Nishimura, vous entendez ce qui se dit ici en France ? Alors, j'imagine ce que ça doit être au Japon quand le décès de Toriyama a été annoncé ce matin. De quelle façon ça a été annoncé d'ailleurs ?

6:21
Invité

Ça a été annoncé en fait une semaine après le décès et sur le site internet de l'éditeur et de sa maison de production en fait. Donc, il est décédé le 1er mars. Il a été incinéré assez rapidement, comme c'est toujours le cas au Japon. Et très souvent, dans le cas d'artistes au Japon, l'annonce du décès est faite plusieurs jours après. En fait, il s'agit de préserver la famille, de préserver les proches, d'éviter qu'il y ait une ruée à la fois des médias et puis des fans. Et donc, laisser quand même un moment de calme à la famille. Et généralement, plusieurs semaines après, on a une cérémonie hommage qui est ouverte plus largement qu'à la famille.

Bon là, on peut imaginer qu'énormément de dessinateurs de manga seront invités. Évidemment, d'autres artistes en plus de ses proches, de ses éditeurs, etc.

7:08
Présentateur

Alors, je n'ai même pas besoin de vous demander si c'était quelqu'un de très populaire au Japon.

7:15
Invité

Oui, alors ce qui est paradoxal avec les dessinateurs de manga de cette notoriété, c'est qu'on ne les voit jamais, en fait. Si vous regardez toutes les photos qui ont été diffusées d'Akira Toriyama, elles datent toutes. Les vidéos datent toutes. Ils ne se montrent pas, en général. Ils sont beaucoup protégés par leurs éditeurs qui évitent de les montrer et eux-mêmes ont guère le temps, en général, d'aller se promener à la télévision, d'aller rencontrer des fans. Ils sont très occupés par un rythme de parution qui est souvent très élevé. Ça a été le cas pour Akira Toriyama sur ses séries en parution hebdomadaire Doctor Slump ou bien Dragon Ball pendant plus de dix ans.

Il faut entretenir le lecteurat en permanence. C'est une machine industrielle, le manga au Japon. Donc, parution hebdomadaire, une vingtaine d'âges, ça exige un travail de fou parce qu'il faut penser l'histoire. Et puis, heureusement, les dessinateurs de manga qui fonctionnent à ce rythme-là ont aussi des assistants pour les aider.

8:18
Présentateur

Voilà, un travail énorme. C'est ce que je comprends de ce que vous nous dites et qu'il ne cherchait pas la lumière. On y reviendra, vous nous parlerez de sa personnalité dans quelques minutes, mais on va poursuivre notre tour de table. Benoît Huot, directeur éditorial manga chez Glenda, c'est donc vous qui le publiez. Quelle réaction, ce soir ?

8:37
Invité

La réaction, c'est d'abord la réaction d'un premier lecteur. J'ai commencé le manga avec Dragon Ball. Dragon Ball était mon premier manga à l'époque en sens de lecture français. Donc, j'ai été très triste d'apprendre cette nouvelle. Et ensuite, ma réaction a été pour la totalité des fans parce que je ne me suis bien évidemment pas senti seul avec cette information. Et puis, lorsque j'ai entendu cette nouvelle, j'ai eu une petite pensée pour Dragon Ball en me disant « Là, j'éprouve vraiment à quel point c'est dommage que les Dragon Ball n'existent pas. »

9:03
Présentateur

Ça, comme ça, c'est dit. On sent bien l'émotion chez vous tous, Thomas Hercouet. Pareil pour vous, journaliste à brut ? Bien sûr. Akira Toriyama n'a pas fait que des mangas. Il a aussi participé à des jeux vidéo. Il a fait la série Dragon Quest qui a lancé une forme du jeu de rôle actuel. Il a aussi travaillé sur un jeu qui s'appelle Chrono Trigger et qui est un jeu d'enfance pour aussi beaucoup, beaucoup de joueurs aujourd'hui. C'est un jeu qui est cool. C'est globalement retour vers le futur en jeu vidéo. Et en fait, ça fait bizarre. On perd des personnalités. Le jeu vidéo est jeune, c'est rare de perdre des personnalités.

