Imam Iquioussen : comment a-t-il pu filer ? - Gérald Darmanin - C à vous - 31/08/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse partielle
Au-delà du symbole, est-ce que chasser cet imam va l'empêcher de diffuser ses idées ?
- 2:56FerméeÉludée
Mediapart dit que vous avez dîné avec Iquioussen en 2014, vous confirmez ?
- 3:18FerméeRéponse partielle
Vous étiez sous le même toit ?
- 4:29RelanceRéponse partielle
Vous dites que c'est une victoire, mais le type vous file entre les doigts.
- 5:06RelanceRéponse partielle
Il était fiché S, pourquoi ne pas l'avoir surveillé ?
- 5:48OuverteRéponse directe
La piste privilégiée est la Belgique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« C'est un arrêt très important du Conseil d'État qui n'était pas gagné d'avance. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on peut indépendamment d'exclure un étranger du sol national qui est là depuis très longtemps ? »
- 1:13Invité politiqueFait
« C'est comment on ne condamne pas plus simplement les terroristes. »
- 1:23Invité politiqueFait
« C'est plus compliqué lorsque les gens sont très intelligents. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Monsieur Kusset est très intelligent et très dissimulateur. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Ça fait 15 ans, 20 ans qu'il le dit. Pourquoi maintenant ? »
- 1:47Invité politiqueFait
« Il a dit ces derniers temps des propos beaucoup plus graves. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Parce qu'il y a eu tous les attentats que nous avons connus. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Le législateur a fait la loi séparatisme. »
- 3:06Invité politiqueFait
« Ça fait partie de très nombreuses fake news et attaques que j'ai eues personnellement. »
- 6:41Invité politiqueChiffre
« Nous avons expulsé 734 étrangers radicalisés depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. »
- 6:46Invité politiqueChiffre
« 72 dans les sept derniers mois. »
- 6:50Invité politiqueFait
« Elle n'a voté aucun des textes qui nous permettent de faire ce qu'on a fait là. »
Temps de parole
- Gérald Darmanin82 %
- Invité12 %
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Pour le ministre de l'Intérieur, la question est à quoi ça sert ? Au-delà du symbole et de la lutte nécessaire contre l'idéologie islamiste, est-ce que chasser cet imam du territoire va l'empêcher de diffuser ses idées rétrogrades ou discriminantes ? Est-ce qu'au contraire, la publicité, voire le tapage fait autour de ce prédicateur, n'ont pas incité les gamins à aller voir ces vidéos toujours en ligne ? Enfin, si I.Q. Sen était l'ennemi public qu'il fallait bannir de toute urgence après 20 ans de propos publics problématiques ou scandaleux, pourquoi l'avoir laissé dans la nature sans même surveiller ses allées et venues dans l'attente de son jugement ?
Alors il y a beaucoup de questions dans votre question. On peut les prendre dans l'ordre. Exactement, mais c'est un point très important et vous avez raison de dire que c'est un arrêt très important du Conseil d'État qui n'était pas gagné d'avance puisque la question se posait, comme vous l'avez dit, de est-ce qu'on peut indépendamment d'exclure un étranger du sol national qui est là depuis très longtemps, est-ce qu'on peut condamner le double discours séparatiste, que vous avez raison de s'appeler de dissimilation, de taquillage ?
C'est très clairement dit d'ailleurs dans l'arrêt du Conseil d'État qui est vraiment la difficulté que nous avons aujourd'hui et qui a fait naître aussi le séparatisme d'atmosphère, le djihadisme d'atmosphère, comme dit Régide Kepel, qui a conduit à l'assassinat de Samuel Paty. C'est bien ça dont il s'agit. C'est comment on ne condamne pas plus simplement les terroristes. C'est très facile quand quelqu'un dit qu'il faut tuer tous les juifs. C'est assez facile de le faire condamner et de l'exclure. C'est plus compliqué lorsque les gens sont très intelligents. Monsieur Kusset est très intelligent et très dissimulateur.
Et ça vraiment, c'est la loi séparatisme qu'il a permis, voulue par le président de la République, et désormais le droit français se l'accapare. Alors pourquoi maintenant ? Parce que j'ai souvent entendu ça. Ça fait 15 ans, 20 ans qu'il le dit. Pourquoi maintenant ? D'abord, il a dit ces derniers temps des propos beaucoup plus graves, mais surtout parce qu'il y a eu tous les attentats que nous avons connus. Parce que le législateur a fait la loi séparatisme. Parce que justement, le Conseil d'État, et c'était la défense du ministère de l'Intérieur, qui était de dire, mais parce qu'aujourd'hui, il y a eu urgence.
