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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 14 décembre 2025 24 min

Alice Rufo est l'invitée de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir Alice Ruffo. Bonsoir. Merci d'être présent dans toutes les politiques en direct sur France Info, ministre délégué aux armées auprès de de la ministre des armées Catherine Vautrin.

D'abord, quelle est votre réaction après cet attentat terroriste antisémite en en Australie à Sydney ? 11 morts, 29 blessés sur la plage de Bondaï près de Sydney. Bon, une réaction d'effroid comme tout le monde, de condamnation absolue et puis évidemment de soutien aux victimes, à leurs familles, à leurs proches, aux blessés, aux autorités, au peuple australien.

Effectivement, attentat terroriste antisémite. Terrible et et rien de plus à ajouter que cette que cet effroid et ce soutien. après Manchester, après Washington, aujourd'hui Sydney.

Euh dans ces trois villes, les juifs ont été tués parce qu'ils étaient juifs. Est-ce que la France est à l'abri de ça ? Non.

Et d'ailleurs euh elle le sait malheureusement parce que nous aussi on a on a fait l'objet d'attaque de cette nature et c'est la raison pour laquelle en fait le ministre de l'intérieur a anticipé la situation pour les fêtes de fin d'année a et a renforcé les dispositifs de protection notamment autour des fêtes à caractère religieux. Et non, malheureusement, on sait que l'antisémitisme tue, que le terrorisme antisémite existe et on l'a vécu nous sur notre sol dans notre chair. Et qu'est-ce que vous dites au aux Français juifs qui hésiteraient à célébrer les fêtes de Anoua qui commencent ces jours-ci et qui ont peur ?

Je je dis que tout est mis en œuvre par les autorités, alors évidemment par le ministère de l'intérieur. Tous, il y a pas de il y a jamais de risque zéro en matière terroriste. Ce serait euh ce serait il faut le pouvoir le dire.

En même temps, le dispositif a été renforcé. Il y a aussi un dispositif qui est lié au ministère des armées qui est le dispositif sentinel. Sentinel.

Voilà, ce sont des militaires qui sont déployés sur le territoire national pour renforcer les forces de sécurité intérieure. Donc je salue leur action mais je tout ce que je peux dire c'est que les autorités française sont pleinement mobilisé pour les protéger dans cette période de célébration. Et cette haine meurtrière antisémite, est-ce que vous pensez qu'elle est directement liée au 7 octobre et à la guerre à Gaza qui a suivi ou elle est plus profonde ?

La haine antisémite, malheureusement, elle est très ancienne et elle fera pétue depuis longtemps. Mais oui, de fait, après le secte octobre, on a vu une explosion des actes antisémite en France et et partout dans le monde. Et bien sûr que cette violence antisémite et cette cette effroyable barbarie frappe plus.

Oui, depuis le 7 octobre. Berlin, on en parlait euh avec Albert Bicosier et nos invités il y a un instant, capital des nouvelles discussions de paix sur l'Ukraine ce soir. On attend évidemment la sortie des émissaires ukrainiens et américains, le président euh Volodimir Zelenski, Steve Witkov, Jared Kuchner.

Euh qu'est-ce qu'attendent très concrètement les Européens ? Est-ce que vous avez des informations que nous n'aurions pas ? On a on a des informations en temps réel, on continue en fait depuis des semaines, des mois parce qu'en fait les Européens, les Ukrainiens et les Américains sont en contact en fait permanent.

Donc j'ai pas de j'ai pas d'information spécifique. Simplement ce qu'on attend c'est que c'est qu'on puisse avoir un une perspective de paix crédible. Pourquoi les Européens veulent peser le plus ?

Pardon ? Alors attendez, il y a deux questions. Laurent [rires] c'est très elle est très bonne la question de Laurent.

Allez-y. Vous pensez qu'on s'en rapproche puisque vous vous les suivez heur par ? Je souhaite qu'on s'en rapproche.

Ce que je vois c'est que au fur et à mesure qu'il y a ces différentes séries au fond de négociations, il y en a eu à Paris, il y en a à Berlin, il y en aura d'autres il y aura d'autres séries de négociations. C'est qu'on avance sur sur la précision, la convergence qu'on peut avoir sur ce qu'est une paix juste et durable en Ukraine. C'est-à-dire c'est-à-dire qu'en fait la question des garanties de sécurité par exemple qui a été largement portée par les Européens dans le débat à l'appui des Ukrainiens.