Moi, en tant que journaliste à brut, ce qui m'a beaucoup ému aujourd'hui, c'est qu'en faisant des recherches, des veilles sur les réactions, on a vu toutes les générations se rassembler autour du fait qu'une partie de leur enfance était en train de s'éteindre. Et c'est aussi vrai, quand j'entends le discours d'Hippolyte, c'est très beau parce qu'il y a quelque chose de très intergénérationnel. Les adultes aujourd'hui, les parents, comme c'est Julien, je crois, le père d'Hippolyte. Oui, il nous a dit, mais quand vous dites toutes les générations, on commence à quel âge ? Parce que c'est sûr, 44, 45 ans, pas plus. Et pourquoi pas plus ? On est d'accord ?

Je pense que si, je pense qu'il y a des adultes qui, quand Dragon Ball sortait, il y a des adultes qui n'étaient peut-être pas extrêmement nombreux, mais qui regardaient déjà Dragon Ball. Je pense qu'il y a des... J'ai entendu des histoires d'enfants qui disaient « Moi, j'ai piqué des mangas Dragon Ball chez mes grands-parents ! » Alors, moi, je regardais Dragon Ball quand ça passait dans le club Dorothée, qui était très décrié à l'époque. Et je trouve qu'il y a un côté un peu... La nature se régénère.

Et surtout, Dragon Ball est passé en 20-30 ans d'un dessin animé qui divise l'opinion publique à quelque chose qui rapproche les générations, quelque chose qui fait que les nouvelles générations prennent le goût de lire aussi. Et je trouve qu'il n'y a pas plus bel hommage pour l'œuvre de Dragon Ball aujourd'hui que toutes les réactions qu'on a pu voir aujourd'hui, qui ont ému nos abonnés, qui ont ému les internautes, et aussi des talents du manga et des talents de la littérature. Alors, on reviendra sur cette histoire de division et puis de rapprochement. Mais Frédéric Segris, vous vouliez réagir ?

Oui, parce que même s'il y a toute une génération qui n'a pas lu Dragon Ball, Sengoku, c'est un nom qu'énormément de Français, quel que soit leur âge et leur origine, leurs conditions, arrivent à repérer. C'est-à-dire ce garçon avec cette coupe de cheveux improbable, ses cheveux pointus, etc. Ma grand-mère savait qui était Sengoku. Elle n'a jamais lu ni regardé un dessin animé de sa vie. Mais simplement, il y avait quelque chose d'iconique, de la même manière que des gens aujourd'hui peuvent très bien savoir à peu près à quoi ressemble La Guerre des Étoiles, à peu près à quoi ressemble Superman ou Batman, sans jamais avoir été véritablement amateurs. Et ça, c'est aussi la force d'une œuvre.

artistique, quelle qu'elle soit, c'est au bout d'un moment de s'imposer dans l'inconscient collectif sans même qu'on ait eu besoin de le lire un jour. Et donc, Dragon Ball n'a peut-être pas été lu par des gens qui ont 50 ou 60 ans, mais on sait ce qu'est Dragon Ball et on sait à quoi ressemble Sengoku. Voilà, c'est ça qu'on appelle la culture d'une certaine façon. Pierre-Antoine a appelé le standard de France Inter, il est en ligne. Bonsoir Pierre-Antoine. Vous appelez de Corse, je crois.

12:16
Invité

C'est ça. Bonsoir à vous. J'ai entendu plein de belles choses et plein de choses qui me touchent beaucoup et qui me parlent beaucoup. Un fan aussi. Frédéric Sigrist, oui. Enfin, un fan, je ne dirais pas que je suis fan, mais c'est quelque chose qui a fait partie de moi, qui a fait ce que je suis aujourd'hui aussi. Frédéric Sigrist. Voilà. Et le truc, on parlait de génération, d'âge et tout ça. Et j'ai une petite fille qui a 6 ans bientôt. Et c'est une œuvre que j'ai voulu partager avec elle.

12:48
Présentateur

Et du coup, elle est devenue accro, elle aussi ?

12:50
Invité

Elle est devenue accro, c'est devenu sa petite lecture du soir. Maintenant, toutes les 2-3 semaines, je vais acheter des Dragon Ball chez Glena parce qu'il y a une très belle édition. Et c'est notre lecture du soir. Et quelque chose que je trouve très intergénérationnel et très intemporel, c'est cette morale qu'il y a dans ce manga-là d'avoir un adversaire, de pousser ses limites et de faire de cette adversité un allié. Et je trouve que c'est très important. Je trouve que c'est une très belle morale. Et c'est un très bel hommage à la spiritualité en général des arts martiaux.