Il y a urgence parce qu'un discours, un double discours, arme mentalement des personnes parfois de passer à l'acte. Je ne dis pas que M. Iqusen arme tous les gens à passer à l'acte, mais il permet à des personnes, notamment les plus faibles d'entre nous, de se reconnaître dans un passage à l'acte contre l'Occident. Et vous avez dit les plus jeunes d'entre nous. Vous savez, M. Iqusen, et ça je pense que c'est un fait très important. Il savait très bien ce qu'il faisait. Il allait prêcher dans les coins les plus pauvres de France. Denain, que je connais bien, ma grand-mère y est née. C'est le cas évidemment de Saint-Saint-Denis. C'est le cas d'endroits terriblement pauvres.
Il allait dans ces endroits-là pour prener sa haine des femmes, sa haine des juifs, sa haine des homosexuels, sa haine des valeurs occidentales, négationnistes, disaient que les attentats que nous avons connus en France n'étaient pas des attentats qui avaient été faits par Daesh, en tout cas pas par des islamistes ou pas par des musulmans. Et je pense que ça, c'est vraiment à sanctionner. Il fallait retirer cette personne du territoire national.
– Mediapart dit que vous avez dîné avec IQCL en 2014, alors que vous étiez candidat à la mairie de Tourcoing. Vous confirmez ce dîné ?
– Ça fait partie de très nombreuses fake news et attaques que j'ai eues personnellement. Il se trouve que j'ai fait plus de 400 réunions publiques en Tourcoing en 2014. Je n'ai pas dîné. – Donc c'est faux ? – Il se peut que, comme j'ai vu des milliers de personnes dans ma campagne municipale, que cette personne ait pu être là.
– Vous étiez sous le même poire ?
– C'est fort probable. Mais vous savez, j'ai rencontré plein de gens pendant les campagnes municipales depuis maintenant il y a 8 ans. – Il y a 8 ans, bon. Donc la question n'est pas celle-là. La question c'est est-ce qu'on a le courage aujourd'hui de faire ce qu'on ne faisait pas auparavant.
Et c'est difficile. – On ne peut pas parler sans que la loi séparatisme ait à voir là-dedans.
– Mais la loi séparatisme, elle ne permet pas d'avoir les mesures d'exclure les personnes. Mais elle a créé l'idée, et je pense que le Conseil d'État le reprend, que le séparatisme, le djihadisme d'atmosphère, quelque chose qui est plus insidieux, comme vous l'avez très bien dit, qui touche les associations, qui touche l'école, qui touche les réseaux sociaux, et qui touche aussi les prêches, qu'elles soient sur Internet, parce que l'imam Google est parfois plus grave que l'imam de la mosquée radicalisé, c'est très important, ça permet de changer le droit. Je voudrais quand même dire que je ne confonds pas, et la République ne confond pas, M.
Kyssen avec l'immense majorité des musulmans de France, qui bien évidemment prie, aime la République, et ne se confondent pas avec les propos radicaux que tient un monsieur comme M. Kyssen, et que sont les premiers, me semble-t-il, à demander que nous nous séparions des islamistes radicaux pour enfin qu'ils puissent vivre correctement et intégralement leur religion.
– Vous l'avez dit, c'est un combat, il n'était pas gagné d'avance, vous le gagnez finalement, et puis…
– Vous dites que c'est une victoire.
– Le type vous file entre les doigts, il a disparu, parce que vous ne l'avez pas pris des mesures de surveillance ou de…
– On n'est pas une dictature, c'est-à-dire que moi je suis mis à l'intérieur avec des préfets de la République et des policiers qui appliquent le droit. Le droit ne permet pas de mettre dans des prisons en préventive avant que quelqu'un soit condamné, vous l'avez dit, il n'avait jamais été condamné auparavant. Le droit, surtout qu'on avait perdu au tribunal administratif, le droit ne permet pas de mettre des techniques très modernes de géolocalisation, de modernisation absolue, lorsque la personne n'est pas recherchée, n'est pas un fugitif délinquant. Il a été au moment où le Conseil d'État a dit, vous pouvez l'expulser, trois heures après…
– Il était fiché S, il était fiché S.
– Oui mais fiché S, c'est une indication, vous savez, les fichés, c'est d'abord pas un acte administratif, ça aide les services de renseignement à écouter ou à suivre des personnes. Mais on n'avait rien à reprocher M. Écuissaine jusqu'au moment où il s'est soustrait justement à son expulsion. D'ailleurs, il est aujourd'hui, la justice viendra à se prononcer peut-être si nous l'interpellons, passible de trois ans d'emprisonnement parce qu'il s'est soustrait à la mesure justement d'expulsion du territoire national. La justice a été dans cette affaire extrêmement rapide. Le Conseil d'État a donné l'arrêt qu'on connaît.
Trois heures après, le préfet du Nord a obtenu du juge des libertés de détention des visites domicilières, allé chez lui pour récupérer cette personne. Et on est à quelques kilomètres de la Belgique, dans ce coin de France. – Donc ça, c'est la piste privilégiée, la piste en Belgique. – Manifestement, manifestement…
– Ça veut dire que toutes les polices françaises sont mobilisées ?