Mais là, les Russes ont accepté des choses qui refusaient auparavant. Ah, les Russes pour l'instant, j'ai pas vu quelle concession ils étaient prêts à faire pour trouver pour trouver la p là. On parle du d'une accord de paye entre tous ceux qui sont d'accord pour faire la paix.

B, il y a un élément de convergence important à avoir entre européen et américain. C'est un gros travail ça. Et sur les garanties de sécurité, ça a été tout l'objet de la coalition des volontaires qui s'est encore réuni la semaine dernière et qui permet d'avancer parce que quelle que soit la situation finale en Ukraine de de paix, d'accord de paix ou pas, il faudra ces garanties de sécurité qui seront apportées par les Européens et par les Américains.

Je vais je vais y revenir mais c'est absolument nécessaire parce qu'on j'entendais les conversations qu'il y avait sur ce plateau avant en diplomatie. Vous savez, il y a une manière de dire les choses, c'est rien n'est agréé tant que tout n'est pas agréé. On peut pas découper une négociation.

Il peut pas on peut pas parler de territoire si on ne parle pas de garantie de sécurité. Et donc au fond, c'est là-dessus qu'on avance sur une un agenda de convergence avec les Américains, entre européens aussi et avec les Ukrainiens. Que vous dire que les Russes sont prêts à faire des concessions pour avoir la paix.

Non, je crois pas. Les Russes sont à l'origine du problème. C'est à eux de décider s'ils veulent faire partie d'une solution ou pas.

Pour l'instant, je crois pas qu'il l'ai décidé. Et quand vous voyez Donald Trump estimer que l'Ukraine doit adhérer et rapidement à l'Union européenne, en tout cas que les Américains ils sont favorables pour 2027, qu'est-ce que vous lui répondez ? Je réponds que c'est à l'Europe de décider de son avenir et à l'Ukraine et puis que la perspective européenne de l'Ukraine est claire depuis d'ailleurs le voyage du président Macron à l'époque du chancelier Scholz avec le président du conseil italien, le président roumain en Ukraine en juin 2022.

Cette perspective a été ouverte et elle le reste évidemment. Mais pour revenir aux garanties, le vous pensez que les armées françaises seront euh invitées à contribuer à ces garanties en se déployant par exemple à à l'ouest de l'Ukraine ou bien dans un pays voisin ? Alors, les armées françaises sont jamais invitées par d'autres que par nous-mêmes à faire quelque chose.

Non, mais c'est très important. C'est pas du tout àodin. Et je pense que il faut être très clair.

Je voulais dire invité, c'està-dire qu'on leur demanderait leur ministre, leur ministre leur demanderait d'aller de toute manière, c'est le président de la République qui décide en la matière. Le le fait est que ça fait des mois qu'on travaille sur cette question des garanties de sécurité qui comporte pas que une dimension terrestre, même si elle comporte une part de régénération de l'arme ukrainienne. Pourquoi ?

Parce que la première des garanties de sécurité sur le terrain, ça serait une ça sera une armée ukrainienne robuste et elle comporte une dimension aérienne et maritime. De quoi on parle ? On parle du fait que si jamais il y avait un accord de paix ou de cesser le feu, il faudrait que la Russie ne puis d'abord il faudrait aider l'Ukraine à à être dissuasive pour éviter que la Russie recommence et puis il faudrait travailler et là c'est très important de travailler avec les Américains aussi à ce qui se passerait en cas de si la Russie recommençait.

Voilà et donc pour la dissuader et plus vous avez des garanties de sécurité à l'Ukraine robustes et positives moins la Russie peut être incitée à recommencer et c'est là-dessus qu'on travaille. Donc je pense qu'il faut il faut il faut vraiment garder cet élément au milieu parce que la paix pour qu'elle soit durable, il faut bien qu'elle soit une garantie de sécurité possible si les Américains ne sont ne veulent pas en faire partie. Les Européens eux seuls autrement dit ne peuvent pas aider à la sécurité.

Ce sont les Européens qui ont lancé le travail sur les garanties de sécurité au demeurant il y a longtemps. C'est-à-dire lorsque le président Trump était venu pour la réouverture de Notre-Dame, cette discussion avait commencé. Ensuite, au début de l'année dernière, on a lancé avec les Britanniques la coalition des volontaires qui avait pour vocation justement de travailler sur ces garanties de sécurité.