13:28
Présentateur

Le fameux esprit shonen. Alors justement, vous allez nous expliquer tout ça. Pour ceux qui ne connaissent pas, avoir un adversaire et faire de lui son allié, je viens d'entendre ce qu'a dit Pierre-Antoine. Ça veut dire quoi, Thomas Erkouet ? Alors, ce à quoi Pierre-Antoine fait allusion, c'est ce qu'on appelle l'esprit shonen. Je ne sais pas si je vais réussir à le résumer assez bien, mais dans Dragon Ball, et donc dans le genre shonen, qui est un sous-genre de manga, en fait. C'est un genre littéraire de manga.

13:53
Invité

Historiquement, ça désignait les mangas à destination des adolescents. Ce qui ne veut pas dire que tous les lecteurs de shonen sont forcément des lecteurs. On a une moitié de lecteurs et une moitié de lectrices, à peu près 50-50. Je te rends la parole.

14:04
Présentateur

Non, non, c'est très très juste. Et en fait, il y a ces arcs narratifs dans lesquels il va y avoir la notion de, par exemple, pour vulgariser, il va y avoir toute une histoire de tournoi où le personnage principal va arriver, va vouloir participer à un tournoi pour gagner ce tournoi et va se rendre compte qu'il n'est pas forcément au niveau et va tout faire pour se dépasser. Il va y avoir des rivaux autour de lui qui vont être dans la même dynamique et il va tout faire pour se dépasser.

Et ce qu'on va voir, de la même manière qu'on a le voyage du héros en littérature plus classique, on va voir le voyage du héros qui va tout faire pour se dépasser, pour dépasser ses limites, apprendre des nouvelles connaissances, triompher très souvent grâce au pouvoir de l'amitié aussi parce qu'on n'oublie pas que ce n'est pas que les muscles dans le shonen, c'est aussi l'amitié, les proches et la famille. Et c'est quelque chose qui a beaucoup infusé la culture rap aujourd'hui qu'on trouve beaucoup aussi au cinéma, dans les séries, dans les jeux vidéo. Et c'est vrai que ce sont des valeurs qui sont très intéressantes qui ont irrigué finalement toute notre culture aussi aujourd'hui.

14:58
Invité

Oui, et ce qui est très important de noter, c'est justement par rapport à ses adversaires, en fait, on a des oppositions, on a des adversités, mais à partir du moment où j'irais, cette adversité est résolue, donc on a quelqu'un qui du coup a remporté le combat, cela ne veut pas dire que forcément, systématiquement, l'adversaire reste mauvais. Et donc, il y a vraiment une notion de pardon et presque de partage vis-à-vis de certains personnages. Et on constate notamment que Vegeta, qui était un très grand méchant, reste un des personnages préférés du lectorat.

15:26
Présentateur

Voilà, donc des héros qui mettent tout le monde d'accord, qui dit mieux. On est en ligne avec la voix française de Son Goku, le héros de Dragon Ball. Bonsoir Brigitte Lecordier. Bonsoir. Vous êtes doubleuse. Alors, je voudrais vous demander avant tout votre réaction quand vous avez appris que celui que vous incarniez était désormais orphelin. Ben, grande tristesse déjà. Et puis, c'est quelqu'un qui m'a accompagnée toute ma vie, toute ma carrière. Et ben voilà, on est orphelin, quoi. Quelqu'un qui faisait partie de notre famille à tous. Et voilà, qui m'a constituée une énorme famille parce que grâce à lui, j'ai une énorme communauté.

Et on s'est tous retrouvés aujourd'hui sur les réseaux et partout pour le saluer et pour saluer son œuvre qui est gigantesque. Parce que, bien sûr, il y a Dragon Ball, mais pas que. Et voilà. Et j'ai été très fière de défendre ces petits personnages Son Goku, Son Gohan, Goten, Trunks. Vous nous dites un petit mot avec ces voix-là ? Ben, tu sais, Toriyama, j'aurais bien aimé avoir les sept boules de cristal ce soir parce que, vraiment, si on pouvait invoquer Shenron, ça me ferait vraiment plaisir. Je ne vous dis pas les sourires des deux dans ce studio, Benoît Huot et Thomas Ercouet. C'est assez fantastique quand vous parlez de cette façon-là, Brigitte Lecordier.

