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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 20 novembre 2025 64 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

9h37 : Nicolas Sarkozy entre en prison - C dans l’air - 21.10.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    L'ancien président de la République, N.Sarkozy, dormira ce soir en prison. Quelle trace cette incarcération va-t-elle laisser dans la vie politique française ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Il a maîtrisé sa communication jusqu'au bout ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Cette image suscite la colère des familles des victimes de l'attentat de Karachi. Comment analysez-vous cette émotion ?

  • 4:00RelanceRéponse directe

    Le garde des Sceaux a dit qu'il viendrait le voir en prison. Cette visite est-elle anodine ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette exécution provisoire a-t-elle été décidée contre N.Sarkozy ?

  • 8:30RelanceRéponse directe

    La réception par E.Macron de N.Sarkozy à l'Élysée est-elle une atteinte à l'indépendance de la justice ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30L.VigogneFait
    « Il a laissé un message sur les réseaux sociaux ce matin pour s'adresser aux Français et dire que la France a été humiliée par l'incarcération d'un innocent. »
  • 3:30A.CasseChiffre
    « N.Sarkozy a été condamné à 5 ans de prison ferme dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Always. ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". L'ancien président de la République, N.Sarkozy, dormira ce soir en prison, condamné pour association de malfaiteurs dans le dossier libyen.

Il est actuellement dans une cellule de 9 m2 à la Santé. Avant cela, il s'est offert un dernier bain de foule devant son domicile. Il a dit au revoir à sa famille et à ses proches.

Un soutien qui s'est affiché jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Le garde des Sceaux a dit qu'il viendrait lui rendre visite en prison. Le président de la République l'a reçu à l'Elysée la semaine dernière.

E.Macron se dit ouvert à un débat sur l'exécution provisoire, alors on se demande quelle trace cette incarcération va laisser dans la vie politique française? L.Vigogne, vous êtes juriste politique à "La Tribune Dimanche".

Vous avez raconté les derniers jours de liberté de N.Sarkozy. A.Goutard, bonsoir.

Vous êtes grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société. V.Schneider, bonsoir.

Vous êtes grand reporter au "Monde", qui met N.Sarkozy en une. Je cite votre dernier ouvrage.

A.-C.Bezzina, vous êtes constitutionnaliste, maître de conférences à l'université de Rouen et chercheuse associée au Cevipof.

C'est l'image qui fait la une chez nous et dans le monde entier...

Propos en langues étrangères. - A.Casse: Et cette image, elle a été travaillée soigneusement.

Il a maîtrisé sa communication jusqu'au bout? - L.Vigogne: Il a réfléchi à la manière dont il allait passer cette journée et aux mots qu'il laisserait et qu'il aurait ce matin.

Il a laissé un message sur les réseaux sociaux ce matin pour s'adresser aux Français et dire que la France a été humiliée par l'incarcération d'un innocent. Des mots forts. Tout au long de ces derniers jours, il a vraiment semé des cailloux.

Tout l'enjeu de N.Sarkozy, dans les prochains jours, ce n'est pas de tomber dans l'oubli, c'est que les Français soient émus, ne l'oublient pas, pour ainsi faire pression sur la justice. Tout ce qu'il a fait là, c'était pour cela. - A.Casse: Vous la regardez comment, cette image?

N.Sarkozy salue ses soutiens. - V.Schneider: Il n'y a pas des milliers de personnes qui se sont mobilisées dans cet endroit privilégié du 16e arrondissement.

Ca reste une petite foule de soutiens, de gaullistes historiques. Très peu de figures politiques. C'est intéressant à noter, des figures politiques ne sont pas déplacées.

L'image que N.Sarkozy voulait donner, c'est l'image d'une unité familiale autour de lui. C'est un homme qui a toujours axé sa communication sur sa famille.

Nous qui l'avons suivi depuis des années, on l'a toujours vu mettre en scène ses épouses successives, ses enfants...

Il voulait apparaître comme ça, montrer que ce destin n'impacte pas que lui, mais aussi ses proches, son épouse, sa fille de 13 ans qui va rester seule...

Bref, susciter de l'émotion. Une émotion qu'on n'a pas forcément l'habitude de voir. Généralement, on ne se pose pas la question pour les quelque 83 000 détenus, de savoir les malheurs que leur incarcération peut provoquer autour d'eux. - A.Casse: Ca suscite la colère des familles des victimes de l'attentat de Karachi, qui trouvent que c'est complètement gênant, de le voir se mettre en scène.

Il y a les photos, les vidéos mais aussi les mots. Regardez ce message qu'il a mis sur les réseaux sociaux. Il dit que le prix à payer aura été écrasant. - A.-C.Bezzina: Il y a tellement de discours à commenter, que c'est complexe d'avoir une pensée.

On commente un sentiment et des images. C'est un moment médiatique, qui est heureux pour lui. On part avec de belles images dans un lieu qui est rude.

Il dort seul ce soir en prison, sous les verrous. Est-ce qu'on est vraiment venus célébrer l'ancien président de la République et dans ce cas, l'affect se justifie? Ou est-ce que c'est cette histoire de l'innocence et de cette idée d'une justice injuste qui a animé les foules?

Quand on entendait les différents témoignages des gens qui étaient là ce matin, on a plutôt le sentiment que c'est une forme de solidarité avec une injustice qui a été vécue ce matin. J'ai le sentiment qu'on est quand même dans quelque chose qui peut apparaître gênant. Il faudra du temps pour se poser sur ce qui nous est arrivé, en tant que démocratie et en tant qu'Etat de droit. - A.Casse: On verra aussi les répercussions plus tard.

Le but était de provoquer une émotion. - A.Goutard: Il ne faut pas rejeter cette émotion.

Elle est sincère. Partir en prison, vous vous rendez compte...

Cet homme, il voit le ciel...

C'est un homme de communication. Son directeur de la communication était présent d'un bout à l'autre de ce trajet et, sur place, lorsque les avocats ont fait leur conférence de presse à la prison de la Santé. Il y a cette communication.

Cet homme est une bête de communication. Néanmoins, il y a cet affect et ces sentiments ressentis par toute personne qui part en prison. Du moment où il franchit cette porte de la prison de la Santé, il ne voit plus le jour de la même manière que lorsqu'il se baladait dans le 16e arrondissement avec sa famille.

On le voit sur vos images, le visage de sa femme, pour avoir eu l'occasion de suivre des gens partir en prison, c'est le visage des familles lorsqu'un homme s'en va. Même si l'homme a un parcours exceptionnel, même s'il aura une détention exceptionnelle...

On l'a bien compris, il n'aura pas la détention de monsieur Tout-le-Monde. C'est un moment fort et puissant. - A.Casse: Il emmène des livres avec lui comme "Le Comte de Monte-Cristo". - L.Vigogne: Il a droit à 3 livres.

