Interview de Lamia El Aaraje, porte-parole d’Emmanuel Grégoire à Paris
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Effectivement, bonjour Lamia El Aradj et bienvenue sur Europe 1. On va bien sûr évoquer les municipales à Paris et votre candidat Emmanuel Grégoire. Mais juste avant, c'est l'actualité, c'est le Moyen-Orient, on peut difficilement passer à côté. Une grande partie de l'extrême-gauche condamne cette opération en Iran. Rima Hassan en tête, Éric Coquerel, également Daniel Obono. Comment Lamia El Aradj réagit, votre famille politique, notamment le Parti Socialiste ?
Le Parti Socialiste est extrêmement préoccupé par la situation au Moyen-Orient aujourd'hui. On suit tous l'évolution des bombardements qui désormais s'étendent bien au-delà des frontières de l'Iran du fait de la riposte iranienne. On pense aux millions de victimes du régime mené par Roumanie. On condamne l'opération, on suit attentivement la situation. Et au-delà de ça, on appelle un retour aux voies diplomatiques pour essayer de trouver une solution de paix et d'apaisement. Et on pense notamment aux victimes civiles de ces opérations.
Vous êtes sur la même ligne que la France insoumise ?
Je ne suis pas du tout sur la même ligne que la France insoumise. Nous sommes cohérents avec la position que nous avons toujours portée. Et notamment, nous avons été extrêmement en soutien des femmes iraniennes et des Iraniens qui, depuis un certain nombre d'années, manifestent. Et on pense notamment à toutes les familles qui, il y a ça quelques semaines, ont été récupérées à la morgue les corps de leurs enfants. Donc je crois que c'est une situation suffisamment grave pour mériter à la fois un peu de nuance, mais au-delà de ça, rappeler les voies diplomatiques qui nous semblent être fondamentales.
Et au-delà des clivages politiques en France, effectivement. Alors on en vient au municipal à Paris, si vous le voulez bien, l'ami Alaraj. Emmanuel Grégoire, votre candidat est au coude à coude dans les sondages avec Rachida Dati. Certains sondages vous mettent devant, d'autres non. On est, comme on dit, dans la marche d'erreur, on va le dire comme ça. Emmanuel Grégoire est donc le candidat de la gauche unie, unie hors LFI. C'est une précision importante. Pourtant, il y a dans votre liste une ancienne de chez LFI, c'est Daniel Simonnet. C'est un problème pour vous, ça ou pas ?
Ce n'est pas un problème, dans la mesure où Daniel Simonnet a rompu avec la France insoumise, sur la base d'un certain nombre de valeurs que nous partageons, sur la base d'un certain nombre de critiques qu'elle a émises. Vous ne l'avez pas ménagé par le passé ? Je ne l'ai pas ménagé, par ailleurs, je l'ai affronté. Je vais expliquer pourquoi. Je l'ai affronté, je n'ai pas changé d'avis sur ce qu'il a pu nous distinguer. Simplement, nous estimons aujourd'hui que la gauche unie et les écologistes savent se rassembler autour d'une vision commune quand l'essentiel est en danger. Et nous pensons que le projet de Daticnafo est un danger pour les Parisiennes et les Parisiens.
C'est vrai qu'effectivement, vous cherchez à effacer certaines ambiguïtés que pointent vos adversaires. Parce que, Daniel Simonnet, vous l'avez vous-même, c'était dans l'un de vos tweets qui a été exhumé, Lamia El Arach, vous l'avez prise à partir en 2022 sur Twitter en l'accusant d'avoir une position très ambiguë sur l'antisémitisme. C'était violent, et justifié d'ailleurs. Je n'ai pas changé d'avis.
Je n'ai pas changé d'avis. J'ai eu l'occasion de dire à Daniel Simonnet ce que j'en pensais. La venue, en l'occurrence, sur ce tweet de Jérémy Corbyn que j'avais dénoncé.
Figure antisémite au Royaume-Uni.
Figure du Labour qui a eu effectivement un certain nombre de collusions avec des figures antisémites au Royaume-Uni. Je n'ai pas changé d'avis sur cette question. Daniel Simonnet s'en est expliqué, notamment auprès d'Emmanuel Grégoire, regrettant l'avoir fait venir Jérémy Corbyn et disant que si c'était à refaire, elle ne le referait pas.