On va repartir un instant au Japon, Karine Nishimura. Tout ce qu'on a entendu depuis le début vous montre un petit peu l'étendue de... Je ne vais pas dire de l'amour pour ces personnages, mais c'est presque ça.

17:13
Invité

Ah mais oui, c'est ça. Mais alors, ce qui est très étonnant, en fait, pour moi, là, qui suis au Japon, c'est que j'entends ça du côté français, mais je l'entends moins du côté japonais. Il y a un regard beaucoup plus analytique en France sur l'œuvre des mangakas en général, sur le manga en général, qu'au Japon, où c'est d'abord un divertissement, en fait. Les gens vous parleront avec bonheur, évidemment, des mangas. Vous diront qu'ils les ont accompagnés, qu'ils les ont aidés, mais d'une façon moins analytique, d'une façon plus immédiatement sensuelle, en fait. Plus immédiatement, oui, sensorielle. Ce sera plutôt ça. Ça va leur rappeler leur enfance ou une anecdote.

Par exemple, le porte-parole du gouvernement, aujourd'hui, nous disait, moi, ça me rappelle que quand j'étais à l'université, il y avait une mode Harare. Harare, c'était un personnage du manga Doctor Slump avec une salopette et un chapeau. Et en fait, voilà. Donc, ça avait généré des modes et autres. Mais il y a moins, par exemple, l'analyse des valeurs du shonen manga. Le shonen manga, bon, shonen, ça veut dire jeune garçon. Et en général, au Japon, on ne dit pas shonen tout seul. On dit shonen manga. Shonen manga. Et il y a tout un ensemble de mots aussi qui ont pris un sens particulier en France et qui ne sont pas employés de la même façon au Japon.

vraiment, et il y a un rapport au manga en France qui dépasse, à mince égards, ce que je vois ici. C'est très intéressant. Vous savez qu'on a même eu... La force du manga en France.

18:45
Présentateur

Karine Nishimoua, vous savez qu'on a même eu une réaction du président Emmanuel Macron. Il a adressé ses pensées aux passionnés qui ont grandi avec lui. Je ne sais pas si ça...

18:55
Invité

Oui, c'est ça qui est complètement fou. Et ce n'est pas la première fois. J'ai déjà vu ça sur d'autres décès de mangaka en France. Il y a vraiment une passion en France pour le manga qui, pour les Japonais, est très intéressante et qui fait qu'en retour, les médias japonais parlent des médias français qui parlent de Toriyama.

19:15
Présentateur

Voilà, comme ça, la boucle est bouquée. On va voir dans un instant comment tout ça a commencé. Je vous rappelle que nous sommes avec Thomas Erkouet qui est journaliste abrut avec Benoît Huot qui est directeur éditorial manga chez Gléna avec Frédéric Sigrist également. Je voudrais qu'on revienne peut-être aux premiers albums. Quand est-ce que ça a commencé en France ? C'est quoi ? C'est les années, Benoît Huot, les années 80 ?

19:41
Invité

Les années... Alors, Dragon Ball est sorti au Japon en 1984 et les premiers tomes sont parus en France en 1993. À l'époque, le manga tel qu'on le connaît actuellement n'existait pas. Mais Dragon Ball était le premier manga, je dirais, en format poche puisqu'avant on avait eu Akira mais Akira était sorti en grand format encartonné. Donc Dragon Ball était le premier en format poche mais on n'était pas du tout dans les mangas tels qu'on les connaît actuellement puisqu'on était dans un sens de lecture français et avec non pas des jaquettes mais des couvertures à rabat. À l'époque, on considérait que les jaquettes étaient pour les beaux livres et pas pour des livres de poche.

Et très rapidement, en fait, le succès s'est rencontré... Le succès a été au rendez-vous pour la saga Dragon Ball parce que juste avant, il y avait eu la diffusion de l'anime à la télévision comme on en parlait tout à l'heure et heureux concours de circonstances entre guillemets, lorsque le manga Dragon Ball est sorti chez Gléna, l'anime n'était plus diffusé à la télévision. Ce qui fait qu'en fait, on avait tout un public qui avait grandi, qui avait été pris au trip par justement ces histoires, qui n'avait plus ces animés et qui du coup s'est ruée sur le manga.