Et une fois que c'était suffisamment mur au niveau des contributions européennes, une fois qu'on s'est senti prêt, il y a eu une conversation avec les Américains, également avec le les représentants de militaire de l'OTAN qui ont permis de détailler de d'amener les Américains sur cette discussion à Washington en début de semaine dernière et et ils sont engagés dans ces garanties de sécurité très important. un camp américano russe aujourd'hui Alice Rufa un axe Trump Poutine dans la guerre en Ukraine. C'est en tout cas ce que dit on va l'écouter leur député Bernard Getta sur France info.

Les Américains et en vérité les Russes les deux euh exigaient des Ukrainiens qu'ils se retirent de zones que les Russes n'avaient pas conquises. Et les Ukrainiens ont dit "Bah écoutez oui éventuellement mais à ce moment-là il faudrait que les Russes se reculent. Nous, on peut se reculer et on peut créer comme entre les deux Coréens une zone démilitarisée.

Il y a quand même des pertes territorial dans cette contrepost. Oui, d'accord. Mais c'est plus du tout c'est plus du tout ce que les Russes envisagé.

C'est la réponse du berger à la bergère. Et maintenant, si vous voulez, la balle est repartie dans le camp parce que c'est horrible dans le camp américanousse parce que il y a un camp américano russe quand même. Est-ce qu'il dit pas juste la vérité ?

Il y a un camp [rires] américaino russe, un ax Trump Poutine. Au fond, Donald Trump est devenu notre adversaire. Non, je crois pas qu'on puisse qualifier les États-Unis d'Amérique d'adversaire.

Honnêtement, c'est on fait partie de la même alliance militaire. Il y a les postures et puis il y a aussi la réalité. Bon, qui se trompe ?

Je dis pas qu'il se trompe. Il a raison notamment sur le fait qu'il y a eu beaucoup de pression sur l'Ukraine et que tout le travail des Européens dont il fait partie et et qu'il appuie un max Moscou Washington. Je je pense que le travail des Européens a été précisément d'éviter que la pression ne porte que sur l'Ukraine.

Mais non sans succès, il faut pas se désespérer. Il y a eu des sanctions américaines qui ont été adoptées notamment sur le pétrole russe. C'est beaucoup du travail des Européens de conviction parce que mais quand vous entendez le chancelier Mert qui dit "La pax américana c'est terminé, ils ont les Américains leurs intérêts, nous avons les nôtres".

C'est quoi cette relation exactement ? Il a raison. a raison mais c'est pas tellement nouveau que les États-Unis d'Amérique se concentrent d'abord sur leurs intérêts.

Je pense qu'il s'adresse aussi beaucoup quand le chancelier dit ça à l'opinion allemande qui a pu croire longtemps aussi que les Américains ne seraient toujours là et ne et ne feraient pas ce fameux shift dont on parle vers l'Indo- Pacifique. Bon oui bien sûr que la situation telle qu'on en a hérité en 1945 n'est plus n'a plus lieu d'être. Il faut qu'on prenne notre propre sécurité en main et je pense que c'est très important.

L'impression qu'on a c'est que l'état actuel des forces militaires en Europe de l'Ouest, des démocraties européennes n'est absolument pas suffisant pour soutenir une politique d'indépendance puisque on dépend sur beaucoup de de de secteurs militaires, j'entends de la coopération américaine. S'il disent s'il la retire ou si la menace de la retirer, on n pas de solution alternative, on a pas de plan B et donc on est obligé de suivre ce qu'ils nous disent. Alors nous le la France a plutôt une tradition d'indépendance en Europe euh aux autres c'est l'histoire de la c'est notre histoire c'est l'histoire de la dissuasion nucléaire aussi c'est notre histoire.

Mais pour autant, on a quand même un agenda depuis depuis depuis 2017 quand même de renforcement de ce qu'on appelle la souveraineté européenne, l'autonomie stratégique européenne qui a pas été si facile à imposer en Europe. En vérité, on était très critiqué sur cet agenda il y a une dizaine d'années, bien il y a 7 ou 8 ans, mais on voit bien quand même aujourd'hui que que malheureusement le contexte ça progresse. Il y a eu l'adoption d'instrument, il y a eu beaucoup de progrès qui ont été faits en en la matière, je dire avec une accélération incroyable au moment de la guerre en Ukraine avec l'agenda de Versaill et cetera.

