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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 3 mai 2025 10 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalNumérique

Sur la piste des agents de Poutine - C dans l’air l’invité - 03.05.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    E.Guiol, bonsoir. Vous êtes journaliste, réalisatrice du documentaire "La Fabrique du mensonge".

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Racontez-nous. C'est irréel. On a l'impression d'être dans la 4e dimension, en Transnistrie.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous allez en Transnistrie et vous retrouvez la mère d'un jeune homme, qui est parti en France et qui a tagué des cercueils.

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Que cherche le Kremlin avec ces tags ? Est-ce que, du temps de l'URSS, on avait ces opérations visant à influer les opinions publiques à l'Ouest ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Ils utilisent l'arme des réseaux sociaux. Vous abordez le sujet.

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Toutes ces vidéos avec des fake news qui inondent les téléphones portables en Europe de l'Ouest, ça arrive à influer sur le résultat des élections ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00E.GuiolChiffre
    « Cet enfant a fait ça pour de l'argent. Mais croyez-moi, si on propose 50 dollars, n'importe qui irait pour 2 heures. "Va faire 4 pochoirs sur un mur et on te donne 40 à 100 dollars." »
  • 6:00E.GuiolFait
    « Depuis le début de l'invasion en Ukraine, en février 2022, les chancelleries occidentales ont expulsé beaucoup d'agents russes, d'espions russes, qui étaient présents sur nos sols. Le Kremlin s'est retrouvé sans ressources humaines. »
  • 8:00E.GuiolFait
    « Ils reproduisent aussi le site du ministère des Affaires étrangères pour faire croire à la mise en place d'une soi-disant nouvelle taxe en raison de la guerre en Ukraine. »
  • 10:00E.GuiolFait
    « Savoir si ça a des répercussions ou pas, si ça fonctionne... Toutes les opérations et les campagnes de désinformation ne fonctionnent pas. »
  • 12:00E.GuiolFait
    « Ils veulent multiplier les opérations pour faire du bruit, déstabiliser, qu'il y ait toujours un petit soupçon de quelque chose. »
  • 14:00A.de TarléFait
    « La France accuse Moscou d'être derrière le piratage de la campagne d'E.Macron en 2017. »
  • 14:00E.GuiolFait
    « On est en train d'attribuer officiellement la responsabilité de cette opération au GRU, le service de renseignement du Kremlin. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.de Tarlé: E.Guiol, bonsoir.

Vous êtes journaliste, réalisatrice du documentaire "La Fabrique du mensonge", diffusé demain soir sur France 5. Il est intitulé "Sur la piste des agents de Poutine". Vous revenez sur cette affaire des étoiles de David qui avaient été taguées dans Paris en novembre 2023.

C'était un mois après les attentats du 7-Octobre. Très vite, on a su que Moscou était derrière cet acte. Votre enquête vous a menée en Transnistrie, une région à l'est de la Moldavie, à la frontière avec l'Ukraine, sous domination russe.

Voici un extrait de votre sujet. Je me suis dit: "Si on veut s'imaginer l'URSS, on peut aller en Transnistrie." - Ce que nous avons pu voir, c'est un Etat minuscule qui possède son propre gouvernement et où le drapeau russe flotte partout dans les rues.

Un Etat où les transports sont d'un autre âge et où les habitants parlent russe. Dans les supermarchés, il faut changer sa monnaie en roubles, des roubles de Transnistrie. Ici, les statues de Lénine surplombent la ville. - A.de Tarlé: Racontez-nous.

C'est irréel. On a l'impression d'être dans la 4e dimension, en Transnistrie. - E.Guiol: Déjà, il faut y aller.

Normalement, c'est un territoire interdit aux journalistes. On n'a pas du tout le droit d'y aller. Il y a un peu de tourisme.

Ils accueillent les touristes assez facilement. Il y a un check-point. C'est tout près de la capitale moldave.

On n'arrêtait pas de nous le dire: "Les personnes qui sont venues tagger les étoiles de David à Paris viennent toutes de Transnistrie." On s'est dit qu'on ne pouvait pas aller voir à quoi ressemble la Transnistrie. Normalement, les journalistes ne sont pas autorisés à y aller.

On s'est fait passer pour des touristes. On a filmé avec nos téléphones portables. On voit un temps qui s'est arrêté, avec des vieilles voitures, des Lada, des vieux transports...

En une minute, on a l'impression d'être en Russie. Tout est en cyrillique. Les gens parlent russe. - A.de Tarlé: Alors que c'est la Moldavie, c'est l'Europe. - E.Guiol: Mais c'est un Etat autoproclamé indépendant.

Ce n'est pas vraiment l'Europe. - A.de Tarlé: Vous allez en Transnistrie et vous retrouvez la mère d'un jeune homme, qui est parti en France et qui a tagué des cercueils.

Vous avez recueilli son témoignage. - Cette femme derrière la vitre est la mère d'un jeune Moldave recruté pour une opération du Kremlin en France. Elle ne veut pas montrer son visage.

L'entretien est filmé de loin. Après l'opération des étoiles de David, son fils est missionné pour taguer au pochoir, avec d'autres Moldaves, des cercueils sur les murs de Paris. - Cet enfant a fait ça pour de l'argent.

Mais croyez-moi, si on propose 50 dollars, n'importe qui irait pour 2 heures. "Va faire 4 pochoirs sur un mur et on te donne 40 à 100 dollars." - Combien d'argent lui ont-ils promis? - Ils ont dit qu'ils paieraient son hôtel et lui donneraient beaucoup d'argent.

Mais combien exactement? Je ne sais pas. - A.de Tarlé: E.Guiol, on parlait de l'URSS.