Tout le monde voit bien à quoi ça peut faire référence. Il y a des messages partout. N.Sarkozy veut vraiment montrer et envoyer...

Il se bat pour sa réputation. - A.Casse: Il y a aussi la biographie de Jésus-Christ. - L.Vigogne: Il a beaucoup relu les lettres de Dreyfus.

Il s'y réfère beaucoup. Ces dernières semaines, il avait 2 références littéraires à la bouche, "Le Comte de Monte-Cristo" et les lettres de Dreyfus. - A.Casse: Il va écrire un livre? - L.Vigogne: Oui. - A.Casse: Ca pourrait être quoi le livre? - L.Vigogne: Il a écrit un livre en 2001 sur lequel il a confié sa conquête du pouvoir.

Il a déjà décidé d'écrire un livre, de se servir de cette expérience pour décrire ce qu'il a ressenti et mener son combat judiciaire. C'est important pour lui. - A.Casse: Je veux vous entendre, vous, l'écrivaine, sur cette dimension romanesque. - V.Schneider: Ca correspond à la personnalité de N.Sarkozy.

C'est un combattant. Il l'a toujours été. Il n'a jamais été aussi bon que dans l'adversité.

Quand il avait choisi Balladur contre Chirac, qui se faisait cracher dessus aux assemblées des parlementaires de son parti...

C'est là où il a préparé sa revanche et où il s'est dit qu'il allait accéder à l'Elysée alors que ça paraissait improbable. C'est quelqu'un de bon dans l'adversité, qui mobilise. Il n'a pas l'intention de faire de cette détention un moment vide.

Il va faire de cette détention un moment actif, au-delà de tous les aspects de communication, pour réfléchir, se poser et savoir quoi faire de ça. Il va écrire également. C'est la 1re fois qu'un chef d'Etat européen...

Même Berlusconi, qui avait pourtant 10 000 affaires en Italie, n'a pas été en prison. C'est la 1re fois, sur notre continent, en démocratie, qu'on voit un président partir en prison. Pour J.Chirac, ça aurait pu arriver mais il était trop âgé.

Les procédures étaient longues. Evidemment que ça crée un choc, cette situation unique. Elles sont forcément romanesques. - A.Casse: Vous sous-entendez qu'il prépare peut-être même un retour politique?

Quand il parle au "Figaro Magazine", sa phrase, c'était: "Ils veulent m'atteindre, mais je vais peut-être revenir plus fort qu'avant". - V.Schneider: Dans sa tête, il n'est jamais parti.

Très souvent, les anciens présidents de la République...

N.Sarkozy n'a jamais écarté l'idée qu'il pouvait être un recours, qu'il pouvait revenir. S'il choisit l'épopée d'Edmond Dantès dans "Le Comte de Monte-Cristo", c'est ça... "J'ai été condamné à tort et je prépare ma revanche".

Il faut avoir un but pour tenir en prison. - L.Vigogne: Il tient aussi à sa réputation.

Il ne veut pas que cette trace soit une tache. C'est un combat de longue haleine. - A.Casse: On va regarder les répercussions politiques de cette journée.

On voit déjà des secousses. G.Darmanin dit qu'il va le visiter en prison.

Ca provoque la réaction et la colère du plus haut magistrat du pays. E.Macron se dit ouvert à relancer le débat sur l'exécution provisoire.

On va essayer d'y voir plus clair. - Un cortège inédit, direction la prison. A bord de cette voiture, N.Sarkozy.

L'ancien président publie ce message sur les réseaux sociaux juste avant de purger sa peine à la Santé. ...

Quelques minutes plus tôt, il quitte son domicile du 16e arrondissement de Paris. Dernier salut du condamné à sa famille et ses amis. Devant chez lui, quelques centaines de personnes sont venues lui dire au revoir.

Des partisans qui ne comprennent pas son incarcération immédiate, après sa condamnation pour association de malfaiteurs en première instance. - Un ancien président de la République, on ne le met pas en prison. Il a eu le bracelet électronique.

Je ne comprends pas. La justice fait son boulot, mais il est innocent. - J'ai honte.

Franchement, j'ai honte. - C'est difficile de dire qu'on ne croit pas en la justice, mais on a quelques doutes. - Dans l'assistance, très peu de figures politiques actuelles.

Surtout, la vieille garde sarkozyste. - N.Morano: Les Français sont choqués.

L'image de la France...

On dit toujours que les ministres, que les responsables politiques doivent être exemplaires. Il faut dire aussi tout ce qu'ils ont fait pour le pays. On occulte tout ce qu'a fait N.Sarkozy pour la France. - N.Sarkozy a été condamné à 5 ans de prison ferme dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007.

Il est incarcéré dans une cellule de 9 m2 à l'isolement. Il emporte avec lui 3 livres et 10 photos, le maximum autorisé. Ses avocats viennent de déposer une demande de remise en liberté. - Il n'y a pas de risque de renouvellement des faits, pas de risque de destruction de preuves.

Il n'y a pas de preuves. Pas de risque de pression sur les témoins. - Malgré tout, N.Sarkozy devrait rester au moins 3 semaines à la prison de la Santé, le temps que son dossier soit examiné.

Ces derniers jours, l'ancien chef de l'Etat a pu rendre visite à l'actuel président, E.Macron. - E.Macron: Sur N.Sarkozy, j'ai eu des propos publics toujours très clairs sur l'indépendance de l'autorité judiciaire et le rôle qui est le mien.

Il était normal que sur le plan humain, je reçoive un de mes prédécesseurs dans ce contexte. - Cette invitation passe mal du côté de l'opposition. *-O.Faure: C'est une anomalie, une pression sur la justice.

Ce ne sont pas des prises de position qui correspondent au respect de nos institutions. - Critiques lancées aussi contre le garde des Sceaux, G.Darmanin.

L'ancien proche de N.Sarkozy ira lui rendre visite à la Santé. - G.Darmanin: J'irai le voir en prison.

J'y vais 3 fois par semaine. - Pas pour d'autres individus? - G.Darmanin: Ca m'est arrivé. - Cela inquiète les magistrats et le plus haut procureur de France. - R.Heitz: Il y a un risque qu'une telle visite soit ressentie par les magistrats et soit perçue par l'opinion comme une forme d'obstacle à cette sérénité recherchée. - N.Sarkozy a fait appel de sa condamnation mais elle s'applique en attendant un nouveau procès. - A.Casse: Je vous soumets la question d'Eric, dans la Somme.

Question. - A.-C.Bezzina: C'est difficile de répondre à cette question par une réponse uniforme.