20:40
Présentateur

Voilà, le succès du Club Dorothé aussi, j'ai appris ça aujourd'hui. Thomas Erkwet, ça a été un moment important pour le succès ? Je pense que si vous posez la question à des gens qui ont entre 30 et 35 ans aujourd'hui, c'est une référence, sans que ce soit une référence assumée, c'est quelque chose qu'ils connaissent en tout cas, qui est dans leur histoire. C'était emblématique et puis le Club Dorothé, ça a été aussi assez inscrit dans l'histoire de Dragon Ball par aussi Dragon Ball parce qu'il y a eu des levées de boucliers assez violentes autour de ces animés.

Il y avait Cannes le survivant aussi, il y avait d'autres animés qui ont fait polémique et surtout, on se rappelle de la période des japonaiseries. Tout ça, c'est derrière nous maintenant. Ségolène Royal avait publié un livre qui était... Le ras-le-bol des bébés zappeurs en 1989. Les enfants sont abreuvés de violences, de laideurs et de médiocrité. Tout à fait. Et regardez où ça n'a conduit. Finalement. Donc effectivement, le Club Dorothé, il y a eu un effet stressant. Ce qu'on appelle un effet stressant, c'est que quand les gens veulent interdire quelque chose, forcément, les gamins vont se ruer dessus.

Après, est-ce qu'il n'y avait pas non plus une petite erreur de programmation dans le sens où c'était quand même un animé qui était plus pour des pré-adolescents ou adolescents qui était mis à une heure plutôt pour les enfants ? Ça, la question reste quand même ouverte. Alors, parmi les fans de Toriyama, il y a Gaspar Auger, un des membres du duo Electro Justice qui est en ligne, figurez-vous. Bonsoir, Gaspar Auger. Bonsoir. Biberonné à Dragon Ball, vous aussi un petit pincement au cœur ce soir, j'imagine ?

22:04
Invité

Oui, complètement. Bien sûr, c'est une nouvelle assez douloureuse pour tous les gens de ma génération. Après, pour d'autres aussi, parce que je pense que c'est vraiment un succès complètement intergénérationnel et j'imagine que tout a déjà été dit sur Léna, sur Dragon Ball en général. Mais pour moi aussi, je pense que ce que je préfère chez Toriyama, sa période un peu plus naïve et enfantine, que ce soit le début de Dragon Ball avant que ça de Gen Z et Dr. Slump, qui était vraiment quelque chose de complètement différent de l'univers un peu belliqueux de Dragon Ball Z. Et c'était... Il y avait énormément d'humour qui s'est un peu perdu par la suite. Et moi, je suis quasiment plus fan de Dr.

Slump que de Dragon Ball et ça,

23:04
Présentateur

c'est tout de votre génération en fait.

23:09
Invité

Oui, c'est ça. Comme ça a été dit avant, on a commencé par le voir à la télévision. Mais tout le début, c'est vraiment les aventures d'un petit enfant qui découvre qu'il a une force phénoménale. Et ce qui est amusant, c'est qu'il y a des espèces de passerelles entre l'univers de Dr. Slump avec Aralee, la petite fille très forte aussi qui se retrouve dans l'univers de Dragon Ball. Et c'est... C'était vraiment une période, c'est au début des années 80 où c'est quand même beaucoup plus insouciant et naïf et charmant que deux personnages qui discutent dans le ciel avant de se taper sur la figure.

23:55
Présentateur

Alors, Gaspard Roger, il y a Thomas Erkouet qui a envie de vous poser une question. Oui, je voulais vous demander, Gaspard. Je sais que Dragon Ball et tout l'univers de Toriyama, ça a beaucoup influencé la musique. On voit beaucoup ça dans le rap. Il y a beaucoup de références très textuelles dans le rap. Mais vous, au sein de Justice, est-ce que vous en avez tiré quelque chose pour votre musique,

24:12
Invité

par exemple ? Non. En tout cas, oui, on en a tiré des influences quasi inconscientes parce qu'on a été épibronnés à aussi toute cette espèce d'utopie un peu spatiale qu'il y avait dans tous les dessins animés de l'époque. Et après, je vous entendais parler aussi du club Dorothée. C'est là qu'on devait toujours un peu subir pas de pitié pour les croissants en attendant les dessins animés et après, paix à l'âme de Corbier. Mais en tout cas, on était là pour les dessins animés et c'est assez fou que tous ces dessins animés aient été passés à des heures d'antenne pour enfants. Enfin, Camille survivante ou même Dragon Ballade, il y avait quand même quelque chose d'assez fou.