Donc on peut dire que ça va pas assez vite et et être frustré de ça, mais honnêtement c'est c'est ça accélère quand même beaucoup. La grande question qui préoccupe les Français, c'est est-ce que euh on aura le temps euh de cet effort de défense face à la menace russe. Quand vous avez un chef d'état-major des armées qui vous dit que il faut se préparer à un choc d'ici 3 ou 4 ans, est-ce qu'en 3 ou 4 ans, on sera haut niveau pour être complètement autonome d'un point de vue militaire de défense stratégique ?

Ben ça dépend de nous. Ça dépend de la possibilité de voter un budget. Ça dépend de du fait que euh quelle que soit la situation dans le monde en fond, on continue de garder cette agenda de souveraineté et qu'on se dise pas ça va passer.

Parce que c'est un peu ce qui est arrivé par le passé. Euh les Américains disaient telle ou telle chose et puis on avait tendance à faire un peu une politique de l'autruche, à dire "Bon bah on verra avec la prochaine administration." C'est pour ça que je suis je suis prudente.

Je pense qu'il y a c'est un agenda de long terme. Il peut s'exprimer plus ou moins brutalement. C'est un peu brutal dans l'expression par moment, mais c'est quand même un agenda de long terme.

Donc l'Europe doit garder ça en tête et quoi qu'il arrive continuer de cet agenda de Alors, qu'est-ce que vous dites à Marine Le Pen qui vous accuse d'instrumentaliser la guerre pour faire voter le budget en martelant que s' n'était pas voté, la France ne pourrait pas se défendre puisque là on a une véritable un véritable enjeu autour du budget, 6,7 milliards de crédits supplémentaires pour la défense. Elle dit au fond, c'est du chantage. Qu'est-ce que vous lui répond ?

Il y a aucune instrumentalisation. C'est le la loi de programmation militaire est pluriannuelle. Elle permet de donner une direction à nos armées et à nos industriels.

Mais elle est votée mais elle est en exécution votée chaque année au Parlement. Et donc en fait elle est soumise aux parlementaires qui l'ont adopté et puis là il y a eu un article 50-1 qui a permis un débat justement à l'Assemblée nationale alors même que il était possible vu la le chemin budgétaire que l'Assemblée nationale ne se prononce pas. Donc au contraire, c'est les députés de voter ce budget dans lequel il y a les crédits supplémentaires pour la défense.

Vous savez très bien que c'est très très risqué. Pour l'instant, le compte n'y est pas. Bah en tout cas, on va voir.

Cette semaine est très importante. Il y a eu une avancée avec l'adoption du PLFSS. Le paris qui est fait, c'est celui du débat parlementaire et c'est justement pour ça enfin les crédits ont été adoptés au Sénat dans la mission défense.

Il y aura il y aura des débats qui vont se poursuivre. Mais simplement ce que je veux dire, c'est que c'est le contraire d'une instrumentalisation. C'est un moment très parlementaire dans laquelle dans lequel au fond on demande aux députés en leur en leur montrant l'état de la menace qu' y a eu plusieurs réunions qui ont eu lieu compris à l'hôtel de Brienne de voter des crédits pour nos armées parce que nos armées en ont besoin pour faire face à l'état du monde tel qu'il est.

Vous parlez beaucoup de la menace, vous avez le sentiment que la représentation nationale a pris conscience de cette menace russe. Oui, je crois que la représentation nationale est informée des menaces et moi je vois beaucoup d'esprits de responsabilité notamment dans les travaux qui ont été menés en commission. Voilà, maintenant il faut que cet esprit de responsabilité se traduise par des votes.

Et dans l'opinion, vous avez le sentiment que ces efforts budgétaires qui seront nécessaires pour renforcer notre défense vont être acceptés. Moi, je crois quand même qu'il y a une enfin je pense qu'il y a une vraie prise de conscience parce que cette guerre quand même sur notre continent qui est pas si loin, pas si loin de nous, 1500 km Strasbourg levif, c'est pas loin. Le courage ukrainien, l'état des menaces qui ne sont pas simplement des menaces liées au flanc est qui sont aussi sur le flanc sud.