Il me semble que les 2 actions ne sont pas à mettre sur un pied d'égalité. La réception par E.Macron de N.Sarkozy se fait dans une plus grande discrétion qu'une déclaration publique d'un garde des Sceaux, qui est le gardien de l'indépendance de la justice et qui n'a pas le droit de se prononcer sur une affaire de manière personnelle.

Quand il se dit profondément attristé, j'ai l'impression que c'est plus cette partie qui va à l'encontre de ces idéologies. La question de la sécurité de l'ancien président de la République dans les murs va sûrement préoccuper l'administration pénitentiaire. La visite, en tant que telle, pourquoi pas.

La question de l'affection me semble un peu plus personnelle et gênante dans cette fonction. Il faut voir les choses pour ce qu'elles sont. N.Sarkozy utilise les moyens qui sont les siens.

Se déclarer innocent tant qu'il y a un appel, c'est ce que font tous les justiciables. Il utilise les moyens médiatiques et de soutien de l'opinion qu'il a en tant qu'ancien président de la République. Ce qu'il veut essayer d'éviter, c'est la blessure à l'honneur.

C'est le parallèle avec P.Pétain. C'est les anciens présidents qu'on a dégradés.

C'est ça, la blessure la plus importante qu'il peut avoir. Il se défend sur ce terrain. On touche à la question de la fonction de la peine.

Il faudra se poser les questions à tête reposée. Quand on aime l'Etat de droit, il faut pouvoir le critiquer. Est-ce qu'ici, on arrive vraiment à apaiser...

Est-ce qu'avec l'image de l'ancien président qu'il a, ces moyens sont utilisés de façon un peu retors? - A.Casse: On va prendre les questions.

Restons sur le cas de G.Darmanin. Ce n'est pas du tout anodin d'avoir le ministre de la Justice qui fait presque un bras de fer avec le plus haut magistrat.

On a R.Heitz qui est en colère après cette déclaration de G.Darmanin.

Il dit: "Il pointe un risque d'atteinte à l'indépendance des magistrats." Nicolas Sarkozy fait appel. G.Darmanin réagit en disant que ça relève du devoir de vigilance du chef de l'administration.

On a du mal à comprendre. - A.Goutard: C'est très intéressant.

En ce qui concerne N.Sarkozy, il y a une ambivalence entre l'affect et l'obligation judiciaire. Dans le cas de G.Darmanin, c'est intéressant.

C'est un bébé-Sarko. Il a grandi avec lui. Il a une admiration pour l'ancien président de la République mais en même temps, il est garde des Sceaux.

Lorsqu'on est garde des Sceaux, pour simplifier, pour nos téléspectateurs, c'est le patron des parquets. Vous avez des procureurs des parquets qui ont un rôle. Les parquets, c'est les bras armés du garde des Sceaux.

Si vous apportez un soutien un peu détourné à N.Sarkozy, vous envoyez un message...

R.Heitz ne s'y trompe pas. Vous envoyez le message: "Attention, N.Sarkozy n'est pas n'importe qui.

Je vais le voir en prison." Si on doit parler de ce détenu aujourd'hui à l'isolement, qui nécessite une sécurité particulière, une attention particulière...

L'avantage de G.Darmanin, c'est qu'il a la possibilité d'appeler le patron de la prison et de lui demander si tout va bien. Il n'a pas besoin de se déplacer sur place. - A.Casse: C'est l'importance des symboles et des messages qu'on envoie.

Rien n'est anodin en politique. L'autre image, c'est la rencontre entre E.Macron et N.Sarkozy à l'Elysée.

Le syndicat de la magistrature déclare une atteinte à l'indépendance de la justice qui ne vient jamais seule. Pourquoi cette rencontre? - L.Vigogne: C'était difficile pour E.Macron d'ignorer N.Sarkozy dans un tel moment.

Il l'avait appelé le soir du 25 septembre, soir de la condamnation. E.Macron avait joint son prédécesseur.

Ca avait été un des rares que N.Sarkozy avait accepté de prendre directement au téléphone. Il était un peu sous le choc.

Il y avait eu S.Lecornu et le président de la République. Depuis, il ne s'était plus rien passé entre N.Sarkozy et E.Macron.

C'était difficile pour lui, à quelques jours de l'incarcération, de ne pas envoyer un signal ou un signe. C'est un ancien chef de l'Etat, il clame son innocence. E.Macron, vis-à-vis de la justice, a toujours eu dans ses choix politiques quelques gestes qui ont montré qu'il avait des désaccords.

Il y a eu des ministres en examen quand, dans d'autres gouvernements, la règle était qu'il n'y ait plus de ministre mis en examen. Il a pu avoir des discours un peu critiques à l'égard de la justice. - A.Casse: On va regarder cette déclaration de M.Trévidic, dans "Le Figaro".

Il dit ceci. ... - L.Vigogne: C'était dans "La Tribune Dimanche". - A.Casse: Il l'a dit aussi au "Figaro". - V.Schneider: On le voit déjà avec tous les débats qui commencent à monter où on fait mine de ne pas savoir que l'exécution provisoire a été votée par les députés, que toutes ces mesures sont le fruit d'une politique de plus en plus répressive, sécuritaire, que la droite a conduite avec N.Sarkozy à sa tête depuis des années.

E.Macron a rouvert le débat sur ce sujet. C'est venu de discours politiques.

Ce n'est pas les juges qui se saisissent de prérogatives parce qu'il s'agirait de tel ou tel. Il faut remettre les choses à leur place. Il y a toujours eu, en France, une ambiguïté de l'opinion publique sur la différence entre délinquance classique et délinquance en col blanc, qui apparaîtrait comme moins grave.

C'est un discours qu'on entend sur les patrons et sur les hommes politiques. En ce sens, E.Macron a une position plus laxiste que l'ont été certains.

Je pense que d'autres présidents en place auraient pu faire le choix de ne pas rencontrer N.Sarkozy à la veille de son incarcération, même s'il proclame son innocence. Il a quand même été condamné et ce, de façon définitive dans d'autres dossiers.

On aurait pu considérer que ce simple fait suffise à ne pas lui apporter une forme de soutien public. Ce n'est pas le cas. E.Macron a en tête cette espèce d'ambiguïté sur les fautes des politiques, comme celles des chefs d'entreprise...

Quand on parle d'insécurité, on ne pense pas à ça. - A.Casse: Avant de s'interroger sur la portée de rouvrir le débat sur l'exécution provisoire...

Pourquoi elle a été décidée contre N.Sarkozy? On décide de le placer en détention alors que la décision n'est pas définitive.

Question de Chantal. Quelle est la justification De la justice? - A.Goutard: Les 3 magistrats qui ont pris cette décision dans un document très étayé, 400 pages de documents, l'ont expliquée par 3 points.