Mais évidemment, je ne regrette rien du tout et c'était des moments d'excitation incroyables. Et après, musicalement, pas nous, mais Kavinsky a senti un morceau de Dragon Ball Z.

25:21
Présentateur

Ah oui ?

25:22
Invité

Rien.

25:23
Présentateur

Un grand merci, Gaspard Auger, pour ce témoignage en direct sur l'antenne de France Inter. Merci. Merci beaucoup à vous. Il se trouve qu'on a un appel à elle, sept ans, qui nous appelle de parier à elle, c'est bien ça ? Oui. Ah ah, un fan encore ? Oui. Ah et pour quelle raison ?

25:47
Invité

Parce que j'aime beaucoup, il y a énormément de personnages, c'est vraiment drôle et j'adore les transformations.

25:57
Présentateur

Oui. Et qui t'a fait découvrir tout ça ? C'est mon papa. D'accord. Et donc, tu lis, tu regardes aussi des séries, des jeux vidéo ? Qu'est-ce que tu fais exactement ?

26:11
Invité

En fait, là, j'ai regardé, j'ai commencé la série de Dragon Ball et j'aime vraiment beaucoup. j'ai lu aussi tous les dragons de bol en deux semaines.

26:38
Présentateur

Eh bien. Wow, respect. Ils sont un peu épatés, là. C'est laquelle, ta transformation préférée ?

26:45
Invité

C'est Super Saiyan 3.

26:48
Présentateur

Oui, excellent goût. voilà. Bon, bravo à elle. Franchement, merci beaucoup de nous avoir appelés. Je vois l'influence des pères dans cette affaire et pour l'instant, beaucoup de, si je ne m'abuse d'appel de messieurs, on est le 8 mars, vous n'allez pas couper à une question sur le côté macho de Dragon Ball. Ça a été, ça a été une question posée à l'époque. Frédéric Sigrist, vous voulez prendre sa défense ? Oui, oui, oui, parce que je me doutais qu'on allait à l'arrivée vers ça.

Parce que oui, j'ai une petite fille, je suis, ma compagne, quand j'ai commencé à faire lire les mangas à mes enfants, elle m'a tout de suite regardé, elle m'a fait les gros yeux en me disant, attends, tu ne vas pas faire lire tes trucs, Apologie du patriarcat à nos enfants, etc. Donc, cette question, je peux y répondre. En fait, ma fille a commencé à lire Dragon Ball et moi-même, tout pétri de la bienveillance qui s'y est à France Inter. Je me suis dit, oh là là, il y a le personnage de Tortue Géniale qui est un vieillard libidineux, est-ce que ça ne va pas la gêner ? Est-ce que ça ne va pas la traumatiser ? Est-ce que c'est vraiment l'image que j'ai envie de montrer ?

Et en fait, elle les a lu d'une traite et je lui ai dit, mais ça ne t'a pas posé de problème ? Elle me dit, ah non, non, parce que lui, ok, c'est un pervers, etc. Mais de toute façon, il se fait tout le temps remettre à sa place et il n'y a pas de soucis. Mais le personnage de Bulma qui apparaît dans Dragon Ball, ce qui lui est apparu, c'est que c'est une femme extrêmement brillante qui, en général, drive le groupe autour de son Goku, mais comme personne, a créé une industrie qui ne fonctionne que sur son nom. Ensuite, il y a Shishi, la compagne de Goku qu'on voit enfant, qui gère tout et qui fait peur à son Goku lui-même.

Et dans les derniers épisodes de Dragon Ball Super, la dernière génération, il y a même l'apparition de Pan, la petite fille de Goku parce qu'il est devenu papy. Et en fait, c'est ça que ma fille, personnellement, adore. C'est cette transmission, cette idée de famille. Donc, effectivement, c'est un shonen, c'est un petit garçon qui grandit, il y a des combats, mais il ne faut absolument pas se mettre à la place des enfants et sur la manière dont ils vont percevoir l'intégralité de cette histoire. C'est-à-dire que j'ai été extrêmement surpris de voir ce qui faisait écho à une petite fille de 10 ans et ce n'est pas du tout l'image que je pouvais en avoir. Vous l'avez bien défendu.

