Discours de Jordan Bardella lors de la Convention de l'union nationale
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, mes chers amis, ma chère Marine, mon cher Éric, mesdames, messieurs, les députés français, les députés européens, je voudrais d'abord, et avant toute chose, avant de démarrer cette journée, commencer par vous dire merci et par vous féliciter par l'engagement, l'énergie, l'implication qui a été la vôtre depuis un an, à la fois à l'Assemblée nationale mais aussi au Parlement européen. Nous évoluons dans un paysage politique qui a été plein de chamboulements depuis 2022.
Ça a été rappelé par Marine et par Éric, d'abord évidemment par la dissolution, par l'hypothèse d'une victoire aux élections législatives, par le Front républicain qui s'est dressé face à nous, et évidemment désormais par cette présence toujours plus nombreuse, à la fois à l'Assemblée et au Parlement européen. Je pense que vous pouvez être très fiers de vous, très fiers du travail que vous avez accompli, et je crois pouvoir vous dire en nom à tous que vous avez fait honneur à nos électeurs et que vous avez fait honneur aux Français qui nous ont accordé leur confiance en 2024.
En 2024, on a passé beaucoup de temps sur le terrain, on a passé beaucoup de temps à mouiller le maillot, à essayer d'aller convaincre les Français que non seulement on pouvait changer le fonctionnement de l'Union européenne avec des alliés toujours plus présents, toujours plus puissants sur le continent européen, mais aussi qu'on était non plus seulement ici dans une démarche d'opposition, mais bien dans la construction d'une alternance. Nous sommes maintenant à moins de deux ans d'élections qui sont à la fois municipales, législatives et présidentielles. Et désormais, mes chers amis, nous menons une course contre le temps.
J'aimerais d'abord féliciter et remercier Éric Ciotti parce qu'il a eu le courage l'an dernier, après les élections européennes, de prendre ses responsabilités et de faire ce qu'aucun président de la famille politique héritée du général de Gaulle n'avait eu le courage de faire dans cette dimension-là, dans cette proportion-là. Ce courage, c'est celui de faire tomber la digue du politiquement correct qui, de manière totalement irrationnelle, condamnait les patriotes qui votaient pour le Rassemblement national et les patriotes qui votaient pour la famille UMP, puis les Républicains, de continuer à marcher, parfois dans la même direction, mais jamais en se tenant la main.
Alors il y a des convergences, il y a des différences de sensibilité. Et si nous avons choisi de marcher côte à côte sans susciter l'absorption ou l'adhésion de potentiels ralliements, à commencer par celui d'Éric à cette coalition, c'est parce que nous avons compris l'importance du Rassemblement. Le Rassemblement pour gagner, le Rassemblement pour gagner d'abord les élections législatives, le Rassemblement pour gagner demain des élections municipales et pour remporter des municipalités.
Cette alliance, cette plateforme que nous avons construite ensemble, elle va continuer à vivre dans le cadre des élections municipales, évidemment demain et après-demain, pour faire 50% et une voix lors de la prochaine élection présidentielle. Cette alliance, je crois pouvoir dire qu'elle s'est faite au-delà des sensibilités sur des principes très clairs.
La volonté que la France ne disparaisse pas, qu'elle préserve son identité, sa sécurité, ses libertés, notamment ses libertés d'expression, sa liberté de pouvoir vivre dignement de son travail, sa liberté de pouvoir entreprendre quand on est un chef d'entreprise, la liberté pour le peuple français de dire ce qui est bon pour son avenir et de pouvoir s'exprimer quand cela est nécessaire. Et Eric a eu raison de rappeler, et je le rejoins sur ce point, que ce qui nous rassemble est nécessairement plus fort que ce qui nous divise.
On peut regretter que beaucoup à droite n'aient pas encore compris cela et que par conformisme, par envie d'aller au gouvernement coûte que coûte, on préférait se diluer dans le macronisme et se diluer dans un projet qui aura, ça a été rappelé par Marine et Eric, en bientôt 10 ans, affaiblit considérablement notre pays, que ce soit sur le plan économique, sécuritaire, migratoire, et qui aura en tout cas énormément abîmé la voie de la France sur la scène internationale. Cette coalition, mes amis, ne la voyait pas simplement comme une coalition d'opposition. C'est une coalition qui a déjà été en capacité cette année d'obtenir des victoires. Ça a été là encore rappelé.