Le premier, c'est la gravité exceptionnelle des faits. Cela pouvait altérer la confiance des citoyens. Ils ont aussi ajouté, dans leurs motivations, que le casier judiciaire de N.Sarkozy était déjà entaché de lourdes peines.

N.Sarkozy a été condamné. Il a encore une affaire qui sera soumise à la Cour de cassation.

Ce sera le 26 novembre. On aura un résultat. Il a plusieurs affaires en cours ou au moins une condamnation.

Les juges ont considéré que N.Sarkozy n'avait jamais manifesté, durant l'audience, la moindre conscience de ce qu'on lui reprochait. On entend ses avocats.

Ils crient à l'innocence de N.Sarkozy. Pour tous ces points, les juges ont considéré que N.Sarkozy, comme 85 % des peines de prison de plus de 5 ans, que sa peine devait être assortie d'une telle exécution provisoire. - A.Casse: Quand on pose la question aux Français, 61 % d'entre eux disent que cette règle est juste.

C'est une stratégie de N.Sarkozy, de provoquer une émotion nationale. Les Français trouvent que c'est juste. - V.Schneider: Il clame son innocence et dit qu'il se pliera aux contraintes de la détention.

Il sent bien que ce qui est attendu de lui, il ne faut surtout pas qu'il ait l'air de se poser comme au-dessus des autres et que la justice n'aurait pas à s'attaquer à lui. Encore une fois, il y a plus de 22 000 personnes en France en attente de jugement, considérées comme présumées innocentes, en France. C'est assez curieux qu'on ressorte ce débat alors que les prisons sont pleines et qu'on a 22 000 personnes en attente de jugement dans les prisons françaises. - A.-C.Bezzina: Personne ne comprend réellement l'exécution provisoire pour ce qu'elle est.

Notamment N.Sarkozy quand il se défend au sortir du jugement. Le jugement est assez lourd.

La détention provisoire suppose 7 conditions, énoncées de manière très stricte par le Code de procédure pénale, dont la récidive ou la fuite. Il n'y a pas de question de savoir si vous êtes un danger. L'exécution provisoire est prononcée pour des raisons d'efficacité de la peine en raison de sa gravité et pour des raisons d'ordre public qui pourraient être violées une nouvelle fois si vous ne reconnaissez pas les faits.

Ce qu'il faut pointer, c'est le caractère très politique du procès de N.Sarkozy par ses avocats et par lui-même. On s'est défendu en justice avec une motivation politique.

Malheureusement, au niveau judiciaire, c'est C'est pareil pour n'importe quel petit délinquant. A partir du moment où vous reconnaissez...

Dans les plus graves causes criminelles, on a toujours un pardon ou des aveux. Plus vous reconnaissez, plus vous amoindrissez la peine. Dans cette motivation politique d'être jusqu'au-boutiste, on se rend bien compte que ça a constitué un élément aggravant de la décision et de la peine.

Il ne faut pas faire de confusion. Cette exécution provisoire vient constater l'infraction. On le voit bien avec les remises de peine.

Ce n'est pas 5 ans qui vont être passés derrière les barreaux. La présomption d'innocence est encore là pour lui, comme pour n'importe quel justiciable. C'était important de voir que l'idée de la justice a les yeux bandés.

Ca signifie qu'on est tous égaux devant la justice. Ca fait partie de nos mythes et de notre tradition. - A.Casse: Je rebondis sur ce qu'a dit un de ses avocats aujourd'hui.

A priori, il va rester au moins 3 semaines en prison? - A.Goutard: Il y a un circuit judiciaire qui va faire que la justice a maximum 2 mois pour trancher.

A peine rentré en prison, les avocats de N.Sarkozy ont demandé une demande de mise en liberté. Pour que leur client puisse, avant l'appel, vivre avec un bracelet électronique.

Cette demande...

Ce n'est pas un juge solitaire dans son bureau qui va prendre la décision. Il va y avoir 3 juges qui vont réfléchir, écouter les avocats de N.Sarkozy.

N.Sarkozy peut participer à ce débat. Les juges ont décidé si oui ou non N.Sarkozy rentre dans le cadre d'une possible mise en liberté avant son appel ou si...

C'est l'article 144. S'il y a un risque de récidive ou de pression sur les autres témoins, un risque de fuite...

Rien à voir avec la condamnation. On est vraiment dans une autre question. La question, c'est de savoir si N.Sarkozy représente un risque de fuite, de récidive ou de pression sur d'autres témoins.

Si les magistrats répondent "non", il pourra bénéficier d'une mise en liberté. - A.Casse: On se demande pourquoi aujourd'hui?

Ce que j'ai pu lire, c'est qu'étant donné que l'anniversaire de sa fille avait lieu ces derniers jours, il y avait aussi l'idée de ne pas le priver de ce moment en famille. - L.Vigogne: C'est possible.

Je n'ai pas de réponse à cette question. Sa famille est quelque chose qui compte beaucoup pour lui. Ca a été sa priorité, depuis sa condamnation cette semaine, être entouré de sa femme, des siens et de ses enfants.

Il parlait très peu de ce qu'il allait vivre. Quand il a reçu des politiques ces dernières semaines, ce n'est pas lui qu'il mettait en avant. C'est eux qui l'interrogeaient sur son incarcération.

Il parlait de foot avec F.Baroin, mais pas de ce qui allait lui arriver. Ses avocats l'ont beaucoup préparé à ce qu'il allait vivre, son quotidien, les privations de liberté, le fait qu'il n'aurait pas de tablette pour regarder des films et des séries.

Ils l'ont préparé à cela. - A.Casse: Vous êtes la seule à y être allée, à la prison de la Santé. - V.Schneider: Moi aussi. - A.Casse: Ca va ressembler à quoi, la vie de N.Sarkozy? - A.Goutard: Elle ne sera pas celle des autres détenus.

Il sera à l'isolement. Il n'est même pas dans ce fameux quartier VIP. Il sera à l'isolement.

Il ne croisera personne. Le seul interlocuteur qu'il aura, ce sera le surveillant, le surveillant pénitentiaire. Il aura droit à un téléphone avec des numéros préenregistrés.

Il aura un petit bureau scellé où il pourra écrire son bouquin. Il aura des toilettes et une douche. Là aussi, ce n'est pas le cas pour tous les détenus.

Il pourra disposer d'un frigo. 7,50 euros par mois. Tous ces ustensiles, ça devient extrêmement important lorsqu'on est en prison, lorsqu'on est seul.

Il a la possibilité de faire une promenade. C'est une toute petite cour de promenade. Il peut respirer et faire des pompes, s'il le souhaite.

Il n'a pas beaucoup d'espace. Il aura une bibliothèque, mais c'est une petite salle où il y a quelques bouquins. - A.Casse: On a du mal à se représenter la vie en prison.