Maintenant, je voudrais qu'on dise un mot peut-être de la personnalité de Toriyama, Karine Nishimura parce que, bon, d'après ce qu'on a pu lire, on ne va pas dire un peu asociale, enfin, il disait qu'il préférait de temps en temps la compagnie des animaux. Parlez-nous un petit peu de sa personnalité.

29:42
Invité

Le métier de mangaka impose un petit peu cela. Le métier de mangaka impose un peu de la solitude, du travail solitaire, de la réflexion solitaire. Non, je ne pense pas qu'il était asocial parce qu'il avait quand même... C'était un gars très sympa d'après ce que disent les autres mangakas qui l'ont côtoyé, qui parlaient des heures au téléphone quand il en avait le temps. Et c'est quelqu'un, en fait, comme l'a dit Frédéric Sigrist au début, en fait, se lassait assez vite, mais le format de manga impose qu'on fasse durer l'histoire autant qu'elle plaît.

Donc, lui, il a trouvé des moyens de continuer de divertir son lectorat, de continuer de générer aussi des générations après lui de dessinateurs de mangas. Il n'y a pas un dessinateur de mangas quel que soit son âge aujourd'hui qui vous dira qu'il n'a pas été influencé par Toriyama. ils l'ont tous été d'une manière ou d'une autre. Et les mangakas, oui, sortent peu de chez eux, donc on peut les voir un peu comme asociaux, mais je ne pense pas que ce soit la réalité. Moi, j'en ai un à la maison, un dessinateur de mangas, c'est mon mari, il n'est pas du tout asocial, je peux le garantir.

30:48
Présentateur

Alors, vous parlez de l'influence sur les dessinateurs, et je trouve qu'on est en ligne avec Sylvain Ferret, auteur de Talion chez Glena. Bonsoir. Bonsoir. Influencé, vous aussi ?

31:00
Invité

Clairement ? Oui, carrément, carrément, bien sûr, à fond.

31:03
Présentateur

Au point de vous être lancé dans les mangas, c'est ça ?

31:06
Invité

Oui, au point de m'être lancé dans le manga, j'ai toujours voulu en faire, après la première porte d'entrée, c'était la BD, mais finalement, j'ai réussi à en faire plus tard. Mais oui, clairement, Dragon Ball m'a énormément influencé et Toriyama en général. Et pour quelles raisons ?

En fait, j'ai grandi dans un tout petit village, je crois qu'on est beaucoup comme ça, en fait, où ça a été un peu notre premier accès au manga, mais moi, c'est aussi mes premières émotions, on va dire, en bande dessinée, parce que je lisais déjà des bandes dessinées traditionnelles, franco-belches, ce qu'il y avait chez moi, mais mes premiers moments vraiment d'émotions, de tensions, de rire, assez forts, c'est arrivé vraiment avec Dragon Ball et que je pouvais trouver parce qu'il arrivait jusqu'à mon marchand de journaux d'un village de 1000 habitants.

Et voilà, donc forcément, ça m'a beaucoup enfoncé, ça m'a même, je pense, conditionné parce que tout ce que je recevais par Dragon Ball, je le gardais, voilà, les sentiments de résilience, etc. Ça m'a beaucoup aidé après pour le travail en général.

32:10
Présentateur

Voilà, influence, merci beaucoup Sylvain Ferré, influence pour les dessinateurs, pour les musiciens, on l'a vu. Pour ceux qui font des spectacles aussi, Frélexie Griste ? Ah ben, complètement. Là, je m'adresse à vous, directement. Oui, oui, oui, c'est sûr.

Comme mon dernier spectacle était autobiographique, c'était évident que je ne pouvais pas faire l'impasse sur Dragon Ball, étant donné que c'est ce qui m'a fait tenir durant l'adolescence, c'est ensuite ce qui m'a fait tenir à l'âge adulte, c'est ce que je partage avec mes enfants, parce qu'on n'a pas assez parlé aussi de la manière qu'Akira Tomé a eue de créer le personnage de Goku, qui pour moi, c'est quelque chose qui sera absolument intemporel, vu que Goku est une sorte de mélange entre Rocky, Superman et Jésus.