La menace terroriste en France, elle existe encore. L'état du monde fait que chacun voit bien qu'il faut plus de moyens pour renforcer notre sécurité qui est quand même la première des liberté. Donc je crois qu'il y a un grand consensus au sein de notre pays sur le fait de donner les moyens à nos armées.

Encore une fois, on est dans un moment parlementaire et c'est donc au parlementaires. Et moi, je crois à cette à ce chemin de compromis parce que on est en train de parler de sujets qui quand même concernent tout le monde. Là, la question c'est est-ce qu'on est prêt ?

Est-ce qu'on sera prêt face à cette guerre qui menace, un retour de la guerre ? Pourquoi pas même de haute intensité he c'est ce qu'on entend hein quand on écoute les les militaires. La guerre hybride elle est déjà là.

On en parlait avec ce sous-marin russe dans la manche. S'il faut passer dans une forme d'économie de guerre euh ça se décline comment ? Est-ce qu'on sera prêt ?

Où vont aller les investissements ? Qu'est-ce qui nous manque aujourd'hui pour être prêt d'ici quelques années ? Alors pour vous répondre très précisément sur ce qui nous faut maintenant.

Il nous faut plus de munitions pour que nos armées soient plus prêtes. À la fois des munitions simples et des munitions complexes. Il nous faut plus de drone.

On voit bien toute la menace et d'ailleurs c'est ce qui est prévu dans ce qu'on appelle la surmarche, c'est-à-dire l'augmentation du budget. Il nous faut des moyens de protection aérienne et antimissile. Il nous faut continuer de moderniser notre dissuasion.

Tout ça c'est programmé, anticipé et en permanence mis à jour dans la programmation. Ça veut dire qu'on a on n pas assez. On a on a on a il faut augmenter il faut augmenter le les les les dépenses de de défense de munition de jour d'avance.

Il paraît qu'on a de jours s'il y a une guerre. Non, je je crois pas qu'il faille réduire les choses. Il faut augmenter, il faut reconstituer nos stocks et il faut augmenter.

On peut c'est les militaires qui disent ça, on peut oui, mais je vais pas me mettre à commenter tel ou tel segment. Le fait est que il y a une programmation budgétaire qui a été votée par les par les parlementaires. Cette cette programmation, elle doit être mise à jour régulièrement, pas parce qu'on a envie de le faire, parce que l'état de la menace évolue et qu'elle s'accélère.

Et donc au fond, on on le fait. Le président de la République sur la base euh de la revue nationale stratégique actualisée en juillet a dit "Il faut accélérer par rapport à la trajectoire de la loi de programmation militaire. Il faut le faire.

Il faut le faire parce que c'est pas le gouvernement qui décide tout seul que la que le monde devient plus dangereux, il devient plus dangereux." Et effectivement, on est face à cette guerre hybride qui doit amener à à élargir même au-delà du champ militaire. Au fond, la défense est une problématique qui dépasse les armes.

Qu'est-ce que vous répondez ? Les Ukrainiens ont besoin de rafale. Alors, il paraît qu'on leur aura répondu, ben on peut en faire deux par mois, je crois, ou trois, je sais plus.

Bah, on a on aura une accélération des cadence. Vous posez vous posez la question de l'économie de guerre. Je crois que c'est c'était important de s'engager avec l'Ukraine parce qu'au fond la protection du ciel de l'Ukraine future, son destin est européen et donc c'est bien que ça soit des matériels européens français qui se positionnent et qui pas les produire.

Si je pense que la cadence de production doit être augmentée. Peut être augmentée. C'est précisément l'enjeu de ce que vous dites sur l'économie de guerre.

Ouais. Cette expression d'économie de guerre qui a été employée par le chef de l'État pas récemment mais il y a quelques mois, elle vous semble légitime, proportionné, justifié quand on voit les 40 % de PaysB russes qui vont à la défense, on a l'économie russe, vous savez le l'économie de russe est une russe est une économie de guerre. D'ailleurs, un un soldat est beaucoup plus payé qu'un médecin.

Il y a une militarisation de la société extraordinaire qui qui est quand même terrible, y compris pour la Russie avec une économie qui va pas si bien que ça. Voilà. Alors là, on n'est pas encore au 3 % donc c'est pas du tout notre économie va mieux que l'économie russe.