P.Balkany met des boules Quies parce qu'il y a un bruit incessant. Les détenus savent qu'il est là. - V.Schneider: J'ai visité des prisons à plusieurs reprises dans le cadre de mon activité journalistique.

Ce qui est très frappant, et c'est pour ça qu'on ne peut pas se réjouir que quelqu'un aille en prison...

Quand on parle de prison 3 étoiles, c'est assez relatif. Il y a ce sentiment immédiat qu'on a, presque physique, d'enfermement, de ne pas pouvoir voir le ciel souvent. - A.Casse: Le choc carcéral? - V.Schneider: Il y a énormément de problèmes psychiatriques en prison.

Beaucoup de détenus hurlent. On dort peu, en décalé. La prison est traumatisante pour n'importe qui et dans laquelle il faut prendre ses marques.

Qu'on soit mieux loti ou pas, ça reste un moment très difficile. - L.Vigogne: S'il est en isolement, c'est pour des questions de sécurité.

C'est vraiment pour que sa sécurité soit maximale. Ce n'est pas un détenu comme les autres. Ca a été la priorité de ses avocats, de faire en sorte qu'il ne lui arrive rien en prison. - V.Schneider: C'est le cas pour tous les détenus à forte notoriété. - A.Goutard: Il ne croisera même pas d'autres détenus.

Il y a d'autres détenus dans la même affaire qui, eux, n'ont pas bénéficié de cet effet différé et qui ont été tout de suite envoyés en prison. Je pense notamment à A.Djouhri et W.Nacer, qui eux, sont partis tout de suite dans le quartier des vulnérables. - A.-C.Bezzina: Il est un danger.

Il est un danger pour les autres et pour lui. C'est ça, le critère de l'isolement. Il faut essayer d'éviter que la population carcérale soit déstabilisée par ce moment.

Pour avoir travaillé avec R.Badinter, je rappelle que c'était dans cette cour que gisait l'échafaud. On doit avoir en tête que les images de ce matin n'effaceront pas celles qui resteront dans la tête de N.Sarkozy cette nuit.

On parle du choc carcéral, mais beaucoup d'anciens détenus l'ont fait savoir. On reste marqué par l'endroit. Ca ne change rien. - A.Casse: Il y a eu un 1er parloir avec C.Bruni.

Quelles sont les autres personnes qui pourront le voir? - A.Goutard: Il a le droit à 3 parloirs par jour.

Ca s'organise avec l'institution pénitentiaire. Ca s'organise avec ses avocats. - V.Schneider: Par semaine, non? - A.Goutard: Par semaine, oui.

Excusez-moi. 3 parloirs par semaine, pour recevoir ses proches. Après, il ne pourra pas recevoir tout le monde.

Il est évident que tout se fera avec accord. C'est comme les numéros préenregistrés. - A.Casse: Il peut passer des appels depuis sa cellule?

A combien de personnes? C'est déjà déterminé? - A.Goutard: Il est obligé de donner, via ses avocats, un carnet avec des numéros.

Il est dit que même pour sa mise en liberté, il y a des personnes...

La justice peut décider qu'il y aura des gens avec lesquels il ne doit pas rentrer en contact. Il y a des personnalités avec lesquelles il ne peut pas parler. On ne sait pas encore qui.

C'est pour maintenir l'intégrité d'un prochain procès. Il a fait appel. Il aura lieu vers 2026.

Les coups de fil sont écoutés. Les lettres sont ouvertes. Quand vous rentrez En prison, il y a le bruit, le vacarme et le choc.

Il y a aussi le fait que vous êtes à nu. Vous êtes psychologiquement à nu. Une fouille peut être organisée de jour ou de nuit.

Pendant les premiers jours de son incarcération, il va y avoir des visites toutes les 2 heures pour s'assurer qu'il n'essaye pas de commettre l'irréparable, de se suicider. Votre vie ne vous appartient plus en prison. - A.Casse: Question. - L.Vigogne: Je ne pense pas.

Ca va sûrement alimenter son désir de revanche. On verra de quelle manière il s'exprime. Ce qu'on peut ajouter, c'est que dans son dernier livre, il expliquait que Lula, le président qui est allé en prison après avoir été élu une première fois à la tête de son pays, était un des hommes pour lesquels il avait le plus d'admiration.

Il trouvait que c'était un roc. Peut-être que ça peut être un exemple. - A.Casse: Il y a quand même l'inéligibilité qui pourrait remettre en question cette candidature.

E.Balladur est allé au chevet de N.Sarkozy.

Il y a une forme de remobilisation de la droite autour de l'ancien président de la République. Il semble rassembler davantage la droite autour de lui, au moment où elle implose. - Consigne a été donnée de partir en catimini.

Comme un pied de nez à Matignon, B.Retailleau s'en est affranchi. - B.Retailleau: J'ai décidé il y a un peu plus de 12 mois d'entrer au gouvernement pour servir mon pays.

Je l'ai fait librement. - Le 13 octobre dernier, l'ancien ministre de l'Intérieur quitte la place Beauvau après avoir déclenché à lui tout seul la chute du 1er gouvernement Lecornu. ...

Vexé de ne pas avoir été informé de la nomination de B.Le Maire, B.Retailleau s'auto-exclue.

Un petit cataclysme politique qui fait les affaires de son rival, L.Wauquiez. Comme un goût de revanche 5 mois après sa défaite cuisante pour obtenir la présidence des Républicains. - L.Wauquiez: Je sais trop à quel point le poison de la division a si souvent fait du mal à notre famille politique.

Dans cette campagne, j'ai toujours plaidé pour le rassemblement. - Un rassemblement dont il ne reste décidément plus grand-chose. Deux lignes s'expriment aujourd'hui au sein du mouvement.

D'un côté, celle de B.Retailleau. Celle du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale présidé par L.Wauquiez.

Au coeur de leurs divergences, la participation au gouvernement Lecornu 2. B.Retailleau ne veut pas en entendre parler et réclame l'exclusion des 6 ministres concernés. ...

Un désaccord qui vire à la guerre entre députés et sénateurs sur la censure. Retailleau et ses troupes poussent pour sanctionner le gouvernement. Les députés portés par L.Wauquiez s'y refusent.

La consigne est presque unanimement respectée. Une crise interne pas vraiment du goût des militants un peu déboussolés. Sur les réseaux sociaux, des publications avec des cartes d'électeurs déchirées interpellent.

Les Républicains sont-ils en train de céder? Au siège du parti, le président des jeunes LR dénonce une tentative de déstabilisation. - C'est des cartes qui datent de 2021 ou 2020.

Ce ne sont pas les cartes d'aujourd'hui. Les cartes sont différentes d'année en année. Je pense que c'est un phénomène accentué par Twitter, par nos opposants qui veulent aussi s'en prendre à nous.