Si l'électricité a baissé de 15% pour 24 millions de Français au mois de janvier, c'est grâce à nous, c'est grâce à vous, c'est grâce à votre travail à l'Assemblée nationale. Si les médicaments n'ont pas été déremboursés, si les pensions de retraite ont été réindexées au début de l'année 2025, si le débat sur l'immigration ou sur l'énergie a été mis ici, dans cette maison parlementaire, à la table des débats, si des normes toujours plus absurdes pour nos entreprises ont été abrogées au Parlement européen, sont en tout cas en train de prendre cette direction, c'est grâce à notre travail, c'est grâce à notre nombre, et c'est parce que nos idées n'ont jamais autant influé le paysage politique.
Alors, Éric a mentionné l'UDR, je vais parler pour notre paroisse, jamais le Rassemblement national n'a compté autant d'adhérents, autant de militants, autant de parlementaires, je crois qu'aucun autre mouvement politique ne peut se targuer de réunir 5 ou 6 000 personnes pour un meeting à quelques heures de Paris en pleine campagne française, nous l'avons fait avec nos alliés européens il y a quelques jours, et nous allons évidemment continuer de le faire dans cet esprit de la campagne permanente, parce que Marine a eu raison de rappeler que notre pire ennemi c'est le temps, et que demain matin nous pouvons être appelés au pouvoir.
Et donc notre responsabilité, mes chers amis, c'est de se tenir prêts, c'est de continuer à travailler, c'est de continuer à se spécialiser. Je sais à quel point la politique peut être un sacerdoce, elle l'est pour nous trois, mais elle l'est aussi pour vous. Je crois que les derniers débats extrêmement vivants qui se sont déroulés ces derniers jours à l'Assemblée nationale montrent à quel point, et même ces derniers mois d'ailleurs, la politique est aussi un sacrifice quand on la pratique à haut niveau. Elle est un sacrifice pour sa vie personnelle.
Elle est un sacrifice parce que le temps qu'on passe dans l'hémicycle jusqu'à très tard le soir ou sur le terrain, à aller rencontrer nos compatriotes, ou dans sa permanence, à accueillir les plus vulnérables d'entre eux. C'est du temps qu'on ne passe pas auprès de ses proches, mais c'est quand même du temps qu'on dépense pour eux, et c'est quand même du temps qu'on dépense évidemment pour les générations qui vont nous succéder. Et en cela, évidemment, le combat politique et l'engagement qui a été le vôtre est parfaitement noble, et je crois que c'est important de ne jamais l'oublier. Donc ce premier anniversaire ne sera pas le dernier.
Nous allons évidemment continuer dès septembre de nous remettre au travail. Nous avons d'ores et déjà bien avancé sur les investitures, pour les élections législatives. Nous continuons d'avancer, et cela jusqu'à la mi-juillet, pour les investitures des élections municipales, d'un commun accord avec l'UDR d'Éric Ciotti, avec l'idée de valoriser les talents, de faire émerger de nouveaux profils, parce qu'on s'est rendu compte que partout où on a conquis des municipalités, on a fait tomber des circos dans le département quelques mois plus tard. Et partout où on a conquis des circos aux élections législatives, évidemment qu'on est en bonne voie aujourd'hui pour remporter des municipalités.
Et c'est peut-être ce qui nous a manqué pendant très longtemps, à chaque fois que des gens qui parfois partagent nos idées, mais sont peut-être hésitants à franchir le pas, le simple fait d'avoir un échange avec vous, le simple fait de pouvoir vous rencontrer, le simple fait de pouvoir discuter avec vous, change totalement la perception, et évapore en fumée les caricatures et le prêt-à-penser qui a été bâtie parfois de manière totalement injuste et de manière totalement illégitime et infondée contre nos idées. Pour vous parler peut-être un peu plus de l'actualité politique, on est tous d'accord pour se dire que ce gouvernement ne vivra pas très longtemps.