Alors, il n'y a pas que Mme Simonnet. Il y a aussi Laurent Sorel, ex-LFI, 31e sur votre liste. Lui a déjà republié des tweets de Raphaël Arnaud. Laurent Sorel qui a notamment déclaré que le 7 octobre, je cite, « c'était pas du terrorisme ». Il y a également Lucie Castey qui s'est affichée il y a quelques années auprès de Raphaël Arnaud. Elle est 8e de votre liste. Tout ça, glace un peu le sang, Lamia El Arad. Vous comprenez la peur de certains de vos électeurs ?
C'est une forme de confusion que certains cherchent à entretenir. Donc ça, c'est pas vrai. Je ne vous dis pas que ce n'est pas vrai. Je vous dis simplement que les gens ont aussi le droit d'évoluer dans leur position. Les gens ont aussi le droit de considérer que nous avons un programme commun que nous avons bâti sérieusement, et j'imagine que nous allons y revenir, que dans ce programme commun, il y a des choses qui nous rassemblent, ce qui n'occulte pas un certain nombre de nos différences. Pour autant, nous ne sommes pas dans le même parti, nous ne portons pas exactement les mêmes positions. Mais vous êtes dans la même équipe alors.
Mais sur le programme de la gauche unie et des écologistes, qui est extrêmement clair sur ces positions, nous nous rassemblons. Et par ailleurs, celles et ceux qui me connaissent et qui connaissent mes positions savent qu'il n'y a jamais eu aucune ambiguïté sur ce que j'ai pu défendre, ce que j'ai pu dire de la France insoumise, et je n'ai pas changé d'avis.
Est-ce que la liste la gauche unie, ça inclut le parti communiste ?
Oui, tout à fait.
Bon, vous savez ce qui s'est passé avec le parti communiste, c'est la section du 18e arrondissement. Il y a un an, sur Twitter, la section du PC du 18e arrondissement a fait allégeance à la jeune garde en déplorant sa dissolution.
Écoutez, vous voyez, vous me l'apprenez. Ce sont vos amis. Vous me l'apprenez, moi, mes interlocuteurs, aujourd'hui au sein du parti communiste, c'est Yann Brossat, c'est Raphaël Primet, qui sont des gens avec lesquels nous travaillons de longue date, avec lesquels je crois que nous avons énormément, énormément de points communs, et surtout avec lesquels nous travaillons dans l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens.
Mais vous comprenez que ça entretient une sorte d'ambiguïté ?
Il n'y a absolument aucune ambiguïté. Je vous invite à regarder nos déclarations, notre programme est extrêmement clair. Aujourd'hui, vous avez une vision de la droite extrémisée que vous oubliez d'évoquer. Moi, quand je regarde la liste de Mme Dati avec les hémoristes qui y sont, quand je regarde la liste de Mme Knaffot avec les LR qui y sont, ce que je vois, c'est deux visages pour une même candidature.
Ce sont des gens qui peuvent tuer ça ou pas du tout ?
Pardon ?
Ce sont des gens qui peuvent tuer ça ? Je rappelle que la plupart des décès, il y a pu y avoir manifestation... Là, moi, je parlais de la jeune garde. Il n'y a pas forcément un deux poids deux mesures.
D'accord, je ne vous dis pas qu'il n'y a pas deux poids deux mesures. Je vous dis qu'aujourd'hui, en France, quand vous regardez statistiquement les décès qui ont eu lieu en manifestation, ils sont en très très grande majorité, voire quasi totalité, du fait de l'extrême droite.
Vous parlez des néo-nazis, en fait. Moi, j'aimerais qu'aujourd'hui... Vous parlez des néo-nazis, ça n'a pas grand-chose à voir avec Sarah Knafow, Nemesis et le Rassemblement National. Je suis absolument en désaccord avec vous. Ne faisons pas d'amalgame.