Voilà. Et donc et en fait je pense que l'économie de guerre c'est aussi une manière de dire qu'il fallait accélérer les cadences de production mais c'est ce qui a été fait. Je veux dire, on n'a pas commencé hier matin et ou il y a 15 jours sur les productions des fameux canons César dont vous parlez parfois sur votre trentaine, les l'accélération des commandes et le fait qu'on ait travaillé avec l'Ukraine a fait que les cadences ont été considérablement accélérées.

C'est vrai aussi sur les mistrrales, c'est vrai sur un certain nombre de secteurs, mais il faut énormément accélérer la cadence de production et accélérer aussi un agenda d'innovation parce que c'est pas qu'une question de masse, c'est aussi sur la question de la souveraineté européenne et nationale française en matière de défense, la gauche radicale répète, elle a dit encore dans l'hémicycle qu'au fond ce sont les Américains qui vont profiter de cet effort de défense parce qu'on va leur acheter plus à eux qu'à nous. Qu'est-ce que vous répondez ? Ben, je réponds que c'est pas vrai puisque on a un agenda de souveraineté européenne qui n'est pas une posture qui se matérialise dans des textes.

Le Conseil a adopté par exemple très récemment un instrument qui s'appelle EDIP. Alors pardon, les acronymes, je sais moi aussi je m'y perd parfois mais en fait c'est un instrument pour augmenter l'investissement européen à destination de la base industrielle et technologique de défense européenne, c'est-à-dire avec une vraie et claire préférence européenne qui a pour laquelle on s'est beaucoup battu à Bruxelles. J'ai fait partie des négociateurs donc je peux vous le dire et et nos représentants diplomatiques se sont beaucoup battus.

Bah voilà, il faut nous permettre de faire ça. Sinon alors effectivement si on fait rien, qu'on vote pas le budget et cetera, ben effectivement il y aura des dépendances nouvelles. On voit bien que tout ce qu'il faut faire c'est réduire nos dépendances.

Et sur la réindustrialisation euh également, vous pensez que il y a des emplois à la clé important ? On parlait de Brant qui a été liquidé récemment et on connaî la longue liste hein des des usines sur le car. Je vais vous donner un exemple très précis.

Lorsqu'on a relancé la production de poudre, on avait laissé tomber euh pour Orinco, on a une usine à Berger qui s'est créée. Voilà. La réindustrialisation, elle elle passe aussi par là.

C'est quand même beaucoup d'emplois industriel. La défense la chiffré, c'est c'est à peu près 220000 emplois en France. Là, la base industrielle et technologique de défense.

Oui. 4000, il y a c'est beaucoup de PMETI, de tissus locaux. Donc c'est quand on investit dans la défense, on investit dans notre avenir, dans notre économie aussi parce qu'on sait très bien qu'il y a des retombées civiles.

Donc c'est pas juste un coût, c'est aussi c'est un investissement. Alors, je vois qu'on parle du service national volontaire. Juste enfin pour faire la transition, c'est que comment vous avez réagi au aux déclarations du SMA comme on dit du chef d'étatmajor des armées sur le la nécessité de sacrifier enfin d'envisager de sacrifier les enfants de France à une guerre ?

D'abord, j'ai lu ce qu'il a dit contrairement à beaucoup de gens par [rires] je crois mais et il a il a il y a un bout de son propos qui a été isolé, une grande polémique. Faut faire attention, c'est quand même une institution l'étatmajor des armées et le chef d'étatmajor des armées dans la période où on est, les attaques injustifiées sont vraiment il faut le il faut pas les accepter et d'ailleurs on les a pas accepté. Mais il était dans son rôle pour parler euh bah il parle il parle c'est bien qu'un qu'un qu'un militaire s'exprime sur ce qu'il fait lui.

Je on oublie toujours quand on quand on parle de ce débat que nos militaires sont jeunes. Nos militaires qui combattent différents types de menaces d'ailleurs dont la menace terroriste. Il y en a qui sont déployés en Irak.

Parfois il y a des pertes, parfois c'est des jeunes. Alors bien sûr que que que que c'est pas sacrifier la jeunesse, c'est pas ça l'idée. Mais on voit bien que que nos militaires sont jeunes et que quand on s'exprime comme un militaire, c'est normal que lui dise que dans la société, on doit entendre ce que c'est l'engagement militaire.

Pardon ? C'était pas forcément le bon endroit. le congrès des maires pour le faire.