Pour moi, c'est vraiment un ensemble, un sacrétisme mythologique c'est-à-dire qu'on le voit, on le découvre enfant, ce n'est pas un enfant très intelligent, il a le cœur pur, mais ce n'est quand même pas le couteau le plus aiguisé du tiroir, mais simplement, il est besogneux. Et pour lui, l'important, ce n'est pas de devenir un guerrier, mais c'est d'être un combattant. Et c'est quelque chose de très important comme nuance, parce que lui, il ne veut pas éradiquer l'adversaire, il veut juste voir s'il peut être meilleur que la veille. Donc déjà, ça pour un enfant en construction, c'est formidable.

Ensuite, le côté Jésus, c'est parce que justement, il est mort, il a ressuscité, il est remort, il a ressuscité. Et le côté Superman, c'est dans la deuxième génération, quand il a des enfants, toute cette mythologie de science-fiction qui s'impose avec la planète Saiyan, les Vegeta, Frieza, etc. tout ça, c'est des influences qui viennent cette fois-ci des Etats-Unis avec Superman, quand il y a la saga de Trunks, et des Seabox, et de Terminator. Et c'est aussi ça l'intelligence de Toriyama, c'est d'avoir au fur et à mesure incorporé énormément d'influences qui viennent d'ailleurs. Quand il a commencé à faire Dragon Ball, c'est parce qu'il aimait Jackie Chan et les films d'art martiaux.

Et toute son œuvre, c'est un fan qui se fait plaisir. Et donc forcément, en se faisant plaisir, il nous fait plaisir. Et comme ces références, je les avais aussi en grandissant, comme tout le monde, comme beaucoup de lecteurs et de lectrices de Dragon Ball, forcément, on tilte tout de suite quand on les voit, on dit, ah bah oui, là par exemple, c'est un personnage d'Alien, là par exemple, c'est un personnage de la Belle au bois dormant. Il faut savoir que par exemple, quand il termine Dragon Ball, parce qu'il n'a fait que 42 tomes, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on parle de Dragon Ball comme on parle de One Piece et de Naruto, alors qu'il n'y a 42 tomes.

Pour One Piece, on est à plus d'une centaine. Pour Naruto, on est sur une soixantaine. C'est que juste en 40 tomes, il a réussi à faire une déflagration, mais qu'on n'arrive même encore pas à mesurer aujourd'hui. Même au cinéma, dans les blockbusters, Matrix, Man of Steel, Street Fighter en jeu vidéo, Sonic, font autant de références à l'œuvre de Toriyama, une œuvre qui tient en 40 tomes. C'est incroyable. Je vais vous couper parce que j'aurais quand même donné la parole une dernière fois à Brigitte Lecordier et avec la vraie voix. Bonsoir. Vous allez nous faire encore un petit exemplaire ? Je ne sais pas, je pourrais vous faire peut-être un nuage magique.

Vous êtes d'accord avec tout ce que vous avez entendu rapidement depuis tout à l'heure ? Oui, plutôt. En ce qui concerne les femmes, je pense que je suis bien placée pour en parler aussi puisque aujourd'hui, c'est la journée des femmes. Je trouve justement que Dragon Ball est injustement... Qualifiée de macho ? Oui, parce qu'en fait, les femmes sont des femmes très fortes. Il y a des femmes très marrantes, notamment, il y avait Lynch qui devenait une super gangster quand elle éternuait. Il y avait ces femmes qui sont ma maman, Shishi, qui sont des femmes fortes et Bulma qui est hyper intelligente. Bravo, quoi. Toriyama aussi. Ce n'était pas comme ça les dessins animés avant.

Merci de l'avoir défendue vous aussi pour son côté femme. Merci Brigitte Lecordier et désolée pour Estelle qui venait d'appeler le standard de France Inter. On n'a pas eu le temps de l'apprendre. Merci beaucoup Frélexigrist. Merci beaucoup Karine Nishimura. Vous nous raconterez un peu la suite des événements dans les prochains jours au Japon. Merci Benoît Huot et merci Thomas Erkouet. Juste après le flash de 20h, ce sera Patricia Martin pour l'heure philo. Bonsoir Patricia. Frédéric Vormes et on va voir comment on peut philosopher pour mieux vivre. Dites-moi, ce sera après Les petits bateaux de Camille Cronier avec cette question ce soir.

37:13
Invité

Bonjour, je m'appelle Christine et je voulais savoir pourquoi les peintures des tableaux finissent toujours par se craqueler ? Merci de répondre à ma question. Au revoir.