En même temps, ça ne doit pas non plus éluder le fait qu'il y a une déception chez les militants. - Ca viendrait de qui? - On a d'anciens amis de la maison qui sont partis bien loin et qui essaient aujourd'hui d'exister.

Je pense qu'ils sont un peu dans l'ombre. Je pense notamment à l'UDR. Ils sont dans l'ombre du RN. - L'UDR et son patron, E.Ciotti.

Il invite les sympathisants LR déçus à le rejoindre. ...

Des militants très courtisés aussi par le RN et son président, J.Bardella. - J.Bardella: Je suis convaincu qu'aux Républicains, il y a une partie des militants, des sympathisants, mais aussi des cadres et des parlementaires qui ne souhaitent pas se fondre dans le macronisme.

Je suis parfaitement prêt à leur tendre la main sur un accord de gouvernement. - Une alliance en cas de législatives anticipées plébiscitée par les électeurs. Selon un sondage Ifop, plus de 8 sympathisants sur 10 des Républicains et du RN aimeraient voir leurs formations gouverner ensemble. - A.Casse: Question. - V.Schneider: Oui, parce que c'est le dernier à droite qui a gagné.

N.Sarkozy a de toute façon une position à part dans l'univers de la droite et pour les électeurs de droite. C'est le dernier à avoir gagné une élection et tous ceux qui s'y sont frottés après ont échoué.

On l'a vu dans ce sujet. Les Républicains, anciennement UMP, n'en finissent pas de se disloquer et de mourir, à l'image du PS dans le camp opposé. Ils gardent une position à part, même si de moins en moins se réfèrent à lui parce qu'il y a un renouvellement aussi au sein de la droite.

Ils représentent moins pour les jeunes générations que par le passé, mais ils restent une figure. - A.Casse: C'est intéressant de voir à quel point les lignes bougent dans son discours.

Il dit que le RN a toute sa place dans la République. Il a reçu J.Bardella.

Comment vous analysez ce rapprochement avec J.Bardella, d'ailleurs, plus qu'avec M.Le Pen. - L.Vigogne: Oui.

Il a très peu de liens avec M.Le Pen. Il l'a appelée il y a quelques jours pour la remercier du mot qu'elle avait eu après sa condamnation.

N.Sarkozy reproche toujours à M.Le Pen de ne pas l'avoir soutenu dans l'entre-deux-tours.

N.Sarkozy sent l'évolution qui travaille en ce moment le peuple de droite, qui est celle d'une union des droites, d'aller un peu plus à droite. En donnant des gestes comme ça, en accordant des brevets au RN, il accompagne ce mouvement.

Il montre bien ce qui travaille en ce moment l'opinion de droite. - A.Casse: N.Sarkozy en prison aujourd'hui, c'est une bonne ou une mauvaise chose pour le RN?

Etant donné qu'il y a ce parallèle avec la situation de M.Le Pen... - V.Schneider: Je pense que c'est une bonne chose.

Ca permet au RN de faire oublier qu'eux aussi ont beaucoup de problèmes avec la justice. C'est bien quand l'attention est portée sur les autres. Le RN prospère aussi sur cette idée que tous les anciens partis sont corrompus, pourris, qu'il faut changer tout ça et donner la chance à ceux qui n'ont pas gouverné, c'est-à-dire eux-mêmes.

Tout ça ne peut qu'arranger leurs affaires et leur positionnement. - L.Vigogne: Ca alimente le débat sur l'exécution provisoire dont on parlait tout à l'heure. - A.Casse: Question. - A.-C.Bezzina: Elle en a déjà, de toute façon, du souci sur cette question de l'inéligibilité.

Après, les appels sont encore pendants. C'est important de les attendre. Il ne faut pas oublier que les juges appliquent la loi.

C'est l'évolution de la loi que d'aller vers les exécutions provisoires, d'aller vers une plus grande probité des gouvernants. On a pu appeler ça l'éthique publique ou la transparence. La législation a évolué là-dessus.

Le sentiment qui prédomine chez N.Sarkozy, c'est la constatation de l'isolement des LR. En 2022, c'est lui qui avait proposé dans l'entre-deux-tours le partenariat avec la droite macroniste en disant qu'il fallait une coalition de droite centriste.

Il y a une vengeance dans l'idée d'aller de l'autre côté de la droite pour aller chercher des alliances. Ce qu'il a raison de faire, c'est de considérer que dans la logique de notre Ve République, le groupe le plus faible va être avalé par le plus fort. C'est plutôt la droite nationale, maintenant.

Les LR ont tout intérêt à tendre la main. - A.Casse: On peut lire cette phrase dans "Le Figaro" du jour. "A terme, N.Sarkozy veut la grâce présidentielle.

C'est pour cela qu'il adoube J.Bardella." - A.-C.Bezzina: Pour avoir la grâce, il faut déjà se reconnaître coupable.

Ca semble manquer dans son histoire. - A.Casse: C'est ce qu'il dit au JDD: "Je ne demande pas la grâce.

Ce serait reconnaître ma culpabilité." - A.-C.Bezzina: Ca suppose aussi l'exécution définitive.

Je ne suis pas sûre que la grâce présidentielle soit de nature à honorer la mémoire qu'il entend laisser. - A.Goutard: Quand on fait le parallèle entre les 2 procès, M.Le Pen et N.Sarkozy, M.Le Pen n'a jamais, contrairement à N.Sarkozy, nié les faits.

Elle considère qu'on lui cherche des poux dans la tête, que c'est casse-pied, mais que ce n'est pas si grave. Elle n'a jamais nié. Ca a évidemment joué dans la décision des juges.

Elle aussi aurait pu se retrouver avec une exécution provisoire mais ça n'a pas été le cas. Le fait qu'elle ait accepté la sentence... - A.-C.Bezzina: Je ne crois pas qu'elle ait pris de la prison ferme dans la peine.

Ca me semble différent. - A.Casse: Mais sur l'exécution provisoire et l'inéligibilité. - A.Goutard: Vous avez raison.

Le fait d'avoir reconnu les faits change aussi beaucoup la donne. - A.Casse: Puisqu'on fait la liste des soutiens, il y a aussi cet article du "Monde": "N.Sarkozy garde la confiance du monde des affaires malgré sa condamnation." On nous apprend que ses nombreux clients n'ont aucune intention de le lâcher.

Ca aussi, ça raconte le poids qu'il a aujourd'hui. Ca raconte aussi sa nouvelle vie. - V.Schneider: En effet.

N.Sarkozy est devenu un homme d'affaires depuis très longtemps. Il était déjà avocat, mais il n'a jamais vraiment quitté son cabinet d'avocats.