– Non, c'est pas l'homme le plus cher chez France. – Il faut savoir raison garder. Mais manifestement, toutes les informations que nous avons font que M. Écuyssen est désormais hors de France. Nous avons pris des actes administratifs très importants pour l'empêcher de revenir. S'il devait revenir comme un fugitif, nous l'interpellerons. On le mettra en centre de rétention administratif et nous l'expulserons. Il est manifestement en Belgique. Dès demain, je donnerai à la ministre de l'Intérieur belge les informations sur M. Écuyssen. Il sera interdit de venir en France. Tant mieux. C'est une très bonne chose.
– Le seul islamiste que Gérald Darmanin s'apprête à expulser est introuvable. Quant au Maroc, il bloque son expulsion en suspendant le laissé-passer consulaire. La France doit à nouveau se faire respecter, commentaire signé cet après-midi de Marine Le Pen. La France ne se fait pas respecter, c'est qui maman fuite ?
– Madame Le Pen démontre une nouvelle fois d'abord son incapacité à connaître ses dossiers. Nous avons expulsé 734 étrangers radicalisés depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. 72 dans les sept derniers mois. Donc ce n'est pas d'abord le seul. Deuxièmement, elle n'a voté aucun des textes qui nous permettent de faire ce qu'on a fait là. Ni la loi séparatisme, ni la loi contre le terrorisme, ni la loi qui permet justement de pouvoir expulser des personnes même lorsqu'elles sont arrivées depuis un certain temps sur le territoire national. La vérité, c'est que ce que nous faisons aujourd'hui, c'est un ordre républicain qui fait reculer le Front National.
Nous disons bien évidemment aux électeurs du Front National, dont une grande partie d'ailleurs pense, que nous ne sommes pas assez durs avec les plus méchants, que nous sommes durs avec les méchants. Et ce que ne veut pas Mme Le Pen, c'est qu'on résolve les problèmes, parce qu'elle vit des problèmes. Quand il n'y a plus de problèmes, il n'y a plus de Mme Le Pen. Je ne connais pas de gens très heureux, propriétaires de leur maison, heureux avec leurs voisins, heureux d'échanges des cultures, qu'aillent voter le Front National d'un seul coup.
Je connais des gens, parmi aussi les gens que je connais à Tourcoing, qui connaissent des difficultés sociales, des difficultés économiques, des difficultés aussi parce qu'ils connaissent l'insécurité, ou ils ont peur pour leur pays. Quand on arrive à les rassurer, il ne vote plus Mme Le Pen. Mme Le Pen, elle vit la présence de M. Écuissène sur le territoire. Quand on retire des Écuissènes, il y a moins de Front National.
Mais ce que vous saluiez hier comme une victoire, n'est qu'une demi-victoire en réalité aujourd'hui.
C'est une grande victoire pour la République. D'abord parce qu'on a un arrêt de principe du Conseil d'État qui va nous permettre d'aller plus loin dans d'autres personnes qui sont comme...
Pour accélérer le rythme des expulsions.
En tout cas, preuve est faite. Il y a eu un débat tout l'été. Après, quand j'ai demandé l'expulsion de M. Écuissène, qui a quand même été validé par un magistrat de l'ordre judiciaire la première fois, il ne faut pas l'oublier, et qu'on est allé au tribunal administratif, y compris la France Insoumise, expliquer que nous dépassions notre droit, qu'on en voulait aux musulmans, qu'on n'avait rien à lui reprocher, que c'était finalement un homme formidable, lui qui disait que le peuple juif était ingrat et qu'effectivement la femme devait absolument ne pas montrer son corps. Quand nous avons gagné au Conseil d'État, après deux mois de discussion, on dit désormais que c'est une demi-victoire.
Nous avons un grand arrêt de principe du Conseil d'État. On n'est pas obligé de changer la loi.
C'est le juge des référés. Il n'a pas statué au fond le Conseil d'État.
Je mettrai sur les réseaux sociaux la récomplique et publique, puisque le Conseil d'État le rend évidemment au nom de tous les Français. Ses attendus sont très clairs. Je veux d'ailleurs dire que les attaques contre son indépendance sont absolument scandaleuses, mais indépendamment de ça, ce que je veux souligner, c'est que nous nous réveillons. Et nous sommes durs, et c'est difficile. Et moi je veux bien avouer que c'est difficile d'être ministre de l'Intérieur. C'est difficile tous les jours de pouvoir se battre contre des personnes qui sont insidieuses et qui en veulent à la République française. Mais moi c'est mon combat. Parfois on perd, parfois on gagne.
Là on a gagné, c'est une très bonne chose pour la République. Merci.
Merci.
Gérald Darmanin