Je c'est ce qui était pas très appréciable en tout cas, c'est que il y a eu une polémique injustifiée sur la base d'un propos extrait. Ce qui frappant, c'est que cette polémique a été mené par des partis explicitement hein qui font 50 % de des voix par enfin quand on les agrège tous le l'extrême droite d'un côté et le la France insoumise de l'autre, ça fait presque 50 % des voix. C'est pas inquiétant ça sur le Bah c'est c'est pour ça qu'il faut le défendre.

Il faut pas dire que que qu'il a qu'il a pas qu'il a dit ce qu'il a pas dit. Voilà. Est-ce que sur le fond il a raison ?

Vous avez l'impression que la force d'âme qui va falloir Je crois que l'esprit de défense en tout cas et ce qu'on appelle les forces morales dans dans le milieu militaire sont essentielles. Sur le service national volontaire, est-ce que vous avez déjà senti c'est un intérêt des candidatures ? Le dispositif va se mettre en place progressivement, on le rappelle hein, sur la base du volontariat, c'est indemnisé 800 € par mois et et personne ne sera envoyé sur un terrain d'opération.

Non, c'est territoire national. Euh est-ce que est-ce que vous vous avez le sentiment que les les les jeunes français peuvent peuvent se saisir de ce service ? Je pense oui.

D'abord, on l'a vu dans le lorsqu'on a voulu augmenter la ce qu'on appelle la réserve opérationnelle, il y a eu énormément de candidatures. Il y a eu plus de candidatures que de postes. Ouais, absolument.

Et je pense que oui parce que je pense que d'abord le rapport de la jeunesse aux questions de défense c'est un rapport qui a changé qui a évolué par rapport à à ma génération par exemple et je pense que par exemple sur les domaines sur les secteurs technologiques, moi je l'ai vu, j'étais dans les forces à Agnace il y a pas il y a pas il y a pas très longtemps et j'ai vu que au fond nos forces travaillent de manière très locale et très étroite avec des réservistes qui travaillent dans la base industrielle et technologique pour justement dans les domaines de la dualité dans les domaines du c'està-dire à la fois civil et militaire essayer d'apporter des éléments sur l'innovation et ces forces prévoient justement que les les volontaires du service national vont arriver et et les intègre d'ors et déjà dans leur dans leur dans leur programmation, dans leur activité. Moi, je pense que c'est très important à la fois parce que nos armées ont besoin de cet appui et puis je pense que c'est très important pour développer l'esprit de défense dans notre société. Euh la mémoire, le monde combattant dont j'ai l'honneur d'avoir la charge en plus des autres dimensions sont essentielles.

Essentiel, on le voit d'ailleurs, on a commencé cette interview sur l'antisémitisme. La mémoire, ça compte. Dernière question qui nous ramène aux États-Unis.

Vous avez eu l'occasion déjà de commenter la stratégie nationale de sécurité américaine qui nous étri hein, mais on on renvoie vos interviews précédentes, mais dans un document non publié de cette stratégie qui a fuité dans les médias américains, il y a cette idée américaine d'un C5, un core 55 qui contournerait le G7, ce cette grande réunion des grandes puissances démocratiques. Comment vous accueillez ça ? Europe, non, États-Unis, pardon, Russie, Chine, Inde, Japon sans nous.

Bon euh, je sais pas, je crois pas que ça a été confirmé par les autorités américaine. Voilà. Euh alors, je vais peut-être vous surprendre mais alors l'élargissement de la gouvernance mondiale, nous ça fait longtemps qu'on plaide que ce soit au Conseil de sécurité des Nations- Unies, favorable à l'élargissement du Conseil de sécurité des Nations parce que le monde a changé.

Les émergents sont plus des émergents, ils doivent prendre leur responsabilité. J'ajoute que quand lorsqu'on a été en présidence du G7, il y a 7 ans maintenant, puisque on l' bientôt, euh on a plutôt élargi précisément à l'Inde euh qui est défé le G7 aujourd'hui complètement. Je pense qu'on doit réfléchir à comment on élargit euh la la gouvernance et on a le G20 dont on voit bien que par moment il est un peu bloqué.

Même pas, on a un C5 qui nous écarterait. Non, on fait partie de la gouvernance mondiale et l'Europe est un acteur majeur des relations internationales. Il aucune raison de la sortir.

Merci infiniment. Merci Alice Rufo, ministre délégué euh aux armé