Le cabinet a continué à exister. Il fait des deals. Il sert d'intermédiaire auprès de nombreux intermédiaires.

Il est très sollicité. Il a des jetons de présence dans un certain nombre de conseils d'administration. Il a un réseau de patrons amis.

Les patrons dont on parle, comme A.Lagardère...

N.Sarkozy, lorsque Jean-Luc Lagardère meurt, c'est lui qui conseille A.Lagardère dans ce qui va être la prise de pouvoir du groupe Hachette, la succession de son père.

C'est lui qui est derrière. C'est lui qui est là aussi au moment où V.Bolloré rachète le groupe Hachette à A.Lagardère.

On parle aussi du groupe Accor. C'est un ami personnel de N.Sarkozy.

Il a un réseau de patrons amis qui sont en même temps des clients rapporteurs d'affaires qui assuraient à N.Sarkozy des revenus très confortables. Ils ont été évalués à plusieurs millions par an, après plusieurs enquêtes.

Surtout, ces hommes d'affaires...

Ils vont par amitié...

Ils ne vont pas l'éjecter de leurs conseils d'administration. Ils font le pari que cette détention ne va pas durer longtemps, que ça va durer quelques semaines et que ce sera vite oublié. C'est souvent le carnet d'adresses qui intéresse le monde des affaires quand ils viennent recruter dans la politique.

C'est leur capacité à pouvoir joindre n'importe quel chef d'Etat, à connaître énormément de gens parmi les responsables politiques de la planète, à pouvoir mettre en contact différents intermédiaires, des financiers, des chefs d'entreprise...

Ca n'a souvent pas de prix, dans le monde des affaires. Il y a ce pari, évidemment, qu'il va rester peu de temps en prison et qu'il reviendra. - A.Casse: Le sentiment qui monte chez les Français pendant ce temps est celui de la défiance.

Une étude Ipsos est sortie aujourd'hui. 9 Français sur 10 jugent que la France est en déclin. Ils apparaissent pessimistes sur l'avenir du pays. - A Barentin, près de Rouen, ce matin, l'actualité politique s'invite dans ce café.

Le maire vient prendre le pouls des habitants. - C'est plutôt dur. - Tout le monde est dans l'incertitude.

L'incertitude politique. Ils ne savent pas s'ils vont se faire manger par les impôts, par les taxes. Est-ce que ça passe ou pas?

On change de ministre? - Un feuilleton politique que Christophe Bouillon, ancien député socialiste devenu maire suit bien péniblement. - On montre une image au niveau national qui est une image de déconnexion la plus totale là-dessus.

A un moment ou un autre, la corde va se rompre. Les digues vont sauter. On nous considère souvent comme des amortisseurs sociaux.

C'est le rôle qu'on joue. On le voit dans les crises. On est là, à proximité, d'une certaine manière.

Habituellement, on a quelques clés, quelques arguments à faire jouer. Aujourd'hui, on est un peu dans le néant, dans le brouillard le plus total. - L'instabilité politique de ces derniers mois paralyse les projets de la ville.

Cette crèche devait être rénovée depuis longtemps. - On est une passoire thermique. Dès qu'il pleut ou qu'il y a du vent, ça s'infiltre. - Le chantier à 900 000 euros est reporté.

Impossible pour le maire de s'engager tant que le budget national n'est pas voté. - Pour toute commune, pour rénover des projets...

On ne peut pas se lancer à l'aveugle sans savoir si on aura de bonnes subventions du côté de l'Etat, sans savoir si l'Etat, au même moment, nous fait les poches. - Une situation de blocage qui touche de nombreux élus locaux réunis ce matin en visio pour une réunion extraordinaire. - Je propose qu'on commence par l'actualité.

Je voudrais votre ressenti. - Des maires agacés par l'absence de compromis entre gouvernement et opposition. *-Moi, je suis président d'une intercommunalité.

Il y a des sensibilités différentes et on arrive à mener nos projets ensemble. On arrive à avancer. *-Après la dissolution, un front républicain s'est formé pour éviter que l'extrême droite arrive au pouvoir.

C'est quelque chose qui était porteur d'espoir. On s'est dit qu'on arriverait peut-être à s'entendre et à avoir un gouvernement d'unité nationale. C'est peut-être ce qu'on a raté. - Ce n'est pas une histoire de majorité/opposition.

Tout le monde n'est pas dans la surenchère. Même dans le bloc central, il y a de la surenchère. - Quant au président de la République... - Il a été porteur d'espoir.

Aujourd'hui, les espoirs sont un peu déçus. - Si le maire est critique, il n'apprécie pas pour autant les règlements de comptes dans la macronie. - Quand on est proche du président, ça a été le cas de G.Attal ou d'E.Philippe, c'est l'occasion, non pas de jouer la carte de "je quitte le navire", mais de dire qu'on utilise cette proximité pour le convaincre de bouger, de changer la méthode. - Elus de terrain, les maires échappent à la crise et restent la figure politique en laquelle les Français ont le plus confiance.

Une cote proche de 70 %. - A.Casse: Le Cevipof a travaillé sur cette étude.

Question. Vous êtes d'accord avec ça? - A.-C.Bezzina: On ne peut qu'être d'accord avec ça.

Le seul juge de la démocratie, c'est le peuple. A partir du moment où lui-même se sent dépassé et a le sentiment que les politiques vivent dans une sphère...

C'est ce qui prédomine, l'impression que le politique n'est plus en communication avec sa base. On a affaire à 2 mondes qui ne correspondent plus. C'est l'un des plus grands dangers que court notre démocratie.

Dans le dernier baromètre Cevipof, vous avez aussi la tentation autoritaire qui est à peu près à 63 %. Quand on n'a plus confiance en rien, on est capable d'être sensible à des sirènes dangereuses. - A.Goutard: C'est intéressant. "Cirque médiatique", je me sens concernée.

Nous, on a suivi, participé à ce cirque médiatique dont parle Isabelle. Néanmoins, si on n'en avait pas parlé ou si on en avait peu parlé, comment Isabelle aurait jugé la façon dont les médias traitent l'information sur N.Sarkozy?

Est-ce que le fait d'en parler n'est pas finalement la démocratie, qui va permettre à Isabelle d'être en colère contre nous et de considérer qu'on aurait peut-être dû en parler autrement? Tant qu'on en parle, c'est bon. C'est le boulot d'information des médias. - A.Casse: Est-ce qu'on a assez couvert ce procès?

Est-ce qu'on a assez parlé du volet libyen? V.Schneider, vous aviez écrit un livre là-dessus. - V.Schneider: Ce n'est pas nouveau.