Il ne vivra pas très longtemps parce qu'il est frappé du saut de l'impuissance et qu'il a choisi de ne rien faire. Il a choisi de ne rien faire sur le pouvoir d'achat. Il a choisi de ne rien faire pour rendre la vie facile à nos chefs d'entreprise. Il a choisi de ne rien faire sur les enjeux migratoires, sur les enjeux sécuritaires. Et quand on voit, ça a été esquissé par Eric, les chiffres de l'immigration qui sont sortis il y a quelques jours, on comprend à quel point M. Retailleau est le ministre de la Parole et que c'est très facile de faire les constats que tout le monde fait depuis 10 ans dans la vie politique française qu'une très grande majorité des Français partagent.
Mais si c'est être aux responsabilités, pour ne pas assumer ces responsabilités, pour faire croire aux Français qu'on fait alors qu'on ne fait pas, alors à ce moment-là, il faut partir. Les titres de séjour sont, en 2024, les chiffres consolidés de l'immigration, vous les avez vus, sont apparus il y a quelques jours et ont été diffusés à la presse il y a quelques jours, sont à un niveau record. 343 000 titres de séjour en 2024 contre 340 000 en 2023, ce qui veut donc dire qu'avec M. Retailleau, ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron, il n'y a jamais eu autant d'immigration en France depuis 10 ans.
L'asile a augmenté de 13 %, les naturalisations ont augmenté de 6 %, les titres octroyés à l'Algérie ont augmenté de 24 000 titres de séjour accordés en un an, et les naturalisations à des ressortissants algériens de 4 000 naturalisations supplémentaires.
Donc je pense que quand on parlait de riposte gradu, on s'est peut-être mal compris avec le ministre de l'Intérieur, mais voyez bien que, évidemment, les enjeux énergétiques qui ont été abordés cette semaine, où les enjeux et les résultats économiques montrent que rien de sain et rien de viable ne pourra émerger de ce gouvernement, et je crois que c'est l'occasion aujourd'hui de rappeler que si ce gouvernement continue dans la voie qu'il a choisie depuis le début de l'année 2025, alors ce gouvernement tombera.
Et nous allons nous battre dans le cadre du débat budgétaire pour faire en sorte que le pays soit protégé d'augmentation d'impôts injustes dans un pays qui a le plus haut niveau de prélèvements obligatoires et de souffrance supplémentaire pour le pays et pour les Français. Et d'ici là, nous allons nous préparer. Cette journée, évidemment, contribue à cette préparation. Il faudra, pendant les quelques jours de repos cet été, vous reposer, parce que nous avons une montagne sur les épaules.
Et je peux vous assurer qu'à chaque fois qu'on discute avec des Français, qu'à chaque fois qu'on discute avec des salariés, des fonctionnaires, des policiers, des agriculteurs, des pêcheurs, ça a été mon cas hier dans le sud de la France, dans l'Hérault, avec notre ami Aurélien Lopez, on repart généralement de ces échanges avec quelques centimètres de moins, écrasés par la confiance que mettent les Français sur nos épaules. Par conséquent, le temps qui vient sera un temps difficile. Il faudra répondre présent. Et nous avons très certainement sur les épaules le poids des générations qui vont venir après nous. Ayez conscience de cette tâche. Méditez dessus encore et encore cet été.
Encore bravo et félicitations pour le travail accompli. Nous sommes tous les trois extrêmement fiers de vous. Et dites-vous que l'histoire nous regarde et que le vent qui est en train de souffler sur la France, qui a soufflé en 2024, il souffre sur toutes les démocraties occidentales. Et donc il n'y a aucune raison pour que ce qui est possible dans d'autres pays européens, pour que ce qui est possible dans d'autres démocraties, ne le soit pas en France. Regardez ce qui est en train de se passer autour de nous.
Et dites-vous que nous sommes très certainement l'espoir que beaucoup attendent et que la pire tristesse pour nous serait sans doute de décevoir les millions de Français qui attendent tant de nous. Mais nous allons tâcher, évidemment, de ne pas les décevoir et de contribuer d'oeuvrer au redressement de notre pays qui en a bien besoin. Merci à vous. Bon courage pour cette journée de travail. Merci encore à Éric pour son courage. Merci encore à Marine de nous porter avec toujours autant d'élégance, de détermination, de sacrifice. Et la victoire se fera aussi au prix de notre unité. Et de grâce, n'offrons pas le spectacle que beaucoup attendent. Merci.
Merci. Merci.