Je suis absolument en désaccord avec vous. Je rappelle que Sarah Knafow fait partie d'un mouvement politique qui est celui de M. Zemmour, qui a été condamné pour un jour à caractère racial. Je vous rappelle qu'il a eu des propos extrêmement confusants sur notamment la réhabilitation de Pétain, ce qui est une insulte à la mémoire des juifs français.
Vous avez exactement le même discours que les LFistes qui viennent chez nous. Vous avez le droit de l'avoir, mais je le note, simplement.
Je ne comprends pas ce que vous essayez de faire, en fait. Moi, je ne suis pas du tout LFiste. Je suis du Parti Socialiste. Je suis extrêmement claire sur mes positions. Ce que je dis simplement, c'est que cette confusion que vous cherchez à entretenir sur des positions qui seraient... Je ne fais que relayer des vérités ? Oui, ce ne sont pas des vérités. Ce sont des interrogations que vous posez. Je vous réponds très clairement en vous disant que nous sommes extrêmement clairs sur nos valeurs, sur ce que nous voulons porter.
Et ce que nous disons aux Parisiennes et aux Parisiens, c'est que nous portons un projet clair dans le cadre du rassemblement de la gauche unie et des écologistes avec un candidat qui est Emmanuel Grégoire.
Bon, environ 8 milliards de dettes à Paris. 300 millions d'euros, c'est ce que coûte à peu près l'intérêt à Paris pour financer finalement cette dette. Bon, est-ce que vous serez en capacité de tout faire là avec cette note assez salée, la mienne et la raj ?
Alors, la note salée, elle est d'abord à corriger par les agences de notation qui, pour le coup, Standard & Poor's notamment, nous mettent le plus haut niveau de cotation pour une collectivité locale. Ce que vous oubliez d'évoquer, c'est que tout cela a été corrélé d'une augmentation massive du patrimoine des Parisiennes et des Parisiens et que oui, nous avons fait le choix d'investir dans le patrimoine. Nous sommes passés de 27 milliards d'euros de patrimoine à 48 milliards d'euros aujourd'hui. Ça, c'est le patrimoine des Parisiennes et des Parisiens.
Au-delà de ça, nous avons fait le choix d'investir massivement dans le service public, dans l'adaptation de cette ville au changement climatique pour une raison très simple. Demain, il fera le même climat à Paris qu'à Séville. C'est-à-dire que nous vivrons dans une ville qui sera exposée à des températures extrêmement élevées, aux alentours de 50 degrés, à des nuits tropicales et à l'incapacité pour nous de pouvoir y vivre d'un point de vue purement température et climatique.
Il nous reste malheureusement une minute, l'ami El Arraj. Votre programme s'adresse et votre candidat le dit sans ambiguïté, surtout aux classes moyennes. Comment elles font les classes moyennes à Paris ? Un T3, c'est minimum 1 500 euros par mois et je suis extrêmement gentil. Comment c'est possible pour les classes moyennes de vivre dans cette ville ? Les classes moyennes fuient Paris, l'ami El Arraj.
Il n'y a pas que les classes moyennes aujourd'hui qui font Paris. Notre programme s'adresse à tous les Parisiens en disant qu'aujourd'hui, nous avons le droit, vous avez le droit de pouvoir continuer à vivre à Paris. Donc oui, effectivement, nous allons continuer et amplifier l'encadrement des loyers, créer du logement public, donner du pouvoir d'achat aux Parisiennes et aux Parisiens et ça, nous sommes les seuls à le dire de façon extrêmement claire.
Et les petits propriétaires qui comptent là-dessus pour peut-être assurer leur retraite, vous leur dites quoi ?
Nous leur disons qu'ils peuvent continuer de louer leurs biens à Paris mais il faut que leurs biens puissent être accessibles, que nous allons par ailleurs les accompagner dans la rénovation thermique des propriétés qu'ils ont dans leur escarcelle.
Et ne pas augmenter leurs impôts fonciers.
Et que nous n'augmenterons pas les impôts fonciers, effectivement. C'est un engagement d'Emmanuel Grégoire.
Merci infiniment d'avoir été avec nous, l'ami El Arraj. Ce matin sur Europe 1, je rappelle que vous êtes la porte-parole du...
Emmanuel Grégoire