Malheureusement, oui. J'avais écrit ce livre parce que je constatais une certaine désaffection de personnalités connues, mais aussi de beaucoup de petits maires qui quittaient la vie publique alors que c'était ce qu'il y avait de plus honorable dans notre démocratie pendant des décennies et des décennies. Je m'étais interrogée là-dessus.

Force est de constater que, 25 ans plus tard, on en est toujours là en pire. La défiance n'a jamais été aussi forte envers les politiques. Il n'y a plus que 10 % des Français qui leur font confiance.

Ce sont des chiffres effroyables. C'est vraiment la dégringolade. Les maires s'en sortent un peu mieux parce que les Français les voient sur le terrain, les voient mouiller leur chemise, mais là aussi, il va falloir continuer à trouver des candidats, parce qu'être maire...

C'est mal payé, chronophage, on a des risques juridiques, on sert d'assistante sociale, on se retrouve avec des budgets coupés...

On a peu de marge de manoeuvre et beaucoup de demandes. En effet, il y a une désagrégation de l'attachement à la politique qui est absolument spectaculaire et très inquiétante. Ce n'est pas sain, en démocratie, d'avoir une image telle que celle-là des gens qui nous gouvernent. - A.Casse: On passe aux questions SMS.

Question. - L.Vigogne: Non.

En tout cas, je ne la connais pas. - A.Casse: Normalement, vous savez tout. - L.Vigogne: Ce soir, je ne sais pas.

On peut supposer que ça n'a sans doute pas été chaleureux entre eux. Leur relation est vraiment très bien gardée depuis le début de l'année. En 2022, N.Sarkozy avait beaucoup contribué à la réélection d'E.Macron.

Ensuite, il y a eu une série de désaccords entre eux sur l'Ukraine, sur les choix du Premier ministre d'E.Macron, sur le retrait de la Légion d'honneur à N.Sarkozy.

Depuis, c'était extrêmement glacial entre eux. La dernière fois qu'ils ont dîné, c'était extrêmement dur entre eux. - A.Casse: Plus glacial qu'entre E.Macron et F.Hollande? - V.Schneider: Là, il n'y a pas de relation. - L.Vigogne: Ce qui est problématique pour E.Macron, c'est que N.Sarkozy est devenu un ennemi et ça aura des conséquences. - A.Casse: Lesquelles? - L.Vigogne: Ca va peser dans le débat public, comme dans l'alliance des LR.

Si N.Sarkozy encourage les LR à soutenir un gouvernement RN, ça a des conséquences. - A.Casse: Question. - A.-C.Bezzina: Oui.

Les Républicains sont une force historique, ce qu'on appelait "la droite de gouvernement". J'aime bien rappeler l'idée que c'est grâce à la division du comte de Chambord et du comte de Paris qu'on a eu Gambetta. La droite a toujours eu l'habitude d'être très divisée dans des sous-familles, entre la légitimité des uns et des autres.

Souvent, ils amènent à ce que la gauche gagne sur quelques combats, notamment celui de la suspension de la réforme des retraites aujourd'hui. Ce serait trop tôt pour considérer que c'est un appareil politique complètement mort. - A.Casse: Question. - A.Goutard: On a fait le tour de la presse internationale.

Ce n'est pas joli, joli. Chacun y trouve un symbole d'une très mauvaise période, une très mauvaise page pour la France. Ce qu'il est intéressant de noter dans les journaux étrangers, c'est que la plupart reprennent les termes du procès Sarkozy et s'intéressent à la culpabilité de N.Sarkozy.

Ils s'étonnent que nous, en France, on soit plus sur la crème de l'affaire. "N.Sarkozy, le pauvre" ou "N.Sarkozy, bien mérité". - A.Casse: Question. - V.Schneider: C'est le signe qu'il y a une justice qui fonctionne.

On a souhaité, collectivement, que les hommes politiques soient irréprochables. On voulait des hommes politiques irréprochables. On se retrouve avec un ancien président mêlé à plusieurs affaires, qui a encore une fois été condamné définitivement dans l'une d'entre elles, qui aura peut-être d'autres condamnations définitives.

C'est en effet cette question qu'il faut se poser en premier. C'est ce qui surprend, ce qui peut surprendre à l'étranger, qu'on passe plus de temps à s'interroger sur la taille de la cellule de l'ancien président que sur ce qui s'est vraiment passé dans cette affaire. C'est complexe à comprendre pour qui n'a pas suivi depuis le début.

Ca a été des années d'enquête. Ce n'est pas une affaire simple à résumer. - A.Casse: Question. - A.-C.Bezzina: C'est la question que je me pose ce soir.

Si on dégrade le rapport à la justice, qu'est-ce qui nous arrivera demain dans des petites affaires? Au fond, c'est la confiance dans la loi qui nous interdit de prendre un rond-point à l'envers. Il faudra se poser cette question, évidemment.

Il me semble que la confiance dans la justice naît des garanties de son indépendance, qui sont celles de la Constitution. Encore une fois, près de 12 ans de procédure, 400 pages de jugement, ça, c'est la justice qui a été rendue. Les images de ce matin sont des images pour l'histoire médiatique. - A.Casse: Question. - A.Goutard: Ca arrive tous les jours à plein de Français qui, effectivement, sont soit victimes soit auteurs. - A.Casse: Au milieu, il y a l'exécution provisoire et le passage en prison. - A.Goutard: Oui.

Je rappelle que 85 % des personnes condamnées en première instance vont en prison. Et ce lorsqu'on est à 5 ans de condamnation. Un procès, une condamnation, c'est horrible.

On ne le souhaite à personne. - A.Casse: Est-ce qu'il y a un dédommagement quand on est déclaré innocent? - A.Goutard: Non.

S'il lui arrive quelque chose en prison, si l'Etat est reconnu coupable...

Après, on peut tourner les choses autrement. Est-ce que N.Sarkozy a eu les meilleurs avocats pour le défendre?

Vous voyez? - A.Casse: Vous pensez qu'il pourrait être mieux défendu, j'ai l'impression. - A.Goutard: Je ne sais pas.

On peut tourner Les choses dans tous les sens. - A.Casse: Question. - V.Schneider: Ca va être très difficile.

On voit qu'on a une droite très divisée. Surtout, je pense que c'est très compliqué pour l'opinion publique de s'y retrouver. Ce sont des jeux de stratégie et de billard qui n'ont pas grand-chose à voir avec des lignes politiques qui s'affrontent.

Je pense que l'opinion publique est face à un brouillard total et est incapable de comprendre ce qui s'est passé entre Bruno et Bruno, Bruno et Laurent... - A.Casse: Merci beaucoup d'avoir été nos invités.

Tout de suite, "C à vous" avec A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Dans un instant, le meilleur de "C à vous".

Chanteurs, acteurs, écrivains, comédiens, musiciens...

Ils ont tous été nos invités.