Mais dans le temps, les Russes avaient des espions. On a l'impression qu'ils embauchent des petites mains, des adolescents désoeuvrés en mal d'argent, pour aller faire des basses oeuvres à l'Ouest. - E.Guiol: C'est exactement ça.

Depuis le début de l'invasion en Ukraine, en février 2022, les chancelleries occidentales ont expulsé beaucoup d'agents russes, d'espions russes, qui étaient présents sur nos sols. Le Kremlin s'est retrouvé sans ressources humaines. Il fallait trouver une autre solution.

Ce qu'ils ont trouvé, c'est un nouveau genre d'agents, qu'on appelle des "agents jetables", des "agents amateurs", qui acceptent pour très peu d'argent d'aller taguer des étoiles de David bleues dans les rues de Paris. - A.de Tarlé: Ils sont moldaves, donc ils peuvent venir à Paris sans visa, contrairement aux Russes. - E.Guiol: Exactement.

Ils viennent en avion ou en bus. Il n'y a aucun problème. Personne ne leur demande rien.

Ils peuvent facilement circuler. La plupart du temps, ces gens ne savent pas qu'ils travaillent pour le Kremlin. A force, quand ils se font arrêter, ils vont donner des noms, mais pas les gens en haut de la chaîne de commandement. - A.de Tarlé: Que cherche le Kremlin avec ces tags?

Est-ce que, du temps de l'URSS, on avait ces opérations visant à influer les opinions publiques à l'Ouest? - E.Guiol: Il y avait déjà des opérations.

On en cite une: l'opération des croix gammées. Ils avaient envoyé des gens taguer dans les années 60, dans les rues d'Allemagne et de France, des croix gammées dans toutes les rues. C'est le même genre d'opération. - A.de Tarlé: Poutine est un ancien du KGB.

Il a baigné là-dedans. - E.Guiol: Le but est de déstabiliser les sociétés.

Ils ne créent jamais une polémique ou un problème. Ils surfent sur les problèmes, amplifient les polémiques, divisent les sociétés. - A.de Tarlé: Ils utilisent l'arme des réseaux sociaux.

Vous abordez le sujet. Avec toutes ces fake news venant de Moscou qui se répandent sur nos téléphones. - Des mains rouges et des articles sur les cercueils au pied de la tour Eiffel.

Ils peuvent aussi fabriquer des contenus prêts à être diffusés en ligne, comme ces caricatures et ces clones de sites de médias connus pour diffuser de fausses informations. Ils reproduisent aussi le site du ministère des Affaires étrangères pour faire croire à la mise en place d'une soi-disant nouvelle taxe en raison de la guerre en Ukraine. Un faux site relayé par des chaînes russes.

Dans un document, les équipes se félicitent de leur répercussion, notamment sur les résultats du scrutin des élections européennes de 2024 et sur la montée des partis qu'ils appellent "traditionalistes". - A.de Tarlé: Toutes ces vidéos avec des fake news qui inondent les téléphones portables en Europe de l'Ouest, ça arrive à influer sur le résultat des élections?

Il y a un 1er tour en Roumanie où il y a des soupçons d'ingérence russe. - E.Guiol: Savoir si ça a des répercussions ou pas, si ça fonctionne...

Toutes les opérations et les campagnes de désinformation ne fonctionnent pas. On montre qu'au moment de la crise des punaises de lit à Paris, le Kremlin a très bien su utiliser la crainte des Français de se retrouver avec des punaises de lit chez eux. Ils ont continué à faire des articles de journaux alimentant cette crainte pour qu'elle se propage et continue. - A.de Tarlé: L'idée est de fragiliser les opinions publiques? - E.Guiol: Oui, et de déstabiliser les gens.

Avec les mains rouges et les cercueils au pied de la tour Eiffel, on a tout de suite su que c'était les Russes. Mais le Kremlin est très fort pour faire du bruit. Ils veulent multiplier les opérations pour faire du bruit, déstabiliser, qu'il y ait toujours un petit soupçon de quelque chose.

Ce sont les plus forts en la matière, et depuis longtemps. - A.de Tarlé: La France accuse Moscou d'être derrière le piratage de la campagne d'E.Macron en 2017.

On dit: "On n'est pas dupes, on sait que c'est vous"? - E.Guiol: On est en train d'attribuer officiellement la responsabilité de cette opération au GRU, le service de renseignement du Kremlin.

Cette opération date de 2017. Ca montre que les autorités françaises veulent être beaucoup plus transparentes et dénoncer le plus possible les opérations en provenance du Kremlin. C'est un énorme changement par rapport à il y a quelques années. - A.de Tarlé: Juste après, "C dans l'air" sera consacré à cette panne d'électricité géante qui est arrivée lundi dernier en Espagne.

On ne sait toujours pas ce qu'il s'est passé. Est-ce complotiste que d'imaginer que les Russes sont derrière cette coupure? Ils sont forts en cyberattaque. - E.Guiol: Oui.

On a beaucoup dit aux gens d'arrêter de croire les premières choses, qu'il faut laisser le temps à l'enquête. On a tendance à voir les Russes partout, comme il y a eu une panne SNCF au 1er jour des JO à Paris. C'était la même chose.

On a tendance à voir les Russes partout. En l'occurrence, je n'en sais rien. On va attendre l'enquête.

Mais c'est leur force, de nous faire penser qu'ils sont responsables de tout. - A.de Tarlé: Le fait qu'on imagine que ce soit eux, ça veut dire qu'on les prend pour déjà très forts. - E.Guiol: Exactement.

Ils sont forts, alors qu'ils ne sont peut-être pas si forts que ça. - A.de Tarlé: Demain soir, on ne manquera pas "Sur la piste des agents de Poutine".

Sur la piste des agents de Poutine - C dans l’air l’invité - 03.05.2025 — Emmanuel Macron · Pourquijevote